68 – Le Marais et d’autres lieux

Mardi 29 Décembre, An II

Max : « Bonjour bonome. »

Le chevalier : « Bonjour Maxou. Bien dormi ? Léo n’est pas avec toi ? »

Max : « Il est aux toilettes 🙂 »

Le chevalier : « Aurait-il siffloté en rêvant ? »

Max : « Oui. Il est terrible ce Léo ! On peut pas dormir tranquillement avec lui 🙁 »

Le chevalier : « Je vais le libérer… Bonjour Léo ! Max t’a exilé cette nuit ? »

Léo : « Mmmmm… Bonjour… Il a eu raison. Je l’embêtais avec mes sifflements nocturnes… Bonjour Max. Je suis désolé de t’avoir empêché de dormir encore une fois. »

Max : « C’est pas grave. J’ai bien dormi quand même. Et toi ? »

Léo : « J’ai encore rêvé de zoisos 🙂 On va où aujourd’hui ? »

Max : « Et si on allait au Marais ? Tu veux bien bonome ? On y avait vu de beaux zoisos. »

Le chevalier : « Le Marais ? Pourquoi pas… »

Max : « Tu n’as pas l’air très enthousiaste. »

Le chevalier : « Il faut beaucoup marcher et je ne suis pas certain de voir des oiseaux. »

Max : « Je comprends… Voilà ce que je te propose : on va au Marais, on inspecte un peu et si on voit pas de zoisos on va voir ailleurs. D’accord ? Et j’aimerais bien repasser au Royaume des Chevaliers 😉 »

Le chevalier : « D’accord Maxou. »

Max : « Vous êtes prêts ? On peut y aller ? »

Léo : « Tu laisses même pas le temps au chevalier de se caféiner ! »

Max : « Tu sais bien qu’il va s’arrêter dans une taverne ! Allez, on y va. »

Pendant la chevauchée…

Max : « Tu vas voir Léo, c’est très beau le Marais. C’est tout plat et il y a quelques arbres, des canaux, des mares, des flaques… »

Léo : « Et il y a des zoisos ? »

Max : « On en a vu des beaux cet été : des échasses blanches, des spatules, des ibis sacrés… »

Léo : « Tout ça ? »

Max : « Et des tas d’autres… »

Léo : « Rhoooo la chance… »

Max : « Et si on voit pas de zoisos aujourd’hui, on reviendra l’été prochain. T’inquiète pas mon Léo, tu en verras des zoisos. Et tu les imiteras la nuit pendant ton sommeil… »

Le chevalier : « La récréation est terminée ! Nous sommes arrivés. »

Max : « C’est parti pour l’inspection du Marais 🙂 »

Léo : « C’est quoi ce bruit ? »

Max : « C’est vrai ça ! C’est quoi ce bruit ? Il y a pas de bruit ici normalement ! »

Le chevalier : « On dirait le bruit que font les cygnes en volant. »

Max : « Ils sont où ? Tu les vois ? »

Léo : « Là ! Ils vont se poser sur l’eau ! »

Max : « Faut fotoer bonome ! Vite ! »

68 01 Cygne tuberculé 68 02 Cygne tuberculé
68 03 Cygne tuberculé

Le chevalier : « C’est fait ! »

Max : « Montre-nous ! montre-nous ! »

Max : « Mouai… Pas terrible… Mais c’était pas facile… »

Léo : « Max, tu critiques tout le temps le chevalier. C’est pas gentil. »

Max : « C’est pas bonome que je critique mais les fotos. Dis moi Léo, tu connais le cygne ? »

Léo : « Le cygne tuberculé ? Ben oui ! Cygnus olor, Anséridés. Il mesure 120 cm du bout du bec au bout de la queue et peut peser jusqu’à 13 kg. Son envergure dépasse 2 mètres. Il peut vivre 20 ans. Maxou, sais-tu ce qu’est une espèce protégée ? »

Max : « Non, je savais pas. Tu savais toi bonome ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Évidemment. Léo sait, toi tu sais… Il y a que moi qui sais pas… »

Léo : « C’est normal, tu connais rien du tout en zoisos 😉 »

Le chevalier : « Tu exagères Léo. Max est un bon petit ornithologue. »

Léo : « Je sais bien et il m’a appris beaucoup de choses mais c’est ce qu’il a dit de toi hier. »

Le chevalier : « C’est vrai ça ? Max, tu connais rien du tout en zoisos ! »

Max : « Je m’incline. D’accord, je n’aurais pas dû. Bonome, je te demande pardon. »

Le chevalier : « Pardon accordé 🙂 »

Léo : « Ce n’est pas un rougegorge familier qu’on entend ? »

68 04 Rougegorge familier

Max : « Erithacus rubecula, Muscicapidés. Il est là, devant, mais si tu l’imites je te ploufe dans le marais. »

Léo : « Oui Maxou. Je crois que je vais éviter les sifflements pendant un moment. »

Max : « Regardez comme c’est beau ! Vous pensez que ça plairait à Princesse ? »

68 05 Le marais 68 06 Le marais

Léo : « Je connais pas Princesse moi. Il faut demander au chevalier. »

Max : « Il va pas répondre. Il répond jamais quand on parle de Princesse… Qu’est ce que tu fotoes bonome ? »

68 07 Héron cendré 68 08 Héron cendré
68 09 Héron cendré

Léo : « Un héron cendré qui vole… »

Max : « Je ne m’en lasserai jamais. »

Léo : « Encore un cygne en vol… Rhooo la chance… Il y a beaucoup des cygnes ici. »

68 11 Cygne tuberculé 68 12 Cygne tuberculé
Max : « Heureusement parce que, sinon, on voit pas beaucoup des zoisos… Oh, il y a un Passériforme là-bas. Léo, interro ! Parle-moi de ce zoiso. » 68 13 Pinson des arbres

Léo : « C’est une interro ? Pfff… En plus il est à contre-jour… Il a des tâches jaunes et blanches sur les ailes… Sa forme générale… Je pense au pinson des arbres, Fringilla coelebs, Fringillidés, mais je suis pas sûr parce qu’on le voit pas bien. »

Max : « C’est ce que j’aurais dit aussi. Bonome, tu en penses quoi ? »

Le chevalier : « Je suis d’accord. C’est sûrement un pinson des arbres. Maxou, j’ai une interro pour toi. Parle-moi de ces zoisos 🙂 » 68 14 Des zoisos

Max : « CEUX-LÀ ! Mais ils n’arrêtent pas de bouger ! Et ta foto est floue ! Pfff… Je vais avoir faux… Elle est même pas faisable ton interro ! Je suis pas spécialiste en zoisos moi… »

Le chevalier : « Arrête de ronchonner et donne une réponse. »

Max : « Et je fais comment ? »

Léo : « Max, tu sais bien que pour identifier un zoiso il faut commencer par le décrire. »

Max : « Ouaip, merci du conseil… C’est un zoiso flou… Famille des Flouïdés ? »

Le chevalier : « 😀 Tu connais ce genre Maxou… Peut être mieux que moi. »

Max : « Moi ? Je le connaîtrais mieux que toi ? Tu te moques de moi. C’est pas gentil de se moquer de son petitours. Je te l’ai déjà dit. »

Le chevalier : « Souviens-toi de ces derniers jours. »

Max : « Je connais mieux que toi… Ces derniers jours… Un pipit du genre Anthus ? C’est un pipit ? »

Le chevalier : « Difficile à dire… mais je pense bien. »

Max : « J’ai bon alors ?! »

Le chevalier : « Oui, bravo Max 🙂 »

Max : « Elle était dure cette interro. Bonome, on voit pas de zoisos ici. Tu veux pas aller là où on a vu des échasses et des bihoreaux ? »

Léo : « Des bihoreaux gris ? Vous avez vu des bihoreaux gris ? Rholala, la chance ! Mais on va pas en voir aujourd’hui 🙁 L’hiver, ils vont au sud de l’Afrique. »

Max : « Faut pas être triste Léo. Tu les verras cet été, tous ces zoisos. Je suis sûr que blongios aura raconté l’histoire du grand chevalier aux petizours à tous ses copains migrateurs. Ils viendront nous voir et tu pourras laisser choir ta mâchoire tant que tu voudras. Allez bonome, emmène nous ailleurs. »

On a chevauché doucement vers un autre endroit du Marais. En chemin, on a aperçu des Martins qui passaient à toute vitesse. Ils sont toujours pressés ici, les Martins, et ils viennent même pas nous saluer 🙁

Puis on est arrivés à l’autre endroit. On a marché, marché, marché… mais il y avait pas des zoisos. Sauf un cygne, qui passait par là…

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Max : « Bon, bonome, ça va pas du tout. On voit pas des zoisos ici. Emmène-nous au Royaume des Chevaliers s’il te plaît. »

En chemin…

68 21 La charmante petite ville Max : « Hey ! Mais c’est la Charmante Petite Ville qu’on voit là ! On peut y aller bonome ? Je t’offre un café et on fait visiter à Léo. On va tourister tous les trois 🙂 »

Le chevalier : « Avec quel argent vas-tu m’offrir le café ? »

Max : « C’est le moment de reprendre notre discussion au sujet de mon argent de poche je crois. »

Le chevalier : « Tu veux m’offrir une nouvelle casquette ? »

Max : « Pfff… »

Le chevalier : « J’offre le café si tu fais visiter la Charmante Petite Ville à Léo. Et n’oublie pas Samuel de Champlain 😉 »

Max : « D’accord 🙂 On va sur les remparts alors. Viens Léo, je voudrais te montrer quelque chose. »

68 22 Les touristes 68 23 Les touristes

Léo : « Ils sont beaux ces remparts mais il y a pas des zoisos. »

Max : « Oublie un peu les zoisos. On touriste. Et c’est pas juste des remparts. C’est d’ici que Samuel de Champlain est parti en bateau pour fonder la Nouvelle France. C’était il y a très longtemps. En 1608. Bonome était tout jeune à l’époque. »

Léo : « Max, il te faut une plus grande casquette. La tienne te protège pas assez et tu as le cerveau tout fondu. En 1608 bonome avait déjà au moins 500 ans 🙂 »

Max : « 🙂 »

Léo : « Et puis dans un port il y a de l’eau, et ici, il y a pas d’eau. »

Max : « Tu dis ça parce que tu connais pas Samuel de Champlain ! Il a inventé la planche à roulettes pour pousser les bateaux à partir de ports où il y a pas la mer. Il posait son bateau sur la planche à roulettes et des zoms poussaient jusqu’à la mer. Elle est pas loin la mer. Juste 3 à 4 km. »

Léo : « Chevalier, il faut vraiment changer la casquette de Max. il va pas bien dans sa tête. Maxou, continue quand même ton histoire, tu m’amuses 🙂 »

Max : « C’est à cause du grand Vauban qui s’est inspiré du grand Colbert. Le grand Colbert a construit un port sur le Grand Fleuve d’Ici alors que, des fois, il y a même pas d’eau dans le fleuve, à cause de la marée. Alors plus tard, le grand Vauban s’est dit : ‘Tiens, si je construisais un port à trois ou quatre kilomètres de la mer ? Ça serait rigolo ! Et je suis curieux de savoir comment ils vont faire avec leurs bateaux.’ Et il a construit la Charmante Petite Ville. Après, les zoms ont été très embêtés avec leur port où il y avait pas la mer. Mais Samuel de Champlain est arrivé. Lui, il s’est pas laissé embêter. Il a pris une grande planche énorme. Il a mis des roulettes dessous et il a posé son bateau dessus. Puis il a dit aux autres zoms de pousser la planche à roulettes. Et quand il est arrivé à la mer il savait plus quoi faire. Il avait rien prévu. Alors il s’est dit : ‘De l’autre côté de la grande mer atlantique, il y a l’Amérique. Je pourrais peut être aller voir comment c’est puisque j’ai un bateau.‘ Il a traversé la grande mer atlantique et quand il est arrivé il a vu que la ville de Québec existait même pas. C’était très embêtant parce que les québécois savaient pas où habiter. Ils avaient même pas de ville. Ils erraient sans but comme des bêtes sauvages… Alors Samuel de Champlain a fondé Québec. Comme ça. D’un coup. Et les québécois étaient très contents parce que désormais ils pouvaient aller au bistrot et jouer au loto, comme des gens civilisés. Mais il aurait pas dû fonder Québec, Samuel de Champlain, parce que, du coup, personne se souvient de sa grande invention. Voilà, c’était l’histoire du port où il y a pas la mer. »

Léo : « Max, tu racontes vraiment n’importe quoi ! Mais tu es rigolo 😀 Allez, viens, on va tourister 🙂 »

Max : « Bonome, tu peux nous fotoer s’il te plaît ? Pour montrer à Princesse. »

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Max : « Bon, ça suffit de tourister. Bonome, tu vas boire ton café et après on va au Royaume des Chevaliers… Tu as trouvé un sacado pour Léo ? »

Le chevalier : « Pardon ? Je n’ai pas entendu ce que tu as dit. »

Max : « Tu as trouvé un sacado pour Léo ? »

Le chevalier : « Désolé. Je n’ai toujours pas compris. »

Max : « Approche. (A l’oreille du chevalier). Tu as trouvé un sacado pour Léo ? »

Le chevalier : « Bien sûr ! Quelle question ! »

Max : « Alors en route pour le Royaume des Chevaliers ! »

Léo : « Mais Max, on y est allés avant-hier et hier ! Bonome va en avoir assez ! »

Max : « Tu l’appelles bonome ? Ça fait deux fois aujourd’hui ! On va là-bas et c’est tout ! »

On a chevauché doucement, en profitant du paysage. La route est très sinueuse et on peut pas aller vite. Toute façon ça sert à rien d’aller vite. C’est dangereux et on voit pas les zoisos. Mais j’étais quand même impatient d’arriver pour offrir le cadeau à Léo.

Léo : « Regardez ! Il y a l’aigrette garzette (Egretta garzetta, Ardéidés). Elle va peut-être venir pêcher juste sous nos pattes, comme hier. »

68 29 Aigrette garzette 68 30 Aigrette garzette

Max: « Ben non 🙁 Elle est partie l’aigrette. Tant pis. Allez, on avance. »

Léo : « Tu as l’air bien pressé Maxou ! »

Max : « Il y a pas des zoisos ici, on va pas rester des heures si il y a pas des zoisos. »

68 32 Sarcelles d'hiver

Max : « Pfff… Ici aussi les zoisos s’en vont. Bon, on avance alors. »

Léo : « Attends Max. le chevalier a fotoé. Je voudrais voir la foto. (A lui même en regardant la photographie) Mmmm… Il me semblait bien… Il y a le miroir alaire vert et une tâche noire et une autre blanche sur les ailes. Et on devine la coloration brun rougeâtre de la tête. Ce sont des sarcelles d’hiver (Anas crecca, Anatidés). J’avais bien reconnu la façon particulière qu’elles ont de s’envoler. »

Max : « Qu’est ce que tu racontes ? Quelle façon particulière ? »

Léo : « Tu as jamais fait attention ? Elles s’extraient de l’eau verticalement, en une espèce de bond, puis elles se mettent à voler réellement et avancent. Je crois qu’il y a que les sarcelles d’hiver qui font ça chez les canards. »

Max : « Tu savais ça bonome ? Oui, bien sûr, tu savais… »

Léo : « Et vous saviez que la sarcelle lochère ? »

Max : « Laçarcéllochère ? Késkidi ? Mets ta capuche s’il te plaît. J’ai déjà un bonome au cerveau fondu. Si, en plus, j’ai un cousin qui a le vent qui tourbillonne entre les oreilles… »

Léo : « 🙂 C’est pas ‘laçarcéllochère‘ mais la sarcelle lochère. Le chien aboie, le cheval hennit et la sarcelle lochère. »

Le chevalier : « Alors ça, je ne le savais pas ! Tu m’impressionnes mon Léo. »

Léo : « Merci chevalier 🙂 C’est parce que j’aime beaucoup les zoisos. »

Max : « Oulala ! Il est fort ce Léo ! Bon, on avance. »

Léo : « Max, tu as l’air bien pressé. Qu’est ce qui t’arrive ? »

Max (En avançant rapidement) : « Rien… Allez, suivez moi donc ! … Voilà, on y est. »

68 33 Des zoisos

Léo : « Rhoooo… C’est beau… Alors… il y a des colverts, des tadornes… des sarcelles d’hiver… tout là-bas ça doit être des chevaliers arlequins… Ça, c’est peut être un chipeau… Pas sûr… Max, tu regardes pas la beauté ? »

Max : « Non. Je voudrais te parler. Tu sais, cet endroit est important pour moi. C’est ici que bonome m’a offert mon beau livre de zoisos. » 68 34 Le sacado

Léo : « La chance ! Il est beau ton beau livre de zoisos. »

Max : « C’est notre beau livre. Tu le lis plus que moi 🙂 »

Léo : « C’est gentil Maxou, mais il est à toi. C’est à toi que le chevalier l’a offert. Tu es déjà très généreux de me le prêter tout le temps. »

Max : « C’est parce que tu aimes beaucoup les zoisos 😉 Tourne-toi s’il te plaît. » 

Léo : « Mais pourquoi ? »

Max : « Tourne-toi, s’il le plaît, Léo. »

Léo : « D’accord. »

Max : « Bonome, passe moi le sacado… Merci. Tu peux regarder 🙂 »

68 35 Le sacado 68 36 Le sacado

Léo : « Oh ! Un sacado rouge comme le tien ! Il est très beau. »

Max : « C’est pour toi Léo. »

Léo : « Pour moi ? Mais… les sacados c’est pour les naturalistes qui connaissent des tas de choses fort savantes, comme toi et le chevalier… Je suis pas naturaliste moi. Je suis juste un petit peu ornithologue. »

Max : « Un petit peu ornithologue… Bonome, tu entends ça ? il y a pas un mot compliqué que personne connaît pour qualifier ça ? ‘un petit peu ornithologue‘… »

Le chevalier : « C’est un euphémisme. »

Max : « Léo, tu euphémises. Tu connais mieux les zoisos que notre beau livre de zoisos… »

Léo : « Tu exagères. »

Max : « Tu apprends des choses à bonome ! Il te demande ton avis quand il n’est pas sûr d’une détermination ! »

Léo : « Et vous pensez que je mérite un sacado ? »

Le chevalier : « Oui Léo 🙂 Et Max y tient beaucoup. »

Léo : « Il est pour moi alors ? RHOLALA ! LA CHANCE… Je peux le mettre ? »

Max : « Ben oui ! »

68 37 Le sacado 68 38 Le sacado

Léo : « Regardez ! J’ai un sacado rouge ! Max, regarde, moi aussi j’ai un sacado ! J’ai-un-sacado ! J’ai-un-sacado ! Rholala 🙂 Merci Maxou ! Merci chevalier ! »

Le chevalier : « Mettez-vous côte à côte que je vous fotoe. Pour montrer à Princesse… Léo, tu es officiellement un petitours naturaliste maintenant. » 68 39 Le sacado

Léo : « Merci beaucoup à tous les deux. Je suis très touché. Bon, si on allait aux zoisos maintenant 🙂 »

Max : « On peut y aller, Léo sacado 🙂 »

68 40 Des zoisos

Léo : « Rholala ! Comme c’est beau ! Ce sont des vanneaux huppés qu’on voit là-bas ? »

Max : « Oui, Vanellus vanellus, Charadriidés. Il y a des tadornes et des colverts aussi. »

Léo : « Et une sarcelle d’hiver qui se lisse les plumes. »

Max : « Oulala ! Il y a plein de vanneaux qui volent ! Fotoe-les bonome ! Vite ! »

68 41 Des zoisos 68 42 Des zoisos

Max : « Tu peux tout zoomer sur l’île s’il te plaît ? »

68 43 Des zoisos 68 44 Vanneaux huppés

Max : « C’est beau les vanneaux en vol ! »

68 45 Vanneaux huppés 68 46 Vanneaux huppés

Léo : « oh ! Regardez par là ! Il y en a plein le ciel ! »

68 47 Vanneaux huppés 68 48 Vanneaux huppés

Max : « C’est vrai qu’il y en a beaucoup. On en a jamais vu autant ! Ils sont venus voir tes petizours bonome 🙂 On peut rester un peu pour regarder voler les vanneaux s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Si Léo est d’accord. »

Léo : « Oh oui ! Tu n’es plus pressé maintenant Max. »

Max : « J’étais pressé de t’offrir ton sacado. »

Léo : « Ben oui, j’avais compris. Merci Maxou. »

Le chevalier : « Dites les petizours, si vous voulez continuer les inspections aujourd’hui, il va falloir arrêter d’observer les vanneaux huppés. »

Max : « D’accord. On retourne à notre monture. Mais on va où après ? On va passer par l’observatoire non ? On pourrait s’y arrêter. Et après, on ira voir la mer. C’est très beau quand le soleil se couche. »

Léo : « C’est un programme qui me plaît. Tu es d’accord chevalier ? »

Le chevalier : « Bien sûr, si ça vous fait plaisir. »

Léo : « Et on cherche des zoisos en chemin. »

Max : « Bonome, c’est qui ce zoiso là-bas, sur les phragmites ? Je le reconnais pas. Il a la tête brune, une grosse moustache blanche et une bavette noire. Tu le connais toi ? »

68 49 Bruant des roseaux 68 50 Bruant des roseaux

Le chevalier : « On dirait un bruant des roseaux. »

Léo : « Emberiza schoeniclus, Embérizidés ? »

Le chevalier : « Si c’est bien un bruant des roseaux, oui mon Léo. »

Max : « Il est sur un roseau. C’est bien. Tu imagines si il avait été sur un tamaris, ou un peuplier… Il aurait fallu le convoquer et lui faire une formation. »

Léo : « Max, tu veux toujours faire des formations ! »

Max : « C’est notre travail Léo ! On est pas là pour la promenade. On inspecte et on vérifie que tout va bien au Pays des Zoisos ! Et si quelque chose se passe pas bien, il faut intervenir. On est en mission pour Princesse, nous. »

Léo : « Et tu prends ta mission très à cœur. Elle doit être très contente de toi Princesse. »

Max : « Je sais pas… Elle donne pas beaucoup de nouvelles 🙁 Des fois, j’ai l’impression qu’elle s’en fiche de nous. »

Léo : « Faut pas dire ça Max. Tu sais, les princesses c’est très occupé et ça a des tas de choses à faire. »

Max : « Peut être… Bonome m’a déjà dit la même chose… N’empêche qu’elle pourrait laisser un message sur mon blog de temps en temps. Bon, on avance ? »

Léo : « Regarde Max, le vent a vu que tu étais triste et il a chassé les nuages. Le soleil est là. »

Max : « Il est gentil le vent. Bonome, tu le remercieras s’il te plaît. »

Le chevalier : « Fais lui un sourire Maxou, il s’en souviendra. »

Alors, moi aussi j’ai souri au vent. C’était pas le vent fort et puissant qui avait embêté bonome, là-bas, en Bretagne. C’était le petit vent du Petit Royaume des Barges. Celui qui nous avait raconté la mer. Là, il est venu me caresser la joue comme bonome me caresse le front, parce qu’il avait vu que j’étais triste à cause de toi. Ça sert à ça les amis. Et le vent, c’est mon ami.

Léo : « Dis Max, tu restes là à sourire au vent ou on continue l’inspection ? »

Max : « Mmmm ? Qu’est-ce que tu dis ? Oui oui, on inspecte. Oulala ! En route ! »

Léo : « On va où déjà ? »

Le chevalier : « A l’observatoire petit Léo ! »

Max : « C’est plus petit Léo maintenant. C’est Léo sacado ! »

Léo : « Je pourrai juméler si il y a des zoisos ? »

Max : « Et moi, je pourrai fotoer ? »

Le chevalier : « Bien sûr mes petizours. Vous êtes de vrais naturalistes. Vous devez juméler et fotoer les zoisos. … Phylloscopus ! »

68 51 Un pouillot 68 52 Un pouillot

Max : « Quoi phylloscopus ? »

Léo : « Il a vu un pouillot ! Là ! Regarde Maxou ! »

Max : « Mais il est fini le jeu. Vous avez dit que Léo avait gagné. Sinon j’en aurais trouvé plein, moi, des zoisos. C’est pas juste ! Vous continuez à jouer alors que vous aviez dit que c’était fini. C’est normal que je gagne pas… »

Léo : « Tu crois qu’il va continuer à ronchonner longtemps comme ça ? »

Le chevalier : « Si on ne l’arrête pas ça peut durer un moment 🙂 »

Max : « Même que c’était hier le jeu. C’est moi qui l’avais inventé. Et là, vous jouez sans me le dire. Et je ronchonne même pas d’abord. C’est vous qui trichez… »

Léo : « Max le ronchonneur 🙂 SAXICOLA TORQUATA ! Là ! Devant vous ! »

68 53 Tarier patre 68 54 Tarier patre

Max : « Pfff… Je l’avais vu. Mais comme Léo a gagné que c’est même pas juste… »

Le chevalier : « Max, file dans ma poche ! »

Max : « Pourquoi ? J’ai rien fait ! Vous trichez et c’est moi qui suis puni ! »

Léo : « Tu n’es pas puni Maxou. On est arrivés à notre monture. Alors il faut aller dans la poche de ton bonome pour la chevauchée. »

Max : « Tu me fais un câlin avant, s’il te plaît bonome ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 Et si vous me promettez d’être sages, vous pourrez rester sur mes genoux pendant la chevauchée. »

Max : « Promis ! Mais tu vas doucement alors. »

Le chevalier : « Au pas de promenade… »

On s’est installés et on a tout chevauché, la truffe au vent… On regardait le paysage en guettant les zoisos. On a vu des cigognes qui volaient, des étourneaux… Il y a même eu des tas de cygnes qui broutaient dans les champs ou qui se reposaient. Et puis, dans les canaux, on a aperçu des ragondins. Et un faucon crécerelle. Il y en a beaucoup ici. Et puis on est arrivés. J’aime beaucoup le chemin de l’observatoire même si on y voit pas beaucoup des zoisos. C’est là que la terre était toute sèche cet été. Mais là, c’est l’hiver et il y a de l’eau dans les bassins. Regarde comme c’est beau Princesse.

68 57 Le chemin de l'observatoire 68 58 Le chemin de l'observatoire

A l’observatoire, bonome nous a gentiment prêté ses jumelles et son appareil foto. On s’est installés et on a fait l’ornithologie.

68 59 Les petizours

68 60 Les petizours 68 61 Les petizours

Max : « Tu vois les Tadornes de Belon Léo ? »

68 62 Tadornes de belon 68 63 Tadornes de belon

Léo : « Ben oui. Je les juméle 🙂 »

Max : « Tu vois d’autres zoisos ? »

Léo : « Il y a des colverts… Mais je vois rien d’autre. Et toi ? »

Max : « Ben non 🙁 Bonome, pourquoi il y a pas des zoisos ici ? Ils pourraient venir nous voir quand même… »

Léo : « C’est pas rigolo de juméler si il y a pas des zoisos. Max, viens, on va se dorer au soleil 🙂 »

68 65 Les petizours Le chevalier : « Dites les petizours, ça vous dirait de passer voir la mer au retour ? »

Léo : « Oh oui ! On va où ? »

Max : « On s’en fiche ! Allez bonome, emmène nous voir la mer ! »

Max : « Pourquoi tu t’arrêtes ? Qu’est ce que tu as vu ? »

Le chevalier : « Regarde là-bas. La tâche blanche. »

68 66 Spatule blanche 68 67 Spatule blanche

Max : « J’ai pas tes superzieux moi… On dirait… C’est une spatule blanche ?! LÉO ! REGARDE LÀ-BAS ! IL Y A UNE SPATULE BLANCHE ! »

Léo : « Où ça ? … Oh ! Comme elle est belle ! Chevalier, tu peux la zoomer s’il te plaît ? »

68 68 Spatule blanche 68 69 Spatule blanche

Léo : « Merci ! Elle s’appelle comment en scientifique ? »

Max : « C’est un nom très compliqué ! Oulala ! Si je dis pas des erreurs elle s’appelle Platalea leucorodia et c’est un Threskiornithidé. »

Léo : «  Platalea leucorodia, Platalea leucorodia, Platalea leucorodia... Il est rigolo son bec. »

Max : « Il est pas rigolo, il est adapté à sa fonction. Tu vois comme elle se déplace ? »

Léo : « Max, j’ai pas de canne ni de chien. JE SUIS PAS AVEUGLE ! J’ai déjà un bonome avec le cerveau tout fondu… 🙂 »

Max : « M’imiterais-tu ? »

Léo : « Oui 🙂 »

Max : « Bonome, Léo se moque de moi ! Je tente de l’instruire et il se moque de moi ! »

Léo : « Cafteur ! »

Max : « Moqueur ! »

Léo : « Toi aussi tu te moques souvent ! »

Le chevalier : « Les foulques sont des oiseaux aquatiques. Si vous continuez, je vous ploufe ! »

Léo : « On arrête. »

Max : « Faut pas nous ploufer ! »

Léo : « On sait pas nager nous. »

Max : « Et on est pas des foulques. »

Le chevalier : « D’accord. Reprends tes explications Maxou. »

Max : « La spatule fait des rotations de la tête en plongeant en partie son bec entrouvert dans l’eau. Sur son bec, il y a des fibres sensibles qui détectent des crevettes, des alevins, des petits zanimos. Quand ces fibres sont activées, le bec se referme automatiquement et le zanimo est avalé. Gloub le zanimo ! »

Léo : «  Merci Max pour ces explications. »

Max : « A ton service Léo sacado 🙂 ZOISO DROIT DEVANT ! »

68 71 Bruant des roseaux 68 72 Bruant des roseaux

Léo : « C’est qui lui ? Je le reconnais pas. »

Max : « Superbonome va tout nous dire. Vas-y, nous t’écoutons. »

Le chevalier : « Et si je ne sais pas ? »

Max : « Tu hypothéses ! »

Le chevalier : « Mais on le voit pas bien. Elle est pas faisable ton interro ! Pfff… On est à la mer et tu me fais une interro ! C’est pas juste ! Et je vais avoir faux… »

Max : « Dites donc tous les deux, vous allez arrêter de vous moquer de moi ! »

Le chevalier : « Non 🙂 mais revenons à ton oiseau. Je suppose que c’est encore un bruant des roseaux. »

Max : « Mais il ressemble pas à celui de tout à l’heure ! »

Le chevalier : « Celui de tout à l’heure était probablement un mâle en plumage nuptial ce qui est surprenant en cette saison. »

Max : « Et celui-ci ? C’est une femelle ? Un juvénile ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou. J’espère que ce n’est pas un juvénile. Tu irais te chamailler avec lui 🙂 »

Max : « Bonome. »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Emmène-nous voir la mer s’il te plaît. »

68 73 La mer

Léo : « Rholala… Comme c’est beau ! »

Max : « C’est comme ça quand le soleil se couche à la mer 🙂 Viens Léo, on va s’asseoir sur ma serviette. »

68 74 Les petizours 68 75 Les petizours

Léo : « Mais il y a pas de place pour le chevalier. »

Max : « T’inquiète pas pour lui. Il se débrouille. »

Léo : « Max, il y a de plus en plus d’eau dans la mer. On va bientôt être tout mouillés. »

Max : « Bonome, on peut aller sur les rochers ? »

Le chevalier : « Si vous voulez mais faites attention. »

Max : « Tu veux pas nous porter s’il te plaît ? »

Le chevalier : « 🙂 »

68 77 Les petizours 68 78 Les petizours

Léo : « C’est magnifique la mer. Max ? »

Max : « Oui Léo. »

Léo : « Je peux te faire un câlin pour te remercier ? »

68 79 Les petizours 68 80 Les petizours

Max : « Tu remercieras bonome aussi. »

Le chevalier : « Vous êtes mignons tous les deux. Prenez la pose que je vous fotoe pour Princesse.

68 81 Les petizours 68 82 Les petizours

Le chevalier : « Profitez un peu du coucher de soleil. Nous n’allons pas tarder à rentrer. »

68 83 La mer 68 84 La mer
68 85 La mer 68 86 La mer

Léo : « Chevalier, merci de m’avoir emmené à la mer. Et merci pour le sacado. »

Max : « Il va pas répondre. Il sait jamais quoi dire quand on le remercie. Bonome, tu veux bien nous porter jusque dans nos lits et nous gratter le front ? »

Évidemment, il a bien voulu. Léo et moi on a ronronné. Mais pas longtemps. On était très fatigués après cette longue journée et on s’est endormis très vite.

Voilà Princesse. Je t’embrasse et ne t’inquiète pas, on va bien.

Continuer la promenade

67 – Le Royaume des Chevaliers et l’île où on va à pieds

Lundi 28 Décembre, An II

Max : « Bonjour bonome. Bien dormi ? »

Le chevalier : « Très bien. Et toi ? »

Max : « Bof 🙁 Léo a rêvé de zoisos toute la nuit. Il a pas arrêté de siffler dans son sommeil. J’ai passé la nuit dans une volière. »

Le chevalier : « Toi qui aimes les oiseaux… »

Max : « Pas la nuit bonome, pas la nuit… La nuit j’aime surtout dormir. »

Le chevalier : « Pauvre Maxou. Mais je crois que tu vas pouvoir te reposer aujourd’hui. Tu as vu le temps ? »

Max : « Oui, il pleut. Je vais aller siester en attendant que le vent chasse les nuages. »

Léo : « Bonjour chevalier ! Bonjour Maxou ! Bien dormi ? … Ben ça alors, il s’en va sans me dire bonjour ! »

Le chevalier : « Bonjour Léo ! Max est fatigué. Un petitours imitateur d’oiseaux l’a empêché de dormir cette nuit 🙂 »

Léo : « ??? »

Le chevalier : « Tu as rêvé d’oiseaux et tu les as imités toute la nuit. »

Léo : « Oh zut ! Mais il aurait dû me réveiller et me gronder ! »

Le chevalier : « Max ronchonne souvent mais il ne t’aurait pas grondé. Il a préféré te laisser rêver. Laissons-le faire une bonne sieste. »

Léo : « C’était bien, hier 🙂 On a vu plein de zoisos. Et c’est beau la mer qui monte… Merci chevalier. On fait quoi aujourd’hui ? »

Le chevalier : « On regarde la pluie tomber ! »

Léo : « Je préférerais regarder les fotos d’hier. Tu veux bien ? »

Le chevalier : « D’accord. J’installe l’ordinateur. »

Léo : « Je pourrais m’installer sur toi ? »

Le chevalier : « Câlin ? »

Léo : « Ouiiii… en regardant les beaux zoisos 🙂 »

Plus tard…

Max : « Qu’est ce que vous faites ? »

Léo : « On regarde les fotos ! »

Le chevalier : « Veux-tu te joindre à nous ? »

Max : « Oui… Mais il faut pas m’en vouloir si je m’endors. »

Léo : « Je suis désolé d’avoir sifflé toute la nuit. Tu aurais dû me réveiller. »

Max : « Je sais ce que c’est que de rêver de zoisos 🙂 Je m’en serais voulu de t’interrompre. »

Léo : « C’est très gentil de ta part. Merci Maxou. »

Max : « Mais tu siffles pas en regardant les fotos ! »

Léo : « Promis 🙂 »

Encore plus tard…

Léo : « Chevalier, regarde, Max s’est endormi 🙂 »

Le chevalier : « Laisse-le dormir Léo. »

Léo : « oui, oui. Chut ! »

Encore, encore plus tard…

Max : « Mmmm… Vous regardez encore les fotos ? Il pleut même plus ! Et si on allait voir de vrais zoisos ? »

Léo : « Oh oui ! On va où ? »

Max : « On pourrait retourner au Royaume des Chevaliers et puis après on irait sur l’île où on va à pieds. »

Léo : « Mais on y est allés hier ! Le chevalier va en avoir assez de ce Royaume. »

Max : « Mais non 🙂 N’est ce pas bonome ? »

Le chevalier : « Moi aussi j’aime voir des oiseaux 🙂 Allez vous préparer. »

On s’est vite préparés puis on a chevauché doucement mais on est pas allés jusqu’au Royaume des Chevaliers. On s’est arrêtés 2 km avant pour tout marcher. Bonome voulait voir des Passériformes et des rapaces diurnes.

Léo : « Tu crois qu’on va encore voir des tas de beaux zoisos ?

Max : « Léo, tu sais bien qu’on peut jamais prévoir. »

Le chevalier : « Mais on peut observer. Regardez ! »

67 01 Un pipit 67 02 un pipit
67 03 Un pipit 67 04 Un pipit

Léo : « C’est un pipit ! On en a vu un hier ! »

Max : « Et tu vas encore dire que tu n’arrives pas à identifier l’espèce ! »

Léo : « Tu sais, toi ? »

Max : « C’est un pipit farlouse ! »

Léo : « Anthus pratensis, Motacillidés ? Comme celui d’hier ? Tu confirmes, chevalier ? »

Le chevalier : « J’attends les arguments de Max 😉 »

Max : « Ça faisait longtemps que j’avais pas eu d’interro 🙁 Alors… Les stries sur les flancs sont aussi larges que celles de la poitrine et le bec est fin. »

Léo : « C’est tout ? »

Max : « On voit pas les griffes… Je peux pas dire si elles sont longues ou pas. »

Le chevalier : « Ce n’est pas mal mais je ne serais pas aussi affirmatif. Je ne suis pas très à l’aise avec les pipits. »

Max : « On a qu’à dire que c’est une hypothèse. »

Léo : « Et là-bas, sur l’autre poteau ? C’est un tarier pâtre ? »

67 05 Tarier pâtre 67 06 Tarier pâtre

Le chevalier : « La tête est sombre… Il a un demi-collier blanc… Pas de sourcil blanc… »

Léo : « C’est important l’absence de sourcil blanc ? »

Le chevalier : « Oui, le sourcil blanc est une caractéristique du tarier des prés. »

Léo : « Il y a un tarier des prés ? »

Max : « Oui oui, on l’a vu cet été 🙂 »

Léo : « Bon, il a pas de sourcils blancs. C’est un tarier pâtre alors et c’est un Muscicapidé. »

Le chevalier : « Je pense. »

Léo : « On a déjà vu deux Passériformes 🙂 »

Max : « Le héron cendré, c’est pas un Passériforme. »

Léo : « Ben non. C’est un Ardéidé, de l’ordre des Ciconiiformes. Il s’appelle Ardea cinerea. Mais pourquoi tu parles du héron cendré ? »

Max : « Ouvre les yeux Léo ! »

Léo : « Ah oui 🙂 Il a la calotte sombre. C’est un juvénile. »

67 07 Héron cendré

Max : « Comme nous ! Tu crois qu’il voudra bien se chamailler avec nous ?

Le chevalier : « Ça ne te suffit pas de te chamailler avec Léo ? Il faut en plus que tu te chamailles avec les oiseaux ! »

Max : « Ouiiiiii 🙂 Viens Léo, on va voir le héron juvénile. »

Le chevalier : « Vous restez là ! Je ne veux pas que vous embêtiez le jeune héron. »

Max : « Mais c’est un juvénile ! Il doit aimer se chamailler. Pfff, t’es pas drôle 🙁 »

Léo : « C’est pas grave Maxou. On se chamaillera tous les deux 🙂 »

Le chevalier : « Regardez plutôt les étourneaux. »

Max : « Sturnus vulgaris. »

Léo : « Sturnidés. »

67 08 Etournneaux sansonnets

Max : « Quand ils ont plein de tâches jaunâtres comme ça, c’est qu’ils sont en plumage internuptial. »

Léo : « Et ils peuvent former des bandes parfois immenses, en quête de nourriture. »

Max : « Ce sont des Passériformes. »

Léo : « Ceux que tu voulais voir. »

Le chevalier : « C’est bien aussi quand vous jouez les duettistes de l’ornithologie 🙂 »

Max : « C’est parce qu’on connaît bien les zoisos. »

Léo : « Et on est pas des foulques 🙂 »

Max : « On arrive au Royaume des chevaliers. »

Léo : « Chouette 🙂 »

Max : « Hibou 🙂 »

Léo : « T’es trop bête ! »

Le chevalier : « Bon, d’accord, allez voir le jeune héron ! »

Max : « Mais non, on se chamaille pas ! »

Léo : « Je le taquine 🙂 »

67 09 Canards colverts 67 10 Canards colverts

Max : « On est arrivés ! Oh zut ! Les colverts s’envolent ! »

Léo : « Ici, ils sont sauvages, les Anas platyrhynchos. C’est pas comme dans les Royaumes de chez nous. »

Max : « C’est à cause des zoms. Chez nous, ils les transforment en mendiants en leur donnant du pain. Et après ils ont la maladie du foie. »

Léo : « Comme nous avec le chocolat. »

Max : « Eux c’est pire, parce qu’ils meurent. Nous, on a juste tout vomi. »

67 11 Des Anatidés

Léo : « Il y en a des canards ici 🙂 Des colverts et des siffleurs. »

Max : « Anas penelope. »

Le chevalier : « Regardez ! La grande aigrette est encore là ! »

67 12 Grande aigrette

Léo : « Je me souviens plus de son nom 🙁 »

Max : « Ben alors Léo ! Tu n’as pas assez répété ? C’est Casmerodius albus. »

Léo : « Ah oui ! Casmerodius albus, Casmerodius albus, Casmerodius albus, Casmerodius albus… »

Max : « Dis bonome, quand on vient ici on regarde toujours les Anatidés, les Ardéidés, les Scolopacidés… Tous ceux qui ont les pattes dans l’eau. Si on cherchait des passereaux dans les arbustes ? Les autres, on les as vus hier. »

Léo : « Oui, s’il te plaît. Mais on regarde quand même dans les bassins pour rien louper. »

Le chevalier : « Si vous voulez. »

Max : « On avance et le premier qui en voit un annonce l’espèce. »

Léo : « Regulus regulus à gauche ! Là, dans l’arbre ! »

67 13 Roitelet huppé 67 14 Roitelet huppé
67 15 Roitelet huppé 67 16 Roitelet huppé

Le chevalier : « Bien vu Léo ! »

Max : « Il a une bande jaune sur la tête. »

Léo : « Il faut dire ‘elle’ alors. La bande jaune, c’est la femelle. Chez le mâle, elle est orange. »

Le chevalier : « Pouillot ! »

67 17 Un pouillot

Max : « Pouillot ? C’est pas un nom d’espèce ça ! »

Léo : « C’est quoi pouillot ? »

Le chevalier : « Un pouillot ! Vous ne connaissez pas les pouillots ? »

Max : « On parle en scientifique, nous 🙂 »

Le chevalier : « Phylloscopus sp. »

Léo : « Phylloscopus ! Ah oui, d’accord ! »

Max : « Il fallait le dire tout de suite ! Ça c’est le genre. Mais l’espèce ? Tu la connais l’espèce ? »

Le chevalier : « J’ai du mal avec les pouillots 🙁 »

Max : « Tu as déjà dit ça avec les pipits. Tu connais rien du tout en zoisos en fait. »

Léo : « Max, tu exagères ! »

Max : « J’exagère rien du tout ! Il connaît pas les pipits, pas les pouillots, pas les grimpereaux… IL CONNAIT RIEN DU TOUT ! »

Le chevalier : « Alors je te laisse faire la détermination. »

Max : « Pouillot fitis, Phylloscopus trochilus, Phylloscopidés. »

Léo : « Tu justifies pas ? »

Max : « Non, je justifie pas. C’est comme ça et puis c’est tout. »

Max : « Parus caeruleus, Paridés ! »

67 18 Un pouillot 67 19 Mésange bleue
67 20 Mésange bleue 67 21 mésange bleue

Léo : « Vue ! Mais il faut dire Cyanistes caeruleus ! »

Max : « Pfff, ils m’embêtent les scientifiques à pas être d’accord entre eux ! Qui est ce qui gagne ? »

Léo : « On joue, Max. il y a pas de gagnant. »

Max : « Tu dis ça parce que tu perds 🙂 »

Léo : « Je perds pas. J’ai vu le roitelet huppé et le chardonneret rigolo, Carduelis carduelis, Fringillidés. »

Max : « On a pas vu de chardonnerets rigolos ! »

Léo : « Moi oui ! Là-bas ! J’ai gagné ! »

67 22 Chardonneret élégant 67 23 Chardonneret élégant
67 24 Chardonneret élégant 67 25 Chardonneret élégant

Le chevalier : « Bravo Léo ! »

Max : « Il a pas gagné ! Pourquoi il aurait gagné ? Bonome ? Tu le laisses faire ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 Regarde les chardonnerets. »

Max : « C’est pas juste… Il a pas gagné… Il est même pas fini le jeu… J’allais en trouver plein… C’est vraiment trop injuste… C’était mon idée ce jeu… »

Léo : « Max, au lieu de ronchonner, profite des beaux zoisos rigolos. »

Max : « Cet été on en a vu chaque jour. C’était notre zoiso gardien. Il veillait sur nous 🙂 Il y en a beaucoup là ! Oh ! Une buse variable ! Fotoe la bonome, vite ! » 67 26 Buse variable
67 27 Buse variable 67 28 Buse variable

Léo : « Buteo buteo, Accipitridés. C’est peut être la même qu’hier. Elle vient nous dire bonjour 🙂 »

Le chevalier : « Ou alors elle a faim et elle … 🙂 Je ne vous avais jamais vu regagner ma poche aussi rapidement. »

Max : « On veut pas se faire manger par une buse. »

Léo : «  On aime les zoisos mais pas au point d’être leur repas 🙁 »

Le chevalier : « Je comprends mais sortez quand même les yeux pour voir le chevalier culblanc. »

Léo : « Tringa ochropus, Scolopacidé ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Max : « Il est là ! Regarde Léo ! »

67 29 Chevalier culblanc 67 30 Chevalier culblanc

Léo : « Et là-bas il y a plein d’Anatidés 🙂 Rholala ! Et il y a des sarcelles d’hiver (Anas crecca). »

Max : « Elles ont les fesses jaunes. C’est rigolo 🙂 »

67 31 Sarcelles d'hiver

Léo : « Il y en a encore d’autres à droite ! Il suffit de tourner la tête pour voir des zoisos. La chaaaaannnce 🙂 »

67 32 Anatidés 67 33 Anatidés

Max : « Il y a des oies cendrées (Anser anser, Anséridés). »

Léo : « Max je t’ai déjà dit qu’on peut pas être sûrs à cette distance… Il y a des tadornes (Tadorna tadorna)… Des sarcelles d’hiver… oh ! Il y a même des canards chipeaux (Anas strepera) 🙂 »

Max : « Où tu vois des chipeaux, toi ? »

Léo : « Regarde tout à gauche. »

Max : « Ah oui … Ils ont les fesses noires 🙂 Bonome, tu veux bien changer d’appareil et les zoomer s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr. »

67 34 Oies cendrées 67 35 Oies cendrées
Max : « Bonome ! Bonome ! Elles s’envolent ! Fotoe-les vite ! …
67 36 Oies cendrées
67 37 Oies cendrées 67 38 Oies cendrées

… Elles sont parties les oies 🙁 On va voir un autre bassin ? »

67 39 Des zoisos

Léo : « Encore des zoisos 🙂 Max, je crois que je vais encore siffloter cette nuit. »

Max : « Ah non ! Si tu siffles encore, je t’enferme aux toilettes ! »

Le chevalier : « 😀 »

Max : « Alors… Il y a surtout des canards siffleurs (Anas penelope, Anatidés), des tadornes… Tout au fond il y a un chevalier. Ça doit être un arlequin (Tringa erythropus, Scolopacidés)… Et là, juste devant ? Un chevalier culblanc (Tringa ochropus, Scolopacidés)… Oh non ! Les autres, c’est le zoiso qui t’énerve 🙁 Respire bonome. T’énerve pas. C’est pas grave si on le connaît pas. »

67 40 Combattants variés 67 41 Combattants variés

Léo : « Max, on le connaît. On a hypothésé : on suppose que c’est un combattant varié (Philomachus pugnax, Scolopacidés). »

Max : « Oups ! J’avais oublié ! Tant mieux, comme ça, bonome va rester calme 🙂 Bonome, qu’est ce que tu regardes ? »

Le chevalier : « Parlez doucement … Il y a une aigrette garzette qui s’approche de nous… »

67 42 Aigrette garzette 67 43 Aigrette garzette

Max : « Elle vient dans le petit canal devant nous… Elle est tout près 🙂 »

67 44 Aigrette garzette 67 45 Aigrette garzette
67 46 Aigrette garzette 67 47 Aigrette garzette

Léo : « Qu’est ce qu’elle a fait ? Elle a baillé ? »

Max : « Elle a pas crié. On a rien entendu… Elle descend dans l’eau… Elle va pêcher. »

67 48 Aigrette garzette 67 49 Aigrette garzette
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67 52 Aigrette garzette 67 53 Aigrette garzette

Le chevalier : « Vous avez vu, elle agite une patte dans l’eau. »

Léo : « Pourquoi elle fait ça ? »

Le chevalier : « Pour déranger et débusquer ses proies. »

Max : « Elle s’est envolée. Tu as réussi à fotoer ? »

Le chevalier : « Raté. »

Max : « Pas grave… Tu surveilles l’heure, bonome ? »

Le chevalier : « Pourquoi ? Tu as un rendez-vous ? »

Max : « Oui, avec la marée basse, pour aller sur l’île où on va à pieds. »

Léo : « On y va vraiment à pieds sur cette île ? »

Max : « Seulement à marée basse. C’est grâce à un gué qui s’appelle la Passe aux Bœufs.»

Le chevalier : « Mais je vous propose d’y aller en chevauchant. »

Max : « Comme ça, on aura plus de temps pour la visiter. C’est pas bête ça, bonome. »

Le chevalier : « Nous pouvons y aller doucement si vous voulez. »

Léo : « D’accord, mais on regarde quand même les zoisos en chemin. »

Max : « Bonome ! Regarde le garde-bœufs ! »

Léo : « Bubulcus ibis, Ardéidés. »

67 54 Héron garde-boeuf
67 55 Héron garde-boeuf 67 56 Héron garde-boeuf

Max : « Il garde bien le bœuf 🙂 Ça fait plaisir de le voir faire son travail. Il vient vers nous. Tu crois qu’il va nous chasser ? »

Le chevalier : « Je ne pense pas. On est gentils, nous ! On va pas embêter le bœuf. »

Léo : « Tu parles comme Max ! »

Max : « Ça lui arrive parfois 🙂 Bon, tout va bien dans ce Royaume. On peut aller sur l’île. Allez, en route. »

On retournant à notre monture, on a vu plein de tariers pâtres (Saxicola torquatus, Muscicapidés).

67 57 Tarier patre 67 58 Tarier patre
67 59 Tarier patre 67 60 Tarier patre

C’est beau, les tariers pâtres, mais dès qu’ils chantaient, je faisais du bruit pour qu’ils s’envolent. Je voulais pas que Léo apprenne à les imiter. Je veux dormir cette nuit, moi !

67 61 Tarier patre 67 62 Tarier patre

67 63 Tarier patre

Puis on a chevauché jusque sur l’île où on va à pieds. Ou plutôt l’île où on va sur notre monture 🙂 Il a fallu rassurer Léo : il avait peur qu’on se fasse coincer sur l’île par la marée haute. Bonome lui a expliqué qu’il ferait nuit bien avant la marée haute et qu’on serait à la cabane depuis longtemps quand la mer recouvrirait le gué. Léo s’est détendu et on a pu commencer l’inspection de l’île. Bonome a cavalé sur les cailloux tout cassés. Partout où on va, il y a des cailloux tout cassés et tout glissants. Il fait très attention mais un jour il va lui arriver des histoires. Il va tomber et c’est lui qui va être tout cassé ! Et nous, on pourra même pas l’aider 🙁 Au début, on voyait pas des zoisos. Même pas des Laridés. Rien du tout. Il y avait pas des zoisos… Puis il y en a eu tout un troupeau.

67 64 Bernaches cravants 67 65 Bernaches cravants

Léo : « Des bernaches cravants ! Il y en a tout un troupeau ! Rholala… »

Max : « Tu peux t’approcher bonome ? Mais fais attention. Ça glisse avec toutes ces algues. »

67 66 Bernaches cravants 67 67 Bernaches cravants

Léo : « Qu’est ce qu’elles sont belles ! »

Max : « Elles s’appellent Brenta bernicla, Anséridés. Ce sont des migratrices. Elles viennent nous rendre visite l’hiver mais je me souviens plus d’où elles viennent. Tu peux me le rappeler s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Elles viennent de très au nord. Elles passent l’été sur des îles et les côtes de l’arctique. »

Max : « Tout là-haut ? Oulala, je comprends qu’elles viennent ici l’hiver. Il doit faire très froid là-bas. »

Léo : « On peut rester un peu pour observer les bernaches s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Si tu veux mon Léo. Elles ne sont pas vraiment rares mais nous n’aurons pas souvent l’occasion d’en revoir. »

Max : « Elles vivent longtemps ? »

Le chevalier : « Une douzaine d’années. Elles mesurent environ 60 cm et pèsent 1,5 kg. »

Léo : « Et les bernaches du Canada ? C’est pour comparer. »

Le chevalier : « Elles mesurent presque un mètre de haut et pèsent 4,5 kg. Leur longévité est d’environ 24 ans. »

Max : « Et les oies cendrées ? »

Le chevalier : « Environ 80 cm, 3 kg et une durée de vie de 17 ans environ. »

Léo : « La bernache cravant est la plus petite alors. Je crois qu’elles nous ont vus. Il faut s’en aller pour pas leur faire peur. »

Max : « C’est toi qui as peur des coups de bec ! »

Léo : « Parce que toi, tu aurais pas peur peut être ? »

Max «  Euh… Ben si. J’ai pas envie de me faire éventrer. Allez bonome, on va voir ailleurs. »

Léo : « Oh ! Un goéland ! C’est lequel ? »

67 68 Goéland brun 67 69 Goéland brun
67 70 Goéland brun 67 71 Goéland brun

Max : « Tu sais bien qu’il faut observer les pattes et la couleur des ailes ! »

Léo : « Oui, je sais. Les pattes sont jaunes et les ailes sont gris foncé… »

Max : « Bonome, tu as vu ? il a des stries grises sur la tête. »

Le chevalier : « Max, Maxou, mon petitours… Ai-je une canne blanche et un chien ? »

Max : « Ouai… D’accord… Tu as vu… »

Léo : « Et il a le tour de l’œil rouge. »

Max : « Tu vois ça, toi ? »

Léo : « Ben oui. Regarde-bien. A partir de tous ces éléments, je dirais que c’est un goéland brun, Larus fuscus, Laridés. »

Max : « Tu es d’accord bonome ? »

Le chevalier : « Oui, c’est ce que j’aurais dit. »

Max : « Il est fort ce Léo 🙂 »

Le chevalier : « Ce n’est pas ce que tu aurais dit, Maxou ? »

Max : « Si, bien sûr. Mais moi j’en ai déjà vu beaucoup des Laridés… Bonome, tu vas où comme ça ? »

Le chevalier : « Sur l’estran… Il y a peut être des oiseaux. Et je voudrais prendre une photographie de la falaise et la fontaine… Voilà. »

67 72 La fontaine des insurgés

Max : « Tu nous expliques la fontaine s’il te plaît. »

Léo : « Oui, raconte nous une histoire 🙂 »

Le chevalier : « Saviez-vous que cette île a servi de prison ? »

Max : « Une vraie prison ? »

Le chevalier : « Oui, une vraie prison. »

Léo : « A quelle période ? »

Le chevalier : « Au moins deux fois. Après la révolution… »

Max : « De 1789 ? »

Le chevalier : « Oui Max. Après la révolution de 1789, les révolutionnaires ont demandé aux prêtres catholiques de prêter serment à la constitution civile de clergé. »

Léo : « Pourquoi ? »

Le chevalier : « Ils trouvaient que le clergé avait été trop proche du roi et pas assez du peuple. Selon eux, le clergé avait été un appui de l’Ancien Régime. »

Max : « Alors il ont voulu en faire un allié du nouveau régime parce que c’était pas bien d’être un allié du pouvoir. C’est pas logique ça. »

Léo : « Max, tu sais bien que les zoms sont pas logiques… »

Le chevalier : « Malheureusement tu as raison Léo. Certains prêtres ont refusé de prêter serment. On les appelait les prêtres réfractaires. Ils ont été enfermés. Beaucoup ont été entassés sur cette île. La concentration d’hommes dans des conditions d’hygiène déplorable a conduit à une forte mortalité chez les prêtres. Bien plus tard, en hommage à ces morts, une grande croix de galets a été érigée sur cette île. »

Max : « Oui, on l’a vue tout à l’heure. Je connaissais pas son histoire. »

Léo : « Et la deuxième période ? C’était quand ? »

Le chevalier : « Après la Commune. »

Max : « C’est quoi la Commune ? »

Le chevalier : « Un court épisode de l’histoire de France qui fait suite à la guerre franco-prussienne de 1870. Au cours de cette guerre, Paris a beaucoup souffert. La ville a été assiégée, longuement. La population mourait de faim. Les bouchers vendaient du chat, du chien, du rat… Les éléphants du Muséum d’Histoire Naturelle, Castor et Pollux, ont été tués, dépecés et vendus extrêmement cher. »

Max : « Ils ont été mangés ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « C’est bon de l’éléphant ? »

Léo : « MAX ! »

Max : « Ben quoi ? On est zoophages, non ? »

Léo : « Mais pas éléphantophages ! Reprends ton histoire chevalier. »

Le chevalier : « Le gouvernement avait fui à Bordeaux puis s’est installé à Versailles. Les parisiens s’étaient battus courageusement et n’ont pas accepté la capitulation et ses conditions.

Max : « Quelles conditions ? »

Le chevalier : « Un défilé des troupes prussiennes dans Paris et une lourde rançon que la France devait payer à la Prusse. Et surtout la restitution des canons que les parisiens avaient payés par souscription. Le refus de ces conditions par les parisiens a conduit à une révolution et à la constitution de la Commune Libre de Paris. »

Max : « Qu’est ce qu’il s’est passé après ? »

Le chevalier : « Le pouvoir a repris Paris. Ce fut un carnage. Les historiens estiment qu’il y a eu au moins 15 000 morts côté communards pour 150 côté versaillais, pour l’essentiel au cours de la Semaine Sanglante. De nombreux parisiens furent ensuite jugés et condamnés à de lourdes peines. Certains furent entassés ici, sur des pontons flottants. D’autres, comme Louise Michel et Maxime Lisbonne, ont été déportés en Nouvelle-Calédonie pendant des années. »

Max : « Louise Michel et Maxime Lisbonne sont des amis à toi ? »

Le chevalier : « Je ne suis pas si vieux que ça Max ! Mais j’aurais été fier d’être de leurs amis. Puisque tu lis mes livres, je te conseille Le banquet des affamés de Didier Daeninckx. Il raconte la vie de Maxime Lisbonne. »

Léo : « Tu veux pas nous le lire le soir avant de dormir ? »

Le chevalier : « Non, mon Léo. Tu t’endors bien trop vite 🙂 Mais je vous le lirai, c’est promis. Revenons à la fontaine. En réalité c’est un puits. Il a été creusé par les communards entassés sur l’île. C’est le seul point d’eau potable. D’ailleurs, autour de ce puits, on voit des entéromorphes. »

Max : « Je sais ! Je sais ! Ce sont des algues vertes, des Chlorophycées, en forme de tubes d’où leur nom en scientifique : Enteromorpha intestinalis. Ça veut dire intestin intestin en grékancien et en latin. C’est à cause de leur forme. »

Le chevalier : « Bien Maxou. Ces algues ont besoin d’apports d’eau douce. Elles indiquent donc les sources d’eau douce. Voilà pour l’histoire de la fontaine. »

Max : « Du puits, c’est toi qui l’as dit ! »

Léo : « Dis donc, tu en connais des choses ! »

Max : « Oui, il connaît bien l’histoire. Et il est troubadour aussi 🙂 »

Le chevalier : « Et si nous retournions aux zoisos ? »

Léo : « Il y en a qui passent en volant. Tu les reconnais ? »

67 73 Tadornes de Belon 67 74 Tadornes de Belon

Le chevalier : « Ce sont des tadornes. »

Max : « Ils viennent du Royaume des Chevaliers et vont manger sur l’estran. Ben ça alors ! Il y a un héron cendré sur l’estran. Tu en avais déjà vu à la mer ? »

67 75 Héron cendré

Le chevalier : « Jamais, Maxou. Mais je ne suis pas surpris : il y a de quoi se nourrir pour un héron cendré sur un estran vaseux. »

Léo : « Regardez ! Il y a un autre goéland cendré. J’aime bien les Laridés. C’est des beaux zoisos. »

67 76 Goéland brun 67 77 Goéland brun

Max : « Et là-bas, il y a d’autres zoisos qui volent en un grand V. Ce sont encore des tadornes ? »

67 78 Bernaches cravants 67 79 Bernaches cravants

Le chevalier : « Non Max, ce sont des bernaches cravants. »

Léo : « Celles de tout à l’heure ? On a eu de la chance de les voir alors ! »

Max : « Tu dis toujours qu’on a de la chance. »

Léo : « Parce qu’on a beaucoup de chance. Souviens-toi de l’époque où tu étais porte-clés. »

Max : « Tu as raison Léo. Bonome, tu nous fais un câlin ? »

Le chevalier : « Venez ici tous les deux. Installez-vous sur mes genoux et regardez les tadornes sur l’estran pendant que je vous gratte le front.»

67 80 Tadornes de Belon 67 81 Tadornes de Belon

Max : « Bonome ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Tu nous abandonneras pas n’est ce pas ? »

Le chevalier : « Bien sûr que non ! Que deviendrais-je sans mes petizours ? Pourquoi me demandes-tu ça ? »

Max : « Parce que Léo a raison. On a beaucoup de chance d’être tes petizours et de parcourir le Pays des Zoisos avec toi. Je veux pas retourner sur une étagère, moi. »

Le chevalier : « Ne vous inquiétez pas et ronronnez tranquillement. Ensuite nous traverserons l’île pour chercher des zoisos. »

Max : « On y va bonome. Tu es d’accord Léo ? »

Léo : « Pour aller voir des zoisos ? Ben évidemment ! »

Max : « C’est quoi les zoisos là-bas ? On s’approche ? Doucement, bonome, doucement… »

67 82 Chardonnerets élégants 67 83 Chardonnerets élégants
67 84 Chardonnerets élégants 67 85 Chardonnerets élégants

Léo : « Des chardonnerets rigolos ! Rhooo la chance ! »

Max : « Ils sont beaux ! Pourquoi on en voit pas chez nous ? »

Le chevalier : « Il me semble que nous en avons vu un. »

Max : « Un seul ! Et tu as raté la foto 🙁 »

Léo : « Et voilà, Max ronchonne ! On va voir le bassin à huîtres ? »

Max : « Oui, j’ai cru voir un zoiso. On dirait un chevalier. »

67 86 Chevalier guignette 67 87 Chevalier guignette

Léo : « C’est un guignette, Actitis hypoleucos, Scolopacidés. »

Max : « Bonome, je crois qu’il serait raisonnable de retourner à notre monture. A cause de la marée… »

Le chevalier : « Nous avons largement le temps mais allons-y quand même, comme cela nous aurons le temps de nous arrêter à la plage sauvage. J’ai envie de voir le coucher du soleil. »

En chemin, on a vu Martin 🙂 Il est passé en flèche au dessus du petit canal. Il a pas eu le temps de nous saluer. Il était très pressé, oulala ! On l’a à peine vu.

Et puis on est retournés au bord de l’eau et on a vu un goéland argenté (Larus argentatus, Laridés). Et après, on a chevauché vers la plage sauvage voir le soleil tomber dans l’eau. 67 88 Goéland argenté

En arrivant à la Plage Sauvage j’ai installé ma serviette et j’ai invité Léo à s’asseoir pour profiter de la beauté.

 67 89 Les petizours  67 90 Les petizours

Il y avait des nuages et le vent est venu nous voir. Il nous a raconté de belles histoires mais il ne faut jamais les répéter sinon, après, il veut plus parler. N’empêche qu’avec les nuages et le vent, j’ai regretté de pas avoir mis mon pantalon 🙁 Léo a mis sa capuche pour pas avoir froid aux oreilles.

67 91 La mer

Et puis on a regardé l’estran vaseux. On a compris tout de suite qu’on verrait pas le soleil tomber dans l’eau à cause des nuages. Mais c’était pas grave, on était bien sur ma serviette.

Léo : « Chevalier, je veux pas t’embêter mais là-bas, il y a des zoisos. Tu veux bien qu’on aille les voir ? »

Le chevalier : « Bien sûr 🙂 Allons-y. »

67 92 Des zoisos

Max : « C’est quoi ? On dirait des bécasseaux sanderlings (Calidris alpina, Scolopacidés) mais ils sont trop grands. »

Le chevalier : « Approchons-nous encore… »

Léo : « Oh non ! Ils s’envolent ! »

Le chevalier : « Ce n’est pas grave. J’ai réussi à les photographier. »

Max : « Montre-nous s’il te plaît. »

67 93 Pluviers argentés 67 94 Pluviers argentés
67 95 Pluviers argentés 67 96 Pluviers argentés

Léo : « Vous avez vu ? Certains ont une tâche noire sous l’aile. »

Le chevalier : « Ça me dit quelque chose… Max, as-tu pris ton beau livre de zoisos ? »

Max : « Oui 🙂 Je l’ai mis dans ton sac. Je te le prête si tu veux. »

Le chevalier : « Merci Maxou. Alors… Non ce n’est pas ça… Pas celui-là non plus… Mmmm… VOILÀ ! J’Y SUIS ! C’est le pluvier argenté, Pluvialis squatarola, Scolopacidés. »

Léo : « Pluvialis squatarola, Scolopacidés, Pluvialis squatarola, Scolopacidés, Pluvialis squatarola, Scolopacidés, Pluvialis squatarola, Scolopacidés… »

Le chevalier : « Il y a peut être aussi des gravelots et des bécasseaux sanderlings. »

Max : « Merci bonome. On peut retourner s’asseoir sur le sable. »

Le chevalier : « Bien sûr 🙂 »

67 99 Les petizours

On a encore regardé l’estran depuis la plage.

67 97 l'estran 67 98 L'estran
Puis Léo a voulu aller sur les rochers, alors on est allés s’installer. Bonome aime beaucoup ces moments de silence, quand on a passé une bonne journée. Il reste assis, calmement. Dans ces moments là, la beauté déborde de ses yeux. 67 100 Les petizours

Max : « Bonome, j’ai froid. Je voudrais rentrer. »

Le chevalier : « Allons-y. Moi aussi j’ai froid. Un petitours par poche. »

Max : « Mais… on est pas punis ! »

C’était pas une punition. Il a mis les mains dans les poches pour nous gratter le front. Mais je l’ai pas laissé faire. Je me suis serré fort contre sa main pour lui faire un gros câlin et je sais bien qu’il a souri. En arrivant à notre monture, il nous a laissés nous installer contre lui et on a chevauché doucement.

Léo : « Chevalier, je peux aller me coucher ? »

Le chevalier : « Oui mon petit Léo. Je t’emmène au lit. Max, veux-tu te coucher toi aussi ? »

Max : « Non, je voudrais rester un peu avec toi. »

Le chevalier : « D’accord. Je couche Léo et je reviens. »

Max : « Léo, je te rappelle que si tu siffles cette nuit, je t’enferme aux toilettes ! »

Léo : « 🙂 Oui Maxou. Bonnuit. »

Max : « Bonnuit Léo. »

Max : « Bonome, il faut que je te parle. »

Le chevalier : « Que se passe t-il Maxou ? »

Max : « Rien de grave, ne t’inquiète pas. C’est au sujet de Léo. Ça fait longtemps maintenant qu’il inspecte les Royaumes avec nous. C’est un bon ornithologue et un petitours naturaliste. Il faudrait qu’il ait un sacado lui aussi. Tu peux t’en occuper ? Je voudrais lui offrir demain. »

Le chevalier : « Demain ? Mais où veux-tu que je trouve un ‘sacado’ pour demain ? »

Max : « J’en sais rien moi ! Mais je suis sûr que tu vas y arriver. Tu me portes jusque dans mon lit s’il te plaît. »

Le chevalier : « Max, parfois tu exagères ! Tu aurais pu m’en parler plus tôt quand même ! »

Max : « Oui 🙂 Mais pour le principe, et pour l’exemple aussi, je trouve qu’il est bon d’exagérer ainsi ! 😉 »

Le chevalier : « Max ! Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire… Va donc te coucher. »

Max : « Bonnuit bonome. »

Le chevalier : « Bonne nuit Maxou. »

Continuer la promenade

66 – Le Royaume des chevaliers

Dimanche 27 Décembre, An II

Le chevalier : « Bonjour mes petizours, vous êtes déjà levés ? »

Léo : « Bonjour chevalier. »

Max : « Bonjour mon bonome. Léo s’est réveillé tôt et il arrivait plus à dormir. Il se tournait, se retournait dans son lit. Alors on s’est levés, on s’est préparés et on t’attend pour aller aux zoisos. »

Le chevalier : « Vous permettez que je me caféine ? »

Max : « Ben oui 🙂 On est pas des barbares 🙂 Prends ton temps bonome. »

Le chevalier : « Merci mon Maxou 🙂 Que dirais-tu d’aller faire visiter le Royaume des Chevaliers à Léo ? »

Max : « Tu vois Léo, je te l’avais dit 🙂 Oui bonome, on est d’accord pour le Royaume des Chevaliers. »

Léo : « Oh oui 🙂 On va voir plein de zoisos. Allez, on y va … »

Le chevalier : « Allons-y alors. »

En chemin, bonome a décidé de s’arrêter là où on avait vu une échasse blanche la première fois. J’aime bien les échasses blanches. Mais elles sont là qu’en été. Sauf si elles ont oublié de partir. C’est possible puisque l’hiver a oublié de venir 🙂 Je serais curieux de voir la réaction de Léo à la vue d’une échasse blanche. Mais bon, on en a pas vu 🙁 A la place, on a vu ça :

Max : « Bonome, c’est quoi ces gros zoisos noirs et blancs ? »

66 01 Bernaches cravants 66 02 Bernaches cravants

Léo : « On dirait des oies. Comme des bernaches. Tu les connais ? »

Le chevalier : « J’en ai déjà vu, pas très loin d’ici, sur la grande île d’O. Ce sont des bernaches cravants, Brenta bernicla, Anséridés. »

Léo : « Brenta bernicla, Brenta bernicla, Brenta bernicla... »

Max : « Ben voilà… Il recommence. »

Léo : « Je veux apprendre, moi. Dis chevalier, il y a un canard à la tête rouge devant les bernaches cravants. C’est quoi ? »

Le chevalier : « Bien observé Léo 🙂 C’est un canard siffleur, Anas penelope, Anatidés. J’aimerais bien le voir de près, car nous n’avons jamais pu jusqu’à présent. »

Max : « Ça fait deux espèces de plus 🙂 Rhoooo la chance … »

Léo : « C’est moi qui dis ça normalement. »

Le chevalier : « Je crois bien qu’il te parodiait 🙂 »

Léo : « Parodier ? C’est pas un peu comme moquer ? »

Le chevalier : « Un peu, mais gentiment. »

Léo : « Tu arrêtes maintenant, de te moquer de moi. Ça suffit comme ça ! »

Max : « Pardon mon cousin. Je le ferai plus. Allez, on avance. »

Cet endroit, c’est un peu comme un marais, mais artificiel. Il y a des bassins peu profonds, très peu profonds, tellement peu profonds qu’en été, l’eau est tout évaporée et que c’est tout sec. Et puis il y a des chemins. Nous, on marche sur les chemins et on regarde dans les bassins si il y a des zoisos. Mais il y en a pas beaucoup. Là, on a vu un petit zoiso.

66 03 Bruant des roseaux 66 04 Bruant des roseaux

Léo : « C’est qui ce zoiso chevalier ? »

Max : « Je crois qu’on l’a jamais vu non plus celui-là. »

Le chevalier : « C’est le bruant des roseaux. Enfin, il me semble. »

Léo : « Tu n’es pas sûr ? »

Le chevalier : « Non, il est un peu loin, la photographie n’est pas très belle … »

Max : « Il s’appelle comment en scientifique ? »

Le chevalier : « Si c’est bien un bruant des roseaux, il s’appelle Emberiza schoeniclus et il appartient à la famille des Embérizidés. »

Léo : « Rholala, on en voit des zoisos ici 🙂 On vient à peine d’arriver et on a déjà vu trois nouvelles espèces. La chance 🙂 »

Max : « Je te l’avais bien dit. Bon, on va à l’observatoire ? »

On y allés mais on a rien vu du tout. Même pas un colvert. Rien du tout. Alors on a fait demi-tour et en revenant à notre monture on a vu des tariers pâtres.

66 05 Tarier pâtre 66 07 Tarier pâtre

On voit bien la tête noire, le collier blanc et le ventre orange. Le tarier pâtre, c’est un Muscicapidé, comme le rougegorge familier, et il s’appelle Saxicola torquatus. Je le dis doucement pour pas que Léo répète son nom 🙂

Max : « Tu vois Léo, on est même pas encore arrivés au Royaume des Chevaliers et on a déjà 4 espèces que tu connaissais pas. »

Léo : « Rholala ! Qu’est ce que ça va être au Royaume des Chevaliers ! Je suis impatient d’y arriver ! »

Max : « On y arrive. Tiens, regarde ce gros zoiso. Tu le connais cousin ? »

66 08 Une cigogne blanche 66 09 Une cigogne blanche
66 10 Une cigogne blanche 66 11 Une cigogne blanche
66 12 Une cigogne blanche 66 13 Une cigogne blanche

Léo : « Ooooh ! C’est une cigogne blanche, Ciconia ciconia, Ciconiidés. Qu’est ce qu’elle est belle ! Mais qu’est ce qu’elle fait avec les végétos dans son bec ? »

Le chevalier : « Je pense qu’elle cherche de quoi améliorer son nid. »

Léo : « Parce qu’il y a un nid ? Il est où ? »

Max : « Il suffit de suivre la cigogne qui vient de s’envoler 🙂 »

66 14 Deux cigognes blanches 66 15 Deux cigognes blanches

Léo : « C’est un couple ! Ils réaménagent leur nid ! Il va y avoir des petits bientôt ! On pourra revenir pour les voir ? »

Le chevalier : « 🙂 Ils ne sont même pas encore conçus mon Léo. »

Léo : « Rholala ! Il est bien ce Royaume. Merci chevalier. »

Le chevalier : « Léo, nous ne sommes qu’à l’orée du Royaume. Je pense que tu auras bien d’autres surprises. »

Max : « Allez, on avance. »

Après ça, on a revu un tarier pâtre.

66 16 Tarier patre 66 17 Tarier patre

Bonome pense que c’est une femelle parce qu’elle a pas les couleurs franches du mâle. Ou alors c’est le plumage internuptial. On est presque sûrs que c’est un tarier pâtre à cause du trait blanc autour du cou.

Et puis Léo a perdu sa mâchoire. Poum 🙂 C’était à cause de la grande aigrette (Casmerodius albus, Ardéidés). Il avait jamais vu de grande aigrette.

66 18 Grande aigrette 66 19 Grande aigrette

Je crois que c’est le plus grand des Ardéidés. Elle peut faire un mètre de haut. Ça en fait des petizours ! Mais elle pèse que 1 kilogramme ou 1,5 kilogramme. C’est pas beaucoup. Et elle peut vivre 23 ans. C’est vieux pour un zoiso. Bon, j’ai déjà dit mais monsieur Internet, il l’appelle Ardea alba. C’est compliqué les noms des zanimos. Les scientifiques sont pas toujours d’accord entre eux. Nous, on garde les noms que donne mon beau livre de zoisos. Tant pis si on dit des erreurs.

Et puis, on a vu des zoisos voler au-dessus de nos têtes.

66 20 Barges à queues noires 66 21 Barges à queues noires

Léo : « C’est qui, eux ? Tu arrives à les reconnaître en vol ? »

Max : « Ça me dit quelque chose … C’est pas des barges ? »

Le chevalier : « Bien Maxou ! Ce sont des barges à queues noires, Limosa limosa, Scolopacidés. »

Léo : « Il y a une autre espèce de barges je crois : la barge rousse. Comment tu fais pour les distinguer en vol ? »

Le chevalier : « Au dessous des ailes. Ils sont tout blancs chez la barge rousse alors que chez la barge à queue noire les bords sont sombres. »

Léo : « D’accord, j’ai compris. On voit beaucoup de zoisos ici 🙂 On va en voir encore ? »

Max : « Ben oui, c’est comme ça ici ! Tiens, regarde, il y a un faucon crécerelle là-bas. »

66 22 Fauon crécerelle 66 23 Faucon crécerelle

Léo : « Il s’appelle Falco tinnunculus et c’est un Falconidé. On le connaît déjà, lui. »

Max : « Ben oui, on le connaît, mais il est beau quand même ! Bon, on avance parce qu’il y a encore beaucoup de choses à voir. »

Le Royaume des Chevaliers est formé de grands bassins peu profonds très longs et très étroits qui sont perpendiculaires au grand chemin. Alors on avance et on s’arrête à chaque bassin. Des fois, il y a des observatoires, c’est à dire des planches qui nous cachent et qui ont des ouvertures pour qu’on puisse observer sans être vus. D’autres fois, on se faufile entre les arbres pour regarder. Mais ici, il faut faire très attention parce que les zoisos s’envolent au moindre bruit ou au moindre mouvement brusque. Là, on a fait très attention.

Léo : « Oh ! Encore un zoiso ! Qu’il est beau ! C’est quoi ? Dites moi s’il vous plaît. »

66 24 Chevalier arlequin 66 25 Chevalier arlequin

Max : « C’est moi qui dis ! Je sais ! Je m’en souviens maintenant. Alors, il a les pattes oranges, le dos et les ailes gris, le ventre blanc… Il a un long bec tout fin et, si tu regardes bien, il est un peu crochu au bout. Et puis, on voit bien une zone blanche au dessus de l’œil. C’est donc le chevalier arlequin. C’est lui le roi de ce Royaume. En hiver, il y en a beaucoup ici. C’est bizarre qu’il soit tout seul. J’ai bon bonome ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Mais te souviens-tu de son nom scientifique ? »

Max : « Ben non. C’est Tringa quelque chose … »

Le chevalier : « Tringa erythropus et c’est un Scolopacidé. »

Léo : « Les chevaliers, c’est des Scolopacidés, mais pas toi chevalier 🙂 Tu en connais des choses Max. »

Max : « Je suis déjà venu et je l’ai déjà vu. Au début, j’avais du mal à le distinguer du chevalier gambette mais le long bec crochu fait bien la différence. »

Léo : « Tringa erythropus, long bec crochu au bout … Tringa erythropus, long bec crochu au bout … »

Max : « Oui Léo, Tringa erythropus, long bec crochu au bout 🙂 Regardez ! Il y a des oies cendrées qui volent ! Elles rejoignent leurs copines sur l’eau. »

66 26 Oies cendrées 66 27 Oies cendrées

Léo : « Les oies cendrées s’appellent Anser anser et ce sont des Anséridés. Mais il y a plusieurs espèces d’oies grises et on peut pas savoir en les voyant en vol. On est pas assez forts en ornithologie. »

Max : « Mais c’est l’espèce la plus probable. On a qu’à dire que c’est une hypothèse parce qu’on est pas sûrs. Léo, si tu regardes en face de toi, tu verras des Anatidés. »

66 28 Des Anatidés 66 29 Des Anatidés

Léo : « Oui, je les vois. C’est quoi ? Tu m’expliques s’il te plaît. »

Max : « Tu as dû reconnaître les canards colverts. »

Léo : « Ben oui, je les connais. Anas platyrhynchos, Anatidés. Mais les autres ? Les blancs, marron et noirs ? C’est quoi ? »

Max : « Des tadornes de belon, Tadorna tadorna, Anatidés. C’est un peu comme des canards mais pas tout à fait. Ils font partie de la sous-famille des Tadorninés. Regarde à gauche, il y en a qui sont tout seuls. »

66 32 Tadornes de Belon 66 33 Tadornes de Belon

Léo : « C’est beau les tadornes de belon. Ça a l’air grand. »

Max : « Ben non. Observe bien sur la foto d’avant. Les tadornes sont de la même taille que les colverts. Ça doit être à cause de la couleur qu’ils paraissent plus grands. Et un peu vers la droite, il y a des sarcelles d’hiver (Anas crecca, Anatidés). »

66 30 Sarcelles d'hiver 66 31 Sarcelles d'hiver

Léo : « Rholala … Il y a des zoisos partout … Et par dizaines … Il est bien ce Royaume 🙂 Merci chevalier 🙂 Merci Max 🙂 »

Le chevalier : « Dites les petizours, ça vous dirait d’avancer un peu ? »

Léo : « Il va y avoir d’autres zoisos encore ? »

Max : « On peut pas savoir ce qu’on va voir au Pays des Zoisos, mais il y a des chances qu’on en voit encore 🙂 »

On a avancé et on a revu des tadornes de belon. Il y en avait que deux mais on pouvait mieux les observer.

Le chevalier : « Max, Léo … Regardez sur le bord, à droite, il y a un chevalier culblanc ! »

66 34 Chevalier culblanc 66 35 Chevalier culblanc
66 36 Chevalier culblanc 66 37 Chevalier culblanc
66 38 Chevalier culblanc 66 39 Chevalier culblanc

Max : « On dirait toi ! »

Léo : « Pourquoi tu dis ça ? »

Max : « Parce qu’il se fait pas bronzer les fesses bonome. Lui aussi il a le cul blanc 🙂 »

Léo : « Max, tu vas pas bien dans ta tête ! On dit pas ça d’un grand chevalier quand même. »

Max : « Mais c’est pour de rire, oulala ! Revenons au chevalier culblanc. Il s’appelle Tringa ochropus et c’est un Scolopacidé. Il y a beaucoup des Scolopacidés au bord de mer et dans les marais parce que les limicoles sont bien adaptés pour marcher au bord de l’eau et capturer des proies dans la vase grâce à leur bec. »

Léo : « On a déjà vu deux espèces de chevaliers. Il y en a d’autres ici ? »

Max : « On a déjà vu le chevalier gambette (Tringa totanus) et le chevalier guignette (Actitis hypoleucos). On va peut être les voir. »

Le chevalier : « S’ils n’ont pas migré ! »

Max : « Léo ! Léo ! Regarde là-bas, il y a un gros rapace. Bonome, tu t’en souviens de lui ? Il a la calotte brun orangée et le tour du bec aussi. C’est un juvénile mais je sais plus de quelle espèce. »

66 40 Busard des roseaux 66 41 Busard des roseaux

Le chevalier : « Fais un effort Maxou. Quels rapaces avons-nous vu ici ? »

Max : « Le milan noir, mais c’est pas ça … C’est pas une buse variable, ni un faucon crécerelle … Le busard des roseaux !!! C’est un busard des roseaux ! Et c’est un juvénile à cause de la calotte. J’ai bon ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Son nom d’espèce est Circus aeruginosus et c’est un Accipitridé. »

Léo : « Circus aeruginosus … Circus aeruginosus … Pfff … Je vais jamais tout retenir moi 🙁 »

Le chevalier : « Le Royaume des Chevaliers fait souvent cet effet aux petizours 🙂 »

Max : « Moi aussi je me suis dit ça, mais tu vas voir, tu vas retenir quand même un peu. Et puis, on reviendra et tu remobiliseras tes connaissances. T’inquiète pas mon Léo. »

Léo : « Merci Maxou. Il y a d’autres beaux zoisos ici ? »

Max : « Là-bas, sur la barrière à côté de la vache, il y a une buse variable (Buteo buteo, Accipitridés). »

66 42 Buse variable
66 43 Buse variable 66 44 Buse variable

Léo : « Il y a beaucoup des rapaces ici 🙂 C’est la troisième espèce que nous voyons. Des générateurs aléatoires de câlins 😉 »

Max : « Tu as lu ça ? »

Léo : « Oui, ça m’a fait rigoler 🙂 »

Max : « On a pas besoin de générateurs aléatoires pour faire des câlins, il suffit de demander, n’est ce pas bonome ? »

Le chevalier : « Oui mes petizours 🙂 Câlin ? »

Max et Léo : « OUIIIII !!! »

Le chevalier : « Allez, avançons, des oiseaux nous attendent. »

Max : « Oulala ! Regarde Léo, il y a plein de chevaliers arlequins ! »

Léo : « Tringa erythropus, Scolopacidés. Ils ont un long bec crochu au bout et les pattes presque rouges. »

Max : « Tu vois, tu te souviens. »

66 45 Chevaliers arlequins 66 46 Chevaliers arlequins

Léo : « Ils sont beaux ces chevaliers. Ils sont comme toi 😉 »

Max : « Copieur ! »

Léo : « Oui, mais moi c’est gentil ! »

Max : « Flatteur ! »

Léo : « Jaloux ! »

Le chevalier : « Ah non ! Vous n’allez pas vous chamailler ! On ne se chamaille pas au Royaume des Chevaliers. Sinon les oiseaux vont se sauver. »

Max : « On se chamaille plus. »

Léo : « C’est terminé. Voilà 🙂 »

Le chevalier : « Chacun dans une poche, et je ne veux plus vous entendre jusqu’au prochain arrêt. »

Le chevalier : « Vous pouvez sortir mais en silence. Regardez, il y a des sarcelles d’hiver, Anas crecca, Anatidés. »

66 47 Sarcelles d'hiver 66 48 Sarcelles d'hiver

Léo : « Comme elles sont belles ! »

Max : « Chuuut ! On va se faire gronder ! »

Léo : « Oups ! Pardon ! »

Le chevalier : « Regardez devant vous ! »

Max : « Ce sont les canards de tout à l’heure ! Ceux avec la tête rouge ! Ils s’appellent comment déjà ? »

Léo : « Anas penelope, ou canard siffleur. »

66 49 Canards siffleurs

Le chevalier : « Bien mon Léo 🙂 »

Léo : « Il y a beaucoup des Anatidés ici 🙂 »

Le chevalier : « Oui, ils aiment ce milieu. C’est calme et ils ne sont pas dérangés. Mais c’est dommage que la photographie ne soit pas belle. »

Max : « C’est pas ta faute bonome. C’est la faute de ton gros zoom : il fait pas des belles fotos. Mais on voit quand même. On arrive au bout du Royaume. On va voir le fleuve ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. »

66 50 Le fleuve du bout 66 51 Le fleuve du bout

Quand on est arrivés au fleuve, il y avait pas beaucoup d’eau à cause que c’était marée basse. Ici, il y a la marée, même dans les fleuves. Et des fois il y a de l’eau et des fois il y a pas d’eau dans les fleuves. Quand il y a pas d’eau, il y a de la vase. La Charentmaritimie c’est tout vaseux. Sur les estrans, dans les fleuves … Bonome nous a fotoés pour te montrer qu’on va bien. Tu sais Princesse, il prend vraiment soin de nous le chevalier. Il est très gentil et il nous montre plein de beaux zoisos. Et puis, il fait bien sa mission. Il vérifie bien que tout se passe bien au Pays des zoisos.

66 52 Les petizours 66 53 Les petizours

Le chevalier : « Bon, mes petizours, il va falloir envisager de rentrer. »

Max : « Zut alors ! »

Léo : « On peut rentrer doucement ? En regardant de nouveau chaque bassin, pour revoir les zoisos. S’il te plaît. »

Max : « C’est toujours ce qu’on fait. Des fois on voit d’autres zoisos. Mais moi je suis content même si on fait que revoir les mêmes. »

Léo : « Moi aussi. J’ai jamais vu autant de nouvelles espèces en une seule inspection. Merci chevalier. C’est vraiment un beau cadeau. »

Le chevalier : « Regardez comme c’est beau ! »

66 54 Des zoisos

Max : « C’est à cause de ton ami Oscar Wilde et de la beauté qu’on a dans les yeux 🙂 »

Léo : « C’est qui Oscar Wilde ? Un ami à vous ? »

Max : « Ben oui. Un jour qu’on était tous les trois dans une taverne il a dit : ‘La beauté est dans l’œil de celui qui regarde.’ »

Le chevalier : « Max ! N’as-tu pas honte ? »

Max : « Mais … Moi j’ai pas des amis comme toi 🙁 »

Le chevalier : « Tu as Léo. »

Léo : « Ben oui. Je suis ton ami, moi. Et il y a le chevalier. Et Martin… Et puis le vent. »

Max : « Je sais bien 🙂 »

Léo : « Bon, c’est quoi cette histoire de beauté dans les yeux ? »

Le chevalier : « La citation de Wilde qu’a fait Max est juste. Mais il ne l’a pas prononcée alors que nous étions tous les trois dans une taverne. »

Léo : « La beauté est dans l’œil de celui qui regarde ». J’aime bien cette idée. Mais ça veut dire que sans personne pour regarder, il n’y a pas de beauté. Je sais pas. Les zoisos, ils sont beaux même si on les regarde pas. »

Le chevalier : « Léo, tu n’es pas seulement un grand ornithologue, tu es aussi un petitours philosophe. »

Léo : « Je sais pas ce que c’est philosophe mais je suis certain que c’est un compliment. C’est grâce à toi chevalier parce qu’avant j’étais juste un porte-clés et je servais à rien du tout. »

Max : « Dis bonome, pendant que vous philosophiez, je regardais attentivement. Il y a pas une spatule blanche là-bas ? »

Léo : « Où ? Montre moi ! »

Max : « Tu vois le zoiso blanc ? »

Léo : « Le premier c’est une aigrette garzette (Egretta garzetta, Ardéidés). »

Max : « Oui, c’est ça. Celui qui est un peu plus loin. »

Léo : « Avec un grand bec noir ? »

Max : « Oui. Bonome, tu l’avais pas vue ? »

Le chevalier : « Non Maxou 🙂 »

Max : « C’est dommage tu aurais pu la zoomer pour Léo. Bon, la spatule blanche c’est un grand zoiso. Il s’appelle Platalea leucorodia et c’est un Threskiornithidé. »

Léo : « Rholala … Encore un nouveau zoiso … »

Au retour, on a regardé partout encore. Léo en revenait pas de voir autant d’espèces d’un coup. On a encore fotoé mais je remets pas toutes les fotos parce que c’est beaucoup les mêmes zoisos. Puis on a fait une pause à un observatoire. Bonome cherchait quelque chose. Il cherche toujours quelque chose. Et on trouve toujours des choses intéressantes, si on est un peu naturaliste. Là, il a trouvé des pelotes de régurgitation de rapaces. Il en avait déjà trouvé ici. Regarde Princesse !

66 55 Une pelote de régurgitation 66 56 Une pelote de régurgitation
66 57 Une pelote de régurgitation 66 58 Une pelote de régurgitation
66 59 Une pelote de régurgitation 66 60 Une pelote de régurgitation

Sur la troisième foto, on voit une demi-mâchoire d’un rongeur et sur la sixième il y a un crâne. Bonome pense que c’est un crâne de taupe.

Max : « Dis bonome, on peut prendre les pelotes pour ma collection et puis on les disséquera ensemble ? »

Le chevalier : « Max, ton fouillis sur l’étagère n’est pas une collection. »

Max : « Mais … J’ai pas le temps de classer, moi. Je dois graver mon blog, préparer mes cours pour la schola … »

Le chevalier : « Et chahuter avec Léo 🙂 »

Max : « Oui 🙂 Mais je suis un juvénile alors c’est normal que je chahute 🙂 »

Léo : « Vous voulez bien m’expliquer les pelotes de régurgitation s’il vous plaît ? »

Max : « Les pelotes c’est à cause des rapaces. Ils sont zoophages et se nourrissent surtout de petits mammifères. Mais comme tous les zoisos, ils n’ont pas de dents. Et pas de couteaux non plus. Alors il déchiquettent leurs proies en les tenant en leurs grosses griffes qu’on appelle des serres. Et ils avalent le mulot, la taupe ou le rat en une ou deux fois. Gloup ! Ils avalent tout. Même les os et les poils. Mais ils digèrent pas les poils et les os et ça forme une pelote dans leur estomac qu’ils finissent par recracher par la bouche. »

Léo : « Ils avalent tout d’un coup ! Oulala ! Ça doit être dur à digérer ! Et c’est quel rapace qui régurgite ici ? »

Le chevalier : « C’est difficile à dire à partir de la pelote. Nous avons vu des faucons crécerelles sur ces palissades. Je ferait donc l’hypothèse que ce sont des pelotes de faucons crécerelles. Mais elles viennent peut être de buses variables. »

Léo : « Et si on les découpe on peut récupérer les os et identifier les zanimos qui ont été mangés ? »

Le chevalier : « Grâce au crâne et une bonne clé de détermination, oui. »

Léo : « On pourra le faire ? »

Le chevalier : « Max me l’a déjà demandé. Je suis d’accord mais c’est une activité qui prend du temps. Il faut une demi-journée pour en disséquer une si on travaille sérieusement. »

Léo : « S’il te plaît chevalier. »

Le chevalier : « Nous le ferrons, c’est promis, mais je ne sais pas quand. »

Pendant qu’ils papotaient moi je regardais les zoisos et j’ai prévenu bonome qu’il y en avait en vol. J’aime beaucoup voir les zoisos voler. J’aimerais bien savoir voler. 

Il doit être beau le Pays des Zoisos vu d’en haut. Les zoisos en vol, c’était d’abord des tadornes de belon (Tadorna tadorna, Anatidés). Puis il y a eu des barges à queues noires. Léo en a perdu sa mâchoire 🙂 66 61 Tadornes de Belons
66 62 Barges à queues noires 66 63 Barges à queues noires
66 64 Barges à queues noires 66 65 Barges à queues noires

Puis, plus loin, là où il y avait des chevaliers arlequins, on les a revus. Et des copains chevaliers arlequins les ont rejoints. On les a vu se poser.

66 66 Chevaliers arlequins 66 67 Chevaliers arlequins
66 68 Chevaliers arlequins 66 69 Chevaliers arlequins

C’est très impressionnant parce qu’il y en avait beaucoup déjà posés et beaucoup qui se posaient. Et ils ont pas fait l’accident 🙂 Léo arrêtait pas de répéter ‘Rhoooo la chance … Rhoooo la chance …‘ Il va rêver de zoisos cousin Léo, c’est sûr !

Léo : « Max ! Chevalier ! Regardez ! Il y a un faucon crécerelle en vol stationnaire ! Qu’est ce qu’il fait ? »

66 70 Faucon crécerelle 66 71 Faucon crécerelle
66 72 Faucon crécerelle 66 73 Faucon crécerelle

Max : « Tu sais pas ? Il mulote ! Il a a repéré une proie et il attend le meilleur moment pour lui fondre dessus. C’est sûrement un campagnol. Ils sont fous dans leur tête les campagnols. Ils font pipi tout le long de leur chemin pour marquer leur route alors que les rapaces voient leur urine grâce aux ultra-violets. Il faut pas qu’ils s’étonnent de se faire croquer ! »

Léo : « Mais il faut faire quelque chose ! Il faut convoquer tous les campagnols pour leur dire de pas faire pipi partout ! »

Max : « J’ai déjà proposé ça à bonome. Il dit qu’il faut pas sinon les faucons n’auraient plus à manger et qu’il y aurait trop de campagnols. C’est l’équilibre du Pays des Zoisos qui est en jeu mon Léo. Il faut laisser les campagnols se faire croquer. »

Léo : « Pauvres campagnols ! Et si ils mettaient des couches ? »

Max : « Ben oui, et tous les matins tu ferais le tour du Pays des zoisos pour changer les couches des campagnols peut être ! C’est comme ça dans la nature : les campagnols font pipi partout et ils se font croquer par les rapaces. Tant pis pour eux. Allez, viens, on va voir des zoisos. »

66 74 Des Anatidés

Léo : « Rholala ! Regardez tous ces Anatidés ! Alors … Il y a des canards siffleurs (Anas penelope), des sarcelles d’hivers (Anas crecca), probablement des colverts (Anas platyrhynchos) et, tout là-bas, des tadornes de Belon (Tadorna tadorna). »

Max : « Bonome ! Bonome ! Regarde ! Le héron garde-bœufs ! Il garde un bœuf ! Peut être qu’on aura pas à faire de formation alors ! Tant mieux parce que sinon ça prendrait du temps, oulala ! » 66 75 Héron garde boeufs

Léo : « C’est le petit héron blanc, le héron garde-bœufs ? »

Max : « Oui, et il s’appelle Bubulcus ibis. C’est un Ardéidé. C’est Princesse qui a dit aux petits hérons blancs avec du orange qu’ils devraient garder les bœufs et qu’on les appellerait les hérons garde-bœufs. Mais cet été ils faisaient pas bien leur travail. On en a vu garder des moutons et d’autres qui gardaient du rien du tout. Ça allait pas du tout, alors on a fait un rapport dans lequel on préconisait une formation pour les hérons garde-bœufs et on l’a envoyé à Princesse. Apparemment, elle les a grondés et maintenant ils font bien leur travail. Tu vois bonome, ça sert, de faire des rapport pour Princesse. »

Le chevalier : « Oui mon petitours. Tu as eu raison de faire un rapport. C’est important de bien faire son travail. Je suis fier de toi. »

Max : « Merci mon bonome. Bon, ben je crois qu’on a fini l’inspection du Royaume. Tu veux bien qu’on aille sur la plate forme de la ferme des T. pour terminer. On voit tout le Royaume de là-haut. »

Le chevalier : « D’accord, Léo ne connaît pas ce point de vue. »

Léo : « Oh ! Il y a le zoiso qui t’énervait parmi les étourneaux. Les étourneaux s’appellent Sturnus vulgaris et ce sont des sturnidés et le zoiso qui t’énerve est le combattant varié, mais je me souviens plus de son nom. Je sais que c’est un Scolopacidé. » 66 76 Combattants variés
66 77 Combattants variés 66 78 Combattants variés

Le chevalier : « Philomachus pugnax. »

Léo : « Philomachus pugnax, Philomachus pugnax, Philomachus pugnax… »

Max : « Alors Léo, la promenade t’a-t-elle plu ? »

Léo : « Oh ben oui alors ! On a vu des tas de zoisos ! C’était bien ! »

Mais c’était pas fini. En retournant à notre monture superzoreilles a entendu un troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes, Troglodytidés). 66 79 Troglodyte mignon
66 80 Troglodyte mignon 66 81 Troglodyte mignon

Léo a essayé de l’imiter. Je sais pas si son imitation était pas bonne ou si il a dit des choses méchantes en troglodytes mais le zoiso s’est sauvé dès qu’il l’a entendu. Il était tout dépité mon cousin. Et fatigué aussi. Bonome lui a fait un gros câlin en lui grattant le front. Léo a ronronné en fermant les yeux. Bonome a continué jusqu’à ce qu’il s’endorme. Puis il l’a installé doucement dans sa poche.

Max : « Dis, il faut montrer la mer à Léo. Tu veux bien nous y emmener ? »

Le chevalier : « C’est ce qui était prévu 🙂 J’attendais que la marée soit haute pour ne pas me faire gronder par un petitours me demandant ‘éléoulamer ?‘ »

Max : « Aurais-je fait cela ? Moi ? Le gentil petit Maxou ? »

Le chevalier : « Oui, toi ! L’ingrat petitours 🙂 »

Max : « 🙂 Tu feras attention, en chevauchant, de pas trop bousculer Léo. Il faut le laisser dormir un peu. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Tu as été un très bon guide pour Léo. Allez, file dans ma poche et dors un peu toi aussi. »

Il a chevauché au pas, en prenant son temps, pour qu’on ait le temps de nous reposer. C’est vraiment un grand chevalier ce bonome.

Après le Royaume des Chevaliers, bonome nous a emmenés voir la mer. J’ai insisté pour qu’on s’arrête à la plage sauvage. Je voulais la montrer à Léo.

67 01 L'estran vaseux

Léo :  « Oooooh ! Comme c’est beau la mer ! Mais elle est loin, l’eau … »

Max : « C’est parce que la marée est pas encore tout montée. La marée c’est à cause de la lune et du soleil qui tirent sur l’eau par la gravitation. Et des fois il y a de l’eau dans la mer et d’autres fois il y en a pas. Il y a que l’estran vaseux. Mais il faut pas y aller, c’est trop dangereux. »

Léo : « Merci Max, mais j’ai lu ton blog alors je sais tout ça 🙂 Je peux profiter de la beauté ? En silence 🙂 »

On est restés un peu, en silence, à regarder l’eau monter. Puis bonome a voulu marcher un peu vers là-bas, pour voir des zoisos.

Il y en avait un sur un poteau qui dormait sur une patte. Au début, j’ai cru que c’était un bécasseau sanderling (Calidris alba, Scolopacidés). Mais il était bien trop grand. Alors on a cherché dans mon beau livre mais on a pas trouvé. 66 83 Pluvier argenté

Alors on a cherché dans mon beau livre mais on a pas trouvé. On sait pas ce que c’est ce zoiso mais c’était pas grave parce qu’on était là pour voir la mer, pas pour faire l’ornithologie.

Bonome voulait pas rester à la plage sauvage pour voir la mer monter. Il préférait aller là où les cailloux sont tout cassés. On est donc repartis vers notre monture et, en chemin, on a vu un zoiso.

66 84 Un pipit 66 85 Un pipit

Léo : « Chevalier, tu connais ce zoiso ? Tu me le présentes s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Mon Léo, je suis très embêté par cet oiseau… Je sais que c’est un pipit, genre Anthus, et qu’il fait partie de la famille des Motacillidés. Mais il y a plusieurs espèces de pipits et il n’est pas facile de les distinguer. »

Léo : «  Regarde bien chevalier, tu vas y arriver. Allez, explique-moi. »

Le chevalier : « Je veux bien essayer. Mais je ne ferai qu’une hypothèse. »

Max : « Nous t’écoutons 🙂 »

Le chevalier : « Voyez-vous les larges stries sombres sur le dos ? »

Max : « Pour la énième fois, nous n’avons ni canne blanche, ni chien. CA VEUT DIRE QU’ON EST PAS AVEUGLES !!! »

Léo : « Arrête de crier Max. Tu m’énerves. Ne l’écoute pas chevalier et continue s’il te plaît. »

Le chevalier : « 🙂 Les stries sur les flancs sont aussi épaisses que celles de la poitrine… Et les griffes ont l’air très longues… Je pense que c’est un pipit farlouse (Anthus pratensis, Motacillidés). »

Léo : « C’est ton hypothèse ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo, c’est mon hypothèse. »

Léo : « D’accord. Anthus pratensis, Motacillidés. »

Léo est toujours content de voir un zoiso et il écouterait bonome pendant des heures. Je les ai laissés faire parce que la mer était encore loin et on avait le temps avant d’aller là où les cailloux sont tout cassés. Après, on a chevauché doucement puis, quand on est arrivés, on s’est installés pour regarder, en silence.

Et on a vu des zoisos passer en volant juste au dessus de l’eau. Mon bonome s’est assis un peu à l’écart pour nous laisser tranquilles. Et nous regarder, fièrement. Il aime beaucoup ses petizours naturalistes 🙂

Comme zoisos, il y a d’abord eu des tadornes de Belon (Tadorna tadorna, Anatidés). Ils allaient rejoindre leurs copains sur l’eau, là-bas. Je savais pas qu’ils pouvaient se rassembler par centaines, comme ça, sur la mer. 66 88 Tadornes de Belon
66 89 Tadornes de Belon 66 90 Tadornes de Belon
Puis il y a eu une aigrette garzette qui est passée (Egretta garzetta, Ardéidés). Elle est allée se poser là-bas, alors on a décidé de la suivre. Là-bas, il y a une petite jetée qui tombe dans l’eau. Quand il y en a ! 66 91 Aigrette garzette
66 92 Aigrette garzette 66 93 Aigrette garzette
On a revu l’aigrette garzette. Mais elle avait pas envie de papoter avec nous alors elle s’est envolée pour aller plus loin, picorer ses proies dans la vase de l’estran. 66 94 Aigrette garzette
66 95 Aigrette garzette 66 96 Aigrette garzette

Puis on a regardé la mer qui montait doucement à cause de la lune et du soleil. Léo avait un sourire béat et plein de beauté dans les yeux.

66 97 La mer 66 98 Les petizours

On est restés jusqu’à ce que la mer arrive jusque sous nos pattes. On se prenait des embruns sur le visage. C’était rigolo 🙂

66 99 Les petizours 66 100 Les petizours
66 101 Les petizours 66 102 Les petizours

Puis il a fallu rentrer. On est retournés dans la poche de bonome à contrecœur. Parce qu’on avait pas envie de rentrer, comme d’habitude. Mais on s’est endormis presque tout de suite.

Tout d’un coup, bonome nous a réveillés. Ça lui ressemble pas. Normalement, il nous réveille toujours en douceur. Mais on a compris dès qu’on a sortit nos truffes 🙂

66 103 Des tas de canards

Léo : « Rholala… Rhooo… Il y en a des canards… La chance… RHOLALA !!! »

Max : « C’est une exposition ? Un espace pédagogique dédié aux canards ? Tu parles le canard et tu les as conviés à une fête ? Léo, pourrais-tu remettre ta mâchoire en place s’il te plaît, tu commences à baver 🙂 »

Léo : « Tu as vu tous ces canards ? »

Max : « Ah non ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ! JE NE SUIS PAS AVEUGLE ! Évidemment que j’ai vu les canards ! Triple buse ! »

Léo : « Buteo buteo buteo. »

Max : « Qu’est ce que tu racontes ? »

Léo : « Ben triple buse ça donne Buteo buteo buteo 🙂 »

Le chevalier : « 😀 »

Max : « Ça t’amuse ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 il t’a bien eu 🙂 Bon, revenons aux canards. »

Léo : « Il y a celui à la tête rouge. C’est le canard siffleur. C’est Anas penelope, c’est bien ça ? »

Le chevalier : « C’est bien ça. Sur la photographie de droite on voit la femelle. »

66 105 Canard siffleur mâle 66 104 Canards siffleurs

Léo : « C’est le dimorphisme sexuel : la femelle est pas comme le mâle. »

Max : « C’est un canard de surface ou c’est un ploufeur ? »

Le chevalier : « C’est un canard de surface. Il vit plutôt au nord de l’Europe. »

Max : « C’est un migrateur alors. Il vient nous voir pour l’hiver. Comme canard de surface, il y a les souchets aussi, avec leurs larges becs aplatis. »

Léo : « Anas clypeata. »

66 106 Canard souchet femelle 66 107 Canards souchets 01

Max : « Tu as pas bien fotoé bonome. Ça va pas du tout ça. »

Léo : « C’est pas grave, on le connaît déjà le souchet. Les sarcelles d’hiver sont des canards de surface aussi et elles s’appellent Anas crecca. »

66 108 Sarcelle d'hiver mâle 66 109 Sarcelle d'hiver mâle
66 110 Sarcelle d'hiver mâle 06 66 111 Sarcelles d'hiver

Max : « La femelle ressemble beaucoup à la femelle colvert, oulala ! »

Léo : « Oui mais le miroir alaire est vert. Et sur la foto, il y a une femelle souchet. Mais on peut pas la confondre à cause de son gros bec 🙂 »

Max : « Et l’autre là… Celui avec la tête sombre. Le gris et blanc, très beau… Tu le connais ? »

Le chevalier : « C’est le canard pilet : Anas acuta. C’est aussi un canard de surface. »

66 112 Canard pilet mâle 01

Léo : « Rholala… Tous ces canards… La chance 🙂 »

Max : « Lui aussi c’est un migrateur qui vient du nord de l’Europe ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Léo, regarde là-bas, sur le bord de la mare 😉 »

Léo : « … »

66 113 Canards mandarins mâles

Max : « J’étais sûr que tu en perdrais ta mâchoire 😀 C’est le canard mandarin mâle, Aix galericulata. C’est le canard mandarin du Royaume des Mandarins. On le connaît déjà nous, n’est ce pas bonome ? »

Léo :  « Qu’est ce qu’il est beau ! Rholala … Et là, il y a des fuligules milouins, Aythya ferina. »

66 114 Fuligules milouins 02 66 115 Fuligule milouin mâle

Max : « Eux, ce sont des ploufeurs. Et cet autre là ? »

66 116 Canard inconnu 66 117 Canard inconnu

Le chevalier : « C’est le canard mystère 🙂 »

Max : « Tu le connais pas ? »

Léo : « C’est vrai ? Tu le connais pas ? »

Le chevalier : « Non 🙂 »

Max : « Ça alors ! Tu connais pas tout alors ! »

Le chevalier : « Bien sûr que non ! Mais tu le sais déjà Max. »

Max : « Et qu’est ce que je vais dire à Princesse ? ‘On a vu canard mais on sait pas qui c’est.’ Peut être que c’est un intrus qui n’a rien à faire là et qu’il faudrait qu’on le chasse. »

Le chevalier : « Et si c’était toi l’intrus ? »

Max : « Tu veux me chasser ? Mais j’ai rien fait moi ! »

Léo : « Pfff, t’es bête ! Il rigole ! Buteo buteo buteo 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Mes chers petizours, je vous laisse quelques minutes pour profiter de ces canards puis nous rentrons. »

Max : « Zutalor ! J’ai pas envie de rentrer 🙁 »

Léo : « Moi non plus. Mais on a jamais envie de rentrer 🙂 »

Le chevalier : « Allez, dans ma poche, nous rentrons. »

On marchait vers notre monture quand bonome l’a repéré, ce zoiso.

66 118 Faucon crécerelle 66 119 Faucon crécerelle

Léo : « Rholala … il est tout près ! »

Max : « Je crois qu’il est pas en forme ce petit zoiso 🙁 Il a pas l’air bien… »

Léo : « Il faut prévenir le docteur des zoisos ! Dépêche-toi s’il te plaît »

Max : « Il va te dire qu’il faut laisser faire la nature, qu’on ne peut rien faire… »

Léo :  « Mais il a pas l’air bien ! Il faut l’aider ! »

Le chevalier : « Que pouvons-nous faire ? Tu sais soigner les oiseaux mon Léo ? »

Léo : « Ben non, mais toi tu dois savoir ! »

Le chevalier : « Non, je suis désolé mon petitours. Je suis surpris que vous ne me demandiez pas ‘C’est qui ce zoiso ?‘ »

Léo : « C’est un faucon crécerelle juvénile (Falco tinnunculus, Falconidés). On s’inquiète pour sa santé, on a pas le temps de faire l’ornithologie nous. »

Max : « Faut pas te fâcher Léo. Il a raison : on ne peut rien faire. »

Léo : « Je sais bien qu’il a raison… Mais ça m’énerve de pouvoir rien faire. »

Le chevalier : « Ne t’inquiète pas pour lui mon Léo. Il va se reposer et il ira mieux. Cette fois nous rentrons. »

On est allés s’installer dans sa poche. J’ai câliné Léo pour qu’il oublie le petit faucon tout pas bien. Puis je lui ai rappelé tous les beaux zoisos que bonome nous avait montrés. J’ai senti qu’il se détendait puis il a ronronné. Moi aussi j’ai ronronné et on s’est endormis tous les deux.

En arrivant à la cabane, bonome nous a couchés tout de suite. On était très fatigués par cette longue journée et tous les beaux zoisos qu’on avait vus.

Voilà Princesse, c’était la première journée de Léo à la mer. Je t’embrasse et ne t’inquiète pas, on va bien.

PS : Le canard mystère est une sarcelle à collier mâle (Callonetta leucophrys, Anatidés). Originaire d’Amérique du sud, ce canard est assez rare en France. On l’observe surtout en captivité mais la petite population sauvage est plutôt stable.

Continuer la promenade

82 – Pauvre chevalier

Samedi 5 Mars, An III… et les jours suivants…

Bonjour Princesse, cet article tu le connais déjà. Je l’ai écrit juste après la chute de mon pauvre petit bonome. Il était tout cassé 🙁 Maintenant il va mieux. Il est presque guéri 🙂 A part quelques petits bobos de temps en temps…

Je sais pas par où commencer alors le plus simple est de commencer par le début et la pluie du matin. Elle faisait suite à la pluie d’hier qui nous avait fait renoncer à explorer les volcans des temps anciens d’il y a très longtemps, quelque part vers le début de l’ère primaire. Bonome voulait y retourner aujourd’hui mais il fallait attendre la marée basse. Alors, en attendant, il nous a emmenés aux zoisos, pas loin de notre cabane. On en a vu de beaux 🙂 Plus tard je te dirai… Puis il nous a emmenés au Castel de Dinan voir le vent. Il soufflait très fort, mais gentiment, pour nous montrer qu’il faisait bien son travail de vent. Il avait chassé la pluie pour qu’on puisse profiter de notre dernière journée. Le Castel de Dinan c’est là que par le passé bonome avait souri au vent. Je crois qu’ils nous rejouaient la scène tous les deux, pour nous montrer. Et c’est vrai qu’il était souriant mon chevalier, malgré les rafales. Il nous a montré les Laridés qui planaient et jouaient dans les bourrasques le long des falaises. Et l’heure est arrivée d’aller à la Pointe de Lostmarc’h voir les volcans des temps anciens. On y est allés en chevauchant calmement, sous un beau soleil. Mais dès notre arrivée, le ciel s’est obscurci, le vent a soufflé de plus belle. Bonome continuait d’avancer parce qu’il tenait à nous montrer les basaltes sous marins de l’ère primaire. Mais le vent s’est fâché et il a apporté la grêle. La température a baissé d’un coup d’au moins 5 degrés Celsius. Les grêlons portés par des rafales à près de 100 km nous fouettaient le visage, les jambes … Bonome s’est retrouvé trempé en à peine trois minutes. La nature ne voulait pas qu’on aille aux pieds de la Pointe de Lostmarc’h. Mais pas méchamment. C’est dangereux comme endroit. Bonome aurait pris des risques pour nous faire découvrir la volcanologie alors elle a demandé au vent de nous empêcher d’y aller. Mon chevalier a sagement rebroussé chemin. La grêle a cessé, le vent s’est calmé et, comme pour se faire pardonner, la nature nous a offert un magnifique arc en ciel. Je te montrerai plus tard les fotos. Le ciel s’est dégagé et le soleil est revenu. Évidemment, nous, on voulait pas retourner à la cabane. Alors bonome a décidé d’aller au port de Kameled. On y voit toujours des zoisos. Et, sur l’estran sableux qui borde la digue, la mer fait danser les bécasseaux. C’est très beau. Bonome voulait filmer pour te montrer. En arrivant à Kameled, il est allé se caféiner pour se réchauffer. Il a tout le temps les pieds mouillés. Chaque matin il part en se promettant de pas les ploufer et de faire attention mais c’est plus fort que lui, il traverse un ruisseau, marche dans la boue pendant des kilomètres ou ploufe volontairement le pied dans l’eau sur l’estran parce que c’est plus prudent que de faire un pas gigantesque … Il avait froid, il était fatigué … Et nous, on lui a pas dit de rentrer à cause qu’on voulait voir les zoisos qu’il ne manquerait pas de nous montrer. Dès la sortie de la taverne il en a repéré un dans le port. On s’est approchés. Léo en a perdu sa mâchoire 🙂 C’était un grèbe à cou noir avec ses beaux yeux rouges. Je sais pas pourquoi, mais je suis sûr qu’il savait qu’on en verrait. Pourtant, ici, il peut pas parler aux zoisos : ils parlent breton et pas lui. Puis on s’est dirigés vers la digue pour les bécasseaux mais en chemin il aperçu des zoisos qui courraient sur l’estran du port. Il s’est approché et a fotoé. C’était des grands gravelots et des tournepierres à colliers. Et puis on est allés sur la digue. Les bécasseaux dansaient au bord de l’eau. Bonome a décidé de descendre par les gros cailloux glissants pour gagner du temps. Pour pas qu’ils soient partis quand on arriverait. Il a fait très attention. Il descendait sur les fesses en prenant bien appui sur les mains. Jusqu’au dernier pas. Le dernier pas difficile de la dernière promenade du dernier jour… Encore un pas et il était sur le sable où il ne risquait plus rien. Il était fatigué et a relâché son attention. Il s’est redressé. Pour un pas … Mais voilà, le rocher était lisse, pentu et couvert d’algues filamenteuses mouillées. Il sait bien que c’est ce qu’il y a de plus dangereux. Il avait fait très attention jusque là. Environ 40 000 pas par jour dont au moins 20 000 sur des cailloux tout cassés et glissants sans une seule chute. Juste une petite glissade. Et là, il ne restait qu’un pas, un tout petit pas … Et il a glissé. Il a glissé et il est tombé, lourdement, de toute sa hauteur, sur son épaule. Léo et moi avons eu très peur. Bonome s’est relevé. Il avait l’air hébété, hagard… Il s’est tenu l’épaule alors j’ai pas vu tout de suite.

Max : « Bonome, ça va ? Tu t’es fait mal ? Tu es tout pâle. »

Le chevalier : « … Oui, je me suis fait très mal Maxou … A l’épaule, au bras … Je ne sais pas. »

Max : « Il faut t’asseoir bonome. »

Le chevalier : « Non pas là … Il y a une taverne, allons-y. »

Max : « Ça va aller ? Tu es vraiment pâle. »

Le chevalier : « J’ai des sueurs froides, je me sens vide, sans force. Et j’ai mal. J’ai peur aussi. »

Max : « Faut t’asseoir bonome … »

Le chevalier : « Max, laisse moi me concentrer sur la douleur … »

J’ai pas compris cette phrase. Il est resté immobile, le regard vide … Là, j’ai vu son épaule et son bras … 

Max : « Bonome, ton épaule … C’est pas normal. Et ton bras, il est tout en avant. Tu peux bouger ? »

Le chevalier : « Non Maxou … Et j’ai la main toute engourdie … »

Max : « Tu es tout cassé ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas … Peut être … J’ai peur que oui. Fracture de l’humérus, de l’omoplate … ou luxation de l’épaule … J’ai mal Maxou … »

Max : « Tiens debout jusqu’à la taverne, on appellera le docteur. »

On y est arrivés à la taverne. Il s’est assis, a failli s’évanouir. Le tavernier a été très gentil mais l’a pas vraiment aidé. Léo était tout pâle aussi. Bonome s’est redressé. J’ai vu sur son visage qu’il avait mal et qu’il était inquiet. Il ne parvenait plus a bouger son membre supérieur, sa main était de plus en plus engourdie … Il s’est levé et est allé pétuner dehors. Il est fou dans sa tête. A travers la fenêtre j’ai vu qu’il essayait de bouger son membre. C’est là que j’ai compris. En se concentrant sur sa douleur il faisait son diagnostique. Et par les mouvements qu’il était en train de faire, il essayait de se remettre l’épaule en place. Je voyais bien qu’il grimaçait en bougeant et quand il est revenu il avait les yeux mouillés de larmes. Mais il réussissait à bouger le bras.

Max : « Ça va bonome ? »

Le chevalier : « J’arrive à bouger sans hurler 🙂 Ce n’est pas une fracture. »

Max : « Tu es sûr ? »

Le chevalier : « Je pense que je me suis luxé l’épaule … »

Max : « Luxé l’épaule ? »

Le chevalier : « La tête de l’humérus est sortie de la cavité glénoïde, au moins en partie. En bougeant, je l’ai remise en place. »

Max : « ‘La tête de l’humérus est sortie de la cavité glénoïde‘… Tu t’arrêtes jamais … Tu es encore pâle. Ça va aller ? On va aller chez le docteur. C’est plus sage. »

Le chevalier : « Oui Maxou, nous allons y aller… Léo, pourquoi pleures-tu ? Viens ici mon petitours. »

Léo était assis sur la table. En entendant ça, il a couru et a sauté vers bonome qui l’a attrapé de son bras valide et l’a serré très fort contre lui.

Léo : « J’ai eu peur ! J’ai cru que tu serais tout cassé. Et tu as l’air d’avoir très mal. »

Le chevalier : « Ne t’inquiète pas mon Léo. Regarde, j’arrive à bouger. Ce n’est pas cassé. Je crois vraiment que j’ai réussi à réduire la luxation. C’est douloureux mais supportable. »

En voyant mon grand bonome câliner Léo, moi aussi je me suis mis à pleurer. J’avais eu peur moi aussi. Il a vraiment fait une lourde chute. Et puis tu sais Princesse, souvent on est loin de tout, sur des cailloux aux arrêtes vives … Si il était tombé comme ça à un autre moment … Comment il aurait fait pour rejoindre notre monture puis le village le plus proche ? Des fois, il y a un km à faire sur des cailloux tout cassés avant d’arriver à notre monture. On pourrait pas l’aider nous …

Il a réussi à aller jusque chez le docteur. Il a dit que ce n’était pas une luxation mais une subluxation. La tête de l’humérus n’était pas entièrement sortie de son logement mais qu’il avait fallu être très courageux pour avoir essayé, et réussi, de la remettre en place tout seul. Mais qu’il faudrait aller à l’hôpital et qu’il faudrait plus bouger pendant des semaines. Je suis pas certain qu’il respecte ça. Peut être qu’il pourra pas aller à la schola pendant un petit moment …

En rentrant, il nous a fait un énorme câlin. Léo pleurait encore un peu. Il l’aime beaucoup son chevalier. Moi aussi je l’aime mon bonome. Tu te rends compte qu’après sa chute, il est resté calme pour se concentrer sur sa douleur et faire son propre diagnostique. C’est sa façon d’être, il faut qu’il comprenne … Toujours … N’empêche que j’ai eu peur.

Le chevalier : « Bon, les petizours, il va falloir aller au lit. »

Max :  « On dort avec toi pour te surveiller. »

Le chevalier : « Non Max. »

Max : « Si, il faut qu’on te surveille. »

Le chevalier : « De loin alors. Vous ne dormirez pas avec moi. »

Max : « Pour voir si tu vas bien … Tu es encore tout pâle. »

Le chevalier : « Vous mesurez 7 cm, si vous dormez avec moi, je risque de vous écraser. Allez dans vos lits. »

Il nous a couchés, a fait un énorme câlin à Léo en lui grattant le front jusqu’à ce qu’il s’endorme puis il est venu vers moi.

Le chevalier : « Merci Maxou d’avoir veillé sur moi. »

Max : « Ça va ton épaule ? Tu n’as pas trop mal ? »

Le chevalier : « Ça va aller, ne t’inquiète pas. »

Max : « Tu vas réussir à dormir ? »

Le chevalier : « Pas sûr 🙂 Dors, toi. Bonnuit mon petitours. »

Max : « Bonnuit bonome et si ça va pas tu me réveilles, d’accord ? »

Le chevalier : « D’accord 🙂 … Au fait, Maxou, je suis désolé. »

Max : « Désolé de quoi ? D’être tombé ? »

Le chevalier : « De ne pas être allé filmer la mer qui faisait danser les bécasseaux… »

Plus tard …

Max : « Bonome, il faut aller à l’hôpital. »

Le chevalier : « Ça va Max, ne t’inquiète pas. Ce n’est pas la peine d’aller à l’hôpital. »

Max : « Si si. Il faut radioer pour vérifier que tu es pas tout cassé dedans. »

Le chevalier : « J’aurais bien plus mal que ça si j’étais tout cassé dedans … »

Max : « Pfff … Si je te plantais un clou dans la main à grands coups de marteau tu me dirais : ‘Alors tu vois le clou est passé juste entre les carpes. Il n’a pas touché de nerfs sinon ma mobilité serait réduite. Il a juste perforé un vaisseau sanguin mineur ce qui explique le léger saignement. Au fait, désolé d’avoir mis du sang partout. Allez, va te coucher, je vais nettoyer.’ »

Le chevalier : « Tu crois ? »

Max : « oui 🙂 et tu ajouterais : ‘Trouve moi une aiguille à tricoter et une ficelle à gigot, je vais recoudre. En attendant je vais désinfecter à la vodka.‘ »

Le chevalier : « 😀 Je suis vraiment comme ça ? »

Max : « Ben oui. Bon, je me réjouis de te voir rire mais IL FAUT ALLER À L’HOPITAL ! »

Le chevalier : « D’accord Maxou, allons-y. »

On est allés aux urgences mais le docteur, très gentil, a dit que c’était plus une urgence parce que l’épaule était à sa place. Il a bien remis l’attelle de bonome et il a prescrit une radio. Puis on est rentrés. Il était fatigué mon bonome parce qu’il peut pas chevaucher et doit tout faire à pieds maintenant…

Le lendemain…

Max : « Bonome, réveille-toi ! Il faut aller à l’hôpital pour radioer ton épaule ! Allez, debout. »

Léo :  «  Ça va chevalier ? Tu as réussi à dormir ? Tu as mal ? »

Le chevalier : « Bonjour mes petizours 🙂 Pas très bien dormi … Mais je n’ai pas trop mal. Comment vas-tu mon Léo ? Et toi Max ? »

Léo : « Ben ça va ! Je suis pas tout cassé moi ! »

Max : « On va bien nous ! On est pas tombés ! Habille-toi et direction l’hôpital ! Et dépêche toi un peu. »

On y est allés et on a attendu… Puis il s’est fait radioer l’épaule.

Max : « Tu as ta radio ? Montre-moi ! Qu’est ce que tu as ? »

Le chevalier : « Lisons le compte rendu… Cornegidouille et ventrebleu , la radio n’est pas suffisante, il faut faire un scanner… »

Max : « Montre-moi… Ben, il dit des erreurs le docteur de la radio… Regarde là … Non, là ! Il y a un morceau détaché ! Tu vois, tu es tout cassé. »

Léo : « Tu es radiologue toi ? Chevalier, va faire ton scanner. »

Le chevalier : « Oui Léo, j’y vais de ce pas. Mais je crois bien que Max a raison 🙁 »

Il a encore fallu attendre pour le scanner mais la scanneuse a été très gentille avec bonome. Sinon, je l’aurais grondée ! Après, il a fallu attendre les résultats puis encore avant d’aller chez le docteur des urgences. Celui qui avait été très gentil.

Max : « Qu’est ce qu’elle dit la scanneuse ? Tu nous as pas dit. Fais moi voir la feuille, je vais lire. Mmmmmmmm mmmmm mmmm… Tu peux traduire s’il te plaît ? »

Le chevalier : « La partie de l’omoplate sur laquelle est attaché un ligament s’est arrachée. Et il y a des morceaux d’os qui se baladent. »

Max : « Ils visitent ton épaule les morceaux d’os ? T’es tout cassé en fait ! »

Le chevalier : « Non max, ne dis pas ça. J’ai une petite fracture mais l’épaule va bien. »

Léo : « Tu dis ça pour nous rassurer. »

Le chevalier : « Non mon Léo, je t’assure que ça va aller. »

Le gentil docteur lui a dit d’entrer à ce moment là. Il a regardé les résultats et l’a emmené directement chez l’orthopédiste. Lui aussi a regardé les résultats du scanner et il a dit qu’on pouvait pas opérer, qu’il fallait immobiliser 40 jours, totalement, puis qu’il faudrait revenir pour voir l’évolution.

Voilà Princesse, il est tout cassé le chevalier. Il peut pas bouger son membre supérieur gauche. C’est pas facile pour mettre ses chaussettes 🙂 Il peut pas aller à la schola pendant une semaine, peut être plus. Ça va dépendre si il arrive à dormir des fois… Il va rester enfermé dans sa cabane et va tourner en rond. Et c’est un peu à cause de moi. C’est pour moi qu’il voulait filmer la mer qui faisait danser les bécasseaux. Et tu sais Princesse, il les avait déjà filmés mais je trouvais que les films étaient flous …

Au coucher…

Max : « Ça va bonome ? »

Le chevalier : « Fatigué 🙂 Tu n’es pas avec Léo ? »

Max : « Je l’ai couché. Je lui ai gratté le front comme tu nous fais. Il a pleuré un peu puis il a ronronné et s’est endormi. Dis, tu as eu mal quand tu es tombé ? »

Le chevalier : « Oui, mais j’étais surtout inquiet. »

Max : « Pourquoi inquiet ? »

Le chevalier : « La douleur était très forte et tu sais que la douleur n’est qu’un signal pour prévenir d’un problème. Et la douleur étant très forte, le problème devait être grave. »

Max : « Tu as tout de suite pensé à ça ? »

Le chevalier : « oui, c’est étonnant n’est ce pas ? Et j’ai vu tout de suite la position de mon bras. Ma main engourdie, les sueurs froides… C’était quand même inquiétant. »

Max : « Tu as pensé tout de suite à la luxation ? »

Le chevalier : « Non, j’ai d’abord craint une fracture de l’omoplate ou de l’humérus. C’est la position du bras qui m’a fait envisager la luxation. Et l’impossibilité de bouger. Avec une fracture j’aurais pu bouger. Cela aurait été extrêmement douloureux mais possible. »

Max : « Et quand tu es sorti de la taverne pour pétuner, tu allais essayer de te remettre l’épaule en place n’est ce pas ? »

Le chevalier : « Non, j’allais juste pétuner 🙂 Mais j’ai voulu voir si je pourrais bouger. J’ai fait un effort pour lutter contre la douleur, pour voir… Et j’ai entendu, et ressenti, un craquement. J’ai été immédiatement soulagé. Et tu as vu, quand je suis rentré je pouvais bouger. Ça a confirmé mon diagnostique 🙂 »

Max : « Et tu as pensé à tout ça alors que tu étais au bord de l’évanouissement ! Je ne dirai plus que ton cerveau est tout fondu. Il fonctionne plutôt bien 🙂 »

Le chevalier : « oui 🙂 Je ne l’explique pas. Réflexe de biologiste probablement… Ou besoin de comprendre… En tous cas c’est rassurant. »

Max : « Pourquoi dis-tu ça ? »

Le chevalier : « Tu sais bien que nous allons souvent dans des endroits isolés. Si un jour il m’arrivait… »

Max : « Il t’arrivera rien du tout ! »

Le chevalier : « Si un jour il m’arrivait de tomber loin de tout, je pourrais probablement appeler les secours en étant relativement lucide et précis. »

Max : « Mais tu vas faire attention maintenant. »

Le chevalier : « Il n’y aura pas de nouvelles inspections avant longtemps tu sais. Surtout sur des cailloux tout cassés 🙂 »

Max : « C’est pas grave si on va plus aux zoisos. Tu vas prendre soin de toi ? Être raisonnable et ne pas bouger le bras ? Tu vas savoir faire ça ? Léo a peur que tu t’abîmes et que tu restes tout cassé. Et moi aussi. »

Le chevalier : « Je vais être raisonnable Maxou, je vous le promets. »

Max : « Promis vraiment ? »

Le chevalier : « Promis vraiment 🙂 »

Max : « Tu veux bien me coucher et me gratter le front ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Maxou. »

Il est comme ça ce chevalier… Il est tout cassé mais il continue à veiller sur ses petizours et à en prendre soin 🙂 On n’a plus de sable de là où le soleil se couche. Tu sais, le sable qui, glissé sous les paupières, endort. C’est dommage parce que, depuis vendredi, il dort mal mon bonome.

Princesse, je sais bien qu’il est banni du château, mais j’espère que tu vas prendre de ses nouvelles. Sinon, je crois que je serais fâché très fort contre toi.

Continuer la promenade

65 – La surprise de Léo

Vendredi 25 Décembre, An II

Dans la cabane du chevalier

Léo : « Dis Max, tu trouves pas qu’il travaille beaucoup le chevalier ? On va pas beaucoup aux zoisos 🙁 »

Max : « Je crois qu’il veut tout faire son travail pour être tranquille ensuite. »

Léo : « Il fait tout d’un coup ? Et après il aura plus rien à faire alors. »

Max : « Il aura du temps libre pour ses petizours 🙂 »

Léo : « Et il nous emmènera aux zoisos ? »

Max : « Bien sûr. Et comme je le connais, il aura même une belle surprise pour nous. »

Léo : « Une surprise ? Il va nous trouver un nouveau Royaume ? »

Max « Il va nous trouver une surprise. Aie confiance 🙂 »

Plus tard …

Le chevalier : « Max ! Léo ! … Les petizours ! »

Max : « On jouait ! On arrive ! … »

Léo : « On est là ! Qu’est ce qu’il y a ? On a même pas fait de bêtises. »

Le chevalier : « Je le sais. Vous êtes très sages. Asseyez-vous s’il vous plaît. J’ai beaucoup travaillé depuis le début des vacances et vous êtes restés très sages dans la cabane. Vous vous êtes à peine chamaillés 🙂 Maintenant que je suis libre, que penseriez-vous d’aller inspecter le Pays des Zoisos ? »

Léo : « Oh oui ! Max, tu es d’accord je suppose. »

Max : « Ben oui 🙂 »

Le chevalier : « Nous avons visité de beaux Royaumes ces derniers temps et tout s’y passe bien. »

Léo : « Oui oui ! Surtout le Petit Royaume Sauvage, il est magnifique. »

Le chevalier : « Ce n’est peut être plus la peine de les visiter ces prochains jours. »

Léo : « Tu veux plus aller aux zoisos ? »

Le chevalier : « Bien sûr que si, Léo. Mais peut être pourrions nous aller un peu plus loin, dans d’autres Royaumes où on n’est pas sûrs que tout se passe bien ? »

Max : « Je me souviens de ce dialogue … 🙂 »

Léo : « Qu’est ce qui se passe ? Qu’est ce que vous tramez tous les deux ? »

Le chevalier : « Max, veux-tu expliquer à Léo ? »

Max : « C’est moi qui lui annonce ? D’accord 🙂 Léo, bonome a une surprise pour nous. Enfin, surtout pour toi … »

Léo : « C’est quoi ? Dites moi, allez, s’il vous plaît … »

Max : « On va aller visiter des Royaumes lointains … Au bord de la mer 🙂 »

Léo : « On va aller à la mer ? En Charentmaritimie où vous êtes déjà allés ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. Nous partons demain. »

Max : « Demain ? Oulala, il faut qu’on se prépare alors. »

Léo : « Rholala … On va à la mer … On va voir des tas de zoisos de mer et de la campagne… Rhooo la chance … Merci chevalier. »

Max : « Tu vois, j’étais sûr qu’il nous ferait une belle surprise. »

Léo : « Tu le savais ? Il te l’avait dit ? »

Max : « Non, mais je le connais bien mon bonome 🙂 J’étais sûr qu’il t’emmènerait à la mer. »

Le chevalier : « Allez préparer vos affaires et n’oubliez rien ! »

Encore plus tard …

Le chevalier : « Allez mes petizours, au lit. Il faudra être en forme demain pour la longue chevauchée. »

Max : « Il reste du sable de là où le soleil se couche, parce que je crois que je vais avoir du mal à m’endormir. »

Léo : « Moi aussi. J’ai hâte de voir tous les zoisos … »

Le chevalier : « Au lit ! Et faites de beaux rêves 🙂 »

Il nous a fait un gros câlin et puis on s’est couchés. Mais on arrivait pas à dormir. On arrêtait pas de nous retourner dans tous les sens. Et puis Léo s’est levé et est allé papoter avec bonome.

Léo : « Dis chevalier, je peux te parler ? »

Le chevalier : « Bien sûr Léo. Tu ne dors pas encore ? »

Léo : « Non, j’arrive pas à dormir. »

Le chevalier : « Quelque chose te préoccupe ? »

Léo : « J’ai bien lu le blog de Max. Quand vous allez à la mer vous faites des tas de choses fort savantes : la botanique, la géologie, la zoologie marine … »

Le chevalier : « L’ornithologie aussi 🙂 »

Léo : « Oui. Mais là on y va que quelques jours. Il y a des tas de Royaumes et plein de zoisos à voir. Et si on fait toutes les choses fort savantes on aura plus beaucoup de temps pour l’ornithologie. »

Le chevalier : « Je vois. Et si nous ne faisions que de l’ornithologie ? »

Léo : « Mais que va dire Max ? »

Le chevalier : « Pour son cousin Léo, il sera d’accord. »

Léo : « Tu crois ? Et toi, ça te dérangerait pas ? »

Le chevalier : « Non mon Léo. Moi aussi j’aime beaucoup les oiseaux. »

Max : « Vous ne dormez pas ? Qu’est ce que vous vous racontez ? »

Le chevalier : « Tu tombes à pic Maxou. Léo a peur de ne pas avoir le temps de voir des oiseaux si nous faisons des tas de choses fort savantes. »

Max : « Ben c’est pas dur, il suffit de faire que l’ornithologie. Il y a assez de zoisos à voir pour nous occuper pendant tout le séjour 🙂 »

Léo : « C’est vrai ? Tu veux bien ? Ça te dérange pas ? »

Max : « Ben non. Je connais déjà les étages de là-bas. Et puis j’ai déjà fait la zoologie et tout ça. On fera une autre fois. D’accord pour la zoisologie 🙂 »

Léo : « Chouette 🙂 Merci à tous les deux. Bon, on va au lit ? »

On est retournés nous coucher et cette fois, on a bien dormi.

Le lendemain, Léo et moi on s’est réveillés aux aurores et on a préparé nos affaires : le livre de zoisos, la serviette, les jumelles … Bonome, lui, dormait comme un loir. Tout tranquille. On l’a laissé dormir parce qu’il allait devoir tout chevaucher aujourd’hui. C’est loin la mer. Mais il est très prudent. Il chevauche jamais trop vite et il fait des pauses. Et pendant la pause il se caféine. Il a raison d’être prudent. Ça serait dommage de faire l’accident en allant à la mer. On pourrait être tout morts ou tout cassés si on faisait l’accident. Il vaux mieux prendre son temps.

Puis on est arrivés. On s’est installés dans la cabane de là-bas et il nous a raconté des histoires. Des belles histoires de mer, de bateaux et de zoisos. Et puis on est allés au lit.

Léo : « Max, tu connais bien les Royaumes du bord de mer. Tu voudras bien me présenter les zoisos ? »

Max : « Ben oui, et bonome aussi t’expliquera. »

Léo : « Et tu voudras bien lui demander d’aller au Royaume des Chevaliers demain ? J’ai vu dans ton blog qu’il y a beaucoup de zoisos dans ce Royaume. Et moi j’ose pas lui demander. »

Max : « Tu sais Léo, c’est pas la peine de lui demander. Le Royaume des Chevaliers est l’endroit où on voit le plus de zoisos alors il va nous y emmener, c’est sûr. Et puis il t’expliquera tout, tu verras. Il parlerait des zoisos pendant des heures. C’est pas la peine de t’inquiéter. Tu peux dormir tranquillement. Tu en verras des zoisos 🙂 »

Léo : « Merci Maxou. »

Max : « Bonnuit Léo. »

Léo : « Bonnuit Max. »

Continuer la promenade

64 – Le Royaume des Écureuils

Mercredi 23 Décembre, An II

Max : « Bonome, c’est les vacances. Il y a pas la schola et il fait beau aujourd’hui. Tu veux pas nous emmener aux zoisos ? »

Le chevalier : « Vous voulez aller vous promener ? »

Max : « Oh oui ! Léo dit rien mais je sais bien qu’il en meurt d’envie. »

Le chevalier : « Je voulais terminer de corriger les copies mais si vous voulez aller vous promener … »

Max : « LÉO ! LÉO ! ON VA AUX ZOISOS ! »

Léo : « Chouette ! On va où ? »

Le chevalier : « Je n’ai pas envie de beaucoup chevaucher. »

Max : « On pourrait aller au Royaume des Écureuils. Il est pas loin ce Royaume et on y voit de beaux zoisos. »

Léo : « Et des écureuils 🙂 J’aime beaucoup les écureuils. On y va ? »

Le chevalier : « Allons-y ! »

On a chevauché doucement jusqu’au Royaume des Écureuils, au pas de promenade, en profitant du soleil.

Max : « Dis bonome, c’est pas l’hiver aujourd’hui ? »

Le chevalier : « Si, depuis hier. »

Max : « Et tu m’as pas dit que l’hiver, il faisait froid, il gelait et il y avait la neige ? »

Le chevalier : « En effet, je t’ai bien dit cela. »

Max : « Et éléoulanége ? »

Le chevalier : « Éléoulanége ? »

Max : « Oui, éléoulanége ? Et le gel ? Iléou ? »

Le chevalier : « Apparemment, ils ne sont pas là. »

Max : « Il a oublié de venir l’hiver ? Tu veux pas le prévenir, lui dire de venir. Ça va pas si il y a pas l’hiver ! »

Le chevalier : « Je suppose qu’il faut que je rédige un rapport et que je le fasse parvenir à Princesse … »

Max : « Ben oui, il faut faire quelque chose, parce que là, ça va pas du tout. »

Léo : « Vous avez fini de papoter tous les deux parce qu’on est arrivés 🙂 »

Max : « Attache notre monture et allons inspecter ! »

On a cheminé sur le chemin, le nez en l’air, en regardant partout. Mais je dois reconnaître que j’étais pas très attentif. J’avais juste envie de me promener. Léo était plus concentré, lui. Et il a repéré ce zoiso. Et sa mâchoire est tombée par terre, poum ! Bonome a souri et il a fotoé.

64 01 Perruche à collier C’est une perruche à collier (Psittacula krameri, Psittacidés). C’est magnifique comme zoiso avec ses grandes plumes vertes. Bonome en a dans sa collection de plumes. Il les a trouvées par terre. Il les aurait pas retirées sur la perruche. Ben non. Mais c’est bruyant. Oulala que c’est bruyant !

On regardait la perruche et on l’a vue s’approcher d’un trou dans la branche. Et puis, elle a regardé dans le trou. Et après, il y a une autre perruche qui a sorti la tête 🙂

64 02 Perruche à collier 64 03 Perruche à collier
64 04 Perruche à collier 64 05 Perruche à collier
64 06 Perruche à collier 64 07 Perruche à collier
64 08 Perruche à collier 64 09 Perruche à collier
64 10 Perruche à collier 64 11 Perruche à collier

Et puis, elles se sont câlinées toutes les deux. A cause du dimorphisme sexuel, on sait que c’est la femelle qui était dehors et le mâle qui a sorti la tête. Parce que, chez les perruches à collier, il y a que les mâles qui ont un collier noir.

Ensuite, la femelle s’est envolée mais pas trop loin. Elle est allée sur une branche pas loin et elle attendait. Puis le mâle l’a rejoint. C’est comme ça qu’on a vu le collier noir. Et ils se sont envolés tous les deux et on les a plus revus. 64 12 Perruche à collier

Léo est resté la tête en l’air bien après que les perruches soient parties. Il voulait plus bouger. Il faut dire que l’endroit est très beau. C’est juste à côté de la mare du Royaume des Mandarins. On était bien, là. Mais on a repris notre chemin.

Et d’un coup, superzoreilles s’est figé. Il avait entendu quelque chose. Une espèce de tambourinage. Il a cherché partout et il a trouvé le pic épeiche (Dendrocopos major, Picidés).

64 13 Pic épeiche 64 14 Pic épeiche
64 15 Pic épeiche 64 16 Pic épeiche

Et en observant le pic épeiche, on a vu un grimpereau (Certhia sp., Certhiidés).

64 17 Grimpereau Je t’ai déjà dit Princesse : il y a deux espèces de grimpereaux, le grimpereau des bois et le grimpereau familier. Mais on sait pas les distinguer. Même Léo est pas sûr ! Pourtant il connait bien les zoisos.

Et puis, en avançant, on a revu une perruche à collier. Ou plutôt un perruche, parce que c’est un mâle. Il sortait de son trou dans l’arbre, la tête en bas. Dans ce Royaume, on voit souvent des zanimos la tête en bas. On devrait l’appeler le Royaume des Têtes en Bas 🙂

64 18 Perruche à collier 64 19 Perruche à collier

Et puis, alors qu’on avançait, on a reçu des morceaux de bois sur la tête. Un morceau, puis un autre, et encore un … Alors on a levé la tête et on a identifié le coupable. Léo a levé la tête aussi mais sa mâchoire est restée à sa place de départ et il s’est encore retrouvé la bouche ouverte.

64 20 Pic mar 64 21 Pic mar
64 22 Pic mar 64 23 Pic mar
64 24 Pic mar 64 25 Pic mar
64 26 Pic mar 64 27 Pic mar

Léo : « Rholala … C’est un pic mar, Dendrocopos medius, Picidés. Rhoooo la chance … »

Max : « Tu as encore dit ‘Rhooo la chance‘ 🙂 »

Léo : « Oui ben on a de la chance de voir des beaux zoisos comme le pic mar. »

Max : « Je sais bien Léo. Dis bonome, tu savais qu’il y avait des pic mar dans ce Royaume ? »

Le chevalier : « Non, je n’en avais jamais vu. Je pense que la population augmente et que cet oiseau recolonise le département. »

Max : « C’est une bonne nouvelle alors ! »

Léo : « Il va y en avoir de plus en plus ? »

Le chevalier : « Il ne faut pas qu’il prolifère trop quand même. »

Léo : « Il faut que la nature trouve son équilibre. »

Le chevalier : « Oui mon Léo, et sans que l’Homme ne le perturbe trop. »

Max : « Les zoms font toujours des bêtises. Ils dérèglent tout, tout le temps 🙁 »

Léo : « Mais ils font de belles choses parfois. Ce sont les zoms qui ont créé les parcs et les zones protégées. »

Max : « Parce qu’ils avaient déjà tout abîmé. Et les zones protégées sont surtout protégées contre les zoms. »

Le chevalier : « Encore une fois vous avez raison tous les deux. Bon, on reste là à philosopher ou on continue l’inspection ? »

Max : « On inspecte bonome, on inspecte. »

Après, on a revu un pic épeiche. C’était la journée des pics 🙂

64 28 Pic épeiche 64 29 Pic épeiche

Il a raison Léo, on a de la chance de voir tous ces beaux zoisos. Et puis Léo s’est mis à siffler.

Max : « Oh non, tu vas pas recommencer ! »

Léo : « Je siffle si je veux ! »

Max : « Mais tu nous embêtes avec tes piou piou. Hein bonome qu’il nous embête ? »

Léo : « C’est pas vrai, je vous embête même pas. »

Le chevalier : « J’ai cru qu’aujourd’hui j’avais mes petizours avec moi mais encore une fois j’ai deux foulques ! »

Max : « C’est parce que Léo sifflote encore ! »

Léo : « J’imitais le rougegorge familier. A cause de toi on va pas le voir ! »

Le chevalier : « Chut ! Taisez-vous tous les deux ! Et regardez le rougegorge. »

64 30 Rougegorge familier 64 31 Rougegorge familier

Le rougegorge familier (Erithacus rubecula, Muscicapidés) a un tout petit bec. C’est souvent les insectivores qui ont ce genre de bec. Insectivore, ça veut dire qui se nourrit d’insectes. On peut aussi dire entomophage. Mais c’est un mot compliqué que personne connaît à part bonome et les grecs anciens du temps de la Grèce ancienne 🙂

Et puis on a vu des écureuils roux (Sciurus vulgaris, Sciuridés). Mais c’est normal de voir des écureuils au Royaume des Écureuils 🙂 Le deuxième avait la tête toute sale. Il avait dû aller traîner dans la boue et il avait pas encore fait sa toilette. Si il avait su qu’on le fotoerait il aurait sûrement fait sa toilette avant.

64 32 Ecureuil roux 64 33 Ecureuil roux
64 34 Ecureuil roux 64 35 Ecureuil roux

Et puis on a entendu des grands cris. Écoute Princesse :

Léo : « C’est un geai des chênes, Garrulus glandarius. C’est un Corvidé. On l’a déjà vu celui-là. Il prévient toute la forêt de notre présence et après on voit plus de zoisos. Mais il est très beau. »

64 36 Geai des chênes 64 37 Geai des chênes

Max : « Il a de très belles plumes bleues sur les ailes. J’aime beaucoup ses plumes. Je suis sûr qu’on pourrait en faire quelque chose de ces plumes … »

Comme le geai avait crié très fort, on voyait plus des zoisos … Alors bonome a avancé très vite. Il faisait des grands pas et nous on regardait rien du tout. On se chamaillait dans la poche mais je sais même plus pourquoi. On aime bien se chamailler. C’est parce qu’on est des juvéniles 🙂

Et puis bonome s’est arrêté net. Il avait entendu un zoiso.

Léo et moi on regardait en l’air pour le trouver.

Le chevalier : « Non non non, ne regardez pas en l’air. C’est un troglodyte mignon. Il s’observe toujours dans les buissons au ras du sol. Ou sur des branches basses. »

Max : « Un troglodyte mignon ? On l’a jamais vu celui là ! »

Léo : « Chut tous les deux ! Il va se sauver. »

Max : « Regardez ! Il est là ! »

64 38 Troglodyte mignon 64 39 Troglodyte mignon

Léo : « Il est tout petit ! Et il a la queue dressée. C’est normal ça ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. C’est l’une de ses caractéristiques. »

Max : « Bonome, Léo, veuillez vous taire s’il vous plaît. Je voudrais une minute de silence. »

Le chevalier : « Qu’y a t-il encore ? Tu fais une minute de silence en hommage à mon cerveau disparu parce qu’il est tout fondu ? »

Max : « 🙂 Tu me connais bien mon bonome. Je suis tout à fait capable de faire ce genre de chose. Mais là, tu dis une erreur. Je voulais faire une minute de silence en hommage à la centième espèce de zoisos que nous avons vue ensemble. »

Léo : « Vous avez vu 100 espèces de zoisos … Rhoooo la chance … 100 espèces … Rholala … Tout ça de zoisos … »

Le chevalier : « Tu en es certain ? »

Max : « J’ai peut être mal compté. C’est pas facile de tout savoir mais je crois bien que c’est notre 100ème espèce. »

Léo : « Vous en avez de la chance … »

Max : « Tu en as déjà vu beaucoup aussi toi. Et tu les connais, bien celles que tu as vues. Tu es un grand ornithologue Léo. »

Le chevalier : « Maxou a raison mon Léo. Un jour, tu auras vu 100 espèces aussi. Et plus vite que tu le penses. »

Léo : « Vous êtes gentils 🙂 Mais tu nous as pas dit le nom en scientifique du troglodyte mignon. »

Le chevalier : « Troglodytes troglodytes. C’est un troglodytidé. C’est le plus petit des oiseaux de France. Avec le roitelet huppé. »

Après le troglodyte mignon, on est retournés dans la poche de bonome et j’ai fait un gros câlin à Léo pour qu’il soit plus triste. Et d’un coup on a vu le Rapassus griseus, Rapacidés. C’est le rapace qu’on avait pas réussi à identifier la dernière fois. Là bonome a tout fait pour s’approcher discrètement. J’aime bien quand il fait ça 🙂 Il fait pas un bruit, avance lentement, sans gestes brusques … Et il a réussi à s’approcher.

64 40 Buse variable 64 41 Buse variable
64 42 Buse variable Cette fois, on a pu l’identifier. C’est pas un Rapassus griseus. Forcément, ça existe même pas le Rapassus griseus. En vrai, c’est une buse variable (Buteo buteo, Accipitridés). On était surpris parce qu’on s’attendait pas à ce qu’elle habite en forêt, la buse variable.

Mais on sait maintenant qu’il y en a une au Royaume des Écureuils. J’espère qu’elle croque pas des écureuils 🙁

Il commençait à être l’heure de rentrer alors on a pris le chemin du retour. Bonome savait bien qu’on voulait pas rentrer. Il a cherché des zoisos pour prolonger la promenade. Et puis on a vu des sittelles torchepots (Sitta europea, Sittidés).

64 43 Sittelle torchepot 64 44 Sittelle torchepot
64 46 Sittelle torchepot 64 48 Sittelle torchepot

On les voyait pas bien et les fotos sont pas très belles mais c’était surtout pour rester un peu au Royaume des Écureuils. C’est quand même mieux d’inspecter les Royaumes que de rester dans la cabane. Même si on y est bien, dans cette cabane.

Après on a vu un roitelet huppé (Regulus regulus, Régulidés).

64 50 Roitelet huppé On voit pas la bande sur la calotte alors on peut pas déterminer le sexe. Jaune pour la femelle et orange pour le mâle. Mais là, on a pas vu du tout. Tant pis.

Et, juste avant de sortir du Royaume, bonome a cherché attentivement sur les troncs des gros chênes pour trouver des grimpereaux. Et évidemment, il en a trouvé.

64 51 Grimpereau 64 52 Grimpereau

Léo pense que c’est un grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla, Certhiidés). Il dit ça à cause de la barre alaire presque droite et du long bec pointu. Mais il est pas tout à fait sûr. Bonome non plus. Moi, je sais pas du tout comment on les distingue. Mais j’aime bien les grimpereaux.

Voilà, après on est rentrés. Il fallait bien 🙁 Comme d’habitude on a regardé les fotos et on les a triées. Et puis on a choisi celles qu’on mettrait dans mon blog. Parce que maintenant, je le fais toujours avec Léo. Et puis des fois bonome nous aide. Il grave bien plus vite que moi à cause qu’il a plein de doigts lui. Il en a plein les mains 🙂

Et puis on est allés au lit. Bonome est venu voir si on allait bien et il nous a gratouillé le front, comme ça et on a ronronné tous les deux. Et comme nos yeux se fermaient tout doucement il nous a fait nos bizoux de bonnuit Léo et bonnuit Max et on s’est endormis. Lui, il est retourné travailler pour la schola. Il travaille tard le soir pour que dans la journée on puisse aller au zoisos. Il est gentil ce chevalier. C’est un grand chevalier. Mais c’est pas un Scolopacidé 🙂

Je t’embrasse Princesse et ne t’inquiète pas : tout va bien au Pays des Zoisos.

Continuer la promenade

63 – Le Royaume des Grèbes

Mardi 22 Décembre, An II

Max : « Bonome, je peux te parler s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. Que t’arrive t-il ? »

Max : « Tu sais que j’aime beaucoup Léo et que je suis très content qu’il soit resté avec nous. »

Le chevalier : « Oui mais tu n’es pas toujours très gentil avec lui. »

Max : « Je sais pourquoi tu dis ça. Mais je lui ai demandé pardon pour avoir dit que c’était lui qui avait voulu aller jouer au lieu de tout nettoyer. Et puis parce que je moque parfois de lui. Mais il m’en veut pas. Il dit que je suis bête parfois et il a bien raison. »

Le chevalier : « Oui, il a raison 🙂 Bon, que voulais-tu ? »

Max : « Ben, depuis qu’il est là, on est plus jamais seuls tous les deux. J’aime bien qu’il soit avec nous mais j’aime bien aussi qu’on soit tous les deux, comme avant. Juste un peu. »

Le chevalier : « Je comprends. Que proposes-tu ? »

Max : « Tu veux pas qu’on fasse une inspection sans Léo ? Juste une. »

Le chevalier : « Mais que va dire Léo ? »

Max : « On peut lui en parler et voir ce qu’il en pense. Tu veux bien ? »

Le chevalier : « Je veux bien que tu lui demandes mais je ne veux pas qu’il soit triste. »

Max : « Moi non plus. On va voir ce qu’il va dire … Léo, tu peux venir s’il te plaît ? »

Léo : « J’arrive … Oui ? Que se passe-t-il ? »

Max : « Ben voilà, j’aimerais bien être un peu tout seul avec mon bonome. Tu nous en voudrais si on allait faire une inspection que tous les deux ? »

Léo : « Sans moi ? Vous voulez plus de moi ? »

Max : « Mais si on veut de toi. Et on veut pas aller sans toi, mais que tous les deux. »

Léo : « Pas sans moi mais que tous les deux … Si vous allez que tous les deux, vous y allez sans moi 🙁 »

Max : « Oui mais on veut encore de toi. C’est juste aujourd’hui. »

Léo : « D’accord. Je veux bien. Mais qu’est ce que je vais faire moi, pendant ce temps ? »

Max : « Tu veux bien ? Tu nous en veux pas ? »

Léo : « Non, je comprends. Je suis d’accord si tu me laisses le beau livre de zoisos et si le chevalier me prête son ordinateur. Comme ça je pourrai lire ton blog. »

Le chevalier : « Parce que tu ne l’as jamais lu ? Max, tu n’as jamais montré ton blog à Léo ? »

Max : « Un peu, quelques extraits … Mais je peux pas lui faire lire, il faut que je le grave. Et comme tu me laisses pas souvent l’ordinateur … »

Le chevalier : « D’accord. Alors Léo tu restes là avec le livre et l’ordinateur. Veux-tu quelque chose d’autre ? »

Léo : « Oui, du chocolat 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Bon, Maxou, va te préparer pendant que j’installe Léo. »

Max : « J’arrive ! »

Le chevalier : « Léo, te voilà installé ! As-tu tout ce que tu veux ? »

Léo : « Il manque le livre de zoisos 🙁 »

Le chevalier : « Oups, je l’ai oublié. Pardon petit Léo. Je vais te le chercher. »

63 02 Léo

Max : « Voilà ! Je suis prêt ! »

Le chevalier : « A tout à l’heure Léo. »

Léo : « Mmmm … Vous êtes encore là ? »

63 01 Léo

Je m’en voulais un peu d’avoir laissé Léo tout seul dans la cabane. Mais, en même temps, j’avais envie d’être un peu tout seul avec mon bonome. Comme avant.

Bon, on a tout chevauché et on est arrivés au Royaume des Grèbes. On le connaît bien ce Royaume mais il faut quand même l’inspecter régulièrement pour voir si tout s’y passe bien. 

Elle commençait mal cette inspection : on voyait rien du tout. J’espérais que les zanimos nous en voulaient pas d’être venus sans Léo 🙁 Et puis on a vu un cygne tuberculé (Cygnus olor, Anatidés).

63 03 Cygne tuberculé 63 04 Cygne tuberculé
63 05 Cygne tuberculé 63 06 Cygne tuberculé

Son plumage est pas tout blanc et son bec est pas bien orangé. Il est un peu grisâtre. C’est normal pour un juvénile. Il est né ce printemps ce cygne. Ce qui est bizarre c’est qu’il soit tout seul. Normalement les juvéniles restent avec leurs parents … Peut être qu’il a voulu faire une petite promenade tout seul. C’est comme les ados des zoms. Ils veulent toujours être indépendants 🙂

Et puis on a vu un couple de canards colverts (Anas platyrhynchos, Anatidés). Ils ressemblaient beaucoup au couple de la dernière fois. Tu te souviens Princesse ? Ceux qui étaient à contre-jour et qui se sont envolés sans qu’on puisse les fotoer ?

63 07 Canard colvert femelle 63 08 Canard colvert mâle

J’aime beaucoup les canards colverts mais je les connais depuis ma toute première sortie au Royaume des Mandarins. C’est pas rigolo de voir que des colverts 🙁

Alors bonome m’a emmené à un observatoire. Il y a parfois de beaux zoisos tout proches mais souvent, ils sont tout là-bas, sur la pointe de terre. C’était le cas. Ils étaient tout là-bas les zoisos. Heureusement qu’il a un zoom bonome 🙂 63 09 Des zoisos

On a pu voir un héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés), des grands cormorans (Phalacrocorax carbo, Phalacrocoracidés), des mouettes qui rigolent (Chroicocephalus ridibundus, Laridés) et une poule-d’eau (Galinulla chloropus, Rallidés). Oui oui ! Il y a une poule-d’eau sur la foto. Regarde bien Princesse ! Tu la vois ?

En sortant de l’observatoire, on a vu un roitelet huppé (Regulus regulus, Régulidés). On le voit souvent à cet endroit. Il doit habiter là. On l’a vu mais il se cachait tout le temps. Hop ! Derrière la branche ! Du coup, on a pas réussi à le fotoer. Bonome l’a grondé un peu parce qu’il voulait pas se montrer à son petitours. Lui, il s’en ficherait bien de pas voir de zoisos, mais il aime bien nous faire plaisir et nous montrer des zoisos.

Et puis on a avancé un peu. Bonome s’est arrêté parce que, à cet endroit, on voit parfois un rougegorge familier ou des pics verts. Alors on a bien observé et on a vu ça :

63 10 Le renard roux 63 11 Le renard roux
63 12 Le renard roux 63 13 Le renard roux
63 14 Le renard roux 63 15 Le renard roux

Max : « Bonome ! Regarde le renard roux (Vulpes vulpes, Canidés) ! Qu’est ce qu’il est beau ! Rholala ! Il est tout près ! Tu le fotoes bien. On le montrera à Léo. »

Le chevalier : « Chut ! »

Max : « Oh, il s’est sauvé ! Il a eu peur de nous tu crois ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Les renards sont très craintifs. Ils se sauvent toujours. C’est très difficile de les approcher. Nous avons eu de la chance de le voir de si près. »

Max : « Et Léo n’est même pas là 🙁 Je m’en veux. On aurait pas dû le laisser tout seul. »

Le chevalier : « C’était ton idée petitours. Mais ne t’inquiète pas. Je suis certain qu’il ne t’en voudra pas. »

Max : « Ben oui, mais il aura pas vu le renard lui 🙁 Il aime tellement les zanimos … »

Le chevalier : « Nous lui montrerons les photographies. »

Max : « C’est pas pareil, tu sais bien. Pfff … C’est ma faute. »

Le chevalier : « Allez Maxou, reprenons notre inspection. »

On est allés à un autre observatoire. Mais j’étais triste parce que, à cause de moi, Léo a pas vu le renard. Alors, en chemin, je voyais rien du tout. Bonome voyait bien que j’étais triste et il me grattait le front gentiment. Et puis, il m’a montré les beaux zoisos au loin.

63 16 Des zoisos 63 17 Des zoisos

On a d’abord observé les fuligule milouins (Aythya ferina, Anatidés) puis des zoisos tout mélangés. Il y avait les même que tout à l’heure avec des fuligules morillons (Aythya fuligula, Anatidés).

Juste au pied de l’observatoire, il y avait un grébou (Tachybaptus ruficollis, Podicipédidés). Il ploufait pour se nourrir alors bonome a essayé de faire des fotos de ploufage. Il adore ça. Il pourrait rester des heures à faire ce genre de fotos.

63 18 Grèbe castagneux 63 19 Grèbe castagneux

Il aurait pu rester là pendant des heures aussi mais moi, je m’ennuyais un peu à force. Je préfère qu’on se promène parce qu’on a plus de chances de voir des belles choses en changeant d’endroits de temps en temps. Alors j’ai ronchonné un peu. Mais bonome m’a montré une jolie scène.

63 20 Un héron cendré 63 21 Un héron cendré
63 22 Un héron cendré 63 23 Un héron cendré
63 24 Des zoisos 63 25 Des zoisos

Un héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés) s’était envolé pour aller se poser parmi les autres zoisos. En arrivant, il a fait peur aux Laridés qui se sont envolés. Il s’est posé et les autres zoisos se sont re-posés à côté de lui. Puis tout est redevenu calme et bonome a accepté de reprendre la balade.

On voyait pas grand chose jusqu’à ce que j’entende un rougegorge familier (Erithacus rubecula, Muscicapidés). Bonome l’a repéré tout de suite. C’est dommage que Léo ne soit pas là. J’aurais bien aimé qu’il l’imite. Il imite très bien les zoisos.

63 26 Un rougegorge familier 63 27 Un rougegorge familier

Et à un autre observatoire on a pu observer une morillonne. La morillonne c’est la femelle du fuligule morillon. Ça existe même pas comme mot mais c’est le surnom qu’on lui a donné entre nous.

63 28 Fuligule morillon femelle 63 29 Fuligule morillon femelle

Elle aussi a de beaux yeux jaunes. Et une petite huppe sur l’arrière de la tête. La huppe est toujours plus courte que celle du mâle. C’est parce que les femelles sont toujours plus discrètes. Elles sont pas frimeuses comme les mâles 🙂 Puisqu’on parle du mâle, on voici un. Lui aussi ploufait pour se nourrir.

63 30 Fuligule morillon mâle 63 31 Fuligule morillon mâle

Puis un grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés) est venu se nourrir lui aussi.

63 32 Grèbe huppé 63 33 Grèbe huppé
63 34 Grèbe huppé 63 35 Grèbe huppé

Il doit y avoir des tas et des tas de petits zanimos dans les étangs parce qu’il y a des tas de prédateurs. Les grébus, les grébous, les hérons cendrés, les grands cormorans … Ils mangent tous des poissons, des amphibiens, des larves d’insectes … Et ils mangent beaucoup. Il en faut des proies pour nourrir tout ça. Et puis, les canards ploufeurs se nourrissent de Gastéropodes. Il en faut beaucoup aussi. Je crois que je vais demander à bonome de m’apprendre à nager pour aller explorer sous l’eau et voir tous les zanimos aquatiques. Avec Léo on sera des petizours ploufeurs 🙂

Au loin, il y avait une femelle milouin. Bonome l’a fotoé parce qu’elle était en train de s’étirer les pattes. C’était rigolo 🙂

63 36 Fuligule milouin femelle 63 37 Fuligule milouin femelle

Les zanimos ça fait sa toilette, ça s’étire, ça se gratte, ça baille … J’aime bien les voir quand il font tout ça 🙂 Parce que, quand ils font rien, c’est pas rigolo.

Et puis après, il fallait rentrer. Bonome avait du travail pour la schola et puis je m’en voulais d’avoir laissé Léo tout seul même si il lisait mon blog en mangeant du chocolat. Plus jamais je le laisserai tout seul. J’aime bien quand il est là même si on se chamaille un peu. Je l’aime bien Léo. Merci Princesse de me l’avoir confié. Sur le chemin du retour à notre monture, on a vu des canards chipeaux (Anas strepera, Anatidés).

Bonome les aime beaucoup ces canards. Et je suis d’accord avec lui : ils ont l’air gentils. C’est pas forcément vrai parce qu’un jour, au Royaume des Sternes, on les a vus se chipoter qu’on aurait dit des foulques 🙂 Mais ils ont une bonne tête bien ronde et des grosses joues. Et puis, vus de près, ils ont vraiment des belles couleurs. Enfin, ce sont pas vraiment des couleurs mais il y a des tas de nuances de gris très jolies.

63 40 Canard chipeau mâle 63 41 Canard chipeau mâle
63 42 Canards chipeaux 63 43 Canard chipeau mâle
63 45 Canards chipeaux 63 46 Canards chipeaux

Et puis on est rentrés. En chevauchant, je pensais à Léo. J’étais très déçu qu’il ait pas vu le renard. J’espérais qu’il m’en voudrait pas.

De retour dans la cabane …

63 47 Le retour 63 48 Le retour

Max : « Léo ! Léo ! On a vu un renard roux ! Il était tout près comme ça et j’ai même pas eu peur 🙂 »

Léo : « Un renard roux ? Rhooo la chance ! »

Max : « Tu m’en veux pas ? A cause de moi, tu l’a pas vu toi 🙁 »

Léo : « Ben non, je t’en veux pas. Tu as eu de la chance et je suis content pour toi. »

Max : « Tu es le plus gentil des petizours. »

Léo : « Merci Maxou 🙂 Et puis, tu sais, je suis sûr que le chevalier parle le renard. Il demandera bien aux renards de se montrer pour ses petizours 🙂 Tu le feras chevalier ? »

Le chevalier : « Tu es sûr que je parle le renard ? »

Léo : « Évidemment, mais tu le diras jamais. »

Max : « Tu veux voir les fotos du renard ? »

Léo : « Oh oui ! Montrez les moi s’il vous plait. »

Max : « Tu peux faire bonome ? »

63 49 Le retour

Léo : « Oh ! Qu’il est beau ! Il était tout près ! La chance … »

Le chevalier : « Et toi petit Léo, tu ne t’es pas ennuyé ? »

Léo : « Non, j’ai pas eu le temps. J’ai lu le blog de Max. »

Max : « Il te plaît ? »

Léo : « Il est très beau, vous avez vu des tas de zanimos et j’ai beaucoup appris mais il y a des erreurs. »

Max : « Il y a des erreurs ? Bonome, tu dis des erreurs ? Il y a quoi comme erreurs ? »

Léo : « Ben déjà on dit une foulque macroule. C’est féminin les foulques macroules, même les mâles. »

Max : « Tu savais ça bonome ? Rholala, il est fort ce Léo 🙂 »

Léo : « Et puis le plumage d’éclipse, c’est pas comme le plumage internuptial. Le plumage d’éclipse c’est pendant la mue. Parce que beaucoup de zoisos muent d’un coup. Ils perdent beaucoup de plumes et ils en changent. Le cygne par exemple, et ben il mue. Il perd ses grosses plumes et il peut plus voler pendant ce temps. Chez les espèces qui ont un dimorphisme sexuel, comme les canards souchets, le mâle a des couleurs un peu ternes pendant l’éclipse. »

Max : « Rholala … Tu en connais des choses. Tu entends bonome ? »

Le chevalier : « Oui Max, j’entends et je suis très impressionné 🙂 Y a t-il d’autres erreurs ? »

Léo : « Je sais pas. Je connais pas tout, moi. Il doit bien y en avoir d’autres. »

Le chevalier : « J’en ai peur, malheureusement. »

Max : « Tu peux pas tout connaître mon bonome. Et puis ça peut arriver de dire des erreurs. »

Léo : « Dis chevalier, tu te souviens du zoiso qui t’énervait au Royaume des Chevaliers ? »

Le chevalier : « Oh oui ! Je m’en souviens ! »

Léo : « Je suis pas sûr mais je crois que c’est un combattant varié, Philomachus pugnax, Scolopacidés. »

Le chevalier : « Crois-tu ? »

Léo : « Ben je suis pas sûr. On le voit pas bien sur les fotos et le beau livre de zoisos de Max dit qu’il est occasionnel mais je sais pas ce que ça peut être d’autre. »

Le chevalier : « Mon petit Léo tu m’impressionnes vraiment. J’ai fait le même raisonnement que toi. »

Max : « Pourquoi tu l’avais pas dit ? Tu aurais pu hypothéser quand même ! »

Le chevalier : « Je ne sais pas … En tout cas, bravo petit Léo ! »

Léo : « Merci chevalier 🙂 »

Max : « Dis Léo, tu as même pas mangé ton chocolat. Tu veux bien partager ? »

Léo : « Bien sûr ! »

On a partagé le chocolat tous les trois et on a tout mangé. Miam 🙂 Et puis j’ai fait un câlin à Léo. Il est gentil Léo. Vraiment je l’aime beaucoup. Et puis on a regardé les fotos du jour. Bonome nous grattouillait le front et on s’est endormis petit à petit. Il nous a couchés et a veillé un peu pour être sûr qu’on dormait bien. Il a raison Léo : on a de la chance de voir toutes ces belles choses et surtout d’être avec le chevalier. C’est un grand chevalier bonome et il fait bien sa mission.

Voilà Princesse. Je t’embrasse et ne t’inquiète pas, tout va bien.

Continuer la promenade

62 – Une longue promenade

Max : « Bonome ! Léo ! Vous voulez bien venir s’il vous plaît ? »

Léo : « J’arrive ! »

Le chevalier : « Voilà Max, je suis là. Que pouvons-nous faire pour toi ? »

Max : « Je vais graver mon blog. Vous voulez le faire avec moi ? »

Léo : « Tu veux qu’on t’aide ? Moi aussi je peux t’aider ? »

Max : « Oui, ce serait bien qu’on travaille tous les trois. »

Le chevalier : « Max, dois-je comprendre que tu n’as jamais proposé à Léo de t’aider à rédiger les articles de ton blog ? »

Max : « Oui, tu dois comprendre ça 🙁 J’y avais jamais pensé. Honte sur moi ! »

Le chevalier : « Léo, ne penses-tu pas que nous devrions offrir une plus grande casquette à Maxou ? Je crois qu’il a le cerveau qui fond 🙂 »

Léo : « Oui, je crois bien. Il lui faudrait une énorme casquette et un grand parasol 🙂 »

Max : « Je me demande si je ne regrette pas déjà d’avoir fait appel à vous 🙁 Bon, au travail. »

Dimanche 20 Décembre, An II

Bonjour Princesse, aujourd’hui on avait décidé de retourner au Petit Royaume Sauvage pour pousser un peu plus l’exploration et voir des beaux zoisos comme le pic mar. Mais quand on est arrivés, il y avait des panneaux partout qui disaient ‘Chasse en cours‘. Léo et moi, on savait pas ce que c’est la chasse alors on a demandé à bonome. Il sait toujours tout, lui. Il nous a bien expliqué mais j’ai pas bien compris. Il dit que la chasse c’est quand des zoms prennent des gros fusils pour tuer des zanimos. Quand il a dit ça, Léo a failli avoir un malaise. Il supporte pas qu’on tue des zanimos Léo. Moi, je voulais savoir pourquoi les zoms décidaient de tuer des zanimos avec leurs gros fusils. Alors il nous a dit que, parfois, il y a trop des zanimos, alors il faut en enlever quelques uns. Il appelle ça réguler les populations. Mais nous, les petizours, on a jamais vu trop de zanimos. Même que, des fois, on en voit presque pas … Et on comprenait pas la régulation des populations. Alors il a expliqué que la chasse c’était aussi pour manger la viande des zanimos. Parce que les zoms sont omnivores alors ils mangent de la viande. Mais, on comprenait pas non plus parce que pour avoir de la viande, il suffit d’aller dans une échoppe et de dire : ‘Bonjour monsieur l’échoppier, je voudrais de la viande s’il vous plaît. Et hop, on a du manger. Avec Léo, on pense que la chasse, c’est parce que les zoms voient pas du tout la beauté, qu’ils ont peur de tous les zanimos et qu’avec leurs gros fusils ils ont l’impression de dominer la nature … Nous on est pas d’accord pour la chasse. Voilà Princesse, c’est toi qui décides, mais nous, on voudrait que tu interdises la chasse dans les Royaumes pour laisser les zanimos en paix. Mais c’est pas nous qui décidons.

Bon, comme on pouvait pas aller au Petit Royaume Sauvage on a décidé de présenter le Royaume de Rien du Tout à Léo. On l’a bien prévenu : au Royaume de Rien du Tout, on voit rien du tout. Mais il nous croyait pas. Il était sûr qu’on y verrait des zoisos.

Il avait raison Léo. On était même pas encore dans le Royaume qu’on a vu ça :

62 01 Un aigle 62 02 Un aigle

Léo : « Oooooh ! Regardez ! C’est un aigle ! »

Max : « C’est quoi cet aigle ? Il y a pas des aigles normalement ici ! Et puis, pourquoi il a des lacets en cuir à ses pattes ? »

Léo : « C’est vrai ça … Je connais pas par cœur le beau livre de zoisos mais il me dit rien cet aigle. Tu le connais Chevalier ? »

Le chevalier : « Non, je ne le connais pas. Je n’arrive pas à identifier l’espèce à laquelle il appartient. Disons que c’est Aquila sp., Accipitridés. Quant aux lacets en cuir, ils nous indiquent que c’est un aigle domestique. »

Max : « Un aigle domestique ? C’est le zoiso d’un zom ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Nous aussi on a des zoisos 🙂 »

Là, je suis obligé de faire une petite parenthèse. Bonome a installé une petit mangeoire à l’une des fenêtres de sa cabane pour nourrir les zoisos. On a d’abord essayé de mettre un mélange de graines mais ça n’a pas eu de succès. Alors on est allés au magasin pour zanimos et on a pris une poudre d’insectes, des graines de tournesol et une boule de graisse. Et il y a que les graines de tournesol qui ont intéressé les zoisos de chez nous. Il y a des mésanges charbonnières qui viennent en chiper régulièrement (Parus major, Paridés). On les voit dans l’arbre en face de la fenêtre. Elles piou-pioutent un peu et puis elles volent vers nous, s’accrochent au volet puis se posent sur la mangeoire, chipent une graine et vont la manger dans l’autre arbre. On a bien observé et apparemment, ce sont deux mâles qui viennent. Ce sont nos zoisos 🙂 Regarde les, Princesse. Ils sont beaux nos zoisos 🙂

62 55 Nos zoisos 62 56 Nos zoisos
62 57 Nos zoisos 62 58 Nos zoisos

Après le bel aigle, on a beaucoup marché et on voyait rien du tout … Même Léo commençait à désespérer de voir des zoisos. Bonome nous a emmenés au bord d’un étang qui s’appelle l’étang des nettes rousses. Il espérait pouvoir nous en montrer. Mais il y avait pas des nettes rousses 🙁 A la place, on a vu des mouettes qui rigolent (Chroicocephalus ridibundus, Laridés). Elles étaient toutes alignées sur les rambardes d’un ponton. Quand on s’est approchés, elles se sont toutes envolées, sauf une. Elle dormait sur une patte et on l’a réveillée. Et elle a fait comme tous les zanimos quand ils se réveillent : elle s’est étirée 🙂

62 03 Mouettes rieuses 62 04 Mouette rieuse
62 05 Mouette rieuse 62 06 Mouette rieuse
62 07 Mouette rieuse 62 08 Mouette rieuse

Et puis on a vu un faucon crécerelle (Falco tinnunculus, Falconidés) qui tournoyait au-dessus de nous.

62 09 Faucon crécerelle Léo le regardait avec la mâchoire pendante 🙂 Moi, je connais bien les faucons crécerelles maintenant mais j’aimerais bien en voir un de tout près. Ils sont souvent loin, les faucons. C’est dommage.

Sur l’étang, il y avait des grébus (Grèbes huppés, Podiceps cristatus, Podicipédidés). Ils étaient loin les grébus. Bonome a longé l’étang pour aller au plus près d’eux mais ils avaient pas l’air d’avoir envie de venir nous voir. Ils sont restés loin de nous. On les a quand même fotoés de loin. C’est beau un grébu.

62 10 Grèbe huppé 62 11 Grèbe huppé

Et puis on a croisé mon amie végéto. C’est la clématite (Clematis vitalba, Renonculacées).

62 12 Clématite 62 13 Clématite

C’est une plante vivace, lianescente, qui s’accroche à d’autres plantes. Elle fleurit l’été et les fruits apparaissent rapidement. Ils ont un long appendice plumeux qui se dessèche petit à petit. Là, on a vu que les fruits. Ils sont tout doux. Petit à petit, ils se détachent, s’envolent avec le vent et emportent les graines au loin. Et puis, au printemps, la graine germe et une autre clématite pousse. Et j’ai une nouvelle amie 🙂

Bonome avait déjà beaucoup marché et on avait pas vu grand chose alors on lui a demandé de faire une pause sur un banc. Comme ça il pourrait se reposer et se caféiner. Ça lui fait du bien de se caféiner, même si il boit du déca. Mais il tient pas en place ce bonome ! A peine assis, il a repéré des zoisos dans les arbres autour de nous. Il aurait pu s’en ficher et continuer sa pause, mais non, il fallait qu’il sache ce que c’était ces zoisos. Il a laissé son sac et puis il est allé là, puis là et là-bas … pour réussir à les fotoer. Quand il est revenu s’asseoir, il a regardé tout de suite les fotos avec les sourcils froncés, comme ça. C’est bizarre parce qu’il regarde jamais les fotos tout de suite. Il préfère les découvrir au retour, dans la cabane, avec ses petizours sur les genoux 🙂 Là, il fallait qu’il les voit tout de suite … Il les a observées très attentivement puis les a montrées à Léo.

62 14 Tarin des aulnes 62 15 Tarin des aulnes
62 16 Tarin des aulnes 62 17 Tarin des aulnes

Le chevalier : « Dis mon Léo, que penses-tu de cet oiseau ? »

Léo : « Oh ! Qu’il est beau ! »

Max : « Montre-moi s’il te plaît … Merci bonome. »

Le chevalier : « Alors Léo, qu’en penses-tu ? »

Léo : « Il est jaune … Il y a pas beaucoup des zoisos jaunes. Il y a les mésanges charbonnières et les mésanges bleues mais c’est pas une mésange. Il y a le loriot aussi, mais c’est un gros zoiso, pas un petit comme ça. Le serin cini est jaune aussi… Et il y a le tarin des aulnes … Il y en a sûrement d’autres … »

Max : « Et moi ? Tu me demandes pas à moi ? »

Le chevalier : « Si Maxou, qu’en penses-tu ? »

Max : « Ben, en fait, je sais pas du tout. Je connais même pas ceux dont parle Léo. Il est fort ce Léo 🙂 … Heu, comme zoisos un peu jaunes, il y a les bergeronnettes printanières et les bergeronnettes des ruisseaux. Mais c’est pas ça 🙁 »

Léo : « Ben non, c’est pas une bergeronnette … Non, c’est un serin cini ou un tarin des aulnes. Je pense plutôt au tarin des aulnes. Et toi chevalier, tu en penses quoi ? »

Le chevalier : « J’en pense que tu connais bien le beau livre de zoisos de Max. Et toi, Maxou, tu connais bien les oiseaux que nous avons déjà observés. J’ai de la chance d’avoir deux petits ornithologues comme vous 🙂 Léo, comme toi, j’hésite entre le serin cini et le tarin des aulnes avec une préférence pour le second. Regardons de nouveau les photographies. »

62 15 Tarin des aulnes 62 17 Tarin des aulnes

Max : « C’est dommage que tu n’aies pas réussi à le fotoer sous tous les angles. »

Le chevalier : « Il est vrai que les photographies ne sont pas très belles … On voit quand même une zone noire sous le bec, une calotte noire, des ailes sombres … Le plastron est jaune … Le ventre est plutôt blanc et on dirait qu’il y a de fines stries noires. Je dirais que c’est un tarin des aulnes. »

Léo : « Tu connais son nom en scientifique ? »

Le chevalier : « Carduelis spinus. C’est un Fringillidé. »

Max : « On connaît déjà des Fringillidés. Je peux les dire ? »

Le chevalier : « Bien sûr petitours. Nous t’écoutons. »

Max : « Le premier qu’on ait vu est le chardonneret rigolo, Carduelis carduelis. »

Léo : « C’est pas le chardonneret rigolo mais le chardonneret élégant. »

Max : « Oui, je sais 🙂 Mais je le trouve plus rigolo qu’élégant alors je l’appelle le chardonneret rigolo. Et toi tu dis mouette qui rigole au lieu de mouette rieuse. »

Léo : « Toi aussi ! »

Max : « Parce que j’aime bien ton erreur 🙂 »

Léo : « Alors moi aussi, je dirai chardonneret rigolo 😉 »

Max : « Je reprends les Fringillidés qu’on a déjà vus : le pinson des arbres (Fringilla coelebs), le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) la linotte mélodieuse (Carduelis cannabina), le verdier d’Europe (Carduelis chloris), le bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula) et maintenant le tarin des aulnes (Carduelis spinus). »

Léo : « Rhooo la chance ! Vous avez vu 6 espèces de trois genres différents … »

Max : « Tu sais Léo, toi aussi tu as déjà vu beaucoup de zoisos. Tu vas vite nous rattraper. Et tu les connais mieux que moi. »

Léo : « Merci Maxou, c’est gentil. Bon, on reprend notre inspection ou on reste là ? »

Max : « On inspecte ! En route bonome ! »

Évidemment, on voyait rien du tout ! Mais alors du rien du tout de compétition ! On avançait, on avançait … Puis il y a eu la plage 🙂 Alors j’ai installé ma serviette et on s’est installés dessus. J’aime bien partager ma serviette avec Léo.

62 18 Les petizours 62 19 Les petizours

Je suis bien content que bonome lui en a pas offert sinon on pourrait pas la partager. Je crois qu’il l’a fait exprès. J’ai expliqué un peu la mer à Léo parce que, à la mer, il y a des plages aussi. C’est bientôt les vacances. Peut être que bonome va nous emmener à la mer. Ça serait bien. Et je suis certain que ça ferait plaisir à Léo. Et puis, il verrait les zoisos de mer … Oulala, il faudrait prévoir un élastique pour retenir sa mâchoire 🙂

De loin, on a aperçu une petite famille de cygnes tuberculés (Cygnus olor, Anséridés) alors on est allés prendre de leurs nouvelles. 62 20 Cygnes tuberculés
62 21 Cygnes tuberculés 62 22 Cygnes tuberculés

Un des parents nous surveillait du coin de l’œil. Il était prêt à défendre ses petits. Mais mon chevalier lui a parlé et il nous a laissé approcher un peu, pour mieux voir ses petits. Après, on a décidé d’aller ailleurs parce qu’il est pas drôle, le Royaume de Rien du Tout 🙁 On a juste fotoé des vanneaux huppés en vol (Vanellus vanellus, Charadriidés).

62 23 Vanneaux huppés 62 24 Vanneaux huppés

C’est beau les zoisos qui volent. J’aimerais bien qu’ils nous laissent les chevaucher. On pourrait inspecter les Royaumes de tout là haut 🙂

Max : « Bon, on quitte le Royaume de Rien du Tout, d’accord. Mais on va où maintenant ? »

Léo : « Oui, on va où chevalier ? On veut pas rentrer maintenant. »

Le chevalier : « Nous avions prévu d’aller au Petit Royaume Sauvage n’est ce pas ? »

Max : « Oui, mais on a pas pu à cause de la chasse. »

Le chevalier : « La chasse doit être terminée. Si nous faisions ce qui était prévu ? »

Léo : « Tu veux aller au Petit Royaume Sauvage ? »

Le chevalier : « Pas vous ? »

Max : « Oh si ! »

Léo : « Oh oui ! Allez bonome, on y va. »

Dans la grande allée bordée d’arbres, on a vu des tas de champignons.

62 25 Des champignons 62 26 Des champignons

C’est beau les champignons. J’ai hâte que bonome m’offre un livre de champignons. J’aimerais bien faire la mycologie avec lui. Ceux-là, on sait pas ce que c’est. Mais c’est pas grave. Ils sont beaux quand même.

Et puis, on cherchait des zoisos. Il se sauvaient tout le temps les zoisos. C’est parce qu’ils ont pas l’habitude de voir un zom. Ils connaissent pas bien les zoms. Malheureusement ils en ont vus tout à l’heure mais ils avaient des gros fusils et ils tiraient partout 🙁 Alors c’est normal qu’ils aient peur des zoms.

On a quand même réussi à en trouver un, de zoiso. Il était là-haut, dans les branches d’un arbre. Alors bonome l’a fotoé et il nous l’a montré. Parce qu’avec nos petits yeux de petizours, on le voyait pas bien. Léo était ravi de découvrir un nouveau zoiso. Il a bien observé mais il l’a pas reconnu.

62 27 Grive litorne 62 28 Grive litorne
62 29 Grive litorne 62 30 Grive litorne
62 31 Grive litorne 62 32 Grive litorne

Max : « Bonome, on dirait une grive. On a déjà vu des grives. C’était des grives draines je crois. Mais je me souviens plus de leur nom en scientifique. »

Le chevalier : « Turdus viscivorus. Mais ce n’est pas une grive draine. »

Max : « Oui je sais, mais il existe d’autres espèces de grives et on dirait une grive. »

Le chevalier : « Tu as raison Maxou. Celle-ci a le dessus de la tête et le cou gris, une bande marron sur le dos, et les plumes de la queue noire. De face, vous pouvez voir son ventre blanc tacheté de noir. Et on devine une zone ocre orangée sur le plastron. Je pense que c’est une grive litorne, Turdus pilaris, Turdidés. Cela veut dire que j’ai photographié les quatre espèces présentées page 295 du beau livre de Max. »

Léo : « Rhooo la chance … »

Max : « Tu dis toujours ‘Rhooo la chance‘. Tu es rigolo 🙂 »

Léo : « Je dis ça parce que vous avez de la chance d’avoir vu tous ces zoisos. Vous vous rendez pas compte de la chance que vous avez d’avoir vu toutes ces belles choses. » 62 33 Le Petit Royaume Sauvage

Le chevalier : « Je m’en rends compte Léo. Mais je sais aussi que j’ai appris à regarder. La beauté est peut être dans l’œil de celui qui regarde, mais il faut se mettre en condition pour voir les belles choses. »

Léo : « Et toi, tu nous donnes l’occasion de voir plein de beauté. Merci chevalier. »

Max : « Oui, merci bonome. Tu nous trouves toujours des beaux endroits et des beaux zanimos. »

62 34 Grive litorne 62 35 Grive litorne
62 36 Grive litorne Après on a revu une grive. Il y en a beaucoup ici. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de gui des feuillus. Et comme il y a beaucoup de gui, ça attire les grives. Ben oui.

Parce que les grives mangent les fruits et rejettent les graines dans leurs excréments. Pour les zoisos, il faut dire les fientes. Parce que que l’urine et les fèces sont tout mélangés. Mais ça, je te l’ai déjà expliqué. Plus il y a de grives, plus il y a des gui et plus il y a de gui, plus il y a de grives 🙂 Et elles font caca partout.

Après, bonome a décidé de s’arrêter un moment pour profiter du calme. Il s’est assis quelque part et nous aussi. Et puis on écoutait les zoisos, le vent dans les branches … Il faisait pas très chaud et c’était plutôt humide. Mais on était bien. On serait bien restés là très longtemps.

62 37 Le Petit Royaume Sauvage 62 38 Le Petit Royaume Sauvage

Mais il fallait repartir. Alors on a repris notre inspection pour voir si tout va bien dans ce Royaume. On avançait, on avançait … Et puis bonome a vu un grand chêne du genre Quercus et on est allés le voir. Parce que, selon lui, on peut observer des sittelles et des grimpereaux le long de leur tronc.

Alors on a bien observé et on a vu une sittelle torchepot (Sitta europaea, Sittidés). La foto est floue mais c’est parce qu’il y avait pas beaucoup d’éclairement. C’est pas la faute de bonome. 62 39 Sittelle torchepot

Et puis, on a trouvé des poils par terre.

62 40 Des poils 62 41 Des poils

Déjà qu’on avait vu des traces de sang … C’est à cause de la chasse, tout ça. Faut pas faire de mal aux zanimos. Princesse, il faut que tu fasses une loi pour interdire d’embêter les zanimos et pour que les zoms fassent pas la chasse. Tu es une grande Princesse toi, tu pourrais faire ça. S’il te plaît. J’aime pas qu’on fasse du mal aux zanimos.

Les poils, on sait pas de quelle espèce ils viennent. C’est un mammifère, ça c’est sûr. Mais on sait pas lequel. Tant pis. Bonome les a mis dans sa poche pour ma collection mais ils se sont tout dispersés et emmêlés alors on les a pas gardés. Il en avait partout dans sa poche. Et il y en a qui ont même traversé sa poche et il en avait partout sur lui 🙂

Comme on s’approchait de notre monture, Léo et moi, on était un peu tristes. Bonome l’a vu mais sans rien dire. Et il a décidé d’aller voir là-bas, sur le chemin qui mène on ne sait où. C’était juste pour prolonger la promenade. On a marché, marché … On a vu un pic épeiche, des faucons crécerelles, une buse variable, des étourneaux sansonnets … Et puis il a décidé d’aller voir le Royaume des Libellules malgré l’heure tardive. Il faut pas le dire mais on a pas le droit d’y aller au Royaume des Libellules. C’est une partie d’une carrière qui est en cours de réaménagement. Mais il voulait voir. Et on a été très déçus 🙁 C’est très moche pour le moment. Mais c’est normal, c’est en travaux. J’espère qu’au printemps ce sera plus beau et qu’on pourra aller voir les émergence des libellules … Et puis on a dû marcher encore pour retourner à notre monture. Les chemins étaient tout boueux. Il était tout crotté, bonome. Et c’est difficile de marcher dans la boue. C’est très fatiguant et on peut tomber. Mais dans la boue, on a vu des tas d’empreintes 🙂

62 42 Des empreintes 62 43 Des empreintes
62 44 Des empreintes 62 45 Des empreintes

Il y avait des empreintes d’Artiodactyles et celles d’un canidé. On voit tout ça sur la première foto. La deuxième montre juste l’empreinte de Canidé.

Max : « Dis, c’est quoi l’empreinte de Canidé ? C’est un renard ? »

Le chevalier : « C’est peut être tout simplement un chien. »

Max : « Mais on a déjà vu un renard pas loin d’ici. C’est peut être son empreinte. »

Le chevalier : « Peut être … Et si nous étudiions pour savoir ? »

Léo : « Oui chevalier. Explique nous les empreintes s’il te plaît. Max, installe ta serviette, qu’on puisse s’asseoir … Merci … Allez chevalier, fais nous un cours d’empreintes. Nous t’écoutons. »

Le chevalier : « Le chien et le renard sont des digitigrades… »

Max : « STOOOOOP ! Mon bonome, pourrais-tu, s’il te plaît, avoir l’obligeance de ne pas commencer tout de suite par des mots compliqués que personne connaît, si cela ne te dérange pas trop, bien évidemment 🙂 »

Le chevalier : « Quelle amabilité ! Digitigrade signifie qu’ils marchent sur leurs doigts. Ils en ont 5 aux pattes antérieures et quatre seulement au pattes postérieures. »

Max : « Nous, on a pas de doigts 🙁 »

Léo : « Mon cher cousin, pourrais-tu, sans te commander, cesser de couper la parole au chevalier, s’il te plaît. PARCE QUE LÀ, TU COMMENCES SÉRIEUSEMENT À M’AGACER ! »

Max : « Il me crie dessus ! Bonome, Léo vient de me crier dessus !!! »

Le chevalier : « J’ai remarqué. Et je le comprends 🙂 »

Max : « Ah ouai, d’accord. Je vois. Ben si c’est comme ça je dirai plus rien. »

Léo : « Chouette 🙂 Allez bonome, je t’écoute. »

Le chevalier : « Cinq doigts devant, quatre doigts derrière. Mais le doigt le plus interne de la patte antérieure est si haut qu’il ne laisse aucune trace. Une empreinte de patte antérieure est formée de quatre pelotes digitales et d’un grand coussinet. Et les griffes laissent également une trace. Ici, nous avons affaire à une empreinte de patte antérieure. »

Max : « De chien ou de renard ? »

Le chevalier : « J’y arrive. L’empreinte du chien est assez arrondie et les pelotes et le coussinet sont très resserrés alors que chez le renard, l’empreinte est plus allongée et l’espace entre les deux pelotes les plus en avant et le coussinet est assez grand. De plus, les griffes du renard sont plus pointues que celles du chien. »

Léo : « C’est une empreinte de chien alors. »

Le chevalier : « Il me semble bien. La trace est presque ronde et les griffes ont laissé des traces rondes. Il y a un dernier indice. Si on trace une ligne qui passe par le sommet des deux pelotes digitales latérales, elle passe en dessous des deux pelotes antérieures chez le renard mais les coupe chez le chien. »

Léo : « Alors c’est bien un chien. Tu connais le nom du chien en scientifique ? Et celui du renard ? »

Le chevalier : « Canis familiaris pour le chien et Vulpes vulpes pour le renard. »

Léo : « Merci chevalier. Et les autres empreintes ? »

Le chevalier : « Regardons les de nouveau. »

62 44 Des empreintes 62 45 Des empreintes

Le chevalier : « Vous voyez peut être les traces de quatre doigts. »

Léo : « J’en vois que deux 🙁 »

Max : « Regarde bien Léo, on voit deux petites traces en arrière, sur le côté … Tu vois ? »

Léo : « Ah oui. Merci Maxou. »

Le chevalier : « Le nombre pair de doigts caractérise les Artiodactyles. Max, tu as bien observé. Les deux petites traces que tu as montrées à Léo s’appellent les gardes. Ce sont donc probablement des empreintes de sangliers. »

Max : « Des sangliers ? Il y a des sangliers ? Il faut les trouver bonome ! Je veux voir des sangliers moi. »

Léo : « J’aimerais bien en voir moi aussi. »

Le chevalier : « Peut être se montreront-ils … Mais vous savez mes petizours, je crois que j’aurais peur si je voyais des sangliers. Ce sont de gros animaux. Ils peuvent atteindre 320 kg, pour une moyenne de 100 à 130 kg. Quand ils ont peur, ils leur arrive de charger. Ils courent droit devant eux et rien de les arrête. »

Léo : « Oulala, il faut faire attention alors … Et tu n’as pas donné son nom en scientifique. »

Le chevalier : « Sus scrofa et c’est un Suidé. »

Léo : « Sus scrofa, Sus scrofa, Sus scrofa … »

Max : « Ça y est ! Il recommence … »

Léo : « Oups, pardon. J’ai pas fait exprès 🙂 »

Max : « Dis, des traces de chiens qui longent des traces de sangliers … C’est une scène de chasse ça. Les zoms ont chassé les sangliers avec leurs gros fusils. Le sang, tout à l’heure, c’était un sanglier. Et les poils aussi. »

Le chevalier : « Je ne peux pas te dire pour le sang. Les poils m’ont l’air trop fins et trop doux pour des poils de sangliers. Mais oui, c’est une scène de chasse. »

Max : « Jémpalézoms 🙁 »

Léo : « Tu dis des bêtises Max. Bonome est un zom. Et Princesse aussi … »

Max : « Oui, eux peut être, mais sinon jémpalezoms et puis c’est tout ! Bon, on avance ? »

J’ai rangé ma serviette et on est retournés dans la poche de bonome. Et il a repris sa marche. Il a beaucoup marché aujourd’hui, et souvent dans la boue. Tout ça pour qu’on voit des zoisos … Et puis on est arrivés à notre monture. Le silence s’est installé et on a commencé la chevauchée du retour. Mais c’était bizarre. On faisait un détour … Un drôle de détour.

Max : « Tu nous emmènes au Grand Étang de T. ? »

Léo : « C’est vrai ? Rhoooo merci chevalier. »

Le chevalier : « On ne va pas rentrer maintenant quand même 🙂 »

Léo : « J’ai déjà entendu ça 🙂 »

Bonome a attaché notre monture à un arbre et Léo a immédiatement détecté un pinson des arbres. Il avait reconnu le chant. On l’a cherché et il était pas bien loin. Juste là, dans l’arbre à côté de l’observatoire.

62 46 Pinson des arbre 62 47 Pinson des arbres
62 48 Pinson des arbres Il nous a regardés comme ça, droit dans les yeux. Il avait l’air de dire : ‘Tiens, vous voilà. Ça fait longtemps qu’on vous avait pas vus. Bon, moi, je me sauve …’

A l’observatoire, on a pu observer des grébous. Plein de grébous (Tachybaptus ruficollis, Podicipédidés). Léo en avait jamais vu autant d’un coup.

62 49 Grèbes castagneux 62 50 Grèbes castagneux
Et il y avait un canard chipeau avec les grébous. Le canard chipeau s’appelle Anas strepera et c’est un Anatidé. On le connaît bien le chipeau mais il est toujours aussi beau. Bonome a réussi à le zoomer, avec sa femelle. 62 51 Canards chipeaux

 Les fotos sont pas terribles mais c’est à cause du manque d’éclairement. Quand le ciel est gris, on fait jamais des belles fotos. Mais la nature est magnifique quand même. Avec Léo, on espérait aller à l’autre observatoire. On voulait pas demander parce qu’il faut encore tout marcher et qu’après il faut re-marcher encore pour revenir et bonome devait être fatigué.

Mais il a décidé tout seul d’aller voir tout là-bas. Alors on l’a suivi 🙂 En chemin en regardait les nuées de zoisos. Regarde tous ces vanneaux huppés Princesse ! 62 51 Vanneaux huppés

On les voit pas bien et c’est qu’une petite partie de tout ce qu’on voyait. Il y en avait plein le ciel 🙂 Et des Laridés aussi. Ils formaient des nuages distincts qui se croisaient et se re-croisaient sans se mélanger. Qu’est ce que c’était impressionnant ! Je crois que je n’avais jamais vu autant de zoisos d’un coup. Léo les regardait la bouche ouverte 🙂 Il y en avait des milliers.

Et sur l’étang, tout au loin, il y avait des Laridés. Des centaines de Laridés.

62 52 Des Laridés 62 53 Des Laridés

C’est pas facile de reconnaître les espèces à cette distance. Bonome pense qu’il y avait au moins trois espèces : des mouettes qui rigolent (Chroicocephalus ridibundus) et deux espèces de goélands et leurs juvéniles. Peut être des goélands leucophées (Larus michaellis) parce qu’on en a déjà vu beaucoup et des goélands bruns (Larus fuscus). Mais c’est que des hypothèses.

Et on a fait une dernière foto avec un couple de chipeaux, un couple de morillons (Aythya fuligula, Anatidés) et deux foulques macroules (Rallida atra, Rallidés). 62 54 Des zoisos

Et puis on est retournés dans la poche. Léo s’est endormi tout de suite avec un grand sourire aux lèvres. Il a dû rêver de zoisos 🙂 Moi aussi je me suis endormi. On s’est réveillés alors qu’on était déjà dans la cabane. En vrai, on s’est pas vraiment réveillés. On a entrouvert les yeux et on a senti que bonome nous conduisait au lit. Il nous a grattouillé le front et nous a fait nos bizoux de bonnuit. Et j’ai rêvé de toi Princesse.

Voilà, c’était une très longue promenade au Pays des Zoisos. Je t’embrasse Princesse et ne t’inquiète pas, on va bien.

Continuer la promenade

61 – Le Petit Royaume Sauvage : L’exploration

Lundi 7 Décembre, An II

Max : « Bonjour bonome. »

Léo : « Bonjour chevalier. »

Le chevalier : « Bonjour Max, bonjour Léo. »

Max : « Tu as bien dormi ? Tu as vu, on a été sages. On a pas fait de bruit pour pas te réveiller. »

Léo : « Parce que tu t’es couché tard pour faire ton travail pour la schola. »

Max : « Hier aussi, on a été sages. Tu as bien travaillé ? »

Léo : « Tu as réussi à tout faire ? »

Le chevalier : « Oui, j’ai réussi à tout faire 🙂 »

Max : « Alors tu es libre aujourd’hui. Qu’est ce que tu vas faire ? »

Léo : « Tu risques de t’ennuyer si tu restes dans la cabane. »

Max : « Moi, je pense que tu devrais aller prendre l’air. Ça fait du bien de prendre l’air plutôt que de rester enfermé. »

Le chevalier : « Je pourrais aussi me reposer. Faire rien du tout. Je pourrais dormir, faire une sieste, aller me recoucher puis dormir encore. »

Léo : « Non non. C’est pas une bonne idée ça. Après tu ne dormiras plus de la nuit et tu seras fatigué toute la semaine. Oulala, il faut pas faire ça. »

Max (à Léo) : « Je crois qu’il se moque de moi. Je lui ai dit ça un jour, à la mer. Bonome, il faut pas tout dormir. Il faut aller prendre l’air. »

Le chevalier : « Et vous viendriez avec moi, n’est ce pas ? »

Max : « Oui, si tu veux. On ne va pas te laisser seul quand même. »

Léo : « Si tu nous le demandais, on viendrait avec toi. Mais seulement si tu nous le demandais … »

Le chevalier : « Non, je crois que je vais rester dans ma cabane. Vous n’avez pas l’air très motivés pour aller vous promener. »

Max : « Bon ça suffit maintenant. Tu vas te préparer et tu nous emmènes au Petit Royaume Sauvage. »

Léo : « Allez, dépêche-toi un peu. On attend depuis des heures, nous. »

Le chevalier : « 🙂 Je m’y attendais un peu. Ce n’est pas pour que je prenne l’air que vous insistiez tant. Vous voulez aller explorer le Petit Royaume Sauvage. Vous ne pouviez pas le demander simplement ? J’ai veillé tard pour être libre aujourd’hui et vous y emmener. »

Léo : « C’est vrai ? Merci chevalier. On y va alors ? »

Le chevalier : « Bien sûr ! Moi aussi j’ai envie d’aller inspecter ce Royaume. Êtes-vous prêts ? »

Max : « Léo te l’a dit : on attend depuis des heures. »

Bonome s’est vite préparé et on a tout chevauché. Il s’est arrêté pour se caféiner un peu mais il avait réservé tout sa journée pour nous alors on a pas râlé. On a quand même beaucoup chevauché parce que le Petit Royaume Sauvage se trouve pas loin du Grand Étang de T. C’est pas juste à côté. Léo était très impatient d’y arriver. Il espérait voir des tas de zoisos. Moi aussi j’avais hâte d’y être. C’est pas tous les jours qu’on va explorer un Royaume inconnu. Même bonome le connaît pas. Peut être qu’on va se perdre …

Quand on est arrivés à l’entrée du Royaume, bonome a attaché notre monture à un arbre, a pris ses appareils fotos et ses petizours et on a commencé l’exploration. Je crois que je t’ai déjà dit que le Royaume commence par une longue allée bordée d’arbres. C’est là qu’on avait vu le pic épeiche. Léo espérait le revoir mais il était pas là le pic épeiche. En avançant, on a pu observer le grand étang. C’est pas celui de T. mais il est beau quand même. Et superzieux a repéré un canard. De très loin, il lui semblait qu’il avait les fesses jaunes ce canard. Nous, on le voyait même pas le canard alors ses fesses jaunes … Mais bonome l’a fotoé avec le gros zoom puis il nous a montré.

60 01 Sarcelle d'hiver 60 02 Sarcelle d'hiver
60 03 Sarcelle d'hiver 60 04 Sarcelle d'hiver

Tu te doutes de la réaction de Léo Princesse ! Ben oui, sa mâchoire est tombée par terre. Poum 🙂 Mais il s’est vite repris mon cousin.

Léo : « C’est des sarcelles d’hiver mâles. En scientifique on les appelle Anas crecca et ce sont des Anatidés. Mais je me souviens plus : ce sont des ploufeurs ou pas ? »

Max : « Ben alors Léo ! Tu te souviens plus ? Ce sont des canards de surface. Tu devrais savoir ça quand même ! »

Léo : « Oui ben j’avais oublié, oulala. Ça peut arriver non ? Tu oublies jamais rien toi ? »

Max : « Ben non. »

Léo : « C’est même pas vrai ! C’est même pas possible de jamais rien oublier ! »

Le chevalier : « 🙂 Dites les foulques, vous vous chamaillez dès le début de la promenade maintenant ! Vous n’attendez même plus quelques minutes. Regardez plutôt les sarcelles d’hiver. Elles ne viennent qu’en hiver, il faut en profiter. »

Léo : « Oh zut, elles s’en vont 🙁 »

Max : « J’aime beaucoup la tête du mâle. Elle est rigolote : brun-rouge avec les côtés verts. On voit pas bien de loin mais la zone verte est bordée de jaune émail. C’est très beau. »

Léo : « On en voit de près parfois ? »

Le chevalier : « Rarement Léo, malheureusement. Les sarcelles ne se laissent pas approcher. »

Léo : « Tant pis. Bon, on avance ? »

On s’est un peu enfoncés dans le Royaume. Sur le chemin, il y avait des tas de champignons. On a toujours pas de livre de champignons et on voulait tout explorer alors on faisait pas trop attention mais il y en a un qui nous a attirés plus que les autres. Regarde-le Princesse, tu en as déjà vu des comme ça ?

60 05 Un drôle de champignon 60 06 Un drôle de champignon

On sait pas ce que c’est mais c’est pas grave. Il est très beau ce drôle de champignon. Mais il faut faire attention avec les champignons. Parce qu’il y en a qui se mangent et qui sont très bons mais il y en a d’autres qui sont très mortels ! Dès qu’on les touche, on peut mourir. Faut que tu fasses attention, Princesse, si tu croises un champignon. Il faut pas le toucher. D’accord ? Tu promets ? Parce que je veux pas que tu sois tout mort, moi.

En avançant, on cherchait des pics épeiches mais on en voyait pas. Il y avait des merles noirs, des mésanges et mêmes des pinsons des arbres. Mais on arrivait pas à les fotoer. Au bout de l’allée, bonome s’est arrêté : il avait vu un zoiso tout là-haut sur une branche. 60 07 Bouvreuil pivoine
60 08 Bouvreuil pivoine 60 09 Bouvreuil pivoine

Il est loin ce zoiso mais on peut réussir à l’identifier quand même. Déjà, on voit qu’il a une calotte noire et que son plastron est un peu rouge. Et puis son dos est gris et l’aile est noire avec une bande blanche. Et on voit bien que son croupion est blanc. C’est suffisant pour savoir que c’est un bouvreuil pivoine mâle. En scientifique, il s’appelle Pyrrhula pyrrhula et c’est un Fringillidé. Léo était tout content de voir un nouveau zoiso. Parce qu’il voudrait voir tout ceux du livre. Mais c’est pas possible, il y en a qui n’existe même pas dans nos Royaumes 🙁 Moi, j’étais content qu’on l’ait pas entendu. Sinon Léo l’aurait imité et déjà qu’il sifflote tout le temps …

60 10 Le Petit Royaume Sauvage 60 11 Le Petit Royaume Sauvage
60 12 Le Petit Royaume Sauvage On s’est arrêtés un peu pour profiter de la beauté du paysage. Dans ce Royaume, les arbres sont pas tout droits comme souvent ailleurs. Ils sont tordus, penchés, bizarres parfois … Et ils sont couverts de gui des feuillus.

Mais c’est pas grave parce que le gui des feuillus c’est seulement un hémiparasite. C’est pas comme les vrais parasites. Le gui tue pas sa plante hôte. Et puis, dans ce Royaume, les arbres cassés sont pas enlevés. Ça fait des cachettes pour les zanimos et les xylophages ont beaucoup à manger. Les xylophages sont les animaux qui mangent le bois. Ils aiment bien le bois même quand les arbres sont morts. Comme xylophages il y a surtout des insectes et leurs larves. Mais il y a aussi des Myriapodes. Myriapode c’est un mot compliqué que personne connaît pour dire mille-pattes. Je t’expliquerai les Myriapodes quand on en verra. Mais il vaut mieux dire Myriapodes parce qu’il y en a aucun qui a vraiment mille pattes. On dit mille pour dire qu’il y en a beaucoup. Et quand il y a des myriapodes et des insectes, il y a aussi des insectivores. Alors c’est bien quand il y a des arbres morts. Et puis, il y a des champignons qui se développent sur le bois mort. Et après il y a des zanimos qui mangent des champignons comme les limaces … Alors le bois mort, ça fait des tas et des tas de zanimos contents.

Mais ici, il y a pas que des arbres morts. Il y a aussi de beaux chênes. Les chênes appartiennent au genre Quercus et se sont des Fagacées. Les chênes peuvent vivre très longtemps et ils abritent des tas de zanimos, dont beaucoup d’insectes. Là, tu peux voir qu’il y a même de la mousse entre les branches. Et dans la mousse, il y a encore des insectes, des araignées, des myriapodes. Tout ça c’est des Arthropodes. Et quand il y a des Arthropodes, il y a des oiseaux qui les consomment comme les sittelles torchepots (Sitta europaea, Sittidés).

60 13 Sitelle torchepot 60 14 Sittelle torchepot
60 15 Sittelle torchepot J’aime beaucoup les sittelles torchepots. Elles sont très belles avec leur gris bleuté et leur orange. Et puis, elles marchent souvent la tête en bas. C’est rigolo 🙂

Léo : « Chevalier, il y a un zoiso tout là-haut. Je le vois pas bien. Tu peux le fotoer et me le montrer s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo … Tiens, regarde. »

Max : « Ben et moi ? »

Le chevalier : « Sois patient Maxou, j’allais te le montrer aussi. »

60 16 Pinson des arbres 60 17 Pinson des arbres

Léo : « On dirait un pinson des arbres, Fringilla coelebs, Fringillidés. C’est ça ? »

Max : « On en a vu un tout près au Royaume de Rien du Tout. Il ressemblait pas à celui-là. Il était plus coloré. »

Le chevalier : « Vous avez raison tous les deux mes petizours. Enfin, si c’est bien un pinson des arbres … Ce serait une femelle et, comme souvent, elle est moins colorée que le mâle. La femelle pinson des arbres peut être confondue avec le moineau domestique. »

Léo : « C’est pas une femelle moineau domestique chevalier. C’est bien une femelle pinson des arbres. »

Le chevalier : « Tu as l’air bien sûr de toi Léo. »

Léo : « Je connais pas tous les zoisos mais c’est pas une femelle moineau domestique. Et là-bas ? Ce serait pas un étourneau sansonnet ? »

60 18 Etourneau sansonnet Max : « Il est noir avec des reflets bleus-verts … On voit des tâches jaunâtres … Le bec à l’air sombre … On dirait bien un étourneau sansonnet en plumage internuptial. Tu es penses quoi bonome ? »

Le chevalier : « J’en pense que vous êtes de grands ornithologues 🙂 Je suis fier de vous. »

Léo : « C’est grâce à toi et au beau livre de zoisos que tu as offert à Maxou. »

Max : « Oui bonome, c’est grâce à toi. »

Le chevalier : « C’est vous qui travaillez. Vous savez, un maître ne peut pas forcer ses élèves à apprendre. Je vous propose les connaissances mais c’est vous qui vous les vous appropriez. »

Léo : « Oui, mais tu nous donnes envie d’apprendre et de connaître toutes ces choses fort savantes que tu enseignes. »

Le chevalier : « Vous êtes de bons disciples 🙂 Oh, regardez la mésange bleue ! Elle se cache sous l’écorce de l’arbre 🙂 »

60 19 Mésange bleue

Léo : « On dirait qu’elle nous regarde ! »

Max : « Elle nous surveille !

Léo : « La mésange bleue s’appelle Cyanistes caeruleus, Paridés. Elle est très belle cette mésange. Mais on voit jamais les autres ! La nonette, la boréale, la noire ou la huppée 🙁 »

Max : « On l’a pas déjà vu la mésange nonnette ? »

Le chevalier : « Si, pas loin d’ici d’ailleurs, mais Léo n’était pas encore avec nous. »

Léo : « Vous avez vu la mésange nonnette ! Rhooo, la chance ! »

Après ça, on a continué l’exploration du Petit Royaume Sauvage. Il est magnifique ce Royaume. En cheminant sur les chemins, on a aperçu des tas de zoisos : des rougegorges familiers, des merles noirs, des grives … Il y avait beaucoup des grives mais de loin on arrivait pas à identifier leur espèce.

Et puis on a revu une mésange bleue. Elle cherchait des insectes sur un arbre mort. Léo a sifflé un peu en mésange bleue. Mais elle a pas papoté avec lui. Elle devait avoir faim alors elle avait pas le temps de parler. 60 20 Mésange bleue
60 21 Mésange bleue 60 22 Mésange bleue

Et puis, d’un coup, Léo a perdu sa mâchoire. Le cœur de bonome s’est arrêté et mes yeux sont sortis de leur orbite. On a vu ça :

60 23 Pic mar 60 24 Pic mar
60 25 Pic mar 60 26 Pic mar
60 27 Pic mar 60 28 Pic mar

Léo : « Chevalier, c’est celui auquel je pense ? C’est bien lui ? »

Le chevalier : « Je ne suis pas dans ta tête mon Léo, je ne peux pas savoir 🙂 »

Max : « Tu pourrais aller dans sa tête ! C’est pas son cerveau qui prend beaucoup de place 🙂 Mais, c’est quoi ce zoiso ? »

Léo : « C’est l’un des douze drôles de zoisos ! C’est ça n’est ce pas ? »

Max : « Un des douze drôles de zoisos !? C’est un pic mar alors ? »

Léo : « Je crois bien ! Regarde, il a le plastron jaune tacheté de noir, le croupion rouge … C’est un pic mar. Chevalier, répond, s’il te plaît. »

Le chevalier : « Je pense que oui 🙂 C’est bien un pic mar, Dendrocopos medius, Picidés. »

Léo : « Rholala ! On a vu un pic mar ! La chance ! Merci chevalier ! Un pic mar … Rhoooo la chance … »

Max : « Alors tu as vu 6 des douze drôles de zoisos : la sterne pierregarin, le martin-pêcheur, le butor étoilé, le blongios nain, le pic noir et le pic mar 🙂 »

Léo : « Et toi 5 ! Moi, j’en ai vu que 3 🙁 »

Max : « Oui, mais tu vas me rattraper dès le printemps. Les sternes vont revenir et tu les verras. Et puis, on te présentera à blongios. Sois patient Léo, tu les verras ces zoisos. Viens faire un câlin en attendant. »

Après le gros câlin on a repris notre exploration. Léo était radieux à cause du pic mar. Bonome avait du mal à se concentrer. Mais après une telle rencontre, il est toujours satisfait de sa promenade. Il a plus besoin de rien. Je le comprends. C’est pas tous les jours qu’on fait une si belle rencontre 🙂 En avançant, on est arrivés à une clairière dans laquelle il y a une petite mare. Il y avait pas de zoisos aquatiques. Elle est trop petite la mare. On a bien vu un rougegorge mais il était de l’autre côté et il nous criait dessus. Léo lui a répondu en rougegorge et le zoiso s’est tu 🙂 Et puis on s’est assis pour faire une pause parce que bonome avait déjà beaucoup marché.

60 29 Le Petit Royaume Sauvage 60 30 Les petizours
60 31 Les petizours 60 32 Les petizours

On est restés un peu au bord de l’eau. Bonome s’est allongé un peu et on est allés s’installer contre lui pour un autre câlin. La terre était humide et froide, il y avait des cailloux qui nous rentraient dans les côtes mais on était bien tous les trois. On écoutait les zoisos sans rien faire. Léo cherchait ni à les identifier, ni à les imiter. C’était bien 🙂

Et puis on a repris l’exploration. On a revu des zoisos : des mésanges, des roitelets huppés, un autre pic mar … Mais bonome avait plus la tête à fotoer. Et puis, on avait déjà fait des belles fotos. Je crois que c’est ce qu’il préfère, quand il a déjà fait des belles rencontres et des belles fotos, il peut se promener tranquillement. Et puis nous, on l’embête moins pour voir des zoisos puisqu’on en a déjà vu. On profitait de la beauté, tout simplement.

60 33 Le Petit Royaume Sauvage 60 34 Le Petit Royaume Sauvage

Dans ce Royaume, il y a beaucoup de mousses. Les mousses, c’est des plantes sans fleurs. Elles se reproduisent aussi avec des spores, comme les fougères et les champignons. Leurs principales caractéristiques sont leur absence de racines et la reviviscence. L’absence de racines explique qu’elles peuvent pousser partout : sur les rochers, sur les arbres, sur les toits … La reviviscence c’est quand une plante peut être tout desséchée qu’on dirait qu’elle est morte mais qu’elle reverdit dès qu’elle a de l’eau. En scientifique, les mousses ça s’appellent les Bryophytes. Bonome nous expliquera un jour, mais là, on avait pas envie de faire la botanique.

60 35 Le Petit Royaume Sauvage

Voilà, on avait bien exploré le Petit Royaume Sauvage. Il nous avait offert de belles surprises. Je crois qu’on va bien s’entendre tous les quatre. Mais il fallait rentrer. On peut pas rester toujours dans les Royaumes 🙁

Princesse, je m’en fiche pas de toi mais je comprends pas pourquoi tu prends pas de nos nouvelles. Tu pourrais nous convoquer au château un jour. Je t’embrasse et ne t’inquiète pas, tout va bien au Pays des Zoisos.

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60 – Le Petit Royaume Sauvage : la découverte

Dimanche 6 Décembre, An II

Max : « Bonome, je peux t’interrompre dans ton travail ? Je voudrais te parler ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. Que se passe t-il ? »

Max : « On est dimanche. Il est déjà tard et le soleil commence à baisser sur l’horizon. Et Léo est inquiet. Il se dit qu’on ne va pas aller à se promener et il est triste. »

Le chevalier : « Léo est triste ? »

Max : « Oui, il a même pas envie de lire mon beau livre de zoisos. Il dit que ça sert à rien parce qu’on voit pas de zoisos. Il veut même plus jouer avec moi. »

Le chevalier : « Il est déjà tard. Si nous allons nous promener nous ne pourrons pas rester très longtemps. Et j’ai besoin de faire une pause. Si nous allions faire une petite inspection ? Nous pourrions aller là où le soleil se couche. Penses-tu que ça plairait à Léo ? »

Max : « Oh oui ! Merci mon bonome. Je cours lui annoncer … Léo ! Léo ! Mets ton pantalon ! On va aux zoisos ! »

Il a retrouvé le sourire d’un coup, mon cousin. Il a sauté dans son pantalon et on a tout chevauché.

Là où le soleil se couche, c’est en fait l’un des deux observatoires du Grand Étang de T. Mais le soleil se couche là qu’en été. En automne, il va se coucher ailleurs. C’est embêtant parce que j’ai plus de sable qui fait dormir. C’est quand même pas trop grave que j’ai plus de ce sable parce que Léo dort bien. Il se couche toujours tôt et il est le premier levé. En attendant que le chevalier se réveille, il lit mon livre. Il le lit beaucoup. Il va être tout usé mon beau livre. Des fois, il étudie les livres d’insectes aussi. Mais moins. Et je crois qu’il aimerait bien un livre de mammifères. Il y a pas les petizours dans les livres de mammifères. Bonome dit que c’est parce que les petizours sont des Peluchiformes et que cet ordre de zanimos est négligé par les naturalistes.

Bon, quand on est arrivés là où se soleil se couche, tous les zoisos partaient. On a vu un grébu qui avait pêché un gros poisson. Grébu, c’est le grèbe huppé (Podiceps cristatus, Podicipédidés).

60 01 Grèbe huppé C’est un grand pêcheur grébu. Là, il se promenait avec son poisson dans le bec. Peut être pour montrer aux autres zanimos sa belle capture. Il est un peu frimeur grébu 🙂

Et puis, il y a eu des canards souchets (Anas clypeata, Anatidés).

On a d’abord vu le mâle avec ses belles couleurs. Lui aussi il a de beaux yeux jaunes. Je dis lui aussi parce qu’il y a les fuligules morillons qui ont de beaux yeux jaunes (Aythya fuligula, Anatidés). Et j’aime bien son gros bec plat et élargi au canard souchet. 60 02 Canard souchet mâle
60 03 Canard souchet mâle 60 04 Canard souchet femelle

Après, on a vu une femelle souchet. On pourrait dire une souchette 🙂 Elle aussi s’en allait. Les zoisos, ils avaient pas envie de nous voir 🙁 On est restés un peu là, à regarder la beauté du paysage. Mais on voulait voir des zoisos alors on a tout marché pour aller à l’autre observatoire. Mais on a pas vu de zoisos 🙁 Sauf une cane, tout loin.

Il y a que superzieux qui peut reconnaître une chipeaute à cette distance. La chipeaute, c’est la femelle de canard chipeau (Anas strepera, Anatidés). Elle s’est pas éloignée la chipeaute. Elle était déjà loin.

60 05 Canard souchet femelle

Bonome était très contrarié. Il avait arrêté de travailler pour montrer des zoisos à ses petizours et il y avait pas des zoisos. Alors il a décidé d’explorer le secteur. On a un peu chevauché et il a arrêté d’un coup notre monture : il avait vu un chemin qu’il ne connaissait pas. Et c’est comme ça qu’on l’a découvert, ce Royaume. Il le connaissait pas du tout et on l’a exploré alors que le soleil se couchait. Il est magnifique, ce Petit Royaume Sauvage.

Il commence par une allée bordée d’arbres et dans ces arbres, on a pu observer un pic épeiche (Dendrocopos major, Picidés). Il était tout là-haut, le long du tronc. Il avait pas l’air inquiet du tout de nous voir. Et on a pu le fotoer.

60 06 Pic épeiche
60 07 Pic épeiche 60 08 Pic épeiche

Mais, sans éclairement et avec le gros zoom, les fotos sont pas exceptionnelles. N’empêche que Léo était ravi de voir ce pic épeiche.

Et on a poursuivi l’exploration de ce Royaume. Qu’est ce qu’il est beau ! Et sauvage ! On voyait pas de zanimos. Il était trop tard. Et puis c’était plus possible de faire des fotos. Mais on avançait, on avançait. Léo n’avait jamais rien vu d’aussi beau.

60 09 Le Petit Royaume Sauvage 60 10 Le Petit Royaume Sauvage
60 11 Le Petit Royaume Sauvage 60 12 Le Petit Royaume Sauvage

Mais il était très tard. La nuit tombait et il fallait rentrer.

De retour à la cabane, bonome s’est remis au travail. Léo est allé s’installer sur ses genoux, sans le déranger, et lui a fait un gros câlin. C’était sa façon à lui de dire merci. Et je l’ai rejoint parce que, moi aussi, je voulais le remercier. Il a continué à travailler. Il s’est couché tard. Très tard même. J’ai compris pourquoi tout de suite. Il voulait finir son travail ce soir, cette nuit même, pour pouvoir nous emmener au Petit Royaume Sauvage dès demain.

Voilà Princesse. C’était une toute petite promenade. Mais elle était magnifique et le Pays des Zoisos a un nouveau Royaume.

Je t’embrasse Princesse.

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