Le Puy de Sancy – 2. La descente

Max : « Bon, ça suffit la pause ! Il faut faire la descente maintenant ! »

Léo : « Ça va aller bonome ? »

Le chevalier : « Bien sûr Léo. Pourquoi ça n’irait pas ? »

Léo : « Tu arrêtes pas de cavaler depuis qu’on est arrivés. »

Le chevalier : « Ça me fait du bien. Bon, pochage ! »

Yann : « On grimpe ! Viens petit cousin ! »

Max : « D’accord. Alors Léo, tu vas devoir me supporter ! »

Léo : « Pfff ! Pourquoi je suis puni ? »

Samuel : « Et vlan cousin Max ! »

Max : « Oula ! Tu démarres vite bonome ! »

Le chevalier : « J’aime bien descendre et il n’y a pas beaucoup de monde. »

Yann : « On peut quand même profiter de la vue 🙂 »

Max : « La belle vue elle est derrière er on voit rien du tout ! »

Le chevalier : « Message reçu Max ! Voilà ! »

Vers le sommet

Yann : « Si j’ai bien compris tout ce qui dépasse ce sont des intrusions dans les scories qui se sont mises en place lors d’une éruption précédente. »

Le chevalier : « Ou au début de cette phase éruptive. »

Léo : « On sait quand même l’ordre chronologique relatif. »

Max : « Un dyke… »

Dykes

Max : « Les gerbes d’orgues volcaniques… »

Gerbes d’orgues volcaniques

Gerbes d’orgues volcaniques

Léo : « On connaît déjà ! Il faut avancer. Regardez comme c’est beau devant. »

Le chemin sur la crête

Max : « Il y a moins de monde qu’au sommet. Tu te sens mieux monsieur Jémpaléjens ? »

Le chevalier : « C’est quand même plus agréable. »

Yann : « C’est étrange quand même. D’un côté les pentes sont calmes et de l’autre c’est tout déchiqueté. »

Léo : « Tout à l’heure c’était dans l’autre sens. »

Yann : « Ce sont les scories là ? »

Des scories

Des scories

Max : « Alors là, vous voyez des cailloux dans des cailloux avec des tas de cailloux autour. J’en déduis que nous sommes en Cailloutie. Ces cailloux se sont mis en place lors d’une avalanche de cailloux tout frais à peine sortis du four. A l’époque ils étaient bien croustillants autour et tout tendres au cœur. Et puis ils ont durci et plus personne les regarde et ils sont bien tristes. Heureusement la tribu des petizours est là pour leur redonner toute leur importance à ces cailloux ! »

Léo : « Mouai… Tu as déjà fait mieux. »

Samuel : « On t’a connu plus en forme. »

Yann : « C’était bien essayé… »

Max : « Je sais. Désolé. Mais au moins j’aurais tenté un truc. »

Le chevalier « Il y a du vrai dans ce que tu as dit Maxou. »

Max : « Du vrai dans mes bêtises ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 C’est étonnant non ? Ces scories se sont bien mises en place lors d’avalanches. Enfin presque. On parle de coulées pyroclastiques. »

Max : « Non bonome. Personne parle de coulées pyroplastiques. Il y a que toi qui parle de coulées pyroplastiques. »

Le chevalier : « Pyroclastique Max. »

Léo : « Pyro ? Comme πύρ, le feu en grékancien ? »

Max : « Ah nooon ! Ben non. Léo, tu vas pas te mettre au grékancien toi aussi ! »

Léo : « Léo de Leo en latin ancien qui veut dire Lion 🙂 Et si tu me laisses pas faire le grékancien quand ça s’impose je pourrais te dévorer tout cru ! »

Yann : « Bon courage Léo ! Maxou est rempli de chocolat ! Tu arriveras jamais à tout manger 🙂 »

Samuel : « Et revlan cousin Max ! Mais on pourrait revenir au feu du grékancien ? »

Le chevalier : « Pour continuer l’étymologie… κλάστος = brisé. »

Max : « Comme dans orchidoclaste qui te qualifie à merveille mon cher bonome 🙂 »

Samuel : « Rhooo ! Cousin Max ! Ça se fait pas ça ! Tu vas pas bien dans ta tête toi ! Là c’est plus de la polissonnerie : c’est de l’insolence ! Tu mériterais d’aller au coin ! Espèce d’alburostre ! »

Léo : « C’est un peu limite mais ça me fait rigoler 😀 Juste utilisation du suffixe -claste 🙂 Et bravo pour ‘alburostre’ petit Sam 🙂 »

Yann : « Je comprends pas bien moi. »

Samuel lui chuchote à l’oreille…

Yann : « 😀 Max, tu exagères ! Bonome est pas orchidoclaste du tout ! »

Samuel : « On s’égare encore… Je sens que la descente va pas être sérieuse du tout 🙂 »

Le chevalier : « Mes coulées pyroclastiques vous intéressent-elles ? »

Samuel : « Moi oui 🙂 »

Le chevalier : « Ce sont des morceaux de roches qui ont été projetées lors d’éruptions pliniennes. Ces morceaux de roches sont de toutes tailles… »

Samuel : « Cendres, scories et bombes selon la taille croissante ! »

Le chevalier : « C’est ça 🙂 Et effectivement, la croûte durcit plus vite que l’intérieur. Enfin, en ce qui concerne les plus gros morceaux. »

Yann : « Croustillants dedans et tout tendres à l’intérieur. Tu avais raison Maxou. »

Max : « Ben voilà où j’en suis rendu. Même quand je dis des bêtises exprès j’ai bon 🙂 »

Léo : « Tu es devenu trop savant Max. »

Max : « Sérieusement, vous vous souvenez quand on comprenait rien du tout ? »

Yann : « Ah bah moi je me souviens bien 🙂 C’était il y a pas longtemps encore. 10 minutes je crois 🙂 »

Samuel : « Oui mais toi tu es un néophyte cousin Yann. C’est pas pareil. »

Léo : « Et puis tu as décidé d’être un petitours heureux et pas forcément un naturaliste. »

Max : « Ça reste un bon choix 🙂 N’empêche qu’on comprenait rien du tout. Et on pensait que bonome voyait pas comme nous. »

Léo : « Et oui ! On s’est bonomisés 🙂 On voit plus des cailloux, aussi beaux soient-ils, mais des volcans, des océans qui s’ouvrent ou se ferment… »

Max : « On voit plus pareil qu’avant ! Comment tu dis bonome ? Ah oui ! La vision est pas un sens mais une gnosie. On gnosise carrément maintenant 🙂 »

Le chevalier : « Et vous n’avez plus besoin de moi 🙂 »

Max : « Pfff… Ben si ! Forcément. On peut pas chevaucher tout seuls nous. »

Léo : « Et puis à pattes les inspections seraient bien trop longues. »

Samuel : « Sans vouloir remettre sur le tapis le problème de l’argent de poche, on pourrait pas s’acheter du chocolat sans toi. »

Yann : « Et on est trop petits pour fotoer nous-mêmes. On arrive même pas à le porter l’appareil ! »

Max : « Tu vois : on a besoin de toi 🙂 »

Le chevalier : « C’est bassement utilitaire ! Quelle déception ! »

Léo : « Tu l’as bien cherché ! »

Le chevalier : « C’est pas faux 🙂 Bon, et la géologie ? »

Max : « Je crois qu’on connaît tout sur le Sancy. »

Léo : « Peut-être pas tout mais assez pour aujourd’hui. »

Yann : « Là c’est la sancyite. »

La sancyite

Yann : « C’est elle qui forme l’armature du Puy de Sancy parce qu’elle est très dure. »

Le chevalier : « D’accord. Alors on cavale ! »

Max : « Tu as l’air en forme mon bonome 🙂 Tu cavales bien malgré ton grand âge. Je pense que si il y avait personne tu te mettrais à courir. »

Le chevalier : « Tu me connais bien Maxou 🙂 »

Yann : « Oui ben la marche rapide c’est suffisant. Quand tu galopes j’ai le mal de bonome moi ! »

Le chevalier : « J’en suis désolé mon petitours. Admirez moi ce paysage ! »

La vallée

Léo : « Rhooolaaalaaaaa ! »

Max : « Tiens ! Ça faisait longtemps que tu avais pas rholalaé Léonou 🙂 »

Léo : « Je gnosisais trop ! Là, je me contente de voir la beauté et il y en a beaucoup d’un coup ! »

Samuel : « D’accord avec cousin Léo. Vous avez vu ? La petite vallée qui descend vers la grande vallée… »

Yann : « On descend par où bonome ? »

Le chevalier : « La petite vallée suspendue. »

Yann : « Chouette alors ! »

Max : « On arrive bientôt au Col de je sais pas quoi. Après, on verra plus pareil. Tu veux bien fotoer encore une fois derrière nous ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Juste après, on est arrivé au col. Il y avait des gens d’armes et une bénévole de la LPO. Les gens d’armes c’est parce que les zoms sont bêtes alors il faut les surveiller même à la montagne. Le Sancy il est intégré à la Réserve Naturelle Nationale de Chasseix-Sancy. Ça veut dire qu’il faut pas sortir des chemins jamais. Et au col, il y a des gens qui vont partout. Surtout sur les dykes ou les pierriers. Mais il faut pas. Alors les gens d’armes passent leur temps à demander de descendre de là ou de pas aller là-bas. Mais ça va. Les zoms râlent pas trop. Ils disent qu’ils savaient pas que c’était une réserve naturelle et ils retournent sur le chemin. La bénévole de la LPO c’est pour répondre aux questions des gens sur les zoisos. Je préfère pas dire quelles questions ils posent. C’est un peu gênant pour eux 🙂 Mais évidemment bonome est allé lui parler pour demander quels zoisos il y avait dans le secteur. Ils ont papoté, papoté… Bonome, quand il parle zoisos, il est pire que Léo. Il s’arrête jamais 🙂 J’ose pas imaginer si il y avait eu un géologue 🙂 Au bout d’un moment on a fait exprès de sortir nos truffes de ses poches pour le ramener à la réalité. La bénévole a été surprise mais elle a aussi été très gentille avec nous 🙂 Elle savait pas qu’il existait des petizours naturalistes. Alors quand elle a vu mon gilet de la LPO elle en revenait pas. Peut-être qu’elle en est toujours pas revenu et qu’elle est toujours là-bas.

Max : « Madame la bénévole vous êtes charmante et discuter avec vous est très agréable mais nous avons une vallée à descendre nous. Voulez-vous bien nous rendre notre bonome ? »

Léo : « On a mis des années à le dresser. »

La bénévole : « Vous l’avez dressé ? »

Max : « Ben oui ! Il était sauvage au début. Vous imaginez même pas à quel point ! Dès qu’il voyait du monde, il ronchonnait et se sauvait. Maintenant il accepte de discuter avec d’autres zoms. Et il donne même la patte en disant merci à la dame 🙂 »

La bénévole : « Vous les laissez dire ? »

Le chevalier : « Ça les amuse de croire qu’ils m’ont domestiqué 🙂 Merci pour les infos ! Bonne journée ! »

La bénévole : « Bonne descente ! »

Max : « Bonome, je crois que je préférais quand tu étais sauvage. »

Le chevalier : « C’est vrai ? Je peux redevenir sauvage et me creuser un terrier ? »

Max : « Ah bah non ! Pas à ce point ! Mais quand tu bavassais pas pendant des heures avec tous les ornithologues que tu croises ! »

Le chevalier : « Je ne bavasse pas ! »

Max : « Si tu bavasses. »

Le chevalier : « Je discute. Ce n’est pas pareil ! »

Max : « Non, tu bavasses. Tu papotes, tu papotes… Un jour tu vas user ta langue ! »

Le chevalier : « Ça ne te gêne pas quand c’est pour t’expliquer quelque chose. Je dois toujours t’expliquer quelque chose. ‘Bonome expliques moi la vache !’ ‘Bonome explique-moi les sancyites’. Bonome explique-moi la Bretagne !’ Tout ça pour me dire ensuite que je fais des exposés interminables et soporifiques ! »

Max : « Ben… C’est vrai que tu es soporifique. Avec toi, pas besoin de sable de là où le soleil se couche pour s’endormir. »

Yann (à Samuel) : « Comment vous dites dans ces cas là ? Ah oui !!! Dites, il y a des foulques à la montagne ? »

Léo : « 😀 »

Max : « On est pas des foulques !!! »

Le chevalier : « On ne se chamaillait pas comme des foulques ! Nous discutions ! »

Samuel : « Si ! Vous chamailliez 🙂 Même que Maxou t’a vexé bonome 🙂 »

Le chevalier : « Pas du tout. Je ne bavasse pas. Je le saurais si je bavassais. Je n’ai jamais bavassé. Je ne suis pas un bavasseur moi. »

Yann : « On peut attaquer la descente alors ! »

Léo : « Pas tout de suite ! Bonome aurais-tu l’amabilité de fotoer ce magnifique dyke avant d’entamer la descente s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon petitours. »

Un dyke

Samuel : « Il y a un rougequeue noir ! Là ! Là ! »

Max : « Bien vu petit Sam ! »

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros, Muscicapidae)

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros, Muscicapidae)

Léo : « Il est dans son habitat naturel là ! »

Yann : « Ah oui ? Pourtant on en entend dans la cabane. Et elle est pas à la montagne la cabane. »

Max : « Ce serait bien oulala ! »

Léo : « Tu oublies la neige et le froid l’hiver Max. »

Max : « On serait obligés d’hiberner. Ou resterait dans notre lit pendant la moitié de l’année après s’être goinfrés de chocolat pour faire du gras. »

Léo : « Ah bah ça tu as commencé ! Je te rappelle que pour le moment on hiberne pas. Pas la peine de faire autant de gras ! »

Samuel : « Rholala ! Le vlan qui vient de se prendre cousin Max ! Bravo cousin Léo ! Bravo ! »

Yann : « Ils sont bêtes ! Mais ils sont bêtes ! Vous pouvez m’expliquer les rougequeues noirs de chez nous ? »

Léo : « Ils aiment les parois rocheuses et les bestioles qu’elles hébergent. Pour un zoiso, une paroi rocheuses c’est une paroi rocheuse. Ils s’en fichent si les zoms appellent ça le mur d’une maison ou d’un immeuble. Tant qu’il y a une paroi et des bestioles, les rougequeues sont contents et ils s’installent. »

Yann : « Je comprends Léo. Merci. »

Max : « Elle est vraiment belle cette vallée… »

La vallée

Le chevalier : « On peut y aller maintenant ? »

Samuel : « Tu fotoes le paon du jour avant ! »

Paon du jour (Aglais io, Nymphalidae)

Max : « Et le dyke ! C’est pas tous les jours qu’on en voit ! »

Le dyke

Yann : « Et ce papillon là ! »

Grande tortue (Nymphalis polychloros, Nymphalidae)

Max : « C’est la grande tortue ça non ? »

Léo : « Je crois bien. »

Le chevalier : « Je peux y aller maintenant ? »

Max : « Mmmmm… oui. »

Le chevalier : « Alors c’est parti ! »

Léo : « Fais-toi plaisir bonome ! Cavale ! »

Max : « Il aime ça notre bonome 🙂 »

Samuel : « Oui ben moi ça me plairait bien qu’il regarde un peu où il met ses pieds parce que ça me fait peur là. »

Max : « Le bonome regarde pas ses pieds. Il observe partout. »

Samuel : « Et le bonome va se prendre les pieds dans un cailloux qui dépasse, il va dévaler la pentes en rouler-bouler et il va finir tout cassé ! »

Max : « Cher petit cousin, tu t’exposes à un exposé interminable et soporifique sur l’art du tricot ! »

Yann : « Pourquoi le tricot ? »

Max : « Parce que lorsqu’on fait une remarque à notre grand dadais sur les risques qu’il prend, il répond toujours qu’à la place il peut faire du tricot car c’est bien moins dangereux mais maladroit comme il est il se planterait une aiguille dans la main ou il se crèverait un œil. HÉ ! Pourquoi tu t’arrêtes comme ça d’un coup ? Tu vas quand même pas te mettre au tricot tout de suite ? »

Le chevalier : « Non, pas tout de suite… »

Léo : « Il est à l’arrêt. La truffe en avant. Une patte tendue. Il a vu quelque chose… »

Yann : « Ben… Il y a bien un zoiso dans sa ligne de mire mais je sais pas si c’est lui qui l’a arrêté d’un coup comme ça. Je connais pas assez les zoisos. »

Max : « Un zoiso ? Je vois pas. Il est comment ? »

Yann : « Bleu et orange si je vois bien. »

Léo : « BLEU ET ORANGE ???!!! »

Samuel : « Plutôt gris et orange. Bien vu cousin breton ! »

Léo : « Tu le vois Maxou ? »

Max : « Euh… »

Léo : « OUI ! OULALA ! RHOLALALALA ! LÀ ! LÀ ! »

Max : « Ben voilà ! Je suis encore le seul à rien voir du… Rhôôôô ! »

Samuel : « Tu l’as vu aussi cousin Max 🙂 »

Max : « Tu fotoes bonome ? »

Le chevalier : « Déjà fait 🙂 »

Max : « Tu t’approches doucement alors. Pas de mouvements brusques. Tu fais le fantôme… »

Le chevalier : « Tiens, ça faisait longtemps. »

Monticole des roches (Monticola saxatalis, Muscicapidae)

Monticole des roches (Monticola saxatalis, Muscicapidae)

Yann : « Apparemment c’est un drôle de zoiso ce zoiso. J’ai rarement entendu Léo oulalaer et rholalaer comme ça. Je suppose que vous le connaissez. »

Léo : « Seulement par les livres Yann. C’est un monticole des roches. Monticola saxatalis (Linnaeus, 1766). Famille des Muscicapidae. On le voit qu’à la montagne mais même là il est rare. C’est pas tout le monde qui a déjà vu un monticole des roches ! »

Monticole des roches (Monticola saxatalis, Muscicapidae)

Monticole des roches (Monticola saxatalis, Muscicapidae)

Yann : « C’est normal les taches blanches ? »

Léo : « C’est parce que c’est un juvénile. C’est pour ça qu’il est gris et pas bleu. Vous voyez les parents ? »

Max : « Moi je vois rien du tout aujourd’hui. Je me demande s’il me faudrait pas une canne blanche et un chien… »

Samuel : « Je les vois pas. »

Léo : « Ils doivent être en train de lui chercher du manger. »

Samuel : « Et ils vont pas venir si on reste là. Il faut qu’on s’en aille. »

Le chevalier : « Je crois bien que tu as raison mon petit Sam. »

Max : « Et on voit pas les parents ? »

Samuel : « On les verra pas ! Ils vont pas venir si on reste là et le petit aura pas son manger. Tu veux avoir la mort d’un petit monticole des roches sur la conscience ? »

Max : « Ah bah non. On y va bonome ! »

Je vous passe la cavalcade de descente. Je dirais juste que notre cher bonome est heureux dans la nature là où il y a pas trop de monde. Il gambade, galope, trotte, s’ébroue. Parfois même il sourit sans raison juste parce qu’il est là. Il a besoin de grands espaces Megapus… Il devrait être garde-naturaliste ou quelque chose comme ça. Mais il est persuadé qu’il est à sa place dans une schola face à des asticots. C’est vrai qu’ils l’aiment bien ses asticots et il les fait bien travailler. Il a peut-être raison. Il a souvent raison mon bonome…

La vallée
Sancyite
Vers le haut de la vallée
Vers le bas de la vallée

D’un coup, il s’est encore arrêté. Comme un chien d’arrêt…

Léo : « Tu vois cette fois Maxou ? »

Max : « Rholala oui ! »

Samuel : « C’est pas dans les Alpes seulement ? »

Léo : « J’aurais ajouté les Pyrénées mais pas le Massif Central. »

Yann : « Vous les connaissez eux-aussi ? »

Marmotte des Alpes (Marmota marmota, Sciuridae)

Marmotte des Alpes (Marmota marmota, Sciuridae)

Léo : « Marmota marmota (Linnaeus, 1758), Sciuridae. »

Max : « Sciuridae ? Comme l’écureuil roux ? Tu es sûr Léo ? »

Léo : « Je suis sûr Maxou. »

Samuel : « Une marmotte des Alpes au Puy de Sancy… Je sais pas quoi en penser. Elle est férale bonome ? »

Le chevalier : « Aucune idée. Je ne m’attendais pas à en voir ici. »

Yann : « Vous m’avez répondu sans me répondre 🙂 Oui, vous la connaissez. »

Samuel (qui chuchote à l’oreille de Yann) : « On a même connu une marmotte peluchiforme. Elvire. Elle est guide-botaniste à la réserve naturelle des Aiguilles-Rouges. Elle donne pas de nouvelles et ça rend triste cousin Max. »

Yann : « Merci petit cousin. Je dirai rien. Chut. »

Max : « Ça se fait pas de chuchoter comme ça ! On est une tribu et on se dit tout. »

Yann : « Oui chef ! Samuel me rappelait discrètement ce que veux dire féral pour pas que je passe pour un béotien. »

Max : « Tu es pas un béotien. Tu es un néophyte et un petitours heureux. »

Yann : « Oui 🙂 C’est facile ici et avec vous d’être un petitours heureux. Surtout quand on voit des marmottes que je connaissais même pas. »

Léo : « Il y en a pas en Bretagne Yann. C’est seulement à la montagne. »

Max : « Bonome, tu crois que tu pourrais te creuser un graaaand terrier pour notre tribu et une famille de marmotte ? »

Léo : « Et douze tonnes de chocolat pour satisfaire ton énoooorme appétit ! Tu serais le seul à grossir pendant l’hibernation 🙂 »

Max : « Oui, alors, je pense pas que c’est moi qui aurait le plus grossi à la fin du séjour. Parce qu’il y a l’apéro en rentrant… »

Le chevalier : « Ce soir je fais léger. »

Max : « Oui bonome. Bien sûr bonome. Tu prendras pas de fromage avec ta truffade 🙂 »

Léo : « On reprend ? »

Le chevalier : « On reprend 🙂 »

Des roches
Des roches feuilletées
La vallée

Max : « Tu ralentis. C’est pas bon signe ça… »

Léo : « Ça veut dire qu’on est proche de l’arrivée. »

Samuel : « C’est dommage. C’était une bien belle journée. »

Yann : « J’ai l’impression qu’elle a duré plusieurs jours cette journée. »

Max : « Oui, ça arrive. Parfois une journée dure une semaine 🙂 »

Léo : « Elle est passée vite cette journée de plusieurs jours. »

Max : « Bonome, trouve un truc pour la prolonger encore un tout petit peu. »

Le chevalier : « Je pourrais fotoer ce pierrier… »

Un pierrier

Max : « Un pierrier ? Pour quoi faire ? »

Léo : « L’habitat naturel de Rougequeue noir ! Il faut le trouver ! »

Samuel : « Zutalor ! J’en vois pas… »

Max : « Moi non plus… »

Yann : « Il est pas là ? »

Max : « Ben non. On va devoir rester un petit moment. »

Léo : « On peut regarder les papillons en attendant ? »

Samuel : « C’est qui lui ? »

Grand nacré (Speyeria aglaja, Nymphalidae)

Grand nacré (Speyeria aglaja, Nymphalidae)

Max : « Il ressemble au tabac d’Espagne. »

Léo : « Oui mais c’est pas ça. »

Max : « J’ai pas dit que c’était un tabac d’Espagne ! J’ai dit qu’il ressemble ! »

Léo : « Oui donc c’est pas ça. »

Samuel : « Je suis pas sûr que c’est en chamaillant qu’on va faire durer la promenade. »

Léo : « On chamaille pas. On débat. »

Samuel : « Votre débat ressemble à une chamaillerie. »

Max : « Même pas vrai ! »

Léo : « Famille des Nymphalidae, sous-famille des Heliconiinae, Tribu des Argynnini et sous-tribu des Argynnina mais je connais pas le genre. »

Le chevalier : « Speyeria aglaja, Linnaeus, 1758. »

Yann : « Voici une affaire rondement menée 🙂 Et sinon, on l’appelle comment ? »

Le chevalier : « C’est un grand nacré. »

Yann : « Merci bonome. Ça je m’en souviendrai. Mais je retiendrai pas toute sa famille 🙂 »

Samuel : « Il est là rougequeue. »

Rougequeue noir

Max : « Tu l’as fotoé bonome ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « On a plus d’excuses pour prolonger la promenade alors. »

Le chevalier : « Il y en aura une autre demain. »

Max : « Demain, on va là où Yann voulait aller ! »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « On rentre ? »

Le chevalier : « On rentre. »

Continuer la promenade

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