108 – Les zoisos de l’Île Où On Va à Pieds

Lundi 25 Juillet, An III

Max : « Bonome, allez, on y va ! »

Le chevalier : « Où voulez-vous aller ? »

Léo : « On pourrait aller zoisoter sur l’Île Où On Va à Pieds. »

Max : « Et on fera des fotos pour la grande synthèse régionale. Mais on les mettra pas dans l’article d’aujourd’hui. »

Le chevalier : « Je suppose que vous êtes prêts. »

Max : « Bonome, on est toujours prêts pour aller aux zoisos. »

Sur l’Île…

Max : « Mon bonomou, je te lance un défi aujourd’hui 🙂 »

Le chevalier : « Un défi ? »

Max : « Oui 🙂 Même deux. Il faut voir le plus d’espèces de zoisos possibles et tu dois essayer de fotoer des scènes complètes. Pas juste une belle foto de zoiso, mais une scène. »

Léo : « Oulala ! Ils sont difficiles tes défis Maxou 🙂 »

Le chevalier : « Je veux bien essayer 🙂 Mais il va m’être difficile de fotoer une scène pour chaque espèce… »

Max : « Tu vas y arriver bonome 🙂 »

Le chevalier : « Mon petitours… »

Léo : « On fait comme d’habitude ? On fait le tour puis on coupe par le chemin qui traverse l’île et on termine par l’estran là-bas ? »

Le chevalier : « Deux défis, une longue marche et des fotos pour la grande synthèse régionale… Le programme est chargé. »

Léo : « Si c’est trop, on fait comme tu veux chevalier. »

Le chevalier : « Nous verrons bien. Il est encore tôt. La marée nous laisse du temps et il fait beau. Ça devrait aller. »

Max : « Il y a des tournepierres à collier, Aranaria interpres, Scolopacidés. »

Le chevalier : « Ils ne font rien de particulier. Je ne vais pas pouvoir fotoer une scène. »

Max : « Pas grave bonome. Tu es pas obligé pour chaque zoiso. »

108 01 Tournepierres 108 02 Tournepierre

Le chevalier : « Tu as bien dit qu’il fallait essayer de fotoer le plus d’espèces possibles Maxou ? »

Max : « Oui, je l’ai dit. »

Le chevalier : « Alors je fotoe même les pigeons. »

Max : « Même les pigeons. Tous les zoisos. »

108 03 Pigeon bisetLéo : « C’est la première fois que tu fotoes un pigeon biset ici 🙂 »

Max : « Columba livia, Columbidés. C’est le type féral. »

Léo : « D’habitude c’est pas ce pigeon là qu’on voit. »

Max : « Ce sont plutôt des pigeons colombins, Columba oenas, ou des ramiers, Columba palumbus. Mais, à vrai dire, je sais pas lesquels. On les regarde pas vraiment les pigeons ici. On les voit s’envoler et c’est tout. »

Léo : « On sursaute à chaque fois qu’ils s’envolent 🙂 »

Le chevalier : « Nous approchons de la Fontaine des Insurgés. Il y a un petit filet d’eau douce qui donne naissance à une petite flaque. J’espère que des oiseaux seront en train de faire leur toilette. »

Max : « Tu penses à ton défi ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Léo : « Alors il faut avancer doucement. Fais le bonome furtif, chevalier 🙂 »

Max : « Zutalor ! Ils se sont envolés ! »

Léo : « Ils sont allés sur la branche là-haut. »

108 04 Linotte mélodieuse 108 05 Linotte mélodieuse

Le chevalier : « C’est une linotte mélodieuse mâle qui s’ébroue. »

Léo : « Carduelis cannabina, Fringillidés. »

Max : « Je te le compte comme une scène bonome. »

Le chevalier : « Merci Maxou 🙂 Je vois une autre scène qui se profile 🙂 Venez… »

Léo : « En petizours furtifs ? »

Le chevalier : « Si tu veux mon Léo 🙂 »

Max : « C’est un goéland marin, Larus maritimus, Laridés. »

Léo : « Il est en plein repas. »

108 07 Un goéland marin 108 08 Un goéland marin

Max : « Je croyais que les goélands étaient kléptoparasites. »

Le chevalier : « Ils peuvent être nécrophages aussi. »

Léo : « On s’approche ? »

Le chevalier : « Doucement… »

Max : « On voit mieux le poisson. »

108 09 Un goéland marin 108 10 Un goéland marin
108 11 Un goéland marin 108 12 Un goéland marin

Léo : « On s’approche encore… »

Max : « Léo ! Tu l’as fait fuir ! »

Léo : « Je suis pas encore très fort en furtif, désolé. »

Max : « Une mouette qui rigole vient lui chiper son poisson ! »

108 13 Une mouette qui rigole 108 14 Une mouette qui rigole

Léo : « Elle a moins peur, la mouette qui rigole. »

Max : « Il faut rappeler son nom en scientifique : Chroicocephalus ridibundus, Laridés. »

108 15 Un goéland 108 16 Un goéland 108 17 Un goéland

Léo : « Oulala ! Il est fâché le goéland marin ! Vous entendez comme il crie ? »

Max : « Ben oui ! Forcément, il se fait voler son repas ! »

Léo : « Un kléptoparasite qui se fait parasiter 🙂 »

Max : « J’espère que tu as bien fotoé bonome. C’était une bien belle scène 🙂 »

Le chevalier : « J’ai fotoé Maxou 🙂 »

Max : « Bon, on avance alors. »

Léo : « Oh ! Un bébé zoiso ! Qu’il est mignon ! »

Max : « Sa maman vient le chercher ! »

Léo : « C’est un gentil petit. Il la suit. »

108 18 Une bergeronnette grise 108 19 Une bergeronnette grise 108 20 Une bergeronnette grise

Max : « Ce sont des bergeronnettes grises, Motacilla alba, Motacillidés. Il est pas un peu tard pour faire des petits ? C’est plutôt au printemps que les zoisos font des œufs. »

Le chevalier : « Ou en été Max. »

Léo : « Il était vraiment tout petit celui-là. La chance ! On a vu un même pas encore juvénile 🙂 »

Max : « Ben ! Le revoilà ! »

108 21 Une bergeronnette grise 108 22 Une bergeronnette grise 108 23 Une bergeronnette grise

Léo : « On a dû leur faire peur et ils ont avancé. Chevalier, si on est sages, on peut s’approcher de lui ? »

Le chevalier : « Même en étant sages vous risquez de lui faire peur à ce petit. Et il m’a l’air bien fatigué. »

Léo : « D’accord. On s’approche pas plus, alors. Il faudrait pas l’embêter. Vous voyez sa maman ? »

Le chevalier : « Elle doit nous surveiller. »

Max : « Elle devrait nous crier dessus ! »

Le chevalier : « Ah ? Elle s’appelle Max ? »

Max : « Pfff ! Je fais pas rien qu’à crier quand même ! »

Le chevalier : « Non… Parfois tu râles 🙂 »

Max : « C’est même pas vrai ! Je suis un gentil petitours ! Et même un gentillours je te rappelle ! »

Léo : « Ça faisait longtemps ! »

Max : « Parce que je suis discret et que j’étale pas mes références à longueur de journée. Mais je vous rappelle que Monsieur de La Fontaine a dit que je suis un gentillours ! Alors na ! »

Le chevalier : « Oui Maxou, tu es un gentillours 🙂 »

Léo : « Max ! Regarde ! »

Max : « Oulala ! Mais c’est qui ce zoiso ? On le connaît pas ! »

108 24 Un pluvier argentéLe chevalier : « Si, mais nous ne l’avons jamais vu en plumage nuptial. »

Max : « On le connaît ? »

Léo : « En plumage internuptial… Qui ça pourrait être ? … Mmmmm… »

Max : « Voilà ! Léo Mmmmm en se grattant la tête 🙂 »

Léo : « Je réfléchis… »

Max : « Tu vas aller dans ta tête, comme bonome, pour aller chercher les livres qu’il y a dedans ? »

Léo : « Oui, je vais m’installer dans la bibliothèque dans ma tête et je vais consulter mes livres. Et tu seras pas là pour m’embêter 🙂 »

Le chevalier : « Alors ? Avez-vous une hypothèse ? »

Max : « Oui… Mais c’est rien qu’une hypothèse. Je suppose que c’est un pluvier argenté, Pluvialis squatarola, Scolopacidés. »

Léo : « Oui ! C’est ça ! D’accord avec Max ! »

Le chevalier : « Bravo à tous les deux ! »

Max : « A tous les deux ? Mais il y a que moi qui ai hypothésé ! Ça alors ! C’est trop fort ! »

Léo : « Max a raison chevalier. Moi, j’ai rien hypothésé du tout. »

Le chevalier : « Alors bravo à toi Maxou 🙂 »

Max : « 🙂 Moi aussi j’étudie mon beau livre de zoisos 🙂 »

Le chevalier : « Je sais Maxou. Toi aussi tu es un petitours studieux. Tu joues parfois au mauvais élève mais tu étudies au moins autant que ton cousin Léo. »

Max : « On étudie souvent tous les deux. On est sérieux mais on rigole bien aussi. »

Léo : « Max t’imite très bien 🙂 Surtout quand tu fais ton regard sévère, comme ça, et que tu fais ta grosse voix pour nous gronder. »

Le chevalier : « Je vous gronde assez rarement. »

Max : « Parce que tu en as pas besoin 🙂 Bon, assez bavardé. Il y a une aigrette garzette qui nous attend. »

Léo : « Je l’avais pas vue… »

Max : « Ben ça alors ! On arrive et elle s’envole ! »

108 25 Une aigrette garzette 108 26 Une aigrette garzette 108 27 Une aigrette garzette

Léo : « Elle est même pas restée dire bonjour ! »

Le chevalier : « Mais j’ai eu son envol 🙂 Troisième scène de la journée 🙂 »

Max : « Bien joué ! Et combien d’espèces pour le moment ? »

Léo : « Les tournepierres, le pigeon, les linottes mélodieuses, le goéland marin et la mouette qui rigole, les bergeronnettes grises, le pluvier argenté et l’aigrette garzette. Ça fait déjà huit. »

Max : « Huit espèces et trois scènes. D’accord. C’est bien parti. »

Le chevalier : « Est-ce qu’une linotte mélodieuse femelle qui se nourrit me permettrait de marquer un quatrième point ? »

108 28 Une linotte mélodieuse 108 29 Une linotte mélodieuse

Max : « Combien de fotos ? Montre un peu… Pas celle-là, ces deux là sont identiques, floue, mal cadrée… Il en reste deux. Deux fotos, c’est pas une scène. Désolé. »

Le chevalier : « Tu es sévère Maxou. »

Max : « C’est toi qui m’as appris 🙂 et je suis pas sévère. Je suis exigeant pour que tu progresses. Dois-je te rappeler que dans élève il y a élever, aller plus haut ? »

Le chevalier : « Parce que je suis ton élève ? »

Max : « Aujourd’hui, oui 🙂 C’est moi qui note 🙂 En accord avec Léo, bien entendu. »

Léo : « Tu es le maître et moi le maître-assistant 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 D’accord. »

Léo : « Nos zoisos gardiens ! Ils sont venus ! »

Max : « Ben oui 🙂 Ils font bien leur mission. Ils viennent toujours nous voir. C’est normal. Ils doivent nous surveiller. Tu les fotoes bonome ? »

108 30 Une chardonneret rigolo 108 31 Une chardonneret rigolo 108 32 Une chardonneret rigolo

Le chevalier : « Oui, il y a un juvénile qui se nourrit sur un cirse. »

Max : « Le cirse, c’est la plante ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « On dirait un chardon. Il pique comme un chardon. Aïe ouille ! »

Léo : « Tu dis toujours ‘aïe ouille’ quand tu parles de quelque chose de piquant même si tu t’es pas piqué 🙂 »

Max : « Parce que si tu t’approches tu risques de faire aïe ouille ! Bon, le cirse, c’est pas un chardon. Mais c’est quand même une Astéracée. »

Le chevalier : « Oui, et dans le langage commun on parle de chardon. Les chardonnerets élégants… »

Max : « Rigolos ! Les chardonnerets sont rigolos ! »

Léo : « Ils sont élégants aussi. »

Max : « Oui, mais nous, on les appelle les chardonnerets rigolos. Ou zoisos gardiens de Charentmaritimie. »

Le chevalier : « D’accord Maxou. Les chardonnerets rigolos se nourrissent souvent sur les ‘chardons’. C’est d’ailleurs de là que leur vient leur nom. »

Max : « Mais oui ! Chardon a donné chardonneret ! Bien sûr ! »

Léo : « On aurait pu y penser ! »

Le chevalier : « Et là, il y a des adultes. »

108 33 Une chardonneret rigolo 108 34 Une chardonneret rigolo

Max : « Bon, je te compte les deux séries de fotos comme une seule scène. Ça fait neuf espèces et quatre scènes. Tu vois que tu y arrives mon bonome 🙂 »

Léo : « Dites, si on allait sur l’estran pour faire une pause. Il y a une petite plage, on pourrait profiter du soleil. »

Max : « Tu veux te faire bronzer ? Méfie toi, c’est là que bonome m’a fotoé tout nu… »

Léo : « Tu voulais te faire bronzer 🙂 »

Max : « C’est nul de se faire bronzer. Ça sert à rien et il fait trop chaud. »

Léo : « Bonome, tu pourrais nous sortir mon beau livre de zoisos s’il te plaît. Je voudrais étudier le pluvier argenté. »

108 35 Les petizours 108 36 Les petizours

Max : « Il vient de la toundra, tout là-haut au nord. »

Léo : « Et ils migrent vers l’Afrique occidentale. »

Max : « Mais certains mâles s’arrêtent ici et restent tout l’hiver. »

Léo : « C’est pour ça qu’on en voit l’hiver. »

Max : « C’est un beau zoiso, le pluvier argenté. »

Léo : « On a donné son nom en scientifique ? »

Max : « Peut-être tout à l’heure. Je me souviens plus. »

Léo : « Pluvialis squatarola, Scolopacidés. »

Max : « On fait une pause ? »

Léo : « Oui, on va s’installer sur le rocher. »

Max : « Bonome, tu peux ranger le beau livre de zoisos de Léo s’il te plaît ? »

108 37 Les petizours 108 38 Les petizours

Max : « C’est beau la mer. »

Léo : « On la voit pas, Max. La marée est trop basse. »

Max : « Grrr ! C’est beau le paysage à la mer. »

Léo : « Oui Maxou, c’est très beau. C’est reposant. »

Le chevalier : « C’est reposant pour vous qui pochez et qui faites des pauses assis sur un rocher 🙂 »

Léo : « Tu es fatigué ? Tu veux arrêter l’inspection ? »

Le chevalier : « Non Léo. »

Max : « Il se moque discrètement de nous, en nous faisant remarquer qu’on fait rien du tout. »

Léo : « Il a pas tort. »

Le chevalier : « Pochez-vous, nous reprenons. »

Max : « On grimpe ! »

Léo : « On va où ? »

Le chevalier : « Comme tu l’as suggéré nous allons traverser l’Île. »

Léo : « Chouette ! Il y a des tas de bosquets avec des zoisos ! »

Max : « Et il y a une petite mare. J’aime bien les petites mares 🙂 »

Léo : « Mais d’abord il y a la grande pelouse bordée d’arbustes. On y entend toujours des zoisos. »

Max : « Mais on les voit pas toujours… »

Le chevalier : « Il y a des linottes mélodieuses. »

Max : « Tu les as entendues ? »

Le chevalier : « Oui, et je les ai vues 🙂 Approchons doucement… »

108 39 Une linotte mélodieuse 108 40 Une linotte mélodieuse

Léo : « Carduelis cannabina, Fringillidés. »

Max : « Bonome, tu as vu qu’il y a un bourdon qui passe juste au-dessus du zoiso sur ta foto ? »

Le chevalier : « J’ai vu 🙂 Mais je ne l’ai pas fait exprès. »

Max : « Tu me diras un jour pourquoi tu aimes tant les linottes ? »

Le chevalier : « Un jour, oui… »

Léo : « Max, pourquoi poses-tu toujours des questions indiscrètes ? Bonome va aller dans sa tête maintenant et il va plus parler du tout. »

Le chevalier : « Non Léo, rassure-toi. Je ne vais pas aller dans ma tête. J’aime beaucoup les linottes. Mais, à vrai dire, il n’y a pas de raison particulière. »

Max : « Tu sais que c’est pas bien de mentir à ses petizours. »

Le chevalier : « Je sais Maxou 🙂 »

Léo : « Vous entendez ? »

Léo : « Je connais ce chant… Mmmmm… »

Max : « C’est la fauvette à tête noire. »

Léo : « Sylvia atricapilla, Sylviidés ? Tu es sûr ? »

Max : « Certain ! »

Léo : « Comment tu sais ? »

Max : « Parce qu’elle est là ! Devant toi ! »

108 41 Unefauvette à tête noireLéo : « On devrait dire ‘il’ est là. Avec la calotte noire, c’est un mâle. »

Max : « Bonome, ça fait neuf espèces. Mais seulement trois scènes. »

Le chevalier : « La journée n’est pas finie… »

Léo : « On pourrait aller là-bas, au bord du champ, derrière les arbres… »

Max : « Bonne idée ! En route bonome ! »

Le chevalier : « Doucement ! Vous allez faire peur aux oiseaux, s’il y en a. »

Léo : « On te suit alors ! »

Max : « Des perdrix grises ! Il y a toute la famille ! »

108 42 Des perdrix grises 108 43 Des perdrix grises
108 44 Des perdrix grises 108 45 Des perdrix grises

Léo : « Je crois qu’on leur fait peur ! »

Max : « Ben oui ! Deux zours ça fait peur 🙂 »

Le chevalier : « Deux petizours ! Et je ne suis pas sûr que vous soyez effrayants pour une famille de perdrix grises. »

Max : « Toi oui 🙂 Tu as fotoé ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « D’accord. Une espèce et une scène de plus. La fuite de la famille perdrix 🙂 »

Léo : « Perdix perdix, Gallinacées. Les petits se sont cachés dans le champ mais la maman est restée là. Pour nous surveiller. »

Max : « D’habitude, ici, il y a une bande de moineaux domestiques… »

Léo : « C’est vrai ça ! On les voit toujours ! »

Le chevalier : « Ils sont peut être partis en vacances. »

Max : « Les moineaux domestiques migrent pas. Tu dis des erreurs. »

Le chevalier : « Je n’ai pas parlé de migration mais de vacances 🙂 »

Max : « Je confirme : tu dis des erreurs 🙂 »

Léo : « Ils sont pas partis loin ! Il y a en a un là ! »

108 46 Un moineau domestique 108 47 Un moineau domestique

Max : « J’aime beaucoup les moineaux domestiques. C’est dommage que leur population régresse. On devrait faire quelque chose ! »

Le chevalier : « Que veux-tu faire Max ? »

Max : « Ils sont insectivores et ils régressent parce que les populations d’insectes diminuent à cause des insecticides et de la disparition des plantes à fleurs. »

Léo : « Il faut plus de plantes à fleurs et plus d’insectes alors. »

Max : « Bonome, on va mettre des hôtels à insectes partout où on peut. Et tu sèmeras des graines de plantes sauvages un peu partout. Comme ça, il y aura plus de moineaux. Et on devrait mettre des cabanes à moineaux aussi. Tu sais, comme au début du Royaume des Chevaliers. Il y a une grande cabane à moineaux. »

Le chevalier : « Je vais étudier la question. Dois-je écrire un rapport pour Princesse ? »

Max : « Mmmmm… Elle pourrait faire des annonces grâce aux crieurs publics. Pour dire à la population du Pays des Zoisos de plus utiliser d’insecticides. Il faudrait même des amendes pour les zoms qui utilisent des insecticides. Et des primes pour ceux qui ouvrent des hôtels à insectes et des cabanes à moineaux. Les amendes financeraient les primes. »

Le chevalier : « D’accord. J’écris le rapport et tu l’envoies à Princesse. »

Léo : « Et les pigeons ? Ils régressent les pigeons ? »

Max : « C’est à cause du ramier que tu poses la question ? »

Léo : « Oui 🙂 »

108 48 Un pigeon ramierMax : « Columba palumbus, Columbidés. On l’appelle également palombe. Bonome, que peux-tu nous dire sur les pigeons ramiers ? »

Le chevalier : « Pour répondre à la question de Léo, je peux affirmer que la population de ramiers augmente. Les individus du nord et de l’est de l’Europe sont migrateurs. Ils passent les Pyrénées. Certains s’arrêtent en Espagne d’autres vont jusqu’au Maghreb. Mais il me semble qu’ici, ils ne migrent pas. Les ramiers nichent dans les arbres. Leur nid est une simple plateforme de brindilles entremêlées. Les petits sont nidicoles. Ils restent longtemps dans le nid : de leur naissance vers avril jusqu’au mois de novembre. Ils se distinguent des adultes à ce qu’ils n’ont pas de tâches blanches sur le cou. Mais, vu le temps qu’ils passent dans le nid, je pense qu’ils ressemblent beaucoup aux adultes quand ils le quittent. »

Max : « Alors on voit jamais les petits ? »

Le chevalier : « Il nous faudra être attentifs vers novembre ou décembre, pour essayer d’apercevoir des juvéniles… »

Léo : « On est à combien d’espèces ? »

Max : « On s’est arrêtés à neuf. Puis il y a eu la fauvette à tête noire, les perdrix, le moineau et le ramier. Ça fait treize. »

Léo : « Rhoooo ! Déjà tout ça ! »

Max : « On arrive à la mare. Qu’est ce qu’on va voir ? »

Léo : « Nos zoisos gardiens ! »

Max : « Ils font bien leur mission dis donc ! »

Léo : « Ils sont venus boire ! »

Max : « Bonome, tu peux avoir une scène là 🙂 »

108 49 Un chardonneret rigolo 108 50 Un chardonneret rigolo
108 51 Un chardonneret rigolo 108 52 Un chardonneret rigolo

Léo : « Il y a d’abord eu un adulte puis un juvénile. »

108 53 Un chardonneret rigolo 108 54 Un chardonneret rigolo

108 55 Un chardonneret rigolo

Max : « Sous la surveillance d’un adulte, haut perché. Il y a un mâle ou une femelle dominant dans les bandes de chardonnerets rigolos ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou. »

Max : « Pas grave. Tu peux pas tout savoir. Il y a des lentilles d’eau sur l’eau. On les connaît déjà : c’est Lemna quelque chose, Lemnacées. Et les végétos derrière, sur la berge, tu les connais ? »

Le chevalier : « Vu d’ici, je dirais que c’est du cresson d’eau, Nasturtium officinale, Brassicacées. »

Max : « Les brassicacées ce sont les anciennes Crucifères, avec quatre pétales en croix. »

Léo : « Ça veut dire quoi Nasturtium ? »

Max : « Attention ! Cours de linguistique ! C’est du grékancien ? »

Le chevalier : « Non, du latin ancien 🙂 Nasum torquare, qui tord le nez, en référence à sa saveur piquante. »

Max : « Ça se mange le cresson ? On peut goûter ? »

Le chevalier : « Non ! »

Max : « Non ? »

Le chevalier : « Non ! »

Max : « Et pourquoi, s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Un : parce que quand je te propose de goûter un végétal tu me rappelles toujours que tu es un zoophage et que tu manges pas des végétos. Et deux : parce que vous risqueriez la distomatose hépatique. »

Max : « La distomatose hépatique ? Ah… Alors il faut pas en manger. »

Le chevalier : « Non ! »

Max : « Mais bonome, on a pas de foie nous ! On a du rembourrage, comme tous les Peluchiformes. On risque pas la distomatose hépatique. »

Léo : « On sait jamais… Moi, je goûte pas. C’est quoi la distomatose hépatique ? »

Le chevalier : « Une maladie qui touche le foie et la vésicule biliaire. Mais je ne suis pas médecin, je ne connais pas les symptômes et les complications possibles de cette maladie. »

Max : « Tu es pas médecin mais tu es naturaliste. Tu peux nous expliquer comment on l’attrape cette maladie. »

Le chevalier : « Oui, mais ça risque d’être un peu long. »

Max : « Pas grave. Si tu veux bien, on va s’asseoir pour écouter. »

Léo : « Voilà ! Alors, la distomatose hépatique… »

Le chevalier : « Cette maladie est causée par un petit ver plat, la fasciole hépatique, Fasciola hepatica, de la classe des Trématodes, à l’allure d’une petite feuille, d’où le nom de fasciole. A l’état adulte, ce petit ver vit dans les canaux biliaires des ovins, des bovins mais aussi, quoique plus rarement, des porcins, des équins, des léporidés, des ragondins… et parfois chez l’Homme. »

Max : « Ici, il y a des ovins, des porcins, des équins, des léporidés et des ragondins… »

Léo : « Alors il peut y avoir des fascioles. »

Le chevalier : « Oui. Il peut y en avoir. Ce petit ver plat est hermaphrodite simultané. »

Max : « Ce qui veut dire qu’il est en même temps mâle et femelle. »

Le chevalier : « Exact. Et il peut s’autoféconder. Donc, même s’il ne trouve pas de partenaire, il peut donner des œufs. Des tas d’œufs. Des milliers d’œufs… Ces œufs sont évacués lors de la vidange biliaire et vont se retrouver dans le tube digestif. Ils seront évacués dans les excréments. »

Max : « Les voilà dehors ! »

Le chevalier : « Un embryon se développe dans l’œuf. Il donnera une larve miracidium qui émergera de l’œuf. Cette larve contaminera un petit Gastéropode que vous connaissez déjà : la limnée. »

Max : « Qu’il y a peut-être dans cette mare. »

Le chevalier : « Et oui… La larve miracidium s’installe dans la cavité respiratoire de la limnée et donne une masse informe appelée sporocyste. Ce sporocyste donne, par reproduction asexuée, des rédies. Ces rédies ont un tube digestif et sont autonomes. Elles gagnent alors l’hépato-pancréas de la limnée où elles se développent, ou se reproduisent en donnant des rédies filles. Le développement des rédies donnent des cercaires, ressemblant à des têtards miniatures. Chaque rédie peut engendrer jusqu’à 20 cercaires. »

Max : « Et il y a beaucoup de rédies ? »

Le chevalier : « Beaucoup. »

Max : « Donc encore plus beaucoup de cercaires… »

Le chevalier : « Jusqu’à 4000 par limnée. »

Max : « Ah oui, quand même… »

Léo : « Ils deviennent quoi les cercaires ? »

Le chevalier : « Ils sont évacués par la limnée et gagnent des végétaux qui vivent les pieds dans l’eau. »

Max : « Comme le cresson des fontaines. »

Le chevalier : « Vous commencez à comprendre pourquoi je ne voulais pas que vous le goûtassiez ? »

Max : « Nous comprenons. »

Le chevalier : « Une fois fixés, les cercaires s’enkystent. Ils s’entourent d’un cocon protecteur à l’intérieur duquel ils deviennent de petites douves miniatures potentiellement infectantes appelées métacercaires. Et ils attendent que la plante soit mangée. Ils peuvent attendre un an si les conditions sont assez humides. Par temps sec, ils meurent en quelques jours. Quand la plante est ingérée, les sucs digestifs détruisent le cocon et le métacercaire est libéré. Ce sont maintenant des douves presque adultes qui gagnent le foie. Elles s’en repaissent pour terminer leur développement puis gagnent les canaux biliaires où les adultes matures se nourrissent de sang. »

Max : « Et nous, on voulait manger du cresson des fontaines. »

Léo : « Tu voulais en manger. Pas moi ! Et je savais même pas qu’il pouvait héberger des cercaires de douve du foie. Alors maintenant que je sais, je veux même plus m’approcher du cresson des fontaines. »

Max : « Tu en as déjà goûté toi, bonome ? »

Le chevalier : « Une fois. Un tout petit morceau. J’ai fait goûter à tonton Riko. »

Max : « Du cresson sauvage ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Tu vas pas bien dans ta tête toi ! Bonome, quand même ! Alors tu nous expliques la maladie et toi tu goûtes ! Hopla ! ‘Tiens, si j’attrapais la distomatose du foie ? Je pourrais héberger une petite colonie de douves du foie, moi qui aime les zanimos ! Venez ici les Fasciola hepatica ! Mes canaux biliaires vous attendent !’ »

Le chevalier : « Je ne savais pas à l’époque… »

Max : « Tu savais pas ! Pfff ! Tu m’énerves bonome ! Tu m’énerves ! »

Le chevalier : « Max, calme-toi… »

Max : « Et si tu es infecté ? Tu fais quoi si tu es infecté ? Tu demandes gentiment aux douves de sortir de ton corps ? »

Le chevalier : « J’aurais déjà déclaré les symptômes. »

Max : « Léo, tu feras une recherche pour trouver les symptômes et on l’auscultera régulièrement. Il est pas possible ce bonome ! Pfff ! Il a goûté le cresson des fontaines sauvage… Mais qu’est ce qu’on va faire de lui ? »

Léo : « On pourrait en faire notre bonome 🙂 »

Max : « Et toi, tu t’inquiètes pas ? »

Léo : « Non. Il le saurait si il était malade. Arrête de t’énerver et on retourne zoisoter. »

Max : « Zoisoter ? Alors qu’il est en train de se faire dévorer le foie tout cru ? »

Le chevalier : « Max, je vais bien ! »

Max : « Tu es sûr ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Absolument certain ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Tu veux pas aller à l’hôpital faire le diagnostique ? »

Le chevalier : « Pas la peine, je t’assure. »

Max : « Léo, tu feras quand même la recherche. Et auscultation chaque semaine. »

Le chevalier : « Si ça peut te rassurer. »

Max : « Tu es en état de zoisoter ? »

Le chevalier : « Max, tu vas finir par m’agacer ! »

Max : « L’agacement ! C’est un symptôme ! J’en suis sûr ! »

Le chevalier : « Bon, Max, tu m’énerves. Léo, viens, on va zoisoter. »

Léo : « J’arrive 🙂 »

Max : « Hé ! Mais vous allez pas partir sans moi ?! »

Le chevalier : « Si, je ne voudrais pas t’imposer mon agonie. »

Max : « Bonome ! Me laisse pas ! »

Le chevalier : « Tu arrêtes avec mon foie ? »

Max : « Oui, mais tu me laisses pas tout seul. »

Le chevalier : « Alors viens 🙂 »

Léo : « On peut zoisoter de nouveau maintenant ? »

Max : « Oui. »

Le chevalier : « Je crois qu’un petit câlin s’impose. »

Max : « Oui. Mets ta main dans ta poche que je me serre fort. S’il te plaît bonome. »

Le chevalier : « Tu me crois quand je te dis que je vais bien ? »

Max : « Oui. »

Le chevalier : « Pas tout à fait. »

Max : « J’ai un peu peur quand même. »

Le chevalier : « Il ne faut pas Maxou. »

Léo : « Dites, on est arrivés sur l’estran et il y a des étourneaux sansonnets. Il faut les fotoer. »

Le chevalier : « Tu me lâches la main Max. »

Max : « Oui. »

108 56 Un étorneau sansonnet 108 57 Une étourneau sansonnet

Léo : « Sturnus vulgaris, Sturnidés. Ça fait quatorze espèces. On les voit souvent ici, parmi les algues brunes. »

Max : « C’est parce qu’ils se nourrissent des petits insectes qui se trouvent dans les algues. »

Léo : « C’est un petit écosystème les algues de l’estran. »

Max : « Bonome, c’est quoi la définition d’un écosystème ? »

Le chevalier : « En scientifique ? »

Max : « Ben oui, en scientifique. »

Le chevalier : « C’est l’ensemble du biotope et de sa biocœnose. »

Léo (à Max) : « Euh… Il a parlé quelle langue là ? »

Max : « Le scientifique 🙂 »

Le chevalier : « Le biotope est l’ensemble des composantes minérales et la biocœnose est l’ensemble des êtres vivants qui peuplent le biotope. »

Max : « Elle marche pas toujours ta définition. Un jour, tu m’as dit qu’un vieux chêne que tu aimes beaucoup est un véritable écosystème. Et dans un vieux chêne, il y a pas des composantes minérales. »

Le chevalier : « C’est vrai. Cette définition n’est pas parfaite. Comme toutes les définitions humaines. Tu sais bien que la nature se fiche de nos définitions. Dans l’exemple que tu donnes, le biotope est l’arbre. Il abrite des tas d’êtres vivants, animaux, végétaux, lichens… qui forment une biocœnose. »

Max : « D’accord. Bon, on est presque revenus à notre monture et on a pas envie de rentrer. La marée est pas encore haute donc on peut rester encore un peu. Ici, on a déjà vu des tas de zoisos. Je propose qu’on s’asseye quelque part et qu’on observe les zoisos sans bouger. »

Léo : « C’est une bonne idée Max. »

Le chevalier : « Je suis d’accord. »

Max : « Léo, tu peux m’aider à installer ma serviette. »

Léo : « Oui 🙂 »

Max : « Bonome, il en faudrait une pour Léo aussi. »

Léo : « Tu veux plus partager ? »

Max : « Ben si. Mais c’est pour que tu aies la tienne et que tu sois plus à l’aise. »

Léo : « J’ai pas besoin d’une serviette moi. »

Max : « Alors on va dire que c’est notre serviette à tous les deux. Tu viens t’asseoir ? »

Léo : « Chevalier, as-tu choisi ta place ? »

Le chevalier : « Oui, ici, c’est très bien. »

Léo : « Alors on approche la serviette 🙂 »

Max : « Pour être à portée de main 🙂 »

Le chevalier : « A portée de gratouillis surtout 🙂 »

Max : « Ouiiii 🙂 »

Léo : « Il y a un grand gravelot qui approche. »

108 58 Un grand gravelot 108 59 Un grand gravelot
108 60 Un grand gravelot 108 61 Un grand gravelot

Max : « Charadrius hiaticuluta, Charadriidés. Il est en train de manger. »

Léo : « Il pique la vase avec son bec pour attraper des vers. »

Max : « Il va être tout vaseux le grand gravelot. Tu as fotoé ? »

Le chevalier : « Bien sûr. Quinzième espèce, cinquième scène 🙂 »

Max : « Tu as réussi tes défis bonome 🙂 »

Le chevalier : « Et ce n’est pas fini 🙂 »

Léo : « Si tu fotoes le petit gravelot, ça fera seize espèces 🙂 »

108 62 Un petit gravelot

Max : « Un grand gravelot puis un petit 🙂 C’est la première fois qu’on voit les deux l’un après l’autre, comme ça. »

Léo : « Tu es sûr ? »

Max : « A vrai dire, j’en sais rien du tout 🙂 Bonome, je peux venir contre toi ? »

Le chevalier : « Tu penses encore aux douves ? »

Max : « Oui. Je veux pas que tu aies la maladie ou que tu te casses encore quelque chose. »

Le chevalier : « Ça peut arriver tu sais. »

Max : « Et qu’est ce qu’on deviendrait sans toi ? »

Le chevalier : « Brindille vous adopterait. »

Max : « Elle est gentille Brindille, mais c’est pas toi. »

Le chevalier : « Mon petitours, chasse tes idées noires et profite de la nature. Deviens le paysage et tu iras mieux. »

Max : « Devenir le paysage ? »

Le chevalier : « Oui. Fonds-toi en lui. Écoute le bruit des vagues, les cris des oiseaux, les cailloux qui roulent… Hume l’air marin chargé en iode, l’odeur des algues, de la vase… Regarde le ciel, l’eau, la vie… Goûte les embruns et sens le vent sur ton visage. Laisse le paysage entrer en toi et tu en feras partie. »

Max : « Comme toi en Bretagne 🙂 Il y a pas que toi qui peux le faire ? »

Le chevalier : « Non, vous aussi vous pouvez faire partie intégrante du paysage mes petizours 🙂 »

Alors on a fait comme il avait dit. J’avais jamais fait attention que les cinq sens sont en éveil dans la nature. Il a fallu qu’il me le dise. On a fait silence. Le vent aussi a fait silence. Il soufflait doucement, pour pas nous faire tomber, mais assez fort quand même pour qu’on le sente sur nos visages. Elle est agréable, la caresse du vent marin. J’ai découvert aussi que le vent nous entoure complètement quand il souffle un peu. C’est à cause qu’on crée des turbulences par notre présence. Je sais pas si c’est fait exprès mais, du coup, le vent nous caresse tout autour. Et c’est bien agréable. J’ai découvert aussi des tas de senteurs. Je pourrais pas les nommer, mais je les reconnaîtrai maintenant. Les sons, les goûts, les odeurs… tout ça entrait en nous et on était la nature. On était plus en elle. On était elle. On ne faisait plus qu’un, tous. Alors les zoisos avaient plus peur de s’approcher puisqu’on était le paysage. Ils sont venus tout près. Bonome bougeait plus, nous non plus. On parlait plus non plus. C’était pas la peine. Alors on les a pas fotoés quand ils étaient juste là, à picorer sous nos pattes. Je sais pas combien de temps ça a duré. Le temps n’existait plus. C’est le vent qui a rompu le silence le premier, pour nous prévenir que la mer montait et qu’on devait faire attention à la marée. Il est gentil le vent. C’est vraiment un ami.

Max : « Bonome, c’est comme ça qu’on redevient sauvage ? »

Le chevalier : « Non Max. C’est comme ça qu’on redevient heureux 🙂 »

Max : « Omnia meam mecum porto, c’est ça ? »

Le chevalier : « Oui Maxou 🙂 Quand on peut vivre ça, on a besoin de rien d’autre. »

Max : « Tu arrives à tout garder en toi ? »

Le chevalier : « Pas toujours, parfois j’oublie. Tu sais avec le travail, la schola, le stress… Mais, même à la schola, le chant d’un oiseau me rappelle la nature, la floraison des cerisiers. »

Max : « On devrait fêter hanami. »

Léo : « C’est quoi hanami ? »

Le chevalier : « C’est les Japonais. Il font une fête pour la floraison des cerisiers. Parce que les cerisiers qui fleurissent sont magnifiques mais que leurs fleurs sont éphémères et qu’il faut attendre un an pour les revoir. »

Léo : « C’est pas la peine de fêter hanami Maxou. »

Max : « Pourquoi ? »

Léo : « Parce que, grâce au chevalier, on fête chaque fleur qu’on rencontre 🙂 Et il y en a toute l’année. Pense aux fleurs de lierre qu’on voit en hiver. »

Le chevalier : « Il va bientôt falloir rentrer. »

Max : « Regarde, la mer est encore loin. Tu peux encore fotoer le grand gravelot qui fait sa toilette 🙂 »

108 63 Un grand gravelot 108 64 Un grand gravelot 108 65 Un grand gravelot

Le chevalier : « Sixième scène 🙂 Longue série de fotos. J’espère que tu vas pas toutes les mettre dans ton blog. »

Max : « Je les mets si je veux. »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. Tu sais bien que je ne t’ai jamais rien interdit. C’est ton blog et tu es totalement libre de l’écrire comme tu veux. »

Max : « J’aime bien que tu fasses des remarques. Même si j’en tiens rarement compte 🙂 »

Le chevalier : « Tu es un peu entêté parfois. »

Max : « Ouiiii 🙂 Mais ça fait mon charme 🙂 »

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108 85 Un grand gravelot 108 86 Un grand gravelot

Léo : « Il y a un merle noir sur l’estran. Je savais pas que les merles venaient sur l’estran eux aussi. »

108 87 Un merle noir 108 88 Un merle noir

Max : « Turdus merula, Turdidés. Ben, les merles sont insectivores et il y a des insectes dans les algues. Alors les merles qui vivent pas loin de la mer peuvent aller faire leur marché sur l’estran. J’aime bien les voir le bec rempli d’insectes. »

Léo : « Des fois, ils en ont tellement, que pour attraper les suivants, ils posent le tas qu’ils ont dans leur bec. Puis ils reprennent tout d’un coup. »

Max : « Ça leur évite de faire des tas d’allers-retours quand ils nourrissent leurs petits. »

Léo : « Quand même, avec tous les insectivores, il doit y en avoir beaucoup des insectes. »

Max : « Regardez la mouette qui rigole ! J’aime bien quand elle fait ça ! »

108 89 Une mouette qui rigole 108 90 Une mouette qui rigole
108 91 Une mouette qui rigole 108 92 Une mouette qui rigole

Léo : « Elle piétine la vase pour déranger les vers et elle les attrape quand ils remontent à la surface. »

Max : « Une scène de plus bonome. Je crois que c’est la septième. Léo, pourquoi tu te retournes tout le temps comme ça ? »

Léo : « J’entends un zoiso derrière nous mais je reconnais pas son chant. Vous l’entendez ? »

Max : « Bonome se lève ! Il va vouloir le débusquer 🙂 On t’attend ici nous. Tu nous montreras. »

Léo : « Tu crois qu’il va le trouver ? »

Le chevalier : « Je crois qu’il reviendra pas tant qu’il l’aura pas fotoé 🙂 »

Léo : « On va peut-être dormir ici alors 🙂 »

Max : « Tu sous-estimes bonome. Il va revenir dans deux minutes, le sourire aux lèvres, et dira simplement : ‘Voilà !’ »

Léo : « Il revient. Il sourit 🙂 »

Le chevalier : « Voilà ! »

Max et Léo éclatent de rire.

Le chevalier : « Qu’ai-je dit de si drôle ? »

Max : « Rien bonome 🙂 »

Léo : « Max avait prédit ton retour souriant et ton mot. Il te connaît bien, Max 🙂 »

Max : « Tu nous montres ? »

Léo : « S’il te plaît ? »

Le chevalier : « Regardez… »

108 94 Un verdier d'Europe 108 95 Un verdier d'Europe

Léo : « C’est un verdier d’Europe, Carduelis chloris, fringillidés. Ça fait combien d’espèces ? »

Max : « Je sais plus et je m’en fiche. On a vu des tas de beaux zoisos et ça me suffit. »

Léo : « Moi aussi 🙂 »

Max : « Bonome, tu as relevé les défis. Bravo ! J’en attendais pas moins de toi. »

Le chevalier : « Je fotoe quand même le chevalier guignette qui vient se nourrir devant nous. »

Léo : « Actitis hypoleucos. »

Max : « Scolopacidés. »

108 98 Un chevalier guignette 108 99 Un chevalier guignette 108 100 Un chevalier guignette
108 101 Un chevalier guignette 108 102 Un chevalier guignette 108 103 Un chevalier guignette

Léo : « Il s’approche du grand gravelot. »

Max : « Il y a assez à manger pour eux deux. Ils vont pas se chamailler. »

108 104 Le chevalier et le gravelot 108 105 Le chevalier et le gravelot 108 106 Le chevalier et le gravelot

Léo : « Dis chevalier, copain, ça veut dire qui partage le pain n’est ce pas ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Léo : « Le pain, c’est un exemple de la nourriture ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours 🙂 »

Léo : « Alors on peut dire que le grand gravelot et le chevalier guignette sont copains ? »

Le chevalier : « On peut le dire 🙂 »

Max : « Bon, si tout le monde a du manger et que les zoisos sont copains, on peut dire que tout va bien dans ce Royaume. On peut rentrer maintenant. »

Le chevalier : « Tiens, d’un coup tu veux rentrer… »

Max : « Tu entends pas le vent bonome ? Il nous dit que la mer monte ! »

Alors on est rentrés en silence. On a tout chevauché. Bonome a pas fait de pause à la taverne parce qu’il avait bien vu qu’on était tout fatigués. Car, même si on poche beaucoup, on se fatigue vite à cavaler partout comme ça. On a des petites pattes nous. En rentrant on est allés se débarbouiller. Léo s’est bien frotté pour se débarrasser d’éventuelles douves. Il a raison Léo. Même si on est des peluches, on veut pas prendre le risque d’avoir la distomatose hépatique. Ce serait trop bête. Puis on est allés au lit, comme de gentils petizours. On s’est même pas chamaillés. Bonome est venus nous border. Et il nous a raconté une belle histoire qu’il tenait du vent. A nous, il peut les dire les histoires. On a demandé la permission au vent, et comme c’est notre ami, il a bien voulu 🙂 Je sais pas si Léo a entendu la fin de l’histoire mais moi non. J’ai juste senti le bisou de bonome qui me souhaitait bonnuit.

Voilà Princesse, encore une belle journée au Pays des Zoisos avec notre grand chevalier pas Scolopacidé 🙂

Je t’embrasse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

2 réflexions au sujet de « 108 – Les zoisos de l’Île Où On Va à Pieds »

  1. Bonjour Anonyme,
    c’est gentil ce que tu dis 🙂 Mais on rattrape pas bonome, oulala non ! Il a une bibliothèque dans la tête lui, avec des tas de livres. Nous pas encore. Et puis il veut pas mettre sa casquette alors son cerveau va être tout fondu. Mais il nous écoute pas 🙁
    Je suis content que tu apprennes des choses. C’est aussi pour ça que je grave mon blog 🙂
    Et peut-être que Léo est tout doux. C’est mon doux cousin Léo 🙂 Mais moi je suis pas énervé ! Grrr !!!
    A bientôt et bonne lecture 🙂

  2. Bonjour les petitzours

    Quel bel article ! J’y ai appris beaucoup de choses comme d’habitude et c’est toujours un plaisir de vous lire.
    j’aime beaucoup le comportement posé de Léo et ses sages réflexions, un peu plus énervé le petit Maxou !!!!!
    un vrai passionné votre chevalier. Quel travail mais surveillez le bien un jour sa tête va exploser ! Déjà que son cerveau est en perpétuel ébullition. Vous avez encore besoin de lui pour parfaire vos connaissances bien que vous en sachiez déjà beaucoup. Je trouve que vous progressez rapidement et que bientôt les élèves vont dépasser le maitre, bon, sincèrement je ne le pense pas mais !!!!
    je vous laisse sur une très belle citation

    c’est dans le cœur de l’homme qu’est le spectacle de la nature, pour le voir il faut le sentir
    Jean Jacques Rousseau
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