168 – L’arrivée dans les Alpes

Le 5 août, An IV

Max : « Bonome, si tu nous aimes plus il faut nous poubeller. »

Le chevalier : « Je ne vous aime plus ? Mais pourquoi vous poubellerais-je ? »

Max : « Parce que tu nous aimes plus. »

Le chevalier : « Max, je t’interdis de dire ça ! Je t’interdis même de le penser ! »

Max : « Tu m’interdis rien du tout. Tu nous aimes plus et puis c’est tout ! »

Le chevalier : « Comment peux-tu imaginer ça mon petitours ? N’avez vous plus de câlins ? »

Max : « Si. »

Le chevalier : « Plus de bisous ? »

Max : « Si. »

Le chevalier : « Je ne chahute plus avec vous ? »

Max : « Si si. »

Le chevalier : « Et ne vous raconte-je pas d’histoires le soir ? »

Max : « Raconte-je ? Ça se dit raconte-je ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas. J’en perds mes mots… Mon petitours veut que je le poubelle… »

Max : « Parce que tu nous aimes plus. »

Le chevalier : « Explique toi Maxou. »

Max : « Ça fait presque une semaine. »

Le chevalier : « Presque une semaine ? »

Max : « Presque une semaine qu’on est pas allés en inspection ! »

Le chevalier : « Ah ! Ça n’est que ça ! »

Max : « Que ça ? Alors toi ! On est des petizours naturalistes nous ! Et on a un cousin à former ! Comment on fait nous, si tu nous emmènes pas en inspection ? »

Le chevalier : « J’allais vous en parler ce soir. »

Max : « Pfff !!! Ce soir ? Donc aujourd’hui on sort pas ! Ben d’accord. Je vais me poubeller. Adieu bonome. »

Le chevalier : « Poubelle toi si tu veux. Mais tu ne sauras jamais quelle surprise je vous ai réservée. »

Max : « Une surprise ? Tu as une surprise pour nous ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. Mais je te laisse te poubeller. »

Max : « Tu vas arrêter avec ta poubelle bonome ? Tu vas pas bien dans ta tête toi ! J’appelle les cousins ! LES COUSINS ! VENEZ VIIIIITE !! BONOME A UNE SURPRISE POUR NOUS ! »

Le chevalier : « Mais il n’a plus de tympans… Max vas-tu perdre cette habitude de crier comme ça ? »

Max : « Non bonome. »

Léo : « On arrive ! »

Boris : « On est là ! »

Samuel : « Une surprise ? »

Max : « Oui, une surprise… Bonome, nous t’écoutons… »

Le chevalier : « Comme me l’a fait remarquer Max, sans aucune exagération, nous ne sommes pas beaucoup sortis ces derniers jours. »

Max : « J’ai rien exagéré du tout ! »

Le chevalier : « Non. Tu voulais que je vous poubelle puisque je ne vous aime plus. »

Léo : « Ah oui ! Quand même ! »

Samuel : « Cousin Max a fait fort ! »

Boris : « Nous poubeller ? »

Le chevalier : « Oui, c’est comme ça qu’il a entamé la discussion. »

Max : « Max a fait ci, Max a fait ça ! ET LA SURPRISE ALORS !!! »

Le chevalier : « Nous partons en vacances demain matin. »

Max : « En vacances ? On retourne en Charentmaritimie ? »

Le chevalier : « Non Max. »

Max : « En Normandie ? »

Le chevalier : « Non Max. »

Max : « On retourne à Roubignolle ? »

Le chevalier : « Non Max 🙂 »

Max : « Non Max ! Non Max ! Non Max ! On va où alors ? »

Le chevalier : « Mmmmm… J’ai envie de faire durer le suspense… »

Max : « Bonome, dis nous s’il te plaît ! On va faire la crise cardiaque sinon… »

Le chevalier : « Vous n’avez pas de cœur ! »

Max : « QUOI ? PAS DE CŒUR ? Nous sommes la générosité même ! Pas de cœur ! Mais que ne faut-il pas entendre ! »

Léo : « Max, bonome parlait du myocarde, le muscle creux qui met le sang en mouvement chez beaucoup de zanimos. On a pas ce viscère nous. »

Max : « Mouai… Bon, ça suffit le suspense. On va où bonome ? »

Le chevalier : « Nous allons dans les Alpes 🙂 »

Max : « Dans les Alpes ? Comme dans ‘le Mont-Blanc est le sommet des Alpes’ ? »

Le chevalier : « Tout à fait 🙂 »

Samuel : « On va voir le Mont-Blanc ? »

Le chevalier : « Nous le verrons 🙂 »

Boris : « Vous allez à la montagne ? Je viens avec vous ? »

Le chevalier : « Tu viens 🙂 »

Max : « Rholala ! On va dans les Alpes ! Léo tu te rends compte ? »

Léo : « Oui. »

Max : « Léo ! On va à la montagne et on va voir le Mont-Blanc ! C’est pas tout le monde qui a vu le Mont-Blanc ! Ça te fait pas plaisir ? C’est pas une belle surprise ça ? »

Léo : « Si Max. »

Max : « Léo, qu’est ce qui ne va pas ? Tu as la maladie ? »

Léo : « Ben… »

Le chevalier : « Tu peux leur dire Léo. »

Max : « Dire quoi ? Léo, qu’as-tu à nous dire ? »

Léo (baissant la tête) : « Je le savais moi, qu’on allait dans les Alpes. »

Max : « Tu le savais ? Comment ça tu le savais ? »

Léo : « J’avais deviné. Vous vous souvenez du rêve de Boris avec Tante Yvonne ? »

Samuel : « Je comprends ! Tante Yvonne a montré l’ouverture d’un océan, sa fermeture et la formation d’une chaîne de montagne à Boris pour qu’il comprenne plus tard. »

Léo : « Oui. C’est là que j’ai compris. Et puis je me suis retrouvé seul avec bonome. »

Max : « Tu nous as envoyé préparer les affaires ! »

Léo : « Oui. J’ai demandé à bonome si le rêve c’était parce qu’on irait dans les Alpes. Et j’ai demandé si Boris viendrait. Et il a dit oui. Mais il m’a demandé de garder le secret. »

Max : « De garder le secret ? Avec nous ? Tes cousins ? »

Léo : « Maxou, juste après on a parlé des secrets et tu as dit qu’il fallait jamais les répéter. A personne. »

Samuel : « C’est vrai. Je m’en souviens. »

Max : « Oui, c’est vrai. »

Léo : « Alors je vous ai rien dit… »

Max : « Tu as eu bien raison Léo. Il faut pas répéter les secrets. »

Samuel : « Je suis fier de toi cousin Léo. Je sais pas si j’aurais tenu moi. »

Léo : « Vous m’en voulez pas ? »

Max : « Ben non. Petit Sam a raison d’être fier de toi. Moi aussi je suis fier de toi. »

Léo : « Je suis soulagé alors. J’avais peur que vous m’en vouliez. Et puis c’est pas bien de connaître un secret. Je veux plus connaître de secret moi. »

Max : « Pauvre Léo. Mais on va dans les Alpes ! Tu te rends compte ? »

Léo : « Ouiiiii 🙂 Et Boris viens avec nous ! »

Boris : « Rholala ! »

Max : « Bon, les cousins, il faut préparer les affaires. Vous connaissez le paquetage maintenant. On fait en binômes ! Euh… Bonome, en fait, on va où ? »

Le lendemain matin…

Le chevalier : « Mes petizours ! Réveillez vous ! »

Les petizours : « ZZZZzzzz ZZZZzzzz… »

Le chevalier : « Mes petizours ! »

Max : « Ondorencor… »

Le chevalier : « Moi je suis prêt. Je pars. »

Max (qui se redresse d’un coup dans le lit) : « Tu partirais sans nous ? »

Le chevalier : « Je m’en voudrais de vous tirer du lit pour aller dans les Alpes. »

Max : « Léo, Samuel, Boris ! Nous partons dans 12 secondes ! »

Un clignement d’œil plus tard les petizours sont prêts, les sacs sur le dos.

Max : « Bonome, tu pourras mettre notre lit dans ton sac s’il te plaît ? »

Léo : « Et notre pochette aussi. »

Samuel : « Les jumelles y sont déjà. »

Max : « Je crois qu’on a tout. Tu es prêt Boris ? »

Boris : « Oui, je suis prêt. Alors on est partis ! »

Quelques heures plus tard, Léo sort la tête de la poche…

Léo : « Ça va bonome ? »

Le chevalier : « J’espérais un peu de compagnie pendant cette longue chevauchée. »

Léo : « Oui, je me doute mais hier soir on était tout énervés alors on a pas réussi à dormir. »

Le chevalier : « Oui, je vous ai entendu chahuter. »

Léo : « On t’a empêcher de dormir ? »

Le chevalier : « Non. Mon Léo, je te remercie d’avoir gardé le secret. »

Léo : « C’était pas une bonne expérience. J’aurais bien voulu leur dire, moi. Et puis ça se fait pas de cacher des choses à ses cousins. »

Le chevalier : « Tu m’en veux ? »

Léo : « Non, je te comprends. Tu voulais faire la surprise. On arrive bientôt ? »

Le chevalier : « Nous n’allons pas tarder à atteindre les pré-Alpes calcaires. »

Léo : « C’est quoi les pré-Alpes calcaires ? »

Le chevalier : « Tu te souviens du socle et de la couverture ? »

Léo : « Oui bonome. »

Le chevalier : « Pour faire simple, dans les Alpes il y a un socle cristallin paléozoïque et une couverture secondaire essentiellement calcaire. Il y a d’autres types de roches importantes mais en moindre quantité. »

Léo : « Quoi par exemple ? »

Le chevalier : « Mmmmm… Je citerais le gypse. C’est une roche qui se forme par évaporation de l’eau de mer. C’est du sulfate de calcium (CaSO4.2H2O). Il y en a de grandes quantités à la base du Trias. A l’époque presque toute l’Europe était couverte de vastes lagunes dont l’eau s’évaporait cycliquement avant de revenir. Il en reste un gigantesque dépôt de gypse à la base de la série secondaire. »

Léo : « Et pourquoi c’est important ? »

Le chevalier : « C’est ce que les géologues appellent une couche savon. Elle se décolle facilement du socle. »

Léo : « D’accord. Et les pré-Alpes calcaires ? »

Le chevalier : « Tu sais que pour qu’il y ait une chaîne de montagnes, il faut une collision entre deux plaques continentales. »

Léo : « Je sais. Il y a l’Europe et… C’est quoi l’autre plaque ? »

Le chevalier : « On pourrait dire l’Italie. »

Léo : « Et toi tu dirais quoi ? »

Le chevalier : « L’apophyse apulienne du craton africain. »

Léo : « C’est comme ça que tu dis Italie toi ? 🙂 Heureusement que Maxou est pas réveillé 🙂 ‘Bonome tu vas pas bien dans ta tête ! Tu peux pas faire simple ! Tu fais exprès d’utiliser des mots compliqués que personnes connaît à part toi pour faire croire que tu es intelligent et cultivé et c’est pour ça que tu as pas d’amis !’»

Max (qui sort la tête de la poche) : « Oui, c’est à peu près ça. Mais en criant Léo, en criant ! Sinon c’est pas rigolo. Vous parliez de quoi ? »

Léo : « Des pré-Alpes calcaires. »

Max : « Ah. Ça doit être intéressant ça. Mais j’ai raté le début. On arrive bientôt ? »

Le chevalier : « Pas tout de suite. »

Max : « Alors je retourne dormir. Tu pourras nous réveiller au bon moment s’il te plaît bonome ? »

Le chevalier : « Au bon moment ? Quel moment ? »

Max : « Tu trouveras bien 🙂 »

Léo : « Bonome, ça veut dire que l’Italie c’est pas en Europe ? »

Le chevalier : « Pour un géologue, non. C’est… C’est l’Apulie. »

Léo : « Et les pré-Alpes alors ? »

Le chevalier : « Ce sont des plissements de la couverture de l’arrière-pays alpin. »

Léo : « Rholala ! La couverture qui se plisse, le socle qui fait la collision… Tu vas tout nous expliquer les Alpes ? »

Le chevalier : « Non Léo. Je vous expliquerai un peu ce que nous verrons. Puis nous reviendrons. Enfin, je l’espère. Et après quelques séjours nous pourrons faire une grande synthèse. Léo, tu m’écoutes ? »

Léo : « Oh pardon bonome. Regarde, on voit la montagne 🙂 »

Le chevalier : « Nous approchons de La Tour du Pin. »

Léo : « Je réveille les cousins ! MAAAAAAX ! SAAAAAAAM ! BOOOOOORIIIIIIIIS ! »

Le chevalier : « Mes pauvres tympans… »

Trois têtes de petizours sortent immédiatement de la poche…

Max : « C’est le bon moment ? »

Léo : « Oui, on commence à voir la montagne ! »

Samuel : « Rhoooo ! »

Boris : « La chance ! »

Le chevalier : « Nous approchons des massifs subalpins. Nous longerons les Bauges, les Bornes puis la chaîne des Aravis que nous contournerons par la Vallée de l’Arve avant d’arriver dans la vallée de Chamonix. »

Max : « Et on sera arrivés ? »

Le chevalier : « Oui Max 🙂 Mais je pense à faire une pause en chemin. »

Max : « Une pause ? Pourquoi une pause ? »

Le chevalier : « Pour profiter du paysage 🙂 »

Max : « Ah d’accord ! On veut bien la pause alors ! »

A partir de ce moment, et jusqu’à la pause, la chevauchée se fit sous les ‘rhooo’, ‘rholala’ et applaudissements des petizours. Les traversées des tunnels de Dullin puis de l’Épine provoquèrent des acclamations des petizours… Vint enfin la pause…

Max : « C’est ici la pause ? »

Le chevalier : « C’est ici 🙂 »

Max : « Rholala ! Regardez un peu ça ! »

Les Aiguilles de Warrens

Le chevalier : « Ce sont les Aiguilles de Warrens. »

Léo : « Bonome, les couches calcaires sont plissées comme ça. »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « Elles s’inclinent vers le centre. C’est un synclinal ? »

Le chevalier : « On dirait bien. »

Léo : « Mais il est tout là-haut ! »

Le chevalier : « Hé oui 🙂 On parle de synclinal perché. »

Max : « Rhooooooooo ! J’avais pas vu ! Les cousins !!! »

Léo : « Qu’est ce qu’il y a Maxou ? »

Max : « Qu’est ce qu’il y a Maxou ? Mais il y a ça là ! Mais regardez ! Là ! »

Le Massif du Mont-Blanc.. … dans les nuages

Léo : « Rholala ! »

Samuel : « Tabarnak ! »

Boris : « Ça alors ! »

Max : « Bonome, c’est le Mont Blanc ? »

Le chevalier : « C’est le Massif du Mont-Blanc. Il y a le Mont Maudit, le Mont-Blanc, L’Aiguille de Bionnassay, le Dôme du Miage… »

Max : « Oui oui. Tu nous donneras tous les noms plus tard. Tu veux bien nous fotoer s’il te plaît. Sinon Princesse nous croira pas. »

Le chevalier : « Si vous voulez. »

Max : « Boris, tu viens pas ? Tu veux pas être fotoé ? »

Boris : « Non, je vous laisse entre vous. »

Max : « Mais tu es avec nous Boris ! »

Boris : « J’ai pas envie. »

Max : « D’accord. Comme tu veux. »

Les petizours

En retournant dans les poches c’est Samuel qui a binomé avec Boris. Il avait pas l’air en forme Boris. Mais petit Sam a su lui redonner le moral parce que lorsqu’on est arrivés il était plus du tout morose. Mais revenons à notre chevauchée.

Max : « Rholala ! On a déjà vu le Mont-Blanc ! »

Le chevalier : « Je ne suis pas sûr. Il me semble qu’il était dans les nuages. »

Max : « Non non ! On a vu le Mont-Blanc et puis c’est tout ! »

Le chevalier : « Nous le verrons de la cabane où nous sommes invités. »

Max : « C’est une cabane avec vue sur le Mont-Blanc ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Vous entendez ça les cousins ? »

Léo : « Oui oui 🙂 »

Samuel : « On fera chambre commune ? »

Le chevalier : « Oui. Vous savez bien que je n’aime pas être séparé de mes petizours. »

Max : « On continuera à binomer pour dormir. Deux petizours dans le lit, deux autres dans la pochette. Je veux bien pochetter ce soir. »

Boris : « Moi aussi. »

Max : « D’accord. Ça c’est réglé ! »

Léo : « Rhooo ! »

Max : « Bonome, tu veux fotoer s’il te plaît ? »

Le chevalier : « En chevauchant ? »

Max : « Mais ouiiiiii ! Tu es fort toi ! »

Le chevalier : « Je veux bien essayer. »

Un peu plus loin…

Le chevalier : « Là je m’arrête… »

Le glacier des Bossons

Samuel : « C’est un glacier ? »

Le chevalier : « Oui, le glacier des Bossons. C’était le plus long d’Europe. La dernière fois que je suis venu il atteignait presque le fond de la vallée. »

Max : « C’était en 1812 ! »

Le chevalier : « Malheureusement non. C’était il y a une vingtaine d’années… »

Max : « 20 ans ! Et il est tout réduit comme ça ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Léo : « Encore le réchauffement climatique. »

Samuel : « Cousin Léo, tu t’énerves pas contre les zoms. Ça sert à rien. On sait tous qu’ils vont pas bien dans leur tête. Et puis on est en vacances. »

Max : « En vacances… On inspecte nous ! C’est pas vraiment des vacances. Et on doit former Boris. »

Léo : « Ça va pas être facile… »

Max : « Et pourquoi Léo ? »

Léo : « On connaît pas la montagne nous. Comment on pourrait former Boris ? »

Samuel : « Cousin Boris, on va être à égalité 🙂 »

Boris : « Vous avez déjà fait la géologie vous. »

Léo : « Oui, mais pas la géologie des Alpes… »

Max : « Bonome, tu a donc quatre petizours à former en Alpinologie 🙂 »

Le chevalier : « L’Alpinologie ? »

Max : « Ben oui ! L’Alpinologie ! L’étude de la faune, la flore et la géologie des Alpes. C’est l’Alpinologie. Tout le monde sait ça bonome ! »

Samuel : « Tu vas où là chevalier ? Parce qu’il est étrange ce chemin… »

Le chevalier : « Nous arrivons à la cabane… »

Max : « Et il faut tout monter comme ça ? Pfff !!! »

Le chevalier : « C’est moi qui vais marcher 🙂 Bien, nous sommes arrivés. Je vous laisse visiter pendant que je rentre les affaires… »

Un peu plus tard, les petizours sont sur la terrasse et le chevalier les rejoint…

Le chevalier : « Alors ? La vue vous plaît-elle ? »

Max : « Bonome, regarde… »

Le chevalier : « C’est beau non ? »

Max : « Beau ? Mais c’est magnifique ! »

Samuel : « Merci chevalier de nous permettre de voir ça. »

Boris : « Merci chevalier de m’avoir pris avec vous. »

Max : « Tu aurais pu te faire fotoer tout à l’heure Boris ! Qu’est ce qu’elle va dire Princesse ? »

Léo : « Bonome, tu connais la belle montagne là-bas ? »

L’Aiguille Verte

Le chevalier : « L’Aiguille Verte… Ma montagne préférée de la vallée. »

Max : « Il y a une foto dans les cabinets chez nous 🙂 »

Le chevalier : « Une vieille foto… »

Léo : « Et là ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas mon petit Sam. »

Max : « Quoi ! Tu connais pas toutes les montagnes !!! Bonome, tu révises cette nuit ! Demain tu as interro ! »

Le chevalier : « D’accord Max 🙂 »

Samuel : « Et là Chevalier ? »

L’Aiguille du Midi

Le chevalier : « L’Aiguille du Midi. Il y a un téléphérique, des restaurants… »

Max : « On va y aller ? »

Le chevalier : « Ce n’est pas prévu. Mais nous verrons en fonction de la météo. A la montagne tout dépend de la météo… »

Max : « Bonome, c’est quoi ça là-haut ? »

Le chevalier : « Quoi Maxou ? »

Max : « Les cailloux qui forment comme un U… »

Le chevalier : « Les moraines latérales d’un glacier disparu. »

Max : « Les moraines ? »

Le chevalier : « Oui, les glaciers avancent, ou plutôt avançaient… En se déplaçant ils charrient des galets, des rochers… qui s’accumulent de chaque côté du glacier. On parle de moraines latérales. Mais il en pousse aussi. Ces autres cailloux s’accumulent juste en avant du glacier et forment la moraine frontale. Quand on observe une moraine frontale on connaît le point d’avancée maximale d’un glacier. »

Léo : « Il y a des galets coincés sous les glaciers ? »

Le chevalier : « Bonne question Léo 🙂 Oui, il y en a. Ils sont traînés par le glacier qui avance et font des stries dans les roches sous le glacier. On parle de stries glaciaires. Nous en verrons. »

Max : « Bonome, il y a un jardin. »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Et une terrasse. C’est quoi le cube en plastique sous la bâche ? »

Le chevalier : « Le bain à bulles. »

Max : « Un bain à bulles ? Ça sert à quoi un bain à bulles ? »

Le chevalier : « A se détendre. Tu verras que ça fait du bien en rentrant d’une longue journée de marche. »

Max : « Un bain à bulles… »

Le chevalier : « Max, dans ton blog, pourras-tu préciser que nous sommes invités dans cette cabane. »

Max : « Parce que tu crois que quelqu’un va imaginer que tu es riche ? Pfff !!! »

Le chevalier : « Merci mon petitours. »

Samuel : « Vous pensez qu’il y a des zoisos dans le jardin ? »

Max : « On pourrait aller voir. Bonome, tu veux bien ? »

Le chevalier : « Oui, pochez vous ! Je prends l’appareil et on y va ! »

Max : « C’est pas un grand jardin… »

Le chevalier : « Max, cette semaine c’est le massif derrière nous notre jardin. »

Samuel : « C’est quoi ce massif ? »

Le chevalier : « Le Massif des Aiguilles Rouges. Je vous expliquerai demain en descendant au village… »

Samuel : « Là ! »

Une sittelle torchepot Sitta europaea, Sittidés

Léo : « C’est une sittelle torchepot ! »

Samuel : « Sitta europaea, Sittidés. »

Max : « Il y en a à la montagne ? »

Léo : « Ben oui Maxou ! Il y en a et on est à la montagne ! »

Boris : « Et là ? C’est qui ce zoiso ? »

Mésange nonnette ou… mésange boréale ?

Max : « Oulala ! On dirait une mésange nonnette… »

Léo : « C’est peut-être une mésange boréale… »

Max : « Et c’est pas avec les fotos de bonome… »

Samuel : « COUSIN MAX, TU CRITIQUES PAS LES FOTOS DU CHEVALIER ! C’EST GRÂCE À LUI QU’ON VA VOIR LES ALPES ! ALORS TU ARRÊTES MAINTENANT ! »

Max : « Oulala ! Petit Sam me crie dessus ! »

Léo : « Tu l’as bien mérité ! »

Max : « Non ! Si vous m’aviez laissé parler ! Je voulais dire que les fotos seraient pas terribles parce qu’il y a pas de lumière ! C’est pas la faute de bonome ! Pfff !!! »

Samuel : « Pardon cousin Max. »

Max : « Ben oui ! Oulala ! »

Léo : « Bon, on sait pas alors. Mésange nonnette ou mésange boréale… »

Boris : « Et là ? »

Une mésange noire Periparus ater, Paridés

Samuel : « Cousin Boris voit tous les zoisos ! »

Max : « Léo, tu connais ? On dirait une mésange charbonnière mais en noir… »

Léo : « C’est une mésange noire, Periparus ater, Paridés. »

Max : « Ah ben oui, tu connais 🙂 »

Samuel : « Une mésange noire ! »

Boris : « Vous l’aviez jamais vue ? »

Max : « Ben non 🙂 »

Samuel : « On est à peine arrivés et vlan ! Un nouveau zoiso ! »

Le chevalier : « Nous reviendrons dans le jardin. Là il n’y a plus assez de lumière. Et vous devriez aller vous coucher. »

Max : « Déjà ? »

Le chevalier : « La journée va être longue demain. »

Max : « Et on va où demain ? »

Le chevalier : « Surprise 🙂 »

Léo : « On peut regarder le paysage encore ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. Mais vous le verrez de votre lit. Ce chalet n’a pas de mur. Il n’a que des vitres… »

Boris : « C’est bôôô !!! »

L’Aiguille Verte Encore 🙂

Max : « Rhooo oui alors ! »

Le chevalier : « Allez ! Au lit les petizours ! Je l’ai installé entre mon lit et la fenêtre. Vous pourrez continuer à regarder l’Aiguille Verte en vous endormant. »

Max : « Tu nous portes ? »

Le chevalier : « Je vous porte 🙂 »

Le chevalier porte ses petizours dans la chambre à l’étage. Il les couche et va lui même se coucher. Quelques minutes plus tard Samuel le rejoint dans son lit et lui fait un énorme câlin.

Le chevalier : « Qu’est ce qu’il t’arrive mon petitours ? Tu n’arrives pas à dormir ? »

Samuel : « Je sais pas. Je voulais te remercier. »

Le chevalier : « Ta gratitude me touche petit Sam. Je peux te poser une question ? »

Samuel : « Bien sûr chevalier. »

Le chevalier : « Tu n’es pas obligé de répondre. Pourquoi as-tu mis la chemise de rechange de Max ? »

Samuel : « Je lui ai demandé si je pouvais tu sais. »

Le chevalier : « Je m’en doute petit Sam. »

Samuel : « Ben… Des fois je me dis qu’il pense que je préfère cousin Léo. Alors que j’aime beaucoup cousin Max aussi. Alors je me suis dit qu’en mettant sa chemise il comprendrait qu’il est un peu un modèle pour moi lui aussi. »

Le chevalier : « Je vois. C’est très gentil de ta part. »

Samuel : « Il est gentil cousin Max. Quand tu es pas là il vieille sur nous. Comme un grand frère. »

Le chevalier : « Je sais Sam. Je m’en suis rendu-compte il y a longtemps maintenant. Quand je me suis blessé à l’épaule Léo en faisait des cauchemars et Max lui gratouillait le front, la nuit, pour qu’il se rendorme. »

Samuel : « Il est gentil cousin Max… »

Le chevalier : « Mon petitours, tu t’endors… »

Continuer la promenade

167 – Le Grand Étang avec Boris

Samedi 29 Juillet, An IV

Max : « Ben voilà ! On est de retour chez nous ! »

Léo : « Bonome, on va montrer notre chambre à Boris ! »

Le chevalier : « D’accord. Je range les sacs, moi. »

Léo : « Merci bonome. Viens Boris ! »

Max : « Bonome, tu vas où comme ça avec tes grandes pattes ? »

Le chevalier : « Remettre votre lit dans votre chambre. Pour montrer à Boris 🙂 »

Max : « Il est bien ce bonome. On devrait l’adopter 🙂 »

Léo : « C’est déjà notre bonome 🙂 »

Samuel : « Mais comme ça on montrera vraiment la chambre à cousin Boris. »

Max : « On arrive à peine et bonome est déjà reparti. »

Léo : « Il faut d’abord grimper sur le matelas de bonome. »

Max : « Il a pas de lit lui. Il dit que ça sert à rien un lit quand on a un bon matelas. »

Boris : « Rhooo ! C’est votre chambre ? »

La chambre des petizours

Max : « Oui 🙂 »

Samuel : « Grimpe cousin Boris. »

Boris : « Rholala ! Elle est bien votre chambre ! »

Les petizours dans leur chambre

Léo : « Elle est ensoleillée l’après midi. Comme ça le soir on a chaud. »

Boris : « Et vous avez des cadres, des tableaux aux murs, des livres… »

Max : « Normalement nos beaux livres de zoisos sont là mais ils sont encore dans le sac de bonome. »

Samuel : « Dites, on pourrait enlever nos sacados. »

Max : « Oui oui ! Boris, pose le là. C’est là qu’on les met, nous. Viens voir notre mamonite 🙂 »

Léo : « C’est une ammonite Max ! »

La mamonite

Boris : « C’est un fossile ? »

Max : « Oui. On l’a trouvée avec bonome en Normandie. »

Samuel : « Il y a beaucoup des ammonites en Normandie. »

Léo : « Même qu’on a vu le stratotype du Bajocien. »

Boris : « Vous avez vu beaucoup de belles choses, vous… »

Samuel : « C’est grâce au chevalier. Il est si gentil avec nous. »

Léo : « Viens on visite Boris. »

Les Coquelicots de Claude Monnet

Léo : « Là c’est les Coquelicots de Claude Monnet. Mais c’est pas le vrai tableau. C’est une carte postale de notre amie Coquelicot 🙂 »

Boris : « C’est bôôô ! »

Léo : « Très 🙂 »

Boris : « Vous avez même des vêtements de rechange ! »

Max : « Ben oui. »

Max : « Là c’est notre lit mais tu le connais déjà. Au-dessus c’est une carte postale de notre amie Brindille. Avec des Laridés 🙂 »

Le lit et les dessins

Léo : « Et il y a des dessins. Celui de gauche c’est Hézil qui l’a fait. C’était une élève de bonome. Et à droite c’est un dessin de Coquelicot. Mais il y a longtemps. Elle a fait des gros progrès depuis. »

Max : « Bon, bonome va vouloir nous fotoer. Allez dans le lit ! »

Samuel : « Ben… et toi cousin Max ? »

Max : « On rentrera pas tous les quatre. Je vais me mettre par terre. Bouchez-vous les oreilles… BOOONOOOOOOME ! »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Tu arrives de plus en plus vite. On t’a bien dressé 🙂 »

Léo : « Maaax ! »

Max : « Oh mais je rigole ! Pfff ! Bon, bonome, je sais que tu aimes fotoer tes petizours. Nous sommes prêts. »

Le chevalier : « Merci mon Maxou. Tu ne vas pas avec tes cousins ? »

Max : « On rentre pas à quatre dans le lit. »

Le chevalier : « D’accord. Voilà… Encore… Mmmmm… Merci mes petizours 🙂 »

Les petizours

Laissons là la tribu des petizours. Après la visite et les fotos il y eu les chamailleries, la bagarre, la toilette (les petizours ça fait beaucoup sa toilette), le câlin et une histoire écourtée par l’endormissement des petizours. Ce qui n’empêcha pas ‘bonome’ de leur faire un bisou.

Lundi 31 Juillet, An IV

Max : « Bonome, tu sais que tu as des petizours naturalistes ? »

Le chevalier : « Je sais Maxou. »

Max : « Tu te souviens de ce que ça veut dire naturaliste ? »

Le chevalier : « Je vois… »

Max : « Et que vois-tu mon bonomou ? »

Le chevalier : « Voudrais-tu zoisoter ? »

Max : « Non bonome. Je suis pas un petitours égoïste moi. Nous voudrions zoisoter. Tu oublies Léo, petit Sam et Boris. »

Le chevalier : « Je vois. Vous voudriez zoisoter. »

Max : « Petizours naturalistes. Cf. supra ! »

Le chevalier : « Oui oui. Et où veux-tu aller ? Oups, pardon ! Et où voudriez-vous aller ? »

Max : « On a pensé au Grand Étang. »

Le chevalier : « Le Grand Étang… On y va souvent. »

Max : « Parce qu’il y a de beaux zoisos et que tu es pas obligé de beaucoup marcher. »

Le chevalier : « Le Grand Étang… D’accord. »

Max : « Et on part quand ? »

Le chevalier : « Le temps de sauter dans mes chaussettes 🙂 »

Max : « LES COUSINS ! SAC SUR LE DOS ! LE GRAND DADAIS SAUTE DANS SES CHAUSSETTES ET C’EST PARTI ! »

Au Grand Étang…

Max : « Boris tu vas voir. Ici, on va dans l’observatoire tout là-bas et on regarde les zoisos. »

Boris : « Il y en a beaucoup ? »

Max : « On peut pas savoir. Mais on a déjà eu de belles surprises. »

Léo : « 240 espèces signalées ici. »

Boris : « Tout ça ! »

Max : « Oui mais pas en même temps… »

Samuel : « Vous imaginez 240 espèces de zoisos en une seule inspection ? »

Léo : « Max supporterait pas. Il ferait le malaise ! »

Max : « Mon cher Léo, je pense que tu le ferais avant moi le malaise 🙂 »

Samuel : « Chut ! On arrive ! »

Max : « Bonome, tu nous poseras sur les ouvertures s’il te plaît. Avec les jumelles pour Boris. Et les livres. »

Le chevalier : « Oui oui Maxou. »

Max : « Merci bonome. Tu oublies les jumelles ! Pour une fois que j’ai pensé à les prendre 🙂  Regarde un peu ça Boris ! »

Le paysage

Max : « Bon, là, il y a pas beaucoup d’eau. Mais ça dépend. Des fois il y en a, des fois il y en a pas beaucoup. »

Léo : « Il y a des sternes ! »

Boris : « Des sternes ? Comme à la mer ? »

Léo : « Non, pas les mêmes. Ici ce sont des sternes pierregarins. »

Samuel : « Sterna hirundo, Laridés. »

Max : « Léo, où vois-tu des sternes ? »

Léo : « Ben là-bas ! Bonome, tu peux fotoer pour Max s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Oui… Tenez, regardez ! »

Les sternes pierregarins

Max : « Ah oui ! Bravo Léo ! »

Samuel : « Il y a deux juvéniles ! »

Boris : « Deux juvéniles ? »

Samuel : « Oui. Sur le caillou c’est un adulte. Dans l’eau au-dessus il y a un juvénile. Et l’autre est tout à gauche de la foto. »

Max : « Ah oui ! »

Boris : « Elles ressemblent aux autres sternes. »

Max : « Ben oui, les sternes se ressemblent. Mais là le bec est rouge. Chez la caugek il est noir à pointe jaune et chez la sterne naine il est plus orange. »

Samuel : « Et il y a pas de tâche blanche sur le front. »

Max : « Si il y a des sternes bonome va essayer de les fotoer en vol 🙂 »

Boris : « Et les zoisos noirs ? »

Léo : « Des vanneaux huppés. »

Samuel : « Vanellus vanellus, Charadriidés. »

Max : « Bonome… »

Le chevalier : « Oui, je fotoe pour Boris 🙂 »

Des vanneaux huppés

Max : « On l’a vraiment bien dressé 🙂 Il faudra que tu dresses ton bonome toi aussi Boris. Hésite pas à lui crier dessus. Les bonomes, si on leur crie pas dessus, ils comprennent rien du tout ! »

Léo : « Je suis pas solidaire. »

Samuel : « Moi j’ai jamais crié sur le chevalier et il a toujours été gentil avec moi. »

Boris : « Je pense que Max polissonnait 🙂 »

Léo : « Oui, mais je suis pas solidaire quand même. Boris, viens, on va étudier les sternes. D’abord tu vas bien les observer en jumélant et après on regardera dans mon beau livre pour que tu les mélanges pas. On les voit souvent ensemble les sternes. »

Les petizours

Boris : « Ce sont des beaux zoisos les sternes. »

Max : « Tu dis ça à Léo ? Léo il adore les Laridés 🙂 »

Samuel : « Cousin Léo aime tous les zoisos ! »

Max : « Oui… Bon, il y a des sternes, des vanneaux, des bernaches du Canada, des foulques, des poules-d’eau… Rien de terrible… »

Léo : « Tu t’entends parler Maxou ? »

Max : « C’est parce qu’on les voit toujours ici ces zoisos. J’aimerais bien qu’il y ait de belles surprises pour Boris. »

Boris : « Ben moi j’aime déjà ces zoisos là 🙂 »

Max : « Bonome, tu fotoes les sternes en vol ? »

Le chevalier : « Oui… »

Max : « Je vous l’avais dit ! Tu nous montreras ? »

Le chevalier : « Oui oui… »

Max : « Il va montrer des belles fotos mais il dira qu’elles sont pas terribles, qu’il devrait faire mieux… Il est jamais content ce bonome. »

Le chevalier : « Regardez et dites moi ce que vous en pensez… »

Une sterne en vol

Samuel : « Ooooh ! »

Boris : « Bravo ! »

Léo : « C’est l’un des jeunes ! »

Max : « Mal cadrées… »

Léo : « Max tu m’énerves ! »

Max : « Elles sont pas mal cadrées peut-être ? »

Léo : « Si. Et alors ? Tu as déjà fotoé des zoisos en vol toi ? »

Max : « Je peux pas ! J’ai pas de doigts et l’appareil est trop lourd ! »

Le chevalier : « Léo, laisse dire Max. Tu sais bien qu’il aime me taquiner. »

Léo : « C’est pas gentil ! Elles sont bien tes fotos ! »

Le chevalier : « Et Max est trop pudique pour le dire. Alors il critique pour me taquiner. »

Léo : « Tu es trop gentil avec lui. »

Le chevalier : « Tu dis ça parce qu’il t’énerve mais tu sais bien que c’est un gentil petitours. »

Samuel : « Il veille sur nous. »

Léo : « Max, tu arrêtes quand même ! »

Max : « Oui Léo. Bien Léo. D’accord Léo. »

Samuel : « Oh ! LÀ ! »

Une fauvette grisette

Léo : « Une fauvette grisette ! »

Max : « C’est la première fois qu’on en voit ici ! »

Samuel : « Sylvia communis, Sylviidés. »

Léo : « On dirait un jeune ! »

Samuel : « Il y aurait une famille ? »

Max : « C’est possible. C’est la saison… »

Boris : « Ah ben ça c’est une belle surprise ! »

Léo : « Max, où vas-tu ? »

Max : « Je vais voir dans les buissons là-bas. »

Léo : « On vient avec toi ! »

Le chevalier : « Ne tombez pas mes petizours. »

Max : « Bonome, on est des peluches. On peut pas être tout cassés NOUS ! »

Le chevalier : « 🙂 Soyez quand même prudents… »

Léo : « Oh ! »

Samuel : « Chuuuut ! »

Max : « Bonome, viens fotoer… »

Une fauvette grisette

Max : « Un fauvette grisette en train de manger ! »

Léo : « Elle s’est gavée de mûres. »

Samuel : « Comme nous en Charentmaritimie. »

Max : « Bonome en mange des kilos ! »

Léo : « Certains jours il mange que des mûres pendant la journée. Mais qu’est ce qu’il en mange ! »

Boris : « La fauvette en mange une ou deux et elle est rassasiée. »

Max : « Et elle a le bec tout rouge. »

Léo : « Regardez ! »

Un chardonneret élégant

Max : « Un chardonneret rigolo ! On en a jamais vu ici ! Vous pensez qu’il nous a suivis pour être notre zoiso-gardien ici ? »

Léo : « Je sais pas. Il y en a dans la région, des chardonnerets rigolos. »

Samuel : « Cousin Boris, c’est nous qui les appelons chardonnerets rigolos. Normalement on dit chardonneret élégant, Carduelis carduelis, Fringillidés. »

Boris : « Vous pensez que moi aussi j’aurai des zoisos-gardiens ? »

Max : « Oui, les petizours naturalistes ont des zoisos-gardiens. Mais on peut pas te dire qui ce sera. Il faudra que tu sois vigilant parce qu’au début ils sont discrets. Mais quand on les a repérés, après ils se montrent et c’est rassurant. »

Boris : « Des zoisos-gardiens… La chance ! »

Max : « Ben on peut pas partir en mission comme ça, sans protection. »

Léo : « Il y a grébu ! »

Boris : « Grébu ? »

Samuel : « Le grèbe huppé, Podiceps cristatus, Podicipédidés. »

Max : « On le connaît bien grébu mais on l’a jamais vu en Charentmaritimie. »

Samuel : « Grébu c’est un grand ploufeur. »

Max : « Tiens d’ailleurs il ploufe ! »

Un grèbe huppé C’est grébu 🙂

Léo : « On a écrit un article sur grébu. On te le montrera ce soir. Viens Boris, on va l’étudier dans mon beau livre de zoisos. »

Boris : « D’accord. J’aime bien quand tu m’expliques les zoisos. »

Pendant que Léo ‘explique le grèbe huppé’ à Boris le chevalier fotoe les sternes en vol…

Léo et Boris

Max : « Alors bonome ? Tu as des belles fotos ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas… Tu veux voir ? »

Max : « Ben oui 🙂 »

Le chevalier : « Tiens, je te laisse regarder. »

Max : « Oui oui… Mmmm… Pas mal, non, non… ah oui ! D’accord. Bon je vais pas toutes les garder pour mon blog mais il y en a des biens. Bravo bonome ! On voit un adulte avec un poisson dans le bec. Et il va le donner à ses petits 🙂 »

Une sterne pierregarin

Samuel : « Chevalier… »

Le chevalier : « Oui mon petitours ? »

Samuel : « Ça te ferait plaisir de me fotoer ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours 🙂 Et toi ? »

Samuel : « Moi j’aime bien te faire plaisir. Tu es tellement gentil avec tes petizours. »

Le chevalier : « Alors prends la pose mon petit Sam. Max et Léo sont trop occupés eux. »

Max : « Je tout zoome ! »

Léo : « Je jumelle ! »

Le chevalier : « Oui oui 🙂 »

Samuel et Boris Max et Léo

Le chevalier : « Prévenez moi si vous voyez un beau zoiso. Je retourne fotoer les fauvettes grisettes. »

Max : « Fais de belles fotos bonome. »

Le chevalier : « Je vais faire de mon mieux Maxou… »

Une fauvette grisette

Le chevalier : « Tiens, vous avez échangé vos places ! »

Samuel et Léo Max et Boris

Léo : « Oui, c’est petit Sam qui jumelle. »

Max : « Boris et moi on se met de la beauté dans les yeux. »

Boris : « Il est bien ce Grand Étang rholala ! »

Max : « C’est pour ça qu’on vient souvent. Et puis tu as vu, on s’installe et on gambade sur les ouvertures. On embête pas bonome. Ou pas beaucoup : pour qu’il installe les jumelles ou l’appareil foto qu’il nous prête. Et lui il fotoe les sternes en vol 🙂 Il pourrait le faire toute la journée. »

Léo : « Grébu a attrapé un poisson ! »

Grébu et son poisson

Max : « Moi je retourne observer les buissons. »

Samuel : « Je viens avec toi cousin Max. »

Max : « On va revoir les fauvettes 🙂 »

Samuel : « C’est un beau zoiso la fauvette grisette. »

Max : « Ben oui. C’est très beau un zoiso. »

Samuel : « Elle est là ! »

Max : « C’est une fauvette grisette ça ? Tu es sûr ? Bonome, viens s’il te plaît… C’est qui ce zoiso ? »

On est pas sûrs (une rousserolle verderolle)

Le chevalier : « Oula ! Appelons Léo. »

Max : « LÉO ! LÉÉÉÉOOOOOO ! »

Léo : « Max ! On crie pas dans un observatoire ! Tu vas faire fuir tous les zoisos ! »

Max : « Meu noooon ! Ils me connaissent les zoisos 🙂 Dis Léo, c’est qui ce zoiso ? »

Léo : « Pfff !!! … Mmmm… Le dessus du bec est noir… »

Max : « Oui Léo, le dessus du bec est noir. »

Léo : « Vous l’avez entendu chanter ? »

Max : « Non Léo, nous l’avons pas entendue chanter. »

Léo : « Je dirais que c’est une rousserolle. Il y a la verderolle, l’effarvatte… Il y a presque le chant qui les différencie. Si vous l’avez pas entendue chanter… »

Samuel : « Mais le dessus du bec noir ? Tu peux pas dire avec le dessus du bec noir cousin Léo ? »

Léo : « Je peux hypothéser… Rousserolle verderolle, Acrocephalus palustris, Acrocéphalidés. »

Max : « Un nouveau zoiso ! »

Samuel : « Tu vois cousin Boris, on peut toujours avoir des surprises 🙂 »

Boris : « Vous rencontrez encore des nouveaux zoisos… »

Max : « Boris, Léo a dit tout à l’heure qu’il y a 240 espèces de zoisos qui ont été signalées juste ici. Nous on a même pas vu 200 encore. Alors on a des tas de zoisos à voir encore ! »

Boris : « Vous avez vu 200 espèces de zoisos !!! »

Max : « Je sais pas exactement. Il faudrait que je mette à jour mon fichier. Mais on doit approcher des 200 espèces. »

Boris : « La chaaance ! »

Samuel : « Toi aussi tu en verras cousin Boris. »

Léo : « Viens Boris, on va profiter du paysage… »

Léo et Boris

Léo : « C’est beau n’est ce pas ? »

Boris : « Oui 🙂 et c’est calme. »

Léo : « On entend trop les avions. Ils sont fous les zoms avec leurs avions. C’est les zoisos qui volent ! Pas les zoms ! »

Boris : « Je suis venu en avion moi. »

Léo : « Oui mais c’est pas pareil. Les avions c’est pas fait pour les petizours. C’est pas les petizours qui ont inventé les avions. »

Samuel : « Cousin Léo, il faut pas ronchonner. On profite du calme, de la beauté, des zoisos… On est dans la nature avec le chevalier alors on ronchonne pas ! »

Léo : « Tu as raison petit Sam. C’est pas si grave le bruit des avions. »

Boris : « Grébu ploufe encore ! »

Max : « Oui, pour avoir assez du manger il doit ploufer plusieurs heures par jour. Parce qu’il attrape pas toujours des proies. »

Boris : « Il mange quoi grébu ? »

Max : « Un peu tout ce qu’il trouve. Des poissons, des larves, des grenouilles, des écrevisses… »

Léo : « Il a quelque chose dans le bec ! »

Samuel : « Bravo grébu ! Bravo ! »

Max : « Bonome, tu as réussi à fotoer ? »

Le chevalier : « Oui Max. Je vous montre… »

Grébu et une écrevisse

Après ça on a plus vu beaucoup de zoisos. Mais on observait plus attentivement. On profitait de la nature. Le vent soufflait à peine. Il nous a gentiment caressé le visage, comme ça, pour nous montrer qu’il était là. Mais il avait pas envie de parler lui non plus. On était bien, tous ensemble. Bonome, lui, continuait à essayer de fotoer les sternes en vol. Je me répète mais il pourrait faire ça pendant des heures. Et c’est pas facile.

Une sterne pierregarin

Au bout d’un long moment de silence j’ai compris qu’on allait rentrer. On pouvait pas rester là toute la vie quand même. Alors j’ai discrètement dit à bonome de ranger pour pas que les cousins le voient. Puis je lui ai demandé de s’approcher doucement de nous. Les cousins ont compris et on s’est pochés en silence, par binomes. On avait quand même laissé dépasser nos petits yeux de la poche. Au cas où… Et on a eu bien raison. Parce qu’arrivés à l’observatoire de Là Où Le Soleil Se Couche il y a une patrouille zoisotière qui nous a survolés à basse altitude pour nous dire au revoir 🙂 Boris a été très impressionné 🙂

Des bernaches du Canada

Voilà pour cette inspection Princesse. Je te raconte pas la soirée parce que c’était une soirée assez classique avec fotos, câlins, bagarre et tout ça. Une soirée de petizours 🙂

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

166 – Le xylocope violet

Juillet de l’an IV, ou V… Les deux en fait 🙂

Max : « Amis lecteurs bonjour ! »

Léo et Samuel : « Bonjour aussi ! »

Max : « Nous prenons l’antenne pour un reportage en direct du jardin de la cabane de Charentmaritimie ! »

Léo : « En direct ? »

Samuel : « Ça fait trois semaines qu’on est rentrés chez nous ! »

Léo : « C’est plus du direct ça… »

Max : « Chut ! Les lecteurs le savent pas ! »

Léo : « Parce que tu comptes leur mentir ? »

Samuel : « Quelle déontologie ! »

Max : « Bon d’accord. C’est pas du direct. Mais je dis quoi alors ? »

Léo : « Que cet été on a vu un beau zanimo et qu’on a fait un reportage dessus. »

Samuel : « Un très beau zanimo même ! »

Max : « Amis lecteurs comme viennent de le dire mes deux cousins adorés cet été, et l’été dernier, nous avons pu observer un très beau zanimo ! Nous envoyâmes notre cher bonome faire un reportage fotographique afin de vous présenter le mieux possible ce très beau zanimo ! »

Léo : « Ben voilà ! Sans mensonges ! »

Samuel : « Et en saluant au passage le chevalier. Il est si gentil avec nous. »

Max : « Oui, et là il a planqué des heures pour faire ses fotos. »

Léo : « Oui oui, notre cher bonomou 🙂 Et si on commençait ? »

Max : « Je peux ? »

Léo : « Tu peux 🙂 »

Max : « Alors commençons par le commencement. Nous étions en train de nous promener dans le jardin sous la protection de notre chère mounette… »

Samuel : « Elle a beaucoup maigri Mounette. Ça lui va bien. »

Léo : « Et c’est mieux pour sa santé. »

Samuel : « Elle est gentille Mounette. »

Max : « Dites… »

Léo : « Ah oui, pardon Maxou. »

Max : « Nous nous promenions donc dans le jardin sous la protection de Mounette quand nos regards furent attirés par de petits tas de sciure présents un peu partout sur les réserves de bois. Voyez par vous mêmes… »

Léo : « Chose étrange, sur cette fotographie ce sont surtout les trous percés dans le bois qui attirent l’attention. »

Samuel : « Alors que dans la réalité ce sont les petits tas de sciure que nous remarquâmes. »

Max : « Zoomons sur ces petits tas… »

Léo : « Nous nous interrogeâmes donc. »

Samuel : « Quelle pouvait être l’origine de ces petits tas de sciure ? »

Max : « Forcément nous cherchâmes au-dessus de ces tas. »

Léo : « Et nous vîmes les trous parfaitement circulaires forés dans les bûches. »

Samuel : « Un examen plus attentif nous fît comprendre qu’il s’agissait de véritables galeries plus que de simples trous ! »

Léo : « De nouveau nous nous interrogeâmes ! »

Max : « Qui avait donc bien pu percer ces galeries ? »

Samuel : « Bonne question ! »

Léo : « On pourrait le dire ! »

Max : « Hé ! Ho ! On l’a pas su tout de suite nous ! On a dû en-quê-ter ! »

Samuel : « On s’est cachés pour observer sans être vu. »

Max : « On a envoyé bonome fotoer ! »

Samuel : « Et on a vu ça ! »

Max : « Bon, nous ça nous disait rien non plus. »

Léo : « Rassure toi ami lecteur ! »

Samuel : « Si tu vois pas tout de suite, c’est pas grave ! »

Max : « Il y a que bonome qui s’exclame : ‘Ah ben oui ! Un xylocope violet évidemment ! L’abeille charpentière’. »

Léo : « Bon, nous, on était pas plus avancé. »

Samuel : « Mais on avait un nom ! »

Léo : « Il nous était possible de faire des recherches. »

Max : « Voilà ami lecteur ! Maintenant tu lèves tes fesses de ton fauteuil et tu vas te documenter sur le xylocope violet au lieu de faire du gras ! Au travail ! »

Léo : « Maaax ! »

Max : « Oh mais je plaisante ! On va le terminer ce reportage ! »

Samuel : « C’était rigolo cousin Max ! Bravo ! »

Léo : « Oui, si on veut… »

Samuel : « Mais si ! Bon, après on a continué à observer. Mais ils voulaient pas sortir les xylocopes violets. A cause qu’on était là. »

Max : « Il y en a un qui sortait juste là tête, comme ça, pour voir si on était encore là. »

Léo : « Un autre aussi ! »

Samuel : « Au total on en a compté 6 de xylocopes violets. Mais on sait pas si il y en avait plus ou pas. »

Max : « La réserve à bois est un immeuble à xylocopes violets 🙂 »

Léo : « Puis ils ont compris qu’on allait pas les embêter alors ils ont repris leurs allers-retours… »

Max : « Bon, superbonome a pas bien réussi les fotos. Mais on sait pas lequel va s’envoler ou dans quelle galerie ils vont rentrer… »

Léo : « Et ils se sont remis au travail ! »

Samuel : « On les a pas vu creuser parce qu’on est trop grands pour rentrer dans les galeries nous. »

Max : « Nous, trop grands 🙂 »

Léo : « On les a vus rejeter la sciure. Pour ça, ils reculent jusqu’à l’ouverture et la repoussent dans le vide. Et tout ça à reculons. »

Samuel : « Le chevalier a fotoé mais on voit pas bien. »

Léo : « C’est pas la faute de bonome ! »

Max : « Mais non, c’est pas sa faute Léo. On montre quand même. »

Max : « Bien, que savons-nous de ce zanimo à ce stade ? »

Léo : « Moi m’sieur ! Moi ! »

Max : « Je t’écoute Léo. »

Léo : « On sait que c’est un très beau zanimo 🙂 »

Max : « Certes ! Quoi d’autres ? »

Samuel : « On sait que ce zanimo est un insecte et qu’il perce des galeries dans le bois pour y habiter. Et je suppose que c’est dans les galeries qu’il pond ses œufs et qu’il prend soin de ses petits. »

Léo : « On sait aussi que si il y a des xylocopes violets dans ton grenier ami lecteur c’est pas une bonne nouvelle. Parce que ta charpente va être transformée en sciure et ta maison va s’effondrer ! Badaboum ta maison ! »

Max : « Léo, ne dénigre pas les xylocopes s’il te plaît ! Si on lui donne des bûches, il creuse les bûches et pas les charpentes. »

Samuel : « On sait quand même pas grand-chose encore… »

Max : « C’est ce que nous nous dîmes ! »

Léo : « Alors nous continuâmes notre enquête ! »

Samuel : « Ben oui ! Si on veut savoir il faut enquêter ! »

Max : « Au lieu de rester assis dans son fauteuil à faire du gras ! »

Léo : « Max, je pense pas que se soit une bonne idée de parler comme ça à ton ami lecteur. »

Max : « Mon ami lecteur est quelqu’un d’intelligent puisqu’il a le bon goût de me lire. Et tout le monde sait qu’intelligence et humour vont de pair ! »

Léo : « Mouai… »

Samuel : « Sinon on peut parler du xylocope violet… »

Max : « Dans un article spécial xylocope violet ? Bonne idée petit Sam ! »

Léo : « Après un long moment d’observation statique qui nous valut des fourmis dans les pattes… »

Max : « Des vraies fourmis ! Elles nous marchaient dessus 🙂 »

Léo : « Après un long moment d’observation statique qui nous valut des fourmis dans les pattes et sur les pattes… »

Max : « Elles sont toutes petites les fourmis là-bas ! »

Léo : « Après un long moment d’observation statique qui nous valut des fourmis dans les pattes et des toutes petites fourmis sur les pattes… »

Max : « Tu vas te répéter encore longtemps Léo ? »

Samuel : « Cousin Max, il me semble que tes interruptions intempestives énervent cousin Léo. Si je peux me permettre. »

Max : « Moi ? J’énerve mon Léo ? »

Léo : « Max, Maxou, mon cher cousin… »

Max : « Oui Léo 🙂 »

Léo : «Mon Maxou, si tu m’interromps encore une fois je te botte les fesses tellement fort que tu rejoins les xylocopes violets de Charentmaritimie en un seul bond ! »

Max : « A partir d’ici ? »

Léo : « A partir d’ici ! »

Max : « Ah oui quand même… »

Samuel : « Comme je connais cousin Léo il le ferait cousin Max. Fais attention à ton popotin ! »

Max : « D’ici à tout là-bas en un coup de patte aux fesses ? »

Léo : « Oui. Un seul. »

Max : « Je n’interromps plus. »

Samuel : « C’est plus prudent. »

Max : « J’écoute sagement. »

Samuel : « Il vaut mieux. »

Léo : « Où en étais-je ? »

Max : « Au long moment d’observation statique. »

Léo : « Ah oui ! Après un long moment d’observation statique qui nous valut des fourmis dans les pattes et des toutes petites fourmis sur les pattes, nous eûmes la chance de voir enfin un xylocope sortir. »

Samuel : « Et que fit-il ? »

Léo : « Il se mit en quête de nourriture ! »

Max : « Ben oui ! Il faut bien manger ! »

Léo : « Nous le suivîmes donc du regard. »

Samuel : « Mais il n’alla pas bien loin ! »

Max : « Il se rendit directement sur la rose trémière la plus proche pour la butiner. »

Sam : « Mais regardez plutôt ! »

Max : « Saaam ! Non ! Pas toi ! »

Léo : « Moi je trouve ça drôle 🙂 »

Samuel : « Moi aussi ! »

Max : « Les lecteurs qui ne connaissent pas Pluto, le chien de Mickey, vont pas comprendre ! »

Léo : « Max, tes lecteurs sont intelligents puisqu’ils ont le bon goût de te lire. »

Samuel : « Et ils sont forcément cultivés. »

Léo : « Alors ils connaissent Pluto ! »

Max : « Mouai. Sapro-blague. Reprenons. Mais regardez plutôt ! »

Léo : « Pouvons nous faire une parenthèse botanique ? »

Max : « Nous pouvons. »

Léo : « Alors il faut expliquer la rose trémière. »

Max : « Nous t’écoutons. »

Léo : « C’est une plante typique des jardins champêtres, bien que peu d’espèces soient vivaces (la plupart sont bisannuelles). Plantes à croissance rapide, on les classe généralement toutes dans la catégorie des vivaces herbacées en raison de leur grande taille, pouvant atteindre une hauteur de 1,5 à 2,5 , voire jusqu’à 3,5  et plus dans certaines régions. En Normandie certaines roses trémières sont remarquables par leur hauteur (plus de 4 ) et leur durée de floraison d’avril à septembre dans la région.
De port érigé, peu ramifiée, la plante a un feuillage caduc, les feuilles orbiculaires et palmatilobées possédant de 5 à 7 lobes, leur base est cordiforme, leur pédoncule pubescent et leurs marges crénelées. La tige vert clair est pubescente. Les oléoplastes contiennent en grande quantité de l’acide ricinoléique.

L’inflorescence est une grappe spiciforme et terminale. La floraison basifuge de la fin du printemps à l’été, voire jusqu’au début de l’automne, permet une longue floraison de chaque pied. Les très grandes fleurs (pétales de 3-5 cm, jusqu’à 12  lorsqu’elles sont ouvertes) ont l’aspect de gros pompons ou en corolles simples aux teintes très variées : blanc ou jaune, rose, pourpre, violet, orange… riches en nuances. Il existe même des variétés Nigra (noires, en fait violet très foncé dû une forte concentration d’anthocyanes). Plus elles sont sombres, plus elles contiennent de pigments et de tannins, et présentent davantage de propriétés médicinales. Le calicule est formé de 6 à 9 bractéoles involucrales poilues. Le tube staminal, caractéristique des Malvaceae, a 5 angles marqués. Les fruits sont formés d’un verticille de 15 à 20 akènes marqués (le méricarpes), sur le dos, d’un profond sillon bordé de 2 ailes. »

Max : « D’accord. Bien. Je vois. Alors monsieur Léo récite par cœur Wikimachin maintenant ? »

Léo : « Euh… »

Max : « Est-ce que tu veux que je fasse la liste des mots que personne a compris ? Les léoplasmes, les basifugues, les volucrales, le tube staminal, les merry capres… J’en oublie sûrement… Tu veux faire fuir mes lecteurs ? Pfff ! Qu’est ce qu’on va faire de toi Léo ? »

Samuel : « J’ai pas tout compris… »

Max : « TU TE PRENDS POUR BONOME ? TU PEUX PAS FAIRE SIMPLE ? »

Léo : « Simple ? A ton niveau ? D’accord. Les roses trémières s’appellent Alcea rosea et se sont des Malvacées. Les deux caractéristiques principales de cette famille sont la présence d’un calicule et un nombre très important d’étamines soudées partiellement en un tube qui entoure le pistil. »

Max : « Ben voilà ! C’est mieux ça ! Là on peut comprendre quelque chose ! »

Samuel : « Je préfère comme ça. »

Max : « Et qui dit grand nombre d’étamines dit beaucoup de pollen ! »

Samuel : « Nourriture favorite des xylocopes violets ! »

Léo : « Parce que les xylocopes sont pollinivores ! »

Max : « On en a vu une repartir de la fleur couvert de grain de pollen ! »

Samuel : « De la tête aux pattes ! »

Léo : « Il en avait partout ! »

Max : « Comme ça le partenaire reçoit du manger lors du retour dans la galerie creusée dans le bois. »

Samuel : « Nous avons progressé ! Nous savons maintenant que les xylocopes sont pollinivores ! »

Léo : « Mais ils vont pas que sur les roses trémières. »

Max : « Ils butinent là et là… »

Max : « Léo, je te dispense de botanique. »

Léo : « Je connais pas cette plante à fleurs. »

Samuel : « Vous avez remarqué qu’on connaît les plantes sauvages mais pas les plantes des jardins ? »

Max : « C’est parce qu’on est naturalistes. »

Léo : « On est pas horticulteurs. »

Max : « Ni paysagistes. »

Samuel : « Oui oui. Revenons aux xylocopes. »

Léo : « Ils se nourrissent aussi de nectar. Mais ça on peut pas le fotoer. »

Max : « Après ça on a plus vu les xylocopes ce jour là. »

Léo : « Alors on a fait une pause dans notre enquête. »

Max : « Et le lendemain quelle ne fut pas notre surprise en sortant prendre le soleil ? »

Léo : « Une bien belle surprise ! »

Samuel : « Nous eûmes un visiteur ! »

 

Max : « Au début on a cru qu’il était tout mort. »

Léo : « Mais non. »

Samuel : « Il se réchauffait au soleil. »

Max : « Et on a appelé superbonome pour qu’il fotoe. »

Léo : « Alors ami lecteur, c’est pas un beau zanimo ça ? »

Samuel : « Ces fotos permettent surtout de bien étudier ce zanimo. »

Max : « Reprenons au début. »

Léo : « Ce zanimo a une cuticule, un squelette externe, et des pattes articulées. »

Max : « Il fait donc partie des Arthropodes. »

Samuel : « Son corps est en trois parties : tête, thorax et abdomen. »

Léo : « Il a une paire d’antenne sur la tête, deux paires d’ailes et trois paires de pattes au niveau du thorax. »

Max : « C’est donc un Insecte. »

Léo : « Et ce sont des Hyménoptères. Mais on sait pas bien les Hyménoptères. »

Max : « On pourrait faire des recherches. »

Samuel : « Ou alors on demande au chevalier. J’aime bien l’écouter expliquer. »

Max : « On fait WikiBonome ? »

Léo : « Ouiiii 🙂 »

Max : « D’accord. Bouchez-vous les oreilles. BOONOOOOOME ! BOOOONOOOOOMOU ! »

Le chevalier : « Oui Max, je suis là. »

Max : « Mon bonome 🙂 Quelle célérité 🙂 Mon bonome, nous avons besoin de quelques renseignements pour notre article sur les xylocopes. Veux-tu bien nous aider ? »

Le chevalier : « Je veux bien. »

Max : « J’en attendais pas moins de toi. Pourrais-tu commencer par nous expliquer les Hyménoptères ? »

Le chevalier : « Les Hyménoptères ? Que voulez-vous savoir ? »

Léo : « Comment on reconnaît les Hyménoptères ? »

Le chevalier : « Comme souvent il faut une conjonction de caractères. Je peux vous en donner quelques uns. »

Samuel : « Oh oui ! »

Le chevalier : « Commençons par les ailes. Il y en a deux paires. Les antérieures sont plus grandes que les postérieures. Et les deux paires sont réunies par un système d’attache. »

Léo : « Tu nous as déjà expliqué les ailes. Même que ce sont des ailes membraneuses. »

Le chevalier : « Exact Léo. »

Max : « Quoi d’autre ? »

Le chevalier : « Les pièces buccales : elles sont de type broyeur ou lécheur avec évidemment des formes intermédiaires. »

Max : « Ça aussi on sait déjà ! »

Léo : « Attendez ! Il y a une foto sur laquelle on voit un peu les pièces buccales ! Je cherche… Celle-là ! »

Le chevalier : « Belle foto:) Nous voyons les stylets sur les côtés. On devine la langue au centre. Mais les mâchoires qui servent à couper le bois ne se voient pas. »

Samuel : « Il a des sacrées mâchoires le xylocope pour forer le bois. »

Léo : « Il peuvent nous mordre ? »

Le chevalier : « Pas à ma connaissance. »

Max : « Tu sais d’autres choses sur les xylocopes. »

Le chevalier : « Savez-vous que les mâles sont haploïdes ? »

Samuel : « Haploïde ? C’est quoi haploïde ? »

Le chevalier : « Normalement les individus ont des paires de chromosomes. Mais pas les mâles des Hyménoptères. Ils n’ont qu’un seul chromosome au lieu d’avoir des paires. »

Léo : « C’est étrange. »

Max : « C’est comme ça Léo. On y peut rien. »

Samuel : « Alors maintenant on sait les Hyménoptères 🙂 »

Léo : « Tu continues la classification s’il te plaît bonome ? »

Le chevalier : « L’abdomen est nettement séparé du thorax. Le xylocope est donc un Apocrite. Et il peut y avoir un aiguillon. Nous le placerons donc dans le groupe des Aculéates. »

Max : « Tout ça je retiens pas. J’y arrive pas. »

Léo : « Moi non plus. Il faudrait travailler plus les Hyménoptères. »

Samuel : « Reprenons la classification : Arthropodes, Insectes, Hyménoptères, Aculéates. »

Max : « Et après ? »

Le chevalier : « Les xylocopes récoltent du nectar et du pollen et sont couverts d’une toison abondante. Ce sont donc des Apoïdés. »

Max : « C’est une super-famille les Apoïdés ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Et la famille alors ? »

Le chevalier : « Les Apidés. »

Max : « Bon, ça suffit la classification. »

Samuel : « On a tout dit ? »

Max : « On peut toujours trouver d’autre choses à dire. »

Léo : « On a même pas donné le nom scientifique du xylocope violet ? »

Max : « C’est vrai ça ! Bonome ? »

Le chevalier : « Xylocopa violacea, Apidés. »

Max : « Alors on peut faire la conclusion maintenant. »

Léo : « Petit Sam peut la dire ? »

Max : « Ben oui. Petit Sam, nous t’écoutons. »

Samuel : « En conclusion, nous pouvons dire que le xylocope violet est un beau zanimo ! »

Commençons par les galeries. Elles peuvent être ramifiées et mesurer jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres de long. Les œufs sont pondus les uns derrière les autres. Le plus lointain est également le plus ancien. Il devrait donc éclore le premier et la larve en sortant serait bien embêtée ! Chose étrange et inexpliquée, la durée d’incubation est plus courte pour les œufs derniers pondus. Ce qui fait que c’est le dernier œuf pondu qui éclot le premier et tout va bien pour la larve du fond 🙂

Il existe un très léger dimorphisme sexuel chez les xylocopes violets. Le mâle a des anneaux jaunes à la base des antennes. Il me semble donc que notre bonome a fotoé que des femelles.

Les xylocopes hibernent au stade adulte d’octobre à Mai dans des anfractuosités. Ce sont les femelles qui initient le creusement des galeries dans lesquelles elles vont pondre.

Les xylocopes violets s’observent surtout dans le sud de la France. Leur nombre est en constante augmentation depuis quelques années et il semblerait qu’ils remontent petit à petit vers le nord en raison du réchauffement climatique.

Continuer la promenade

165 – Au revoir la mer

Vendredi 28 Juillet, An IV

Max : « BONOME ! BOOONOOOOOME ! TES PETIZOURS T’ATTENDENT ! »

Le chevalier : « J’arrive Max, j’arrive ! »

Max : « Depêche toi un peu ! On est prêts nous ! »

Le chevalier : « Voilà voilà ! Me voici 🙂 »

Max : « Il est temps ! »

Le chevalier : « Maxou, as-tu expliqué le programme du jour à tes cousins ? »

Max : « Non, je t’attendais. »

Léo : « Tu nous dis Maxou ? »

Max : « Ben oui ! Alors d’abord on va dans Le Marais, là où il y a la cabane tout cassée, pour dire au revoir aux bihoreaux gris. Et puis après on ira Là Où Les Cailloux Sont Tout Cassés pour dire au revoir à la mer. »

Léo : « Dire au revoir à la mer ? »

Samuel : « On va partir ? Et cousin Boris ? Il va venir avec nous ? »

Max : « Oui petit Sam. Boris vient avec nous 🙂 Avez-vous des questions sur le programme du jour ? »

Léo : « Ben non. Si on va voir les bihoreaux… »

Boris : « Moi j’ai une question ! »

Max : « Je t’écoute Boris. »

Boris : « On pourra fossiler ? »

Max : « Oui, c’est prévu. C’est pour ça qu’on va aux Cailloux Tout Cassés 🙂 Plus de questions ? Bien, on y va alors ! »

Plus tard, dans Le Marais…

Max : « Bonome, tu as prévenu les zoisos qu’on venait leur dire au revoir ? »

Léo : « Maxou, je sais pas pourquoi tu t’obstines à poser la question ! Y répondre serait reconnaître qu’il parle le zoiso. »

Samuel : « Et tu sais bien que le chevalier reconnaîtra jamais qu’il est polyglotte du zanimo et qu’il parle couramment le zoiso. »

Léo : « C’est comme pour le Royaume Secret. Il fait comme si il le connaissait même pas ! »

Max : « C’est pas bien de faire des cachotteries à ses petizours ! »

Léo : « Mais tu as dit qu’il fallait pas répéter les secrets Max. »

Boris : « Un héron pourpré ! Ardea purpurea, Ardéidés ! »

Héron pourpré, Ardea purpurea, Ardéidés

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Cousin Léo et cousin Max étaient tellement occupés à papoter qu’ils l’avaient même pas vu ! Cousin Boris : un point ! »

Max : « On joue aux zoisos ? »

Léo : « Bonne idée 🙂 »

Max : « Nan ! Pas tout de suite ! Là on se concentre sur les bihoreaux. Bonome, tu avances tout doucement, lentement, furtivement… »

Léo : « Rhooo !!! »

Samuel : « Ils sont là ! »

Bihoreaux gris, Nycticorax nycticorax, Ardéidés

Max : « Oui, ils sont là. Derrière la haie… Comment on va faire ? Quand on va s’approcher on va pas les voir et ils vont s’envoler. Pfff !!! »

Léo : « Bonome les fotoera en vol. »

Max : « Ils vont s’envoler derrière la haie… »

Boris : « Héron garde-boeufs ! Bubulcus ibis, Ardéidés. »

Héron garde-bœufs, Bubulcus ibis, Ardéidés

Samuel : « Cousin Boris : 2 points ! Dites les cousins, si vous papotez tout le temps, cousin Boris va vous ratatiner ! »

Boris : « Avec du orange comme ça c’est le plumage nuptial. »

Samuel : « En plus il fait le guide 🙂 »

Max (à Léo) : « On va quand même pas se faire ratatiner par un néophyte ! »

Léo : « Il faut dire qu’ils sont forts nos cousins. »

Max : « C’est parce qu’on les forme bien 🙂 »

Samuel (discrètement à l’oreille de Boris) : « Il y a un milan noir en vol. »

Boris : « Milan noir ! Milvus migrans, Accipitridés ! »

Milan noir, Milvus migrans, Accipitridés

Samuel : « Cousin Boris : Trois points ! »

Léo : « Tu lui aurais pas soufflé ? »

Samuel : « Moi ? Nooooon ! »

Max : « Parce qu’en plus vous trichez ! Ben d’accord ! De toutes façons vous trichez toujours au jeu des zoisos ! Pour pas que je gagne ! C’est pas juste ! »

Léo : « Max, tu ronchonneras après. On s’approche de la haie des bihoreaux. »

Samuel : « Chuuuut ! »

Max : « Furtive bonome ! Furtive ! »

Léo : « Ils s’envolent ! »

Boris : « Ils crient ! »

Max : « Fotoe bonome ! Fotoe ! Les rate pas s’il te plaît ! »

Léo : « Rholala ! Tout ça de bihoreaux ! »

Max : « Bonome ! Des fotos individuelles bien zoomées ! Et des fotos de groupe ! Vas- y bonome fotoe ! »

Samuel : « Ils sont partis les bihoreaux… »

Léo : « On les a dérangés… »

Max : « Un peu. Mais ils vont se poser sur le bosquet là-bas et ils vont reprendre leur sieste. Bonome, on peut voir les fotos ? »

Léo : « Tu en as fait combien ? 150 ? 200 ? »

Le chevalier : « Une trentaine 🙂 Mais c’était pas facile. Ils ont surgi de derrière la haie… Un vol tournoyant… »

Max : « Oui oui, montre bonome ! Montre ! »

Bihoreaux gris Bubulcus ibis, Ardéidés

 

Max : « Pas trop mal… Mais il y a pas la foto magique. »

Léo : « La foto magique ? »

Max : «  Ben oui ! La foto magique ! Celle qui fait rhoer ou rholalaer ! Celle qui éclipse toutes les autres. Là il y a des belles fotos mais sans plus. »

Boris : « Tu es dur avec ton bonome Max. »

Le chevalier : « Merci Boris 🙂 »

Max : « Il faut bien que je sois un peu exigeant sinon il va relâcher ses efforts et il va faire des fotos moches ! »

Léo : « Max, tu sais que bonome a commencé à fotoer avant de te connaître ? »

Max : « Mais il a fait d’énormes progrès depuis que je suis là 🙂 »

Samuel : « Dites, quelqu’un a pensé à dire au revoir au bihoreaux ? »

Léo : « Non. »

Boris : « Non plus. »

Max : « Ben, dans l’excitation du moment… »

Léo : « Comment on va faire ? Ils sont tout là-bas. »

Max : « Zutalor ! C’est malin ! On vient leur dire au revoir et on leur dit même pas au revoir ! Pfff ! »

Le chevalier : « Qu’est ce que je vais faire de vous ? Je crois que je vais vous falaizer pour vous ploufer afin de vous donner aux congres. »

Max : « Hahaha ! Très drôle bonome. »

Léo : « Maxou, lui aurait aucun mal à nous pousser. »

Max : « Il le ferait même pas ! »

Boris : « Regardez tous ces garde-bœufs… »

Hérons garde-boeufs, Bubulcus ibis, Ardéidés

Max : « Ah ben ça fait plaisir à voir ça ! Un troupeau de bœufs gardé par un troupeau de garde-bœufs. »

Léo : « Ils vont s’envoler quand on va s’approcher 🙂 »

Samuel : « Chevalier, tourne toi. »

Le chevalier : « Oui mon petit Sam. »

Samuel : « Il est resté, lui 🙂 »

Un bihoreau gris, Nycticorax nycticorax, Ardéidés

Le chevalier : « Oui mon petitours. Dites lui au revoir. Il transmettra aux autres. »

Max : « Il nous tourne le dos. »

Léo : « Oui mais il regarde par dessus son épaule. »

Samuel : « C’est parce qu’il est triste qu’on parte. Mais il veut nous voir quand même. »

Max : « Boris, et si c’était toi qui disais au revoir ? »

Boris : « Moi ? Mais je parle pas le zoiso ! »

Max : « Parle avec ton cœur Boris. »

Boris : « Cher bihoreau, je te connaissais pas en arrivant. Et puis mes cousins nous ont présentés. Je suis ravi d’avoir fait ta connaissance et c’est avec regrets que je te quitte. On se reverra peut-être. Je l’espère. Voilà. Au revoir bihoreau et transmets notre message aux autres s’il te plaît. »

Samuel : « C’était bien cousin Boris. »

Max : « Tu aurais pu ajouter que le bihoreau est un très beau zoiso 🙂 »

Léo : « Il s’en va doucement. »

Samuel : « Oui, il rejoint ses copains. Il va transmettre le message. »

Max : « Bien. Notre première mission est accomplie. On a dit au revoir aux bihoreaux. On va à la mer ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Tu peux faire tous les détours par Le Marais s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je peux. »

Léo : « On va peut-être voir des beaux zoisos… »

Samuel : « Tu as quelque chose en tête cousin Léo ? »

Léo : « Oui, un peu. Mais pas vraiment… »

Max : « Grande aigrette ! Camerodius albus, Ardéidés. Max : 1 point ! »

Grande aigrette, Casmerodius albus, Ardéidés

Boris : « On a vu beaucoup des Ardéidés : le héron pourpré, le garde-bœufs, la grande aigrette, les bihoreaux… »

Léo : « On devrait voir des cendrés et des aigrettes garzettes aussi. »

Max : « Mais pas les crabiers chevelus. On en a jamais vu. Ni les butors étoilés. »

Léo : « Les butors sont des zoisos cryptiques Maxou. Ils sont très difficiles à observer. »

Samuel : « C’est quoi cryptique cousin Léo ? »

Max : « C’est que quand ils vont à l’église ils vont toujours dans la crypte 🙂 »

Léo : « T’es trop bête Maxou 🙂 Ça vient du grékancien Kryptos qui veut dire caché. »

Max : « Tu te prends pour bonome ? Il avait fait des efforts ces derniers temps… »

Samuel : « Cachés ? Ils sont cachés les butors étoilés ? »

Léo : « Oui, ils vivent dans les roselières. Mais les grandes roselières. Et ils restent dedans. Et puis leur plumage les camoufle. Alors ils sont deux fois cachés. »

Boris : « On doit pas les voir souvent alors. »

Max : « Bonome en a déjà vu ! Deux fois ! »

Léo : « Oui, on a vu les fotos. La première fois il était tout près. La seconde il était tout allongé verticalement pour ressembler à un bout de bois. STOOOOP ! »

Max : « Oulala Léo ! Qu’est ce qu’il t’arrive. »

Samuel : « J’ai vu moi 🙂 »

Léo : « Des ibis sacrés du Nil ! »

Ibis sacrés du Nil

Samuel : « Tu savais qu’on les verrait cousin Léo ? »

Léo : « Non, je pouvais pas savoir. Mais on en voit souvent ici. Alors j’espérais… »

Max : « Threskiornis aethiopicus, Threskiornithidés ! Max : 2 points ! »

Boris : « C’est Max qui a le point ? Mais c’est Léo qui les as vus ! »

Max : « Boris, la règle est simple. Le premier qui donne le nom en scientifique gagne le point. On a jamais dit que c’était le premier qui voyait le zoiso ! »

Boris : « C’est pas juste ! Tu les avais même pas vus ! »

Max : « Si c’est juste ! C’est le règlement ! »

Léo : « Je m’en fiche des points moi. J’ai vu des beaux zoisos. »

Samuel : « Cousin Léo il est philosophe. Même qu’on l’appelle parfois Philoléo. Mais c’est affectueux. Il prend ce que la vie lui donne et il en demande pas plus. »

Léo : « Toi aussi tu es comme ça Philosam 🙂 »

Max : «  On est déjà arrivés au Petit Royaume des Passereaux ! »

Léo : « On y va ? »

Max : « Non, c’est pas au programme. On va voir la mer. »

Samuel : « Il y a un tarier pâtre ! C’est un beau zoiso le tarier pâtre. »

Tarier patre, Saxicola rubicola, Muscicapidés

Boris : « Tu donnes pas le nom en scientifique ? »

Samuel : « Ah si ! On te l’a pas encore présenté je crois. Saxicola rubicola, Muscicapidés. »

Léo : « Samuel : 1 point ! »

Samuel : « Je joue pas moi ! J’explique à cousin Boris ! »

Boris : « Mais tu as un point quand même. »

Samuel : « C’est embêtant le jeu des zoisos. Parce qu’on pense plus aux points qu’aux zoisos. Et moi je préfère les zoisos aux points. »

Max : « On a inventé ce jeu un jour où on s’ennuyait. Et puis ça oblige à être vigilants. »

Léo : « Petit Sam, je crois que tu as vexé l’inventeur du jeu des zoisos. »

Max : « Je suis même pas vexé ! »

Le chevalier : « Nous arrivons. »

Max : « On est à la mer ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Dites les cousins, on est pas pressés et on a pas besoin d’aller loin et vite. On pourrait gambader. »

Le chevalier : « Tu veux dire que vous pouvez courir partout, chahuter, bagarrer… »

Max : « Nous, faire ça ? »

Léo : « Ben… »

Samuel : « C’est qu’on est des juvéniles. »

Boris : « Alors on a envie de faire tout ça. »

Max : « Forcément bonome ! »

Le chevalier : « Oui c’est une loi de la nature et on ne peut rien faire contre ça. Alors allez y ! »

Max : « C’est parti ! »

Un peu plus tard, après moult courses et chahuts…

Boris : « Dites les cousins ce serait pas l’échelle stratigraphique ? »

Max : « Je dirais plutôt l’escalier stratigraphique 🙂 »

Léo : « On y va ? »

Samuel : « Le premier installé… »

Max : « Bonome ? Tu peux nous fotoer sur cette étrange échelle stratigraphique ? S’il te plaît ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Soyez sages le temps de la foto ! »

Max : « Bon, on s’est bien amusés. »

Léo : « On a bien rigolé 🙂 »

Samuel : « On pourrait être un peu sages maintenant. »

Boris : « Et si on fossilait ? »

Max : « C’était prévu Boris ! C’est parti ! »

Boris : « Sam le Pirate, tu veux bien qu’on fasse un binôme ? »

Samuel : « Bien sûr cousin Boris. Suis moi, on va les ratatiner en fossilage aussi 🙂 »

Max : « Je t’ai entendu ! Tu as aucune chance ! »

Samuel : « Boris, viens voir… »

Le fossile de Samuel Anorthopygus orbicularis

Boris : « Déjà ! »

Samuel : « Ouiiii 🙂 C’est un zoursin. Mais je connais pas les espèces moi. »

Boris : « Max ! Léo ! Venez voir ! On vous a déjà ratatinés 🙂 »

Léo : « On arrive ! »

Max : « On est là ! »

Léo : « Anorthopygus orbicularis. C’est un classique ici. »

Max : « Il est même pas en bon état ! »

Léo : « Jaloux ! »

Max : « Je suis même pas jaloux ! On en a des mieux ! »

Léo : « C’est vrai. Mais eux ils ont trouvé quelque chose. »

Max : « On y retourne ! »

Léo : « C’est parti ! »

Boris : « Tu vas encore en trouver petit Sam ? »

Samuel : « On peut pas savoir quand on fossile. Des fois on trouve, des fois on trouve pas… »

Léo : « VENEZ VOIR ! »

Boris : « Léo a trouvé lui 🙂 »

Le fossile de Léo

Max : « Encore un Anorthopygus ! »

Léo : « C’est ce qu’on trouve le plus. Mais il est pas terrible celui-là. »

Samuel : « Boris, tu écoutes pas ? »

Boris : « J’ai vu quelque chose. »

Max : « Tu as vu quelque chose ? Ben montre nous ! »

Boris : « Venez voir… »

Le fossile de Boris

Boris : « Vous savez ce que c’est ? »

Léo : « Non. »

Max : « BONOME ! Boris a trouvé un Fossilus bizarrus de la famille des Étrangidés ! »

Le chevalier : « Un Fossilus bizarrus ? Intéressant… Voyons ça… »

Léo : « Tu connais ? »

Samuel : « Bien sûr qu’il connaît ! »

Le chevalier : « Max et Léo vous devriez connaître vous aussi. Nous avons déjà vu ça en Bretagne, dans les Schistes de Postolonnec. »

Max : « Oula ! C’est vieux ça ! »

Léo : « Ben oui ! Ça date de l’Ordovicien inférieur 🙂 »

Max : « On se souvient plus bonome. Dis nous ! »

Le chevalier : « C’est la charnière d’un Bivalve. »

Max : « Ah oui ! Les Paléotaxodontes ! Comme… Comme… Le machin là ! Le glyméris machin ! »

Le chevalier : « Le glycyméris, également appelé amande de mer. »

Léo : « Boris, on appelle charnière la zone des deux coquilles des Bivalves qui permet l’articulation des deux valves. Elles sont retenues par un ligament. »

Max : « Les petits reliefs sont appelés dents mais ça sert pas à mordre. »

Léo : « Et la classification des Bivalves dépend beaucoup de ces dents. »

Boris : « Merci les cousins. »

Le chevalier : « Mes petizours, voudriez vous vous installer sur un rocher s’il vous plaît ? »

Max (à Boris) : « Il va nous fotoer 🙂 »

Léo : « Les bonomes ça fotoe souvent ses petizours 🙂 »

Max : « On est installés ! »

Samuel : « Il faut dire au revoir à la mer. »

Boris : « Et au vent… »

Max : « Ben non ! Pas le vent ! Le vent nous accompagne partout. C’est juste que certains jours il se fait discret. Mais il est avec nous, toujours et en tous lieux. »

Max : « Au revoir la mer. Et prends soin de tes zoisos. »

Continuer la promenade

164 – Le Château des Angles

Jeudi 27 Juillet, An IV

Max : « Bonome, je peux te parler ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Max : « Voilà, on a déjà beaucoup inspecté depuis qu’on est arrivés. »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « On est allés un peu partout déjà. Je sais plus où emmener Boris moi. »

Le chevalier : « 🙂 »

Max : « Ça te fait sourire ? »

Le chevalier : « Disons que je connais bien ce problème. »

Max : « Je comprends 🙂 Tu sais plus où nous emmener non plus. »

Le chevalier : « Ça m’arrive. »

Max : « Qu’est ce qu’on va faire aujourd’hui alors ? »

Le chevalier : « Et si nous touristions ? »

Max : « Tu veux tourister ? »

Le chevalier : « Boris a beaucoup travaillé déjà. Il ne faudrait pas qu’il se lasse ou qu’il sature. Nous pourrions aller visiter un château. »

Max : « Un château du Moyen-Âge ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Rholala ! Bonne idée bonome ! Bonne idée ! Je cours prévenir les cousins ! Saute dans tes chaussettes et on y va ! LES COUSINS ! LES COUSINS ! AUJOURD’HUI ON VA AU MOYEN-ÂGE ! »

Pendant la chevauchée…

Max : « Bonome, on arrive bientôt ? »

Le chevalier : « Dans quelques minutes. »

Max : « Tu nous as rien dit sur ce château. »

Le chevalier : « Je vous expliquerai sur place. »

Max : « Tu peux au moins nous donner son nom et la date de sa construction. S’il te plaît. »

Le chevalier : « C’est le Château des Angles dont la construction a débuté à la fin du 12ème siècle. »

Max : « Vous avez entendu ? On va au 12ème siècle ! »

Samuel : « La chaaaance ! »

Léo : « Tu va voir Boris, bonome c’est un bon guide en Moyen-Âge. »

Max : « Ben oui, il y a vécu. Il connaît bien. »

Boris : « Il a vécu au Moyen-Âge ? »

Max : « Boris, bonome a au moins 15 milliards d’années ! Tu devrais savoir ! Alors il a vécu au Moyen-Âge, forcément. »

Samuel : « On arrive ! Regardez ! »

Léo : « Rhoooo ! »

Le chevalier : « Oui nous arrivons. Je parque notre monture et nous pourrons franchir le mur d’enceinte. Je compte sur vous pour être sages. »

Max : « Oui bonome. Parole de petitours ! »

Le chevalier : « Alors allons-y… »

Max : « On entre par l’échoppe-taverne… Tu vas te caféiner ? Mais ! Bonome, tu as dit des erreurs ! Regarde le château ! »

Le château

Le chevalier : « Je le vois Max. Quelle erreur ai-je dit ? »

Max : « Tu as dit que c’était le Château des Angles ! Mais c’est pas vrai ! Il est tout rond alors il a pas d’angles ! Ça peut pas être le Château des Angles ! »

Léo : « Max, je crois que tu te trompes d’Angles 🙂 Bonome parle des Angles pas des angles. »

Max : « C’est pas les bons angles ? »

Léo : « Non Maxou. Ces Angles là sont les Anglois. »

Max : « Ah ouiiiiii ! Les Anglois ! Mais pourquoi dis-tu les Angles alors ? »

Samuel : « Dites, si le chevalier explique tout on devrait s’asseoir. »

Max : « Bonne idée ! Bonome, va te chercher un café et explique un peu les Angles qui sont pas des angles mais des Anglois. »

Le chevalier : « Installez-vous, je reviens… »

Boris : « Je comprends pas bien moi. Pourquoi il y a des Anglois ici ? »

Max : « C’est à cause d’Aliénor. »

Boris : « Aliénor ? »

Max : « Oui, Aliénor d’Aquitaine, la bi-reine. »

Léo : « Max, explique à Boris. »

Max : « Je sais pas tout moi. Je vais voir ce que je peux faire. Bonome me corrigera si je dis des erreurs. On est en 1137 si je me souviens bien. Aliénor, duchesse d’Aquitaine, épouse Louis VII le jeune. Louis VII c’est un copain d’enfance du grand abbé Suger. »

Léo : « On parlera du grand abbé Suger une autre fois Max. »

Max : « Il faudra bien que j’en parle un peu. Donc Aliénor, duchesse d’Aquitaine, devient reine de France suite à son mariage avec Louis VII. »

Le chevalier : « Tu expliques à Boris Maxou ? »

Max : « Oui, vite fait. Tu me corriges si je dis des erreurs. J’en étais au mariage de Louis VII avec Aliénor. Aliénor a grandi en Aquitaine. On dit aussi la Guyenne des fois. Et là-bas il y a les troubadours, des fêtes, des divertissements… En arrivant à Paris Aliénor s’ennuie. Et puis Louis VII c’est pas un rigolo. Alors à force de s’ennuyer elle veut plus rester à Paris avec son mari. Mais bon, il y la deuxième croisade alors ils quittent la capitale. Mais pendant la croisade Aliénor s’entend bien avec son oncle Raymond de Poitiers. Ils passent beaucoup de temps ensemble. Et ça jase. Forcément. Louis VII l’emmène de force à Jérusalem. Mais elle veut pas. Alors elle menace Louis VII de dissoudre le mariage pour consanguinité. La consanguinité c’est quand on est un peu trop cousin pour se marier. Moi je comprends pas qu’elle veuille dissoudre le mariage à cause de ça ! Elle le savait bien qu’ils étaient consanguins quand même ! Enfin bref ! Le mariage va être dissous ! Suger est pas d’accord ! Il sait bien qu’il va y avoir des ennuis après. Parce que l’Aquitaine est pas passée dans le domaine royal avec le mariage. Je connais pas le droit médiéval mais je sais que le duché d’Aquitaine devait passer dans le domaine royal à la génération d’après. Donc quand Aliénor quitte Louis VII, elle repart avec l’Aquitaine. Le problème c’est qu’elle rencontre Henri. Celui qui planta des genêts. C’est pour ça qu’on l’appellera Henri Plantagenêt. Lui il est roi d’Angleterre. Et Aliénor l’épouse je sais plus quand. Du coup, l’Aquitaine devient anglaise et Aliénor est bi-reine 🙂 Or l’Aquitaine c’est en France. Et là les ennuis commencent. Parce que tout le monde veut l’Aquitaine ! Forcément ! Et il y a eu la guerre entre la France et l’Angleterre jusqu’à la bataille de… De Machin la bataille en 1554 si je dis pas des erreurs. »

Le chevalier : « La bataille de Castillon en 1543. Elle marque la fin de la Guerre de cent ans et le retour de l’Aquitaine dans le Royaume de France. »

Léo : « Rholala Max ! Tu connais bien l’histoire ! Je savais pas moi ! »

Samuel : « Tu connais tout ça cousin Max ! Waouh ! »

Boris : « Tu es historien aussi ? »

Max : « C’est bonome qui m’a initié. Des fois, pour changer un peu des sciences naturelles, je lis un peu d’histoire. Mais je retiens pas tout. »

Léo : « Donc ici c’est l’Aquitaine et le Pays des Angles. »

Max : « Quand on fait l’histoire. Parce que si on fait la géologie ici c’est le Gondwana 🙂 Tu as bu ton café bonome ? Comment tu faisais au Moyen-Âge ? Il y avait pas du café 🙂 Allez, on commence par le tour extérieur ! C’est parti ! »

Max : « Bonome, tu peux me redire quand il a été construit ce château s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Il me semble que la construction a débuté en 1180. »

Max : « Mmmmmm… Il a été remanié alors. Il est plus dans son état d’origine… »

Samuel : « Pourquoi tu dis ça cousin Max ? »

Max : « Regardez les fenêtres ! Elles sont grandes et il y a une croix en pierre qui les coupe en 4. On dit que ce sont des fenêtres à meneaux. C’est pas médiéval ça. C’est la renaissance. »

Léo : « C’est vrai bonome ? »

Le chevalier : « C’est exact. Comme beaucoup de châteaux médiévaux celui-ci a été réaménagé au cours de la renaissance, les progrès de l’artillerie ayant rendu sa structure inefficace. C’est donc devenu un château d’habitation. »

Max : « On verra ça à l’intérieur… Boris, tu vois le bout de construction qui dépasse ? Ce sont les latrines. C’est les cabinets 🙂 J’espère qu’on les verra en vrai. »

Boris : « Tu connais bien les châteaux Max ! »

Max : « Ben… Tu sais que je suis maître-assistant à la schola avec bonome. Et les élèves aiment bien que j’aille aux sorties scolaires. Alors quand on va visiter des châteaux j’apprends des tas de choses. On a fait… le château de Caen, mais j’étais tout seul. Et puis Guédelon avec petit Sam et Léo. On va peut-être y retourner 🙂 »

Léo : « A Guédelon ce sont des douves sèches. Il y a pas d’eau. »

Max : « Ici ce sont des douves mouillées 🙂 Mais ils auraient pas dû mettre les latrines au-dessus de l’eau parce qu’elle est plus potable ! Pfff ! Il faut tout leur dire ! »

Samuel : « On a déjà fait le tour ! »

Max : « C’est un tout petit château, ça… Oh ! Il y a le jardin ! Bonome, tu nous fais visiter s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. »

Le jardin des simples

Le chevalier : « C’est un jardin des simples. »

Léo : « Un jardin des simples ? Parce que le jardin des compliqués est plus loin ? »

Max : « Bonne remarque mon Léo 🙂 »

Samuel : « C’est quoi les ‘simples’ chevalier ? »

Le chevalier : « Les simples ? Ce sont des plantes qui peuvent être utilisées comme elles sont, seules, pour leurs propriétés médicinales, tinctoriales ou condimentaires. »

Max : « Les plantes qu’on cueille et qui peuvent servir comme ça, directement. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Médicinal c’est pour la médecine. Tinctorial c’est quoi ? »

Le chevalier : « La teinture des étoffes. Il y a la garance pour le rouge, le pastel pour le bleu… »

Max : « Et condimentaire c’est pour le manger ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Alors dans le jardin des simples il y a ces plantes. Mais quelles plantes ? »

Le chevalier : « La liste est donnée par le Capitulaire de Villis. »

Max : « Le capitulaire de Villis. Oui, je vois. Le capitulaire de Villis quoi… »

Le chevalier : « Capitulare de Villis vel curtis imperii. »

Max : « Ah bah… C’est exactement ce que j’allais dire. Le cap a du lard du vil lys veille je sais pas quoi… Tout le monde connaît ça bonome. On en parlait justement avec les cousins ce matin. »

Léo : « Oui Max me disait : ‘tu trouves pas que le cap a du lard ? »

Samuel : « Mais du lard du vil lys attention ! »

Max : « Pas n’importe quel lard ! »

Le chevalier : « J’explique alors ? »

Max : « Ben oui bonome. »

Le chevalier : « Le capitulaire de Villis est un texte attribué à Charlemagne. Dans ses chapitres 43, 62 et surtout 70 il fixe les plantes que doivent cultiver les châteaux et les abbayes du Royaume. »

Max : « Tu connais ces plantes ? »

Le chevalier : « La liste contient 73 herbes, 16 arbres fruitiers et 5 plantes textiles ou tinctoriales. »

Max : « Nous t’écoutons. La liste bonome ! »

Le chevalier : « De l’ensemble des plantes ? Tu crois que je la connais ? »

Max : « Parce que tu la connais pas ? Et tu oses nous parler du capitulaire du Vil lys ? Bonome, va te ploufer dans la douve humide. Et plus vite que ça ! »

Léo : « Max, tu es trop bête ! »

Boris : « Tu en connais quelques unes chevalier ? »

Le chevalier : « En plus de celles que j’ai citées il y a… La livèche pour lutter contre la migraine, la molène comme antitussif, la tanaisie comme vermifuge… »

Léo : « Merci bonome 🙂 »

Samuel : « Tu connais la médecine du Moyen-Âge ? »

Boris : « C’est vrai que les médecins faisaient des saignées ? »

Le chevalier : « Oui, c’était une pratique courante, curative ou préventive. Elle repose sur la théorie des humeurs. »

Max : « Les humeurs ? »

Léo : « Comme dans : ‘Max est de mauvaise humeur ?’ »

Max : « Max est JAMAIS de mauvaise humeur ! »

Le chevalier : « La théorie des humeurs est un héritage de la Grèce antique. Elle a pris forme de l’époque d’Hippocrate à celle de Galien… Et elle est encore en usage au Moyen-Âge. »

Samuel : « C’est quoi les humeurs ? »

Le chevalier : « Il y a quatre humeurs associées à des tempéraments, des organes et à la nature et à des éléments de la nature. Les maladies seraient la conséquence d’un déséquilibre de ces humeurs et la saignée aurait pour but de rétablir l’équilibre en évacuant l’excès d’une de ces humeurs. »

Max : « Bonome, tu connais ces humeurs ? »

Le chevalier : « Je peux essayer de m’en souvenir. Mais les listes vont être pénibles à écouter. Je donne pour chaque humeur : l’humeur, le tempérament, l’organe, la référence naturelle et l’élément qui lui est associé. »

Max : « Nous t’écoutons 🙂 »

Le chevalier : « Bile noire – mélancolie – rate – froid sec – terre. Pituitte – flegmatique – poumon – froid humide – eau. Sang – sanguin – tête – chaud humide – air. Bile jaune – colérique – vésicule biliaire – chaud sec – feu. »

Max : « Bravo bonome ! Dis, la théorie des quatre éléments c’est pas Aristote ça ? »

Le chevalier : « Si. »

Max : « On l’a déjà réfuté, nous, Aristote 🙂 »

Samuel : « Et vlan Aristote ! »

Léo : « Avec des bases théoriques comme celles-là il est inutile de parler de la pratique ! »

Max : « En gros, si on survivait à la maladie on était pas sûrs de survivre au médecin 🙂 »

Léo : « Ça suffit le jardin des simples. »

Max : « Oui Léo ! Là on est dans la basse-cour. Il y a le mur d’enceinte, la basse cour, les douves et le château au sens strict. Dans la basse cour il y a aussi… Là-bas ! Les annexes ! On va voir ? »

Le chevalier : « On va voir ! »

Max : « Oui, il y a le potier, le charpentier et le tailleur de pierre. Normalement il y a aussi le forgeron mais il doit être à part. Pour pas mettre le feu partout. »

Léo : « Et ça ? »

Max : « C’est un bûcher ! Il ont fait brûler quelqu’un oulala ! »

Max : « Pfff ! C’est mal fait la reconstitution ! Les pieds auraient brûlé eux-aussi ! »

Samuel : « Il brûlait vraiment des gens au Moyen-Âge chevalier ? »

Le chevalier : « Ça arrivait. En cas de sorcellerie je crois. Ou d’hérésie. »

Max : « Boris, l’hérésie c’est quand on croit pas comme il faut. Au Moyen-Âge c’était très grave de pas croire comme il faut et on t’aurait brûlé parce que tu es orthodoxe alors que nous on est catholiques. Mais maintenant on brûle plus les gens. »

Boris : « Vous m’auriez brûlé ? »

Max : « Ben oui ! On aurait pas eu le choix ! Un orthodoxe ! Tu te rends pas compte, toi ! Tu fais même pas le signe de croix comme nous ! On aurait pas pu laisser faire ça ! L’ordre du monde aurait été chamboulé Boris ! »

Samuel : « Cousin Boris, on va pas te brûler. Tu fais le signe de croix comme tu veux 🙂 »

Boris : « Merci petit Sam 🙂 »

Max : « Bon, on papote, on papote… Et si on faisait la visite de l’intérieur maintenant ? »

Léo : « Ben oui ! On y va ! »

Boris : « Oh ! Des petits canards ! »

Max : « Des canards ? Où ça des canards ? »

Léo : « Là Max ! »

Max : « C’est qui ces canards ? »

Samuel : « Ils vont se réfugier sous leur mère 🙂 »

Max : « Canard musqué ! »

Léo : « Cairina moschata, Anatidés ! »

Le chevalier : « Dans la classification médiévale des aliments, les oiseaux étaient un mets de choix. »

Max : « On mange pas des zoisos ! »

Léo : « Tu veux bien expliquer bonome ? »

Le chevalier : « Il existe une hiérarchie symbolique et verticale des aliments. Tout en haut se trouvent les oiseaux. Ils sont les plus proches de Dieu. Puis viennent les fruits perchés sur les arbres, les légumes sur tige, les légumes sur pied puis les légumes racines. Les bulbes comme l’ail et l’oignon, situés tout en bas de l’échelle, sont les plus méprisés. »

Max : « On mange quand même pas les zoisos ! »

Léo : « Merci bonome. »

Boris : « Rhooo ! On apprend des tas de choses avec vous ! »

Léo : « Le chevalier est très cultivé 🙂 »

Max : « On va passer sur le pont-levis ! »

Samuel : « Cousin Max, il se lève pas ce pont. Il est tout en pierre ! »

Max : « Comment il était défendu ce pont-pas-levis ? »

Le chevalier : « On dit un pont dormant. Le pont était protégé par des hourds (une galerie en bois, couverte et percée d’assommoirs) dont on peut encore apercevoir les support en pierre, appelés corbeaux, au-dessus de la porte. Il y avait peut-être une fortification avant le pont. C’est ce qu’on appelle une barbacane. »

Max : « Les assaillants pouvaient mettre le feu aux hourds… On entre ? »

Le chevalier : « On entre 🙂 »

Max : « On est dans la cour du château ! »

La cour du château

Léo : « Il est tout cassé dedans ce château ! »

Le chevalier : « Il n’est pas tout récent. Et il y a quelques années c’était encore une ruine envahie par la végétation. C’est le propriétaire actuel, avec l’aide des Monuments Historiques, qui l’a remis en état. Dites vous qu’il y avait 14 grandes lézardes dans le mur d’enceinte. Il risquait de s’effondrer à tout moment ! »

Max : « Je vais faire un rapport à Princesse. Il faut qu’elle récompense le propriétaire pour ses travaux. C’est bien de conserver le patrimoine. »

Léo : « Il y a des changements de style… Tout est pas de 1180. »

Max : « Ben non ! Regardez cette porte ! »

Max : « C’est pas du tout 12ème siècle ça ! Ça fait gothique flamboyant… Avec des ajouts encore plus tardifs ! Et puis cette fenêtre ! »

Une fenêtre à meneaux

Léo : « Encore une fenêtre à meneaux ! C’est Renaissance ça ! »

Max : « Ben oui ! »

Samuel : « On peut visiter dedans ? »

Le chevalier : « Oui mon petit Sam. »

Max : « Oulala ! Il faut passer devant un archer ! Bonjour monsieur l’archer, nous voudrions pas vous déranger. Auriez-vous l’amabilité de vous laisser fotoer avec nous, petizours de bonome, grand chevalier au service de Princesse ? … Monsieur l’archer ? … Il répond pas. On prend la pause et on file 🙂 »

Un archer et les petizours

Max : « Merci monsieur l’archer. Bon, on entre ! »

Léo : « C’est la grande salle ! »

Samuel : « Il y a un garde ! »

Un soldat

Boris : « Il y a des armes aux murs ! »

Léo : « C’est une exposition ! »

Samuel : « On va étudier ça ! »

Max : « Ça c’est la cotte de maille ! »

Une cotte de maille

Max : « C’est des tas de petits anneaux en fer enchaînés les uns aux autres. Ça pèse très lourd ! 19 kg pour cette cotte de maille ! Vous vous rendez compte ? »

Boris : « Ça en fait des petizours ! »

Samuel : « On pourrait même pas la porter, nous ! »

Max : « Bonome, tu pourrais nous faire des cottes de mailles s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Vous voulez des cottes de mailles ? »

Léo : « C’est Max ! »

Samuel : « On est pas des soldats, nous ! »

Boris : « On met pas des cottes de mailles ! »

Max : « Pfff ! Moi j’aimerais bien avoir une cotte de mailles avec un casque et une épée 🙂 »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « On peut voir les casques ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Spangerheim, 12ème Heaume, 13ème Bassinet, 14ème
Salade, 14ème Barbute, 15ème

Léo : « Ils sont pas tous pareils ! »

Max : « Il faut s’adapter aux progrès de la guerre… »

Samuel : « Avec pareilles armes la guerre devient impossible ! »

Max : « Pfff ! Les zoms savent toujours faire la guerre oulala ! Boris, si tu étudies l’histoire tu verras que c’est toujours la guerre. »

Boris : « Ils sont fous ces zoms ! »

Max : « Comme tu as raison ! Mais bon… Avançons… Tiens c’est la cuisine ! »

La cuisine

Léo : « Qu’est ce qu’on mange au 12ème siècle bonome ? »

Le chevalier : « Pas de chocolat. »

Max : « Il y a pas du chocolat au 12ème siècle ? »

Le chevalier : « Non Maxou. »

Samuel : « On s’en fiche du chocolat cousin Max ! On veut savoir ce qu’on mange au 12ème siècle, nous ! »

Max : « Ça va être long ? »

Le chevalier : « Long et soporifique, comme toujours 🙂 »

Max : « Sérieusement bonome. Parce que si c’est long on pourrait aller s’asseoir. »

Léo : « On y va ! »

Les petizours

Max : « On t’écoute bonomou. »

Le chevalier : « Commençons par dresser la table ! »

Max : « On sait bonome ! Il y a pas vraiment de table à l’époque. On met des tréteaux et on pose des planches dessus. Et hopla ! Il y a une table. Mais lors des banquets, les riches mangent tous du même côté. C’est plus facile pour servir comme ça. »

Léo : « Et il y a pas des assiettes. On mange sur une grosse tranche de pain. Elle s’imbibe de sauce et après on la mange. Et puis il y a pas de fourchettes. Il y a juste le couteau. »

Samuel : « Mais on sait pas ce qu’on met sur son tranchoir. »

Léo : « Boris, c’est comme ça qu’on appelle la grosse tartine de pain sur laquelle on mange. »

Boris : « Merci Léo. »

Max : « Alors bonome qu’est ce qu’on mange ? »

Le chevalier : « Fruits et légumes de saisons. Mais pas de pommes de terre ni de tomates. Ces aliments seront rapportés plus tard des Amériques. La viande est surtout du gibier. La poule, ou la cane, est gardée pour les œufs. Les chèvres et les vaches donnent le lait et le bœuf sert de bête de trait. »

Max : « Du gibier. D’accord. Et on cuisine comment ? »

Le chevalier : « Les viandes sont cuites à la broche. Le four sert pour les pâtés en croûte et le reste passe à la marmite. Il existe trois type de sauces : les sauces fortes fortement épicées, les sauces sucrées au miel ou aux fruits et les sauces acides à base d’agrumes, de raisins ou de fines herbes. »

Max : « Et on boit quoi avec ça ? »

Le chevalier : « On évite l’eau qui est assez difficile à conserver. Elle est souvent trop riche en bactéries. Alors on boit du vin. Le vin est rarement bu tel quel. On lui ajoute des épices ou des jus de fruits rouges. En dehors des repas on boit de la petite bière ou de l’hydromel. »

Léo : « Je comprends. On boit de l’alcool parce que ça désinfecte. La boisson est pas pleine de microbes. »

Max : « Ouai… Vous allez dire que les zoms picolent pour raisons de santé ! »

Le chevalier : « Max, dans beaucoup de régions du monde, l’eau est source de maladies et il vaut mieux boire des boissons alcoolisées… »

Le chevalier : « Tu cherches une justification à ton alcoolisme bonome. »

Léo : « Bonome est pas alcoolique ! »

Samuel : « Le chevalier boit que du déca et un peu de café. Mais pas de l’alcool ! »

Max : « Bonome, tu as tout dit sur l’alimentation ? »

Léo : « Attendez ! Comment on conservait les aliments ? »

Le chevalier : « Par salaison, surtout pour les viandes et les poissons. Le poisson pouvait être fumé, comme les charcuteries. Et les fruits étaient confits et on pouvait conserver certains légumes dans le vinaigre. »

Léo : « Merci bonome. Moi j’ai plus de question. »

Samuel : « Moi non plus. »

Max : « Boris ? … Boris, qu’est ce que tu regardes ? »

Boris : « Chut ! Le petit chat dort… »

Le petit chat qui dort

Max : « On va le laisser dormir alors. Venez, on continue la visite. »

Léo : « On peut pocher pour monter les escaliers ? »

Le chevalier : « Bien sûr mes petizours. Grimpez. »

Max : « Passe premier Boris. »

Samuel : « Tu peux venir Léo ! »

Max : « Petizours pochés bonome ! »

Le chevalier : « Alors, on peut y aller. »

Max : « Boris, tu remarqueras que les escaliers tournent comme ça. C’est pour que les assaillants soient gênés par l’axe de l’escalier qui se trouve du côté droit. Ils peuvent pas brandir leur épée et ils sont bien embêtés. »

Léo : « Oh ! Chut ! »

Max : « Qu’est ce qu’il se passe ? »

Le chevalier : « Nous arrivons en plein hommage vassalique. »

L’hommage vassalique

Max : « Tu nous expliques ce qu’il se passe s’il te plaît bonome ? »

Le chevalier : « Soyez très attentifs ! Nous pourrions être amenés à témoigner de ce que nous avons vu. »

Max : « Oui oui. Mais explique. »

Le chevalier : « Nous arrivons au début de la cérémonie. C’est Aimery qui s’est agenouillé devant Guillaume de Lusignan, seigneur de Saint-Jean-d’Angles, en signe d’humilité. Guillaume lui a pris les mains et lui demande s’il veut être son ‘homme’. Aimery a répondu ‘je le veux’. Ils vont maintenant se donner le baiser de paix. Ensuite Aimery va jurer fidélité à Guillaume en jurant sur les reliques, ce qui engage son âme. En cas de trahison il risquerait l’enfer et serait déclaré félon et mis au ban de la société. Ensuite Guillaume, devenu suzerain d’Aimery, lui fera serment de protection et lui offrira une terre. Le don de cette terre est symbolisé par la remise d’une motte de terre. »

Max : « Bonome, on peut être ‘hommes’ de Guillaume de Lusignan nous aussi ? »

Le chevalier : « Non, les petizours ne peuvent pas être ‘homme’ de quelqu’un. Et puis vous êtes mes petizours. »

Léo : « Chut ! »

Max : « La cérémonie d’hommage vassalique est terminée 🙂 »

Les petizours : « HOURRA ! HOURRA ! »

Le chevalier : « Bien, laissons les. Ils doivent avoir beaucoup de choses à se dire. »

Max : « Au revoir monsieur Guillaume de Lusignan ! »

Léo : « Rholala ! On a vu l’hommage vassalique du 12ème siècle ! »

Boris : « C’est toujours comme ça avec vous ? »

Max : « Toujours comment ? »

Boris : « Ben, ce matin on s’est levés en l’an IV et là on est au 12ème siècle et on voit un chevalier faire l’hommage à son suzerain… »

Max : « Ah oui. C’est vrai qu’au début c’est surprenant. »

Léo : « Mais on s’y fait. »

Samuel : « On voyage dans le temps, nous. »

Max : « Bon, on change de pièce… Oh ! Bonjour madame Aliénor !! »

Dame Aliénor, un prêtre et Henri Plantagenet

Léo : « Max ! Tu t’adresses à une bi-reine ! On dit pas madame à une bi-reine ! Mes hommages Votre Majesté. »

Max : « Mes hommages aussi madame la bi-reine ? Vous discutez avec votre mari Henri ? On voudrait pas vous déranger mais est ce que vous accepteriez qu’on se mette là pour la foto s’il vous plaît ? Merci madame Votre Majesté. »

Les petizours avec dame Aliénor

Max : « Nous vous remercions humblement madame Votre Majesté. Au revoir ! »

Léo : « On a vu Aliénor d’Aquitaine ! »

Samuel : « Reine d’Angleterre et duchesse d’Aquitaine !! »

Boris : « On a fait la foto avec elle ! »

Léo : « Rholala ! Une bi-reine ! »

Max : « Vous avez vu comme elle nous regarde sur la foto ? »

Léo : « Le moine avait l’air très étonné 🙂 »

Max : « Ce bon roi Henri est même pas venu sur la foto. »

Léo : « Il avait l’air contrarié dans son coin… »

Max : « On arrive dans la salle des gardes ! Bonjour monsieur le garde ! On visite, nous. Vous dérangez pas. »

Une salle de garde

Léo : « On fait que passer. »

Samuel : « Vous allez bien monsieur le garde ? »

Max : « Petit Sam, il était occupé avec son arbalète, le garde. Il pouvait pas te répondre. »

Samuel : « Oui j’ai vu. »

Léo : « On est dans une autre salle. »

Max : « Il y a des armes ! Bonome, tu veux bien me fotoer à côté de la masse d’arme et du fléau d’arme s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Si ça te fait plaisir 🙂 »

Max : « J’y vais ! … Voilà ! Tu peux fotoer ! »

Max avec des armes

Max : « Boris, la masse d’arme et le fléau d’arme, c’est pour bien montrer son respect à l’adversaire. C’est important de respecter son adversaire. »

Boris : « Je pensais que c’était pour le tuer moi… »

Max : « Oui oui ! Mais avec respect ! Oulala ! On lui fracasse pas le crâne comme ça à l’adversaire. On le respecte. Même que des fois on verse une petite larme parce qu’on l’aimait bien l’adversaire. Et puis sans lui on peut plus faire la guerre alors on s’ennuie. C’est pour ça qu’il faut bien le respecter et en prendre soin. Et après on peut lui fracasser le crâne avec ses belles armes. Mais il faut de belles armes. Sinon c’est pas respectueux. »

Léo : « On continue la visite ! »

Samuel : « On va prendre le chemin de ronde 🙂 »

Le chemin de ronde

Le selfie

Max : « Boris, il y a les latrines là. Si tu dois aller aux cabinets c’est le moment 🙂 »

Les latrines

Max : « Il y a des graffitis ! J’aime bien les graffitis moi ! Ce sont des témoignages historiques… Alors… Là, une fleur de lys et… Thibault Albert. C’est joli. Mais ça m’a l’air récent… »

Les graffitis

Léo : « Max ! Regarde comme on voit bien la cour ! »

Max : « Ah oui… »

La cour du château

Boris : « C’est quoi l’entrée au milieu de la cour ? »

Le chevalier : « C’est le cellier où sont entreposés les vivres, les vins, les épices… à l’abri de la lumière et de la chaleur. »

Max : « On a pas vu le puits ! Il y a forcément un puits ! »

Le chevalier : « Il est dans l’épaisseur du mur, en dessous de nous. Vous êtes passés devant tout à l’heure… »

Max : « Zutalor ! On l’a pas vu ! »

Léo : « C’est pas bien grave Maxou. On en a déjà vu des puits. »

Max : « Bon, on continue ? »

Léo : « Ben oui ! On finit la visite ! »

Boris : « Rhoooo ! C’est bien de tourister au Moyen-Âge ! »

Max : « C’est comme ça avec bonome. Le matin on sait pas ce qu’on va faire. Et on peut se retrouver en Armorica à l’Ordovicien ou en Guyenne au 12ème siècle 🙂 »

Samuel : « C’est pas tout le monde qui a des journées comme celles-là 🙂 »

Max : « Encore une salle avec des armes ! »

Les petizours

Max : « Bonome, je grimpe tout là-haut ! Tu es prêt à me fotoer ? »

Le chevalier : « Max ! Fais attention ! »

Léo : « Bonome, tu sais bien qu’il s’en fiche de tes appels à la prudence ! »

Max : « Là ! Voilà ! C’est bon bonome ? Tu cadres bien l’exposition de la focale s’il te plaît ! »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « C’est bon ? Je vais là-bas ! »

Le chevalier : « Fais attention Maxou ! »

Max : « Oui oui ! … Voilà ! Et je suis même pas tombé ! Fotoe s’il te plaît ! … Merci bonomou 🙂 »

Max avec un fléau d’arme Max avec une masse d’arme

Max : « Tu veux bien t’approcher bonomou ? »

Le chevalier : « J’arrive mon petitours. »

Max : « Je saute ! »

Le chevalier : « Max ! »

Max : « Oui bonomou ? »

Le chevalier : « Tu ne tiens pas en place toi ! »

Max : « Moi ? Je suis le plus gentil des petizours de tous les petizours ! »

Le chevalier : « Oui, après Samuel, Léo, Boris, Arthur… »

Max : « HÉ ! Ça suffit ! C’est moi le plus gentil et puis c’est tout 🙂 »

Léo : « Venez voir ! »

Samuel : « Pourquoi tout le monde se rassemble comme ça ? »

Boris : « A côté du machin ? »

Le chevalier : « Je comprends. Il va y avoir une démonstration du fonctionnement du trébuchet. »

Max : « Le trébuchet ? C’est le gros machin le trébuchet ? »

Le chevalier : « Oui Max. On dit parfois une bricole aussi. »

Max : « Et ça sert à quoi ? »

Léo : « On va bien voir ! »

Les petizours

Max : « Le monsieur a mis un ballon dans une poche. »

Léo : « Je pense qu’en vrai c’était une pierre… »

Samuel : « Je comprends ! C’est une arme de jet à contrepoids ! »

Max : « C’est pour casser les remparts ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « D’accord. Dis bonome, tu peux nous expliquer le siège d’un château s’il te plaît ? L’attaque, la défense… Tout ça quoi ! »

Le chevalier : « Tout ça 🙂 La technique d’attaque est assez simple. L’attaquant fait le siège du château. Il s’installe et attend. »

Max : « Et les assiégés meurent de soif ou de faim… »

Léo : « Sauf si ils ont un puits et des réserves de nourriture… »

Max : « Les réserves sont pas inépuisables Léo. »

Léo : « Celles de l’assiégeant non plus… »

Samuel : « Alors c’est celui qui a le plus de réserves qui gagne. »

Le chevalier : « Pas forcément. L’assiégeant peut forcer les choses avec ses armes de guerres. »

Boris : « Celles qu’on voit en bas ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Alors on va voir ! »

Le chevalier : « Pochage ! »

Max : « Petizours, formez les binomes ! »

Léo : « Binomes formés chef Max ! »

Max : « Petizours, pochage ! »

Samuel : « Petizours pochés ! »

Max : « Bonome, tu peux nous mener aux armes de siège ? »

Le chevalier : « Le chevalier aux longues pattes s’exécute chef Max ! »

Le camp des assiégeants

Max : « On va visiter le camp des assiégeants ? »

Le chevalier : « Nous pourrons en faire le tour, oui. »

Max : « Tu nous parles des machines de guerre s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Là il y a des trébuchets… »

Les trébuchets

Max : « Oui, on a vu comment ça marche. C’est avec un contrepoids. Il y a d’autres armes de jet ? »

Le chevalier : « Oui Max. Il y a la catapulte. Avec son puissant bras articulé par un système de tendeurs, elle permet d’envoyer des pierres dans les murailles pour les faire tomber. On peut également envoyer des projectiles enflammés pour mettre le feu au château. Ensuite il y a la baliste qui fonctionne également grâce à un système de ressort, comme une gigantesque arbalète. Elle peut envoyer des rondins de bois pour défoncer les portes du château ou des grandes flèches. C’est une arme très précise»

Samuel : « Avec pareilles armes, la guerre devient impossible… »

Le chevalier : « Même pas 🙂 Une autre technique fréquemment utilisée est la sape. Des soldats spécialisés, les sapeurs, creusent un tunnel sous les remparts. Ensuite ils le bourrent de fagots et mettent le feu. Si tout se passe comme prévu une brèche apparaît dans la muraille. »

Max : « C’est vrai que les défenseurs jettent de l’huile brûlante du haut des remparts ? »

Le chevalier : « De l’huile ? Non max ! L’huile est trop chère et trop précieuse ! Non, ils peuvent jeter de la chaux vive ou du sable brûlant. Mais pas de l’huile ! »

Max : « De la chaux vive ou du sable brûlant ! Ça doit pas être agréable ça oulala ! »

Léo : « Max, le but de la guerre est pas d’être agréable avec l’adversaire, tu sais bien. »

Max : « C’était un euphémisme mon cher Léo 🙂 »

Samuel : « Bon, on a tout vu alors ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Zutalor ! Ça veut dire que c’est fini la visite ! »

Léo : « On va devoir rentrer ! »

Max : « Pfff !!! »

Le chevalier : « Nous pouvons rester un peu si vous voulez. »

Max : « Toi, tu veux encore te caféiner 🙂 »

On est donc retournés à la taverne du château. Bonome s’est caféiné calmement et nous on a chahuté sur la table. Du chahut on est passés à la bagarre pour de rire. Bonome nous a même pas grondés 🙂 Après la bagarre on est rentrés vraiment. Comme d’habitude on a dormi dans la poche. Mais on a pas rêvé de zoisos. On a rêvé du Moyen-Âge 🙂

Le drapeau de Saintonge

Le soir Boris voulait étudier. Mais pour une fois Léo avait pas envie. C’est Samuel qui s’est donc occupé de Boris. Notre petit Sam. Il a l’air discret comme ça mais il est partout 🙂 Pour la bagarre, les pirateries, l’étude…

Après, bonome a voulu me parler…

Le chevalier : « Max, demain nous allons dire au revoir à la mer. »

Max : « Les vacances sont finies ? »

Le chevalier : « Tu sais bien que nous ne pouvons pas rester ici éternellement. »

Max : « Oui, je sais. Et Boris ? Il vient avec nous Boris ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Il va rester encore quelque temps pour sa formation. »

Max : « Chouette ! Bon, on va où pour dire au revoir à la mer ? »

Le chevalier : « C’est la question que je voulais te poser. »

Max : « On est pas allés Là Où Les Cailloux Sont Tout Cassés. On pourrait aller là-bas et fossiler un peu. Petit Sam et Léo aiment beaucoup fossiler et on montrerait à Boris. »

Le chevalier : « D’accord Maxou. »

Max : « Dis, avant de dire au revoir à la mer, tu voudrais bien nous emmener là où on a vu la cabane que tu veux pas retaper s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Tu veux évaluer les travaux à faire ? »

Max : « Non, je voudrais dire au revoir aux bihoreaux. »

Le chevalier : « Si nous les voyons… »

Max : « Si nous les voyons ? Ça veut dire que tu es d’accord ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Max : « Merci mon bonome. On dit rien aux cousins. Ce sera la surprise demain. En parlant des cousins, on les entend plus, là. Ils se sont endormis je pense. »

Bonome est allé voir et ils dormaient bien tous les trois dans le lit. Alors on est restés que tous les deux. Et c’était bien:)

Voilà Princesse. Aujourd’hui bonome nous a emmenés au 12ème siècle 🙂

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

163 – Le Royaume des Sternes de Mer

Mercredi 26 Juillet, An IV

Le chevalier : « Bonjour mes petizours ! »

Les petizours : « BONJOUR BONOME ! »

Le chevalier : « Vous m’avez l’air en forme aujourd’hui. »

Max : « Oui bonome. En pleine forme 🙂 »

Le chevalier : « Bonne nouvelle. Maxou, qu’as tu prévu pour aujourd’hui ? »

Max : « Le Royaume des Sternes de Mer. On y est pas encore allés et il faut le montrer à Boris. »

Le chevalier : « Léo ? Samuel ? Qu’en pensez vous ? »

Léo (après avoir scruté la réaction de Samuel) : « On est d’accord 🙂 Tu vas voir Boris. Il est bien ce Royaume. Au début, on marche le long de la digue pour regarder les zoisos qui se baladent sur l’estran vaseux. Et, au fur et à mesure que la marée monte, les zoisos viennent se rassembler sur le reposoir. »

Boris : « Le reposoir ? C’est quoi un reposoir ? »

Samuel : « Un endroit où les zoisos se reposent. »

Max : « Là c’est une bande de cailloux qui dépassent à peine des autres cailloux. Mais quand la marée monte, tout est envahi par l’eau sauf le reposoir. Enfin, quand la marée est vraiment haute il est submergé quand même. »

Léo : « Mais les zoisos se concentrent sur le reposoir. Il y en a de plus en plus sur une zone de plus en plus petite. »

Samuel : « On les voit dormir puis se déplacer en volant pour se poser là où il y a pas encore de l’eau. »

Max : « Bonome fait des belles fotos des zoisos qui volent. Et c’est un problème. »

Le chevalier : « Pourquoi est-ce un problème Maxou ? »

Max : « La dernière fois tu as fait 2800 fotos !!! Il faut des heures pour les regarder, les trier… Et après comment je fais moi pour mon blog ? Il faut que je choisisse 80 fotos. 100 à la rigueur ! Alors je passe des heures et des heures et des heures à les choisir. Et je prends encore du retard… »

Le chevalier : « Mon pauvre petitours… »

Sam : « On t’aidera cousin Max ! »

Max : « Je sais bien. C’est très gentil de votre part. Mais c’est encore pire ! Parce qu’on papote, on commente, on rigole et ça prend plus des heures mais des jours ! »

Léo : « Mais on rigole bien 🙂 »

Le chevalier : « Et vous chahutez ! Bon, Maxou, nous verrons bien ce qu’il adviendra avec mes fotos. Pour le moment allons-y ! Il ne faudrait pas arriver trop tard ! »

Au Royaume des Sternes de Mer…

Max : « Tu vois Boris, ça c’est bonome. Il a peur d’arriver en retard alors il est quatre heures en avance ! Bonome, tu vois la mer tout là-bas ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Tu la vois ?! Tu as vraiment des superzieux alors ! La marée est tellement basse qu’on peut aller à pattes en Amérique ! »

Léo : « Max ! Tu exagères ! »

Max : « Qu’est ce qu’on va faire ? Il y a au moins trois heures pour que la marée remonte ! »

Léo : « On va arpenter la digue. On va bien voir des zoisos ! »

Le chevalier : « Que faire d’autre ? Installez vous confortablement dans mes poches ! »

Max : « On reste comme ça ? Boris et moi dans une poche et Sam et Léo dans l’autre ? »

Le chevalier : « Comme vous voulez. »

Samuel : « D’accord. »

Léo : « D’accord aussi. »

Boris : « Pareil ! »

Max : « Alors on reste comme ça. On verra plus tard si on change les binômes… Chevalier aux longues pattes, en avant ! »

Boris : « Je peux essayer d’être guide ? »

Max : « Bonne idée ! Tu repères les zoisos et tu nous dis ce que tu sais. »

Léo : « Comme si tu nous formais ! »

Samuel : « On est tes cobayes cousin Boris 🙂 »

Boris : « Vous serez indulgents ? »

Max : « Non. A la moindre erreur on t’enfonce dans la vase et on te regarde te noyer quand la marée remonte. »

Léo : « Maaaax ! »

Samuel : « Je crois que cousin Max plaisante. »

Max : « Ben oui ! Je vais pas tuer Boris quand même ! »

Boris « Je sais bien Max. J’avais compris 🙂 Bon, je commence facile ! Ce zoiso là ! »

Une mouette qui rigole, Chroicocephalus ridibundus, Laridés

Boris : « C’est une mouette qui rigole, Chroicocephalus ridibundus, Laridés. Elle a un capuchon brun chocolat. Mais là, elle est en train de le perdre pour passer en plumage internuptial. Et puis le bout des ailes est noir. Ça se voit quand les ailes sont repliées. La pointe est noire. C’est important comme critère. »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! »

Max : « Oui, bravo. Mais c’est quand même qu’une mouette qui rigole. On en voit partout… Lui là Boris ? »

Grand gravelot Charadrius hiaticulata, Charadriidés

Boris : « Un grand gravelot ! Charadrius hiaticulata, Charadriidés. Les Charadriidrés font partie des Charadriiformes. Comme les Scolopacidés. Mais ils ont des petits becs qu’il piquent à la surface de la vase alors que les Scolopacidés ont des becs plus longs qu’ils enfoncent dans la vase. Ils cherchent pas leur manger à la même profondeur alors ils peuvent cohabiter sans problème. »

Samuel : « C’est compliqué la classification des zoisos. Les Laridés sont aussi des Charadriiformes mais je sais pas pourquoi… »

Max : « Moi nous plus. Il faudra étudier ça. Je pensais… »

Léo : « Tu pensais quoi Maxou ? »

Max : « J’en ai assez de rédiger nos aventures. On va souvent aux mêmes endroits… Je vais continuer pour les sorties un peu exceptionnelles mais je ferai plus tout le reste. Mais j’aimerais bien faire un autre blog avec les classifications et les plus belles fotos de bonome… »

Léo : « C’est une bonne idée ça ! »

Samuel : « Rhoooo oui ! »

Boris : « Et je pourrais m’en servir en Grande Russie ! »

Max : « Je vais étudier ça… Mais ce sera dans longtemps. Bon, Boris, ce zoiso ? »

Petit gravelot Charadrius dubius, Charadriidés

Boris : « C’est le cousin du précédent ! »

Léo : « Je dirais plutôt une espèce sœur. »

Max : « Oui, quand c’est le même genre on dit plutôt espèce sœur. Cousin c’est pour un genre proche. »

Samuel : « Mais tu as quand même reconnu l’espèce Boris ! »

Boris : « Oui, c’est un petit gravelot. Le tour de l’œil jaune m’aide bien. Charadrius dubius, Charadriidés. »

Léo : « Il faut quand même faire attention avec le tour de l’œil jaune. Certains grands gravelots peuvent l’avoir. Et le gravelot semi-palmé aussi. Mais on l’a jamais vu le gravelot semi-palmé. »

Boris : « Vous connaissez bien les zoisos ! Vous m’apprenez des tas de choses à chaque fois ! »

Samuel : « Tu en connais déjà beaucoup cousin Boris. Pour le moment je trouve que tu es un bon guide. Tu veux bien continuer s’il te plaît ? »

Léo : « Avec ce zoiso ! »

Courlis corlieu, Numemius phaeopus, Scolopacidés

Boris : « C’est un courlis ! Vous m’avez expliqué les courlis avec le beau livre de zoisos de Max. Je vais essayer de l’identifier… Le bec est pas très long… On dirait qu’il y a une raie claire sur la calotte. C’est bien sombre entre le bec et l’œil et le ventre est blanc… Je dirais un courlis corlieu, Numenius phaeopus, Scolopacidés. »

Léo : « C’est aussi ce que je pense. La zone entre le bec et l’œil est appelée lore Boris. Tu aurais pu dire qu’il a le lore sombre. »

Boris : « Merci pour cette précision Léo. »

Max : « D’après les cartes de répartition dans mon beau livre de zoisos, tu pourras le voir en Grande Russie. Mais les cartes montrent que la Grande Russie d’Europe, pas la Grande Russie d’Asie… Si tu vas tout là-bas… »

Boris : « Je suppose que si je forme d’autres petizours c’est pour mieux se répartir le territoire… »

Samuel : « Ben oui ! Tu pourrais pas tout inspecter tout seul cousin Boris ! C’est même pas possible ! »

Max : « Mais tu devrais essayer de tout visiter. »

Léo : « Oh oui ! Il doit y avoir des tas de milieux à découvrir, des climats différents ! »

Samuel : « Tout ça de paysages ! »

Boris : « Je préfère pas y penser. L’aigrette garzette je vous la présente ? »

Aigrette garzette Egretta garzetta, Ardéidés

Léo : « Pas la peine ! On sait que tu la connais bien 🙂 »

Max : « Nous aussi ! Je crois qu’on en a vu partout où on est allés. »

Samuel : « Regardez ! »

Léo : « Rhoooo ! »

Boris : « J’ai pas eu le temps de bien voir ! Zutalor ! »

Max : « Bonome va te montrer les fotos. N’est ce pas bonome ? »

Le chevalier : « Attends, je vérifie… Oui, elles sont présentables. Regarde Boris. »

Barges à queue noire Limosa limosa, Scolopacidés

Boris : « Ce sont des barges… Avec la barre blanche sur l’aile ce sont des barges à queue noire. Limosa limosa, Scolopacidés. »

Max : « C’est bien Boris. Tu connais bien les zoisos. »

Boris : « C’est beau un zoiso. »

Le chevalier : « J’ai l’impression d’entendre Max à ses débuts. Tu répétais souvent cette phrase mon petitours. »

Max : « Parce qu’elle est bien vraie 🙂 C’est très beau un zoiso 🙂 »

Léo : « Tous les zoisos c’est beau ! »

Boris : « Lui c’est un tournepierre à collier. Mais il retourne pas les pierres…

Tournepierre à collier, Arenaria interpres, Scolopacidés.

Léo : « Vous avez vu ce qu’il a trouvé ? »

Samuel : « On dirait un crabe. »

Max : « Le tournepierre est crabivore 🙂 »

Samuel : « Cousin Boris, tu as pas donné le nom du tournepierre en scientifique. »

Boris : « J’ai oublié. Je le regardais. Il s’appelle Pierre Petit-Pierre 🙂 »

Samuel : « C’est même pas son nom en scientifique 🙂 C’est le surnom qu’on lui a donné ! »

Boris : « 🙂 Arenaria interpres, Scolopacidés. »

Max : « Ici on voit presque que des Charadriiformes : des Scolopacidés, des Charadriidés, des Laridés… »

Léo : « On voit quelques passereaux aussi. Et un jour on a vu Martin ! Il pêchait dans la mer ! »

Boris : « Martin ? Ici ? »

Max : « Oui, Léo a raison. Il pêchait là. Bonome l’a fotoé en vol stationnaire, en vol et quand il s’est posé. Je crois qu’il voulait nous faire une démonstration de trucs de Martin. Mais il est pas venu papoter avec nous. Il y avait trop de zoisos. Ça aurait pas été discret. »

Boris : « Là ce sont des bécasseaux variables, Calidris alpina, Scolopacidés. »

Bécasseaux variables Calidris alpina, Scolopacidés

Max : « On les a étudiés hier alors je te dispense d’explications. Il y en a beaucoup ici. Des fois, il y a des bécasseaux sanderlings et des bécasseaux maubèches. On les a déjà vus. Mais pas les autres bécasseaux : le violet, le minute, le cocorli… On les voit jamais ceux là ! »

Samuel : « Et là cousin Boris ? Que vois-tu ? »

Mouettes mélanocéphales Larus melanocephalus, Laridés

Boris : « Des mouettes… Mélanocéphales ! Il y a pas du noir sur l’aile ! Et le capuchon descend plus bas, jusqu’au coup ! Larus mélanocéphalus, Laridés. »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Bravo ! »

Max : « Tu seras un bon guide Boris. »

Léo : « Et un bon formateur. »

Boris : « Vous dites ça pour me rassurer. »

Max : « Non. Enfin si… En fait on le dit parce qu’on le pense et tant mieux si ça te rassure. »

Léo : « Encore un courlis ! »

Max : « Il cherche du manger ! On regarde ? »

Léo : « Ouiiiii ! »

Max : « Bonome, tu peux t’approcher du muret s’il te plaît. On va descendre. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « On observe ! »

Courlis cendré Numenius arquata, Scolopacidés

Léo : « Il a rien trouvé de ce côté… »

Max : « Il change ! »

Courlis cendré Numenius arquata, Scolopacidés

Samuel : « Il a attrapé quelque chose ! »

Max : « C’est pratique le long bec pour fouiller sous les cailloux ! »

Léo : « Il est pas obligé de ploufer sa tête. »

Max : « Et il peut aller chercher les vers profondément dans la vase. »

Léo : « C’est ça l’adaptation au milieu. »

Max : « On pourrait penser que c’est embêtant un long bec comme ça. »

Léo : « Mais ça permet de trouver du manger. »

Boris : « Et il est pas en compétition avec les autres zoisos qu’on a vus. »

Max : « Ben non ! Chacun a une place ! »

Samuel : « Et il y a des tas de zoisos différents dans le même milieu 🙂 »

Max : « Ah bah il s’en va le courlis. »

Léo : « Il va manger ailleurs… »

Samuel : « La mer arrive 🙂 »

Max : « Il y a une aigrette garzette qui pêche ! On va voir ! Tu nous suis bonome ? »

Léo : « Avec ses grandes pattes il nous précède plutôt ! »

Max : « Là, on sera bien. Fotoe bonome ! Fotoe ! »

Aigrette garzette Egretta garzetta, Ardéidés

Léo : « Elle a attrapé un poisson ! »

Max : « Gloub le poisson ! »

Samuel : « Et elle s’est remise tout de suite à chasser ! »

Léo : « Elle profite de la marée ! »

Max : « Elle va avoir un gros ventre ! »

Boris : « Les poissons viennent au bord, comme ça ? »

Max : « Oui, mais je sais pas pourquoi. »

Léo : « L’eau est agitée donc riche en dioxygène. Et puis les vaguelettes remuent la vase et des particules organiques sont remises en suspension dans l’eau. »

Max : « Tu penses que les poissons viennent manger ? »

Léo : « Je suppose… »

Max : « Alors tout le monde vient manger. Ou se reposer… »

Léo : « Manger, puis se reposer 🙂 »

Max : « Il y a un autre courlis ! »

Courlis cendré Numenius arquata, Scolopacidés

Léo : « Il a rien attrapé lui… »

Boris : « Je pense que c’est un cendré cette fois. »

Max : « Avec un bec aussi long, c’est presque sûr. »

Léo : « On est jamais vraiment sûrs de nous avec les courlis… »

Samuel : « Comme dirait cousin Max : on peut pas tout savoir 🙂 »

Max : « Bon, la mer est bien montée. On peut aller s’installer au reposoir. Tu feras des fotos pour montrer à mes lecteurs s’il te plaît bonome. »

Le chevalier : « Oui mon petitours. Voilà. La foto n’est pas très belle… »

Max : « C’est pas une foto pour la beauté mais pour montrer. »

Le reposoir

Léo : « Les zoms qui passent sur le chemin savent même pas qu’il y a des zoisos ici 🙂 »

Max : « On s’en fiche des zoms. On zoisote entre petizours. »

Le chevalier : « Ah… Bien, je vous laisse alors… »

Max : « Tu restes là grand machin ! Entre petizours AVEC notre bonome ! »

Léo : « Voyons si il y a des sternes… Ouiiii ! »

Max : « Ou ça ? »

Léo : « Là Maxou ! »

Samuel : « Vu ! »

Max : « Vu aussi ! »

Samuel : « Rhoooo ! Il y a des petits… »

Max : « Bon, bonome c’est parti pour le fotoage ! Tu vois les caugeks ? »

Le chevalier : « Je les vois. »

Max : « Alors fotoe ! L’adulte et le petit là-bas ! »

Sternes caugeks Sterna sandvicensis, Laridés

 

Max : « Change d’appareil bonome. Et zoome sur chacun. S’il te plaît. On va montrer à Boris. »

Adulte Juvénile

Léo : « Tu vois Boris, la sterne caugek a une calotte noire et un long bec fin et pointu. Avec du jaune au bout. Il faut bien regarder parce que la sterne hansel lui ressemble beaucoup. Mais le bec de la sterne hansel est plus court, plus massif. Et surtout il a jamais de jaune au bout. »

Max : « La sterne hansel ? »

Léo « Oui, la sterne hansel, Gelochelidon nilotica. »

Max : « Je la connais pas. »

Samuel : « Cousin Max, tu sais bien que cousin Léo étudie beaucoup les Laridés. Tu devrais pas être surpris qu’il connaisse des espèces qu’on a jamais vues. »

Max : « Oui oui, je sais. Boris, la sterne caugek est la plus grande des sternes d’ici. Elle s’appelle Sterna sandvicensis ou Thalasseus sandvicensis. Ça dépend des livres ou des sites… »

Léo : « Tu as vu le petit ? C’est pas tout le monde qui en a déjà vu tu sais 🙂 »

Boris : « Je suis un privilégié 🙂 »

Léo : « C’est grâce à bonome. Il connaît les bons endroits pour les zoisos. »

Sternes caugek

Samuel : « Tout ça de sternes naines… Rhoooo !!! »

Max : « Des sternes naines ? »

Léo : « Oui, il y en a des dizaines !!! »

Sternes naines Sternula albifrons, Laridés

Max : « Boris, tu vois la sterne caugek parmi les sternes naines ? Ça montre bien la différence de taille. »

Léo : « La sterne naine a le bec orange et une tâche blanche sur le front. C’est de là que vient le nom d’espèce : Sternula albifrons. Sternula comme petit sterne et albifrons ça veut dire front blanc. »

Max : « Bonome, tu peux faire une foto avec les deux espèces ensemble s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je vois ce que je peux faire… Mmmmm… Ce n’est pas grave s’il y a des bécasseaux ? »

Max : « Non mais vous l’entendez ? Est ce que c’est grave si il y a des zoisos sur une foto ! Mais qu’est ce qu’on va faire de ce bonome ? Dites moi un peu ! »

Léo : « On pourrait le ploufer. »

Samuel : « Le falaizer. »

Boris : « Le jeter aux brochets. »

Max : « Aux congres. A la mer ce sont des congres. »

Léo : « On le falaize pour le ploufer afin de le donner aux congres. »

Samuel : « Jolie synthèse cousin Léo. »

Max : « C’est voté ! Bonome, tu finis les fotos et après tu vas sur la falaise là-bas s’il te plaît. »

Le chevalier : « Vous allez me pousser ? »

Max : « Ben oui. On a pas le choix. »

Le chevalier : « Je serais curieux de voir ça. Mes petitours essayant de me pousser d’une falaise 🙂 »

Léo : « Max, je crois qu’on y arrivera pas. »

Samuel : « Et puis il est pas encore tout usé. Il peut encore servir. »

Max : « Tu as raison petit Sam. Comment on retournerait à la cabane sans lui en plus. Bon bonome on te garde encore un peu. Mais fais attention à ce que tu dis quand même ! »

Samuel : « C’est qui les bécasseaux ? »

Le chevalier : « Regardez par vous mêmes… »

Max : « On regarde les sternes d’abord ! On verra les bécasseaux après ! »

Léo : « Une naine et une jeune caugek… »

Max : « Il y a pas des pierregarins ? »

Le chevalier : « Je n’en ai pas vu. »

Max : « Dommage. On aurait pu les montrer à Boris. »

Des sternes

Samuel : « Chevalier, tu veux bien fotoer les bécasseaux s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon petitours. »

Samuel : « Je suis son petitours:) Rrrrroooonnnn rrrroooonnnn… »

Max : « Petit Sam ! Un peu de tenue ! Un pirate ronronne pas comme ça voyons ! »

Samuel : « Là je suis pas un pirate. Je suis son petitours 🙂 »

Max : « On a perdu Sam 🙂 »

Léo : « Il va se remettre 🙂 Alors ? Ces bécasseaux ? »

Bécasseaux sanderlings Calidris alba, Scolopacidés

Léo : « Des bécasseaux sanderlings. »

Samuel : « Calidris alba, Scolopacidés. »

Max : « En plumage nuptial. »

Léo : « Je préfère le plumage du juvénile. »

Max : « Oui, moi aussi. »

Samuel : « Si tu faisais ton nouveau blog on pourrait mettre les fotos des différents plumages. »

Max : « Oui petit Sam. J’aimerais bien. Mais… »

Léo : « Tu as déjà beaucoup de travail Maxou. Tu vas reprendre les cours à la schola à la rentrée ? »

Max : « J’en discute avec bonome. Je pense que je vais faire la partie Internet. Je vais mettre ses cours, à ma façon, dans mon blog. Je vous en reparlerai. Bonome, fais une foto avec des zoisos tout mélangés s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui Max. Voilà. Une autre… Tiens. »

Max : « Merci bonomou 🙂 Boris, tu te doutes… »

Boris : « Tu me fais une interro ? Je veux bien 🙂 Fais voir ! »

Boris : « Je vois. C’est facile ! Il y a des bécasseaux sanderlings, des bécasseaux variables, une ou deux sternes naines et des tournepierres à colliers. Même qu’il y en a un en plumage nuptial et un autre en plumage internuptial. »

Samuel : « Les noms en scientifique s’il te plaît cousin Boris. Et les familles ! »

Boris : « Dans le même ordre. Calidris alba et Calidris alpina, Scolopacidés. Sternula albifrons, Laridés. Arenaria interpres, Scolopacidés. Et ce sont tous des Charadriiformes mais on sait pas pourquoi. »

Léo : « Bravo Boris ! En même pas une semaine ! Rholala ! »

Max : « Tu apprends vraiment vite. C’est bien ça. Samuel… »

Samuel : « Cousin Boris : 20/20 ! Bravo ! »

Max : « Bon, les cousins, vous connaissez le programme maintenant ? »

Boris : « Pas moi… »

Max : « On reste assis et on regarde le spectacle des zoisos qui volent. Et bonome fait 2000 fotos de plus 🙂 »

Samuel : « Vas-y les zoisos ! Vole ! »

Léo : « Rhoooo ! »

Boris : « Tout ça de sternes en vol ! »

Samuel : « Bravo les sternes ! Bravo ! »

Max : « Ça c’est du spectacle 🙂 »

Léo : « Regardez la jeune caugek ! Elle a les pattes dans l’eau. Elle va pas tarder à s’envoler. »

Max : « Bravo bonome ! »

Léo : « Il y a des décollages aussi ! »

Samuel : « Rholala ! »

Boris : « J’aime beaucoup cette partie de l’inspection 🙂 »

La suite se déroule sous les applaudissements et les rhoooo et rholala des petizours, sous l’œil attendri du chevalier…

Max : « Bon, ben la marée a recouvert le reposoir. Il y a plus des zoisos… »

Boris : « Ils sont allés où ? »

Max : « Dans les marais derrière. Ou en mer… On sait pas bien pour tous. »

Léo : « Les bécasseaux et les tournepierres vont dans les marais. Les courlis, les barges aussi. Mais les Laridés… »

Max : « Moi je pense que les sternes vont en mer. Ce sont des zoisos de mer. Ils peuvent dormir sur l’eau. On a déjà vu les mouettes et les goélands dormir sur l’eau. »

Léo : « On va se renseigner. »

Le chevalier : « Mes petizours… »

Max : « Oui bonome, on rentre. Approche toi qu’on se poche… Merci bonomou 🙂 »

On s’endormait dans les poches après tout ça de zoisos. Mais, en arrivant près de notre monture, bonome nous a demandé de sortir nos yeux. Et on les a vues 🙂

Hirondelles rustiques Hirundo rustica, Hirundinidés

Max : « Des petites hirondelles ! »

Samuel : « Elles sont toutes jeunes ! »

Léo : « Elles ont l’air aussi endormies que nous 🙂 »

Boris : « Hirundo rustica, Hirundinidés. »

Après on est vraiment rentrés. Et puis on a fait comme d’habitude. La toilette, les fotos, le chocolat, la chahut et puis le gros câlin 🙂

Voilà pour cette belle inspection du Royaume des Sternes de Mer Princesse. Je t’embrasse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

162- L’Île Où On Va à Pieds

Mardi 25 Juillet, An IV

Max : « Bonome, il faut aller sur l’Île aujourd’hui. »

Le chevalier : « Sur l’Île ? »

Max : « Ben oui ! Pour Boris ! On y voit les zoisos de mer, la géologie, les zoisos des terres… C’est important pour sa formation de voir tout ça. »

Le chevalier : « Ah, c’est pour Boris. »

Max : « Ben oui bonome, c’est pour Boris. »

Le chevalier : « Je suppose que tes cousins sont d’accord. »

Max : « Ben oui ! Je leur ai demandé. Je prends pas des décisions à l’unanimité de moi même MOI 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Je vois. Ça tombe bien. La marée nous permet d’y aller de suite et d’y rester un bon moment. »

Max : « Tu es d’accord ? »

Le chevalier : « Oui je suis d’accord. Pourquoi ne le serais-je pas ? »

Max : « Tu es d’accord 🙂 LES COUSINS ! METTEZ VOS SACADOS ! ON VA SUR L’ÎLE ! »

Plus tard, sur l’Île Où On Va à Pieds…

Max : « Bon, Boris, aujourd’hui on va faire les zoisos de l’estran. Après on refera un petit tour de l’Île pour t’initier à la géologie. Et encore après on traversera l’île pour voir des passereaux. »

Boris : « Tout ça ? »

Max : « Ben oui. Il faut qu’on te forme tu sais. C’est pas en restant assis par terre que tu feras des progrès. Bon, bonome, c’est parti ! Et tu trouves de beaux zoisos s’il te plaît. C’est pour Boris 🙂 »

Samuel : « Boris, Boris ! Nous aussi on aime beaucoup les zoisos ! »

Max : « Ben je sais ! Si bonome les débusque pour Boris, on les voit aussi nous 🙂 »

Léo : « Tiens, un Laridé ! J’en dis pas plus. C’est à toi de faire la détermination Boris. »

Goéland brun Larus fuscus, Laridés

Boris : « Une interro… Mais je sais que c’est pour évaluer mes connaissances… Aloooors… Dos gris sombre mais pas bleuté. Les pattes sont jaunes. C’est un goéland brun. Larus fuscus, Laridés. C’est trop facile 🙂 »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Bravo ! »

Max : « Je sais pas pourquoi il nous a crié dessus ce goéland brun. On l’a même pas dérangé. »

Samuel : « Peut-être qu’il prévenait les autres zoisos de notre présence. »

Max : « Peut-être… »

Léo : « Là ! Boris ! »

Petit gravelot Charadrius dubius, Charadriidés

Boris : « On le voit à peine ! »

Max : « Il est bien camouflé 🙂 »

Léo : « Je sais pas si on l’a déjà vu ensemble… »

Samuel : « Si, au Royaume des Échasses, mais il était loin. »

Léo : « Oui, je me souviens. On a quand même donné l’un des critères diagnostics… »

Boris : « Le tour de l’œil jaune. »

Samuel : « Ouiiii ! Bien cousin Boris ! »

Boris : « Mais je me souviens plus de son nom… »

Max : « Ça arrive. On peut pas toujours tout retenir. »

Léo : « C’est le petit gravelot, Charadrius dubius, Charadriidés. »

Boris : « C’est ça ! Le petit gravelot ! Celui qui court tellement vite qu’on voit plus ses pattes et qu’on a l’impression qu’il flotte dans l’air ! »

Léo : « Oui. Et quand il y a des œufs dans le nid, un trou dans le sol, ou des poussins, la femelle peut attirer un prédateur en courant loin du nid et en faisant semblant d’être blessée. Le prédateur la suit et le nid et les poussins sont protégés. On l’a jamais vu en vrai, juste dans un documentaire. »

Samuel : « Lui on l’a jamais vu avec cousin Boris. »

Tournepierre à collier Arenaria interpres, Scolopacidés

Max : « Il nous aime bien. On peut l’approcher sans qu’il s’envole. On le dérange pas lui. »

Samuel : « Il a même pas peur de nous. »

Boris : « C’est qui ? »

Max : « Pierre Petit-Pierre 🙂 »

Léo : « C’est le surnom qu’on lui a donné 🙂 C’est le tournepierre à collier, Arenaria interpres, Scolopacidés. Il retourne les pierres pour trouver son manger : des petits crabes, des arthropodes… »

Samuel : « C’est pour ça qu’il s’appelle le tournepierre. »

Max : « Ce qui m’embête c’est qu’on te forme peut-être pas pour les bons zanimos. On connaît pas la faune de la Grande Russie nous. »

Léo : « Non, alors on fait ce qu’on peut ! Et c’est bien d’apprendre ! Plus on étudie, mieux on apprend ! Alors même si Boris voit pas les mêmes zoisos que nous il saura les étudier ! »

Max : « Oulala ! Te fâche pas Léo ! »

Léo : « Je me fâche pas ! Mais tu répètes toujours qu’on connaît pas la faune de la Grande Russie. On y peut rien ! On va pas aller en Grande Russie quand même ! »

Max : « Ce serait bien 🙂 »

Boris : « Vous chamaillez pas ! J’aime bien ce que vous m’apprenez. Je verrai bien quand je retournerai en Grande Russie. Dites, vous connaissez ce machin à pointes ? »

Une capsule d’œuf de raie… d’espèce non déterminée…

Max : « La première fois que Léo en a vu il a fait une saproblague. En vrai il osait même pas la dire à bonome. »

Boris : « Qu’est ce qu’il a dit ? »

Max : « Que c’est un œuf de Batman 🙂 »

Boris : « 😀 »

Samuel : « Cousin Léo est rigolo 🙂 »

Max : « Ben oui. Il est pas toujours tout sérieux. Sinon c’est une capsule d’œuf de raie. La raie c’est pas un poisson. Parce que les poissons ça existe pas Boris. On t’expliquera pourquoi le soir dans la cabane. La raie a un squelette tout en cartilage. Il y a pas d’os. On la met donc dans un groupe avec tous les zanimos qui ont que du cartilage. Et on les appelle les Chondrichtyens. Il y a les requins dans ce groupe. »

Boris : « Vous connaissez tout, vous, rholala ! »

Max : « Non, on connaît pas tout. Il y a que bonome qui connaît tout 🙂 On continue ? »

Boris : « Ouiiii ! On continue ! »

Samuel : « Ben oui on continue ! On vient d’arriver ! »

Léo : « On a toute la journée… »

Boris : « Là, c’est une aigrette garzette, Egretta garzetta, Ardéidés. »

Aigrette garzette Egretta garzetta, Ardéidés

Max : « Bien Boris. C’est le zoiso qu’on a le plus fotoé ici. On en voit souvent, dans tous les milieux presque. Et comme il est grand, on peut le fotoer de loin. Mais c’est mieux quand on est tout près. »

Léo : « Et là Boris ? »

Chevalier guignette Actitis hypoleucos, Scolopacidés

Boris : « Il remue la queue de haut en bas dès qu’il s’arrête. C’est un chevalier guignette, Actitis hypoleucos et c’est un Scolopacidé. Lui aussi on le voit souvent. »

Léo : « Oui, tout le temps. Il forme pas des grands groupes comme les chevaliers gambettes ou les chevaliers arlequins. Il y en a parfois une dizaine d’un coup, rarement plus. »

Max : « Léo, tu te souviens pas au Grand Étang ? Un soir, on allait partir parce qu’il y avait plus assez de lumière pour fotoer. Et il y en a environ 25 qui sont venus se poser devant nous. »

Léo : « Ah oui ! Je me souviens ! Ils s’étiraient, faisaient sa toilette… »

Samuel : « 25 guignettes d’un coup ? »

Max : « Ben oui. C’est assez rare ça. »

Boris : « Là, il y a un grand gravelot. Charadrius… Charadrius… »

Samuel : « Charadrius hiaticulata, Charadriidés. »

Grand gravelot, Charadrius hiaticulata, Charadriidés

Max : « Il a qu’une seule patte ! »

Léo : « Max, on s’est déjà fait avoir. Souvent les zoisos replient une patte pour la reposer et la réchauffer. Et quand ils doivent se déplacer un peu ils sautillent sur une seule patte. »

Max : « Oui, je sais mais lui a qu’une seule patte. Regarde bien… »

Samuel : « Le pauvre… »

Max : « Ça arrive tu sais petit Sam… Bon, on continue à réviser les zoisos Boris. Qu’est ce que tu vois toi ? »

Boris : « Mmmmm… »

Samuel : « Cousin Boris mmmmme en se grattant la tête ! »

Max : « Ben voilà ! Bonome, tu es fier de toi ? Tu as contaminé notre cousin granrussien ! »

Boris : « Il y a quelques bécasseaux variables, Calidris alpina, Scolopacidés. »

Bécasseau variable Calidris alpina, Scolopacidés

Max : « Oui, ils sont souvent là. On a vu tous les zoisos habituels. »

Léo : « On pourrait faire une pause sur un rocher avant de faire la géologie. »

Max : « Bonne idée Léo ! Et on écoutera le vent nous raconter des histoires ! »

Boris : « Avant je voudrais réviser avec le beau livre si vous voulez bien. »

Max : « On veut bien Boris, on veut bien. Bonome, on grimpe sur ce rocher. Pendant ce temps tu peux sortir mon beau livre s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je peux 🙂 »

Max : « Les jumelles aussi s’il te plaît. Tu les mettras là. Merci mon bonome. »

Boris : « Je peux jumeller ? »

Max : « Ben oui ! C’est pour toi que j’ai demandé les jumelles. »

Boris : « Je vais étudier les bécasseaux variables… »

Boris : « Rholala ! On les voit bien avec les jumelles ! Ils ont le bec légèrement arqué vers le bas. J’avais pas vu encore ! »

Max : « Observe bien et on étudiera dans mon beau livre… »

Boris : « Rhoooo… »

Max : « Profite Boris, profite 🙂 »

Boris : « J’espère que mon chevalier aura des jumelles pour moi. »

Max : « Il faut en demander. Ça fait partie de la panoplie du naturaliste. »

Boris : « Je sais pas si j’oserai. On peut regarder ton beau livre ? »

Max : « Bien sûr Boris. »

Boris : « Son plumage change beaucoup au cours des saisons. »

Max : « Souvent chez les zoisos. C’est à cause des mues, pour avoir des bonnes plumes toujours en bon état. Je connais pas bien encore mais je vais essayer de t’expliquer un peu. D’abord le poussin sort de l’œuf avec un duvet qu’il garde que quelques semaines. Sauf chez les Psittacidés, les perruches, et d’autres familles dont les petits sont nidicoles. Chez ces zoisos le poussin sort de l’œuf tout nu. Il a pas des plumes. Mais on va mettre ces familles de côté. Chez les autres il y a rapidement la première mue. On dit la mue pré-juvénile qui donne le plumage juvénile. Après, il y a la mue post-juvénile au cours de laquelle les plumes du plumage juvénile sont remplacées par les plumes adultes. Sauf chez les zoisos avec plusieurs classes d’âge comme les Laridés. Chez les zoisos adultes il y a deux mues annuelles. La mue pré-nuptiale a lieu quelque part en hiver. Les plumes du plumage nuptial remplace les autres. Puis il y a la mue post-nuptiale pour reprendre le plumage internuptial. La plupart du temps les plumes sont remplacées petit à petit pour que le zoiso puisse continuer à voler. Mais chez les Anatidés les rémiges primaires et secondaires tombent presque en même temps. Alors ils peuvent plus du tout voler pendant environ un mois. Voilà ce que je peux dire sur les mues des zoisos. »

Samuel : « Bravo cousin Max ! Bravo ! »

Max : « Léo, as-tu quelque chose à ajouter ? »

Léo : « Pas grand-chose. Il faut préciser que les mues ont lieu en dehors des périodes d’élevage des petits. »

Max : « Ben oui. Ça consomme de l’énergie de faire des plumes neuves. Et élever des petits aussi. Les zoisos peuvent pas tout faire en même temps. »

Léo : « Tu as des questions Boris ? »

Boris : « Pas sur les zoisos. On fait la géologie ? »

Léo : « Oui, on fait la géologie ! »

Max : « On fait pas tout pour pas lasser Boris. »

Samuel : « Avant de commencer on peut quand même observer le rougequeue noir. »

Rougequeue noir, Phoenicuruas ochruros, Muscicapidés

Boris : « Phoenicurus ochruros, Muscicapidés. »

Samuel : « C’est très bien Boris. Bon on peut faire la géologie maintenant. »

Max : « On va commencer un peu plus loin. Tu avances bonome s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Jusqu’où dois-je aller ? »

Max : « Après la première pointe. Je te dirai. »

Le chevalier : « Bien mon petitours. »

Max : « Boris, ici c’est le Cénomanien. C’est un étage du Crétacé supérieur. Le premier étage d’ailleurs. Il date de 100 à 94 millions d’années avant aujourd’hui. »

Léo : « Au début c’est pas facile les étages, les systèmes et tout ça. Mais tu vas t’y faire Boris. »

Samuel : « Nous on a vu un stratotype déjà ! Un vrai ! »

Max : « Le stratotype c’est la coupe où a été défini l’étage. On a vu le stratotype du Bajocien défini par le grand Alcide d’Orbigny. Mais c’est au Jurassique. C’est plus vieux. Bon, on est arrivés. Tu fotoes bonome ? Merci. »

Max : « Si on fait dans ce sens là, on va aller du plus récent au plus ancien. Mais on va pas tout faire. Là, c’est le Cénomanien supérieur. Unité F. C’est un calcaire bioclastique grossier composé de quatre bancs principaux. »

Léo : « Bioclastique ça veut dire que c’est des morceaux de coquilles tout cassées qui font comme du sable. Mais un sable grossier. Et les bancs c’est des fines couches dans la couche. »

Boris : « Merci Léo. »

Max : « Oui, merci Léo. Venez, on va voir de plus près… »

Max : « Là, on est sur la couche E. C’est un sable glauconieux riche en Pycnodonte biauriculata et Rhynchostreon suborbiculatum. Au dessus il y a des calcaires fins (3 m) présentant quelques bancs ondulés et des biseaux. On y trouve des Ichthyosarcolithes triangularis et quelques Gastéropodes (Natices, Ptérodontes, Nérinées), Rhynchostreon suborbiculatum et des Bryozoaires. Au début c’est surtout des pycnodontes. Les pycnodontes se trouvent surtout dans les zones les plus lointaines de la plateforme. Là, on voit qu’il y en a beaucoup et qu’ils ont une coquille très épaisse. On en déduit qu’il y avait des apports importants de nutriments par des courants marins réguliers. Mais après, les pycnodontes ont été remplacés par les Rhynchostreon. C’est à cause que les courants se sont arrêtés ou ont été moins importants. »

Boris : « Rholala ! Tu connais bien la géologie Max ! »

Le chevalier : « Tu m’impressionnes Maxou. »

Max : « C’est parce que je travaille pour ma grande synthèse de la géologie de la Charentmaritimie. »

Le chevalier : « Tu as bien travaillé mon petitours. »

Max : « Merci bonome. Mais je connais pas tout encore. »

Léo : « Tu continues Maxou ? »

Max : « Oui, mais on avance un peu. Jusque la couche grise là-bas… »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou… »

Max : « Je veux 🙂 Allez chevalier aux longues pattes ! Voilà, on y est ! »

Max : « C’est la couche C2. C’est un calcaire gris riche en argiles. »

Léo : « Je peux expliquer le calcaire et les argiles ? »

Max : « Bien sur mon Léo. »

Léo : « Le calcaire c’est des toutes petites algues calcaires. En fait ce sont plus des algues. Mais les coquilles qu’elles ont formées. Quand les algues meurent leurs coquilles s’accumulent au fond de la mer. Et ça forme du calcaire. Et les argiles c’est des petites particules comme on voit dans la mer ici. Ce sont les argiles qui colorent le calcaire en gris. »

Max : « Merci mon Léo. La couche C2 est très fossilifère. Il y a tout ! Même des ichthyosarcolites. Venez voir, il y en a un là… »

Max : « C’est pas un beau fossile ça. Mais ils sont jamais complets les ichthyosarcolites. Vous voyez les petites tâches blanches dans la roche ? Ça fait comme des grains de riz. Ce sont des alvéolines. »

Samuel : « C’est quoi les alvéolines cousin Max ? »

Max : « Ce sont des foraminifères petit Sam. »

Samuel : « Des foraminifères ? »

Max : « Les foraminifères sont des zanimos unicellulaires. Ils ont une coquille perforée. Le trou qu’ils ont est appelé formanen. Et comme ils portent un trou on dit foraminifère. Ce qui veut dire, en latin ancien, qui porte un trou 🙂 »

Léo : « Tu as vraiment bien étudié Maxou. »

Samuel : « Mais tu as pas parlé de la couche D ! »

Max : « Je l’ai pas encore trouvée 🙂 Elle est là, quelque part entre la C4 et la E. Mais je la trouve pas. On reviendra encore. Là je vais pas embêter Boris avec toutes les couches. »

Boris : « Ça m’embête pas Max. »

Max : « Ça t’embête pas quand j’explique mais ça t’embêterait si je cherchais devant toi. Venez, on va plus loin. »

Le chevalier : « Max ! Où cours tu comme ça ? Tu préfères pas pocher ? »

Max : « Je suis guide-géologue moi ! Je poche pas ! »

Le chevalier : « Tu vas être épuisé ce soir mon petitours. »

Max : « M’en fiche. Allez ! Avance bonome ! »

Max : « Là ce sont les couches C2, en bas, et C3, en haut. »

Samuel : « Tu nous expliques la couches C3 cousin Max s’il te plaît. »

Max : « La couche C3 ? Si tu veux petit Sam. Vous voyez bien que ce sont des calcaires jaunâtres. Il y a beaucoup de Rudistes. Il faudra qu’on en cherche un jour parce qu’il y a des tas d’espèces qu’on a jamais vues : des Caprinas, des Polyconites… Il y a des Gastéropodes, des éponges, des stomatopores… Ça veut dire que c’était un environnement péri-récifal. Les huîtres arrivent à la fin. Ce sont des Rastellum machin je sais plus quoi. C’est quand la sédimentation a ralenti. Et au sommet de C3 il y a un hard-ground. Le hard-ground c’est un niveau dur. Une limite bien nette. Ce hard-ground montre que la sédimentation s’est carrément arrêtée parce que la mer est repartie. C’est la régression d’entre le Cénomanien moyen et le Cénomanien supérieur. »

Le chevalier : « Max, je suis d’accord avec Léo. Tu as vraiment bien travaillé pour ta grande synthèse. »

Max : « Je connais pas tout encore mais vos compliments me vont droit au cœur. Il faudra revenir tout étudier et faire que la géologie sur l’Île. »

Léo : « Tu y arriveras pas ! Tu l’as déjà dit et à chaque fois tu veux voir les zoisos et on fait pas la géologie. »

Samuel : « On pourrait l’aider et interdire la zoisologie. »

Max : « Non, on interdit pas la zoisologie ! Il est interdit d’interdire la zoisologie ! »

Samuel : « C’était pour t’aider cousin Max. Moi j’aime beaucoup les zoisos 🙂 »

Léo : « Et toi Boris, ça te plaît la géologie ? »

Boris : « Je connaissais pas alors c’est un peu difficile. Mais c’est fascinant ! On regarde des cailloux et on retrouve l’environnement d’il y a 100 millions d’années ! »

Léo : « Oui, on remonte le temps. En fait on est en même temps maintenant et il y 100 millions d’années 🙂 »

Samuel : « On est comme le vent 🙂 »

Max : « On est comme bonome ! On se bonomise les cousins 🙂 »

Boris : « La chance ! »

Léo : « Toi aussi Boris tu vas te bonomiser, mais il faut être patient. C’est pas tout de suite qu’on se bonomise. »

Max : « On continue d’avancer ? Après la Passe aux Filles il y a de beaux sphaerulites. On pourrait les montrer à Boris. »

Le chevalier : « Nous te suivons Maxou. »

Max : « Là je veux bien pocher. Parce que c’est un peu loin pour mes petites pattes. »

Le chevalier : « Grimpe mon petitours ! »

Max : « C’est parti ! »

Samuel : « Tu viens avec moi cousin Max ! Chouette alors ! »

Léo (à Boris) « Petit Sam aime beaucoup son cousin Max. »

Boris (à Léo) : « Il t’aime beaucoup aussi il me semble 🙂 »

Samuel : « Cousin Max, on va sur quelle couche ? »

Max : « Mmmmm… B3, c’est le Cénomanien inférieur. J’ai pas bien étudié encore. Il y a plusieurs barres carbonatées qui ont des surfaces durcies, ce qui indique des arrêts de sédimentation et des régressions. C’est surtout au niveau de ces surfaces qu’on trouve les Sphaerulites. Tenez ! Il y en a un là ! Viens voir Boris ! »

Sphaerulites foliaceus

Boris : « Il est étrange ce fossile ! »

Max : « Ben oui ! Bonome connaît que des trucs bizarres 🙂 C’est un Sphaerulites foliaceus. Il fait partie du groupe des Rudistes. Ce sont des Bivalves étranges dont la symétrie existe plus du tout. Ce qu’on voit là c’est la valve droite. La gauche est rarement retrouvée. Sauf quand elle est restée en place mais c’est rare. Entre les barres carbonatées à surface durcies il y a des fines couches plus marneuses. Il y en a une petite juste après le petit canal. On y va ? »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou. »

Max : « Il y a des fossiles dans cette petite couche. On pourrait fossiler pour montrer à Boris. »

Le chevalier : « Si c’est pour montrer à Boris 🙂 »

Max : « C’est là bonome. On descend ! Bon, on se disperse mais pas loin pour pas inquiéter bonome. Et on revient avec nos trouvailles dans 5 minutes. »

Léo : « D’accord ! »

Samuel : « C’est parti ! »

Boris : « Je sais pas ce qu’on cherche moi ! »

Samuel : « Tu verras quand tu trouveras Boris ! »

Quelques minutes plus tard le chevalier siffle le rassemblement des petizours avec son sifflet de bosco…

Max : « Tu te sers du sifflet qu’on t’a offert 🙂 »

Le chevalier : « Vous me l’avez offert pour sonner le rassemblement des petizours 🙂 »

Max : « Ouiiiii 🙂 Qui commence ? »

Léo : « Petit Sam ! »

Samuel : « J’en ai trouvé un seul ! »

Max : « Montre le ! Il dépasse de ton dos ! »

Samuel : « 🙂 Voilà ! »

Max : « Belle trouvaille petit Sam. Ça Boris, c’est un moulage interne de Gastéropode. Le calcaire argileux a rempli la coquille qui a disparu. Il reste que le moulage de l’intérieur. C’est difficile de trouver l’espèce avec ce genre de fossiles. »

Léo : « A moi ! »

Max : « Vas-y Léo, montre nous ! »

Max : « C’est intéressant ça. »

Samuel : « Tu connais cousin Max ? »

Max : « Je suis pas sûr. Bonome me corrigera si je dis des erreurs. Je pense que ce sont des petits Rhynchostreon suborbiculatum. Ils forment des lumachelles entre les barres calcaires. »

Léo : « Une lumachelle c’est une accumulation de fossiles. Souvent il y a une espèce principale et quelques individus d’autres espèces. Les lumachelles se forment suite à des tempêtes, quand toutes les coquilles se rassemblent d’un coup. Dans ce cas elles sont tout cassées. Ou alors c’est lors d’un arrêt ou un ralentissement de la sédimentation. Il y a aussi les lumachelles des hautes de plages… »

Boris : « Merci Léo pour ces précisions. Et merci Max pour l’initiation à la géologie. »

Max : « On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Tu as quelques bases de géologie sédimentaire. C’est pas beaucoup mais en Charentmaritimie c’est soit des calcaires soit des argiles. C’est pas passionnant. C’est mieux la Bretagne. »

Léo : « On arrête la géologie ? »

Max : « Ben oui. Pense un peu à Boris. Après sa tête va exploser 🙂 »

Léo : « On va voir les zoisos de l’intérieur de l’île ? »

Le chevalier : « Je propose de prendre le chemin qui coupe l’île en deux. »

Max : « Ben oui, comme ça on passe par la mare et on verra les zoisos qui viennent boire 🙂 Allez ! C’est parti ! »

Boris : « Max, comment tu appelles ces fossiles déjà ? »

Un fossile bizarre Sphaerulites foliaceus

Max : « Sphaerulites foliaceus. »

Boris : « Je sais pas si je vais retenir… »

Max : « Il m’a fallu venir ici plusieurs fois pour retenir 🙂 »

Samuel : « On retient pas tout tout de suite cousin Boris. »

Léo : « Max, regarde 🙂 »

Max : « Je vois 🙂 »

Boris : « Qu’est ce que vous avez-vu ? »

L’échelle stratigraphique de l’Île Où On Va à Pieds 🙂

Max et Léo : « L’échelle stratigraphique !!! »

Samuel (à Boris) : « C’est leur saproblague préférée 🙂 »

Léo : « L’échelle stratigraphique c’est un document qui montre les étages, les systèmes, les ères… »

Max : « Et partout où on fait la géologie, on trouve une échelle 🙂 »

Boris : « C’est une blague de bonome ça 🙂 »

Le chevalier : « Non non 🙂 C’est une blague de Max. »

Boris : « Je voulais dire du style du chevalier. »

Max : « On se bonomise vraiment alors ! »

Léo : « Pauvres de nous ! »

Max : « Bon, on grimpe et on rejoint le chemin. »

Le chevalier : « Je grimpe alors que vous pochez. »

Max : « Bonome, tu as vu les marches ? Comment veux-tu qu’on les escalade par nous mêmes ? »

Le chevalier : « Je ne veux pas que vous les grimpiez mais que tu sois juste dans ta formulation. Je grimpe ! »

Max : « Oui bonome, c’est toi qui grimpes. Regarde, tu es déjà en haut toi ! »

Léo : « Le chevalier aux longues pattes 🙂 »

Max : « Allez, bonome, cavale. »

Boris : « Dites, on peut faire la botanique ? »

Max : « Ben oui ! On est naturalistes nous et les naturalistes font la botanique. »

Léo : « Quelle plante veux-tu étudier Boris ? »

Boris : « Celle aux fleurs jaunes. On l’a vu plusieurs fois. Vous la connaissez ? »

Pavot cornu Glaucium flavium, Papavéracées

 

Max : « Tu veux faire Léo ? »

Léo : « C’est toi le guide aujourd’hui apparemment 🙂 »

Max : « Mais après vous allez dire que c’est toujours moi qui fais et que je vous laisse pas la parole ! »

Samuel : « On va pas dire ça cousin Max. »

Boris : « Allez Max ! C’est toi le guide ! »

Max : « D’accord, je veux bien. C’est pas très difficile de trouver la famille. Il y a quatre pétales tout chiffonnés. Les sépales tombent quand le bouton floral s’ouvre. C’est suffisant je crois pour dire que c’est une Papavéracée. Après, pour l’espèce, je sais pas justifier vraiment. Les pétales jaunes, le fruit très long… C’est le pavot cornu, Glaucium flavum, Papavéracées. On la trouve souvent sur les hauts de plages, les digues… Jamais loin de la mer… C’est un cousin de Coquelicot 🙂 »

Boris : « Merci Max. »

Max : « A ton service Boris 🙂 »

Léo : « On va zoisoter maintenant ! »

Samuel : « Cousin Léo a l’air d’être impatient de voir les zoisos. Pourtant tu aimes la géologie d’habitude. »

Léo : « Oui, j’aime beaucoup la géologie. Mais aujourd’hui je me sens en vacances et en vacances on zoisote. »

Max : « En vacances on est naturalistes Léo. Souviens-toi de la Bretagne ! »

Léo : « C’était pas pareil ! On était en mission d’inspection. »

Max : « Là aussi Léo. Et en plus on doit former Boris. »

Samuel : « Double mission ! »

Léo : « Oui, mais aujourd’hui je me sens en vacances… »

Max : « D’accord Léo. On a Boris le rapiécé, Sam le pirate et Léo le vacancier 🙂 Le premier qui ajoute Max le ronchonneur je le mords et je le ploufe dans la mare avec les douves du foie ! »

Léo : « On est des peluches. On a pas de foie 🙂 »

Samuel : « On risque rien ! »

Max : « Vous savez nager ? »

Léo : « Ah non ! »

Boris : « Moi non plus… »

Max : « Bien, alors soyez sages 🙂 On arrive. »

Léo : « Attendez avant d’approcher de la mare ! Il y a des hirondelles dans l’arbre mort ! »

Max : « Alors on va les voir ! »

Jeune hirondelle rustique Hirundo rustica, Hirundinidés

Max : « Tu connais les hirondelles Boris ? »

Boris : « Je sais pas si j’en ai déjà vu. »

Max : « Observe bien celle-ci. »

Léo : « Max, tu as vu la tache sous le cou ? »

Max : « Oui, elle est jaunâtre. »

Léo : « Ce sont des petits alors ? »

Max : « Je pense aussi. »

Samuel : « Dites, vous voulez pas donner l’espèce à cousin Boris ? »

Max : « Si si ! Ce sont des hirondelles rustiques. Chez les adultes la tache est rouge. Mais ils sont déjà grands ces petits. On voit bien les deux filets au niveau de la queue. »

Samuel : « Hirondo rustica, Hirundinidés. »

Léo : « Ce sont des migrateurs. Autrefois il y avait de grands rassemblement d’hirondelles rustiques et des fenêtres sur les fils électriques avant leur migration. Mais maintenant qu’il y a presque plus d’insectes dans la nature… »

Max : « A cause des zoms ! Ils tuent les insectes et les zoisos insectivores ont plus du manger… »

Léo : « Plus personne peut comprendre le proverbe qui dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps ! On voit plus des hirondelles ! »

Samuel : « On parle pas de sujets qui donnent la dépression aujourd’hui ! »

Max : « Tu as raison petit Sam. On va à la mare ! »

La mare

Max : « C’est la taverne des zoisos de l’île ! »

Léo : « Ils ont à boire et à manger ! »

Boris : « A manger aussi ? »

Max : « Oui, regarde ! »

Linotte mélodieuse mâle (Carduelis cannabina, Fringillidés) sur sureau noir (Sambuca nigra, Adoxacées).

Boris : « Ils mangent des fruits ! C’est qui ce zoiso ? »

Léo : « Une linotte mélodieuse mâle, Carduelis cannabina, Fringillidés. On voit que c’est un mâle au rouge qu’il a sur la poitrine et la tête. »

Max : « Bonome, tu peux nous parler de ce végéto qui sert de restaurant aux zoisos. S’il te plaît. »

Le chevalier : « Le sureau noir, Sambucus nigra. Autrefois classé dans la famille des Caprifoliacées, il a été réattribué à la famille des Adoxacées. »

Max : « C’est compliqué parfois la systématique… »

Le chevalier : « C’est sans fin 🙂 La biologie moléculaire change un peu les classifications établies autrefois. Les oiseaux aiment beaucoup les fruits du sureau noir. Ce sont des fruits charnus appelés baies. Les oiseaux contribuent à la dispersion des graines et donc à la colonisation de nouveaux milieux par le sureau noir. »

Max : « Boris, il faut savoir que c’est fréquent, ça. Les zoisos mangent les fruits mais ils digèrent pas les graines. Alors elles se retrouvent dans les fientes et quand le zoisos fait caca il rejette les graines. Souvent loin de la plante mère. Il y a pas que les zoisos qui font ça. Le renard aussi. »

Boris : « Le renard mange des fruits ? »

Max : « Oui, beaucoup ! C’est plus facile à attraper que les zanimos 🙂 »

Le chevalier : « Pour la dispersion des graines par les animaux, on parle de zoochorie. Dans le cas particulier de la dispersion des graines par les zoisos c’est l’ornithochorie. »

Max : « Voilà Boris, ça c’est mon bonome ! On explique des choses simplement et lui dit des mots que personne connaît à part lui ! Et il est content ! Il peut parler avec personne à cause de ces mots compliqués. Qui comprend l’ornithochorie ? Tu peux me dire ? Alors il a pas d’amis ! Forcément ! Tu l’imagines dans une taverne avec quelqu’un de normal. L’autre papote et bonome parle de zoochorie, de commensalisme ou de phorésie ! Alors l’autre s’en va et il reste tout seul ! »

Léo : « Il reste avec ses petizours qui aiment bien apprendre des mots précis ! Et je te rappelle que c’est toi qui nous as appris la phorésie ! »

Max : « Ah oui 🙂 »

Boris : « C’est quoi la phorésie ? »

Max : « C’est quand un zanimo en transporte un autre. On avait vu… Le nécrophore ! C’est un insecte qui enterre les cadavre de zanimos pour pondre ses œufs dessus. Comme ça les petits ont du manger tout de suite quand ils éclosent. Le nécrophore portait des acariens. Il le faisait pas exprès. Les acariens étaient un peu des passagers clandestins. Ils profitaient du transport gratuit pour aller de cadavre en cadavre… »

Boris : « Il y a un autre exemple de phorésie 🙂 »

Max : « Lequel ? »

Boris : « Les petizours qui se promènent en bonome 🙂 »

Samuel : « C’est vrai ! »

Max : « On est pas des passagers clandestins nous ! »

Léo : « Non, mais on se fait transporter par un grand chevalier 🙂 Revenons aux zoisos. Ils ont le restaurant avec le sureau. Et ils peuvent boire. Si on bouge pas on va voir des tas de zoisos venir se désaltérer… »

Samuel : « Les linottes mélodieuses… »

Linotte mélodieuse Carduelis cannabina, Fringillidés

Léo : « Un moineau domestique et un chardonneret rigolo ! »

Moineau domestique et chardonneret élégant Passer domesticus, Passéridés et Carduelis carduelis, Fringillidés

Samuel : « Passer domesticus, Passéridés et Carduelis carduelis, Fringillidés. »

Max : « Un moineau mâle adulte ! »

Moineau domestique mâle Passer domesticus, Passéridés

Léo : « Un chardonneret rigolo a pris la place du moineau ! »

Chardonneret élégant Carduelis carduelis, Fringillidés

Max : « Il y en a un autre là ! »

Chardonneret élégant Carduelis carduelis, Fringillidés

Samuel : « Et là un verdier d’Europe ! Chloris chloris, Fringillidés. »

Verdier d’Europe Carduelis chloris, Fringillidés

Boris : « Rholala ! Tout ça de zoisos ! Et sans bouger ! »

Max : « Oui, ce sont les zoisos qui viennent à nous 🙂 »

Léo : « On est spectateurs dans leur taverne 🙂 »

Boris : « Elle est bien cette Île ! On voit les zoisos de mer, la géologie, les zoisos des terres… »

Max : « Je t’avais dit Boris 🙂 C’est pour ça qu’on y vient souvent. Et puis le vent souffle toujours un peu plus ici. »

Boris : « Il est gentil le vent. Et j’aime beaucoup ses histoires. »

Max : « Nous aussi. Mais il faut jamais les répéter Boris. A personne. Sinon il te parlerait plus. »

Boris : « J’ai bien compris Max. Je voudrais pas fâcher le vent. »

Samuel : « Si ton chevalier sais pas que le vent raconte des histoires il faudra l’initier. »

Boris : « Je pourrais lui parler de Tante Yvonne ? »

Max : « Oui, bien sûr. Mais à mon avis elle va vouloir le voir. Elle va aller dans ses rêves. Et si il est pas gentil avec toi elle va le gronder. »

Léo : « Tante Yvonne va veiller sur toi Boris. Sois rassuré. Et le vent aussi. Tu seras jamais seul. »

Samuel : « Et puis tu vas former d’autres petizours… »

Max : « Il faudra bien faire ta mission. »

Boris : « Je sais pas si je vais y arriver. »

Max : « Si on te l’a confiée c’est que tu en es capable Boris. »

Samuel : « Tu vas y arriver cousin Boris. »

Léo : « Un couple de verdiers ! »

Verdiers d’Europe Carduelis chloris, Fringillidés

Boris : « Et lui là-haut ? C’est qui ? »

Un pouillot Phylloscopus sp., Phylloscopidés

Max : « Lui ? Aïe ! »

Léo : « Pfff !!! »

Boris : « Vous le connaissez pas ? »

Samuel : « C’est un pouillot et on est pas très fort en pouillots. »

Max : « Mais même le gentil spécialiste en zoisos du Royaume des Chevaliers dit que c’est pas facile de les distinguer ! »

Boris : « Vous connaissez un spécialiste en zoisos ? »

Max : « On le croisait souvent au début au Royaume des Chevaliers. Il discutait avec bonome. Et il nous a identifié quelques zoisos sur fotos. Il nous a même fait une petite formation en rapaces. »

Boris : « Une formation en rapaces ! La chance ! »

Max : « Il nous a appris à reconnaître les rapaces les plus fréquents ici : les buses variables, les milans noirs et les busards des roseaux. Je débutais moi. Je les mélangeais tous. »

Léo : « Maintenant on les reconnaît au premier coup d’œil 🙂 »

Samuel : « Mais pas les pouillots… »

Max : « Alors on dit que c’est Phylloscopus sp. On ajoute sp. Derrière le nom de genre quand on sait pas l’espèce. »

Le chevalier : « Max, puisque tu as été guide aujourd’hui, est-ce que tu surveilles l’heure ? »

Max : « Non, j’ai pas de montre. La marée monte ? »

Le chevalier : « Oui. Il serait plus prudent de retourner doucement à notre monture. »

Max : « Si tu veux bonome. »

Samuel : « Cousin Boris doit être fatigué avec tout ce qu’on a vu aujourd’hui. »

Boris : « Un peu. J’ai peur de tout mélanger dans ma tête. »

Léo : « Ça arrive. Mais après un peu de repos tout se remet dans l’ordre. »

Max : « Bon, bonome, direction la monture ! Mais pas trop vite ! »

Le chevalier : « Je sais Maxou. On zoisote encore ! »

On s’est pochés confortablement. Bonome marchait doucement mais on observait plus vraiment. On profitait du paysage. Sauf Boris. Ses petits yeux se fermaient tout seuls. C’était un grosse journée pour un petitours en formation. Surtout avec la géologie. Léo et Samuel, qui partageaient la même poche, chuchotaient tous les deux. J’ai compris pourquoi après. Ils établissaient leur stratégie pour la grande bagarre du soir:) Sam le pirate et Léo le vacancier contre Boris le rapiécé et Max le ronchonneur ! On a bien rigolé. Mais ça c’était le soir. Après les révisions. Pendant notre retour à la monture on a eu une drôle de surprise. J’ai pas vu tout de suite moi. Léo et Sam non plus, tellement ils étaient occupés à mettre au point leur stratégie. Mais bonome s’est arrêté pour fotoer par terre…

Max : « Pourquoi tu t’arrêtes bonome ? »

Le chevalier : « Regarde Max ! »

Tadorne de Belon Tadorne tadorna, Anatidés

Max : « Un zoiso tout mort ! Boris ! Réveille toi ! Regarde ! »

Boris : « Mmmmm… Oh ! C’est qui ce zoiso ? »

Léo : « On dirait que c’est un tadorne. »

Samuel : « C’était un tadorne. Parce que là… »

Max : « Bonome, tu peux fotoer les détails s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je peux… »

Max : « Parce que c’est pas tous les jours qu’on voit l’intérieur d’un zoiso. »

Léo : « On peut faire l’anatomie 🙂 »

Max : « La squelettologie 🙂 »

Léo : « Ça c’est le bréchet ! Un os spécifique des zoisos ! »

Max : « Pas tout à fait Léo. C’est sa forme qui est spécifique. En fait c’est comme le sternum. L’os qui est devant chez les zoms, sur lequel viennent s’attacher les côtes. »

Léo : « Chez les zoisos il y a une expansion vers l’avant. C’est la dessus que sont insérés les puissants muscles du vol. Il faut des gros muscles pour voler. »

Max : « Chez les zoms ce sont les pectoraux. Mais les zoms ont des petits pectoraux puisqu’ils volent pas. Alors il y a pas l’expansion vers l’avant. Le sternum est tout plat et on dit pas un bréchet. »

Le chevalier : « Il me semble que le bréchet est seulement l’expansion. Pour le reste on parle bien de sternum. Savez vous que le bréchet est apparu chez les dinosaures ? »

Max : « Ça m’étonne pas ! Les zoisos sont des dinosaures. »

Léo : « Archéoptéryx avait pas de bréchet. Il pouvait pas battre des ailes. »

Max : « Pour mes lecteurs il faudra que je précise qu’ils connaissent bien le bréchet. C’est l’os du poulet sur lequel est attaché le blanc. Le blanc du poulet c’est les muscles pectoraux. »

Boris : « Et lu tuyau blanc ? C’est quoi ? »

Max : « Il vient du cou et va vers la cage thoracique… C’est la trachée bonome ? »

Le chevalier : « Oui, elle est renforcée par du cartilage pour ne pas qu’elle s’écrase. Sinon l’air passerait moins bien ou plus du tout. »

Max : « Et le zoiso pourrait plus voler ou serait tout mort. »

Léo : « Ben, il est tout mort là. »

Max : « On devrait l’enterrer… »

Le chevalier : « Oui, prenez vos pelles et au travail ! »

Max : « … Les naturalistes doivent pas intervenir sur leur objet d’étude… On le laisse là, comme il était. »

Le chevalier : « Je vois. »

Max : « Tu vois quoi ? »

Le chevalier : « Que tu n’es pas volontaire pour creuser… »

Max : « Bonome, on a pas des pelles. Et surtout on a pas des doigts ! Comment on ferait pour tenir les pelles ? »

Léo : « Bon argument 🙂 »

Le chevalier : « D’accord. Pas d’enterrement pour le tadorne. »

Max : « Fotoe sa tête bonome. »

Le chevalier : « Son crâne… »

Max : « Son bec est légèrement courbé vers le haut… »

Léo : « J’avais jamais remarqué. »

Max : « Bonome, on peut pas prendre tout le squelette mais je peux prendre le crâne pour mettre sur mon étagère ? »

Le chevalier : « J’allais te le proposer 🙂 Et j’apprécie la formulation. Tu n’as pas parlé de ta collection… »

Léo : « Tu vas pas aller en prison si tu prends le crane ? Si je me souviens bien on doit pas du tout toucher aux espèces protégées. Arrêté ministériel du 17 avril 1981 fixant la liste des zoisos protégés sur l’ensemble du territoire. »

Max : « Le tadorne de Belon en fait partie ? »

Léo : « Il me semble bien… »

Max : « Personne le saura… »

Léo : « Tu veux faire prendre le risque à bonome ? »

Le chevalier : « Pour mon petitours… »

Max : « Allez, tu prends le crâne. Tu le mets dans ton sacado et on file ! Et tu évites les gens d’armes ! »

Il a fait ce que je lui ai demandé. Il est comme ça mon bonome 🙂 Après on est rentrés en dormant dans la poche. Le soir, après la toilette, on a bien révisé. Léo a expliqué à Boris pourquoi les poissons ça existe pas. Puis on a regardé des fotos pour réviser les zoisos. D’un coup Sam le pirate a lancé la bagarre. Leur stratégie a bien marché. Boris et moi on s’est fait ratatiner 🙂 Bonome s’est moqué de nous alors on lui a sauté dessus tous les quatre. Et il a fait semblant de perdre encore une fois.

Voilà Princesse pour notre inspection de l’Île Où On Va à Pieds. On fait bien notre mission et Boris fait de gros progrès. Il va être un bon formateur je pense. J’espère que le Grand Conseil des Petizours de Grande Russie va lui trouver un bon bonome… Tu peux pas intervenir pour le choisir ?

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

161 – Le Marais

Lundi 24 Juillet, An IV

Max, Léo et Samuel sont dans la pièce principale de la cabane de Charentmaritimie. Le chevalier les rejoint avec Boris…

Le chevalier : « Bonjour mes petizours:) »

Les trois : « Привет рыцарь! Привет Борис ! »

Le chevalier : « 🙂 Bien dormi ? »

Max : « Léo et moi oui. Mais petit Sam nous a dit que Boris avait eu un sommeil agité. »

Le chevalier : « Tu as mal dormi mon petit Boris ? »

Boris : « Un peu… Pas vraiment… J’ai fait un drôle de rêve… »

Max : « Un rêve ? Raconte nous ! »

Boris : « Tout a commencé au bord de la mer. J’étais assis sur le sable, seul. Mais vous m’aviez pas laissé. C’était normal que je sois seul et j’étais bien. Puis le vent s’est mis à souffler très fort mais pas n’importe comment. Il m’a soulevé d’un coup, comme si il me portait dans une main invisible. J’étais même pas secoué. Il m’a porté longtemps comme ça, au dessus de la mer, des forêts, des montagnes… Je voyais des zoisos et des tas de zanimos… de loin. Puis il m’a posé sur un bateau. Et j’ai vu un chien. Un gentil chien un peu fou. Mais il m’a pas fait peur. Il m’a reniflé et il est parti. Il est revenu avec une grande dame toute ébouriffée. Elle m’a regardé puis m’a dit : ‘Alors c’est toi Boris. Je suis contente de faire ta connaissance. Tu as de la chance d’avoir rencontré le chevalier et ses petizours. Écoute bien tout ce qu’ils vont t’apprendre, n’en perds pas une miette. Et fais toi confiance.’ Puis elle m’a demandé si je voulais du chocolat et des gratouillis. J’étais impressionné par la prestance de cette grande dame qui me connaissait déjà. J’ai répondu oui timidement. Alors elle m’a pris contre elle, m’a donné du chocolat puis m’a gratouillé le front. Elle est allée à l’avant du bateau puis a dit qu’on allait naviguer un peu. C’était étrange… Je sais pas comment dire… Le bateau avançait lentement mais le paysage défilait vite autour. Et le temps aussi. Très vite mais pas trop quand même. J’ai vu un océan s’ouvrir puis se refermer. Puis des montagnes sont apparues. Là, la grand dame m’a dit que comme ça je comprendrais mieux plus tard. Plus tard peut-être mais là j’ai pas compris ce qu’elle voulait dire. Et puis elle m’a dit au revoir, m’a demandé d’être bien sage et de vous dire qu’elle était ravie de vous connaître mais qu’elle aimerait bien pas être tout le temps dépeignée à cause de vous. Elle a souri en disant ça et a ajouté que vous comprendriez. Là, elle m’a fait un gros bisou sur le front puis m’a dit au revoir. Le vent m’a repris dans sa main invisible et il m’a ramené sur la plage du début. Puis vous êtes apparus et je me suis réveillé. »

Max : « C’était Tante Yvonne ! »

Léo : « Elle voulait te voir 🙂 »

Samuel : « Tu fais vraiment parti de la tribu toi 🙂 »

Boris : « Tante Yvonne ? Celle dont vous m’avez déjà parlé ? »

Max : « Oui 🙂 Tante Yvonne ! On en a qu’une de Tante Yvonne. »

Léo : « Max, je crois qu’il faut qu’on arrête de dire au vent de faire des rafales pour la dépeigner… »

Max : « Non 🙂 »

Samuel : « Tante Yvonne voulait te voir… La chance ! »

Max : « Elle apparaît dans les rêves de tous les petizours de bonome. »

Léo : « Et elle voulait te montrer l’ouverture et la fermeture d’un océan, la formation d’une chaîne de montagnes… Elle a ajouté que tu comprendrais plus tard, c’est bien ça ? »

Boris : « Oui, c’est ce qu’elle a dit. »

Léo : « C’est étrange… »

Max : « Bonome, aurais-tu une explication à nous fournir ? »

Le chevalier : « Moi ? Nooooon. »

Max : « Bonome ! »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Bonome, nous attendons ton explication ! Tante Yvonne fait rien par hasard ! »

Léo : « Dites, quand on a écouté le vent il y a quelques jours, il nous a bien dit que Tante Yvonne naviguait dans le bassin Apulien de l’océan Téthys n’est-ce pas ? »

Samuel : « Je sais plus bien mais ça ressemblait à ça. »

Léo : « Et elle montre la formation d’une chaîne de montagnes à Boris… Bonome, tu nous dois des explications ! »

Le chevalier : « Pas du tout ! »

Léo (songeur) : « Je crois comprendre… »

Samuel : « Boris, tu vois, Tante Yvonne pense aussi que tu dois avoir confiance en toi. Tu connais déjà beaucoup de zoisos. Tu apprends vite et tu aimes apprendre. Ça va bien se passer pour toi. T’inquiète pas cousin Boris. »

Boris : « Merci petit Sam. Tes encouragements me vont droit au cœur. »

Léo : « Le mieux pour avoir confiance c’est de travailler. Si on allait aux zoisos ? Bonome, où nous emmènes-tu aujourd’hui ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas encore… »

Léo : « Alors on va dans le Marais. Tu vas montrer le Marais à Boris. »

Le chevalier : « Max ? Sam ? Qu’en pensez-vous ? »

Max : « D’accord ! »

Samuel : « D’accord aussi 🙂 »

Léo : « Bien ! Sam et Boris vous filez dans la chambre chercher nos affaires. Max, tu vas chercher le chocolat. Mais pas trop ! »

Max : « Oulala ! C’est Léo qui commande aujourd’hui ! On y va ! »

Léo : « Bonome, je crois que j’ai compris. Tu as une surprise pour nous c’est ça ? »

Le chevalier : «  Une surprise ? Quelle surprise ? »

Léo : « Tu vas nous emmener dans les Alpes et tu veux pas encore le dire ! On peut garder Boris jusque là ? Il vient avec nous ? »

Le chevalier : « Ton sens de la déduction m’étonnera toujours mon petit Léo 🙂 Oui, oui et oui 🙂 Puis-je te demander de garder le secret ? Si ça ne t’ennuie pas. »

Léo : « On a un secret tous les deux ? Je dis rien alors ! Promis ! »

Le chevalier : « Merci mon petitours 🙂 »

Léo : « On a un secret tous les deux et je suis ton petitours 🙂 »

Max : « Voilà le chocolat ! »

Samuel : « On a les sacados, la pochette… »

Max : « Tout est là ! »

Léo : « Si tout le monde est prêt nous pouvons y aller 🙂 »

Dans le Marais…

Max : « Alors Boris, dans le Marais tu vas apprendre à pas avoir peur de te perdre. On sait jamais où on est mais c’est pas grave. Bonome retrouve toujours son chemin. Et sinon il demande à un papillon ou à une libellule… Il les suit, comme ça, et on se retrouve toujours. »

Boris : « Je sais pas si j’aurai un aussi grand chevalier que vous en Grande Russie… »

Max : « Ben… Boris, bonome est le plus grand de tous les chevaliers. Alors le tien sera forcément moins bien. Mais je suis sûr que le Grand Conseil des Petizours de Grande Russie va t’en trouver un très bien. »

Léo : « Ben oui. Ils doivent avoir ça là-bas. »

Samuel : « T’inquiète pas cousin Boris. »

Max : « Revenons au Marais. On y voit pas beaucoup de zoisos et souvent on les voit seulement quand ils s’envolent. »

Léo : « Le Marais c’est le Royaume des Zoisos en Vol 🙂 »

Max : « Il y en a pas beaucoup. Bonome marche, chevauche, marche… Mais on voit de très belles choses. »

Samuel : « Le Marais lui même est très beau. »

Max : « Regarde un peu ça… »

Boris : « Rhoooo ! »

Max : « Et c’est comme ça à perte de vue ! Partout ! »

Léo : « Aïe ! »

Max : « Ah oui ! Il faut faire attention à pas se faire piquer les fesses. Surtout que tu as pas de pantalon toi Boris. »

Léo : « Je me suis pas fait piquer les fesses. Bonome a repéré un Odonate… »

Max : « Oulala ! Observe bien Boris ! Alors bonome, quel est cet Odonate que voilà ? »

Le chevalier : « D’abord les fotos… Voilà… Comme ça… Je double… »

Max : « Alors bonome ? C’est qui cet Odonate ? »

Le chevalier : « Mmmmm… En première approche je dirais que c’est un immature. Étudions ça de plus près… Les ailes sont à plat et perpendiculaires au corps au repos. Les antérieures et les postérieures ne sont pas égales. Les yeux se touchent. C’est un Anisoptère mais ça vous le saviez déjà… »

Max (à Boris) : « Tu vois Boris, là bonome est dans sa tête. Tu peux lui dire ce que tu veux il entendra pas. »

Boris : « Il est dans sa tête ? »

Léo : « Oui oui. Il y a une grande bibliothèque dans sa tête avec un fauteuil et une lampe douce. Là il est installé dans le fauteuil de la bibliothèque de dans sa tête avec un livre d’Odonates dans les mains et il cherche. »

Le chevalier : « … triangle alaire de l’aile antérieure est plus grand dans le sens de la hauteur. Il est constitué de deux cellules… »

Max : « Vas-y Boris, dis lui quelque chose d’étonnant ! »

Boris : « Je sais pas quoi dire moi ! »

Le chevalier : « Le triangle alaire de l’aile postérieure… »

Léo : « Bonome, un busard des roseaux a emporté petit Sam et éventré Boris. »

Le chevalier : « C’est bien mon Léo. Observez le bien ce busard des roseaux… Alors… le triangle alaire postérieur est orienté vers le bout de l’aile. C’est bien ça… »

Max : « Bon ben nous on s’en va. On va se ploufer. »

Le chevalier : « Soyez sages mes petizours, ploufez vous bien… Famille des Libellulidés. Passons au genre maintenant… »

Boris : « Il comprend plus rien ? »

Max : « Il est dans sa tête je te dis 🙂 »

Boris : « Et si il nous arrivait quelque chose ? »

Léo : « Oui, on a déjà évoqué ce problème entre nous. On pense qu’il a son système d’alarme branché quand même. Au moindre problème il volerait à notre secours. »

Le chevalier : « Un problème ? Quel problème ? »

Max : « Rien du tout bonome ! On papotait entre petizours. Alors cet Odonate ? »

Le chevalier : « Oui oui… Orthetrum cancellatum, Libellulidés. L’orthétrum réticulé. Un mâle immature. Ou une femelle. »

Max : « Merci bonome. Tu as vu Boris ? »

Boris : « C’était étrange 🙂 »

Léo : « Selon Max bonome repousse l’étrange aux limites du bizarre 🙂 »

Le chevalier : « Qu’est ce qui était étrange ? »

Max : « Toi, pendant ta détermination de l’Odonate, comme d’habitude 🙂 »

Léo : « Tu étais dans ta tête 🙂 »

Samuel : « On aimerait bien visiter nous ! »

Le chevalier : « Visiter ma tête ? »

Max : « La bibliothèque de dans ta tête. Ça doit être très confortable. Mais passablement enfumé… »

Samuel : « Cousin Boris, te laisse pas impressionner par la détermination des Odonates. Il y a beaucoup de vocabulaire au début mais c’est toujours un peu pareil. Il faut bien observer les ailes et avoir de bons outils de détermination. »

Max : « On te trouvera un beau livre de libellules. Et si on trouve pas avant ton départ on te l’enverra. Tu nous donneras ton adresse en Grande Russie. »

Léo : « Un héron cendré ! »

Max : « Boris, as-tu eu le temps de l’observer ? »

Boris : « Il est passé vite… »

Léo : « Oui. Et il nous a surpris en s’envolant d’un coup. Bonome, pourrais-tu montrer les fotos à Boris s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon petitours. »

Léo : « Merci bonomou 🙂 Alors Boris, que peux-tu nous dire de ce héron ? »

Boris : « Mmmmm… C’est un Héron cendré, Ardea cinerea, Ardéidés… Il a la tête grise… Ce serait donc un juvénile. Comment vous dites déjà ? … Un patapon ! C’est un patapon ! »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Bravo ! »

Max : « Un autre ! »

Boris : « Ce serait pas un garde-bœufs ? Vous m’avez pas donné son nom au garde-bœufs ? Ou je me souviens pas… »

Samuel : « Bubulcus ibis, Ardéidés. »

Léo : « Un garde-bœufs en vol ! On avait jamais fotoé ! »

Max : « Si, ils se sauvent dès qu’on arrive… »

Boris : « C’est du souci les garde-bœufs 🙂 »

Max : « Ben oui ! Ils doivent garder les bœufs et dès qu’on s’approche ils s’envolent ! C’est comme ça qu’ils font leur mission ? Ça sert à rien de garder les bœufs quand il y a personne ! Pfff ! »

Boris : « On va faire un rapport à Princesse 🙂 »

Samuel : « Cousin Boris se moque de cousin Max. C’est rigolo 🙂 »

Max : « Je néglige… Ia prénébrégaiou ! »

Léo : « Tiens ! Un autre Odonate ! »

Léo : « Lui on le connaît. Pas la peine de demander à bonome. Boris, vois-tu les tâches jaunes à la base de l’aile ? »

Boris : «  Я вижу их. »

Léo : « Grâce à elles on sait que c’est un Libellulidé. Tout rouge, l’abdomen relevé et un peu comprimé, les ailes dirigées vers l’avant… C’est pas très scientifique mais on sait que c’est un crocothémis écarlate, Crocothemis erythraea, Libellulidés. »

Max : « Allez ! On avance ! On a des lieues et des lieues à parcourir dans le marais… »

Boris : « C’est beau… C’est calme… »

Léo : « Oui, j’aime beaucoup le marais. »

Samuel : « Mais on y rate de nombreux zoisos. Forcément, bonome est à découvert tout le temps… »

Max : « Oui mais on profite de la nature. »

Léo : « J’ai vu quelque chose ! Bonome, tu peux nous poser par terre s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Oui et je vais vous demander de ne pas courir et… Ils partent en courant… »

Léo : « On a trouvé des ossements ! »

Max : « On en a d’autres ici… »

Léo : « Je pense que c’est un ragondin. »

Samuel : « Cousin Léo tu dis des erreurs. C’est plus un ragondin. Un ragondin c’est pas comme ça. »

Max : « Petit Sam a raison mon Léo:) Ce sont des os de ragondin. »

Léo : « Il est tout mort le ragondin ! »

Max : « Ah bah ça ! C’est sûr qu’il est plus en forme… »

Samuel : « Il s’est fait dévorer… »

Max : « Bonome, est-ce que… »

Le chevalier : « Non ! On ne prend pas ces ossements pour ta collection ! Il y a une étagère remplie d’ossements divers et variés dans la cabane ! Tu ne ramasses plus d’ossements tant que ceux que tu as déjà ne seront pas classés ! »

Max : « Pas fâcher bonome, pas fâcher ! »

Le chevalier : « Je ne suis pas fâché Maxou. »

Samuel : « Un héron pourpré ! »

Max : « Ben voilà ! On l’a dérangé et il s’envole quand on s’approche ! »

Samuel : « Cousin Boris, le héron pourpré s’appelle Ardea purpurea en scientifique. Et c’est un Ardéidé mais ça tu savais 🙂 »

Léo : « Et une aigrette garzette ! »

Boris : « Egretta garzetta, Ardéidés ! »

Léo : « Bien Boris 🙂 »

Max : « Quatre Ardéidés en vol 🙂 »

Samuel : « Le Marais c’est le Royaume des zoisos en vol 🙂 »

Max : « Bon, en général quand on arrive là, on fait demi-tour… »

Le chevalier : « Oui Max. Nous ne pouvons pas aller plus loin. »

Léo : « Mais c’est pas grave parce qu’après on va dans un autre endroit du Marais. Il est gigantesque ce Marais. »

Le chevalier : « Oh ! Regardez ! Un orthetrum réticulé mâle adulte ! »

Max : « Observe bien Boris. Il y en a beaucoup des orthetrum réticulé. »

Léo : « Peut-être pas en Grande Russie… »

Max : « Si. J’ai lu qu’il était fréquent jusqu’en Mongolie. »

Boris : « Tu te renseignes sur la faune de Grande Russie Max ? »

Max : « Quand je peux 🙂 J’ai vu ça hier. »

Samuel : « Chevalier, tu vois la barrière là-bas ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Samuel : « Je la trouve très poétique. Tu veux bien la fotoer s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je veux bien 🙂 »

Plus tard dans le Marais…

Max : « Bonome, pourquoi tu nous emmènes ici ? On est jamais venus ici ? »

Le chevalier : « Si Max. Je pense que nous n’étions encore que tous les deux. »

Max : « Ah oui ? Je te crois. »

Léo : « Tu souris bizarrement… Tu as rendez-vous avec un zoiso ? »

Le chevalier : « Non Léo 🙂 Mais ce chemin m’a inspiré… »

Max : « On fait encore fuir un patapon ! »

Le chevalier : « Plus loin il y a une haie et des roseaux. Je pourrais me cacher un peu… »

Léo : « Il est vraiment beau ce Marais… »

Boris : « C’est parce que tu as beaucoup de beauté dans les yeux Léo 🙂 »

Léo : « Toi aussi Boris, toi aussi. »

Le chevalier : « Mes petizours, faisons silence… »

Max : « Tu furtives ? »

Le chevalier : « Chut… Là… »

Max : « Il s’envole ! »

Léo : « Zutalor ! »

Max : « Bonome, bonomou… Dis moi que tu as fotoé ! S’il te plaît !!! »

Le chevalier : « J’ai ! »

Max : « Montre à Boris ! »

Boris : « Quel beau zoiso ! »

Samuel : « C’est le bihoreau gris, Nycticorax nycticorax, Ardéidés. »

Boris : « Encore un Ardéidé ! Il y en a beaucoup des Ardéidés ? »

Max : « Pas tant que ça. Nous on connaît les hérons cendrés et pourprés, l’aigrette garzette et la grande aigrette, le garde-boeufs, le blongios nain… »

Léo : « C’est notre ami blongios 🙂 »

Max : « Oui c’est notre ami blongios. J’en étais où ? Ben le bihoreau gris. Bonome a déjà vu le butor étoilé mais pas nous. Après, il y a d’autres Ardéidés mais on les a jamais vus. Ils sont jamais signalés dans les Royaumes où on va. »

Samuel : « On connaît tous les Ardéidés courants. »

Léo : « Blongios est pas courant ! Il y a à peine 60 couples en Île de France et pas du tout en Charentmaritimie ! »

Max : « Il est quand même plus courant que le crabier chevelu 🙂 »

Léo : « Bonome, regarde la cabane ! »

Max : « Ben voilà ! On a trouvé où on va habiter ! »

Le chevalier : « Mais c’est une ruine ! »

Max : « Il va falloir que tu la retapes un peu c’est vrai. Mais tu vas y arriver mon bonome 🙂 »

Léo : « On va habiter dans le Marais ! »

Samuel : « Avec les bihoreaux 🙂 »

Le chevalier : « Ah ? Vous vous installez quand ? »

Max : « Dès que tu auras fini de retaper la cabane bonome. »

Le chevalier : « Si vous voulez vous y installer je vous conseille de commencer les travaux tout de suite. »

Max : « C’est nous qui devons la réparer ? »

Le chevalier : « Si vous voulez vous y installer… »

Max : « Non, mais on est bien dans ta cabane bonomou. »

Léo : « Et il y a ton travail là-bas. »

Max : « On va pas venir s’installer ici. »

Léo : « Il y a même pas blongios en Charentmaritimie. »

Max : « On va pas abandonner blongios quand même ! »

Le chevalier : « D’accord. Bien. »

Samuel : « Les bihoreaux reviennent ! »

Léo : « Rhooo la chance ! »

Max : « On sait où ils habitent maintenant. On pourra revenir les voir quand on veut ! »

Samuel : « On connaît la cabane des bihoreaux 🙂 »

Max : « Regardez ça ! »

Léo : « Ben ce sont des bœufs. »

Max : « Et il y a rien qui vous choque ? »

Boris : « Tout ça de bœufs et pas un seul garde-bœufs ! »

Max : « Ben oui ! Je vous rappelle que c’est leur mission aux garde-bœufs de garder les bœufs. Et là, pas un seul gardien ! »

Léo : « Max, regarde de l’autre côté. »

Max : « Pfff ! Une vache et quatre garde-bœufs pour la garder ! C’est pas possible ça ! »

Samuel : « Je crois comprendre ! Ils se concentrent sur l’individu le plus vulnérable. Ou celui qui est isolé. »

Léo : « Petit Sam a raison ! Ils peuvent pas être partout les garde-bœufs alors ils choisissent qui ils doivent garder. »

Max : « Je sais pas… Mais il faut faire quelque chose ! »

Boris : « Pauvre Max ! C’est du souci les garde-bœufs 🙂 »

Léo : « не смейтесь слишком много. Он это осознает. »

Max : « Qu’est ce que tu racontes toi ? »

Léo : « Rien d’intéressant Maxou. »

Max : « Bien, je préfère ça. Bonomou, on va où maintenant ? »

Le chevalier : « Vous n’en avez pas assez ? »

Max : « Assez ? Nous ? Nooooon 🙂 »

Le chevalier : « Je me demande si vous ne pochez pas trop… Je vous propose de continuer l’inspection en chevauchant. »

Léo : « Oh oui ! »

Max : « Tu vas voir Boris. C’est très bien les inspections en chevauchant. Bonome fait avancer doucement la monture et on s’arrête là ou là, quand il y a un zoiso. »

Léo : « Et on poche dans la chemise ! »

Le chevalier : « A quatre vous allez être serrés 🙂 »

Max : « On s’en fiche bonome ! Allez, on chevauche ! »

Max : « Pourquoi tu t’arrêtes ? »

Léo : « Regarde Max ! »

Max : « Tu reconnais ce zoiso Boris ? »

Boris : « Le zoiso aux pattes trop grandes pour lui 🙂 C’est l’échasse blanche de la famille des Récur… Récurvi… rostridés ! Les Récurvirostridés ! Mais je me souviens plus du nom en scientifique. Par contre, grâce aux pattes jaune-orangé je peux dire que c’est un juvénile. »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Bravo ! »

Léo : « Le nom en scientifique est Himantopus himantopus. »

Max : « Ils mentent aux puces les échasses blanches 🙂 »

Léo : « C’est une saproblague de Brindille 🙂 »

Max : « Bon, on reprend la route ! En avant bonome ! »

Samuel : « Ça te plaît de chevaucher dans la poche de la chemise cousin Boris ? »

Boris : Oui, beaucoup. J’ai l’impression d’être très haut. Et on est moins secoués que dans l’autre poche. »

Max : « Oui, mais il faut pas se pencher en avant. On pourrait tomber. »

Léo : « Oh ! Regardez le tout petit veau ! »

Max : « Il est vraiment pas vieux celui là 🙂 Bonome, on peut aller le voir ? »

Le chevalier : « Je doute que ses parents nous laissent faire… »

Max : « La maman le défendrait ? »

Le chevalier : « Il y a de fortes chances oui. »

Max : « Elle nous chargerait ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Les cornes en avant ? »

Le chevalier : « C’est ainsi chez les bêtes à cornes. »

Max : « Et tu te ferais perforer ? »

Le chevalier : « C’est probable. »

Max : « Alors on va pas voir le petit veau. On le voit bien d’ici. »

Le chevalier : « C’est plus sage Maxou. »

Léo : « Une spatule blanche ! »

Max : « Platalea leucorodia, Threskiornithidés. Le nom de famille est pas facile. Retiens que la fin c’est ornithidés, comme dans ornithologie. Et devant il y a Threskio. Ça fait Threskiornithidés. »

Boris : « Threskiornithidés ! »

Max : « Voilà ! C’est un beau zoiso la spatule blanche. J’aime beaucoup son bec. »

Léo : « Tu as vu, Boris, comme il est plat et élargi au bout ? »

Boris : « Oui, j’ai vu. »

Léo : « Il est très sensible aussi. On t’expliquera tout ça ce soir en révisant. »

Max : « On va pas que réviser quand même ! »

Léo : « Max, on doit former Boris. Alors on doit étudier. »

Max : « Mais c’est un juvénile ! Il faut lui montrer comment se chamaille un petitours ! »

Le chevalier : « Mmmm… D’après ce que j’ai pu entendre ces derniers jours il me semble que vous lui avez déjà bien expliqué 🙂 Tiens, une famille de cygnes… »

Max : « Le cygne tuberculé Boris. Cygnus olor, Anséridés. »

Léo : « Tuberculé parce qu’il a une boule noire au dessus du bec. Au nord de l’Europe, il y a d’autres espèces de cygnes comme le cygne chanteur. On l’a déjà vu le cygne chanteur mais dans un Royaume un peu particulier avec des tas de zoisos. »

Samuel : « C’est quand je suis arrivé ! Le Royaume des Paons. C’était bieeeen ! »

Max : « Il y a un autre Royaume dont on doit te parler. C’est le Royaume Secret. Personne sait où il est ce Royaume Secret. Les zoisos vont s’y réfugier quand ils veulent être tranquilles. »

Léo : « Il y a que Max qui en parle. Personne en a jamais entendu parler. Même pas bonome. »

Max : « Je suis sûr que bonome le connaît ! Mais il veut pas le dire. Parce que c’est un secret et qu’on doit pas dire les secrets ! »

Samuel : « Même à ses petizours ? »

Max : « Les secrets, quand on les connaît, on doit pas les dire ! A personne ! »

Léo : « A personne ? »

Max : « A personne ! Sinon on est pas digne de confiance ! On dit pas les secrets et puis c’est tout ! »

Léo : « D’accord. On dit pas les secrets. »

Samuel : « Une grande aigrette !!! »

Max : « Rholala ! Et tout près en plus ! Dépêche toi de fotoer bonome ! Elle va s’envo… Elle s’est envolée. Les grandes aigrettes s’envolent toujours tout de suite ! Pfff !!! »

Le chevalier : « Mon petitours, ne suis-je pas ton bonome ? »

Max : « Si mon bonome. Tu l’es ! Pourquoi cette question ? »

Le chevalier : « Serais-je ton bonome si je n’avais pas fotoé ? »

Max : « Tu le serais bonome ! Pas besoin que tu fotoes des zoisos pour ça 🙂 »

Le chevalier : « Une gentillesse ? Max, aurais-tu de la fièvre ? »

Max : « Non j’ai pas la fièvre ! Je vais très bien ! C’est pas parce que je dis que tu es mon bonome quoiqu’il arrive que j’ai la fièvre ! »

Le chevalier : « Je te demande pardon mon petitours. »

Boris : « Petit Sam, pourrais-tu me donner le nom de la grande aigrette en scientifique s’il te plaît ? »

Samuel : « Bien sûr cousin Boris. Casmerodius albus, Ardéidés. Mais j’ai déjà lu Ardea alba. Je sais pas trop quel nom est le bon. »

Max : « On s’est déjà posés la question. Et on a décidé de garder Casmerodius albus. Comme dans mon beau livre. »

Léo : « Aïe ! »

Max : « Quoi aïe ? »

Samuel : « Ouille ! »

Max : « Ah oui ! Ah bah là ! Ça va plus du tout ça ! Bonome ! »

Max : « Il faut faire quelque chose ! »

Léo : « Mon cher cousin, pourrais-tu me rappeler comment on appelle une relation facultative dans laquelle un partenaire apporte une partie de la nourriture à l’autre partenaire ? »

Max : « C’est du commensalisme ! »

Léo : « Oui. Vois-tu où je veux en venir ? »

Max : « Je vois. Quelque soit le mammifère, en broutant, il dérange des insectes ou des petits amphibiens que les garde-bœufs peuvent attraper. Mais pourquoi on les appelle des garde-bœufs alors ? »

Samuel : « On devrait les appeler Bubulcus ibis et on aurait plus de problèmes. »

Léo : « Je suppose que c’est parce qu’il y a plus de bœufs que de chevaux. »

Max : « Alors c’est pas un problème si on les voit près des moutons ou des chevaux ? »

Léo : « Je pense pas Max. »

Max : « C’est pas du souci les garde-bœufs ? »

Léo : « Non 🙂 »

Max : « Tu es d’accord bonome ? »

Le chevalier : « Ce qui dit Léo est très sensé. »

Max : « Alors plus de rapport à Princesse, pas de formation à prévoir ? »

Le chevalier : « Non Maxou. »

Léo : « C’est dommage. Je t’aurais bien vu devant une classe de garde-bœufs montrant un mouton, un cheval, du rien du tout… »

Samuel : « Cousin Boris ! Regarde en l’air ! »

Boris : « Oooooh ! Un rapace ! »

Samuel : « Tu le reconnais ? »

Boris : « Laisse moi réfléchir… Il a la tête grise, la queue échancrée… Serait-ce un milan noir ? »

Samuel : « Ouiiiii ! Bravo cousin Boris ! Milvus migrans, Accipitridés. »

Léo : « Et là ? Au sol ? »

Boris : « La tête est beige. C’est un busard des roseaux. »

Samuel : « Tu connais déjà bien les rapaces d’ici cousin Boris. Tu apprends vite ! »

Léo : « Oui, il apprend vite ce petitours 🙂 »

Max : « En scientifique il s’appelle Circus aeroginosus et c’est un Accipitridé. »

Après le busard des roseaux on a plus vu de zoisos. Et on est arrivés à la Charmante Petite Ville. Mais bonome avait beaucoup marché. Il marche vraiment beaucoup dans le Marais. Alors on a pas fait la vraie visite de la Charmante Petite Ville à Boris. On est allés un peu sur les remparts quand même. Puis un peu dans la rue principale. Et la taverne 🙂 Bonome voulait se caféiner. Ensuite on est allés chez l’échoppier de zoisos en bois. Bonome en achète toujours. Parce qu’il aime bien et que ça nous fait plaisir mais aussi pour soutenir les commerçants qui font vivre la ville. Et puis il bavarde avec l’échoppier. En vrai c’est surtout l’échoppier qui lui parle. Et bonome écoute. Après la Charmante Petite Ville on est rentrés. On a fait des binômes pour se pocher et on s’est enfoncés dans les poches. Parce que même si on poche beaucoup nous, on était tout fatigués et on voulait se reposer pour pouvoir étudier en rentrant et se chamailler comme des petizours 🙂 Et c’est bien ce qu’on a fait après la toilette. Léo a fait réviser les zoisos du jour à Boris, avec d’autres zoisos des familles qu’on avait rencontrées. Petit Sam tenait pas en place. Il disait des bêtises pendant que Léo et Boris étudiaient. Mais des bêtises pour de rire. Puis il est venu me voir pour organiser la bagarre 🙂 Il avait envie de faire la bagarre petit Sam. Il a dit qu’on serait les pirates et qu’on aller aborder le bateau des petizours sages. Moi j’ai été d’accord parce que ça lui faisait plaisir à mon petit cousin. Et parce que j’aime bien la bagarre aussi. Et c’est aux cris de ‘A l’abordage ! Pas de quartiers !’ que la bagarre a commencé. On a bien rigolé:) Quand bonome est arrivé il a vu une mêlée de petizours. Il a pris son regard sévère pour faire semblant de nous gronder. Mais on lui a tous sauté dessus avant qu’il ait le temps de parler. Comme d’habitude il a fait semblant de perdre et d’être tout mort à la fin. Comme il bougeait plus du tout on s’est serrés contre lui pour câliner son cadavre même pas mort. Et on s’est endormis. Il s’est doucement relevé puis nous a couchés. Léo et moi dans la pochette. Boris et Sam dans le lit. Et, bien qu’on soit déjà endormis il nous a fait un bisou chacun en disant ‘bonnuit mon petit …’ à chacun de nous. Je le sais parce qu’il est comme ça mon bonome. Il sait qu’on l’entend même quand on dort.

Voilà Princesse. Le Marais va bien et on fait bien nos missions. Boris est un bon élève et quand il repartira en Grande Russie il aura de bonnes bases.

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

160-2 Le Royaume des Chevaliers, encore…

Samedi 22 Juillet, An IV (suite)

Au Royaume des Chevaliers…

Max : « J’aime beaucoup ce Royaume moi. »

Léo : « La première fois que tu y es venu tu pensais que c’était le Royaume de bonome. »

Max : « Bonome il a pas de Royaume. Tous les Royaumes c’est son Royaume ! »

Samuel : « C’est le grand roi du Pays des Zoisos ! »

Le chevalier : « Holà ! Calmez votre enthousiasme mes petizours ! Je ne suis qu’un tout petit chevalier moi. Un chevalier errant en plus ! »

Max : « Tu es le plus grand de tous les chevaliers ! Mais tu es pas un Scolopacidé 🙂 »

Le chevalier : « Pour vous peut-être… »

Max : « Oui, pour nous . Les autres on s’en fiche. Bon, bonome, on va au premier observatoire. »

Le chevalier : « Directement ? »

Max : « Oui ! Et tu te dépêches, avec tes grandes pattes ! »

Léo : « Non, on y va pas tout de suite. Boris aime beaucoup les rapaces alors on regarde le faucon crécerelle ! »

Samuel : « Il y a un crécerelle ? »

Léo : « Là ! Il mulote ! »

Max : « Les crécerelles volent sur place pour repérer leurs proies. Ils observent et leur fondent dessus quand ils jugent le moment opportun. »

Léo : « Les crécerelles voient les rayons ultra-violets alors ils voient les traces d’urine sur le sol. »

Max : « Et les campagnols sont pas malins ! Ils font pipi partout pour retrouver leur chemin alors les faucons les repèrent facilement. »

Boris : « Pourquoi il a des plumes de la queue plus courtes que les autres ? »

Max : « Bonne question Boris ! Elle prouve que tu observes bien et que tu cherches à savoir ! »

Léo : « C’est à cause de la mue. Chaque année les zoisos changent leurs plumes. Mais pas toutes d’un coup. Là il a perdu deux plumes de la queue et il y en a deux autres qui sont en train de pousser. Il fait petit à petit. »

Samuel : « J’ai lu que chez certaines espèces la mue est tellement rapide que les zoisos peuvent plus voler pendant ce temps là. Ils perdent pas toutes leurs plumes d’un coup quand même… »

Boris : « Il a piqué le faucon ! »

Max : « Oui, mais il remonte sans proie dans son bec. Il a raté son coup. »

Léo : « On a trouvé des tas de pelotes de régurgitation de faucon un jour. Enfin, on suppose que c’était des pelotes de crécerelles. On les a étudiées et on a vu qu’ils mangeaient surtout des insectes. »

Max : « C’est plus facile à attraper 🙂 »

Léo : « Boris, pourrais-tu nous rappeler les rapaces que nous avons vus ensemble ? »

Boris : « Oui Léo. Le faucon crécerelle. Mais vous m’avez pas donné son nom en scientifique. Le milan noir, Milvus migrans, Accipitridés… La buse variable et le busard cendré. »

Léo : « Très bien Boris ! Revoyons les noms en scientifique. Le crécerelle c’est Falco tinnunculus, Falconidés. La buse variable : Buteo buteo, Accipitridés. Le busard cendré : Circus pygargus, Accipitridés. »

Samuel : « On a pas vu le busard des roseaux aussi ? »

Max : « Je me souviens plus. »

Léo : « On en voit souvent ici alors je sais plus. Lui c’est Circus aeroginosus, Accipitridés. »

Boris : « Vous en connaissez d’autres ? »

Max : « Le faucon hobereau, le hibou des marais… »

Léo : « On connaît pas les rapaces nocturnes parce qu’on a jamais fait d’inspection la nuit. »

Max : « On aimerait bien… »

Samuel : « Ça doit faire peur quand même. »

Léo : « Pas avec bonome ! »

Max : « Pour le moment, on avance ! »

Samuel : « Cousin Max a l’air pressé ! »

Léo : « Il a envie de voir des zoisos 🙂 Tiens, Boris, c’est qui ce zoiso ? »

Boris : « Un aigrette garzette, Egretta garzetta Ardéidés. En Granrussien on dit Малая белая цапля.»

Léo : « Tu as appris les noms en granrussien ? »

Boris : « J’ai regardé quand tu m’as fait réviser hier sur le beau site de zoisos 🙂 J’ai pas tout retenu mais celui-là oui 🙂 »

Samuel : « Rholala cousin Boris ! Tu connais les zoisos en deux langues ! »

Max : « Tu fais de grands progrès Boris ! C’est bien ça. Allez, à l’observatoire ! »

Le chevalier : « Quelle impatience Maxou 🙂 »

Max : « Oui, on sait : Max est impatient. Max a tous les défauts de la terre… »

Le chevalier : « Je n’ai jamais dit ça mon petitours. »

Léo : « Hé ! Vous allez pas vous chamailler ! On arrive ! »

Max : « Bonome, tu nous poses sur les planches s’il te plaît. »

Le chevalier : « Je sais Maxou. »

Max : « Merci bonome. Bon, Boris, tu observes et tu nous présentes tous les zoisos que tu vois. »

Léo : « J’en ai déjà aperçu pas mal. C’est une bonne journée… »

Boris : « Tous les zoisos ? Mais je les connais pas forcément ! »

Max : « Boris, présente nous les zoisos que tu vois ! »

Samuel : « Fais toi confiance cousin Boris. »

Boris : « D’accord. J’essaye. Commençons par là… »

Boris : « Il est blanc dessous. Le blanc remonte sur les épaules… Il agite la queue de haut en bas… C’est un chevalier guignette, Actitis hypoleucos, Scolopacidés. »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Bravo ! »

Max : « Là, Boris. »

Boris : « C’est un chevalier aussi. Blanc dessous mais sa poitrine est tachetée… Il est gris… Son bec est légèrement arqué vers le haut. Il me dit quelque chose… Un chevalier ouaf-ouaf ? »

Léo : « Oui Boris. Mais en vrai c’est un chevalier aboyeur. »

Max : « Tu connais son nom en scientifique ? »

Boris : « Les chevaliers c’est Tringa sauf le guignette. Mais je me souviens plus pour l’aboyeur. »

Samuel : « Tringa nebularia cousin Boris. »

Max : « C’est pas mal Boris. C’est pas facile tout ça. Tu continues ? »

Boris : « Alors… Là ! »

Boris : « Lui je le reconnais tout de suite ! C’est le chevalier gambette, Tringa totanus. »

Léo : « Très bien Boris ! Очень хороший Борис ! »

Boris : « Спасибо Лео ! »

Léo : « Вы продолжаете ? »

Boris : « Encore ? »

Samuel : « Ben oui, tu y arrives bien ! »

Boris : « D’accord. Je cherche… Lui… »

Boris : « Encore un chevalier ! »

Max : « C’est normal de voir des chevaliers au Royaume des Chevaliers 🙂 »

Léo : « Tu le reconnais ? »

Boris : « On l’a vu ici déjà. Il est en train de muer. C’est un chevalier arlequin, Tringa… Tringa… »

Samuel : « Tringa erythropus, Scolopacidés. »

Max : « C’est très bien tout ça Boris. Tiens, les petits là-bas. On les a vu au Royaume des Échasses. »

Boris : « Ce sont des bécasseaux variables, Cadidris alpina et ce sont des Scolopacidés aussi. »

Léo : « Calidris Boris, Calidris. »

Max : « Bien. Les cousins, qu’est ce que vous en pensez ? »

Léo : « Il s’en sort bien. »

Samuel : « Il a appris tout ça de zoisos en quelques jours. »

Léo : « Il pose de bonnes questions. »

Samuel : « Et le soir il demande pour réviser. »

Max : « Je suis d’accord. Bon, bonome, tu me donnes ce que tu sais s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Закрой глаза Борис. »

Max : « Oui oui, zakroy glaza Boris. »

Boris : « Que je ferme les yeux ? Mais pourquoi ? »

Max : « Parce qu’on te le demande ! »

Boris : « D’accord, je ferme les yeux. »

Max (au chevalier) : « Donne moi le sacado… Boris, tu peux ouvrir les yeux ! »

Boris : « Красный рюкзак ! C’est pour moi ? »

Max : « Non, c’est pour les zoisos ! »

Samuel : « Ben oui c’est pour toi cousin Boris. »

Léo : « On pense tous que tu le mérites. »

Max : « Les petizours naturalistes ont des sacados. »

Boris : « Je peux le mettre ? »

Max : « Non, c’est pour manger. Tu veux quelle sauce avec ? »

Samuel : « Cousin Max ironise encore 🙂 »

Boris : « Vous m’offrez un sacado ! Je le mets de ce pas ! »

Léo : « Oui Boris 🙂 »

Max : « Bonome, je suppose que tu vas fotoer. »

Le chevalier : « La remise du sacado est un grand moment dans la vie d’un petitours naturaliste… »

Max : « C’est vrai ça 🙂 On est plus pareil après 🙂 Boris, montre ton sacado à bonome… C’est bon, tu as fotoé ? Bon, foto de groupe maintenant… »

Max : « Ça y est bonome ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Bon, ben on peut se promener tranquillement maintenant. »

Boris : « C’était une interro ! Vous m’avez fait une interro ! »

Max : « On voulait vérifier ce qu’on savait déjà. »

Léo : « On avait vu que tu étudiais bien le soir malgré la fatigue. »

Samuel : « Et on a vu que tu aimais beaucoup la nature. »

Max : « C’était pas vraiment une interro. »

Boris : « Vous trouvez vraiment que je mérite mon sacado ? »

Max : « Ben… Comme on sait pas combien de temps tu vas rester avec nous on fait un peu la formation accélérée. Si on avait plus de temps on te l’aurait pas forcément donné aujourd’hui. Mais tu le mérites quand même. »

Léo : « Ça nous fait plaisir de te le remettre. »

Samuel : « C’est pour t’encourager aussi. Parce que tu doutes trop de toi cousin Boris. »

Max : « On va se promener ? »

Boris : « On inspecte plus ? »

Max : « On a déjà beaucoup travaillé depuis que tu es avec nous. Là, on avance tranquillement. »

Léo : « On regarde quand même. »

Samuel : « Mais un peu moins attentivement que lorsqu’on inspecte. »

Max : « Allez bonome ! Avance ! »

Samuel : « Dites les cousins, et si c’était cousin Boris qui faisait le guide puisqu’il a un sacado ? »

Léo : « Bonne idée ça ! »

Max : « Proposition acceptée ! »

Léo : « Bonome, on a un nouveau guide 🙂 »

Boris : « Mais je suis pas guide moi ! Je suis un débutant ! »

Max : « Tu vas devoir former des petizours Boris. C’est une mise en situation pratique. Et avec nous tu risques rien. »

Léo : « On te laissera pas dire des erreurs. »

Samuel : « On est là pour t’aider. »

Max : « Allez, c’est parti ! »

Boris : « Alors là, vous pouvez voir du rien du tout. Mais alors rien du tout ! Comme celui que gardent les gardes-bœufs. Il faudrait leur faire une formation d’ailleurs à ces zoisos. Je vais faire un rapport pour Princesse. Oulala ! C’est du souci les garde-bœufs ! »

Léo : « 🙂 Maxou, je crois que Boris te connaît déjà très bien ! »

Samuel : « Il se moque même de toi ! »

Max : « Oui… Je vois… C’est pas tout à fait comme ça que j’imaginais qu’il ferait le guide… »

Léo : « 🙂 Tu dis exactement ça ! »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Bravo ! »

Boris : « J’espère que tu m’en veux pas Max 🙂 »

Max : « Ben non ! Tu me parodie gentiment. Et puis tu as raison, c’est bien ce que je dis parfois ! »

Léo : « Oups ! Là on a un problème… »

Max : « Un problème ? Quel problème ? »

Léo : « Ben Boris connaît pas ces zoisos… »

Max : « Ah oui… Bon, Boris on te les présente… »

Boris : « Oulala ! Tout ça de zoisos ! »

Samuel : « Ils s’envolent ! »

Max : « Ils ont juste changé de bassin. Bonome, on y va ! »

Léo : « Oui mais doucement. Il faut pas les faire fuir encore… »

Max : « Fais le fantôme bonome ! Furtive ! »

Boris : « Il y en a beaucoup ! »

Max : « Ce sont des avocettes élégantes. »

Samuel : « Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés. »

Léo : « Elles aiment bien être en groupe. »

Boris : « Récurvirostridés ? Comme les échasses blanches ? »

Max : « Tout à fait Boris, tout à fait ! »

Léo : « Mais là c’est un peu plus justifié. Regarde bien leur bec. »

Boris : « Il est incurvé vers le haut ! »

Léo : « Et oui ! Elles ont le bec courbé. »

Boris : « Récurvi : recourbé et rostridés, comme rostre ou bec. Bec recourbé ! »

Samuel : « Tu vois cousin Boris, tu le mérites ton sacado 🙂 »

Max : « Bonome ! EN VOL ! »

Le chevalier : « Vu ! … Fotoé ! »

Max : « Vous l’avez vu ? »

Léo : « Pas moi… »

Boris : « Moi non plus… »

Samuel : « Moi oui !!! »

Max : « Tu leur montres bonome s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. Regardez… »

Léo : « Un bihoreau gris juvénile ! Rhoooo ! »

Samuel : « C’est pas tous les jours qu’on en voit ! »

Max : « Bonome, ça va pas ça ! Tu as pas bien cadré la focale ! Et la lumière ! Tu as pas fait la mise au point sur la lumière ! »

Samuel : « Là, cousin Max taquine cousin Léo. Parce que cousin Léo il fotoe très bien. Et il connaît très bien le vocabulaire technique que cousin Max connaît pas du tout. Alors de temps en temps il dit n’importe quoi en espérant avoir bon 🙂 »

Boris : « 🙂 »

Le chevalier : « C’est vrai que les fotos ne sont pas bien cadrées… »

Léo : « Boris, le bihoreau gris est un petit Ardéidé plutôt nocturne. »

Samuel : « En scientifique il s’appelle Nycticorax nycticorax. »

Léo : « Nycti comme nocturne… Mais il se sauve dès qu’il est dérangé. Alors on en voit parfois le jour. »

Max : « C’est la première fois qu’on en voit ici. »

Boris : « Comment vous savez que c’est un juvénile ? »

Max : « Les couleurs Boris ! »

Léo : « Les juvéniles sont tout gris sombre avec des taches blanches sur le dessus des ailes. »

Max : « On verra peut-être des adultes en allant dans le marais… »

Léo : « Un bihoreau gris… »

Boris : « Et là il y a les tadornes de Belon ! Tadorna tadorna, Anatidés. »

Samuel : « Très bien cousin Boris ! »

Boris : « Même que c’est une nursery gardée par un adulte. »

Léo : « Il y a beaucoup de petits ! »

Max : « Ils nous ont repéré alors ils se sauvent. »

Léo : « Ils vont ploufer ! »

Max : « Bonome ! Regarde sur la barrière ! »

Léo : « Mmmmm… »

Boris : « C’est une bergeronnette grise ! Motacilla alba, Motacillidés. »

Samuel : « Pourquoi tu mmmmmes cousin Léo ? Il a raison cousin Boris ! »

Max : « Elle est pas comme les autres… »

Boris : « On dirait qu’elle sort de son bain… »

Léo : « Peut-être… »

Boris : « Là-haut il y a le nid des cigognes blanches, Ciconia ciconia, Ciconiidés. Et… La boîte ? C’est un nid de faucons crécerelles ? »

Léo : « Absolument Boris ! »

Boris : « Et ça pose pas de problèmes ? »

Max : « Non non ! Même que souvent il y a des nids de passereaux dans l’épaisseur des nids des cigognes. »

Léo : « Ce poteau est un immeuble à zoisos ! »

Max : « Comme une HLM. »

Léo : « Le loyer est vraiment modéré 🙂 »

Max : « Bon, on va faire la pause sur le banc du bout du Royaume. C’est une tradition petitoursienne 🙂 »

Le chevalier : « On ne peut pas lutter contre les traditions… »

Max : « Il y a une autre tradition… Le partage du chocolat ! »

Léo : « Je m’y attendais ! »

Boris : « Moi j’aime bien cette tradition 🙂 »

Samuel : « Moi aussi ! »

Léo : « Vous allez avoir des grosses fesses 🙂 »

Max (à Boris) : « Néglige ce que dit Léo… Bonome ! Le chocolat ! »

Boris : «  пожалуйста, рыцарь. »

Max : « Pajalouista bonome 🙂 »

Le chevalier : « Qui pourrait vous résister 🙂 »

Max : « Nous sommes irrésistible 🙂 »

Boris : « Max, tu partages ? »

Max : « Ben oui ! Samuel… Boris… Léo… Et moi ! »

Le chevalier : « Je vais pétuner plus loin moi. »

Max : « Mais tu reviens après ! »

Léo : « Mais oui il va revenir ! »

Boris : « J’imagine mal le chevalier vous abandonner. »

Samuel : « Cousin Léo a toujours peur d’être abandonné. »

Léo : « Il faudrait en parler au docteur de la tête. »

Max : « Ben oui ! Allons chez le docteur de la tête ! Comme ça il verrait bien que tu es autiste ! »

Léo : « Je suis pas autiste ! Tu arrêtes avec ça ! »

Max : « Et toi tu arrêtes de dire que je dois aller chez le docteur de la tête ! »

Léo : « Pourtant il faudra bien que tu lui parles un jour de ton addiction au chocolat ! »

Samuel : « Tu vois cousin Boris, Max et Léo peuvent pas s’empêcher de se chamailler. Pourtant ils s’aiment beaucoup. »

Boris : « Ils sont bêtes dans leur tête ! »

Max et Léo : « ON EST PAS BÊTES DANS NOS TÊTES ! »

Samuel : « Cousin Boris, tu viens de les réconcilier 🙂 »

Léo : « On se chamaillait ? »

Samuel : « Ben oui… »

Max : « C’est une autre tradition petitoursienne 🙂 »

Le chevalier : « Ah… Je pensais que c’était parce que vous êtes des juvéniles… »

Max : « Tout à fait ! Il est de tradition petitoursienne que les juvéniles se chamaillent ! »

Le chevalier : « Tu as réponse à tout toi 🙂 »

Max : « Ouiiiii !!! »

Le chevalier : « Vous avez terminé le chocolat ? »

Samuel : « On a tout mangé ! »

Max : « Gloub le chocolat ! »

Boris : « C’était très bon ! »

Léo : « J’ai un gros ventre… »

Le chevalier : « Mon pauvre Léo… Bon, pochez vous ! »

Max : « Tu nous as pas fotoés ? »

Le chevalier : « Je n’allais quand même pas immortaliser votre orgie de chocolat ou vos chamailleries ! »

Samuel : « Là on mange plus et on chamaille pas. »

Le chevalier : « Je vois. Prenez la pause 🙂 »

Max : « Allez ! C’est parti pour le retour ! »

Boris : « Et on sait pas ce qu’on va voir ! »

Max : « Ben non ! On sait jamais ce qu’on va voir au Pays des Zoisos ! »

Samuel : « On va peut-être revoir les petits tadornes. »

Léo : « On va voir ça tout de suite ! »

Max : « Ils vont là-bas tout au bout. »

Léo : « Pour par être embêtés. »

Max : « J’espère que le renard est pas là. Il pourrait en croquer un. »

Léo : « Ça c’est un problème pour les naturalistes. On aime tous les zanimos. Alors on veut pas qu’il arrive du mal aux tadornes. Mais le renard doit manger. Et pour manger il peut croquer un petit tadorne. Et on peut pas lui en vouloir. »

Samuel : « La nature est bien faite cousin Léo. Il nait plus de petits tadornes qu’il peut y en avoir qui arrivent à l’âge adulte. Alors c’est pas grave si il y en a qui se font croquer. »

Boris : « Petit Sam est très sage. »

Max : « Oui, c’est probablement le plus sage d’entre nous. Mais il sait s’amuser aussi. »

Léo : « Il est fort à la bagarre 🙂 »

Max : « Il est surtout malin. Il chatouille pour prendre l’avantage 🙂 »

Samuel : « Mais c’est souvent cousin Léo qui gagne. »

Le chevalier : « Mes chers petizours, je ne voudrais pas vous interrompre mais si vous leviez un peu la tête… »

Boris : « Un milan noir ! Milvus migrans, Accipitridés ! »

Léo : « Il va plus vite que nous ! »

Max : « Ça alors ! »

Samuel : « Tu vois cousin Boris, il faut avoir confiance en toi. »

Boris : « C’est vraiment beau les rapaces… »

Max : « Léo et ses Laridés, Boris et ses rapaces… »

Léo : « Max et son bonome 🙂 »

Max : « Je le partage mon bonome ! C’est aussi le tien Léo ! Et celui de Sam le brodé ! »

Léo : « Et celui de Boris si il restait avec nous. »

Max : « Oh ! C’est qui ce zoiso ? »

Boris : « Quel zoiso ? »

Léo : « Là-haut ! »

Max : « Mmmmm… Son bec me dit quelque chose… »

Léo : « Ben oui ! C’est l’une de ses caractéristiques principales ! Surtout quand il est ouvert ! »

Max : « Le bruant proyer ! C’est un bruant proyer ! »

Samuel : « Je le connais pas le bruant proyer. »

Léo : « Emberiza calandra, Embérizidés. »

Max : « Il a pas l’air d’avoir peur de nous. Bonome, fotoe le encore… »

Max : « Bonjour Bruant ! Tu vas bien ? Dis, tu veux bien prévenir tous les zoisos qu’il y a un nouveau petitours naturaliste s’il te plaît. Dis leur de venir nous voir qu’on puisse leur présenter. Merci zoiso. »

Le chevalier : « Je remarque que le bruant a eu droit à s’il te plaît et merci… »

Max : « Ben oui ! Je suis poli moi ! »

Léo : « Pas avec bonome ! »

Samuel : « Tu lui as demandé de fotoer sans les politesses de rigueur. »

Boris : « C’est pas bien Max. »

Max : « J’ai oublié ? Pardon mon bonome. Je te gratouillerai le front ce soir. »

Le chevalier : « Pardonné mon petitours. »

Max : « On fait quoi ce soir ? »

Boris : « On révise. »

Max : « Non, pas ce soir ! Tu travailles trop Boris. Il faut aussi te détendre. »

Léo : « On pourrait faire une soirée fotos et gratouillis ! »

Samuel : « Avec la bagarre ! »

Max : « Petit Sam veut faire la bagarre ? »

Samuel : « Sam le brodé ! Je suis un pirate moi ! »

Max : « Encore un qui va pas bien dans sa tête ! »

Léo : « Max ! Je t’interdis de dire que Sam le brodé va pas bien dans sa tête ! Il va très bien dans sa tête ! TU ARRÊTES MAINTENANT OU JE TE PLOUFE ! »

Boris (à Samuel) : « J’ai déjà entendu ça 🙂 »

Samuel (à Boris) : « Mais cousin Léo a pas évoqué les brochets… Milvus migrans, Accipitridés ! »

Léo : « Ou ça ? »

Max : « Tu joues au zoisos ? Mais on a pas lancé le jeu ! »

Samuel : « Il tournoie au-dessus de nous. »

Boris : « C’est beau les rapaces… »

Léo : « это очень красиво ! »

Boris : «  Да, очень… »

Samuel : « Boris, tu veux jouer aux zoisos ? »

Boris : « Je sais pas ce que c’est moi, jouer aux zoisos. »

Samuel : « Quand on voit un zoiso il faut dire son nom le premier pour avoir un point. Normalement on doit donner le nom en scientifique mais pour toi on va faire une exception parce que tu débutes. Tu peux donner le nom en français ou en granrussien si tu veux. »

Max : « C’est de la triche ! Et on avait pas donné le signal de départ du jeu ! »

Léo : « Max est un très mauvais perdant 🙂 »

Samuel : « J’oubliais… Samuel : un point ! »

Max : « Il compte pas ! On avait pas dit ! »

Le chevalier : « J’accorde le point à Sam. »

Max : « Ben voilà ! C’est du favoritisme ! »

Le chevalier : « Absolument ! J’assume ! Et on est tous ligués contre toi pour que tu perdes. Évidemment. »

Max : « Vous faites tout pour me désavantager parce que vous savez que c’est moi le meilleur au jeu des zoisos. C’est même moi qui l’ai inventé ce jeu… »

Léo : « Cesse donc de ronchonner Maxou. A chaque fois c’est pareil : tu ronchonnes alors tu vois pas les zoisos. Donc tu perds et tu ronchonnes… »

Samuel : « C’est le cercle vicieux. »

Max (très rapidement) : « Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés, Limosa limosa, Scolopacidés, Chroicocephalus ridibundus, Laridés… Max : 3 points ! Et vlan, vlan et vlan ! »

Boris : « J’ai même pas eu le temps de voir les zoisos… »

Léo : « Mouette rieuse ? Où ça ? »

Max : « Là ! Et là ! »

Léo : « Ah oui 🙂 Bien vu Maxou ! »

Samuel : « Cousin Max, je voudrais pas passer pour un pinailleur mais tu es sûr que ce sont des barges à queue noires ? On les voit pas bien d’ici… »

Max : « Oui je suis sûr ! »

Léo : « Mauvaise foi ! On est rarement sûrs même quand elles sont près ! Alors là… Mais je t’accorde le point quand même. »

Samuel : « Cousin Boris ! Un busard des roseaux ! »

Samuel : « Avec sa tête marron clair, on le reconnaît bien ! »

Max : « Circus aeroginosus, Accipitridés ! Max : 4 points ! »

Léo : « Max, petit Sam montrait à Boris ! »

Max : « Oui mais le jeu est le jeu… J’ai donné le nom. J’ai le point. »

Léo (à l’oreille de Boris) : « Circus pygargus Accipitridés. »

Boris : « Circus pygargus, Accipitridés ! »

Max : « Le busard cendré ! Bien vu Boris ! »

Samuel : « Boris : un point ! »

Léo : « Ça fait deux fois qu’on le voit dans le secteur. Il doit habiter ici. C’est une bonne nouvelle ça. On a vu deux fois un mâle. C’était sûrement le même les deux fois. J’espère qu’il s’est trouvé une femelle et qu’ils ont fait des œufs… »

Après ça, on a plus vu de zoisos… J’ai pas donné le score du grand jeu pour pas décourager Boris. En rentrant on a tout organisé pour la soirée fotos. Bonome a fait sa toilette puis il nous a rejoints. Mais Sam, qui se prend pour un pirate depuis que j’ai appelé notre nouveau cousin Boris le rapiécé avait l’air très agité. Il tenait pas en place Sam le brodé. Alors il a lancé la bagarre je sais même plus pour quel pretexte. Il a fait alliance avec Boris contre Léo et moi. Et on a tout bagarré. Bonome rigolait bien de voir ses petizours chahuter comme ça. Quand on s’en est rendus compte, on a fait une alliance des quatre petizours contre le bonome. Et on l’a chatouillé. Normalement les chatouilles sont pas autorisées pendant la bagarre. C’est déloyal. Mais on a bien rigolé. Et quand on rigole bien après avoir bien chahuté, après une longue journée, on est vite tout fatigués. Alors on s’est allongés contre bonome, tous les quatre tout serrés et on s’est vite endormis. Bonome, qui normalement se retourne dans son lit toutes les trois secondes, il a pas bougé de la nuit pour qu’il nous arrive rien. Il est gentil notre bonome et on l’aime beaucoup.

Voilà Princesse. On prend soin de notre nouveau cousin Boris et on fait en sorte qu’il soit formé pour son retour en Grande Russie.

Je t’embrasse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade