86.1 – Le Royaume des Grèbes

Dimanche 10 Avril, An III

Max : « Léo, je vais graver mon blog. Tu viens m’aider ? … Léo ! … Léo ? Ben dis donc, tu pourrais répondre mon Léo… Léo ! … Bonome ! Bonome ! Léo va pas bien ! Il est à la fenêtre et il a le regard vide. Il me répond même pas quand je lui parle ! Qu’est ce qu’il a ? Va le voir s’il te plaît. »

Le chevalier : « Je crois comprendre… Léo, qu’est ce qu’il t’arrive ? Max me dit que tu ne lui réponds pas quand il te parle. Léo ? »

Max : « Tu vois ! Il est parti dans sa tête ? »

Le chevalier : « Pire que ça… »

Max : « Pire que ça ? »

Le chevalier : « Il n’est plus avec nous. »

Max : « Qu’est ce qu’il a ? C’est grave ? »

Le chevalier : « Je vais essayer quelque chose… Korrigans ! Schistes de Postolonnec, Menhirs ! »

Léo se retourne et regarde Max et le chevalier avec un regard triste…

Le chevalier : « La Bretagne te manque Léo, c’est ça ? »

Léo : « Oui 🙁 On s’ennuie ici. Il y a pas les korrigans. On peut pas faire la géologie… »

Max : « Mais il y a des zoisos mon Léo ! On pourrait aller voir les zoisos ! »

Léo : « Je les aime beaucoup les zoisos d’ici mais on les connaît tous par cœur. On sait presque ce qu’on va voir avant de partir. Grébou ici, grébu là… Un héron cendré, des cygnes, des foulques… Et il y a même pas des cailloux ou des falaises. Chevalier, tu veux pas trouver une cabane en Bretagne ? Je t’aiderai à l’aménager. S’il te plaît ! »

Le chevalier : « Tu me tentes mon Léo… Mais tu sais bien que cela ne se fait pas comme ça. Il faut du temps… »

Léo : « Je veux bien attendre si un jour on y va. Allez chevalier… s’il te plaît… »

Max : « Tu voudrais tout quitter ici ? »

Léo : « Quitter quoi ? Notre cabane ? Il y en a d’autres, des cabanes ! »

Max : « Mais et nos zoisos ? Martin ? Qu’est ce qu’il dirait Martin ? Et blongios ? »

Léo : « Des Martins, il y en a en Bretagne. On en a vu. Et blongios, je l’ai jamais rencontré. »

Max : « Et Brindille ? »

Léo : « Oui, il y a Brindille, mais elle comprendrait… »

Le chevalier : « Léo, pour le moment, tout ce que je peux te proposer, c’est d’aller en inspection. »

Max : « Bonome, je te rappelle que tu es encore tout cassé ! »

Le chevalier : « Max, tu ne penses pas que Léo a besoin de sortir ? C’est plus important que mon épaule qui, d’ailleurs, va mieux. »

Léo : « Tu veux aller en inspection ? Pour moi ? Malgré ton épaule ? »

Le chevalier : « Pour toi, pour Max, pour moi… Nous ne sommes pas sortis de toute la semaine. C’est normal que nous déprimions. »

Léo : « Merci Chevalier ! »

Max : « Mais, on va où ? »

Le chevalier : « Au Royaume des Grèbes ! Léo a raison. Nous savons que nous allons les rencontrer. Mais je suis sûr qu’il nous réserveront de belles surprises 🙂 »

Au Royaume des Grèbes…

Max : « Alors Léo, ça va mieux ? »

Léo : « Max, nous venons d’arriver… »

Max : « Mais ça fait du bien d’être dans la nature ! Tu sens le vent ? Il est venu exprès pour te caresser le visage ! Et il porte jusqu’à nous le cri des goélands 🙂 Oh ! Un huîtrier-pie ! Tu l’entends Léo ? »

Léo : « Il a de la chance le vent, d’être à la fois ici et en Bretagne. Nous on est qu’ici 🙁 »

Max : « Oui, mais il est beau ce Royaume. Regarde Léo ! Un geai des chênes ! Il est venu pour toi ! On l’a jamais vu d’aussi près ! »

86.1 01 Geai des chênes

Léo : « Garrulus glandarius, Corvidés. Qu’est ce qu’il est beau ce zoiso ! Il a les yeux bleus, comme le chevalier 🙂 »

Max : « Moi j’aime beaucoup les plumes striées de bleu et de noir qu’il a sur les ailes ! Bonome en a dans ses tiroirs. Je suis sûr qu’on pourrait en faire quelque chose… Bonome, cet automne on ramassera des glands et on les mettra dans la mangeoire. On voit souvent des geais dans le tilleul en face de la chambre. On pourrait les nourrir quand même ! »

Léo : « Oh oui ! Comme ça, on aura nos geais à nous ! »

Max : « Et des geais, on en a pas vu en Bretagne 🙂 »

Léo : « Max, c’est gentil, mais parle pas de la Bretagne s’il te plaît. »

Max : « Il y a un picpic ! »

Léo : « Picpic ? Le pic vert ? Picus viridis, Picidés ? Il est où ? »

Max : « Là-bas, par terre, dans les herbes hautes… »

86.1 02 Pic vert 86.1 03 Pic vert

Léo : « Rholala ! On le voit à peine ! Il est bien camouflé. »

Max : « Ben oui. Le pic vert est le seul pic qui passe plus de temps au sol que sur les arbres. Et au sol, il y a de l’herbe ! »

Léo : « Mais c’est pas malin alors d’avoir du rouge sur la tête. En plus, rouge et vert sont des couleurs complémentaires. Elles se font ressortir l’une l’autre. »

Max : « C’est vrai ça bonome ! Il a raison Léo. C’est pas malin le rouge ! »

Le chevalier : « Ce n’est pas non plus un gros handicap. Il y a peu de rouge sur un pic vert. Et puis, vous avez déjà dû voir des fruits rouges dans les herbes hautes. »

Max : « Alors il est bien caché ! On le voit à peine. Si Princesse fait pas attention en regardant les fotos, elle va pas le voir. Dis bonome, qu’est ce qu’elle dirait Princesse si on partait en Bretagne ? »

Le chevalier : « Rien. »

Max : « Rien ? Alors on partirait tout là-bas et elle dirait rien ? »

Le chevalier : « Max, elle m’a envoyé inspecter le Pays des Zoisos. Que je le fasse ici ou en Bretagne n’a pas beaucoup d’importance pour elle… »

Léo : « Je vous demande pardon de vous interrompre, mais il y a une faisane là-bas… Tu veux bien la fotoer s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo 🙂 »

86.1 04 Faisan femelle 86.1 05 Faisan femelle

Max : « On dit une faisane ? On doit pas dire une poule faisane ? »

Le chevalier : « L’un et l’autre se disent Maxou. »

Max : « Avec les grillages, Princesse va croire que les zanimos sont en captivité ici… »

Le chevalier : « Non Max. Ces grillages sont destinés aux hommes. Les animaux s’en fichent. La faisane peut s’envoler et passer par dessus. Les grillages sont là pour empêcher les hommes d’aller embêter les animaux. »

Max : « C’est rigolo ! C’est un parc zomologique pour les zanimos 🙂 Les zoms restent sur les chemins et les zanimos peuvent venir les observer si ils veulent. Il y a pas de mâle faisan ? »

Le chevalier : « 🙂 Je crois l’avoir entendu… »

Léo : « Oui oui ! Il est là-bas, pas loin, dans les végétos. Je l’ai bien entendu aussi. Rhoooo… »

Max : « Quoi Rhoooo ? »

Le chevalier : « Là haut ! Presque au dessus de nous… »

86.1 06 Héron cendré 86.1 07 Héron cendré

Max : « Oulala ! Un héron cendré ! Ardea cinerea, Ardéidés. Il plane au dessus de nous ! Ça me rappelle la Charentmaritimie ! »

Léo : « En Charentmaritimie il y a pas que le héron cendré ! Il y a aussi le héron pourpré, le héron garde-bœufs, les aigrettes garzettes… »

Max : « … les grandes aigrettes, les bihoreaux gris… »

Léo : « J’ai jamais vu le bihoreau gris… »

Max : « On le verra cet été Léo. Sois patient 🙂 Oh ! Regardez ! Il y a des petits canards ! »

Le chevalier : « Des petits colverts 🙂 »

86.1 08 Des petits colverts 86.1 09 La famille colvert

Léo : « Anas platyrhynchos, Anatidés. Ce sont les premiers petits de l’année ! Ils sont mignons ! »

Max : « Bonome, le papa est avec eux. »

Le chevalier : « Oui, je vois. »

Max : « Et c’est pas toi qui m’as dit que le papa s’occupait pas de ses petits ? Qu’il allait au bistrot avec ses copains ? Et que les petits le rencontraient plus tard et lui disaient ‘Bonjour monsieur le canard‘, en canarcolvérien, sans reconnaître leur papa parce qu’ils l’avaient jamais vu ? »

Le chevalier : « Si, c’est moi. »

Max : « Et là, il y a le papa avec les petits ! »

Le chevalier : « oui Max. »

Max : « C’est tout ce que tu as à dire ? Oui Max … »

Le chevalier : « Que puis-je dire d’autre ? J’ai lu, j’en suis sûr, que le mâle colvert ne participe pas à l’éducation des petits. Là, je vois qu’il est présent. La réalité est qu’il est présent. J’ai dit une erreur. »

Léo : « Ça arrive de dire des erreurs chevalier. »

Max : « Oui, ça arrive de dire des erreurs… Mais quand même ! J’ai une responsabilité envers mes lecteurs moi ! Je peux pas graver des erreurs ! Tu devrais mieux vérifier tes sources bonome. »

Le chevalier : « J’y tacherai dorénavant. Pour le moment, observons grébou 🙂 »

Max : « Ton chouchou zoiso ! »

86.1 10 Grébou 86.1 11 Grébou

Léo : « Il est très beau grébou. Oh ! Il a ploufé ! »

Max : « Ben oui. Il a ploufé, il ploufe, c’est un ploufeur ! Léo, je te rappelle qu’il se nourrit de zanimos aquatiques. Aquatique ça vient du grékancien. Ça veut dire dans l’eau. Alors si il veut manger, il doit ploufer ! On le sait depuis longtemps ! »

Léo : « Je sais Maxou. Mais j’aime bien le voir ploufer 🙂 »

Le chevalier : « Il ne se nourrit pas seulement d’animaux aquatiques Max. Je l’ai souvent vu attraper des Odonates… »

Max : « Les odonates, ce sont les libellules et les demoiselles, Léo. »

Léo : « Merci Maxou 🙂 »

Le chevalier : « Il les attrape par dessous. »

Max : « Comment ça ? »

Le chevalier : « Il les repère, plonge, enfin ploufe, et remonte juste sous elles et les gobe, d’un coup. »

Max : « Gloub la libellule ! »

Léo : « Il est malin grébou 🙂 »

Max : « C’est bon une libellule ? »

Léo : « Max, tu ne penses qu’à manger ! »

Max : « Même pas vrai ! Je me demande si c’est bon une libellule, par empathie pour grébou. C’est que de la curiosité scientifique ! Je mange pas des libellules moi. »

Le chevalier : « A sa place j’enlèverais les ailes… »

Max : « Il peut pas, il a pas de doigts ! »

Léo : « Ils sont deux maintenant ! »

86.1 12 Deux grébous 86.1 13 Deux grébous

Max : « Tu crois que c’est un couple ? Il vont faire des œufs ? »

Léo : « Oh oui ! Faites des œufs les grébous ! J’ai envie de voir des petits faire du parent-stop ! Et ils sont mignons vos petits ! »

Max : « Et puis, il faut bien perpétuer l’espèce ! »

Léo : « Allez les grébous ! Perpétuez un peu 🙂 »

Le chevalier : « C’est peut-être un peu tôt. Il me semble qu’ils se reproduisent plus tard, vers la fin du printemps. Ou même en été… »

Max : « Ils sont partis… On va voir plus loin ? »

Léo : « Ben oui Maxou. On va pas rester toute la journée ici… »

Max : « Pouillot ! »

86.1 14 Un pouillot

Léo : « Toi tu joues aux zoisos dès qu’on voit un pouillot ! »

Max : « J’aime bien les pouillots 🙂 Tu le reconnais celui-là bonome ? »

Le chevalier : « Pouillot véloce, Phylloscopus collybita, Phylloscopidés. »

Max : « Sûr ? »

Le chevalier : « Pas du tout 🙂 Mais il a un sourcil clair, des pattes sombres, presque noires… »

Max : « Il faudra étudier attentivement les pouillots un jour. On peut pas rester comme ça. »

Léo : « Il nous faut une formation 🙂 »

Max : « Pfff… On arrive à l’observatoire où on voit Martin. Tu crois qu’il va venir ? »

Le chevalier : « Impossible de prévoir Maxou. »

Max : « Moi je crois pas. Ça fait longtemps qu’on est pas venus. Il doit être un peu fâché. Il viendra pas. Ou alors de loin et vite fait… C’est dommage, on aurait pu lui donner des nouvelles des Martins de Bretagne… Léo, pourquoi tu regardes sur les côtés de l’observatoire ? »

Léo : « Chut ! Il y a des mésanges charbonnières. Venez voir… »

86.1 15 Mésange charbonnière mâle 86.1 16 Mésange charbonnière mâle
86.1 17 Mésange charbonnière femelle 86.1 18 Mésange charbonnière femelle

Max : « La première c’est un mâle. On voit bien la cravate noire, épaisse, qui s’élargit sous le ventre… »

Léo : « Et l’autre, c’est une femelle. Elle a de la laine de mouton dans son bec. Elle doit faire le nid. »

Max : « Ils vont faire des œufs 🙂 »

Léo : « C’est encore la femelle qui fait tout ! Le mâle fait que surveiller. »

Le chevalier : « Max, tu es bien un petit mâle toi ! Tu ne fais rien du tout dans la cabane 🙂 »

Max : « J’aide Léo à mettre tes chaussettes ! »

Léo : « Elles sont parties ! Zutalor ! Il faudra revenir voir les petits. »

Le chevalier : « Nous reviendrons Léo, tu sais bien. »

Max : « Pour le moment, on va aller ailleurs. Il y a pas des zoisos ici. »

Léo : « Comment ça se fait que des fois on voit pas de zoisos ici, et d’autres fois, il y en a plein ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Léo. Ils doivent se promener. »

Max : « On reviendra tout à l’heure. Il est trop tôt. Allons à l’observatoire suivant. »

Léo : « Des colverts ! Deux mâles ! »

Max : « Ils vont pas faire des œufs alors. »

Léo : « Ils n’ont pas trouvé de femelles. Les pauvres… »

Max : « Ils en trouveront peut-être plus tard. Et puis, tu sais Léo, il y a beaucoup de colverts. Si ils se reproduisent tous, il y en aurait trop. Il y aurait des colverts partout. On pourrait plus avancer tellement il y en aurait ! »

Léo : « 🙂 Quand même pas ! Et puis, il y a les prédateurs. Ils mangeraient plus de petits. »

Max : « JE T’INTERDIS D’IMAGINER UN PRÉDATEUR EN TRAIN DE MANGER UN PETIT ZOISO ! ON MANGE PAS LES PETITS ZOISOS ! ÇA DEVRAIT ÊTRE INTERDIT DE MANGER DES PETITS ZOISOS ! »

Léo : « Ben voilà ! Tu as crié et les colverts se sont sauvés ! »

86.1 19 Canards colverts 86.1 20 Canards colverts
86.1 21 Canards colverts 86.1 22 Canards colverts

Max : « Ils ont couru sur l’eau pour s’envoler. »

Léo : « Ben oui, je t’ai dit déjà : il y a que les sarcelles d’hiver qui courent pas. Elles sautent et s’envolent d’un coup. »

Max : « Elles sont fortes les sarcelles d’hiver. Mais on va pas en voir. Elles sont reparties déjà. C’est que l’hiver les sarcelles d’hiver. »

Léo : « On continue l’inspection ? »

Max : « Oui mon Léo. Il faut faire tout le tour du Royaume. Le long des chemins on verra peut-être des passereaux. »

86.1 23 Un pouillot

Léo : « Pouillot ! Phylloscopus collybita, Phylloscopidés ! »

Max : « Toi aussi tu joues aux zoisos ! »

Léo : « Ouiiii 🙂 Un point partout ! »

Max : « Un pouillot partout ! »

Le chevalier : « Sturnus vulgaris, Sturnidés ! »

86.1 24 Etourneau sansonnet 86.1 25 Etourneau sansonnet

Léo : « Rhoooo ! Qu’il est bôôôô ! »

Max : « Oui mais si bonome joue, on gagnera jamais ! Il connaît tous les zoisos et il a des superzieux ! »

Léo : « Profite de l’étourneau Maxou, au lieu de ronchonner. »

Max : « Il a mis quel plumage ? Parce qu’il a des taches blanches partout. »

Le chevalier : « Il a des taches sur le bas du corps. Son plumage est noir. »

Léo : « Et il a le bec jaune ! »

Le chevalier : « Sa base me paraît bleue… »

Léo : « Tu crois ? »

Max : « Ben oui ! »

Léo : « Et ça veut dire quoi si la base du bec est bleue ? »

Le chevalier : « Ça veut dire qu’il s’agit d’un mâle en plumage nuptial. »

Max : « Ben oui ! C’est le printemps ! Ils sont en plumage nuptial les zoisos. C’est normal. »

Léo : « C’est toi qui as posé la question Maxou 🙂 »

Max : « Pour que bonome réponde et se croit cultivé et intéressant 🙂 »

Léo : « Tiens picpic s’est déguisé en poteau ! »

86.1 26 Pic vert 86.1 27 Pic vert

Max : « Il a presque les même couleurs ! »

Léo : « Mais il bouge trop ! Ça bouge pas un poteau. Picpic fait rien qu’à bouger la tête ! A droite, à gauche, à droite… »

Max : « Picpic, tu fais pas bien le poteau ! Tu fais mieux l’herbe 🙂 »

Léo : « Tu dois encore t’entraîner pour te déguiser en poteau 🙂 »

Le chevalier : « Vous ne devriez pas vous moquer de picpic. »

Max : « On se moque pas ! »

Léo : « On le taquine ! »

Le chevalier : « Ce n’est pas un juvénile ! »

Max : « Pfff… Tu veux jamais rigoler. »

Le chevalier : « Pardon Maxou. »

Max : « C’est plus drôle maintenant. Allez, on avance ! »

Léo : « Chevalier, c’est qui ce zoiso là-bas ? Il a le dessus de la tête noir. »

86.1 29 Fauvette à tête noire 86.1 30 Fauvette à tête noire

Max : « On l’a jamais vu celui-là ! Tu es qui, zoiso ? »

Léo : « Tu le fotoes ? »

Le chevalier : « Voilà ! C’est fait ! »

Max : « Alors on va se trouver un banc et on va le chercher dans mon beau livre de zoisos. Je veux savoir qui c’est ce zoiso ! »

Léo : « Tu nous donnes un indice s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Cherchez chez les Sylviidés. »

Max : « Elle s’appelle Sylvie ? »

86.1 31 Les petizours 86.1 32 Les petizours

Léo : « Mais non Maxou 🙂 Sylvia, à la rigueur 🙂 J’ai trouvé ! Sylvia atricapilla. C’est la fauvette à tête noire. Tu la connaissais déjà chevalier ? »

Le chevalier : « Je l’ai déjà croisé l’an dernier. Il me semble qu’elle ne s’observe ici que du printemps à l’automne. »

Max : « Elle passe pas l’hiver ici ? Il fait trop froid ? »

Le chevalier : « Trop froid pour ses proies. »

Max : « Elle mange quoi ? »

Le chevalier : « Vous le voyez bien à son bec ! »

Léo : « Il est fin et allongé. »

Le chevalier : « C’est un bec d’insectivore. »

Max : « Et l’hiver, il y a pas assez des insectes alors elle va plus au sud. Et nous, on la voit plus. »

Léo : « Tu connais d’autres choses sur la fauvette à tête noire ? »

Le chevalier : « Cet individu est un mâle. »

Max : « Comment tu le sais ? »

Le chevalier : « Le dessus de sa tête noire. »

Léo : « Max, si tu regardais dans ton beau livre 🙂 »

Max : « Ah oui ! Le mâle a le dessus de la tête noir alors qu’il est marron chez la femelle. En tout cas, on a vu un zoiso de plus 🙂 On reprend l’inspection ? »

Léo : « Oh oui ! On va voir d’autres belles choses 🙂 »

Max : « On pourrait aller voir le tussilage. On l’a vu alors que c’était encore l’hiver. Il avait que des fleurs. Il est bizarre le tussilage. Allez, c’est juste là ! »

Léo : « Tu te souviens de toutes les plantes que nous avons rencontrées Maxou ? »

Max : « Pas toutes quand même, mais beaucoup 🙂 Voilà, il est là. Tussilago farfara, Astéracées. »

86.1 33 Tussilage 86.1 34 Tussilage
86.1 35 Tussilage 86.1 36 Tussilage

Léo : « Il donne des fruits. »

Max : « Ce sont des fruits à aigrette. Ils seront dispersés par le vent. Il y en aura partout où souffle le vent. »

Léo : « Et il y a les feuilles. Il avait pas de feuilles cet hiver. Max, c’est encore un capitule de fleurs ? »

Max : « Oui Léo. Toutes les Astéracées ont des capitules. Là, les fleurs stériles sont jaunes comme les fleurs fertiles. Mais c’est comme la pâquerette. »

Léo : « Et tu connais toute la famille ? »

Max : « Ben non. J’en connais que quelques unes. C’est une trèèèès grande famille, les Astéracées. Et elles n’habitent pas toutes autour de chez nous. Bon, le tussilage va bien. Il a fait ses graines et donc il aura des petits. L’espèce n’est pas en danger ici. On peut continuer. »

Léo : « On va à l’autre observatoire ? Tu veux bien chevalier ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo. »

Léo : « Max, on fait la course ? C’est parti ! »

Max : « Hé ! Mais tu triches ! Tu es parti avant de donner le signal ! »

Le chevalier : « Max, si tu ne démarres pas rapidement, Léo est sûr de gagner ! »

Léo : « J’ai gagné ! »

Max : « Tu as triché ! C’est pas du jeu ! »

Léo : « Mais j’ai gagné ! Allez, viens, il y a un cygne tuberculé ! »

Max : « Oulala ! Il fait sa toilette ! Fotoe-le bonome ! »

86.1 37 La toilette du cygne 86.1 38 La toilette du cygne
86.1 39 La toilette du cygne 86.1 40 La toilette du cygne
86.1 41 La toilette du cygne 86.1 42 La toilette du cygne

Léo : « Quel beau spectacle ! La chance ! »

Max : « Tu crois qu’il voudra bien nous prendre sur son dos le cygne ? »

Léo : « Non non non Maxou ! Il voudra pas ! C’est un zanimo sauvage ! Il va pas prendre des petizours sur son dos ! »

Max : « On est des zanimos nous aussi ! »

Léo : « Mais pas des zanimos sauvages ! Non Max. Je veux même pas que tu lui demandes. Çavapalatête ! »

Max : « Pfff… Mais il s’envole ! Oulala quel bruit ! »

Max : « Fotoé ? »

Le chevalier : « Fotoé ! »

86.1 43 Le vol du cygne 86.1 44 Le vol du cygne
86.1 45 Le vol du cygne 86.1 46 Le vol du cygne

Max : « T’es trop fort mon bonome 🙂 »

Léo : « Il se repose déjà ! Il a volé à peine cent mètres ! »

Max : « Venez, on va le voir. »

Léo : « STOP ! »

Max : « Quoi stop ? »

Léo : « Il y a un nid de foulques macroules. Tu crois qu’ils couvent ? »

86.1 47 Nid de foulque

Max : « Chouette alors ! Il va y avoir des petites foulques ! Mais j’espère qu’il va pas trop pleuvoir ? »

Léo : « Pourquoi ? C’est bien la pluie. La nature a besoin d’eau, tu sais bien Max. »

Max : « Oui oui ! Mais pas trop de pluie quand même. Parce que le nid des foulques est attaché. Il peut pas suivre le niveau de l’eau. Alors, si il y a trop de pluie, le nid est submergé et les œufs sont tout morts. Et puis, quand il pleut, Martin peut pas pêcher. Il voit pas les poissons sous l’eau à cause des impacts des gouttes. Et si il peut pas pêcher il meurt de faim 🙁 »

Léo : « Je comprends. Alors pas trop de pluie. Ou alors, il faut de grosses averses mais qui durent pas longtemps. Comme ça il y a de l’eau, Martin se repose et après il peut pêcher. »

Max : « Léo, tu as vu ? »

86.1 48 Nid de cygne 86.1 49 Nid de cygne

Léo : « Un nid de cygnes ! Il va y avoir des petits ! Rholala ! »

Max : « C’est bien le printemps ! Il y a plein de bonnes nouvelles ! Les végétos font des graines, les zoisos font des œufs 🙂 »

Léo : « Et on a vu des renards ! Il va peut-être y avoir des renardeaux ! »

Max : « Oulala ! Mais c’est vrai ça ! Bonome, il va falloir revenir souvent pour essayer de voir tous ces petits. Des renardeaux… »

Léo : « Dites, et si on refaisait un tour ? »

Max : « Oh oui bonome ! Il est tôt encore ! »

Le chevalier : « D’accord. Continuons l’inspection ! »

86.1 51 Pouillot 86.1 53 Pouillot

Max et Léo : « Pouillot ! »

Le chevalier : « Un point chacun ! »

Max : « Zutalor ! On est encore à égalité. Deux pouillots chacun. »

Léo : « C’est encore un pouillot véloce ? »

Le chevalier : « Oui, apparemment. »

Léo : « Phylloscopus collybita. On va bien les connaître à force. Ils migrent, eux aussi ? »

Le chevalier : « Oui. Ils hivernent autour de la Méditerranée, ou au sud du Sahara. On peut les apercevoir à partir de Mars et jusqu’en octobre. »

Max : « Et après ils repartent. Oulala, ça fait une longue distance pour un si petit zoiso. Il est très courageux. »

Léo : « Et leurs petits ? Ils doivent migrer aux aussi ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « Ils ont à peine quelques mois et ils doivent tout voler ? Les pauvres. Je voudrais pas être un zoiso moi. »

Max : « Tu as déjà dit le contraire. Tu voulais voler et observer le Pays des Zoisos d’en haut. »

Léo : « Oui, en rêve. Mais je voudrais pas devoir tout voler à à peine quelques mois. »

Max : « De toutes façons tu es pas un zoiso. Tu es un petitours et tu migres pas. »

Le chevalier : « Normalement les ours hibernent vous savez. »

Max : « C’est parce qu’ils ont pas des pantalons 🙂 Et puis nous, on a du chocolat à volonté. Et du miel aussi ! Alors on a pas besoin d’hiberner. On inspecte et après on va se réchauffer dans nos lits 🙂 »

Le chevalier : « Vous êtes des petizours gâtés 🙂 »

Léo : « On a beaucoup de chance, ça c’est vrai 🙂 »

Max : « C’est surtout toi qui as la chance d’avoir deux petizours 🙂 »

Léo : « Oh la jolie fleur ! Viens Maxou, on va l’observer. »

Max : « Bonjour jolie fleur ! »

Léo : « Maxou, viens voir ! J’en ai trouvé une rose. Rholala ! Qu’est ce qu’elles sont belles ! »

86.1 54 Une jolie fleur 86.1 55 Une jolie fleur
86.1 56 Une jolie fleur 86.1 57 Une jolie fleur

Max : « On fait la botanique ? »

Léo : « Tu veux étudier ces belles fleurs ? Mais on voit rien du tout ! Il faudrait l’ouvrir pour voir les pièces florales. Tu veux pas l’abîmer quand même ? »

Max : « Ben non. On voit ce qu’on peut et on demande à bonome pour le reste. Bonome, tu peux venir nous expliquer la jolie fleur s’il te plaît ? »

Le chevalier : « C’est une primevère. »

Max : « Une primevère ? Mais elle ressemble pas à l’autre ! »

Léo : « Comment on reconnaît les primevères ? »

Le chevalier : « Max, je suppose que tu as encore oublié ta flore. »

Max : « Ben oui 🙁 »

Le chevalier : « Alors je vais essayer de refaire la détermination de tête jusqu’au genre Primula… Mais tu ne me feras pas de reproches si je me trompe. »

Max : « Non bonome, promis. C’est ma faute, ma très grande faute. J’aurais dû prendre ma flore. »

Le chevalier : « Alors. Max, te souviens-tu du premier choix à faire ? »

Max : « Je suis pas sûr. Je crois qu’il faut regarder si les pétales sont libres ou soudés entre eux, au moins sur une partie de leur longueur. Mais il y a peut-être autre chose avant. »

Le chevalier : « Il y a autre chose mais nous sommes entre nous 🙂 »

Max : « D’accord. Alors on va à fleurs à pétales soudés entre eux. Et après ? »

Le chevalier : « Les étamines sont soudées à la corolle. »

Léo : « Alors si on retirait les pétales, les étamines viendraient avec ? »

Le chevalier : « Exact. »

Max : « Ensuite ? »

Le chevalier : « Il faut compter les étamines. »

Max : « On peut pas, on les voit pas. »

Léo : « Et on veut pas abîmer cette jolie fleur. »

Max : « Il faut que tu nous dises. »

Le chevalier : « Il y en a au-moins quatre. »

Max : « D’accord. On regarde quoi maintenant ? »

Le chevalier : « Les feuilles. »

Max : « On les voit. Elles sont longues… Plus étroites à la base. Elles s’élargissent ensuite. »

Léo : « Et elles sont toutes en bas. Il y a pas de tige. »

Le chevalier : « Feuilles toutes à la base. Nous sommes donc au 12ème groupe. »

Max : « Et après ? »

Le chevalier : « Je ne sais plus… »

Max : « Tu sais plus ? »

Le chevalier : « Non, je ne sais plus. »

Max : « Et comment on fait alors ? »

Le chevalier : « Laisse moi réfléchir… »

Max : « T’es pas un miroir. »

Le chevalier : « ??? »

Max : « Le miroir réfléchit les rayons lumineux. Et toi, t’es pas un miroir. Toi, tu penses. Enfin, quand ton cerveau tout fondu te le permet 🙂 »

Le chevalier : « Fais attention à toi, parce que je risquerais de devoir panser 🙂 »

Max : « Pfff… même pas drôle 🙂 »

Léo : « Si 🙂 Le chevalier marque un point ! »

Max : « Oui, d’accord 🙂 Bon à quoi pensais-tu ? »

Le chevalier : « Les primevères n’ont qu’un carpelle mais il contient de nombreux ovaires. »

Max : « Et donc, elles donnent un fruit qui contient de nombreuses graines. Quoi d’autre ? »

Le chevalier : « Elles passent l’hiver sous terre. »

Max : « Elles ont un rhizome ? »

Le chevalier : « Exact ! »

Léo : « C’est quoi un rhizome ? »

Max : « C’est une tige souterraine, horizontale et vivace. Elle permet à la plante de passer l’hiver au chaud, sous terre. En général le rhizome porte de petites racines. Et, si on le déterrait en hiver, on verrait des bourgeons. »

Le chevalier : « Des bourgeons foliaires et des bourgeons floraux. La partie neuve du rhizome est toujours très courte et, bien que les feuilles soient insérées séparément sur le rhizome, elles paraissent disposées en rosettes. »

Max : « Alors l’année prochaine, ces jolies primevères seront deux centimètres à côté 🙂 »

Léo : « D’accord. Mais on connaît pas son nom. »

Le chevalier : « Vous connaissez le genre. »

Max : « Primula ! »

Le chevalier : « Et elle est très fréquente… »

Max : « Primula frequentis ? »

Le chevalier : « 🙂 non Maxou. Primula vulgaris. »

Max : « On connaît deux primevères alors. On va à l’observatoire de Martin ? »

Léo : « Ben oui Maxou. On a dit qu’on faisait un second tour. »

On a pas vu Martin. Mais on a vu les grébus 🙂 Tu le sais déjà Princesse, parce que j’avais fait une page spéciale en urgence, pour te montrer. Il faisaient la parade, les grébus. Léo en avait perdu sa mâchoire. Et moi je n’en revenais pas. Je vais remettre la page après celle-ci. Il y a beaucoup des fotos mais j’en enlèverai pas. La parade dure plusieurs minutes. Et c’est magnifique. Alors je peux bien laisser toutes les fotos. Même que je vais en mettre quatre ici. Comme ça 🙂

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Léo : « Rholala ! Comme c’est bôôôô ! »

Max : « Ah ça oui ! Le chance ! Bonome, tu crois qu’on va les voir faire des œufs ? »

Le chevalier : « J’aimerais bien. Je n’ai jamais eu la chance d’assister à un accouplement de grèbes huppés. »

Léo : « Rhoooo ! La parade des grébus ! »

Max : « Oui Léo. Rholalalachance 🙂 »

Léo : « On a eu raison de faire un second tour ! On aurait pu rater la parade des grébus ! »

Max : « Bon, ils sont partis les grébus. On continue ? »

Léo : « Ah ça oui ! Il se passe de drôle de chose aujourd’hui ! Je veux rien rater moi. Allez, on y va. »

Max : « Bonome, on peut pocher ? On a déjà beaucoup marché aujourd’hui. »

Le chevalier : « Grimpez et installez vous ! »

Max : « Merci bonome 🙂 Viens Léo ! »

Léo : « Merci chevalier 🙂 »

Max : « Oh ! Des bernaches du Canada ! Elles se chamaillent encore ! C’est à cause de la saison des amours ! »

Léo : « Il y en a une qui crie sur les autres ! »

86.1 58 Les bernaches 86.1 59 Les bernaches
86.1 60 Les bernaches 86.1 61 Les bernaches

Max : « Oulala ! Elle fait pas que crier ! »

86.1 62 Les bernaches 86.1 63 Les bernaches

Léo : « Elle a chassé toutes les autres ! »

Max : « C’est un jaloux ! Il veut pas d’autres mâles autour de sa femelle ! »

Léo : « Et maintenant il crane devant sa femelle ! »

86.1 64 Les bernaches 86.1 65 Les bernaches

Max : « ‘Tu as vu comme je suis fort ? Et mes plumes ? Elles sont pas belles mes plumes ? Bien sûr qu’elles sont belles ! Tu en as jamais vu des comme ça ! Tu as eu raison de me choisir pour faire des œufs. Je te ferai les plus beaux œufs du Royaume. Nos petits seront tellement forts qu’ils commenceront à voler avant de sortir de leur coquille !‘ Et elle, elle le regarde béatement ! »

Léo : « Elle lui tourne le dos 🙂 »

Max : « Mais il y aura des petits bernachons… Des petits cygnes, des petites foulques, des petits grébus… »

Léo : « Et les petits colverts qui sont déjà nés ! »

Max : « Peut-être des petits grébous aussi ! »

Léo : « Rholala ! Il va y en avoir des petits ! »

Le chevalier : « Oui, c’est l’un des charmes du printemps 🙂 Bon, mes petizours, j’irais bien faire une sieste moi. »

Max : « Tu veux rentrer ? D’accord, on finit le tour et on rentre. »

Léo : « On peut même prendre le raccourci si tu veux. Le chemin est ouvert. »

Max : « Mais on s’arrête quand même à l’observatoire. Au cas où … »

Léo : « Ce serait dommage de rater une belle scène ! »

Le chevalier : « D’accord. Mais je ne sais pas quelle autre surprise nous pourrions avoir. La nature nous a déjà bien gâtés aujourd’hui. »

86.1 66 Un étang

Max : « Tu vois quelque chose bonome ? »

Le chevalier : « Des souchets. Là-bas… »

Max : « Trop loin pour nos petizieux de petizours 🙁 Tu fotoes bonome, tu fotoes. Et après tu nous montres. »

86.1 67 Des canards souchets

Léo : « Ce sont vraiment de beaux canards, les souchets. Mais ils sont loin. Allez chevalier, on rentre. »

Quand on est rentrés, Bonome a un peu siesté. Il va mieux mais il dort toujours pas très bien. Il a beaucoup de retard dans son sommeil. Il va lui falloir des mois pour se remettre de toute la fatigue accumulée. Léo, lui, pensait plus à la Bretagne. Il rhololaait à cause de la parade des grèbus. Rhoooo la chance ! Et tout ça. Il en a rêvé Léo, de la parade des grébus. Je dois avouer que moi aussi.

Je t’embrasse Princesse.

Continuer la promenade

85 – Une longue promenade

Dimanche 3 Avril, an III

Le chevalier : « Les petizours ! »

Max : « Oui ! »

Léo : « On est là ! »

Max : « Que pouvons faire pour toi bonome ? »

Léo : « Tu veux qu’on te mette tes chaussettes ? »

Le chevalier : « Merci Léo, mais c’est déjà fait 🙂 »

Max : « Tu es tout habillé ! »

Léo : « En tenue d’inspection ! »

Max : « Tu veux aller aux zoisos ? »

Léo : « Chouette alors ! »

Max : « Mais comment tu vas faire pour chevaucher ? »

Le chevalier : « Doucement… Je vais faire très attention. »

Max : « Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée ça 🙁 »

Le chevalier : « Je peux essayer. »

Léo : « Tu sais Max, si il a décidé d’y aller, il ira. Tu pourras râler, ronchonner, le menacer de le mordre… Si on l’accompagne on pourra au moins le surveiller. »

Max : « Et le ramasser si il se fait mal ! »

Le chevalier : « Je ne me ferai pas mal. »

Max : « Ah ben non ! Tu tombes jamais toi ! »

Le chevalier : « Bon, Max, je vais aux oiseaux. J’ai besoin de prendre l’air. Je n’en peux plus d’être enfermé. Alors tu viens ou tu restes là. Mais si tu décides de venir, je t’interdis de ronchonner. »

Max : « Tu m’interdis ? »

Le chevalier : « Formellement ! »

Max : « C’est la première fois que tu m’interdis comme ça. C’est pas très gentil. »

Le chevalier : « Mon petitours, viens-tu avec nous ? »

Max : « Mais j’ai pas le droit de ronchonner ? »

Le chevalier : « Pas plus que d’habitude 🙂 »

Max : « Alors si j’ai le droit de ronchonner comme d’habitude, je viens ! En route ! »

Léo : « Heu… on va où ? »

Le chevalier : « Au Royaume des Bernaches. Il n’est pas très loin. »

Max : «  En route ! »

Au Royaume des Bernaches…

Léo : « Regardez la pie ! »

85 01 Pie bavarde 85 02 Pies bavardes

Max : « Elle a l’air bizarre 🙁 »

Léo : « Qu’est ce que tu lui trouves de bizarre ? »

Max : « Regarde les plumes de sa tête ! Elle a l’air mal peignée. Et puis, elle a l’air un peu perdue, toute naïve. »

Léo : « Je crois comprendre… »

Max : « Et qu’est ce que tu comprends ? »

Léo : « C’est un petit ! Et l’autre c’est son parent ! Elle a l’air naïve parce qu’elle connaît pas bien le monde encore. Elle est perdue sans son parent. Et c’est pour ça qu’on peut s’approcher autant. Elle a pas encore peur des zoms. »

Max : « On est pas des zoms. »

Léo : « Le chevalier est un zom Maxou. »

Max : « Mais il est pas comme les autres zoms ! Je veux pas que tu dises ça ! »

Léo : « N’empêche que c’est un zom ! C’est un grand chevalier mais c’est quand même pas un zoiso 🙂 »

Max : « C’est pas un Scolopacidé 🙂 Bon, c’est normal après tout de voir des jeunes en cette saison. C’est le printemps ! Les zoisos ont fait des œufs et après les œufs, il y a les juvéniles. C’est la première fois qu’on voit une jeune pie. »

Léo : « Je crois qu’on devrait s’éloigner et les laisser tranquilles. »

Max : « Oui, on va aller voir si il y a de beaux zoisos dans le marais. Tu viens bonome ? »

Le chevalier : « Bien sûr que je viens ! »

Léo : « Il y a des souchets mâles ! »

Max : « Cette fois tu les fotoes bonome. Parce que, quand on est venus avec Brindille, tu as pas fotoé les souchets. Ils vont se vexer à force. Ils vont penser qu’on les aime pas et c’est pas vrai. J’aime beaucoup les souchets. »

85 03 Canards souchets mâles

Léo : « Et tu connais leur nom en scientifique ? »

Max : « Ben oui ! Il y a pas que toi qui es un peu ornithologue. Moi aussi je connais les zoisos. Le canard souchet s’appelle Anas clypeata et c’est un Anatidé. Normalement il migre. Ils doivent être de passage ceux-là. Ils vont pas tarder à repartir quelque part vers le nord. J’espère qu’ils se tromperont pas de chemin. »

Léo : « Il y en a un autre là ! »

85 04 Canard souchet 85 05 Canard souchet

Max : « Il dort lui aussi. »

Léo : « Ben oui, ils se reposent pour avoir des forces. Ils vont devoir beaucoup voler pour rentrer dans leur aire de nidification. »

Max : « C’est pas comme la poule d’eau. Elle fait sa toilette. »

Léo : « Ben oui, les zanimos ça fait beaucoup sa toilette 🙂 »

Max : « C’est quoi ce bruit ? »

Léo : « Des bernaches du Canada qui se chamaillent ! »

Max : « Comme des foulques ? »

Léo : « Oui ! Mais ça fait plus de bruits et d’éclaboussures ! »

85 06 Bernache du Canada

Max : « Tu as réussi à fotoer bonome ? »

Le chevalier : « Oui… Mais je ne sais pas ce que vaudront les fotos. »

Max : « On verra bien. On pourra quand même dire à Princesse que les bernaches se chamaillent comme des foulques. »

Léo : « Qu’est ce qu’il leur prend ? Elles sont sages d’habitude. »

Le chevalier : « C’est la saison des amours. Il doit y avoir des conflits entre mâles au sujet de femelles. »

Max : « Toi tu as pas ce genre de problème. Tant que tu seras tout cassé, tu pourras pas faire la parade et aucune femelle ne voudra de toi 🙂 »

Le chevalier : « Merci Max 🙁 Je regrette d’un coup que tu sois venu. Nous aurions été tranquilles tous les deux mon Léo. »

Léo : « Ben oui. Mais on pouvait pas le laisser seul. Il aurait fait des bêtises 🙂 »

Max : « Hé ho ! Je suis là ! Bonome ! … Bonome ? Tu es parti dans ta tête ? »

Léo : « Il a la tête de quand il a vu quelque chose… »

Max : « Bonome, tu nous dit s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Il y a une bécassine des marais là-bas ! »

85 07 Bécassine des marais

Léo : « Gallinago gallinago, Scolopacidés. »

Max : « Tu la vois Léo ? »

Léo : « Ben non. »

Max : « Moi non plus. »

Léo : « Comment il fait pour repérer les zoisos comme ça ? »

Max : « Il a des superzieux ! Ce qui m’impressionne le plus c’est qu’il reconnaît le zoiso alors que nous on le voit même pas ! »

Le chevalier : « J’en reconnais quelques-uns de très loin, à leur attitude, mais uniquement dans les Royaumes que je connais bien. »

Max : « Tu peux fotoer et nous montrer ? Parce qu’on voit rien du tout nous… Pfff ! Même sur la foto je reconnaîtrais pas 🙁 »

Léo : « On la voit à peine. »

Max : « Mes lecteurs la verront peut-être même pas sur la foto 🙁 »

Le chevalier : « Cesse donc de parler de tes lecteurs et profite de ta promenade Maxou. »

Max : « Bonome, je sais bien que tu es resté longuement enfermé dans la cabane mais je te rappelle qu’on est pas en promenade. On est en inspection ! »

Le chevalier : « Pas aujourd’hui Maxou. Aujourd’hui, je me promène. Je touriste même ! »

Max : « Mais non ! Tourister c’est en sifflotant, comme ça, avec les mains dans les poches 🙂 Et tu peux même pas mettre tes mains dans tes poches, à cause de ton attelle 🙂 Bon, je veux bien qu’on se promène. Mais tu fotoes quand même. »

Léo : « Je vois pas bien la différence avec l’inspection alors. »

Le chevalier : « Disons que ce n’est pas grave si on ne voit pas d’oiseau. »

Léo : « D’accord. Mais l’oie cendrée, on la voit bien. On va pas fermer les yeux pour pas la voir ! »

85 08 Oie cendrée

Max : « Tu crois qu’elle vont rester ? On est déjà en Avril. Elles auraient dû partir déjà. »

Le chevalier : « Apparemment elles se plaisent bien ici. Mais je crains que l’été ne soit un peu chaud pour elles. »

Max : « Mais on les aime beaucoup nous. Je veux plus qu’elles partent. Elles me manqueraient. »

Le chevalier : « Et donc, tu serais content de les voir revenir. »

Max : « Et si elles revenaient pas ? Qu’elles migraient ailleurs et qu’on les voyait plus jamais ? »

Le chevalier : « Nous pourrions dire que nous avons eu la chance de les voir de près. »

Max : « C’est toujours facile avec toi ! »

Léo : « Oh ! Qu’est ce qu’elles font les bernaches ? »

Max : « Elles se chamaillent encore ? »

85 09 Bernaches du Canada 85 10 Bernaches du Canada
85 11 Bernaches du Canada 85 12 Bernaches du Canada

Léo : « Non, on dirait qu’elles font leur toilette ensemble… »

Le chevalier : « Je pense que c’est une parade. »

Max : « Elles vont faire un couple ? »

Le chevalier : « Ou il est déjà formé. Auquel cas la parade ne fait que renforcer les liens. »

Max : « Et la parade c’est une toilette ? »

Le chevalier : « Pas tout à fait, mais ça y ressemble 🙂 »

Max : « Tu peux me rappeler à quoi ça sert les parades s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Les fonctions sont diverses. D’abord, la parade permet aux deux partenaires de vérifier qu’ils appartiennent à la même espèce. »

Léo : « Tous les zoisos de la même espèces font toujours les mêmes gestes dans le même ordre ? »

Le chevalier : « Non. J’ai lu qu’il pouvait y avoir des variantes localement. »

Léo : « Alors un zoiso d’ici fait pas pareil qu’un zoiso de là-bas ? »

Le chevalier : « Exact. Mais ce n’est pas grave puisqu’ils ne se rencontreront jamais. »

Max : « Ben non, il y en a un ici et l’autre est là-bas. Donc, ils vérifient qu’ils sont de la même espèce. Quoi d’autre ? »

Le chevalier : « Ils se montrent qu’ils sont en bonne santé et qu’ils feront de beaux petits. »

Max : « Comment ça ? »

Le chevalier : « Vous avez sûrement remarqué qu’il y a de nombreux mouvements lors des parades. Effectuer ces mouvements montre la bonne santé. Et l’un des partenaire a l’occasion de vérifier l’état des plumes de l’autre. »

Léo : « Ils s’inspectent mutuellement alors. »

Max : « Toi, tu peux pas faire tous les mouvements de la parade 🙂 »

Léo : « Maxou, je crois que ce n’est pas très délicat de rappeler régulièrement au chevalier qu’il est tout cassé et qu’aucune femelle ne voudrait de lui. »

Max : « Oulala ! Si on ne peut même plus rigoler. Pfff… »

Léo : « Et si un zoiso a oublié la séquence de mouvement à réaliser ? Il trouve pas de partenaire ? »

Le chevalier : « Il ne peut pas l’oublier puisque ce n’est pas appris. »

Léo : « Il a pas appris ? Mais comment il fait alors ? »

Le chevalier : « Il sait. »

Léo : « Si il sait, c’est qu’il a appris ! »

Le chevalier : « Pas toujours. Un jeune chiot n’apprend pas à nager. Pourtant, si tu le jettes à l’eau, il nage. Il sait. »

Max : « Il vient au monde avec les connaissances ? Tout est dans sa tête dès le début ? »

Le chevalier : « Oui, c’est ce qu’on appelle l’instinct. »

Max : « C’est quoi l’instinct ? »

Le chevalier : « A vrai dire, je n’en sais rien 🙂 Souvent, quand on ne sait pas expliquer la transmission d’un comportement, on parle d’instinct. On pourrait parler de caractère inné. »

Max : « Ben non ! »

Le chevalier : « Comment ça ben non ? »

Max : « Bonome, tu sais que je viens avec toi à la schola et que j’écoute tes cours. »

Le chevalier : « Je sais cela. »

Max : « Tu enseignes qu’un caractère inné est un caractère physique présent dès la naissance. Et tu insistes bien sur physique. La parade c’est un comportement. C’est pas un caractère physique. Alors ça peut pas être inné. »

Le chevalier : « Max, tu sais bien que je simplifie toujours un peu pour la schola. »

Max : « Et donc, il pourrait y avoir transmission de comportements au fil des générations ? »

Le chevalier : « Il pourrait. »

Max : « Ce qui veut dire que la mémoire se transmettrait. »

Le chevalier : « La transmission de ‘souvenirs’ a été démontrée expérimentalement Maxou. »

Max : « Tu expliques s’il te plaît. »

Le chevalier : « De tête comme ça, en pleine promenade… »

Max : « On vérifiera plus tard. Explique. »

Le chevalier : « Les expériences ont été réalisées avec de petits vers plats appartenant au phylum des plathelminthes. »

Max : « Le phylum des plathelminthes… Elle commence mal ton explication bonome. »

Le chevalier : « Le groupe des vers plats. »

Max : « Ben voilà ! Tout le monde peut comprendre ça : le groupe des vers plats ! »

Le chevalier : « 🙂 Ce groupe comprend des tas d’espèces. Je parlerai ici de celles qu’on appelle planaires. On en trouve dans les mares des Royaumes que nous inspectons. Ce sont de petits vers mignons. »

Max : « Tu nous montres ? »

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Le chevalier : « Les planaires ont deux particularités : elles sont lucifuges et peuvent se régénérer. »

Max : « Bien sûr bien sûr ! Lucifuge, normal ! Et capable de se régénérer : pas de problème ! Toi aussi tu comprends tout ça je suppose Léo ? »

Léo : « Ben… J’aimerais quand même quelques explications. »

Le chevalier : « Lucifuge : qui fuit la lumière. »

Léo : « D’accord. »

Le chevalier : « Et quand on les coupe en deux, chaque moitié régénère la moitié manquante. »

Max : « Et après il y en a deux ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Oulala ! Tu imagines si ça marchait avec les petizours ! On se coupe en deux et hop ! Deux Max et deux Léo ! »

Le chevalier : « Non non non ! Surtout pas ! »

Léo : « Max, arrête d’interrompre le chevalier. Je voudrais savoir les planaires, moi. Alors on peut les couper en deux et ils n’aiment pas la lumière. »

Le chevalier : « Elles… on dit une planaire. »

Léo : « Pardon, je savais pas. »

Le chevalier : « 🙂 »

Max : « Et c’est tout ce qu’il faut savoir sur les planaires ? »

Le chevalier : « Non, je dois aussi parler de leur système nerveux. »

Max : « Parce qu’elles ont un cerveau ? »

Le chevalier : « Pas tout à fait. Il faudrait plutôt parler de deux ganglions cérébraux situé dans la tête. Ils se prolongent vers l’arrière par deux cordon nerveux. »

Léo : « C’est très simple comme système nerveux. »

Le chevalier : « Effectivement Léo. »

Max : « Mais je vois pas le rapport avec la parade des zoisos à ce stade. »

Le chevalier : « J’y arrive. On a pu tester les capacités d’apprentissage des planaires. Il me semble que le protocole était relativement simple. On leur proposait de la nourriture dans une zone éclairée. Les planaires ont appris a vaincre leur répulsion pour la lumière pour obtenir la nourriture. Et cet apprentissage a été mémorisé puisqu’elles se souvenaient qu’elles pouvaient obtenir de la nourriture en allant vers la lumière plusieurs semaines après la première expérience. »

Max : « D’accord. Les planaires peuvent apprendre. Je suis ravi de l’apprendre et je me dis qu’on devrait accueillir des planaires à la schola. On aurait au moins quelques élèves capables d’apprendre. Mais la parade bonome ? »

Le chevalier : « Le problème de départ est la transmission du savoir, ou la transmission de la séquence de gestes à réaliser pendant la parade. J’y viens. Si on coupe en deux les planaires qui ont appris… »

Max : « Elles repoussent et en redonnent deux chacune. »

Le chevalier : « Oui. Et TOUTES les planaires se souviennent de l’apprentissage. »

Léo : « Toutes ? »

Max : « Même celles qui ont repoussé à partir de la moitié qui avait pas les ganglions cérébraux ? »

Le chevalier : « Absolument toutes ! En tout cas d’un point de vue statistique. Disons que la transmission est la même dans les deux lots : celui obtenu par régénération à partir d’une moitié avec cerveau et celui obtenu par régénération à partir d’une moitié sans cerveau. »

Max : « Je commence à comprendre… »

Léo : « Oui, c’est une piste. La transmission de la mémoire pourrait se faire d’une génération à l’autre. »

Max : « Et pas forcément dans le cerveau. »

Le chevalier : « Vous avez compris. J’en suis fort aise 🙂 »

Max : « Ce qui veut dire qu’il pourrait y avoir transmission de la connaissance de la parade au fil des générations chez les zoisos. »

Léo : « Ce que tu racontes est certes très intéressant chevalier mais il y a une autre hypothèse. »

Le chevalier : « Je n’en attendais pas moins de toi mon Léo 🙂 »

Léo : « 🙂 Et si les petits voyaient les adultes faire et apprenaient par imitation ? »

Le chevalier : « Ton hypothèse est tout à fait pertinente mon Léo et elle ne peut être exclue chez certaines espèces. C’est même celle qui est parfois retenue. Je ne sais plus chez quels animaux ont été observés des jeunes qui s’essayaient aux parades et ne parvenaient à les réaliser qu’après de nombreuses tentatives. Mais chez d’autres espèces la connaissance semble réellement innée. »

Léo : « Tu as des arguments ? »

Le chevalier : « Pas là mon Léo 🙂 Sauf si je reviens à la nage chez les jeunes chiots. »

Léo : « C’est un bon argument. Il faut donc envisager la transmission de la mémoire en dehors du système nerveux. C’est très intéressant ça. Et ça ouvre plein de nouvelles pistes de recherches. Les perspectives sont fabuleuses, rholala ! »

Max : « Léo, si tu fais pas attention, tu vas finir scientifique dans un laboratoire. Tu seras mal peigné et tu auras une grosse barbe. Et tu découperas des cerveaux pour savoir ce qu’il y a dedans 🙂 »

Léo : « Max, tu comprends rien du tout ! Nous évoquions justement la possibilité, bien réelle, que la mémoire puisse avoir un autre support que le système nerveux ! A quoi servirait-il de découper des cerveaux pour étudier cette hypothèse ? »

Max : « Oulala ! Mais je rigolais moi ! »

Léo : « Excuse-moi Maxou. C’est à cause de ce que nous expliquait le chevalier. Tu te rends compte ? »

Max : « Oui Léo, je me rends compte. Ça révolutionne un peu la biologie tout ça. Mais nous, on est naturalistes, on est pas neurobiologistes. On regarde des zoisos et on s’émerveille de tant de beauté, et, quand l’occasion se présente, on fait la géologie ou d’autres choses fort savantes. Mais tu sais mon Léo, on fera jamais de grandes études nous. On est des petizours. On a déjà beaucoup de chance d’avoir notre bonome pour tout nous expliquer. Allez Léo, on retourne aux zoisos. »

Le chevalier : « Max, je sens comme une pointe de regrets dans ta voix. »

Max : « Bonome, je ferais bien ornithologue de profession moi, comme le spécialiste en zoisos de Charentmaritimie. Mais personne ne voudrait d’un petitours 🙁 »

Le chevalier : « Si. Moi 🙂 »

Max : « Je sais mon bonome. C’est pour ça que je dis qu’on a beaucoup de chance de t’avoir 🙂 »

Le chevalier : « Câlin ? »

Max : « Oui, s’il te plaît. »

Quelques minutes plus tard… »

Le chevalier : « Une autre expérience me revient. Toujours avec les planaires… »

Léo : « Dis nous, s’il te plaît. »

Le chevalier : « Et bien, il arrive, qu’en cas de pénurie de nourriture, les planaires deviennent cannibales. »

Max : « Elles se mangent entre elles ? »

Le chevalier : « Oui, c’est le principe du cannibalisme. »

Léo : « Et tu vas pas dire que… »

Le chevalier : « Si ! Une planaire qui mange une planaire qui a appris acquiert l’apprentissage ! Enfin, pas dans 100 % des cas, mais de manière très significative. »

Léo : « Rholala ! »

Max : « Donc, si on te mange, on devient de grands chevaliers ! Léo, tu préfères les pattes du haut ou celles du bas ? »

Léo : « T’es trop bête Maxou 🙂 »

Max : « On retourne aux zoisos ? »

Le chevalier : « Allons-y, oui. »

Léo : « Tiens, la bernache du Canada et l’oie cendrée vont se croiser. »

85 13 Des oies 85 14 Des oies

Max : « Elles se sont même pas saluées ! Ça alors ! Pourtant elles sont cousines ! »

Léo : « On voit bien la différence de morphologie entre les oies et les bernaches. »

Max : « Oui 🙂 L’oie cendrée a des grosses fesses ! On dirait qu’elle a une couche blanche. »

Léo : « 🙂 Elles sont pas copines entre elles. C’est bizarre. Pourtant les bernaches du Canada avaient pris avec elles la bernache nonette. »

Max : « Ben oui, mais entre bernaches c’est pas pareil. »

Léo : « Chevalier, qu’est ce qu’elle fait l’oie ? »

85 15 Oie cendrée 85 16 Oie cendrée

Le chevalier : « Elle boit mon Léo. »

Léo : « Ben oui ! Je suis bête moi ! »

Max : « Bonome, pourquoi on met pas à boire à nos mésanges ? »

Le chevalier : « Parce que je n’ai pas trouvé de système adéquat. »

Max : « Il faut que tu trouves bonome, il faut que tu trouves ! Il faut qu’elles aient à boire nos mésanges. Et, ce qui serait bien, c’est que tu trouves un système pour qu’elles puissent faire leur toilette. »

Le chevalier : « Tu m’en demandes beaucoup mon petitours. »

Max : « Mais non 🙂 Tu vas trouver 🙂 »

Léo : « Regardez ! Le pouillot est au même endroit que lorsqu’on est venus avec Brindille ! »

85 17 Un pouillot 85 18 Un pouillot

Le chevalier : « C’est un pouillot véloce ! »

Max : « Phylloscopus collybita, Phylloscopidés ! »

Léo : « Tu joues au zoisos ! Mais c’est pas du jeu ! C’est moi qui l’ai vu et le chevalier a donné son nom ! »

Max : « Oui, peut-être. Mais c’est le nom latin qui compte 🙂 J’ai marqué un point ! »

Léo : « C’est quand même un peu de la triche ça, Max. »

Max : « Mais non. Je joue… »

Le chevalier : « Dites, puisque nous sommes là et qu’il n’y a pas beaucoup d’oiseaux dans ce Royaume, que diriez-vous d’aller jusqu’au Royaume des Pics ? Il n’est guère qu’à quelques centaines de mètres. »

Max : « Tu es pas trop fatigué ? »

Le chevalier : « Non, j’ai bien dormi cette nuit. Je ne me suis réveillé que deux fois. Mais brièvement. Je ne dirais pas que je suis en pleine forme mais suffisamment pour marcher un peu 🙂 »

Max : « Je supposes que tu es d’accord Léo. »

Léo : « Ben oui. C’est pas loin. Et puis le chevalier pourrait peut-être nous montrer encore un peu le printemps. »

Max : « Tu promets que si tu fatigues on rentre ? »

Le chevalier : « Je promets. »

Max : « Alors allons-y. »

Au Royaume des Pics…

Léo : « Chevalier, c’est qui cette belle plante à fleurs ? Tu la connais ? »

85 19 Primevère 85 20 Primevère

Le chevalier : « Oui, bien sûr. Tu voulais que je continue à vous présenter le printemps, te voilà servi ! »

Max : « C’est une plante de printemps ? »

Le chevalier : « Oh oui ! C’est une primevère. Il me semble que son nom signifie printemps. »

Max : « En grékancien ? »

Le chevalier : « Non, en latin. Primo vere : début du printemps. Si je ne dis pas d’erreur celle-ci est la primevère officinale ou coucou. »

Max : « Coucou ? Comme le zoiso ? »

Le chevalier : « Oui, comme le zoiso 🙂 »

Léo : « Tu as pas donné le nom en scientifique et la famille. »

Le chevalier : « C’est une primulacée : Primula veris. Elle commence à fleurir début Avril. »

Léo : « Dès le début du printemps 🙂 Chevalier, quand on a fait la botanique, tu as dit une phrase qui depuis me perturbe. C’était au sujet de l’anémone et de la véronique. Tu as dit qu’elles étaient aussi évoluées mais que l’anémone conservait plus de caractères primitifs. Comment c’est possible ? »

Le chevalier : « Cela peut paraître déroutant, je te l’accorde. En fait, tous les êtres vivants actuels résultent de plus de trois milliards d’années d’évolution de la vie. Tous les êtres vivants actuels sont également évolués. »

Max : « Mais… Si on prend un ver de terre et un zoiso, c’est quand même pas pareil ! »

Le chevalier : « Il ne faut pas confondre complexité et évolution. Le ver de terre est plus simple qu’un oiseau mais pas moins évolué. »

Léo : « Mais c’est quoi un caractère primitif ? »

Le chevalier : « Oulala ! Les spécialistes de la théorie de l’évolution m’en voudraient d’utiliser ce terme… Quel exemple prendre ? … Chez les oiseaux ! Vous connaissez la mésange. »

Max : « Bonome ! Quand même ! La mésange… »

Le chevalier : « Et les manchots ? »

Léo : « Il y en a pas en France. C’est sur les banquises. »

Le chevalier : « Donc tu en connais. Que peux-tu dire de leur ailes ? »

Léo : « Elles sont pas comme celles des mésanges. Elles permettent pas de voler mais quand même, quand on les voit sous l’eau, on dirait qu’ils volent. C’est très beau. »

Max : « Tu connais ça toi ? »

Léo : « Ben oui 🙂 Toi tu connaissais les petits mandarins qui sautent de l’arbre et moi je connais les manchots. »

Le chevalier : « Donc, mon Léo, tu conviendras que les ailes des manchots ne sont pas comme celles des autres oiseaux. »

Léo : « J’en conviens chevalier. »

Le chevalier : « D’après toi, quel type d’ailes a existé le premier ? Celui des mésanges ou celui des manchots ? »

Léo : « Celui des mésanges. »

Le chevalier : « Alors selon toi, quel est le type d’ailes primitif ? »

Léo : « Je commence à comprendre. C’est celui des mésanges. Et pourtant les mésanges sont tout aussi évoluées que les manchots. Mais elles ont gardé les ailes plus primitives. Rholala ! C’est bien aussi la biologie ! Au début je voulais faire que l’ornithologie mais il y a des tas de choses fort intéressantes ! »

Max : « Ben oui mon Léo. On est des spécialistes de rien du tout à cause de ça. C’est parce qu’il y a trop de choses intéressantes pour se spécialiser. Les pièces buccales des insectes, les parades, les ailes des zoisos… »

Léo : « Moi, je referais bien la géologie. Parce qu’avec les fossiles, on fait la zoologie aussi 🙂 Dis chevalier, il y a des fossiles de plantes ? »

Le chevalier : « Bien sûr Léo. J’en ai dans ma collection. Ils datent du Carbonifère. »

Léo : « Rholala ! Elle doit être bien ta collection. Il faudra que tu nous la montres un jour. »

Max : « Il peut pas. Il l’a laissée à la schola. »

Le chevalier : « Je vais faire un peu de place dans notre cabane et je vais la ramener. Il faut que je la revois un peu. »

85 21 Robert le diable 85 22 Robert le diable

Max : « Tiens, Robert vient nous voir ! »

Léo : « Robert ? Je connais pas de Robert moi ! »

Max : « Mais si Léo ! Robert le diable ! Le papillon… »

Léo : « Ah ! Ce Robert là ! Il s’appelle comment en scientifique ? »

Le chevalier : « Polygonia C-album, Nymphalidés. »

Max : « Comment tu fais pour te souvenir de tous ces noms ? »

Le chevalier : « Pour celui-là, j’ai un truc. Ses ailes sont très découpées. Elles ont de nombreux côtés. »

Max : « Et alors ? »

Le chevalier : « En grékancien, nombreux côté se dit polygonia 🙂 »

Léo : « Forcément… »

Le chevalier : « Et, au revers de l’aile, il y a un gros C blanc. »

Max : « Et je suppose que Album veut dire blanc. »

Le chevalier : « Tu supposes bien 🙂 »

Léo : « Et lui, c’est le paon du jour. »

85 23 Paon du jour

Le chevalier : « Inachis io, Nymphalidés. »

Max : « Là aussi, tu as une astuce ? »

Le chevalier : « Non, de longues histoires… »

Léo : « On pourrait s’asseoir et t’écouter. Qu’est ce que tu en penses Maxou ? »

Max : « J’installe ma serviette 🙂 »

Léo : « On t’écoute chevalier ! »

Max : « Oui, fais le troubadour pour nous ! »

Le chevalier : « Inachos était le père de Io. »

Max : « C’est tout ? »

Léo : « C’est qui Inachos ? »

Le chevalier : « C’est, selon la mythologie grecque, un dieu-fleuve, fils d’Océanos et de Téthys. »

Max : « Téthys ? Comme l’océan des temps anciens ? »

Le chevalier : « Oui, on a donné à l’océan des temps anciens le nom d’une déesse grecque des océans. »

Léo : « Et Io ? C’était qui Io ? »

Le chevalier : « Une prêtresse d’Héra. Héra était la sœur et l’épouse de Zeus, le dieu suprême qui régnait sur l’Olympe, fils du titan Cronos et de sa sœur Rhéa. Cronos avait été averti par ses parents qu’il engendrerait un rival. Alors il dévorait chacun de ses enfants dès leur naissance. Rhéa dut trouver une ruse pour sauver Zeus. Elle présenta à sa place un rocher emmailloté à Cronos et plaça Zeus sous la tutelle des nymphes du mont Ida et les nymphes le nourrirent grâce au lait de la chèvre Amalthée. Dès qu’il fut adulte Zeus décida de se débarrasser de ses aïeuls encombrants. Pour se débarrasser de son père Cronos, il convainquit sa première épouse, Métis, de faire boire à Cronos une boisson émétique. Cronos vomit alors les enfants qu’il avait avalés : Hestia, Déméter et Héra. Zeus épousa d’abord Déméter puis Héra. Il y eut ensuite une guerre entre les Dieux et les Titans. Je vous en fais grâce. Un fois la guerre terminée Zeus et ses deux frères aînés se partagèrent le monde. Zeus s’appropria le ciel, Poséidon reçut la mer et Hadès le monde souterrain. Le règne des Dieux put commencer. Zeus était un mari très volage. Il eut de nombreuses aventures avec des déesses mais aussi avec des mortelles qui engendrèrent des Héros. C’est là que Io intervient. Fille d’Inachos et de Mélia, elle était prêtresse d’Héra. Zeus la remarqua et s’en éprit. Il lui donnait de nombreux rendez-vous et, pour la rejoindre, il se changeait en nuages. Mais Héra se doutait de plus en plus de l’infidélité de son époux et les surprit presque. Zeus n’échappa au flagrant délit qu’en transformant Io en génisse. Malgré cela l’infidélité perdura, Zeus se changeant en taureau pour rejoindre sa belle. Héra, de plus en plus méfiante demanda à Zeus de lui offrir cette génisse qu’il semblait tant apprécier. Zeus s’exécuta mais continua de rendre visite à Io. Héra, ulcérée, mit Io sous bonne garde en la confiant à Argos, le géant au cent yeux, dont 50 dormaient pendant que les autres veillaient. Zeus demanda à son fils Hermès de tuer Argos. Hermès alla alors à la rencontre d’Argos et lui raconta d’interminables histoires qu’il accompagnait de sa harpe. Argos finit par s’endormir et Hermès lui coupa la tête. Io s’échappa et traversa de nombreux pays mais c’est une autre histoire. »

Max : « Bonome, tu veux nous couper la tête ? »

Le chevalier : « Non Maxou. Pourquoi me demandes-tu cela ? »

Max : « Parce qu’elle est interminable ton histoire et tu vas nous endormir. Alors je me demandais si, comme Hermès avec Argos, tu voulais nous couper la tête. Non parce que si c’est ton but, il te manque la harpe… »

Léo : « L’écoute pas chevalier. Continue ton histoire s’il te plaît. »

Le chevalier : « Héra aimait beaucoup Argos. Certains disent qu’ils étaient amants. Et pour faire vivre sa mémoire, elle transféra ses cent yeux sur la queue de son oiseau préféré : le paon. »

Léo : « C’est de là que vient la queue du paon ! Rholala ! »

Le chevalier : « Et de la queue du paon à l’aile de papillon il n’y a pas loin ! Les décorations bleues de la queue du paon sont appelées ocelles. Et vous conviendrez qu’elles ressemblent aux tâches bleues visibles sur l’aile de notre papillon. »

Max : « Qu’on appelle également ocelles… »

Léo : « Alors c’est un double hommage à Io qu’on retrouve dans le nom de ce papillon. Rholala ! Tu connais de belles histoires chevalier. »

Max : « Tu appelles ça une belle histoire ? Un père qui mange ses enfants ! Un dieu qui épouse ses sœurs et les trompe puis qui demande à son fils de tuer un géant ! Moi j’appelle pas ça une belle histoire ! Je préférerais que tu nous parles du papillon. »

Le chevalier : « Max, je ne peux pas te donner tort. Je n’ai jamais apprécié la mythologie grecque pour les raisons que tu viens de citer. Revenons donc à notre papillon. Sa vie débute généralement au dos d’une feuille d’ortie. »

Max : « Ça pique les orties ! Aïe ! Ouille ! »

Le chevalier : « La femelle pond ses œufs sous les feuilles. Quelques jours plus tard, de petites chenilles sortent de l’œuf. Elle se rassemblent et commencent leur croissance dans une grand toile qu’elle ont tissé en commun. »

Max : « Il y a pas que les araignées qui tissent des toiles ? »

Le chevalier : « Non Maxou. De nombreuses larves de papillons le font. La plus connue est la larve du bombyx du mûrier (Bombyx mori, Bombycidés). Elle s’enferme dans un cocon constitué d’un unique fil long d’au moins un kilomètre. C’est avec ce fil qu’on fait la soie. Mais chez les paon du jour, la toile apparaît plus précocement, entre deux stades larvaires. Les chenilles sortent et se nourrissent des feuilles d’orties. J’ai déjà vu des centaines de chenilles sur quelques mètres carrés. Puis, elles s’enferment dans un cocon et se nymphosent. »

Max : « Elles se transforment en papillon adulte. »

Le chevalier : « Et un beau papillon sort un jour de sa nymphe. Il déploie ses ailes puis s’envole. »

Max : « Et le cycle recommence… »

Le chevalier : « Et oui… Le paon du jour est peut être l’espèce de papillon la plus commune de France. On peut observer des adultes pendant presque 10 mois de l’année. L’hiver, quand il fait vraiment froid, ils se trouvent un abri et hibernent. Ils ressortent dès les premiers beaux jours. Vous savez que la face inférieure de l’aile est noire. »

Max : « Ben oui. C’est pour mieux se cacher mon enfant 🙂 »

Le chevalier : « C’est exact ! Et quand le papillon se sent en danger il ouvre brutalement les ailes… »

Max : « Et le danger éventuel se trouve face à deux grands yeux bleus, il croit que c’est toi et il se sauve vite avant que tu racontes des histoires assommantes 🙂 »

Le chevalier : « 😀 Je ne raconterai plus d’histoire tirées de la mythologie grecque. C’est promis. »

Léo : « Si j’ai bien compris, les orties sont très importantes pour les paons du jour. »

Le chevalier : « Tu as bien compris Léo. Et c’est vrai pour de nombreuses espèces de Lépidoptères. »

Léo : « On voit pas de zoisos dans ce Royaume ! On ferait mieux de rentrer. »

Max : « Ils doivent être au Royaume Secret les zoisos… »

Léo : « Quel Royaume Secret ? C’est quoi ce Royaume ? »

Le chevalier : « Max, il me semble t’avoir demandé de ne jamais parler du Royaume Secret en présence de Léo. »

Max : « Oups ! J’ai gaffé 🙁 »

Léo : « C’est quoi ce Royaume ? Dites moi ! »

Le chevalier : « Selon Max, il existerait, au Pays des Zoisos, un Royaume Secret où se réfugieraient les oiseaux quand ils veulent être tranquilles, pour se reposer… et quand on ne voit pas d’oiseaux, il pense qu’ils sont au Royaume Secret. »

Léo : « Rholala ! Et tu sais où il est ce Royaume Secret ? »

Max : « Bien sûr qu’il sait ! Il fait comme si il existait même pas. Selon Max dit-il ! Mais il sait bien où il est. Évidemment. »

Léo : « Rhoooo… Tu nous y emmèneras un jour ? S’il te plaît. »

Le chevalier : « S’il existe, et je dis bien si, je ne sais rien de lui. Il n’y a que Max qui en parle. »

Max : « C’est une légende du Pays des Zoisos qui en parle… »

Le chevalier : « Tu me feras lire cette légende alors. Moi aussi, j’irais bien le visiter ce Royaume Secret. Même si je pense que nous nous serions pas les bienvenus. La nature se fâcherait contre nous… »

Max : « Il existe ou pas ce Royaume ? »

Le chevalier : « Je n’en sais rien Maxou… Je croyais qu’il était le fruit de ton imagination. Mais si tu me dis qu’une légende en parle… »

Léo : « Bon, on fera des recherches. On repasse par le Royaume des Bernaches ? »

Max : « Tu sais bien qu’on a pas le choix. Nous devons y passer pour rejoindre notre monture… »

Au Royaume des Bernaches…

Léo : « Il y a des Laridés sur la barge. On peut aller les voir ? »

Max : « Je n’ose pas imaginer ta réaction si on t’empêcher d’aller voir des Laridés 🙂 »

Léo : « Je serais très déçu et je comprendrais pas pourquoi. »

Le chevalier : « Personne ne t’empêchera d’aller voir des Laridés mon petit Léo. »

85 27 Des mouettes

Léo : « Ce sont des mouettes qui rigolent, Chroicocephalus ridibundus. D’après leur plumage, elles sont pas très vieilles. Elles sont nées l’été dernier… Je sais pas si elles migrent à cet âge là… Chevalier, tu crois qu’elles sont nées pas loin d’ici ? »

Le chevalier : « Peut-être… »

Max : « C’est possible. On a vu des bébés mouettes qui rigolent au Royaume des Sternes. Et des juvéniles au Grand Étang de T. Elles étaient bien trop petites pour avoir volé longuement. Peut-être qu’elles sont nées pas loin celles-ci. »

Léo : « Oh zutalor ! Elles se sont envolées ! … Mais… C’est une sterne ! Il y a une sterne Pierregarin, Sterna hirundo. Rhoooo… J’espère qu’il y aura un couple et qu’ils feront des œufs. Rholala ! J’aimerais bien qu’il y ait des bébés sternes… »

85 28 Des Laridés 85 29 Sterne pierregarin

Max : « C’est possible aussi. »

Léo : « Je sais. Vous en avez vu au Royaume des Sternes… »

Max : « Ben oui. On ira un jour. Et peut-être que toi aussi tu les verras. »

Léo : « Peut-être… Bon, on rentre. On verra pas d’autres zoisos aujourd’hui. Et le chevalier doit être fatigué. »

Pendant la chevauchée…

Max : « Bonome, c’est le chemin pour rentrer à la cabane ça ? Tu vas où comme ça ? »

Le chevalier : « Au Grand Étang de T. 🙂 »

Max : « Tu vas pas bien dans ta tête ! Il avait raison Léo : tu as dû te luxer le cerveau lors de ta chute ! Demain je t’emmène chez le docteur de la tête ! »

Le chevalier : « Je ne comprends pas ta réaction Maxou. Tu devrais être content que je t’emmène voir d’autre oiseaux… »

Max : « En temps normal oui ! Mais je te rappelle que tu es tout cassé. C’est pas prudent de tout chevaucher comme ça ! »

Léo : « C’est pas faux ! Mais tu sais bien que la prudence n’est pas la qualité première de notre chevalier 🙂 Il est prudent à sa façon… »

Max : « Oui, ben j’espère que Princesse va te gronder très fort ! »

Le chevalier : « Je serais curieux de voir ça 🙂 Nous sommes arrivés. Max, tu viens avec nous ou tu restes là à ronchonner ? »

Max : « Je viens avec vous ET je ronchonne ! T’es pas possible toi ! »

Léo : « Au premier observatoire, il y a jamais des zoisos. Tu sais pourquoi ? »

Le chevalier : « Il y a des foulques, des grèbes, des mouettes… »

Léo : « Oui, c’est vrai. Mais c’est que les zoisos habituels. Les autres zoisos sont toujours là-bas ! »

Le chevalier : « Ils se méritent, les autres oiseaux 🙂 »

Max : « Pourquoi tu t’arrêtes ? Qu’est ce que tu as vu ? »

Le chevalier : « Des pinsons des arbres… Là-bas, dans le champ. »

85 30 Pinson des arbres

Léo : « Je les vois pas les Fringilla coelebs. Tu vois quelque chose toi, Maxou ? »

Max : « Un champs… Superzieux a encore frappé ! »

Léo : « Je vois pas les pinsons des arbres mais les coccinelles, je les vois bien 🙂 Elles font des œufs ! »

85 31 Coccinelles à sept points 85 32 Coccinelles à sept points

Max : « Coccinella septempunctata, Coccinellidés, In copula ! »

Léo : « C’est ça le printemps ! C’est quand les zanimos font des petits ! »

Max : « J’ai pas envie de faire l’insectologie maintenant. Je suis impatient de voir quels zoisos vont venir nous voir. Allez, dépêchez-vous. »

Le chevalier : « Max l’impatient 🙂 »

Léo : « Max le ronchonneur 🙂 »

Max : « Je me fiche de vos sarcasmes. Je vous laisse là et vais aux zoisos tout seul. Pfff… »

Le chevalier : « Taisez-vous donc un peu 🙂 Nous approchons… »

Léo : « Rholala ! Rhoooo… Rholalalalalaaaaa !… »

Max : « Léo a bogué 🙂 »

85 33 Chevaliers aboyeurs 85 34 Chevaliers aboyeurs
85 35 Chevaliers aboyeurs 85 36 Chevaliers aboyeurs

Léo : « Des chevaliers ouaf-ouaf! Ici ! On est même pas en Bretagne ! La chance… »

Max : « Tringa nebularia, Scolopacidés. Ça c’est une belle surprise ! »

Léo : « Qu’est ce qu’ils font ici ? »

Max : « Ils sont venus prendre des nouvelles de bonome ! Rassurez-vous les chevaliers ouaf-ouaf, il va mieux. Il recommence à cavaler partout. »

Léo : « Des chevaliers ouaf-ouaf… Ici… La chance… »

Max : « Le chevalier aboyeur, parce que son vrai nom c’est chevalier aboyeur, est le plus grand des chevaliers Scolopacidés. Parce que sinon, c’est mon bonome le plus grand des chevaliers 🙂 Léo, tu peux me dire ce que ta mâchoire fait par terre ? Qu’est ce que tu as vu encore ? »

Léo : « Rhoooo… Là ! Regardez ! »

85 37 Chevaliers 85 38 Chevaliers

Max : « Ah oui ! Quand même ! Un chevalier gambette et un chevalier culblanc, côte à côte. Rholala ! Bonome, les zoisos Bretagne et ceux de Charentmaritimie ont envoyé des délégations pour prendre de tes nouvelles ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou 🙂 »

Max : « Tu savais qu’ils seraient là ? C’est pour ça que tu voulais venir ? »

Léo : « Max, je crois que je sais comment il fait pour savoir où sont les zoisos ! »

Max : « Tu connais son secret ? »

Léo : « C’est le vent qui lui dit ! Il sait tout le vent. Il est partout tout le temps ! »

Max : « C’est vrai ça bonome ? Tu demandes au vent ? »

Le chevalier : « 🙂 Ce n’est pas bête, mais non. Je ne demande pas au vent. »

Max : « Tu es sûr ? »

Le chevalier : « Il y a quelque temps de cela, je t’ai interdit de demander au vent de chasser les nuages parce que je n’aime pas les privilèges. Je ne demande rien au vent. Je m’en voudrais trop de l’importuner. »

Max : « Mouai… Peut-être qu’il te dit sans que tu demandes… »

Le chevalier : « Même pas 🙂 »

Léo : « Il est beau le chevalier gambette. Rholala ! »

85 39 Chevalier gambette 85 40 Chevalier gambette

Max : « On a pas donné les noms en scientifique. Le chevalier gambette s’appelle Tringa totanus et le chevalier culblanc… Comment il s’appelle le chevalier culblanc déjà ? »

Léo : « Tringa ochropus. »

Max : « C’est ça ! Tringa ochropus ! Trois espèces de chevaliers en trois minutes ! Bonome, je crois qu’on va rester encore un peu 🙂 »

Le chevalier : « Parce que tu crois que nous verrons une espèce pas minute ? »

Max : « On peut essayer ! »

Le chevalier : « Je préférerais, dans l’intérêt de notre Léo, qu’il n’y ait pas d’autres surprises 🙂 »

Léo : « J’aime bien les surprises 🙂 Surtout quand c’est un chevalier ouaf-ouaf. Rholala… »

Max : « La bergeronnette grise sera pas une assez belle surprise pour toi alors ! »

85 41 Bergeronnette grise 85 42 Bergeronnette grise

Léo : « Motacilla alba, Motacillidés ? Ben si ! Tu sais bien que j’aime tous les zoisos Maxou. »

Max : « Tu les imites plus. »

Léo : « Ben non, tu me grondes et tu m’enfermes dans les toilettes la nuit ! Je sifflote juste un peu en lisant ton beau livre de zoisos, quand tu peux pas m’entendre. »

Max : « Mais Léo, tu sais bien que je ronchonne toujours ! Tu peux imiter les zoisos si tu veux. Mais pas la nuit ! Il faut pas siffloter la nuit quand je dors. »

Léo : « Merci Maxou. »

Le chevalier : « Mes petizours, je crois que nous avons eu notre compte de surprises pour aujourd’hui. Je suis fatigué moi. Je voudrais rentrer. »

Max : « Alors on y va bonome. »

En chemin vers la monture…

Max : « Pourquoi tu t’arrêtes encore ? Qu’est ce que tu as vu ? »

Le chevalier : « Un crâne, là, sur le talus… »

Max : « C’est un crâne de lapin. Tu en as déjà plein tes tiroirs. On s’en fiche. »

Le chevalier : « Non, il est trop large. Et ce ne sont pas des dents de lapin. »

Max : « Je veux pas que tu grimpes pour aller le chercher ! Si tu fais ça, je te cause plus jamais ! »

Léo : « Je peux aller le chercher moi. Je suis une peluche. Si je tombe, je serai pas tout cassé. »

Max : « Et si tu te déchires ? Ou si un faucon te prend pour une proie ? »

Léo : « Chevalier, tu connais un cours de tricot pour Max ?

Le chevalier : « Non, trop dangereux. Il pourrait se blesser avec les aiguilles. Elles sont pointues ces aiguilles. »

Léo : « Oui, c’est vrai… Des puzzles ! On va lui offrir des puzzles ! »

Le chevalier : « Seulement si tu le surveilles pour qu’il ne se donne pas un coup dans l’œil avec une pièce 🙂 »

Max : « Moquez-vous de moi ! Je suis le seul à être un peu prudent dans cette équipe. Léo, va chercher ce crâne si tu veux… »

85 43 Un crâne 85 44 Un crâne

Max : « Alors ? C’est quoi ce crâne ? »

Le chevalier : « Je n’en sais rien Maxou. Nous l’étudierons plus tard. »

Max : « Ouaip. Allez, on rentre. »

Voilà Princesse. C’était une très longue promenade. Heureusement que je suis là pour surveiller mon bonome. Je t’embrasse. Même si tu as pas pris de ses nouvelles.

Continuer la promenade

84.2 – Le Royaume des Mandarins

Vendredi 1er Avril, An III (Suite)

Léo : « Mmmmmm… »

Max : « Tiens, Léo se réveille 🙂 »

Léo : « Rholala… J’ai tout dormi 🙂 »

Max : « On a vu 🙂 Brindille est partie. »

Léo : « Zutalor ! Je lui ai pas dit au revoir 🙁 »

Max : « Elle t’a gratté le front et tu as souri dans ton sommeil 🙂 »

Le chevalier : « As-tu fait de beaux rêves ? »

Léo (qui se redresse brutalement) : « J’ai rêvé de Tante Yvonne ! »

Max : « Comment va-t-elle ? Raconte ! »

Léo : « Elle va bien 🙂 Elle est très contente de son bateau qui navigue dans le temps et s’entend très bien avec le vent. Chevalier, tu savais que le vent est partout le même ? »

Max : « Comment ça ? »

Léo : « Je sais pas comment dire… C’est le même vent ici et là-bas mais aussi hier et demain. Il a pas d’âge le vent et il est toujours au présent. Quand il nous raconte la mer des temps anciens c’est pas des souvenirs. C’est ce qu’il vit ailleurs, au même moment… »

Max : « Mais alors ça veut dire qu’il est en même temps avec nous et avec Tante Yvonne ! Dis, le vent, tu veux bien faire une grosse bourrasque pour dépeigner Tante Yvonne s’il te plaît ? Après elle sera toute ébouriffée et tu lui gratteras le front. Elle saura que c’est de notre part 🙂 Merci le vent 🙂 Raconte ton rêve Léo. »

Léo : « Ben, elle a su ce qu’il t’était arrivé, chevalier. Et puis, elle a vu que j’étais inquiet pour toi. Alors elle est venue me rassurer, me dire que tu allais te remettre et qu’il fallait plus que j’aie peur que tu tombes. Ça peut arriver de tomber, c’est pas grave. Elle m’a fait un gros câlin pour plus que je cauchemarde et, pour la première fois depuis ta chute, j’ai bien dormi 🙂 »

Max : « Elle est gentille Tante Yvonne. Elle est encore à l’Ordovicien ? »

Léo : « Oui, elle aime beaucoup la petite mer épicontinentale qui borde Armorica. Elle se promène avec son beau bateau. Elle regrette juste qu’il y ait pas des zoisos dans le ciel. Qu’est ce qu’on fait au Royaume des Mandarins ? »

Max : « Bonome avait pas envie de rentrer alors il a demandé à Brindille de nous déposer ici. Elle vient de partir. »

Le chevalier : « Oui, je voulais profiter de cette journée. Et puis, il faut bien que je vous montre le printemps. »

Max : « On va voir le printemps ? Chouette alors ! »

Léo : « Par quoi on commence ? »

Le chevalier : « Cette pelouse bordée de ronces. Il y a toujours de jolis insectes. »

Max : « On va faire l’insectologie ? »

Le chevalier : « Max ! »

Max : « Oui, bon, d’accord. Nous allons faire de l’entomologie. Mais je préfère l’insectologie ! »

Le chevalier : « Pense un peu à tes lecteurs Maxou. Il ne faut pas dire des erreurs. Tu as le devoir de l’exactitude. »

Max : « Ils sont pas bêtes mes lecteurs ! Ils sont même très intelligents si ils ont le bon goût de me lire. Ils savent bien quand je rigole 🙂 »

Léo : « On peut commencer maintenant. Il y a un insecte poilu juste là. »

84.2 01 Bombyle bichon 84.2 02 Bombyle bichon

Max : « Alors… il a que deux ailes. C’est un Diptère, comme les mouches, mais je le connais pas moi. Et toi bonome ? »

Le chevalier : « C’est un bombyle bichon. C’est effectivement un Diptère. »

Max : « Ben oui, je sais un peu l’insectologie quand même. »

Léo : « Tu nous expliques le bombyle s’il te plaît. »

Le chevalier : « Que dire ? Son nom scientifique est Bombylius major, Bombylidés. Je l’aime beaucoup car on le voit surtout au début du printemps, quand les arbres n’ont pas encore de feuilles. Léo a raison de dire qu’il est tout poilu 🙂 »

Max : « Ben oui. Les poils c’est pas que les Mammifères qui en ont ! Il y a les végétos, les Insectes, les Crustacés et des tas d’autres zanimos. Pour les Mammifères, il faut d’abord dire que ce sont des Vertébrés Tétrapodes et après, on peut dire qu’ils ont des poils. »

Le chevalier : « Tu as raison Maxou. C’est ce qu’on appelle la subordination des caractères. »

Léo : « On dirait qu’il a un dard qui sort de la bouche. »

Le chevalier : « Ce n’est pas un dard, qui est toujours situé en arrière de l’abdomen. C’est la trompe avec laquelle il se nourrit du nectar des fleurs. »

Max : « Léo, le nectar c’est un liquide sucré que les fleurs produisent pour attirer les Insectes. Comme ça ils se couvrent de pollen et après ils le déposent sur les stigmates d’autres fleurs pour faire la reproduction. »

Léo : « Tu connais bien les fleurs Maxou. »

Max : « Ben oui, j’ai déjà fait la botanique moi. Mais je te réexpliquerai tout ça tout à l’heure. Bonome, les papillons aussi ont une trompe. Mais on a vu des Insectes qui ont des grandes mandibules, comme les lucanes. C’est pas pareil tous les Insectes ? »

Le chevalier : « Non. Il existe quatre types de pièces buccales chez les Insectes. »

Léo : « Les pièces buccales, c’est ce qui est autour de la bouche pour manger ? »

Le chevalier : « Oui Léo. En fait, ce sont des organes qui prennent des formes différentes en fonction du type de nutrition de l’insecte. Ces organes sont les mandibules, les maxilles, les labrums et les labiums. Chez les Lépidoptères il n’y a que les maxilles qui sont transformées en trompe. »

Max : « Les Lépidoptères, ce sont les papillons Léo. »

Le chevalier : « Les trompes se rencontrent chez les nectarivores. Il y a les pièces buccales de type broyeur. Les mandibules sont assez développées et forment une pince. On les observe souvent chez les Insectes zoophages. »

Léo : « Il y a des Insectes zoophages ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Beaucoup. Ils peuvent se nourrir de limaces, d’autres insectes ou de cadavres. »

Max : « Quand ils mangent des cadavres on dit qu’ils sont nécrophages bonome, pas zoophages. »

Le chevalier : « C’est vrai, même si la nécrophagie est une forme de zoophagie. »

Max : « Mais bonome, le lucane, tu as dit qu’il se nourrissait surtout de la sève des arbres et pourtant il a des grosses mandibules. »

Le chevalier : « Oui Maxou, mais j’ai également signalé que les pièces buccales de type broyeur s’observaient souvent chez les zoophages. Je n’ai pas dit exclusivement. »

Max : « C’est vrai. Un point pour toi 🙂 »

Léo : « Et le troisième type de pièces buccales ? C’est quoi ? »

Le chevalier : « Le type piqueur-suceur. C’est une sorte de seringue que les Insectes plantent pour aspirer le liquide dont il se nourrissent. Ce peut être de la sève ou du sang. Le quatrième est un peu intermédiaire entre le type broyeur et le type piqueur suceur. C’est le type broyeur lécheur.»

Max : « Tu as de beaux schémas à nous montrer ? »

Le chevalier : « Oulala ! J’ai étudié cela il y a longtemps et je crois avoir réalisé des schémas, effectivement. Mais ils étaient tellement moches que je les ai détruits. Je vais essayer de vous en trouver quand même… Tu les inséreras dans ton blog. »

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Max : « Merci bonome 🙂 »

Léo : « Et cet Insecte là, tu le connais Maxou ? »

84.2 03 Eristale 84.2 04 Eristale

Max : « On en a déjà vu des comme ça… C’est encore un Diptère. »

Le chevalier : « Exact ! C’est un éristale mais il y a de nombreuses espèces qui se ressemblent énormément. Je ne m’aventurerai pas à proposer un nom d’espèce. »

Max : « Allez, s’il te plaît. Sinon on connaîtra jamais les éristales… »

Le chevalier : « Et si je disais une erreur ? »

Max : « Ça arrive de dire des erreurs. Et on sait que tu es pas sûr de toi. »

Le chevalier : « Alors je proposerais Eristalis pertinax, Syrphidés. L’éristale gluante. »

Max : « Merci bonome. Il mange le pollen ? »

Le chevalier : « Effectivement. »

Max : « Je peux expliquer la fleur à Léo ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Max : « Tu vois Léo, ces fleurs sont des pièges parce que ce que tu vois, c’est pas deux fleurs mais deux capitules. »

Léo : « Max, tu as pas dit son nom. Il faut dire le nom avant d’expliquer. »

Max : « Normalement non. On décrit et grâce à la description on peut arriver à déterminer l’espèce. Mais bon, on est entre nous… C’est la pâquerette. Son nom vient du fait qu’elle fleurit aux environs de la Grand Fête de Pâques. Bonome t’expliquera ça mieux que moi. Revenons à ses capitules. Tu vois qu’il y a des machins jaunes au centre et des machins blancs autour. Souvent, les zoms pensent que les machins blancs sont les pétales. Mais c’est pas vrai. Ce sont des fleurs stériles. Elles sont là pour attirer les insectes pollinisateurs. Les fleurs fertiles sont au centre. Ce sont les machins jaunes. On voit pas bien sur la foto mais il y a tout ce qu’il faut pour faire une fleur : pistil et étamines. »

Léo : « Tu connais bien la botanique Maxou, rholala ! »

Max : « Mais non. Je connais seulement les bases. Grâce à bonome. Et à Gaston 🙂 »

Léo : « Tiens, revoilà un bombyle. Il aspire la fleur grâce à sa longue trompe 🙂 »

84.2 05 Bombyle bichon 84.2 06 Bombyle bichon

84.2 09 Bombyle bichon

Max : « Bonome, c’est quoi ces jolies fleurs ? Tu me les as jamais présentées. »

84.2 07 Les petizours 84.2 08 Véronique

Le chevalier : « Jamais ? Pourtant je les aime beaucoup. Peux-tu me la décrire ? »

Max : « Oui mon bonome 🙂 Alors il y a que quatre pétales. C’est bizarre parce que souvent c’est cinq. Ou trois. Mais bon… Il y a deux étamines et on voit un seul style. Mais on voit pas combien il y a d’ovaires. Sûrement un seul. Voilà ! C’est tout ce que je vois. Tu crois que c’est suffisant pour la détermination ? »

Le chevalier : « Non 🙂 Mais ça n’a aucune importance. »

Max : « Et pourquoi, s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Parce que tu n’as pas pris ta flore 🙂 »

Max : « Ah oui, zutalor. Pfff… On saura pas qui tu es, jolie fleur. »

Le chevalier : « C’est une véronique. »

Max : « Tu connais son prénom ? C’est une amie à toi alors ! Bonjour Véronique. Moi c’est Max, et lui c’est Léo. Bonome a certainement un prénom mais on s’en fiche. »

Léo : « Ça doit être bizarre un prénom de l’Ordovicien. »

Max : « Je préfère pas savoir. »

Le chevalier : « Vous n’êtes pas cohérents mes petizours. Il y a quelque chose qui ne va pas dans ce que vous dites. »

Max : « Qu’est ce qu’on a fait encore ? »

Le chevalier : « Selon vous, j’ai 530 millions d’années, au minimum. »

Léo : « Ben oui. Protérozoïque terminal ou Cambrien basal 🙂 »

Max : « Je dirais plutôt la fin du Protérozoïque moi. »

Léo : « Je sais pas… Je le verrais bien contemporain des premiers trilobites. »

Le chevalier : « D’accord. Mais alors, pourquoi mon prénom daterait de l’Ordovicien ? »

Max : « C’est exactement ce qu’on allait te demander ! »

Léo : « C’est parce qu’il était tout seul. Il y avait que des bêtes bizarres. Alors personne lui parlait et il avait pas besoin de prénom 🙂 »

Max : « Ah oui ! Mais tu en as toujours pas besoin alors ! Monsieur jémpaléjens 🙂 »

Le chevalier : « Mais pourquoi vous ai-je adoptés ? »

Max : « Tu entends Léo ? Il se demande pourquoi il nous a adoptés alors que c’est nous qui nous occupons de lui. »

Léo : « On lui met ses chaussettes. »

Max : « On aurait dû le laisser redevenir sauvage en Bretagne. »

Léo : « On aurait eu la cabane pour nous tout seuls. »

Max : « On aurait été tranquilles. »

Léo : « Brindille serait venue nous voir. »

Max : « Avec du chocolat. »

Léo : « Elle nous aurait gratté le front. »

Max : « Elle gratte bien le front 🙂 »

Léo : « Ouiiii 🙂 Rholala ! »

Le chevalier : « Elle n’a pas voulu de vous tout à l’heure. »

Max : « Parce qu’elle préfère qu’on veille sur toi. »

Léo : « Elle s’est sacrifiée. »

Max : « Parce que tu es tout cassé. »

Léo : « Elle voulait pas que tu restes seul. »

Le chevalier : « Vous avez réponse à tout aujourd’hui 🙂 »

Léo : « Oui 🙂 »

Max : « Bon, bonome, tu arrêtes de ronchonner et tu continues à nous montrer le printemps. »

Le chevalier : « Je ne sais pas si vous me méritez 🙂 Mais bon, allons-y… Voici une autre plante à fleurs qui ne s’observe qu’en cette saison. »

84.2 10 Anémone sylvie 84.2 11 Les petizours et l'anémone

Max : « C’est pas vrai ! On l’a vue cet hiver ! »

Le chevalier : « C’était dû à l’exceptionnel douceur de l’hiver. »

Max : « N’empêche qu’on l’a vue cet hiver. C’est pas grave, on va en profiter pour réviser la botanique. Tiens Léo, observe bien. »

84.2 12 Léo 84.2 13 Max

Léo : « Merci Maxou. »

Max : « A ton service mon Léo 🙂 »

Léo : « Max, il y a six pétales ! Tu as dit que c’était souvent 3 ou 5. »

Max : « J’y peux rien moi. C’est peut être parce qu’on est au printemps. Les fleurs du printemps sont pas bien réglées encore. Ça ira mieux dans quelques semaines… »

Le chevalier : « Pfff… »

Max : « T’en occupe pas Léo. Continue à observer la fleur. »

Léo : « Il y a des machins verts au milieu. Je sais plus comment ça s’appelle. »

Le chevalier : « Ce sont des carpelles. »

Max : « Des carpelles ? »

Le chevalier : « Oui, cette fleur est polycarpellée. »

Max : « Et elle commensalise ? »

Le chevalier : « 🙂 »

Max : « Bonome, pourquoi tu utilises toujours des mots compliqués que personne connaît ? A chaque fois qu’on croit avoir appris quelque chose, tu nous sors des mots bizarres qu’on sait même pas de quoi tu parles. »

Le chevalier : « Je simplifie toujours un peu au début. Et, quand vous avez compris, j’affine. »

Max : « Tu affines ? »

Le chevalier : « Je suis plus précis. »

Léo : « Tu nous expliques s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo. Je vous ai expliqué que le pistil est constitué d’un ovaire, qui contient un ou plusieurs ovules, d’un style et d’un stigmate. »

Léo : « Et c’est pas vrai ? »

Le chevalier : « Pas tout à fait. En réalité l’ensemble ovaire, style et stigmate forme un carpelle. Et l’ensemble des carpelles forme le pistil. Dans le cas où il n’y a qu’un seul carpelle il se confond avec le pistil. »

Max : « D’accord. »

Le chevalier : « Tu suis Léo ? »

Léo : « Oui oui 🙂 »

Le chevalier : « Dans le cas de l’anémone des bois que vous avez sous les yeux, il y a de nombreux carpelles, chacun étant constitué d’un ovaire contenant un ovule, d’un style courbé et d’un stigmate. Ce sont tous les carpelles réunis qui constituent le pistil. »

Max : « Je comprends la simplification. »

Léo : « Et c’est pour cela que tu dis que la fleur est polycarpellée. »

Le chevalier : « C’est ça. Pour votre culture sachez que toutes les pièces florales sont des feuilles modifiées. »

Max : « Très modifiées alors ! »

Le chevalier : « Effectivement 🙂 C’est Goethe, le grand poète allemand (1749-1832), qui a formulé le premier cette théorie en observant les fleurs de nénuphars blancs. »

Max : « Un poète naturaliste ? »

Le chevalier : « Oui. Il étudia aussi la géologie, l’ostéologie… A son époque, il était fréquent que les aristocrates soient également naturalistes. Ou archéologues. Les exemples sont nombreux. James Hutton (1726-1797), dont la famille possédait des forges, s’adonnait à la géologie… Il n’y avait pas encore de spécialistes. Mais il faut reconnaître que les connaissances de l’époque étaient bien moins nombreuses qu’actuellement. »

Max : « On est pas vraiment de notre époque nous alors, en étant naturalistes. »

Le chevalier : « Non, c’est sûr ! »

Léo : « C’est pas grave. J’aime beaucoup être naturaliste moi. C’est très intéressant et on voit plein de beauté. On peut continuer l’anémone s’il vous plaît ? »

Max : « Oui Léo. Autour du pistil polycarpellé, il y a les étamines. Il y en a beaucoup ici. Tu affines les étamines bonome ? »

Le chevalier : « Si tu veux 🙂 Elles sont formées d’un filet qui porte les anthères. Chaque anthère est constituée d’un ou deux sacs polliniques. Ici, il y en a deux. Ce sont les sacs polliniques qui forment et contiennent le pollen. Quand le pollen est prêt, les sacs polliniques s’ouvrent par une fente et les grains se dispersent. »

Max : « Grâce au vent, parce qu’il est gentil le vent, ou par les zanimos comme les Insectes. Et puis quand un grain de pollen arrive sur le stigmate d’une autre fleur, c’est la pollinisation. Léo, tu savais que les abeilles sont les plus grands pollinisateurs ? »

Léo : « Non, je savais pas. »

Max : « Sans les abeilles il y aurait pas des belles fleurs. Ou beaucoup moins. Les zoms ont peur des abeilles et ils en prennent pas soin. Mais ils sont bêtes parce que presque tous les végétos qu’ils mangent sont pollinisés par les abeilles. Sans abeilles ils auraient rien du tout à manger. Et pourtant ils laissent mourir les abeilles. Moi, à leur place, je ferais des ruches partout. Comme ça, en plus, on aurait du miel. Miam le miel 🙂 »

Le chevalier : « Tu aimes le miel Maxou ? »

Max : « Bonome, je suis un petitours, et les ours ça mange du miel. Tu devrais savoir ça quand même ! »

Le chevalier : « Alors je vous offrirai du miel. Mais vous me promettez de ne pas en mettre partout. »

Max : « Promis bonome ! »

Léo : « Oui, on fera attention. On sera très propres 🙂 »

Max : « On a tout dit sur l’anémone des bois ? »

Le chevalier : « Non, mais je crois que ça suffit. Si nous reprenons, il y a de nombreux carpelles et de nombreuses étamines. »

Max : « Et 6 pétales ! »

Le chevalier : « En fait, non ! »

Max : « Je sens que tu vas encore affiner ! »

Léo : « J’aime bien quand tu affines chevalier 🙂 »

Le chevalier : « Max, te souviens-tu des pétales et des sépales ? »

Max : « Les pétales sont généralement colorés et les sépales sont plus à l’extérieur et sont généralement verts. Même que les sépales, c’est ce qui renferme tout le reste quand la fleur est encore en bouton. »

Le chevalier : « Donc tu te souviens. Léo, on appelle calice l’ensemble des sépales et corolle l’ensemble des pétales. »

Léo : « Calice et corolle, calice et corolle, calice et corolle, calice et corolle… »

Max : « Il apprend sa leçon 🙂 Léo, oublie pas que pétale et sépale sont des noms masculins. »

Léo : « Oui, je sais. On dit UN pétale. »

Le chevalier : « Revenons encore à l’anémone. Si vous l’observez attentivement vous verrez qu’il y a trois pétales qui sont plus externes que les trois autres. »

Max : « Ah oui ! Et ils sont en alternance. »

Léo : « Je te vois venir ! En fait, il y a trois sépales et trois pétales mais ils sont pareils ! »

Le chevalier : « Et on parle de tépales. Ou de sépales pétaloïdes. »

Léo : « Rholala, c’est compliqué aussi la botanique. »

Le chevalier : « Tu veux que je m’arrête ? »

Léo : « Non, mais tu fais pas d’interro tout de suite. Je voudrais pouvoir réviser. Maxou, tu te souviendras de tout ça pour graver ton blog ? »

Max : « A nous deux, on devrait y arriver. Et puis on demandera à Gaston. Il y a un lexique dans sa flore. Ou alors on demandera à bonome. T’inquiète pas Léo. »

Le chevalier : « Vous souvenez-vous du nom et de la famille de l’anémone des bois ? »

Max : « Moi non. »

Léo : « Moi non plus. »

Le chevalier : « Anemone nemorosa, Renonculacées. »

Max : « C’est une renonculacée ? Comme le populage de tout à l’heure ? »

Le chevalier : « Exact. La famille des Renonculacées est très intéressante. Elle permet de voir l’évolution des fleurs au sein d’une famille. »

Max : « Comment ça ? »

Le chevalier : « La famille des renoncules montre les différents stades de l’évolution des fleurs. En gros, il y a réduction du nombre de carpelles et d’étamines, différenciation du calice et de la corolle… »

Max : « Alors la jolie véronique de tout à l’heure est plus évoluée que l’anémone ! »

Le chevalier : « Elles sont aussi évoluées l’une que l’autre mais l’anémone conserve plus de caractères primitifs. »

Léo : « Ça devient un peu trop compliqué là. »

Le chevalier : « Oui, je comprends Léo. Nous allons arrêter là la botanique. Nous aurons l’occasion d’y revenir après que vous aurez révisé. Toutefois, j’aimerais quand même vous présenter deux autres plantes à fleurs typiques du début du printemps. Si vous me le permettez. »

Max : « On te permet bonome. Tu es d’accord Léo ? »

Léo : « Oui, bien sûr. »

Le chevalier : « Voici la jacinthe des bois. »

Max : « Ses fleurs font des clochettes ! »

Léo : « Il y en a beaucoup. »

84.2 14 La jacinthe

Le chevalier : « Et là, c’est la ficaire fausse renoncule. C’est encore une Renonculacée. »

84.2 15 Ficaire 84.2 16 Ficaire

Max : « Et elle a 8 pétales ! Elles savent pas compter les fleurs du printemps ! »

Léo : « Chevalier, tu as pas donné les noms en scientifique des toutes ces jolies fleurs printanières. »

Le chevalier : « Anémone des bois : Anemone nemorosa, Renonculacées. Ficaire fausse renoncule : Ficaria ranunculoïdes, Renonculacées. Jacinthe des bois : Hyacinthoides non-scripta, Asparagacées. »

Max : « Et Véronique ? »

Le chevalier : « Veronica sp., Scofulariacées. »

Léo : « Merci chevalier. »

Le chevalier : « Ces espèces sont vraiment caractéristiques du début du printemps. C’est pour ça que je les aime tant. »

Max : « Parce qu’elles annoncent les beaux jours, c’est ça ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 Quand on les voit on sait que l’hiver se termine. Mais il faut en profiter. Leur floraison est assez courte. En général, elles disparaissent quand les feuilles des arbres apparaissent. »

Max : « C’est parce qu’elles ont besoin de lumière et quand les arbres ont leurs feuilles, ils empêchent la lumière d’arriver au sol, alors ces jolies fleurs disparaissent jusque l’année d’après. Tu nous as montré tout ce que tu voulais bonome ? »

Le chevalier : « Tu te doutes que je pourrais continuer pendant des heures 🙂 Mais oui, je vous ai montré tout ce que je voulais. »

Max : « Alors on peut allez voir des zoisos. »

Léo : « Oh oui ! On va voir autour de la mare. Il y a peut être des beaux canards. »

Max : « Mais on va pas au Royaume des Écureuils. On va à la mare à l’îlot et on rentre. Bonome doit commencer à fatiguer et il va devoir tout marcher pour retourner à la cabane. »

Léo : « Oui Maxou. »

Max : « Allez bonome ! A la mare ! »

Le chevalier : « Vous avez dit ploufage ? Je peux vous aider si vous voulez 🙂 »

Max : « QUOI ? Tu veux nous ploufer ! Nous, tes petizours ! »

Léo : « Il rigolait Maxou. Allez, viens. »

Max : « Tiens, il y a des perruches à collier ! »

Léo : « Psittacula krameri, Psittacidés. »

84.2 17 Perruche à collier 84.2 18 Perruche à collier

Max : « A gauche, c’est la femelle et à droite, le mâle. »

Léo : « Comment tu sais ? »

Max : « Ben Léo, je croyais que tu connaissais les perruches à collier. Le mâle à un collier noir. Regarde ! »

Léo : « Ah oui ! J’avais oublié. »

Max : « Ça arrive Léo. Et les pies bavardes ? Tu les as pas oubliées quand même ? »

84.2 19 Pie bavarde 84.2 20 Pie bavarde

Léo : « Ben non Maxou 🙂 Ce sont des Picidés. Pica pica. C’est des beaux zoisos les pies bavardes. »

Max : « Il y a un couple de colverts qui vient nous voir 🙂 »

84.2 22 Des zoisos

Léo : « Je crois que des zoms ont mis des graines sur la souche. C’est pour ça que les zoisos viennent. C’est pas pour nous Maxou. »

Max : « Ils donnent du pain, des graines… ils m’énervent ces zoms. »

Léo : « Les graines c’est moins grave que le pain. Il y a des zoisos granivores. »

Max : « Mais aucun panivores ! Bonome, qu’est ce qu’on pourrait faire pour que les zoms arrêtent de donner du pain aux zoisos ? »

Le chevalier : « Rien. Ou les éduquer… »

Max : « Pfff ! Les éduquer… Tu rêves ! »

Le chevalier : « Tu sais Max, la plupart sont persuadés de faire une bonne action en nourrissant les oiseaux. »

Max : « Je crois pas. C’est pour eux qu’ils le font. Comme ça ils voient des zoisos sans attendre. Parce que ça les ennuierait de devoir patienter et de peut-être même pas voir de zoisos. Ou alors, ils sont contents parce qu’ils se sont occupés de leurs enfants. ‘Tu vois mon chéri, ça c’est un canard et il fait coin coin.’ ‘Mais papa, il y a un panneau qui dit qu’il faut pas donner à manger aux zanimos sauvages !’ ‘Non mais tu parles pas sur ce ton à ton père. On te montre des canards et tu vas pas nous dire ce qu’on peut faire ou pas. Les panneaux c’est pas pour nous. C’est pour les autres. Nous on a le droit et de toute façon on fait ce qu’on veut. On va quand même pas lire les règlements des parcs et réfléchir à ce qui est bien pour la nature !’ »

Léo : « Max tu exagères ! »

Max : « Même pas ! J’ai juste réuni des phrases que j’ai vraiment entendues. N’est ce pas bonome ? »

Le chevalier : « C’est malheureusement vrai mon Léo. »

84.2 23 Monsieur colvert 84.2 24 Monsieur colvert

Max : « Monsieur colvert vient vers nous. Il a pas fait des œufs encore. »

Léo : « Pourquoi tu dis ça ? »

Max : « Parce qu’il protège encore madame colvert 🙂 »

Léo : « Il est vraiment beau le colvert mâle. »

Le chevalier : « Il est bon aussi. »

Max : « Comment ça ? »

Le chevalier : « Max, as-tu déjà mangé des aiguillettes de canard ? »

Max : « JE MANGE PAS DE ZOISO MOI ! ET SI JE TE VOIS LE FAIRE, JE TE MORDS ! »

Léo : « Tu mangerais du bonome ? Il doit pas être très bon tu sais Max. Vu son âge, sa viande doit être toute dure 🙂 Regardez ! Il y a une mésange bleue (Cyanistes caeruleus, Paridés). »

84.2 25 Mésange bleue 84.2 26 Mésange bleue
84.2 27 Mésange bleue 84.2 28 Mésange bleue

Max : « Qu’est ce qu’elle fait ? On dirait qu’elle cherche des insectes dans les mousses… »

Léo : « Non ! Elle prend de la mousse ! Elle doit être en train de faire son nid. »

Max : « Viens Léo, on va chercher de la mousse. On la mettra dans la mangeoire comme ça nos mésanges pourront la prendre pour faire leur nid. »

Léo : « C’est une bonne idée ça ! »

Le chevalier : « N’en prenez pas trop ! Et je pense que les nids sont déjà aménagés. »

Max : « D’accord bonome. »

Le chevalier : « Bon, je commence à fatiguer moi. Et il va nous falloir marcher jusque la cabane. »

Léo : « On rentre alors. Ça va ton épaule ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Ne t’inquiète pas. Et tu sais, je ne marche pas sur les mains 🙂 »

Léo : « Max, tu viens ? »

84.2 30 Canards mandarins 84.2 31 Canards mandarins

Max : « Attendez ! Je voudrais allez dire bonjour aux mandarins. C’est quand même leur Royaume ici. Si on les saluait pas, on provoquerait peut-être un incident diplomatique. Tu as déjà vu les mandarins Léo ? »

Léo : « Oui, en Charentmaritimie. Tu te souviens de la petite mare artificielle où il y avait des tas de canards ? »

Max : « C’est vrai ! Mais là, ils sont en liberté. »

Léo : « Mandarin, ça fait penser à la Chine. Ils sont pas d’ici ces canards… Pourquoi il y en a quand même ? »

Max : « Je sais ! Bonome m’a expliqué. C’est encore à cause des zoms. Les zoms riches font des grands jardins autour de leur château et ils aiment bien mettre des zanimos pour décorer. Ils vont les voir jamais sauf quand ils ont des invités. ‘Venez donc mes amis visiter mon parc. »Oh quel beau parc et quels beaux zanimos vous avez là ! »Oui oui, c’est parce que j’aime beaucoup les zanimos vous savez ! Et la natuuure ! Quelle bôôôôté ! Je pourrais pas vivre sans toute cette verdure !’ Mais en fait, ils vont jamais dans leur parc et la nature, ils s’en fichent. Ils y vont pas parce qu’il y a des bêtes et qu’on se salit. Mais bon… un jour, il y a un zom qui a fait venir les canards mandarins de Chine pour décorer son étang. Mais les mandarins se sont sauvés et ils sont repartis dans la nature. Depuis ils sont redevenus sauvages et on en observe ça et là. Les espèces qui se développent naturellement après avoir été introduites accidentellement sont dites férales. »

Léo : « Si je dis pas des erreurs, les bernaches du Canada ont à peu près la même histoire. Et les perruches à colliers sont aussi férales. »

Max : « Ben oui, et il y a sûrement des tas d’autres espèces… Je sais d’autres choses sur les mandarins. Vous voulez que je vous raconte ? »

Léo : « Oh oui, raconte un peu les mandarins ! »

Max : « Ils font leur nid dans des trous des arbres, en hauteur ! »

Léo : « C’est vrai ? C’est bizarre pour un canard ! »

Max : « Ben oui, j’ai été très étonné de l’apprendre. Et donc, la femelle pond ses œufs dans son nid là-haut. L’avantage c’est qu’il y a moins de prédateurs. Et puis les petits grandissent, grandissent… Et un jour ils doivent sortir du nid. »

Léo : « Ben, comment ils peuvent faire ? Parce que les petits canards ça vole pas ! »

Max : « Ben non. Mais j’ai vu un documentaire. Il montrait la sortie du nid. C’est la mère qui les incite au début. »

Léo : « Et ils font comment ? »

Max : « Ils sautent ! »

Léo : « Ils sautent ? »

Max : « Oui, ils sautent 🙂 Poum le petit mandarin ! Les plus aventureux sautent les premiers. Et il y en a toujours un qui hésite. Il s’approche du bord, regarde, retourne dans le nid, revient… Mais quand tout le monde est en bas, il finit pas sauter lui aussi. »

Léo : « Mais ils se font pas mal ? »

Max : « Ils sont tous légers les petits mandarins. Et ils s’aplatissent pour planer. En plus, quand ils sortent du nid, il y a encore un tapis de feuilles mortes au sol. Alors ça amortit le choc. C’est rigolo à voir parce que, immédiatement après le poum le petit mandarin, ils se relèvent et trottent derrière leur mère pour aller se jeter dans l’eau. Plouf le petit mandarin ! »

Léo : « Et il y a jamais d’accident ? »

Max : « Ben si, forcément, il doit y en avoir. »

Léo : « C’est triste 🙁 »

Max : « Bonome te dirait que c’est comme ça… »

Léo : « Mais ils peuvent plus retourner dans le nid après ! »

Max : « Ben non. Après, ils dorment où ils peuvent. Je te montrerai les fotos de bonome. Il y a quelques années il a suivi, au jour le jour, une famille de mandarins. Il a même fotoé leur conception 🙂 Aix galericulata in copula 🙂 »

84.2 32 Canards mandarins 84.2 33 Monsieur mandarin
84.2 34 Madame mandarin 84.2 35 Ils s'en vont

Léo : « Ils s’en vont les mandarins… »

Max : « Alors il est temps de partir nous aussi. En route bonome ! »

Quand on est rentrés il était tout fatigué mon pauvre petit bonome. Alors on lui a enlevé ses chaussettes et il est allé s’allonger. Léo et moi, on était pas fatigués et, pour une fois, c’est nous qui lui avons gratté le front. Il a fait semblant de ronronner, comme nous, en souriant. Puis il s’est endormi. Ça lui a fait du bien d’aller se promener. Léo et moi, on s’est serrés contre lui et on lui a fait un gros câlin. Et on s’est endormis nous aussi. Normalement, il veut pas qu’on dorme avec lui. Parce qu’il bouge tout le temps. Il a peur de nous écraser. Mais depuis qu’il est tout cassé, il bouge plus du tout. Son cerveau tout fondu le surveille pour qu’il s’abîme pas l’épaule. Et c’est pour ça qu’il est tout fatigué. Pauvre petit bonome…

Continuer la promenade

84.1 – Le Royaume des Bernaches

Vendredi 1er Avril, An III

Le chevalier : « Mes petizours, venez, j’ai une bonne nouvelle pour vous. »

Max : « On arrive ! »

Léo : « Quelle bonne nouvelle ? »

Max : « Tu es guéri ? »

Le chevalier : « 🙂 Non Maxou, pas en un mois 🙂 »

Max : « Zutalor 🙁 »

Léo : « C’est quoi la bonne nouvelle ? »

Le chevalier : « Brindille veut vous emmener en inspection 🙂 »

Max : « Chouette ! On va où ? »

Le chevalier : « Vous verrez avec elle. »

Max : « Comment ça vous verrez ? Et toi, tu donnes pas ton avis ? Tu prends pas de décision à l’unanimité de toi même 🙂 »

Le chevalier : « Elle vous emmène. Vous verrez bien ensemble. »

Léo : « Et toi ? Tu vas pas rester tout seul dans la cabane quand même ? »

Max : « Pas d’accord bonome. On y va pas sans toi. »

Le chevalier : « Vous savez bien que je suis tout cassé. »

Max : « Tu peux marcher. Et ça te ferait du bien de sortir un peu. Tu t’étioles en intérieur. »

Léo : « Moi j’irai pas sans toi 🙁 Même avec Brindille. »

Le chevalier : « On frappe à la porte ! Allez lui ouvrir et faites-la entrer, je finis de me préparer. »

Brindille : « Bonjour les petizours 🙂 »

Max et Léo : « Bonjour Brindille 🙂 »

Brindille : « Vous allez bien ? »

Léo : « Ben oui, nous on va bien. »

Max : « C’est bonome qui est tout cassé 🙁 Mon pauvre bonome… »

Brindille : « Comment va-t-il ? »

Max : « De mieux en mieux, mais il s’ennuie. »

Léo : « Et il dort mal alors il est tout fatigué. »

Brindille : « Est-il raisonnable ? »

Max : « Oui oui, mais on le surveille. Et, des fois, je dois le gronder parce qu’il veut se servir de son bras gauche. »

Léo : « Et on l’aide à mettre ses chaussettes 🙂 »

Max : « Parce que c’est pas facile de mettre des chaussettes avec une seule main 🙂 »

Le chevalier : « Bonjour Brindille. C’est gentil d’emmener mes petizours en inspection. Ils s’ennuient un peu à force d’être enfermés. »

Léo : « Moi, je veux pas aller sans lui 🙁 »

Max : « Moi non plus. Il vient avec nous ou on va pas du tout. »

Brindille : « Bien sûr qu’il vient avec nous ! Pourquoi ne viendrait-il pas ? »

Max : « Il dit qu’il est tout cassé. »

Brindille : « Son épaule est cassée ! Tu peux marcher chevalier. Tu viens et c’est tout. Ce n’est pas négociable. »

Max : « Ou alors on te kidnappe 🙂 »

Le chevalier : « D’accord 🙂 Allons-y. »

Max : « On a pas choisi où on allait ! »

Léo : « Au Royaume des Bernaches ! »

Au Royaume des Bernaches…

Léo : « Brindille, on t’a pas vraiment demandé ton avis. Ça t’embête pas de revenir au Royaume des Bernaches ? »

Max : « C’est maintenant que tu demandes ? Tu as pris la décision à l’unanimité de toi-même tout seul 🙂 »

Brindille : « C’est vrai Léo 🙂 Mais non, ça ne n’ennuie pas. Nous verrons probablement de beaux oiseaux. »

Max : « Tiens, ça commence ! Il y a une bernache du Canada qui nous crie dessus. »

84.1 01 Bernache du Canada 84.1 02 Bernache du Canada

Léo : « On dirait Max qui parle au chevalier 🙂 »

Brindille : « Vous connaissez le nom scientifique de la bernache du Canada ? »

Max : « Brenta canadensis mais si tu veux plus d’explications, il faut demander à Léo. Il est comme bonome : il parlerait des zoisos pendant des heures. »

Léo : « 🙂 C’est gentil Maxou. Les bernaches sont des Anséridés. Mais en fait, on sait pas trop si les Anséridés forment vraiment une famille. C’est peut-être une sous-famille des Anatidés auquel cas, il faudrait dire les Ansérinés. Mais nous, on dit les Anséridés. Les Anséridés c’est les oies et les bernaches. Il y a les cygnes aussi. Pour différencier les oies des bernaches, c’est pas très difficile. Il faut regarder les pattes. Si elles sont orange, c’est une oie. Si elles sont noires, c’est une bernache. »

Brindille : « Dis donc, tu en connais des choses Léo. »

Max : « Il passe son temps à lire mon beau livre de zoisos. Toute la journée il lit mon livre. Il doit tout connaître par cœur maintenant. »

Léo : « Quand même pas Maxou 🙂 »

Max : « Bon, tout va bien pour le moment. On a vu des bernaches au Royaume des Bernaches 🙂 »

Léo : « Oh ! Il y a une foulque qui ramène des branchages pour construire son nid ! »

Max : « Elle se chamaille pas avec d’autres foulques ? »

84.1 03 Foulque macroule

Léo : « Non, elle est sage. Elle fait son nid. »

Max : « C’est un mâle alors. Si je dis pas des erreurs, chez les foulques ce sont les mâles qui font les nids. Après ils vont voir les femelles et leur font visiter le nid. ‘Bonjour mademoiselle foulque. Je suis un beau mâle à la plume luisante et je voudrais faire des œufs. Voulez-vous venir visiter le beau nid que j’ai construit ? Si il vous plaît on pourrait faire des œufs tous les deux ?’ Il dit ça en foulque, évidemment. »

Brindille : « Évidemment 🙂 »

Max : « Et après il y a des petites foulques et elles nous font bien rigoler 🙂 »

Brindille : « Les petits les plus moches du Pays des Zoisos 🙂 »

Max : « Oui 🙂 Bonome, qu’est ce que tu fotoes ? »

Le chevalier : « Des oies cendrées… »

Léo : « Anser anser ? »

84.1 04 Oies cendrées

Max : « Des oies cendrées ? Elles sont encore là ? Elles sont pas reparties encore ? Bonome, tu leur as demandé de rester et elles t’ont écouté ? »

Brindille : « Pourquoi dis-tu cela Max ? »

Max : « Ben, avec Léo, on aime bien les oies cendrées. On les as vues cet hiver et elles étaient là quand tu es venue avec nous. Et comme on les aime bien, on a pas envie qu’elles repartent tout là-bas. Alors on a demandé à bonome de les convaincre de rester chez nous. Et apparemment elles sont restées. »

Brindille : « Il sait parler aux zoisos ton bonome 🙂 »

Max : « Oui mais il veut pas le dire. Allez, venez, on avance. »

Brindille : « Il y a un grébou ! »

84.1 05 Grébou

Léo : « C’est aussi ton chouchou ? »

Brindille : « Je l’aime beaucoup cet oiseau. »

Max : « Bonome aussi. Il aime tous les zoisos mais grébou c’est son chouchou. Peut-être qu’il y aura des petits ce printemps. »

Brindille : « Et ils feront du parent-stop 🙂 »

Max : « Tu as déjà vu ? »

Brindille : « Jamais en vrai. Mais j’ai vu les photos du chevalier. »

Max : « Il fait des belles fotos. Mais il trouve toujours qu’elles sont pas terribles et qu’il y a des vrais fotoeurs qui font des vraies belles fotos… Allez, on avance. On verra pas d’autres zoisos ici. Ça va bonome ? »

Le chevalier : « Oui Maxou, ne t’inquiète pas 🙂 »

Max : « Tu veux t’asseoir un peu ? »

Le chevalier : « Non non, ça va, je t’assure. »

Max : « Tu nous dirais si ça allait pas ? Promis ? »

Le chevalier : « Promis mon petitours 🙂 »

Léo : « Regardez ! Les oies cendrées sont là ! On les as pas vues venir ! Elles étaient là-bas et maintenant elles sont ici 🙂 »

84.1 06 Oie cendrée 84.1 07 Oie cendrée

Max : « Léo, tu sais qu’elles nagent bien. Et puis, ce sont des zoisos. Elles peuvent voler si elles veulent. »

Brindille : « On voit bien leurs pattes orange. »

Léo : « Oui. Le bec est orange aussi. Mais il faut faire attention. Des fois il y a du blanc avec le orange. Ça dépend des espèces. Moi, je connais que l’oie cendrée. J’ai jamais vu les autres. »

Brindille : « Sois patient Léo, tu les verras peut-être un jour. »

Léo : « Peut-être… »

84.1 08 Un pouillot 84.1 09 Un pouillot

Max : « Pouillot ! »

Léo : « Tu joues aux zoisos ? Mais c’est pas juste ! Tu as pas dit qu’on jouait ! »

Brindille : « Vous jouez aux oiseaux ? »

Max : « Ouiiii 🙂 On a inventé ce jeu en Charentmaritimie. On se promène et le premier qui voit un zoiso annonce son espèce. Et celui qui en a vu le plus gagne. »

Léo : « Mais pouillot ça compte pas. Il faut le nom en scientifique. »

Max : « Mais on connaît rien au pouillot ! »

Brindille : « Vous ne connaissez pas les pouillots ? »

Max : « Ben non 🙁 On arrive pas vraiment à les distinguer. Il y a les pouillots véloces, fitis et siffleurs. »

Léo : « Le siffleur est rare Max. »

Max : « Peut-être. Mais il reste les deux autres et on est jamais sûrs. Des fois bonome sait reconnaître le véloce à ses pattes noires. Mais pas toujours. C’est comme les pipits. »

Brindille : « Vous en avez vu en Bretagne. Mais je ne vous ai pas demandé ! Ça vous a plus la Bretagne ? »

Léo : « Oh oui ! »

Max : « On a vu des beaux zoisos. »

Brindille : « Des chevaliers ouaf ouaf 🙂 »

Max : « Oui 🙂 Comment va Chien ? »

Brindille : « Il vieillit. »

Max : « Zutalor 🙁 Tu lui feras des gratouillis de notre part. »

Léo : « Et en Bretagne, on a beaucoup fait la géologie. Au début, je voulais pas vraiment. Je voulais voir des zoisos. Mais c’est bien la géologie. Rholala ! On en voit des belles choses. »

Brindille : « Vous m’avez donné goût à cette science qui me paraissait bien austère. »

Max : « Tu as lu mon blog ? »

Brindille : « Oui, mais c’est un peu compliqué la géologie 🙂 »

Léo : « Oui, un peu. Mais c’est bien. Rholala ! On voyage dans le temps, on voit des zanimos bizarres, des océans qui s’ouvrent, qui se ferment, des orogenèses. Et des zébres briochoriens 🙂 »

Max : « Pfff… »

Brindille : « Et vous avez vu des korrigans ! La chance 🙂 »

Léo : « Ils me manquent les korrigans. Je les aimais bien. Et puis ils veillaient sur nous. »

Brindille : « Tu les reverras Léo. Viens, que je te gratte le front. »

Max : « Euh… Moi aussi je les aimais bien 🙂 »

Brindille : « Alors viens te faire gratter le front 🙂 »

Max et Léo : « Rrrroooonnnn rrrroooonnnn… »

Max : « C’est pas juste. On laisse bonome tout seul et personne lui gratte le front alors qu’il est tout cassé 🙁 »

Brindille : « Princesse a-t-elle pris de ses nouvelles ? »

Léo : « Viens Brindille, on va voir les bernaches qui font leur toilette. Max, fais un câlin à ton bonome. »

84.1 10 Benrache du Canada 84.1 11 Bernache du Canada
84.1 12 Bernache du Canada 84.1 13 Bernache du Canada
84.1 14 Bernache du Canada 84.1 15 Bernache du Canada

Brindille : « Les zanimos ça fait beaucoup sa toilette 🙂 »

Léo : « Oui oui. Brindille, il faut pas parler de Princesse. Elle a pas pris des nouvelles du chevalier. Je sais pas si ça lui fait quelque chose ou pas mais Max est très fâché. Il est très en colère contre elle. Il dit qu’elle est pas gentille, qu’elle pourrait quand même trouver un peu de temps pour s’enquérir de la santé du chevalier. Parce que c’est elle qui l’a envoyé en mission. Alors évite de parler de Princesse. C’est mieux. »

Brindille : « Merci du conseil Léo. »

84.1 16 Bernache du Canada 84.1 17 Bernache du Canada
84.1 18 Bernache du Canada 84.1 19 Bernache du Canada

Max : « Vous regardez les bernaches qui font sa toilette ? »

Léo : « Oui, j’expliquais les parasites des zoisos à Brindille. »

Brindille : « Je ne savais pas que les zoisos avaient, eux aussi, des puces ou des poux 🙂 »

Léo : « 😉 »

Léo : « Écoutez ! Il y a une mésange charbonnière pas loin. Il faut la trouver. »

Max : « Léo et ses mésanges… »

Léo : « Elle est là ! »

84.1 20 Mésange charbonnière

Max : « La mésange charbonnière s’appelle Parus major. C’est un Paridé. Merci pour le restaurant à zoisos Brindille 🙂 »

Brindille : « Elles viennent manger ? »

Max : « Au début elles venaient pas du tout. Puis il y a eu des adultes. Deux je crois. Ils venaient chiper une graine ou deux de temps en temps. Puis ils venaient tellement qu’avec Léo on avait imaginé qu’il y avait toute une escadrille de mésanges, bien alignées sur le mur, en face de la cabane, et qu’elles décollaient chacune leur tour pour venir prendre des graines. »

Brindille : « 🙂 »

Léo : « On a aussi imaginé qu’un cygne venait chercher des graines 🙂 Tu imagines l’atterrissage sur la mangeoire ventousée à la vitre ? Les pattes en avant, les ailes déployées… 25 kg de zoisos, 2 mètres d’envergure… »

Max : « Il aurait tout cassé la fenêtre et se serait vautré sur bonome, dans son lit 😀  Poum le cygne 😀 »

Brindille : « 😀 Vous êtes bêtes 🙂 »

Max : « Ouiiii 🙂 »

Léo : « On a bien rigolé 🙂 »

Brindille : « Et vos mésanges ? »

Max : « Un jour, on a découvert qu’elles avaient des petits. C’est pour ça qu’elles venaient autant. Elles nourrissaient leurs petits ! »

Léo : « On en a vu un, puis deux… puis quatre 🙂 »

Brindille : « Quatre petits ! La chance ! »

Max : « Oui 🙂 et après, il y a eu une autre famille ! »

Brindille : « Deux familles ? »

Léo : « Oui 🙂 Mais c’était pas fini ! »

Max : « Après il y a eu une famille de mésanges bleues. Quatre petits de plus ! »

Léo : « Alors on a ouvert deux autres restaurants et on a mis des boules de graisse pour zoisos. »

Brindille : « 18 mésanges ! »

Max : « Oui 🙂 Un jour, on en a compté 12 juste à la fenêtre 🙂 Et puis il y a eu des pinsons des arbres. Mais juste un ou deux. Et ils allaient pas dans la mangeoire. Ils sont trop timides les pinsons des arbres. Ils récupéraient les graines qui tombaient. Des fois, il y avait des pigeons. Mais on aime moins les pigeons. »

Léo : « Et puis encore après, une famille de moineaux est venue aussi. »

Brindille : « Dites donc, ils avaient du succès vos restaurants. »

Max : « Ben oui, avec le bec à oreilles… »

Léo : « Mais il y a une petite mésange bleue qui est morte 🙁 »

Max : « Elle venue nous voir mais on a pas pu l’aider. »

Léo : « On l’a retrouvée toute morte un matin 🙁 »

Brindille : « Vous n’auriez rien pu faire. »

Max : « Ben non, on est pas docteurs en zanimos 🙁 »

Léo : « Mais on va fermer les restaurants bientôt. Il faut que les zoisos se débrouillent. Les petits doivent apprendre à trouver du manger tout seuls. »

Max : « Ils sont assez forts maintenant. »

Le chevalier : « Qu’est ce que vous êtes bavards ! »

Max : « Tiens, tu es là toi ? »

Le chevalier : « Vous avez insisté pour que je vienne et vous ne me voyez même pas. »

Max : « Pardon bonome. Viens, on va s’asseoir et faire un câlin. »

Léo : « Il y a un héron cendré, une sterne pierregarin et un grand cormoran. »

84.1 21 Héron cendré 84.1 22 Sterne pierre garin

Brindille : « Léo, tu m’as expliqué les hérons cendrés. Celui-ci n’a pas de calotte blanche. Ce n’est donc pas un adulte. C’est un juvénile, comme vous 🙂 »

Le chevalier : « Mais ne pensez même pas à aller vous chamailler avec lui sous prétexte que vous êtes des juvéniles tous les trois ! »

Max : « Pfff… T’es pas drôle 🙁 »

Brindille : « Vous avez vu des sternes caugek en Bretagne. La chance ! »

Léo : « Rholala oui ! Elles sont grandes ! Bien plus grandes que les pierregarins ! Maxou a vu des sternes naines en Charentmaritimie. Il connaît trois sternes. Moi, seulement deux. »

Max : « Tu en verras aussi Léo. Ça va bonome ? »

Le chevalier : « Oui, j’ai vu des hirondelles rustiques posées sur une branche. Allons les observer. Il est rare de les voir posées. »

84.1 23 Hirondelles rustiques 84.1 24 Hirondelles rustiques

Léo : « Les hirondelles rustiques s’appellent Hirundo rustica, Hirundinidés. »

Max : « Souvent elles volent au ras de l’eau, pour attraper des insectes. Elles peuvent en attraper ailleurs, mais ici, on les voit surtout au-dessus de l’étang. Il y en a chez nous. Elles volent très vite et font beaucoup de virages. Mais on arrive jamais à les fotoer. »

Léo : « On va de l’autre côté de l’étang ? »

Max : « Tu es pas trop fatigué bonome ? Parce que tu as pas beaucoup marché ces derniers temps. Tu dis si tu veux rentrer. »

Le chevalier : « Non. Je vais pocher 🙂 »

Max : « Petit rigolo 🙂 Tu rentres même pas dans ta poche 🙂 »

Léo : « Les bernaches sont là. Il y a tout le troupeau ! Rholala ! Mais… Bonome, tu as vu ? »

Le chevalier : « Je crois bien, oui 🙂 »

84.1 25 Des bernaches

Max : « Qu’est ce que vous avez vu encore ! Ils m’énervent ! Ils voient toujours des choses que moi je vois pas. Ils doivent me dire après. Et je passe pour un béotien. Pfff… »

Léo : « Regarde bien à droite Maxou. Tu as vu Brindille ? »

Brindille : « Non… Il y a des bernaches du Canada… »

Léo : « Montre leur s’il te plaît bonome. »

Max : « Tu l’as appelé bonome ! C’est de plus en plus fréquent… »

Brindille : « Tu es jaloux Max ? »

Max : « Non, j’aime bien 🙂 Mais ça me fait un peu bizarre. Montre nous tes fotos bonome. »

84.1 26 Bernache nonette 84.1 27 Bernache nonette
84.1 28 Bernache nonette 84.1 29 Bernache nonette

Max : « C’est pas une bernache du Canada ça. Elle est trop petite, grise et noire… »

Brindille : « Mais c’est une bernache. Elle a les pattes noires. Une cravant ? Une nonette ? »

Léo : « Oui, c’est une bernache nonette, Brenta leucopsis. Rholala ! Tu espérais même pas en voir à la mer et il y en a une là ! Rhoooo… »

Max : « Qu’est ce qu’elle fait là ? Elle s’est trompée de chemin ? Elle a oublié de tourner à droite au troisième nuage ? Elle est venue voir ses cousines ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou mais c’est une belle surprise. »

Max : « Elle est toute seule de son espèce 🙁 Elles sont gentilles les bernaches du Canada : elles l’ont accueillie parmi elles. Léo, ta mâchoire ! Il y a une dame avec nous, voyons. »

Léo : « Oups ! Pardon 🙂 Mais quand même : une bernache nonette ! »

Max : « Rholala la chance ! Rhoooo et tout ça ! Oui oui Léo 🙂 »

Brindille : « Je vous avais dit que nous verrions de beaux zoisos ! »

Max : « Normalement, on peut pas savoir avant. Tu parles zoiso ? C’est toi qui as donné rendez-vous à la nonette ? »

Brindille : « Non Max, je ne parle pas le zoiso. »

Max : « Tu le dirais pas non plus de toutes façons 🙁 »

Léo : « Chevalier, elles vivent où normalement les bernaches nonettes ? »

Le chevalier : « Elles nichent dans les régions arctiques, sur les îles et les côtes rocheuses. Depuis quelques dizaines d’années, elle nichent également sur le côtes de la Baltique. Elles viennent un peu l’hiver sur le littoral français, de la Manche surtout. »

Max : « Un peu comme l’eider à duvet si je me souviens bien. »

Le chevalier : « Un peu, oui. »

Max : « Elle s’est perdue en route. Tu lui indiqueras le chemin avant de partir s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours 🙂 »

Léo : « On continue le tour de l’étang ? »

Brindille : « Si le chevalier est d’accord ! »

Le chevalier : « Je suis en pleine forme vous savez. Je suis tout à fait capable de marcher, malgré mon grand âge 🙂 »

Léo : « On sait pas bien quand il est né. Peut-être au Protérozoïque supérieur, peut-être au Cambrien basal… »

Max : « Mais il a au moins 530 millions d’années. »

Léo : « Il a appris à nager dans la petite mer épicontinentale qui séparait Armorica du Gondwana. »

Max : « Avec les trilobites 🙂 »

Brindille : « Vous n’arrêtez jamais de le taquiner ? »

Max : « Ben non, sinon il s’ennuierait ! »

Léo : « Et c’est ce qui fait notre charme 🙂 »

Le chevalier : « Parce que vous avez du charme ? Je ne m’en étais jamais rendu compte ! »

Brindille : « Et moi je ne m’étais jamais rendue compte que tu étais une foulque, chevalier 🙂 »

Le chevalier : « Alors ça, c’est trop fort ! Ils passent leur temps à me taquiner et quand je dis une malheureuse phrase, c’est moi la foulque ! »

Max : « Et voilà ! Il ronchonne ! Chonchon le ronchonneur est de retour ! Là je sais que tu vas mieux ! »

Le chevalier : « Pfff… Je vous néglige ! »

Max : « Et tu me piques mes répliques en plus. Viens Brindille, on va faire le tour de l’étang sans lui ! »

Brindille : « 🙂 »

Une bernache du Canada passe…

84.1 30 Bernache du Canada 84.1 31 Bernache du Canada
84.1 32 Bernache du Canada

Léo : « Rhoooo ! C’était bôôôô ! »

Max : « Léo ! Regarde ! Il y a un canard qu’on ne connaît pas ! Regarde Léo ! »

84.1 33 Canard musqué 84.1 34 Canard musqué

Léo : « Tu nous présentes, chevalier ? »

Le chevalier : « Monsieur le canard, je vous présente les petizours. Les petizours, je vous présente monsieur le canard. »

Max : « Qu’est ce que tu fais ? »

Le chevalier : « Je fais les présentations 🙂 »

Max : « Tu es rigolo aujourd’hui, toi ! Bonome, c’est qui ce canard ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas. Il n’était pas né à l’Ordovicien. Et puis je n’ai pas mis ma casquette et le soleil tape trop pour que le peu de cheveux qu’il me reste me protège encore. Mes neurones sont tout fondus. »

Max : « Bonome, mon bonome, mon petit bonome… C’EST QUI CE CANARD ? »

Léo : « Je peux Maxou ? »

Max : « Bien sûr mon Léo. Faites donc 🙂 »

Léo : « NON MAIS TU VAS PAS BIEN DANS TA TÊTE ! TU T’ES LUXÉ LE CERVEAU EN TOMBANT ? TES NEURONES SE SONT ÉPARPILLÉS, DISPERSÉS AUX QUATRE COINS DE LA BRETAGNE, FAÇON PUZZLE ? ON T’A DEMANDÉ DE NOUS PRÉSENTER CE CANARD ALORS TU NOUS LE PRÉSENTES ! »

Max : « Luxé le cerveau… façon puzzle… Bravo Léo ! Il est bon ce Léo, tu trouves pas brindille ? »

Brindille : « 😀 »

Max : « Tu veux essayer ? »

Brindille : « Je n’oserais pas… Une autre fois peut-être. »

Max : « Je comprends. Bon, bonome, c’est qui ce canard ? »

Le chevalier : « Mmmmm… Tu m’as parlé ? »

Max : « S’il te plaît bonome. »

Le chevalier : « C’est un canard musqué, également appelé canard de barbarie. Son nom scientifique est Cairina moschata et c’est un Anatidé, bien entendu. »

Max : « Merci mon bonome. »

Léo : « Décidément, c’est la journée des Anatidés ! Les bernaches du Canada, la nonette, les colverts, le souchet que tu as même pas fotoé et maintenant le canard musqué ! »

Brindille : « Et le cygne… »

Max : « Cygnus olor ? Le cygne tuberculé ? »

84.1 35 Cygne tuberculé

Léo : « Oui Max, regarde, il vient nous voir. »

Max : « Il a un gros tubercule noir sur le bec, et son bec est bien orange, pas rosé. Ça doit être un mâle. »

Léo : « Tu sais distinguer les mâles des femelles ? »

Max : « Je suis pas sûr. Il faudrait les deux côte à côte. Mais j’ai remarqué que le tubercule est plus gros chez les mâles. Et les femelles ont un bec plus pâle, plus rosé, que celui des mâles. »

Léo : « C’est vrai ça chevalier ? »

Le chevalier : « Il me semble bien. »

Brindille : « Dites les petizours, il y a un couple de canards là-bas. Je les ai déjà vus mais je ne me souviens plus de leur nom. Ce sont des fuligules ? »

84.1 36 Fuligule milouin femelle 84.1 37 Fuligule milouin mâle

Max : « Où ça ? »

Léo : « Oui, des milouins. Aythya ferina. Encore des Anatidés ! »

Brindille : « Le mâle est plus coloré que la femelle. »

Max : « C’est à cause du dimorphisme sexuel. »

Brindille : « Ses yeux sont très rouges ! »

Max : « Pas autant que ceux de gréba ! Gréba c’est le zoiso qui a les yeux les plus rouges ! »

Brindille : « Gréba ? »

Léo : « Le grèbe à cou noir. On l’a vu en Bretagne, à Kameled, juste avant le drame ! »

Le chevalier : « Le drame ! Tu n’exagères pas un peu Léo ? »

Léo : « Si 🙂 Mais j’ai eu très peur quand tu es tombé. Alors ça me fait du bien d’en rire maintenant que tu vas mieux. Tu m’en veux pas ? »

Le chevalier : « Bien sûr que non ! »

Léo : « Tu vas guérir ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. Ça ne fait même pas un mois que je me suis fait mal et l’évolution est plutôt bonne. »

Max : « On verra ça après la radio de contrôle ! Tu trouvais déjà que tu allais bien et que c’était pas cassé avant la première radio. »

Brindille : « Max a raison, chevalier. Ne t’emballe pas trop et reste raisonnable. »

Le chevalier : « Vous m’embêtez ! Je suis raisonnable ! Je fais très attention ! Mais je fais aussi quelques mouvements pour éviter à mon articulation de se figer ou une trop grande atrophie des muscles. Je ne suis pas guéri mais mon épaule va plutôt bien, vu le traumatisme qu’elle a subi ! Alors arrêtez de m’embêter et de vous inquiéter ! »

Max : « Te fâche pas bonome. Tu nous importes alors on veut que tu guérisses. »

Le chevalier : « Alors continuez à m’aider à mettre mes chaussettes mais ne me considérez pas comme un handicapé ! Grrrr ! »

Max : « Oulala ! Mais c’est qu’il va mordre ! »

Léo : « On sait qu’il mange pas de petizours mais il est peut-être brindillophage… Fais attention à toi 🙂 »

Le chevalier : « Bon, je vous laisse entre vous. Moi, je vais fotoer les grands cormorans ! »

84.1 38 Grand cormoran 84.1 39 Grand cormoran
84.1 40 Grand cormoran 84.1 41 Grand cormoran

Le chevalier est assis au bord de l’eau et les petizours viennent lui parler, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.

Max : « Pourquoi il a des tâches claires sur le ventre ce cormoran ? »

Léo : « Il est arrivé en retard à la distribution des couleurs ? »

Max : « Il chahutait encore au fond de la classe ? »

Léo : « Ils sont terribles ces cormorans ! »

Max : « Pire que des foulques ! »

Léo : « Il faudrait les gronder. »

Max : « Faire un conseil de discipline ! »

Léo : « Il faut sévir ! »

Max : « On peut pas les laisser faire ! »

Léo : « Sinon jusqu’où s’arrêteront-ils ? »

Max : « C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! »

Le chevalier : « Brindille, que dirais-tu d’adopter deux petizours ? A ce qu’il paraît, ils ont du charme. Ils sont livrés avec pantalons et sacados. Ils ont même des casques. Ils sont disponibles tout de suite. Alors ? Tu les prends ? »

Brindille : « 😀 »

Max : « Tu veux te débarrasser de nous ? »

Léo : « Tu nous abandonnerais ? »

Max : « Après tout ce qu’on a fait pour toi ? »

Léo : « Quelle ingratitude ! »

Max : « Brindille, tu entends ça ? »

Léo : « Nous faire ça, à nous ? »

Max : « Tes petizours ! »

Léo : « Alors qu’on te met tes chaussettes tous les matins ! »

Max : « Viens Léo, on va se ploufer ! »

Léo : « Si c’est comme ça, adieu ! »

Brindille : « Ils m’ont l’air en forme ces petizours ! »

Le chevalier : « Eh oui… »

Brindille : « Je crois qu’il était temps qu’ils sortent et s’aèrent un peu. »

Le chevalier : « Je crois aussi… Venez ici tous les deux. »

Max : « Non, on a ploufage, nous. »

Le chevalier : « Venez ici tous les deux ! Vite ! Max, tu vas sur les genoux de Brindille et Léo, tu viens sur les miens… Voilà ! Brindille, gratouillage de front ! »

Max et Léo : « Rrrroooonnnn rrrroooonnnn… »

Le chevalier : « Ce grand cormoran a des tâches claires sur le ventre parce qu’il est tout jeune. Il doit être né l’an dernier. Le gros saule que vous voyez là-bas, celui qui paraît blanc parce qu’il est couvert de fientes, est un site de nidification pour les cormorans. Ils se reproduisent là. En tout cas quelques uns. »

Max : « Merci bonome 🙂 »

Léo : « ZZZZzzzz… »

Le chevalier : « Je crois que Léo s’est endormi 🙂 »

Max : « Ben, depuis que tu es tout cassé, il dort mal, Léo. Il fait des cauchemars dans lesquels tu tombes et tu retombes. Il veut pas que je t’en parle pour pas t’inquiéter. Tu lui diras pas ? »

Le chevalier : « Max ! »

Max : « Je sais bonome. Tu vas me gronder parce que je t’ai pas prévenu. Mais tu as déjà assez de soucis comme ça. Je m’en occupe, du petit Léo. Je lui gratte le front quand il se réveille la nuit et je le berce. Il se rendort rapidement, t’en fais pas. »

Le chevalier : « Mais tu dois être épuisé toi aussi. »

Max : « Moins que toi 🙂 Et quand tu fais la sieste, on sieste aussi, nous. »

Le chevalier : « Il va falloir que je lui parle, Max. Je lui dirai que je l’ai entendu cauchemarder. »

Max : « Merci bonome. Tu le laisses dormir un peu ? »

Le chevalier : « Mon attelle lui servira de hamac 🙂 »

Max : « Brindille, qu’est ce que tu regardes ? »

Brindille : « Une foulque. »

Max : « Elle se chamaille ? »

Brindille : « Non, elle mange un poisson. »

84.1 42 Foulque macroule 84.1 43 Foulque macroule
84.1 44 Foulque macroule 84.1 45 Foulque macroule

Max : « QUOI ? Depuis quand les foulques mangent des poissons ? Les foulques sont phytophages normalement, pas piscivores ! Bonome, on s’absente un peu plus d’un mois et c’est n’importe quoi dans les Royaumes ! Des foulques piscivores ! »

Brindille : « Il va falloir les convoquer et faire une formation ! »

Max : « Il faut tout reprendre à zéro ! Oulala ! Quel travail ! Convoquer toutes les foulques et leur apprendre ce qu’elles doivent manger ! Pfff… On y arrivera jamais ! Comment on va faire bonome ? »

Le chevalier : « J’ai une idée ! »

Max : « Dis-moi vite s’il te plaît ! »

Le chevalier : « Nous allons laisser les foulques compléter leur alimentation par un peu de protéines d’origine animale quand elles le veulent 🙂 »

Max : « En gros, on les laisse manger du poisson. »

Le chevalier : « Oui 🙂 Comme ça, pas de formation à prévoir. »

Max : « On laisse des phytophages être piscivores ? »

Le chevalier : « Je ne pense pas que toutes les foulques vont se mettre à manger uniquement des poissons. Sinon, nous aviserons. »

Max : « Donc on laisse des phytophages manger du poisson. On dit rien, on fait rien. Tu crains pas que Princesse nous gronde ? »

Le chevalier : « On ne peut pas dire que Princesse prenne beaucoup de nos nouvelles… Si elle l’apprend, nous dirons que le rapport a été égaré par messieurs les postillons. Tu en rédigeras un que nous pourrons présenter comme copie d’archive, au cas où. »

Max : « Tu es sûr ? »

Le chevalier : « Max, je suis fatigué. Je vais devoir faire de la rééducation. Je n’ai pas le temps de convoquer toutes les foulques parce que nous en avons vu une manger un poisson. »

Max : « D’accord bonome. Brindille, tu diras rien à personne ? »

Brindille : « Promis 🙂 »

Une foulque se sauve…

84.1 46 Foulque macroule 84.1 47 Foulque macroule

Brindille : « Je suis désolée de vous dire ça mais je vais devoir rentrer chez moi. »

Max : « Déjà ! Mais on vient d’arriver ! »

Le chevalier : « Max, inutile de demander que je la kidnappe. »

Max : « Tu le ferais même pas ! »

Le chevalier : « Brindille, puis-je te demander un service ? »

Brindille : « Bien sûr ! »

Le chevalier : « Accepterais-tu de nous déposer au Royaume des Mandarins ? »

Max : « Tu veux aller au Royaume des Mandarins ? »

Le chevalier : « Je n’ai pas envie de rentrer. Je suis resté trop longtemps enfermé. Et vous aussi… »

Max : « Chouette ! Tu veux bien, Brindille ? »

Brindille : « D’accord ! »

Max : « Mais bonome, comment on va faire pour rentrer sans notre monture ? »

Le chevalier : « A pieds ! Il y a à peine une lieue entre le Royaume et notre cabane. Marcher me fera le plus grand bien. Je n’en dormirai que mieux cette nuit ! »

Max : « Léo dort encore mais je pense qu’il n’aura rien contre cette inspection surprise 🙂 »

Brindille : « Vous connaissez cette plante à fleurs ? Elle est très jolie. »

84.1 48 Populage des marais 84.1 49 Populage des marais

Max : « J’ai encore oublié ma flore ! Zutalor ! »

Le chevalier : « Je la connais Maxou. C’est le populage des marais, Caltha palustris, renonculacées. »

Max : « Renonculacées ? Comme la clématite ? »

Le chevalier : « Oui Max. C’est une plante qui vit toujours les pieds dans l’eau. Si elle est sur la berge, comme ici, tu peux être sûr que ses racines atteignent l’eau. Elle a besoin d’humidité. J’aime beaucoup la voir. »

Max : « C’est une amie végéto ? »

Le chevalier : « oui 🙂 »

Max : « Alors c’est mon amie aussi. C’est la famille les Renonculacées 🙂 On en connaît une autre qui, elle aussi, vit les pieds dans l’eau mais je me souviens plus de son nom. »

Le chevalier : « Tu dois parler de la renoncule scélérate. »

Max : « Oui ! On l’a vue au Royaume des Mandarins justement. »

Brindille : « Les renonculacées sont toutes aquatiques ? »

Le chevalier : « Non, même si beaucoup aiment l’humidité. La ficaire fausse renoncule vit en sous-bois, au printemps, quand la terre est un peu humide, mais les boutons d’or vivent très bien sur des pelouses sèches. Toutefois ce sont celles qui vivent en milieux très humides qui ont donné le nom à la famille, Ranunculaceae. Il vient de Rana qui signifie grenouille. D’ailleurs, il me semble qu’une des plantes de la famille est appelée grenouillette mais je ne me souviens plus laquelle. Bon il faut y aller maintenant. »

84.1 50 Mésange à longue queue

On s’est juste arrêtés en chemin pour fotoer une mésange à longue queue ou aurite longicaude qui était venue prendre de nos nouvelles. Léo s’est réveillé quand on arrivait au Royaume des Mandarins. Il était tout surpris d’avoir tout dormi.

Voilà Princesse. Je t’embrasse pas parce que tu as pas pris de nouvelles de mon bonome. Mais il va bien, c’est le principal.

Continuer la promenade

83 – Les Laridés :)

Bonjour Princesse,

Tu sais que bonome est tout cassé. On peut plus aller inspecter. Mais c’est pas notre faute et il faut pas nous gronder. Bonome est désolé de plus pouvoir faire sa mission et il s’en veut parce que, à cause de lui, on est coincés dans la cabane. Mais c’est pas à cause de lui.

Le chevalier : « Mes pauvres petizours ! Qu’allez vous faire pendant ma convalescence ? »

Max : « T’inquiète pas bonome. »

Léo : « On va s’occuper de toi. »

Max : « On va t’aider à mettre tes chaussettes 🙂 »

Le chevalier : « C’est gentil ça 🙂 »

Max : « Et puis, on va graver mon blog. »

Léo : « Et on a décidé d’observer les zoisos depuis la cabane. »

Max : « Parce que des fois on en voit, comme ça, mais on a jamais vraiment fait attention. Alors, si tu veux bien nous prêter tes appareils on va les fotoer et on fera une page spéciale. »

Léo : « Et puis, il y a nos mésanges 🙂 »

Max : « Ben oui, il faut raconter à Princesse qu’on a ouvert des restaurants pour zoisos et qu’on a plein de clients 🙂 »

Le chevalier : « Vous allez raconter tout ça à Princesse ? »

Max : « Ben oui 🙂 »

Le chevalier : « Et qu’allez-vous dire ? »

Max : « Tout ! Déjà que le premier restaurant, c’est Brindille qui te l’a offert. »

Léo : « Parce que, quand on est allés inspecter son jardin, elle a vu qu’on était un peu jaloux qu’elle ait ses propres zoisos. »

Max : « Mais au début, il avait pas de succès ton restaurant. »

Léo : « Et puis un jour, des mésanges sont venues. »

Max : « Et avec le bec à oreilles notre réputation a grandi et on a eu plein de clients 🙂 »

Léo : « Chevalier, tu as l’air fatigué. Tu devrais aller siester un peu. »

Le chevalier : « Oui. Excusez-moi. »

Ben oui. Parce qu’il dort mal mon bonome. Son épaule lui fait mal. Il dit rien jamais. Je l’ai jamais entendu se plaindre. Mais tous les gestes de la vie quotidienne sont difficiles à faire avec une seule main. Alors il est tout fatigué et il dort quand il peut. Un peu la nuit, un peu le jour. Quand il tombe de sommeil… C’est pour ça qu’il est retourné chez le docteur pour prolonger son arrêt de travail.

Léo : « Max, tu écris des erreurs. C’est pas pour ça qu’il est allé chez le docteur ! »

Max : « Et c’est pour quoi alors ? »

Léo : « La première semaine, il avait peur de s’abîmer encore plus en se mettant dans une mauvaise position pour dormir. C’est pour ça qu’il dormait pas. Il avait peur et il voulait des conseils du docteur. C’est le docteur qui l’a arrêté trois semaines de plus. Ça l’arrangeait bien, mais il a rien demandé du tout. »

Max : « C’est vrai. J’avais oublié. Bête comme il est, il serait retourné à la schola tout de suite. »

Léo : « Ben oui. Tu sais qu’il regrette de pas être allé filmer les bécasseaux après sa chute ? Il dit qu’en attendant d’aller chez le docteur, il avait le temps et qu’il en aurait été capable. Il s’en veut parce que, du coup, tu as pas des beaux films pour ton blog. »

Max : « Il s’en veut pour ça ? Mais qu’est ce qu’il est bête quand il s’y met ! »

Léo : « Maaaax ! Je veux pas que tu dises qu’il est bête ! Ça va pas non ? »

Max : « Mais quand même ! Bon, je peux reprendre mon blog ? »

Léo : « Oui mais tu écris plus des erreurs. »

Max : « Zutalor ! Je sais plus ce que j’allais graver ! »

Léo : « Et si tu racontais les Laridés ? »

Max : « Bonne idée ça Léo 🙂 Je suis sûr que ça va amuser Princesse 🙂 »

Vendredi 18 Mars, An III

Léo : « Le chevalier dort. Il faut pas faire bruit. »

Max : « Oui oui. Viens voir Léo, j’ai trouvé de la peinture. Et si on faisait la peinture ? »

Léo : « Tu veux repeindre la cabane ? Mais on est tout petits ! Ça va prendre des semaines ! »

Max : « Mais non ! Viens, tu vas comprendre… »

Un peu plus tard…

Le chevalier : « Où avez-vous trouvé ce matériel mes petizours ? »

83 01 Les petizours et la peinture

Max : « Nous gronde pas s’il te plaît ! On s’ennuyait un peu alors j’ai fouiné dans tes tiroirs pour trouver de quoi nous divertir et j’ai trouvé la peinture. Léo y est pour rien ! »

Le chevalier : « Je n’allais pas vous gronder 🙂 »

83 02 Max 83 03 Léo

Léo : « Tu as réussi à dormir chevalier ? »

Le chevalier : « Un peu… Mais pas trop mal. Merci Léo 🙂 Vous me montrez votre travail ? »

Max : « Mais on a pas terminé 🙁 »

Léo : « On peint des Laridés 🙂 »

Le chevalier : « Montrez-moi ça ! »

Max : « Tu te moqueras pas ? »

Le chevalier : « Promis ! Je n’ai jamais été très doué pour la peinture. »

Max : « Tiens, regarde 🙂 »

Le chevalier : « Ce sont des goélands 🙂 »

83 04 Les goélands de Max

Max : « Tu as reconnu ? J’ai déjà fait les goélands bruns. J’allais faire les goélands leucophées mais c’est au tour de Léo de peindre. »

Léo : « Tu peux me regarder peindre si tu veux 🙂 … Voilà ! J’ai terminé ! A ton tour de terminer Maxou 🙂 » 83 05 Léo au travail

Max : « Voilà ! »

Le chevalier : « Installez à côté de vos œuvres, je vais vous fotoer 🙂 »

Max : « Oh oui ! Comme ça on montrera à Princesse ! »

83 06 L'oeuvre de Léo 83 07 L'oeuvre de Max
Léo Max

Max : « Léo a peint des goélands cendrés, des goélands marins et des goélands argentés. »

Le chevalier : « On les reconnaît bien. Ils sont mignons vos Laridés 🙂 »

Max : « C’est vrai ? Tu aimes ? »

Le chevalier : « Oui, vous êtes doués. »

Léo : « Merci chevalier. Mais tu sais, on a fait ça juste pour passer le temps. On est pas des artistes nous. »

Max : « On est des petizours naturalistes 🙂 »

D’après : John Dyer ; Boats in the harbour in a hide tide, St Ives, 1996.

83 10 Tableau de John Dyer

Continuer la promenade

81.3 Lostmarc’h et Kameled

Vendredi 4 Mars, An III (Suite)

Pendant la chevauchée…

Max : « Bonome, tu trouves pas que le temps se gâte ? »

Le chevalier : « Si, de gros nuages arrivent. »

Max : « C’est comme hier. Il faisait beau, et quand on est arrivés à Lostmarc’h il s’est mis à pleuvoir. »

Léo : « Oh non ! Je veux voir le volcanisme des temps anciens moi 🙁 »

Max : « Moi aussi Léo mais je crois que la nature a pas envie qu’on y aille. »

Léo : « Pourquoi elle aurait pas envie ? »

Max : « Je sais pas moi. Peut-être que c’est trop dangereux. Mais regarde le ciel : il est de plus en plus gris. Et le vent souffle de plus en plus fort. »

Le chevalier : « Nous sommes arrivés. Allons-y avant la pluie… »

Max : « Bonome, je crois pas que se soit une bonne idée. »

Le chevalier : « Tu ne veux pas y aller ? »

Max : « Si si… Mais tu sens bien les gouttes. Il va pleuvoir, ça va glisser sur les rochers… »

Léo : « Oulala ! La température a baissé d’un coup ! Qu’est ce qu’il fait froid ! » 

Max : « Ben voilà : le vent, la pluie, maintenant le froid… Non, la nature veut pas qu’on y aille bonome. »

Le chevalier : « Nous pouvons avancer un peu. Ce ne sera peut-être qu’une averse. »

Max : « Tu es têtu ! Moi je reste dans ta poche. J’ai trop froid. La température a baissé d’au moins 5°C en deux minutes. »

Léo : « Moi aussi je poche. J’ai froid 🙁 »

Le chevalier : « Sortez quand même vos truffes pour regarder les menhirs. »

81.3 01 Un menhir 81.3 02 Un menhirs

Max : « On en a déjà vus. C’est les zoms préhistoriques qui ont planté des cailloux il y a très longtemps. Je risque pas d’attraper la maladie pour regarder un champ de cailloux qui ont poussé au cours des siècles. »

Le chevalier : « D’accord. Et l’éperon barré datant du Néolithique ? »

Max (sortant la tête de la poche) : « C’est quoi ça ? Je veux voir ! »

Léo : « Moi aussi ! »

81.3 03 La pointe de Lostmach

Max : « On voit même rien ! Il y a juste une ruine ! »

Le chevalier : « Attendez un peu… Voilà ! »

81.3 04 La pointe de Lostmach 81.3 05 La pointe de Lostmach

Max : « Il y a deux talus qui barrent l’éperon rocheux ! »

Léo : « Ben oui ! C’est un éperon barré 🙂 »

Max : « Et ça date de quand ? »

Léo : « Du Néolithique Maxou. Tu es tellement occupé à ronchonner que tu écoutes pas ce que dit le chevalier. »

Max : « Le Néolithique ? C’est quoi ça ? »

Le chevalier : « On appelle parfois le Néolithique l’âge de la pierre polie. Il succède au Paléolithique qui est l’âge de la pierre taillée. Les hommes préhistoriques avaient des techniques pour tailler les pierres avec d’autres pierres. Ils utilisaient le silex, l’obsidienne… Une période me plaît particulièrement en raison de la beauté de certaines pièces appelées feuilles de laurier. C’est la culture moustérienne (- 35 000 à – 10 000 ans). Regardez la beauté de ces pierres taillées ! »

Feuilles de laurier

Léo : « Rholala ! Qu’est ce qu’elles sont belles ! Quel travail ! Elles servaient à quoi ? »

Le chevalier : « Certains archéologues pensent qu’elles servaient de couteaux pour découper la viande et dépecer les animaux. Mais elles sont tellement fines qu’on ne peut les utiliser sans les casser. De ce fait d’autres archéologues supposent qu’elles n’avaient de rôle que symbolique. Elles montraient le savoir-faire de celui qui les avaient taillées. »

Léo : « Tout ce travail pour le prestige uniquement ! »

Max : « C’étaient des frimeurs les Moustériens ! »

Le chevalier : « Certainement Maxou 🙂 Revenons au Néolithique. »

Léo : « On voyage beaucoup dans le temps avec toi 🙂 »

Le chevalier : « Oui, j’aime bien voyager dans le temps 🙂 Vous savez que c’est au cours du Néolithique que les hommes se sont sédentarisés… »

Max : « Et qu’ils ont inventé l’élevage et l’agriculture… »

Le chevalier : « Oui 🙂 Mais aussi la poterie. Le Néolithique se termine avec l’âge des mégalithes. »

Léo : « On peut revenir aux talus ? Ils servaient à quoi ces talus ? »

Le chevalier : « Les scientifiques pensent qu’ils étaient surmontés de palissades en bois. »

Max : « C’était une protection alors. Les zoms préhistoriques allaient se réfugier sur l’éperon en cas de problème. »

Le chevalier : « C’est exact Maxou. Et l’usage de ce camp retranché s’est poursuivi au cours des siècles. Les romains y ont construit un oppidum. »

Max : « C’est quoi un oppidum ? »

Le chevalier : « C’est un lieu fortifié. »

Léo : « Et la ruine qu’on voit ? C’est quoi ? »

Le chevalier : « Une cabane des douanes, édifiée au 17ème siècle à l’emplacement d’une construction médiévale. »

Max : « Alors ça fait peut-être 3 000 ans qu’il y a ces talus ici ? Oulala ! Il faut en prendre soin alors ! »

Le chevalier : « Oui Maxou, il faut en prendre soin 🙂 »

Max : « Bonome, c’est quoi ça ? »

Le chevalier : « ??? »

Max : « Les petites boules de glace qui tombent du ciel ? C’est quoi ? Ça fait mal en plus ! Poche toi vite Léo. Le ciel nous tombe sur la tête ! »

Le chevalier : « C’est de la grêle Max. Tu ne connaissais pas ? »

Max : « Et je m’en passais très bien ! Bonome, on part d’ici ! Et en vitesse. Le vent, le froid, la pluie et maintenant la grêle ! LA NATURE VEUT PAS QU’ON AILLE À LOSTMARC’H ! TU VAS COMPRENDRE UN JOUR ? ON EST PAS LES BIENVENUS ICI ALORS ON S’EN VA ! »

Le chevalier : « Je crois que c’est plus sage, en effet. »

Max : « Ben oui ! Tu es déjà tout mouillé ! Allez, vite, à notre monture ! »

A peine quelques minutes plus tard…

Le chevalier : « La grêle s’est arrêtée ! »

Max : « On est mouillés ! On était dans ta poche et on est mouillés ! Tes pieds ont pas dû sécher depuis ce matin. Et tu es tout mouillé. »

Le chevalier : « Mon pantalon sèche plus vite qu’il se mouille 🙂 Regardez ce bel arc-en-ciel ! »

81.3 06 Un arc en ciel 81.3 07 Un arc en ciel

Léo : « Rhoooo ! C’est bôôôô ! »

Max : « Oulala oui ! Mais pourquoi il y a un arc-en-ciel ? Le Gros Livre que tu lis toujours dit que c’est un signe d’alliance. La nature nous l’offre pour se faire pardonner tu crois ? »

Le chevalier : « Se faire pardonner ? »

Max : « Ben oui ! Elle nous a chassés de Lostmarc’h ! C’est pas très gentil. Surtout qu’elle nous a même pas expliqué pourquoi. Alors, en échange, elle nous offre de la beauté. »

Le chevalier : « C’est une explication qui me plaît beaucoup 🙂 Et je ne savais pas que tu lisais mon Gros Livre. »

Max : « Des fois. Mais c’est un peu compliqué. Avec Léo, on comprend pas tout. Mais tu nous expliqueras ça dans la cabane. Pour le moment explique-nous plutôt l’arc-en-ciel. »

Léo : « Oui, l’arc-en-ciel 🙂 »

Le chevalier : « Un arc-en-ciel naît de la rencontre de la lumière et des gouttes d’eau. La lumière blanche est formée de plusieurs couleurs dans les mêmes proportions. On dit souvent qu’il y a sept couleurs mais c’est une simplification. »

Max : « Tu les connais ces sept couleurs ? »

Le chevalier : « Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange et rouge. Le mélange de ces couleurs, dans les mêmes proportions, donne la lumière blanche. Les gouttes d’eau provoquent la séparation des couleurs. »

Max : « Comment ? »

Le chevalier : « En termes simples je suppose ? »

Max : « Oui, s’il te plaît. »

Le chevalier : « Quand un rayon lumineux passe d’un milieu à un autre, sa course est déviée. »

Max : « D’accord jusque là. C’est simple. »

Le chevalier : « Les différentes couleurs sont déviées différemment en entrant dans les gouttes d’eau. Le rayon qui arrive blanc, parce que toutes les couleurs ont une trajectoire parallèle, ressort sous la forme d’un arc-en-ciel, parce que les différentes couleurs ont des trajectoires divergentes. »

Max : « Ça allait jusqu’à divergente. Mais j’ai compris quand même. Et toi Léo ? »

Léo : « Mmmmmm ? »

Max : « Tu écoutais pas les explications ? »

Léo : « Non, je regardais l’arc-en-ciel 🙂 Tu m’expliqueras quand on gravera ton blog 🙂 »

Max : « Si j’ai pas tout oublié ! Bon, il fait de nouveau beau. On fait quoi alors ? »

Le chevalier : « Inutile de retourner vers la Pointe de Lostmarc’h je suppose ? »

Max : « Tu veux que la nature se fâche contre nous ? Elle veut pas qu’on y aille alors on y va pas. Tu oublies Lostmarc’h et son volcanisme des temps anciens. Tant pis. »

Le chevalier : « Alors si nous allions voir les oiseaux de Kameled ? »

Léo : « Oh oui ! On pourrait retourner voir danser les bécasseaux ! »

Max : « Et tu les filmerais bien cette fois ! »

Le chevalier : « Entendu ! Mais j’aimerais m’arrêter un peu dans une taverne. »

Max : « Pour te caféiner ? »

Le chevalier : « Et me réchauffer 🙂 J’ai les pieds mouillés depuis ce matin. Je suis un peu fatigué aussi. Le séjour a été éprouvant. »

Léo : « Ben oui. On a beaucoup marché. »

Max : « Et tu pourras te faire sécher. Ta pelisse est trempée. Il y a pas que tes pieds. D’accord. On file à Kameled, tu te caféines et on va zoisoter. »

A la taverne de Kameled…

Max : « Tu te réchauffes bonome ? »

Le chevalier : « Oui, mais j’en ai assez d’avoir les pieds mouillés. »

Max : « On te l’avait dit bonome ! On te l’avait dit ! Mais tu as pas voulu nous écouter… »

Léo : « C’est plus trop grave maintenant. On va zoisoter un peu puis on rentre. Tu pourras te doucher et mettre des chaussettes sèches. »

Max : « Mouai… On voit la Tour Vauban d’ici. Tu sais toujours pas pourquoi le grand Vauban a construit une tour ici ? »

Le chevalier : « J’ai fait quelques recherches 🙂 »

Léo : « Chouette alors ! Tu vas nous raconter une belle histoire ! On t’écoute ! »

Le chevalier : « Alors allons à la fin du 17ème siècle. Louis XIV est en guerre contre la ligue d’Augsbourg qui regroupe les anglais et les hollandais, les espagnols, la Savoie et de nombreux princes du Saint Empire Romain Germanique. »

Max : « Les zoms font toujours la guerre. Quelque soit la période étudiée, c’est la guerre de machin contre bidule. Pfff, ils sont bêtes les zoms. »

Le chevalier : « Pas tous Max, mais malheureusement c’est vrai qu’il y toujours des guerres quelque part sur terre. »

Léo : « Ils sont pas malins les zoms, c’est vrai. Mais reprends ton histoire s’il te plaît chevalier. »

Le chevalier : « Quelques années avant cette guerre, Louis XIV avait confié à Vauban la charge d’inspecter la côte Atlantique et de prendre les dispositions nécessaires pour en assurer sa défense. Vauban vit alors que Kameled était un point stratégique pour la défense du Goulet de Brest. »

Léo : « C’est quoi le Goulet de Brest ? »

Le chevalier : « C’est le bras de mer qui sépare la presqu’île de Kraozon de la Pointe saint-Mathieu, au nord. Cette passe connaît de forts courants aux changements de marée et l’Anse de Kameled est un havre important sur la route de Brest. Il décida donc de la protéger par un ensemble de forts dont la Tour Vauban, le Fort de la Fraternité et le Fort de la Pointe du Toulinguet. Si je ne dis pas d’erreur, la tour Vauban fut construite vers 1692. »

Max : « Dis donc, il en a construit beaucoup des forts, le Grand Vauban. »

Le chevalier : « Des centaines peut-être… Tout le long de la frontière du royaume. »

Léo : « Et après ? Que s’est-il passé ? »

Le chevalier : « Louis XIV décida de déplacer la guerre vers le sud, en Méditerranée et en Espagne, pour la contraindre à signer la paix. Mais pour ce faire, il avait besoin de soldats. Il préleva ceux qui étaient en garnison à Brest. »

Léo : « Oulala ! Mais si les ennemis le savent, ils vont attaquer Brest alors ! Il y a plus des soldats ! »

Le chevalier : « Ils n’ont pas attaqué Brest directement mais Kameled ! Dans la soirée du 17 juin 1694, la flotte anglaise commandée par l’amiral John Berkeley est signalée en mer d’Iroise. Vauban est chargé d’assurer lui même la défense de la ville avec très peu de troupes. Le 18 juin, 200 chaloupes anglaises avec 1300 soldats anglais à leur bord débarquent sur la plage de Trez Rouz. »

Max : « On y est allés ! »

Le chevalier : « Oui Maxou mais je ne savais pas ce que signifiait le nom. »

Max : « Il veut dire quoi ? »

Le chevalier : « Sable rouge. La bataille fut extrêmement violente et les pertes anglaises très importantes. On dit que le sang coulait à flot et que tout le sable de la plage en était imprégné. »

Max : « Beurk ! Mais je comprends mieux le nom de la plage. »

Le chevalier : « Le nom des falaises proches de cette plage, où débarquèrent d’autres troupes, rappelle également la Bataille de Kameled. »

Max : « Quelle falaise ? »

Le chevalier : « Maro ar saozon. »

Max : « C’est du breton ? »

Léo : « Ça veut dire quoi ? »

Le chevalier : « La mort anglaise. »

Max : « On a vu ces falaises mais tu as pas voulu y aller. »

Léo : « Rholala ! Alors tous les noms de la région rappellent la Bataille de Kameled alors. »

Le chevalier : « Pas seulement. Vous vous souvenez de Lam Saoz ? »

Léo : « Oh oui ! C’était bien 🙂 »

Max : « Avec les ampélites à graptolites. On avait fossilé 🙂 »

Léo : « Et on y a vu les effets de la tectonique… »

Max : « Les écailles de schistes du Cosquer et le chevauchement des Grès Armoricains sur je sais plus quoi. »

Léo : « Et les plis très compliqués… »

Le chevalier : « C’est ça 🙂 Lam Saoz signifie le Pas des anglais, en mémoire d’un débarquement raté des anglais en 1404. »

Léo : « Et la Bataille de Kameled ? Qui l’a gagnée ? »

Le chevalier : « Les français. Ce fut une victoire pour Vauban. Sa seule victoire puisque ce fut son seul commandement militaire. »

Léo : « Rholala, tu racontes bien les histoires ! C’était bien 🙂 »

Max : « Ben oui, il est comme ça mon bonome. C’est pas juste un naturaliste à sacado. Il est aussi historien, troubadour… Allez bonome, une dernière anecdote et on va zoisoter. »

Le chevalier : « Une dernière anecdote ? »

Max : « Ben oui, tu dois en connaître des centaines ! Alors juste une, et on y va. »

Le chevalier : « 🙂 Une seule, d’accord. Vous souvenez-vous de la flèche de Notre-Dame de Rocamadour ? »

Max : « C’est l’église de Kameled ? »

Le chevalier : « Oui. »

Léo : « Je me souviens ! Elle a l’air cassée ! Ça m’a marqué. Je comprenais pas pourquoi. »

81.3 08 La flèche brisée

Le chevalier : « Quelle mémoire mon Léo ! La légende dit qu’elle a été brisée par un boulet tiré par un navire anglais et que la Vierge le renvoya sur le navire coupable qui coula. »

Max : « Elle est même pas vraie cette légende 🙁 »

Léo : « Pourquoi tu dis ça Max ? »

Max : « Parce que la Vierge aurait pas coulé un bateau et fait mourir des marins. »

Le chevalier : « J’aime beaucoup ta vision des choses mon petitours 🙂 »

Max : « Merci bonome 🙂 Tu es réchauffé ? On peut aller zoisoter ? »

Le chevalier : « Oui, je suis juste fatigué. Mais le terrain que nous allons explorer n’est pas très difficile. Si vous voulez bien, nous commencerons pas le port. »

Max : « On veut bien nous. »

Léo : « Tu as rendez-vous avec un zoiso ? »

Le chevalier : « J’aimerais bien qu’il soit là. Je l’ai juste aperçu l’an dernier. Mes fotos sont très moches. »

Léo : « C’est qui ce zoiso ? »

Le chevalier : « J’espère que vous le verrez… »

Autour du port de Kameled…

Max : « Tu scrutes bonome ? »

Le chevalier : « Mmmmm ? »

Max : « Tu l’as vu ! Je le vois à ton sourire ! »

Léo : « Il est où ? »

Max : « LÀ ! On dirait un grébou… »

81.3 09 Grèbe à cou noir 81.3 10 Grèbe à cou noir

Le chevalier : « C’est un gréba 🙂 »

Léo : « Un gréba ? »

Max : « C’est qui gréba ? On le connaît pas, nous. »

Le chevalier : « Un grèbe à cou noir, Podiceps nigricollis, Podicipédidés. Admirez-moi cet oiseau 🙂 »

81.3 11 Grèbe à cou noir 81.3 12 Grèbe à cou noir

Léo : « Rholala ! Il est venu au rendez-vous ! La chance ! »

Max : « Il ressemble beaucoup à grébou quand même. »

Léo : « Regarde ses yeux Max ! »

Max : « Ils sont tout rouges ! Oulala, qu’est ce qu’ils sont rouges ! »

Léo : « Tu as vu ? Il a des plumes jaunes toutes fines sur les joues. Qu’est ce qu’il est beau ce zoiso ! »

Le chevalier : « Mais, une fois de plus, mes fotos sont moches… »

Max : « Il se nourrit de quoi ? »

Le chevalier : « Insectes, crustacés, poissons… il plonge comme les autres grèbes. »

Léo : « Mais qu’est ce qu’il fait dans un port ? Et il a l’air tout seul. »

Le chevalier : « Je ne sais pas ce qu’il fait là. Il doit trouver de quoi se nourrir mais je ne sais pas où il peut dormir. Il doit pourtant avoir un nid quelque part. »

Max : « C’est un peut-être un migrateur qui fait une pause en chemin. »

Le chevalier : « Peut-être. »

Léo : « Il y en a qui nichent en France ? »

Le chevalier : « Environ 1 200 couples nicheurs. En hiver, il y a des migrateurs qui viennent augmenter les effectifs. »

Max : « Seulement 1 200 couples ! Ça fait pas beaucoup de zoisos, ça ! »

Léo : « Quelle chance on a d’en voir un ! Rhoooo ! »

Max : « Et toi, tu savais qu’il serait là. »

Le chevalier : « Je l’espérais, en effet, puisque j’en avais vu un l’an dernier. »

Léo : « Rholala ! Un grèbe à cou noir ! »

Max : « Il s’éloigne. Zutalor ! »

Léo : « Max, il est venu nous voir ! Arrête un peu de ronchonner. Bonome, donne lui du chocolat ! »

Max : « Bonne idée, ça ! »

Le chevalier : « Allons plutôt voir les bécasseaux 🙂 »

Léo : « Il y a des zoisos sur l’estran du port ! On peut aller les voir ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo. »

81.3 13 Grands gravelots 81.3 14 Grand gravelot
81.3 15 Grand gravelot 81.3 16 Grand gravelot

Léo : « Alors… Ce sont des grands gravelots, Charadrius hiaticulata, Charadriidés… »

Léo : « Celui de la troisième foto doit être un juvénile. Parce qu’il a pas tout à fait les bonnes couleurs, et son bec a pas du orange. »

81.3 17 Grand gravelot et tournepierre

Léo : « Et là, avec le grand gravelot juvénile il y a un tournepierre à collier, Arenaria interpres. Mais je sais jamais si c’est un Charadriidé ou un Scolopacidé. Tu sais toi, Maxou ? »

Max : « C’est un Scolopacidé. »

Léo : « Merci Maxou. »

Max : « Allez, venez voir les bécasseaux. Tu les filmeras bien cette fois s’il te plaît. J’aime bien les voir danser dans les vagues qui viennent mourir sur l’estran. »

Le chevalier : « Je vais faire de mon mieux. Je tacherai de faire des films plus longs que les précédents. »

Max : « Merci bonome. »

Léo : « Ils sont là ! Regardez-les ! »

81.3 18 Bécasseaux sanderlings 81.3 19 Bécasseaux sanderlings

Le chevalier : « Descendons sur l’estran, nous les verrons mieux. »

Max : « Descends pas là bonome. Il y a un accès plus facile plus loin. Il n’y a que quelques mètres à faire. »

Il aurait pas dû descendre là. C’était pas raisonnable. Il était trop fatigué. Il a fait une petite erreur en descendant. Une toute petite erreur… C’est un peu ma faute. Il avait tellement envie de filmer les bécasseaux pour moi, pour me faire plaisir. Et maintenant il est tout cassé. Mon pauvre petit bonome…

Continuer la promenade

81.2 – Dinan

Vendredi 4 Mars, An III (Suite)

Le chevalier : « Mes petizours ! Nous sommes arrivés ! »

Max : « On est au Kastell ? »

Le chevalier : « Non, je me suis arrêté un peu avant. »

81.2 0 1 Anse de Kerguillé

Léo : « Il y a des korrigans ? »

Le chevalier : « Nous verrons bien mon Léo 🙂 »

Max : « On va se balader un peu avant d’aller au Kastell, c’est ça ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « On va tourister, comme ça, en sifflotant, les mains dans les poches 🙂 »

Léo : « Profiter du paysage… »

81.2 02 Le chemin qui descend 81.2 03 Encore le chemin

Max : « Bonome, il y a un chemin qui descend vers l’estran et il y a des falaises. On pourrait peut-être descendre voir 🙂 »

Léo : « Peut-être qu’on pourrait faire la géologie 🙂 »

Le chevalier : « Vous voulez aller voir ? »

Max : « Ben, il faut qu’on aille inspecter. »

Léo : « C’est notre mission d’aller inspecter. »

Max : « C’est un ordre de Princesse. »

Léo : « Tu voudrais pas désobéir à Princesse quand même ? »

Le chevalier : « Je ne voudrais surtout pas décevoir mes petizours géologues. Allons voir. Même s’il y a des cailloux tout cassés et glissants 🙂 »

Max : « J’assume les risques bonome. Sinon, il faut qu’on se mette au tricot 🙂 »

Le chevalier : « Oui, d’accord… et tu ne peux pas te mettre au tricot puisque tu n’as pas de doigts. »

Max : « Ça c’est pas gentil ! Me rappeler que j’ai pas de doigts 🙁 »

Le chevalier : « Je te demande pardon Maxou, c’était maladroit de ma part. »

Léo : « Chevalier, tu veux bien nous montrer la carte, pour voir où on est, et les roches qu’on va rencontrer ?»

Le chevalier : « Bien sûr, regardez. »

81.2 04 La carte

Léo : « Tu peux rappeler la légende s’il te plaît ? »

Max : « Le jaune, c’est les Grès Armoricains ! »

Le chevalier : « En gris ce sont les Grès de Landévennec du Gédinien, et en gris bleuté est représentée la Formation de Kerguillé… »

Léo : « Ça c’est le Silurien ! On l’a vu à la falaise de l’Aber. C’était tout plié. »

Max : « Tu comprends rien du tout à la Formation de Kerguillé. Pfff… »

Le chevalier : « La formation de Kerguillé comprend également les roches que nous avons observées à Lam Saoz et je ne m’en suis pas trop mal sorti il me semble. »

Max : « Mouai… Peut-être… »

Léo : « Dis chevalier, les triangles noirs, c’est un chevauchement ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Ici aussi les Grès Armoricains chevauchent. »

Léo : « On va le voir ce chevauchement ? »

Le chevalier : « Regardons un peu… »

81.2 05 L'estran

Max : « On voit rien du tout 🙁 »

Léo : « Max, arrête de ronchonner. Le chevalier t’a demandé pardon. Tu vas pas râler tout le reste de la journée. Moi non plus j’ai pas de doigts ! Et alors ? »

Max : « N’empêche qu’on voit rien du tout ! »

Léo : « Si ! Si tu regardes bien, tu verras que la végétation change. Et en plus, les grès armoricains dépassent pas partout. »

Max : « Mais on voit pas comme à Lam Saoz ! »

Léo : « C’est vrai… »

Max : « Bonome, c’est quoi les galets soudés sur l’estran ? On peut aller voir ? »

Le chevalier : « Allons-y… »

81.2 06 Le poudingue 81.2 07 Le poudingue

Max : « Mais… Il y en a partout ! Même qu’il y en a qui sont collés à la falaise ! Regarde ! »

Léo : « Et pourquoi il y a des zones rouges ? »

Max : « Viens Léo, on va voir de près. »

81.2 08 Le poudingue 81.2 09 Le poudingue

Max : « Bonome, ce sont des galets arrondis cimentés entre eux. Tu as pas dit que c’était un pudding ? »

Léo : « Maxou, je crois pas qu’il ait dit pudding. Le pudding c’est un gâteau anglais 🙂 »

Max : « Un gâteau au chocolat ? »

Léo : « Je sais pas, moi. Peut-être qu’il existe des puddings au chocolat. Mais tu peux arrêter de penser au chocolat de temps en temps ? »

Max : « Tu aimes pas le chocolat, toi ? »

Léo : « Ben si ! Mais j’y pense pas tout le temps ! Chevalier, c’est quoi le vrai mot ? »

Le chevalier : « Un poudingue. C’est effectivement un poudingue. »

Max : « Tu as dit que les poudingues se trouvaient souvent à la base d’une transgression. Elle est où la transgression ? »

Le chevalier : « J’ai dit souvent. Pas toujours. Reprenons. Les galets sont arrondis, ce qui montre qu’ils ont été roulés par la mer. Et ils sont cimentés dans une argile riche en fer. »

Léo : « Donc la mer est remontée, elle a roulé les galets qui se sont usés en galets arrondis, puis la mer a continué de monter et de l’argile s’est déposée. Les galets ont continué à bouger à cause des vagues et ils ont été pris dans l’argile. »

Le chevalier : « C’est un bon résumé 🙂 »

Max : « Il résume toujours bien Léo 🙂 »

Léo : « Arrêtez, je vais vous croire 🙂 Si j’ai bon, c’est que la mer a transgressé. »

Le chevalier : « Oui, mais ensuite elle est repartie. »

Max : « Il date de quand ce poudingue ? »

Le chevalier : « 100 000 ans environ. »

Max : « Il est tout jeune alors ! »

Léo : « Et pourquoi il y a du rouge ? »

Le chevalier : « J’ai dit que les galets étaient soudés par une argile riche en fer. »

Max : « Et le fer a rouillé ! C’est pour ça que c’est rouge ! »

Le chevalier : « Bravo Maxou ! »

Léo : « Il remonte très haut ce poudingue. »

Le chevalier : « Environ 4 mètres 50 au dessus du niveau actuel de la mer, soit 3 mètres au-dessus des plus hautes marées. »

Léo : « Rholala… Elle était beaucoup montée la mer il y a 100 000 ans. »

Max : « C’est parce que les calottes polaires ont fondu ? »

Le chevalier : « Je pense, oui. »

Max : « D’accord. On connaît le poudingue maintenant. On va observer les falaises ? »

Léo : « Ben oui, on est là pour ça 🙂 »

81.2 10 La falaise 81.2 11 La falaise

Max : « Ce sont des schistes et des grès. »

Léo : « Ici, en Bretagne, c’est toujours des schistes et des grès 🙂 »

Max : « Mais des fois il y a des failles. »

Léo : « Et des chevauchements 🙂 »

Max : « Ils se sont déposés quand, les sédiments de la Formation de Kerguillé déjà ? »

Léo : « Ben, tu sais bien Max, au Silurien ! »

Max : « C’est quand l’océan Centralien se refermait, c’est ça ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

81.2 12 Les petizours

Léo : « Tu as l’air contrarié Maxou… »

Max : « Oui, il y a quelque chose que je comprends pas. »

Léo : « Demande au chevalier alors 🙂 »

Max : « Bonome, comment ça fait pour se refermer un océan ? Il va où le fond de l’océan ? »

Le chevalier : « Bonne question Max 🙂 Mais encore une fois je ne vais pas travailler dans l’ordre. »

Max : « On s’en fiche ! »

Léo : « Pourquoi tu dis que tu vas pas travailler dans l’ordre ? »

Le chevalier : « Parce que, en général, on décrit l’ouverture de l’océan avant sa fermeture 🙂 »

Max : « Mais on s’en fiche de l’ordre ! Je veux savoir comment se ferme un océan. Parce que là, on est au Silurien, et l’océan se ferme. Et je veux savoir comment c’est possible. »

Le chevalier : « C’est la subduction Maxou. »

Max : « Bien sûr, la subduction. Encore du grékancien… Pourquoi je lui pose encore des question moi Qu’est ce que j’espère ? Une réponse simple ? J’espère encore qu’il me réponde en une seule phrase que tout le monde peut comprendre ? Je le connais pourtant… »

Le chevalier : « Erreur mon petitours ! Ce n’est pas du grékancien mais du latin ancien 🙂 Sub-ducere : conduire dessous. »

Max : « Tu conduis dessous si tu veux, mais tu m’expliques la fermeture de l’océan s’il te plaît. »

Le chevalier : « J’ai commencé 🙂 Bon, vous connaissez l’image du globe actuel. Prenons un bel océan, symétrique, relativement jeune : l’océan Atlantique. »

Max : « Ça tombe bien, il est pas loin 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Ses bordures… »

Max : « Ses marges bonome, ses marges. »

Le chevalier : « Ses marges sont dites passives. Il ne s’y passe rien : ni volcan, ni séisme. On passe tranquillement de la croûte continentale à la croûte océanique. »

Léo : « Tu as un schéma s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je vais vous trouver ça… 

Marge passive

Le chevalier : « Vous voyez que la transition entre les deux croûtes est assurée par une série de blocs basculés. Nous verrons leur formation un autre jour. Vous savez que la croûte continentale est essentiellement granitique alors que la croûte océanique est constituée de basaltes. »

Léo : « Ils se mettent en place par des éruptions sous-marines ? »

Le chevalier : « Oui, le long des plus longues montagnes de la planète ! Ce sont les dorsales océaniques. On pourrait dire la dorsale puisque toutes les dorsales sont en continuité les unes avec les autres. Je crois que l’ensemble fait 80 000 km de long. »

Cartes des dorsales océaniques

Léo : « Rholala ! 80 000 km de volcans alignés ! »

Max : « Au fond des océans ? »

Le chevalier : « Oui, enfin, la dorsale fait en générale 2 500 mètres d’altitude. Pour votre culture sachez que la profondeur moyenne d’un océan est d’environ 4,5 km. »

Léo : « C’est pas très profond en fait ! »

Max : « Non mais je suis pas sûr que tu arrives à toucher le fond en apnée 🙂 »

Léo : « Ben non alors ! Surtout que je sais même pas nager 🙂 »

Max : « Donc les dorsales sont sous l’eau et elles créent des fonds océaniques. Mais c’est pas ça que je veux savoir. Tu nous expliqueras un autre jour. »

Le chevalier : « Oui oui. Les basaltes sont plus denses que les granites. Et vous savez que d’immenses quantités de sédiments se déposent sur les fonds des océans. Il arrive un jour que la croûte océanique soit trop lourde au niveau de la marge. D’autant plus que sa densité augmente du fait de son refroidissement. »

Max : « Comment ça ? »

Le chevalier : « Quand le basalte se met en place, il est forcément très chaud. »

Léo : « Tu as dit environ 1200°C ! »

Max : « Ah ben oui, c’est très chaud alors. »

Le chevalier : « Il refroidit avec le temps. Mais en se refroidissant, il se contracte et sa densité augmente. Et un jour, la marge craque, la croûte océanique se détache de la croûte continentale et commence à s’enfoncer. »

Max : « Oulala ! Mais si la dorsale produit encore du basalte tout loin là-bas, au milieu de l’océan, quand la croûte océanique pousse, elle s’enfonce sous le continent alors ! »

Le chevalier : « Elle est conduite dessous : elle subducte ! »

Léo : « Mais c’est tout solide sous un continent ! Ça s’enfonce quand même ? »

Le chevalier : « Oui, le phénomène est lent et irrégulier. Les contraintes s’accumulent parfois pendant des siècles, sans aucun mouvement, puis se libèrent brutalement. »

Max : « Et ça fait un tremblement de terre ! Oulala ! »

Léo : « Elle est plus passive alors la marge ! »

Le chevalier : « Non, on parle de marge active. »

Marge active

Max : « Il y en a où des marges actives de nos jours ? »

Le chevalier : « Un tout petit morceau dans l’Atlantique : aux Antilles. Et tout autour de l’océan Pacifique. »

Léo : « Les Antilles ? Le tour du Pacifique ? Il y a des volcans là. »

Max : « C’est vrai ça bonome. Pourquoi ? »

Le chevalier : « En plongeant, la croûte océanique s’échauffe. Je vous rappelle que la température augmente avec la profondeur. Arrivée à une certaine profondeur, qui correspond à l’isotherme 1300°C, la fusion commence. »

Léo : « C’est quoi isotherme ? »

Max : « C’est du grékancien. Ça veut dire même température. »

Le chevalier : « Tu parles grékancien Maxou ? 🙂 On devrait dire ligne isotherme. C’est une ligne imaginaire qui relie tous les points qui ont la même température. »

Léo : « D’accord. Alors à une certaine profondeur, qui correspond à la température de 1300°C, la croûte océanique qui subducte commence à fondre. »

Max : « C’est rigolo d’exprimer une profondeur en °C 🙂 Bonome, qui dit fusion, dit magma. »

Léo : « Et donc volcans ! Parce que le magma remonte et quand il arrive à la surface, il fait un volcan. »

Marge active

Max : « Mais on a pas vu des volcans du Silurien. Et les volcans que tu nous as montrés correspondent à la distension, à la création de la petite mer épicontinentale puis de l’océan Centralien. Ils sont où les volcans de la subduction du Silurien ? »

Le chevalier : « Au Gondwana 🙂 »

Max : « Ah oui 🙁 Et nous, on est en Armorica. On va pas les voir alors ? »

Le chevalier : « Ben non. »

Max : « Pas grave. On ira au Gondwana une autre fois. Bon, la croûte océanique se détache de la marge. Elle est conduite dessous, fond, donne des magmas qui remontent. Il y a des volcans… Ça, c’est le début de l’histoire. Tu peux redonner des exemples actuels s’il te plaît ? »

Léo : « Les Antilles ! »

Max : « Mais je sais ! D’autres exemples… »

Le chevalier : « Le Japon. L’archipel japonais est un très bel exemple d’arc insulaire lié à une subduction. »

Max : « Arc insulaire ? Tu t’es fait un arc avec des îles ? »

Le chevalier : « 😀 Un énoooorme arc alors ! Mes petizours, regardez attentivement les Antilles ou le Japon et vous verrez qu’il forment une courbe, un arc. C’est toujours comme ça avec la subduction. »

Max : « Dacordacordacor… Mais ça va pas du tout ça ! Il a quel âge l’océan Atlantique ? »

Le chevalier : « Tout dépend du secteur étudié. Il me semble que les secteurs les plus anciens datent de la fin du Jurassique, le reste s’est ouvert au cours du Crétacé. »

Max : « C’est bien ce que je pensais. Il est très vieux l’océan Atlantique, pas autant que toi, mais très vieux quand même. Il a plus de 65 millions d’années. Peut-être 150 par endroits. L’océan Centralien, il était pas vieux comme ça. Ses marges ont pas pu se détacher à cause de leur âge. Alors, qu’est ce que tu réponds à ça ? »

Le chevalier : « Que tu es très attentif, que tu connais bien le dossier et qu’aucun détail ne t’échappe ! »

Max : « N’essaie pas de me flatter bonome. Réponds à ma question ! »

Le chevalier : « Il faut déjà que le fonctionnement de la dorsale cesse. Puis, plus au nord, une autre dorsale fonctionne. Elle crée de la croûte océanique qui pousse du nord vers le sud. Cette poussée arrive jusqu’à Armorica, l’océan Centralien et le Gondwana. »

Léo : « C’est l’ouverture d’un autre océan, à des milliers de kilomètres de là, qui provoque la disparition de l’océan Centralien ? »

Le chevalier : « On peut le dire comme ça 🙂 »

Max : « Et c’est qui cet océan s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Paléo-Téthys. Vous avez compris que les continents se déplacent, se soudent, se séparent… »

Max : « C’est la valse des continents 🙂 »

Le chevalier : « Oui 🙂 Au début de l’ère primaire, le Paléozoïque, les continents n’en formaient qu’un seul. »

Léo : « Tu as dit que c’était un peu avant, au Protérozoïque supérieur. Et ce continent s’appelait Rodinia. »

Le chevalier : « Oui mon Léo. A la fin du Paléozoïque ils n’en formeront de nouveau plus qu’un : la Pangée. Et ce super-continent sera entouré d’un océan unique appelé Téthys. »

Max : « D’accord. Heureusement qu’on est assis… Une dernière question : la croûte océanique, elle a plongé par là ou par là-bas ? »

Le chevalier : « Souvenez-vous : Armorica est bordé au Nord par l’océan Rhéique qui la sépare d’Avalonia et, au sud, par l’océan Centralien qui la sépare du Gondwana. »

Léo : « On se souvient 🙂 »

Le chevalier : « A la fin de la subduction, une croûte océanique plongeait sous le Gondwana et une autre sous Avalonia. »

Max : « Bonome, à la fin de la subduction, les trois continents ont fait la collision : Poum ! Et il y a eu les montagnes, le Massif Armoricain et tout ça. »

Le chevalier : « Poum les montagnes ! Oui mon petitours 🙂 Ai-je répondu à ta question ? »

Max : « Oui oui. Mais il faut pas faire d’interro tout de suite ! Il va falloir que je révise et que je me fasse des schémas… »

Léo : « Rholala ! Elle était bien ta question Maxou 🙂 »

Max : « Tu as tout compris ? Sinon bonome peut recommencer ses explications. »

Léo : « Non, pas la peine, j’ai compris. Mais moi aussi il va falloir que je révise. Parce que c’est quand même un peu compliqué la géologie.  »

Max : « Et toi tu connais tout ça ? On vient ici et tu connais tout. Et si on allait là-bas, ailleurs, tu connaîtrais tout aussi ? »

Le chevalier : « Tout dépend du ailleurs Maxou 🙂 »

Max : « Mouai… Mais c’est pas dur pour toi : tu as vu tout ça de tes propres yeux au cours de ta jeunesse 🙂 »

Le chevalier : « Ben oui 🙂 J’étais tout jeune à l’époque 🙂 »

Max : « Ouiiiii 🙂 Bon, on va observer les falaises ? Il y a peut-être des korrigans… »

 

81.2 14 Schistes et grès 81.2 15 Schistes et grès
81.2 13 La beauté Léo : « Regarde Maxou comme c’est beau les alternances de fines couches de schistes et de grès. »

Max : « Ben oui, c’est beau la nature. C’est pas que des cailloux et des bêtes. Là, les couches font quelques millimètres mais plus loin, elles font plusieurs dizaines de centimètres. »

Léo : « Et là, il y a des plis bizarres ! »

81.2 16 Un pli 81.2 17 Le même pli

Max : « C’est à cause de la tectonique. Elle passe son temps à tout plier la tectonique. Elle fait des failles, des plis, des chevauchements… exprès pour qu’après on comprenne plus rien du tout à cause que c’est tout compliqué. »

Léo : « Max, elle fait pas exprès pour nous embêter. Elle fait son travail de tectonique. Il faut bien qu’elle le fasse. Sinon, elle se ferait gronder. Tu as vu ? Il y a des morceaux de placages de poudingue sur la falaise. »

Max : « Heureusement qu’on est pas venus 100 000 ans plus tôt. On aurait rien vu du tout sinon. Oulala ! »

Léo : « Ben non, il y avait la mer. Et la plage… »

Max : « C’était pas une plage. C’était un estran plein de galets. »

Léo : « Comme maintenant mais en plus haut 🙂 Regarde Maxou comme il est beau ce pli. »

Max : « Ben oui, mais il est compliqué aussi. Tu as vu en bas, vers la droite ? »

81.2 18 Un autre pli

Léo : « Et dire qu’au départ ce sont des sédiments qui se sont déposés au fond de la mer… »

Max : « A l’horizontale… Bonome, on peut faire une pause ? On pourrait s’asseoir sur un rocher et regarder la mer. S’il te plaît 🙂 »

Le chevalier : « Si Léo est d’accord. »

Léo : « Oh ben oui alors ! C’est pas tous les jours qu’on voit des beaux paysages comme ça ! »

81.2 19 La pause 81.2 20 La pause

Max : « Ça te plaît bonome ? … Bonome ? Tu es encore plongé dans tes pensées ! Tu nous raconteras un jour ? »

Léo : « Max laisse-le un peu en paix ! Tu es encore indiscret je crois. »

Max : « Et voilà ! Max l’indiscret ! C’est parce qu’un jour il va plus en revenir de ses pensées. Il va rester dans sa tête, comme ça… Et il nous parlera plus jamais. »

Léo : « Tu crois ? »

Max : « Je suis pas sûr. Mais je préfère pas expériencer. Je saurais pas comment aller le rechercher si il restait dans sa tête… après il serait tout sauvage. Et je l’aime bien mon bonome. Je m’y suis habitué moi. »

Le chevalier : « Tu sais que je t’entends Maxou ? »

Max : « Oui ben, je l’aime bien, c’est une façon de parler… J’ai passé du temps à te dresser et je veux pas perdre mon investissement. »

Le chevalier : « C’est bien ce que je me disais 🙂 »

Léo : « C’est pas aussi bien qu’au Veryarch ici. »

Le chevalier : « C’est difficile de trouver un site aussi majestueux et intéressant que le Veryarch et Lam saoz, c’est vrai. »

Max : « Bon, on va au Kastell maintenant ? »

Léo : « Oui, on y va ! … Oh ! Regardez ! Il y a un beau pli en serpent. Tu veux bien le fotoer chevalier ? Et après je me mettrai dessus pour donner l’échelle et tu fotoeras encore. Merci chevalier 🙂 »

81.2 21 Un pli en serpent 81.2 22 Avec Léo

Max : « Tu as vu bonome ? Léo a fait l’escalade pour aller sur le pli ! Il voulait pas en faire le premier jour mais là, il a tout escaladé. Il est doué. Tu trouves pas ? »

Le chevalier : « Il grimpe mieux que toi 🙂 »

Max : « Mais non ! Il est doué, mais pas à ce point 🙂 Bon, ben tu vas devoir remonter là-haut maintenant. Nous, on va pocher. »

Le chevalier : « Vous ne cheminez pas à mes côtés ? »

Max : « Non, on devrait t’attendre tout le temps 🙂 »

Le chevalier : « Je comprends 🙂 Pochez-vous alors. »

81.2 23 La remontée 81.2 24 La remontée

Max : « Dis bonome, tu as vu la végétation ? Elle est très basse. Il y a pas des grands végétos. »

Le chevalier : « C’est une lande très rase, constituée surtout de bruyères. »

Max : « C’est à cause des embruns ? Les autres végétos arrivent pas à pousser ? C’est ça ? »

Le chevalier : « C’est ça, oui. »

Léo : « Et elle fait des fleurs au printemps la bruyère ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Léo : « Ça doit être très beau au printemps, avec le ciel bleu et toutes les fleurs. Mais c’est bien l’hiver aussi. »

Le chevalier : « Voilà, nous sommes revenus au sommet. Admirez cette vue… »

81.2 25 L'anse de Kerguillé

Léo : « Rholala… La chance… »

Max : « Oui, on a de la chance que tu nous emmènes dans des endroits magnifiques. Merci mon bonome. »

Le chevalier : « Je vous remercie également. »

Max : « Pour quoi ? »

Le chevalier : « Vous m’accompagnez partout… »

Max : « Oui, et il nous en faut du courage pour te supporter, écouter tes interminables exposés soporifiques et observer des cailloux en faisant semblant d’apprécier. Mais bon, comme ça, de temps en temps, on gagne du chocolat 🙂 »

Léo : « Bon, on va au Kastell ? Il faut aller dire au-revoir aux korrigans. »

Max : « Pourquoi dire au-revoir ? »

Léo : « Max, tu sais bien, c’est notre dernier jour en Bretagne. Demain on repart dans notre cabane. »

Max : « Oh, zutalor ! On est bien ici bonome. Tu veux pas qu’on s’installe quelque part ? On pourrait construire une cabane en rondins dans une forêt. Ou alors trouver une belle grotte. Et puis on resterait en Bretagne, avec la mer, le vent, les zoisos… Et puis Tante Yvonne. »

Le chevalier : « Ce n’est pas possible pour le moment Max. Mais peut-être un jour… J’y pense de plus en plus… »

Max : « On irait jouer avec les korrigans et tu pourrais manger d’énoooormes galettes de sarrasin tous les jours. Et on verrait de beaux zoisos, n’est-ce pas Léo ? »

Léo : « Tu veux qu’on devienne bretons ? Pourquoi pas… Mais tu n’as pas peur que le chevalier retourne à l’état sauvage dans cet environnement ? »

Max : « On le surveillerait bien… Allez bonome, on s’installe en Bretagne ! »

Léo : « Laisse-le Max. Il va y réfléchir. »

Le chevalier : « Nous sommes arrivés. Enfin presque… »

81.2 26 Vers le Cap de la Chèvre 81.2 27 Les Tas de Pois

Max : « A gauche, presque vers le sud, c’est vers le Cap de la Chèvre. On y est allés déjà. Et à droite, direction Ouest-Nord-Ouest, il y a les Tas de Pois. On y est allés aussi 🙂 »

Léo : « J’y retournais bien quand même 🙂 »

Le chevalier : « Refaites-vous une beauté, je vais vous fotoer. »

Max : « Pas besoin bonome ! On est toujours beaux ! »

81.2 28 Max 81.2 29 Léo

Le chevalier : « Regardez vers le sud. Peut-être apercevez-vous une grande plage. C’est la grande plage de Lostmarc’h. Juste avant, il y a quelques éperons rocheux. C’est là que nous irons tout à l’heure. »

81.2 30 Vue de Lostmach 81.2 31 Encore les Tas de Pois

Max : « On a encore le temps. La mer est pas encore assez basse… »

Léo : « De l’autre côté on voit encore les Tas de Pois. »

Le chevalier : « Et là, le Kastell commence à apparaître. »

81.2 32 Le Kastell 81.2 33 L'arche

Max : « Oulala ! On voit l’arche ! »

Léo : « Rhoooo… »

Max : « On va passer sur l’arche ? »

Le chevalier : « Non Maxou, ce ne serait pas prudent. Le vent souffle trop fort. »

Max : « Zutalor ! Tu veux pas lui demander de se calmer le temps qu’on passe ? »

Le chevalier : « Non, il doit faire son travail de vent. Et tu sais bien que je n’aime pas les privilèges. Je ne lui demanderai pas. »

81.2 34 Le Kastell 81.2 35 Le Kastell et son arche

Léo : « Il y a plein des korrigans ! Ils grimpent le long des parois ! Qu’est ce qu’ils sont agiles ! »

Max : « C’est pas la peine de fotoer bonome, on les verrait pas sur les fotos 🙁 »

Léo : « Ils ont l’air surpris qu’on les voit. »

Le chevalier : « C’est que, normalement, les zoms ne les voient pas. »

Léo : « Mais toi, tu les vois ? »

Max : « Évidemment ! Il était korrigan autrefois ! Ses oreilles l’attestent 🙂 Allez bonome, on y va. Ils veulent nous voir. »

Le chevalier : « Non Maxou. Ils nous observent mais nous les dérangerions en allant sur le Kastell. Peut-être auraient-ils peur… Vous avez déjà beaucoup de chance qu’ils vous laissent les voir. »

Léo : « Tu veux bien les remercier pour nous s’il te plaît. »

Le chevalier : « Tu peux leur parler Léo. Ils t’entendront. »

Léo : « C’est que je sais pas quoi dire. Je parle pas bien comme toi. Je voudrais juste leur dire merci d’avoir veillé sur toi. Grâce à eux, je me sentais plus en sécurité dans tous ces endroits isolés, aux pieds de falaises. Et puis, je voudrais leur dire que je suis désolé que les zoms salissent tout et les embêtent. Voilà. Merci à vous les korrigans. »

Max : « Ils nous font des signes de la main 🙂 Ils t’ont entendu Léo. C’est comme ça quand on parle avec son cœur. Je crois qu’ils se souviendront longtemps du grand chevalier et de ses deux petizours. »

Léo : « Moi aussi je me souviendrai d’eux. »

Max : « Ben Léo, tu as les larmes aux yeux. »

Léo : « Oui… J’ai l’air bête non ? »

Max : « Non mon Léo. Ce sont tes amis les korrigans et tu es triste de les quitter. C’est normal. Il faut pas te trouver bête. Et puis, on est pas encore partis. Tu vas les voir encore un peu. Dis donc bonome, tu pourrais faire un câlin à ton petit Léo. Il est tout triste. »

Le chevalier : « Viens ici mon Léo. »

Max : « Et moi ? »

Le chevalier : « Viens aussi Maxou. »

Max et Léo : « Rrrroooonnnn rrrroooonnnn… »

Max : « Allez viens mon Léo, on continue la promenade. »

Léo : « Oui, je viens. Merci Maxou 🙂 »

81.2 36 Un gros lézard

Max : « Regarde bonome, on dirait un gros lézard ce rocher. Il y a la tête et la patte. Et puis son corps… C’est un trèèèès gros lézard, oulala ! »

Léo : « Tu as beaucoup d’imagination Maxou. »

Max : « Tu vois pas un gros lézard toi ? »

Léo : « Si si, bien sûr 🙂 Toi aussi chevalier, n’est ce pas ? »

Le chevalier : « Oh oui 🙂 Quel beau lézard ! »

Max : « Vous seriez pas en train de vous moquer de moi par hasard ? »

Léo : « Mais non, mon Maxou, mais non 🙂 On oserait pas 🙂 Je te laisse à ton groooos lézard. Moi, j’observe le goéland marin qui plane sur le vent. »


81.2 37 Le goéland marin
81.2 38 Le goéland marin 81.2 39 Le goéland marin

Max : « Larus marinus ? »

Léo : « Ben oui, Larus marinus. Un goéland marin. »

Max : « C’est beau les Laridés. Il y a plein de vent et ils s’en fichent. Il planent, comme ça, tranquillement… »

Léo : « Ben oui. C’est pour ça que j’aime les Laridés. Ils sont très impressionnants dans le vent. Nous, on tombe pendant que eux surfent sur les bourrasques. »

81.2 40 Un beau paysage

Max : « Bonome, c’est beau là-bas. On va y aller ? »

Le chevalier : « Nous allons avancer un peu… »

Léo : « Rhoooo la chance. On voit vraiment des beaux paysages 🙂 »

Max : « Le problème quand on touriste pour regarder les paysages, c’est que je sais pas quoi dire quand je grave mon blog : ‘Alors là, c’est un paysage. Et puis là c’est un beau paysage. Rholala qu’est ce qu’il est beau ! La chance ! Rhoooo ! Et puis là c’est encore un autre beau paysage. Rholala ! »

Le chevalier : « Tu n’as jamais envisagé de ne rien dire ? »

Max : « Je grave un blog sans parole ? Juste des fotos ? Non non. Je dois informer Princesse moi. »

Léo : « Alors explique ce qu’on voit ! On connaît tout ici. »

Max : « On connaît tout ? Tu es sûr de toi ? »

Léo : « Ben oui, presque. Chevalier, tu me corriges si je dis des erreurs s’il te plaît. En face, et je fais de droite à gauche, c’est la grande plage de Kersiguénou. C’est là qu’on a vu des bécasseaux sanderlings et qu’on a ramassé des zoursins. Si le chevalier zoome fort, on verra la barre de schistes zébrés briovériens. »

Max : « Tu entends bonome ? Zoome fort s’il te plaît. »

81.2 41 Kersiguénou 81.2 42 La barre de schistes zébrés

Max : « Oulala Léo, tu connais bien la Bretagne toi ! »

Léo : « Ben, je ronchonne un peu moins que toi et j’écoute attentivement ce que nous dit le chevalier. Pour t’aider à graver ton blog après 🙂 J’aime bien quand on grave tous les deux. »

Le chevalier : « C’est une occasion supplémentaire de chahuter 🙂 »

Max : « Pfff… On te néglige. Continue Léo. »

81.2 45 Les grès armoricains de Kerloch 81.2 44 La plage de Kerloch 81.2 43 La falaise de grès armoricains

Léo : « Ben après, c’est la grande falaise de grès armoricains. C’est là qu’on a vu nos premiers korrigans. Ils étaient tellement curieux de nous voir qu’ils se sont découverts. Et puis après, c’est la plage de Kerloch. Il y avait des Laridés 🙂 »

Max : « Et après c’est encore les grès armoricains, là où on a observé les Schistes et Grès du Gador. Mais c’était pas terrible. On a jumélé le Kastell. Dis bonome, tu peux montrer la carte s’il te plaît ? »

81.2 46 Carte

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Max : « Oulala, c’est compliqué ! Mais si on regarde bien, on voit que l’Anse de Dinan est creusé dans les schistes briovériens. Mais c’est normal. Tu as dit que les anses et les baies étaient souvent creusées dans les roches tendres et que les caps correspondaient à des roches dures. Là, la baie est encadrée par deux pointes de grès armoricains. Vous avez vu ? Les schistes briovériens (en vert) sont décalés par une grande faille. Tu connais cette faille bonome ? »

Le chevalier : « Vous aussi 🙂 Nous l’avons vue sans la regarder. »

Max : « Où ça ? »

Le chevalier : « Quand nous sommes allés à Port Zic. Elle délimite les falaises de grès sous lesquelles nous sommes passés, côté plage. »

Léo : « Quand on est passés dans les grottes ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Elle est importante cette faille, oulala. Les deux blocs de roches sont décalés de plusieurs kilomètres… »

Le chevalier : « C’est une faille majeure de Bretagne. Mais j’ai oublié son nom 🙁 »

Max : « Oulala ! Bonome a oublié quelque chose ! Léo, note la date, l’heure et l’événement : aujourd’hui bonome a oublié le nom de la faille ! Bonome connaît pas tout ! »

Léo : « 😀 »

Max : « Mais c’est pas la faille dont je voulais parler. Si on regarde que les bords de l’Anse de Dinan, ça fait comme un grand pli vers le haut qui aurait été érodé. Un anticlinal, c’est ça ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Mais il doit remonter vers par là, parce que… Je sais pas comment expliquer. C’est comme si il remontait vers le Nord-Nord-Est. »

Le chevalier : « C’est bien ça Maxou. »

Léo : « Moi, je comprends pas bien ce qui se passe au sud. C’est pas les bonnes strates. Ça devrait être les schistes de Postolonnec et tout ça. Pas les Grès de Landévennec. »

Le chevalier : « Max, reprends le carnet et le crayon pour noter un autre événement : moi non plus je ne comprends pas ce qui se passe au sud 🙂 »

Max : « Tu connais rien du tout bonome et moi je jubile 🙂 🙂 🙂 »

Le chevalier : « … à moins que… »

Léo : « A moins que quoi ? »

Le chevalier : « … la péninsule du Cap de la Chèvre forme un vaste synclinal érodé perturbé par des chevauchement. Mais ce n’est qu’une hypothèse que je n’aurais même pas du formuler tant je suis peu sûr de moi. C’est trop compliqué. »

Max : « C’est pas grave bonome. On est là pour tourister. Viens, on va s’asseoir à l’abri du vent pour profiter du paysage. »

Le chevalier : « Abritez-vous bien. Je n’ai pas envie d’aller vous chercher au bas de la falaise. »

81.2 47 Les petizours 81.2 48 Les petizours
81.2 49 Les petizours

Max : « T’inquiète pas bonome. On va faire attention, même si les amis de Léo nous remonteraient sûrement 🙂 »

Léo : « On va être sages chevalier, promis 🙂 »

Max : « Bonome, il y a un grand cormoran sur l’eau. Tu veux bien aller le fotoer s’il te plaît ? »

Léo : « Il va avoir l’air tout petit sur la foto 🙂 »

Max : « Pourtant c’est un grand zoiso le grand cormoran. »

81.2 50 Un grand cormoran

Léo : « Ben oui, mais la mer est grande. »

Max : « Bon ça suffit la pause. On va voir là-bas en bas. En route bonome ! »

Léo : « Fais attention chevalier. La pente est raide et ça glisse. Prends tout ton temps, on est pas pressés. »

Max : « Léo, il fait attention, t’en fais pas. »

81.2 51 L'Anse de Dinan 81.2 52 Les Tas de Pois

Léo : « Rholala, comme c’est beau ! »

Max : « Ben oui, c’est un beau paysage 🙂 »

Le chevalier : « Oui Maxou 🙂 Vous avez le temps de chahuter un peu avant que nous allions à Lostmarc’h. La marée est encore un peu haute. »

Max : « On chahute pas sur demande, nous. »

Léo : « On est des gentils petizours. »

Max : « On va s’asseoir calmement. »

Léo : « Et profiter du paysage. »

Max : « En attendant d’aller voir les volcans des temps anciens. »

Léo : « On est un peu impatients de voir ces volcans. »

Max : « Parce qu’on est géologues, nous. »

Le chevalier : « Vous ne vous taisez jamais ? »

Max : « Si, on peut être silencieux. »

Léo : « Quand on veut. »

Le chevalier : « Et là, vous n’avez pas envie apparemment 🙂 »

Max : « Non 🙂 »

Léo : « On a envie de t’embêter 🙂 »

Le chevalier : « Et si je vous disais qu’on part pour Lostmarc’h ? »

Max : « Maintenant ? »

Le chevalier : « Oui, maintenant ? »

Max : « On serait d’accord. N’est ce pas Léo ? »

Léo : « Ben oui 🙂 »

Le chevalier : « Alors allons-y 🙂 »

81.2 53 Les Tas de Pois

Les schémas sont le travail du professeur Pierre -André Bourque et de Pauline Dansereau de l’université Laval, Québec.

http://www2.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/intro.pt/planete_terre.html

Continuer la promenade

81.1 – Encore l’Aber et de beaux zoisos

Vendredi 4 Mars, An III

Le chevalier : « Bonjour mes petizours. »

Max : « Bonjour bonome 🙂 »

Léo : « Bonjour chevalier 🙂 »

Le chevalier : « Tu n’as pas rêvé de volcans qui explosent mon Maxou ? »

Max : « Non, j’ai rêvé de Tante Yvonne. »

Léo : « Oh ! C’est vrai ? Raconte-nous s’il te plaît. »

Max : « Si bonome est d’accord. »

Le chevalier : « Bien sûr. Raconte-nous. »

Max : « Ben, je sais pas comment elle a fait mais elle a lu mon blog 🙂 Et elle a été très touchée que tu nous racontes son histoire. »

Le chevalier : « Ce n’est pas moi qui vous l’ai racontée. C’est le vent. »

Max : « Dis donc, tu vas m’interrompre à chaque phrase ? Je peux raconter ou pas ? »

Le chevalier : « Raconte petitours 🙂 »

Max : « Elle était donc très touchée. Mais elle était triste que tu aies les larmes aux yeux. Alors elle voulait te réconforter. Mais elle savait pas où te trouver. Je lui ai dit que tu étais peut être sur l’estran de Fort Lonnec et on y est allés. On t’a cherché, cherché… Même le vent s’y est mis. Il soufflait dans tous les sens. Mais tu étais introuvable. Et on s’est dits que tu étais sûrement sur les bords de la petite mer épicontinentale qui séparait Armorica de la plate forme nord gondwanienne, quelque part à l’Ordovicien. Alors le vent nous a apporté un bateau. Mais pas un bateau pour naviguer sur la mer. Non non. Un bateau pour naviguer dans le temps. Et on a navigué dans le temps. Tante Yvonne regardait la mer de la proue. Léo avait un peu le mal de mer 🙂 Moi, je tournais un peu en rond. J’avais peur qu’on te retrouve pas, que tu sois retourné à l’état sauvage une bonne fois pour toutes. Et puis on est arrivés au sud d’Armorica à l’Ordovicien. Tu étais assis sur un rocher, au bord de la mer. Et tu pétunais en te caféinant 🙂 Alors, Tante Yvonne est venue vers toi. Toi, tu baissais la tête, timidement, parce que tu l’avais reconnue. Et puis elle t’a pris dans ses bras. Je sais pas ce qu’elle t’a dit parce que vous étiez trop loin. Mais tu es revenu seul et tu as embarqué sur le bateau. »

Léo : « Tante Yvonne a pas ré embarqué avec bonome ? »

Max : « Non, bonome nous a expliqué pourquoi après. Elle a dit que maintenant qu’on connaissait son histoire, et qu’on l’avait racontée, elle avait l’éternité devant elle. Alors elle a décidé de rester à l’Ordovicien et de parcourir toute l’histoire de la Terre et de la vie à partir de là. Et elle a ajouté qu’elle viendrait nous voir, parfois, dans nos rêves. »

Léo : « Rholala ! Ça, c’est un beau rêve 🙂 Moi, j’ai juste rêvé de zoisos. »

Max : « Je sais Léo, je sais… »

Léo : « Oh non, me dis pas que j’ai encore siffloté toute la nuit ! »

Max : « Ben si 🙁 »

Léo : « Mais pourquoi tu m’as pas réveillé ? »

Max : « Mon Léo, il faut JAMAIS réveiller un petitours qui rêve de zoisos 🙂 Bon, bonome, tes rêves, on s’en fiche 🙂 Va te caféiner pendant qu’on se prépare. »

Le chevalier : « Je me suis déjà caféiné 🙂 »

Max : « BEN T’Y RETOURNE ET TU NOUS LAISSES NOUS PRÉPARER ! Oulala il est pas croyable ce bonome ! On peut pas se préparer tranquille dans cette cabane ! »

Léo : « Max tu exagères ! »

Max : « Oui, peut-être un peu 🙂 Tu es prêt ? »

Léo : « Ben oui 🙂 C’était pas la peine de l’envoyer se caféiner. »

Max : « Mon Léo, tu crois vraiment que c’est une punition pour lui ? Aller se caféiner ? »

Léo : « 🙂 Allez, on va le rejoindre. »

Le chevalier : « Vous voilà prêts ! »

Max : « Ouiiii 🙂 On peut aller aux zoisos ! »

Plus tard…

Max : « Bonome, on est déjà venus ici. Tu vas en avoir assez qu’on te demande toujours d’aller aux zoisos… »

Le chevalier : « Non Maxou. Ne t’inquiète pas. »

Max : « J’espère que Princesse en aura pas assez. »

Le chevalier : « Princesse n’est pas là il me semble 🙂 »

Léo : « C’est vrai ça ! Allez, viens Maxou, on va voir les Laridés. »

Max : « Toi et tes Laridés 🙂 »

81 1 01 Laridés

Léo : « Rhoooo ! Il y en a beaucoup ! »

Max : « Tout pareil comme hier mon Léo 🙂 »

81 1 02 Des Laridés 81 1 03 Des Laridés

Léo : « Ouiiiii 🙂 Alors… Larus marinus, Larus argentatus, Larus fuscus… Chevalier, tu peux zoomer plus et me montrer s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sur mon Léo. »

81 1 04 Des Laridés 81 1 05 Des Laridés

Léo : « Rholala ! C’est vraiment des beaux zoisos les Laridés ! Chevalier, tu veux pas qu’on en adopte quelques uns ? »

Le chevalier : « J’ai déjà adopté deux petizours 🙂 »

Max : « Je dirais plutôt qu’un petitours a adopté un bonome et qu’il a eu du mal à le dresser 🙂 Oh ! Regardez là-bas ! Ce serait pas un chevalier guignette ? »

81 1 06 Chevalier guignette 81 1 07 Chevalier guignette 81 1 08 Chevalier guignette

Léo : « Si ! On voit bien le blanc qui remonte sur ses épaules. C’est bien Actitis hypoleucos, Scolopacidés. »

Max : « On en avait pas encore vu en Bretagne. »

Léo : « C’est vrai ça. A part le chevalier ouaf ouaf, on a pas vu des chevaliers. »

Le chevalier : « Non, nous n’avons pas vu de chevalier mais voulez-vous que je vous fasse la liste des autres espèces ? Commençons par le crave à bec rouge… »

Léo : « Rhoooo oui 🙂 Le crave à bec rouge… Rholala… »

Le chevalier : « Rholala ! Et l’accenteur mouchet… »

Max : « Celui d’hier ? Qui était tout mouillé sous la pluie ? »

Le chevalier : « Non, celui d’aujourd’hui. Là, juste devant vous… »

81 1 09 Accenteur mouchet 81 1 10 Accenteur mouchet

Max : « L’accenteur mouchet s’appelle Prunella modularis en scientifique. »

Léo : « Tu dis ça pour crâner. »

Max : « Même pas vrai ! »

Léo : « C’était pour rigoler 🙂 Oh ! J’entends un rougegorge familier ! »

Max : « Il est là, sur une branche de l’arbuste. »

81 1 11 Rougegorge familier

Léo : « Chevalier, tu l’as fotoé ? Brindille aime beaucoup les rougegorges familiers. »

Le chevalier : « J’ai fotoé. On le montrera à Brindille. »

Léo : « Et peut-être qu’elle me grattera le front pour me remercier 🙂 »

Le chevalier : « Vous êtes rigolos tous les deux. C’est moi qui fotoe et c’est vous qui vous faites gratter le front en remerciements. »

Max : « Hé ! J’ai rien dit moi ! Pourquoi tu dis tous les deux ! »

Léo : « Toi, tu veux toujours que le chevalier fotoe pour Princesse. »

Max : « C’est pas pareil ! »

Léo : « Et pourquoi c’est pareil, s’il te plaît ? »

Max : « Parce que c’est Princesse qui nous a envoyés en mission ! »

Léo : « C’est pas toi qui a été envoyé en mission ! C’est le chevalier ! Toi, tu fais que l’accompagner parce qu’il veut bien ! »

Max : « Moi, ma mission, c’est de te former. C’est Princesse qui m’a demandé. »

Léo : « Pfff… »

Max : « Pfff toi même ! »

Le chevalier : « Je crois que nous n’avions pas encore vu de foulques en Bretagne 🙂 En voilà deux sous mes yeux ! »

Max : « On est pas des foulques 🙁 »

Léo : « On est des juvéniles ! »

Max : « C’est pour ça que des fois on se chamaille. »

Léo : « Mais c’est pour rigoler 🙂 »

Max : « On est pas fâchés. »

Léo : « On est des gentils petizours 🙂 »

Max : « Viens cousin Léo, on va voir l’aigrette nous, et on le laisse ronchonner tout seul. »

Le chevalier : « Les bras m’en tombent… C’est moi qui ronchonne… »

81 1 12 Aigrette garzette 81 1 13 Aigrette garzette

Max : « Elle est belle cette aigrette garzette. »

Léo : « Elle s’appelle Egretta garzetta, Ardéidés. »

Max : « Elle chasse, il faut pas la déranger. »

Léo : « Elle chasse pas, elle pêche. »

Max : « Ben faut pas la déranger quand même. Oulala ! Euh… Bonome, tu vas où ? Tu repars sur ton chemin tout inondé ! C’est pas bien ! On est pas d’accord nous. »

Le chevalier : « Alors restez ici. Je vous reprendrai au retour. »

Max : « Tu vas pas nous laisser ici ! Hé !… Bonome ! »

Léo : « Chevalier ! On vient avec toi ! Nous laisse pas ici s’il te plaît ! »

Le chevalier : « Pochez-vous alors ! »

Max : « Bouge pas, on grimpe 🙂 »

Léo : « Voilà ! On est pochés 🙂 »

Max : « Bonome, tu marches en silence ? »

Le chevalier : « oui 🙂 Ce chemin est plutôt difficile… Mais je pense que la vue en vaudra la peine… »

Le chevalier : « Voilà ! Qu’en pensez-vous ? »

81 1 14 Panorama

Max : « Pas mal… »

Léo : « Mais il y a pas des zoisos 🙁 »

Le chevalier : « Pas mal ? C’est tout ce que tu trouves à dire ? Et toi Léo, tout ce que tu vois c’est qu’il n’y a pas de zoisos ! J’aurais dû vous laisser en bas et vous reprendre au retour ! Ça alors ! Quels ingrats ! »

Max : « Bonome. »

Le chevalier : « Quoi ? »

Max : « Tu es fatigué. Et maintenant, tu as les pieds tout ploufés… »

Le chevalier : « Et alors ! Qu’est ce que ça peut te faire ? »

Max : « Ben, la journée va être longue et tu es déjà fatigué. Tes pieds vont être tout mouillés tout le reste de la journée. Tu aurais pas dû venir jusqu’ici. C’était pas raisonnable. »

Le chevalier : « Pour une fois que je vais quelque part uniquement parce que j’en ai envie, et pas pour faire plaisir à mes petizours, ils râlent et trouvent que c’est pas raisonnable. D’accord ! On retourne aux zoisos ! »

Max : « Te fâche pas bonome. Elle est belle la vue. Mais tu as fait beaucoup d’efforts pour arriver ici. Je dirais que c’était pas rentable. Trop d’efforts… »

Léo : « Et tes pieds sont tout mouillés. »

Le chevalier : « Ils sécheront. »

Max : « Ils sécheront rien du tout ! Tu vas les re ploufer en redescendant ! »

Le chevalier : « Bon, ça suffit. On va aux zoisos et vous oubliez mes pieds 🙁 »

Max : « Râle pas bonome. C’est pour toi qu’on dit ça. Allez, emmène-nous aux zoisos 🙂 »

Léo : « Il y a un chevalier ouaf ouaf ! On dirait qu’il a vu quelque chose 🙂 »

81 1 15 Chevalier aboyeur 81 1 16 Chevalier aboyeur
81 1 17 Chevalier aboyeur 81 1 18 Chevalier aboyeur

Max : « En vrai, le ouaf ouaf c’est le chevalier aboyeur. En scientifique, il s’appelle Tringa nebularia et c’est un Scolopacidé. »

Léo : « Moi j’aime beaucoup les Scolopacidés. »

Max : « Toi, tu aimes tous les zoisos. Tous les zoisos c’est ton préféré 🙂 »

Léo : « Ben oui 🙂 J’aime beaucoup les zoisos. C’est beau un zoiso. »

Max : « Je suis bien d’accord 🙂 Allez, viens mon Léo, on avance. »

Le chevalier : « Ben, et moi ? Vous n’allez quand même pas partir sans moi ? »

Max : « Tu es là toi ? Je croyais que tu étais resté là haut pour profiter de la vue 🙂 »

Le chevalier : « Qu’est ce qui m’a pris d’adopter ces petizours ! J’étais tranquille, moi, dans ma cabane en rondins au fond des bois. »

Max : « Oui oui 🙂 Tu étais bien tout seul, témpaléjan et tout ça 🙂 Bon, tu viens maintenant ? »

Léo : « Mais allez-vous donc vous taire ? Il y a des courlis cendrés. Il faut pas les déranger. »

81 1 19 Courlis cendré 81 1 20 Courlis cendré
81 1 21 Courlis cendré 81 1 22 Courlis cendré

Max : « Bonome, j’arrive pas à retenir le nom des courlis cendrés en scientifique 🙁 »

Le chevalier : « Numenius arquata »

Max : « Comment tu fais pour jamais oublier les noms ? J’y arrive pas moi. Je suis sûr que même Léo en oublie. »

Léo : « Ben oui. Je me souviens pas toujours moi. »

Le chevalier : « J’ai quelques années de pratique de plus que vous 🙂 »

Max : « C’est sûr que depuis 500 millions d’années tu as eu le temps de réviser 🙂 »

Léo : « Tu as rien à dire sur les courlis ? »

Le chevalier : « Si, eux peuvent ploufer leurs pattes dans les marais sans que vous ne raliez 🙂 »

Max : « Pfff… »

81 1 23 Paysage 81 1 24 Paysage

Léo : « Regardez comme c’est beau ! Rhoooo, la chance ! »

Max : « Rholala c’est beau ! »

Léo : « Tu te moques ? »

Max ; « Oh non ! Je rholalae parce que c’est vraiment très beau ! »

Léo : « Il y a encore des chevaliers ouaf ouaf. On en avait jamais vu et là, on en voit tous les jours 🙂 »

Max : « C’est un zoiso breton le chevalier ouaf ouaf ? »

Le chevalier : « Non, pas particulièrement. Il est même assez fréquent à l’intérieur des terres. Il n’y a pas de raison de le voir plus en Bretagne qu’ailleurs. »

Max : « On pourrait le voir chez nous ? »

Le chevalier : « Peut-être… Au Royaume des Sternes, ou au Grand Étang de T… »

Max : « Et pourquoi on l’a jamais vu alors ? »

Le chevalier : « Parce qu’il n’aime pas les petizours exigeants ! »

Max : « Des petizours exigeants ? Tu en connais, toi, Léo ? »

Léo : « Non. Chevalier, il faudrait que tu nous les présentes ces petizours 🙂 »

Max : « Oui, on pourrait les ré éduquer un peu 🙂 »

Le chevalier : « Regardez plutôt le paysage 🙂 »

81 1 25 Panorama

Léo : « A gauche, il y a le four à chaux. »

Max : « Et dans le petit bois, vers le milieu, il y a notre cabane. »

Léo : « Et partout, il y a des zoisos 🙂 »

Max : « Et là, il y a un héron cendré. Ardea cinerea, Ardéidés. »

81 1 26 Héron cendré

Léo : « C’est vrai que quand tu étais petit, les hérons cendrés étaient rares ? »

Max : « Léo, quand il était petit il y avait pas de vie sur les continents. Il y avait juste des êtres vivants marins. »

Le chevalier : « 🙂 Oui mon Léo. Il y a une trentaine d’années, les hérons cendrés étaient devenus rares. Ils étaient chassés. »

Léo : « Pourquoi ? »

Le chevalier : « On les accusait de manger tous les poissons. »

Léo : « Mais ! Les hérons mangent surtout des grenouilles ! »

Max : « Pfff ! Les zoms cherchent des prétextes pour tuer les zanimos. Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. Ils s’en fichent que ce soit vrai ou pas. »

Le chevalier : « C’est vrai Maxou. Mais les hérons ont été protégés et maintenant ils sont de nouveau fréquents. »

Léo : « Alors il faut protéger tous les zoisos. »

Le chevalier : « Non Léo. Ce n’est pas la peine. Il faut protéger ceux qui sont en danger. Et il faut surtout protéger leurs milieux de vie. »

Léo : « Il faut protéger les étangs et les marais. Pour les grébus, les grébous… »

Max : « Et Martin ! Il faut pas oublier Martin. »

Léo : « Et tous les zoisos aquatiques. »

Max : « Et les aigrettes garzettes ? Elles sont en danger les aigrettes garzettes ? »

Léo : « Tu en parles parce qu’il y en a encore une devant nous ? »

Max : « Ben oui. »

81 1 27 Aigrette garzette 81 1 29 Aigrette garzette

Le chevalier : « Elles sont très fréquentes. Elles ne sont pas en danger. »

Léo : « Si ! on préserve les zones humides ! Sans zone humide, pas d’Ardéidé ! »

Le chevalier : « C’est vrai mon petit Léo. »

Max : « Bon, bonome, c’est gentil de nous expliquer qu’il faut préserver l’environnement et tout ça. Mais on le sait déjà nous. On va où après ? »

Le chevalier : « On va manger 🙂 »

Max : « Il est déjà midi douze ! Tu vas encore manger une énoooorme galette de sarrasin et après tu vas dire ‘Oulala, j’ai trop mangé !‘ »

Le chevalier : « Et toi tu vas te gaver de chocolat et tu seras tellement lourd que ma poche va craquer 🙂 »

Max : « Tu vas nous donner du chocolat ? C’est vrai ? Rhooo, merci mon bonome 🙂 »

Léo : « Dites les estomacs, on est encore aux zoisos. Et il y a un pinson des arbres là devant ! »

81 1 31 Pinson des arbres

Max : « Un pinson des arbres ! Fringilla coelebs, Fringillidés. Mais… Il a pas la tête colorée ! Pourquoi ? »

Léo : « C’est parce que c’est une femelle Maxou. »

Max : « Mais c’est vrai ! C’est à cause du dimorphisme sexuel ! Oulala, c’est compliqué les zoisos. Le mâle est pas pareil que la femelle, les juvéniles sont pas comme les adultes… et ils changent de plumage au cours de l’année… Il faut tout connaître et il y a des dizaines et des dizaines d’espèces… Pfff… »

Le chevalier : « C’est pour cela qu’il y a des beaux livres Maxou. Seuls les spécialistes connaissent toutes les espèces. Et encore, j’en ai rencontré un, ornithologue de profession, qui reconnaissait avoir du mal à identifier les pouillots, même en ayant l’oiseau dans la main. »

Max : « Même les spécialistes ont du mal à identifier les pouillots ! Ça alors ! »

Le chevalier : « Et oui mon Maxou 🙂 Tu vois… »

Léo : « Et les accenteurs mouchets ? Tu les reconnais les accenteurs mouchets ? »

Le chevalier : « Quand ils sont à quelques mètres devant moi, oui 🙂 »

81 1 32 Accenteur mouchet 81 1 33 Accenteur mouchet 81 1 34 Accenteur mouchet

Max : « Bon, bonome, on est à notre monture. On peut aller manger maintenant. »

Léo : « Pas tout de suite ! Il y a encore un héron cendré. Allons le voir. »

81 1 35 Héron cendré 81 1 36 Héron cendré
81 1 37 Héron cendré 81 1 38 Héron cendré

Léo : « Zutalor ! Il s’est envolé ! »

Max : « Ben oui, c’est le moment de partir. Allez Léo, on se poche, et c’est parti pour la longue chevauchée. »

Plus tard, après le repas…

Max : « Bien mangé bonome ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Et toi ? »

Max : « Oulala oui 🙂 Il était bon le chocolat 🙂 Dis, tu vas où ? »

81 1 39 Morgaot

Le chevalier : « J’ai cru voir des oiseaux sur l’estran… »

Léo : « Des zoisos ? On va voir alors ? »

Le chevalier : « Évidemment ! Je suis avec mes petizours naturalistes 🙂 »

Max : « Et dans naturaliste, il y a ornithologue 🙂 C’est qui les zoisos ? Tu arrives à voir ? »

Le chevalier : « Non, pas encore, il faut nous approcher encore un peu… »

Léo : « Dis chevalier, c’est pas la plage de Port Zic là-bas ? Je crois voir les grès armoricains et les grottes. »

Le chevalier : « Quelle vue mon Léo ! »

Max : « Un autre superzieux ! Vous êtes faits pour vous entendre tous les deux. »

Le chevalier : « Mais nous nous entendons très bien Max 🙂 »

Léo : « C’est là-bas qu’on a vu la discordance des grès armoricains sur les schistes zébrés briovériens. Et pas la dissonance des zèbres briochoriens 🙂 »

Max : « Oui ben j’ai dit une erreur… Ça peut arriver. Tu dis jamais des erreurs toi ? »

Léo : « Si. Un jour j’ai dit mouette qui rigole à la place de mouette rieuse. »

Max : « Et depuis, les mouettes rieuses on les appelle les mouettes qui rigolent 🙂 Elle était rigolote ton erreur 🙂 Bon, c’est qui les zoisos bonome ? »

Le chevalier : « Une belle surprise… Regarde Maxou, mais ne dis rien. Laisse Léo découvrir 🙂 »

Max : « J’ai vu, merci 🙂 A ton tour Léo. »

81 1 40 Sterne caugek 81 1 41 Sterne caugek

Léo : « Rholalaaaaa !!! Rhoooo la chance ! Rhoooo… »

Max : « Léo, peux-tu remettre ta mâchoire en place s’il te plaît. Elle traîne par terre 🙂 »

Léo : « Non, je peux pas… C’est une sterne caugek ! Tu te rends compte ! Une sterne caugek ! Rholala ! La chance ! »

Max : « Tu connais la sterne caugek ? »

Léo : « Ben oui ! Je l’ai vue dans ton beau livre de zoisos. Elle s’appelle Sterna sandvicensis et c’est un sternidé. Mais je croyais qu’elle migrait l’hiver. Je suis étonné de la voir même si c’est une bonne surprise 🙂 »

Le chevalier : « Moi aussi je suis étonné. »

Max : « Regardez ce qu’elle fait ! Elle s’étire les ailes ! »

81 1 42 Sterne caugek 81 1 43 Sterne caugek

Léo : « Mais… Chevalier, regarde à côté de la sterne caugek, le Laridé. Fotoe-le et montre s’il te plaît. »

81 1 44 Goéland cendré 81 1 45 Goéland cendré

Léo : « Rholala ! Mais c’est un goéland cendré ! »

Max : « Larus canus ? »

Léo : « Ben oui, Larus canus ! »

Max : « Ben ça alors ! Un sterne caugek et des goélands cendrés ! »

Léo : « La chance ! »

Max : « On en oublierait presque les huîtriers pies ! »

Léo : « Une sterne caugek et un goéland cendré sur la même foto ! Rholala ! »

Max : « Bonome, on pourra revenir à ces zoisos après ? J’ai vu un corvidé ! Qu’est ce qu’il fait là ? Il est en vacances à la plage ? »

81 1 46 Corneille noire 81 1 47 Corneille noire

Le chevalier : « C’est une corneille noire, Corvus corone. Elle a l’air de prélever des bivalves. Sûrement pour se nourrir… »

Max : « Un corneille noire à la plage ? C’est normal ça ? »

Le chevalier : « J’en vois régulièrement. Les Corvidés sont fréquents dans tous les milieux. La corneille noire doit trouver de quoi se nourrir. Si elle trouve un arbre dans lequel faire son nid, toutes les conditions sont réunies pour qu’elle niche ici. »

Max : « D’accord. Revenons aux huîtriers. »

81 1 48 Huitriers pies 81 1 49 Huitriers pies

Léo : « Je crois qu’ils dorment… Ils sont sur une patte, le bec sous l’aile. »

Max : « Bonome, pourquoi il y en a qui ont une demi collier blanc ? »

Le chevalier : « C’est, il me semble, leur plumage internuptial. »

Max : « Alors ceux qui en ont pas sont déjà en plumage nuptial ? »

Le chevalier : « Je crois bien… »

Léo : « Ils se sont réveillés et se sont mis en marche ! Ils vont vers la sterne caugek ! Regardez ! »

81 1 50 Le survol 81 1 51 Le survol
81 1 52 Le passage 81 1 53 Le passage

Max : « Elle s’est envolée pour les laisser passer. C’est une gentille sterne 🙂 »

Léo : « Mais il y a quand même un huîtrier qui lui a crié dessus ! »

Max : « Tu as fotoé ? On a des preuves que les huîtriers sont des ingrats ? On fera un rapport à Princesse. »

Le chevalier : « J’espère que Princesse a un serviteur qui a pour tâche de lire tous nos rapports… »

Max : « On en fait pas beaucoup bonome. Et il faut bien qu’on l’informe de ce qui se passe au Pays des Zoisos. Sinon, elle sert à quoi ta mission ? »

81 1 54 Goéland cendré 81 1 55 Goéland cendré

Léo : « Vous pourrez préciser qu’ils ne crient pas sur le goéland cendré… »

Max : « C’est vrai ça ! Ils font du favoritisme les huîtriers ! Ça va pas du tout ça ! »

Léo : « Ben voilà ! Vous leur avez fait peur avec vos histoires de rapports ! Ils se sont envolés ! On les verra plus 🙁 »

81 1 56 L'envol des huitriers 81 1 57 L'envol des huitriers

Max : « T’inquiète pas mon Léo. On en verra d’autres. Regarde, la sterne caugek est venue tout près 🙂 »

81 1 58 Sterne caugek 81 1 59 Sterne caugek

Léo : « Elle est rigolote avec son anneau de plumes noires hirsutes autour du crâne et sa calotte blanche. On dirait qu’elle souffre d’alopécie précoce. »

Max : « Elle est comme ça l’hiver. Elle a le front blanc. En habit nuptial, toute sa tête est noire et elle a une espèce de huppe ébouriffée. »

Léo : « J’aimerais bien la revoir en été… »

Max : « C’est possible. On en a vu au Royaume des Sternes de Mer, en Charentmaritimie. Bon, bonome, il faut aller… Euh… On va où déjà ? »

Le chevalier : « J’allais vous proposer la Pointe de Dinan. »

Max : « La Pointe du Kastell des korrigans ? On y va ! Allez, au galop même ! »

Continuer la promenade

80 – Les zoisos et la pluie

Jeudi 3 Mars, An III

Le chevalier : « Mes petizours… Maxou… Léo… Il est l’heure de vous réveiller. »

Max : « Mmmmmm… »

Léo : « ZZZZZzzzzzz… »

Le chevalier : « Allez… réveillez-vous ! »

Max : « Ondor… »

Léo : « ZZZZZzzzzz… »

Le chevalier : « Allez ! Debout ! »

Max : « Mééééé !!!! Ondorencoreu ! »

Le chevalier : « D’accord. Alors je vais aux oiseaux sans vous 🙂 »

Léo : « Zoiso ? Ouça le zoiso ? »

Le chevalier : « Là ! Il y a un zoiso 🙂 »

Léo : « Un zoiso ? Iléou ? C’est qui ce zoiso ? »

Le chevalier : « Ils sont à l’Aber ! Il y en a des tas ! »

Léo : « Rhoooo, c’est vrai, on va voir les zoisos de l’Aber ce matin ! Maxou, dépêche toi de te lever. Les zoisos nous attendent. »

Max : « Mmmmm… On s’est couchés tard. Je dors, moi. »

Léo : « Et ben dors ! Allez chevalier, on y va, nous 🙂 »

Max : « Hé ! Vous allez pas y aller sans moi quand même ! »

Léo : « Alors sors de ton lit ! Je suis prêt, moi ! »

Max : « Comment tu as fait ? Bonome, comment il a fait pour être déjà prêt ? »

Le chevalier : « Tu connais notre Léo, Maxou 🙂 Pour un zoiso il est capable de sauter dans son pantalon et d’enfiler son sacado en moins d’une seconde 🙂 »

Max : « Il est déjà prêt ! Oulala, je me dépêche alors. »

Léo : « Zutalor ! Il fait pas très beau. Tu crois qu’il va pleuvoir chevalier ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas mon Léo. Prenez vos imperméables. »

Max : « Pfff… J’ai les yeux pleins de sommeil, moi… »

Le chevalier : « Pauvre Maxou. Il ne fallait pas te coucher si tard. »

Max : « C’est ta faute bonome ! Tu as mis des heures à nous raconter l’histoire de la Bretagne ! »

Léo : « Max ! Çavapalatête ! C’est nous qui lui avons demandé ! »

Max : « Oui mais il avait dit qu’on pourrait se lever tard, et là, il est même pas midi du matin 🙁 »

Le chevalier : « Midi du matin ?! Je ne connaissais pas cette expression 🙂 »

Léo : « Bon, Maxou, tu arrêtes de ronchonner, tu mets ton pantalon, ET TU TE DÉPÊCHES ! »

Max : « Rholala ! Cousin Léo me crie dessus ! Bonome, tu es témoin. Je me suis fait crier dessus dès le réveil ! »

Le chevalier : « Léo a battu ton record ! A ta place je m’activerais un peu. Léo est capable de te mordre pour que tu sortes enfin de ton lit 🙂 »

Léo : « Tiens, c’est une bonne idée ça 🙂 »

Max : « D’accord, voilà, je suis prêt… On peut y aller Léo. Pas mordre Léo, gentil, pas mordre 🙂 »

Pendant la chevauchée…

Max : « Bonome, on va au four à chaux ? »

Le chevalier : « Oui, il y a sûrement de beaux oiseaux. »

Max : « Tu as pas l’air très enthousiaste. C’est parce que tu préfères la géologie, c’est ça ? »

Le chevalier : « C’est vrai que j’aime beaucoup la géologie. Il faut chercher, enquêter… on voit des tas de belles choses et il y a une histoire à retrouver 🙂 »

Léo : « Oh oui ! C’est bien la géologie. Mais moi, j’aime beaucoup les zoisos. »

Max : « On sait Léo 🙂 Et tous les zoisos, c’est ton préféré ! »

Léo : « Voilà ! Tu recommences à te moquer de moi ! »

Le chevalier : « Vous n’allez pas commencer à vous chamailler tous les deux ! Nous sommes arrivés ! »

Léo : « Je chamaille pas, moi. C’est Max qui se moque de moi ! »

Max : « Cafteur ! »

Le chevalier : « Mes petizours… Vous êtes fatigués je crois 🙂 »

Max : « Oui, on a pas assez dormi… »

Le chevalier : « Regardez quand même cet étang… »

80 01 Le four à chaux 80 02 Le four à chaux

Léo : « Il y a un grand cormoran là-bas 🙂 »

Max : « Le grand cormoran c’est Phalacrocorax carbo et c’est un Phalacrocoracidé. »

80 03 Grand cormoran 80 04 Grand cormoran

Léo : « Il a des tâches blanches en haut des pattes. C’est son plumage nuptial. »

Max : « C’est bizarre les zoisos. C’est en plumage nuptial un peu tout le temps. Là, c’est l’hiver. C’est pas maintenant qu’on se reproduit. »

Léo : « Chevalier, tu as déjà vu des petits de grands cormorans ? »

Le chevalier : « Jamais ! »

Léo : « Tu sais où ils se reproduisent ? »

Le chevalier : « Il me semble que les individus de la région ne migrent pas. Je dirais donc qu’ils se reproduisent ici. »

Léo : « Alors pourquoi on a jamais vu de petits ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas mon Léo. »

Max : « Il va falloir corriger ça bonome. »

Le chevalier : « J’y tacherai mon Maxou. »

Léo : « Oh ! Regardez l’aigrette garzette ! »

Max : « Fotoe bonome ! Fotoe ! »

80 05 Aigrette garzette 80 06 Aigrette garzette
80 07 Aigrette garzette 80 08 Aigrette garzette

Léo : « Rhoooo … »

Max : « Tu as assuré bonome ! Bravo ! »

Léo : « On dirait qu’elle a des chaussettes jaunes 🙂 »

Max : « Ben oui, c’est l’un des critères d’identification de l’aigrette garzette. »

Léo : « Je sais bien Maxou, mais je trouve ça rigolo quand même. »

Max : « Tiens, un héron cendré ! »

Léo : « C’est le quart d’heure des Ardéidés 🙂 »

Max : « On a pas donné les noms en scientifique. L’aigrette garzette c’est Egretta garzetta et le héron cendré c’est Ardea cinerea. »

80 09 Héron cendré

Léo : « C’est quand même pas la peine de venir en Bretagne pour voir un héron cendré et une aigrette garzette ! On peut avancer et essayer de voir d’autres zoisos… »

Max : « Là, il y a un merle noir, Turdus merula, Turdidés. Mais c’est pas ce genre de zoiso que tu veux voir je suppose 🙂 » 80 10 Merle noir

Léo : « Ben, il est très beau mais on le voit de notre cabane. Il y en a sur le gros tilleul en face de la chambre. Et il chante dès le matin. »

Max : « Le merle noir, c’est souvent le premier zoiso qui chante le matin. Et le soir, au coucher du soleil… Et il chante, et il chante… »

Léo : « Il est très beau son chant. Si tu veux, je peux l’imiter. »

Max : « Heu… Non non, te fatigue pas Léo. On a pas beaucoup dormi. Économise ton énergie. »

Léo : « Tu dis ça parce que tu veux pas que je sifflote. »

Max : « Je n’oserais pas mon cousin 🙂 Bonome, on peut se cacher là, pour observer les zoisos sans qu’ils nous voient ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. Installez-vous. »

Max : « Tu vas fotoer ? »

Le chevalier : « Qu’est ce que tu veux que je fotoe ? »

Max : « Le grand cormoran qui fait sécher ses ailes ! Et les Laridés. Léo aime beaucoup les Laridés. »

80 11 Les petizours

Le chevalier : « D’accord… Voilà ! »

Léo : « Tu nous montres s’il te plaît ? »

80 12 Grand cormoran 80 13 Grand cormoran

Max : « Oulala, il y a des juvéniles ! Bonome, tu vas encore perdre des cheveux 🙂 »

Léo : « Déjà, on voit qu’il y a un goéland argenté (Larus argentatus, Laridés). Tu reconnais les autres, chevalier ? »

Le chevalier : « Essayons de trouver… »

Léo : « Alors ? Qu’est ce que tu penses ? »

Le chevalier : « … Argenté premier hiver pour celui de gauche, au premier plan… Je ne vois pas bien l’autre… Peut-être un goéland brun deuxième hiver… »

Max : « Ça suffit bonome, cherche pas plus, sinon tu auras plus du tout de cheveux 🙂 »

Léo : « Chevalier, tu connais un spécialiste en zoisos tu as dit. On pourra aller le voir ? »

Le chevalier : « Si tu veux mon Léo. Mais il faudra attendre cet été. »

Léo : « Oui oui, on attendra. »

Max : « En attendant, on pourrait avancer un peu 🙂 »

80 14 Le marais

Léo : « Rhoooo… Il est beau ce marais. Il y avait des arbres avant… »

Max : « Avant quoi ? »

Léo : « Ben, avant qu’il fasse le petit barrage pour faire une zone inondée ! C’est beau les restes des arbres. »

Max : « Bonome ! A gauche ! Il y a un courlis cendré ! »

Le chevalier : « Fotoé ! »

80 15 Courlis cendré 80 16 Courlis cendré

Max : « Je me souviens jamais de son nom en scientifique 🙁 »

Léo : « Numenius arquata, Scolopacidées ! »

Max : « Il a vraiment un grand bec ce zoiso. Tu as pas dit que celui de la femelle était plus long que celui du mâle ? »

Le chevalier : « Si, je l’ai dit. »

Max : « Et là, c’est un mâle ou une femelle ? »

Le chevalier : « Plutôt un mâle… Je n’ai pas encore l’habitude des courlis cendrés. Il me faudrait un mâle et une femelle côte à côte… Max, tu ne m’écoutes plus ! »

Max : « Mmmm… Si si ! Le mâle du courlis cendré a l’habitude d’avoir des côtes… Merci bonome… »

Léo : « Je crois qu’il a vu un zoiso 🙂 C’est qui le zoiso que tu regardes comme ça Maxou ? C’est ton préféré ? »

Max : « C’est un chevalier ouaf-ouaf… »

Léo : « Ça existe même pas les chevaliers ouaf-ouaf 🙂 Ce sont des chevaliers aboyeurs (Tringa nebularia, Scolopacidés). »

Max : « C’est brindille qui les a appelés comme ça. A cause de Chien. »

Léo : « Chevalier, tu croies qu’elle aurait aimé la journée un peu dense d’hier brindille ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas mon Léo. Il faudra lui demander. »

Max : « Tu as fotoé le chevalier ouaf-ouaf ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Regarde… »

80 17 Chevalier aboyeur 80 18 Chevalier aboyeur
80 19 Chevalier aboyeur 80 20 Chevalier aboyeur

Max : « Chouette ! Tu l’as même tout zoomé avec l’autre appareil 🙂 Merci mon bonome. On l’avait jamais vu celui-là, avant de venir en Bretagne. »

Léo : « C’est vraiment bien la Bretagne. Il y a des beaux zoisos et on peut faire la géologie. »

Le chevalier : « Je suis content que ça vous plaise 🙂 »

Max : « Ben bonome, on est des petizours naturalistes nous, alors forcément ça nous plaît. T’es bête toi ! »

Le chevalier : « Merci, ça fait toujours plaisir 🙂 On avance ? »

Max : « Ah non ! Tu vas pas retourner sur ton chemin tout inondé ! Je suis pas d’accord ! »

Léo : « Max a raison, chevalier. On voit des zoisos ici. C’est pas la peine d’aller ploufer tes pieds. Allez viens, on va voir les Laridés. »

Le chevalier : « C’est une révolte de petizours ! Vous refusez de me suivre ! C’est bien la première fois… »

Max : « C’est parce que tu es pas raisonnable. »

Léo : « Ça vaut pas la peine d’aller là-bas. »

Max : « On veut pas que tu aies les pieds tout mouillés. »

Léo : « Parce qu’après, ils seront tout moisis 🙂 »

Max : « Et tu pourras plus nous emmener nulle part 🙂 »

Le chevalier : « D’accord, je comprends mieux maintenant. Un instant j’ai pensé que vous vous inquiétiez pour moi. Je me trompais : vous ne pensiez qu’à vos prochaines sorties. Je ne suis qu’un véhicule pour vous. »

Max : « Mais non bonome… »

Léo : « Tu es pas que ça… »

Max : « Tu connais des tas de choses que tu nous expliques… »

Léo : « Tu es bien plus pratique que tous les livres qu’on devrait porter si tu n’étais pas là 🙂 »

Le chevalier : « On est bien peu de choses 🙁 »

Max : « Bonome. »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Câlin 🙂 »

Léo : « Oui, câlin 🙂 »

Max et Léo : « Rrrroooonnnn rrrroooonnnn… »

Max : « Bonome, tu es bien plus qu’un véhicule pour nous. »

Léo : « Et beaucoup plus que des livres… »

Max : « Tu es mon bonome 🙂 »

Léo : « Le plus grand chevalier de tous les chevaliers du monde 🙂 »

Le chevalier : « Je devrais prévoir plus souvent des journées assez denses 🙂 Bon, on va les voir ces Laridés ? »

Léo : « Ben oui alors ! »

80 21 Laridés 80 22 Laridés

Max : « Ce sont des goélands tout mélangés ! »

Léo : « Pas seulement ! Il y a une corneille noire et une mouette qui rigole. »

Max : « Et des juvéniles. »

Léo : « Je vois quatre espèces de Laridés. »

Max : « Des goélands argentés, des bruns et des marins et la mouette qui rigole. »

Léo : « Plus les jeunes ! »

Max : « Hé ! Regardez ! Il y a une salle de bain pour Laridés ! »

Léo : « C’est l’heure de la toilette ! »

Max : « Ben oui, les zanimos ça fait beaucoup sa toilette 🙂 »

80 23 La toilette des Laridés 80 24 La toilette des Laridés

Le chevalier : « Max ! Léo ! Nous avons de la visite ! »

Max : « Ou ça ? »

Léo : « C’est qui ?

Le chevalier : « Là-bas, sur l’arbre mort. »

80 25 Martin

Max : « C’EST MARTIN ! MARTIN EST VENU NOUS VOIR ! »

Le chevalier : « Ne crie pas Maxou. »

Max : « Mais bonome, Martin est venu nous voir. C’est Martin de Bretagne ! »

Léo : « C’est votre ami Martin 🙂 »

Max : « Oui oui. Mais c’est ton ami aussi tu sais Léo. Oulala ! Merci d’être venu Martin ! »

Léo : « C’est un timide Martin de Bretagne. Il reste loin de nous. »

Max : « Ben c’est notre ami mais c’est quand même un zoiso sauvage. Il va pas venir se poser juste là et papoter. Les autres zoisos seraient jaloux. Mais il est venu… Zutalor ! Il s’est envolé ! »

Léo : « Qu’est ce qu’il vole vite ! »

Max : « Oui, il est très rapide. Et il vole en ligne droite. Son surnom c’est la flèche bleue… Mais… Qu’est ce qu’il fait ? Fotoe bonome ! Vite ! Et rate pas s’il te plaît ! »

80 26 Martin 80 27 Martin
80 28 Martin 80 29 Martin

Léo : « Rholala ! Il fait du vol sur place ! »

Max : « C’est pour pêcher ! Il a repéré un poisson ! Il ploufe ! »

Léo : « Rholala ! Vous avez vu si il a attrapé son poisson ? »

Max : « Il a dû l’avoir. C’est un grand pêcheur Martin. Et si il l’avait raté il serait pas parti comme ça ! »

Léo : « Il est allé manger son poisson plus loin alors. »

Max : « On a pas pu lui dire au revoir 🙁 J’espère qu’il nous en voudra pas. »

Le chevalier : « Mais non Maxou. Il a bien entendu que tu l’avais remercié d’être venu nous voir. »

Max : « Bon, bonome, on a vu des beaux zoisos et Martin nous a rendu visite. On peut aller ailleurs maintenant. »

Léo : « On a encore le temps avant la marée basse ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « On peut aller à la Pointe de Raguenez ? Et peut-être sur l’Île Où On Va à Pieds d’Ici En Bretagne ? »

Le chevalier : « Maxou, es-tu d’accord ? »

Max : « Ben oui. Si on a le temps, allons-y. »

Léo : « On peut pocher pour y aller ? »

Le chevalier : « Bien sûr mes petizours. »

Max : « Et tu nous grattes le front ? »

Le chevalier : « Si vous voulez 🙂 Mais vous risquez de vous endormir. »

Max : « Pas grave. Tu nous réveilleras 🙂 »

80 30 Raguenez

Le chevalier : « Les zours ! Nous sommes à la Pointe de Raguenez ! Sortez vos truffes 🙂 »

Max : « Déjà ? On a même pas tout dormi 🙁 »

Léo : « Il y a des zoisos ? »

Le chevalier : « Ils vont venir 🙂 »

Léo : « Chevalier, si je me souviens bien, ici c’est les Grès de Kermeur du Caradoc. Et il y a des dolérites mais elles sont venues se glisser dans les grès après. Vers l’Ashgill. C’est ça ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Max : « Et le magma il est remonté à cause d’une distension de la croûte terrestre. »

Léo : « Et un petit bras de mer épicontinentale a séparé Armorica du Gondwana. »

Le chevalier : « A l’Ordovicien supérieur, c’est l’océan centralien qui se forme. »

Léo : « Ah oui ! C’est vrai. »

Max : « Bonome. »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Le volcan, il va pas se réveiller, dis ? »

Le chevalier : « Non mon Maxou. Et si une nouvelle distension commence, les géologues nous préviendront 🙂 »

Max : « On risque rien alors ? »

Le chevalier : « Non, pourquoi as-tu peur ? »

Max : « Ben, c’est parce que si le volcan explose, c’est pas notre casque qui nous protégera… »

Le chevalier : « C’est vrai 🙂 Mais pourquoi as-tu peur aujourd’hui ? »

Max : « C’est parce que j’ai rêvé d’éruptions volcaniques. Ça explosait de partout et j’avais très peur. C’est le vent qui est venu me chercher et il m’a déposé beaucoup plus loin. Mais tu étais pas là et je pleurais 🙁 »

Le chevalier : « Pauvre Maxou. Viens contre moi. Le vent est là mon petitours, et moi aussi. »

Léo : « Moi aussi je suis là Maxou. »

Max : « Ça va pas exploser ? Tu promets ? »

Le chevalier : « Promis 🙂 Ça va mieux. Tu n’as plus peur ? »

Max : « Non, ça devrait aller. On peut aller aux zoisos. »

Léo : « Ça tombe bien, il y a un goéland argenté qui nous observe depuis tout à l’heure. »

80 31 Goéland argenté 80 32 Goéland argenté

Max : « C’est pas nous qui allons aux zoisos, c’est le zoiso qui va aux petizours 🙂 »

Léo : « Il nous a peut être fotoés et il va faire un blog 🙂 »

Max : « Je serai curieux de voir ce qu’il écrirait si il faisait un blog : ‘Vous voyez là des petizours. Leur nom en scientifique est Petitursus sp., Petitursidés. Ce sont des Peluchiformes. Ils sont toujours accompagnés d’un grand chevalier non Scolopacidé. Les Petitursidés sont chocolatophages. Et d’ailleurs ça fait quelques jours qu’ils n’ont rien mangé du tout.‘ »

Le chevalier : « Max… Aurais-tu envie de chocolat ? »

Max : « Moi ? Nooon oulala ! Qu’est ce qui te fait penser ça ? Mais maintenant que tu en parles… Tu as du chocolat ? »

Le chevalier : « Pas sur moi 🙂 Je vous en donnerai à la cabane. »

Léo : « Je m’en fiche du chocolat. Il y a que Maxou qui y pense… Regardez le grand cormoran qui passe… »

Max : « Il a l’air tout petit par rapport aux vagues et à la mer. C’est pas comme au dessus des étangs de chez nous. »

80 33 Grand cormoran

Léo : « Il pèse combien le grand cormoran ? Et sa taille ? Il mesure combien ? »

Max : « Tu veux savoir combien il chausse aussi ? »

Léo : « Comme ça on lui offrira des palmes 🙂 »

Max : « Il lui faudrait plutôt des glandes uropygiennes 🙂 »

Léo : « Il doit regretter d’avoir chahuté au fond de la classe. »

Max : « Bonome, il faut raconter l’histoire des cormorans aux élèves de la schola. Comme ça ils comprendront qu’il faut être sage sinon on risque de le regretter plus tard. »

Le chevalier : « Maxou tu es maître-assistant. C’est toi qui leur raconteras. »

Max : « D’accord 🙂 Ce sera ma leçon inaugurale. »

Léo : « C’est bien beau tout ça mais tu m’as pas répondu chevalier. »

Le chevalier : « Il mesure 100 cm pour une envergure de 130 à 160 cm. Il pèse en moyenne 2 à 2,5 kg. Et il peut vivre une vingtaine d’années. »

Max : « Et sa pointure ? »

Le chevalier : « Il chausse du 10 🙂 »

Léo : « Et le goéland marin ? »

Max : « Comme celui qui passe au-dessus de nous ? »

Léo : « Oui 🙂 »

80 34 Goéland marin 80 35 Goéland marin

Le chevalier : « 80 cm de la pointe du bec à l’extrémité de la queue. Et son envergure est de près de 160 cm. »

Max : « 160 cm ! Mais c’est presque comme le grand cormoran ! »

Léo : « Rholala ! C’est vraiment un grand Laridé ! Pour comparer, tu peux dire la mouette qui rigole s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je termine avec le goéland marin. Il pèse entre 1,2 et 2,2 kg et peut vivre 20 ans lui aussi. »

Max : « Et la mouette qui rigole ? »

Le chevalier : « 43 cm, envergure 100 cm, 225 à 350 grammes. Longévité : 32 ans. »

Max : « 32 ans ! Oulala ! C’est le zoiso qu’on connaît qui peut vivre le plus longtemps ! »

Léo : « Mais elle pèse rien du tout ! En gros 300 grammes… Presque 2 kg de moins que le goéland marin ! »

Le chevalier : « Et oui ! Dites vous que nos mésanges ne pèsent qu’une quinzaine de grammes ! »

Max : « Et nous ? On pèse combien ? »

Le chevalier : « A jeun, à peine plus qu’une mésange. Après une orgie de chocolat, à peu près comme un goéland marin 🙂 »

Max : « Pfff… Je suis même pas gros 🙁 »

Max : « Bonome, pourquoi tu t’approches du Petit Fleuve d’Ici ? Tu vas pas le retraverser quand même ! »

Le chevalier : « Non, je voulais juste faire une photo 🙂 »

80 36 L'aber

Léo : « Tu as eu raison. C’est très beau 🙂 »

Max : « Toi, tu dis toujours que c’est très beau. Rhooo c’est beau, Rholala c’est beau… »

Léo : « Et alors ! J’y peux rien si j’ai plein de beauté dans les yeux. Et puis, je te rappelle, qu’avant, j’étais porte-clé d’une armoire de chambre. Et c’était pas pareil 🙂 Maintenant je profite de la nature et je la trouve très belle. Et le chevalier est très gentil avec moi. Il nous apprend des tas de choses, très patiemment. Et toi aussi tu es très gentil avec moi. Quand tu te moques pas 🙂 Alors oui, Rhoooo c’est beau, Rholala et tout ça. »

Max : « C’est pour rigoler. »

Léo : « Qu’est ce qui est pour rigoler ? »

Max : « Quand je me moque de toi. C’est pour rigoler. »

Léo : « Je sais bien mais des fois c’est trop quand même. »

Max : « D’accord cousin Léo. Bonome, qu’est ce que tu regardes comme ça ? »

Léo : « Le tournepierre à collier. »

Max : « Arenaria interpres, Scolopacidés ? »

80 37 Tournepierre à collier 80 38 Tournepierre à collier

Max : « On le voit à peine dans sur les algues. On peut s’approcher un peu ? Dis lui qu’on veut pas l’embêter. On veut juste le fotoer. Tu peux lui dire en zoiso s’il te plaît. »

Le chevalier : « Il t’a entendu Maxou. Approchons-nous. »

80 39 Tournepierre à collier 80 40 Tournepierre à collier

Max : « Il est pas en plumage nuptial, lui. »

Léo : « C’est normal, on est en hiver. »

Max : « Léo, mon Léo, mon petit Léo, je te rappelle que le grand cormoran était en plumage nuptial, lui. Et on a déjà vu des mouettes qui rigolent avec leur tête brun-chocolat. »

Léo : « Chevalier, on voit pas beaucoup des zoisos. Qu’est ce qu’on fait ? On va ailleurs ? »

Max : « Avant, on fait une pause. Je voudrais m’asseoir encore sur les roches volcaniques du volcan qui explosait tout le temps. »

Le chevalier : « Tu n’as plus peur ? »

Max : « Non 🙂 Les géologues nous préviendraient si il y avait un risque 🙂 »

80 41 Raguenez 80 42 Les petizours

Léo : « Bon, on va où maintenant ? »

Le chevalier : « Nous retournons à Fort Lonnec. »

Max : « Ah oui ! Tu l’avais dit hier. Tu voulais trouver quelque chose qu’on avait pas vu. C’est quoi ? »

Le chevalier : « Tante Yvonne 🙂 »

Max : « Ta tata ? Il y a ta tata sur l’estran de Fort Lonnec ? »

Le chevalier : « Ce n’est pas ma tata 🙂 C’est Tante Yvonne. »

Max : « Ben ta tante, c’est ta tata. »

Léo : « Maxou, je crois que c’est pas une tante comme on le pense. C’est encore une histoire étrange. »

Max : « Une histoire bizarre plutôt. Bon, on y va. Je suis pressé de rencontrer Tante Yvonne. »

Le chevalier : « Vous savez, je ne suis pas sûr de la voir. Nous aurions dû la rencontrer quand nous sommes venus. »

Max : « Elle était peut-être partie faire une course. Bon allez, on y va maintenant. »

Le chevalier : « D’accord 🙂 Pochez-vous et faites une courte sieste le temps de la chevauchée. »

Max : « On y va bonome 🙂 A tout à l’heure 🙂 »

Un peu plus tard…

Le chevalier : « Mes petizours ! Nous sommes à Fort Lonnec ! La sieste est terminée ! »

Max : « Pfff… »

Léo : « Mmmmmm… Oh ! Il y a un goéland immature ! »

Max : « Oh non ! Bonome va encore perdre des cheveux 🙁 »

80 43 Goéland juvénile 80 44 Goéland juvénile

Léo : « Chevalier, c’est pas grave si tu trouves pas. Mais on va essayer quand même. Maxou, sors ton beau livre de zoisos s’il te plaît. Tu l’as pris j’espère ! »

Max : « Oui oui. Je l’ai mis dans le sacado de bonome. Mais tu m’aides à le sortir. Il est trop lourd pour moi. »

Le chevalier : « Laissez moi faire. Je ne voudrais pas que vous vous fassiez crabouiller par un beau livre. »

Max : « Merci bonome. Bon, ouvre-le à la page des Laridés. »

Léo : « Va directement au goéland argenté… Merci chevalier… Alors… Oui c’est ça. Je dirais goéland argenté premier hiver. »

Le chevalier : « Tu m’as l’air bien sûr de toi mon Léo. »

Léo : « Non, pas du tout 🙂 Mais j’hypothèse rapidement avant que tu te grattes le front et que tu t’arraches les cheveux 🙂 »

Max : « Bonome, tu feras quoi quand tu auras plus de cheveux sur le dessus du crâne ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou 🙂 Pourquoi me poses-tu cette question ? »

Max : « Parce qu’il y a un autre goéland immature là-bas 🙂 »

Léo : « On s’en fiche de savoir ce que c’est. On dit que c’est un beau zoiso rholala et c’est tout. De toutes façons il s’est envolé. »

80 45 Goéland juvénile 80 46 Goéland juvénile

Max : « Et les huîtriers-pies, tu connais les huîtriers-pies. Tu perds pas tes cheveux avec eux. »

Le chevalier : « Non, je ne perds pas mes cheveux 🙂 »

80 47 Huitriers pies

Léo : « Ils mangent des moules ? »

Le chevalier : « C’est possible. Leur bec est assez fort pour casser leur coquille… »

Max : « Tante Yvonne c’est pas un zoiso. Allez bonome, il faut la trouver. »

Le chevalier : « Alors nous devons remonter plus haut sur l’estran, aux pieds de la falaise. »

Max : « C’est pas prudent, ça. »

Léo : « Maxou… On va pouvoir fossiler là-bas 🙂 »

Max : « D’accord ! On y va ! »

80 48 Fossiles bizarres

Léo : « Regarde chevalier ! C’est les terriers horizontaux. Comment tu les appelles déjà ? »

Le chevalier : « Planolites. »

Léo : « Ah oui, c’est ça. Planolites. »

Max : « Et ça ? On a jamais vu ça ? C’est quoi ? »

80 49 Trilobites

Le chevalier : « Des coupes transversales dans la carapace dorsale de trilobites. »

Max : « Ça ? C’est des trilobites ? »

Léo : « Des coupes transversales dans leur carapace dorsale, Max. C’est juste une tranche de carapace. »

Max : « Des tranches de carapace 🙂 J’aime bien l’expression 🙂 Mais on a toujours pas vu Tante Yvonne 🙁 »

Léo : « Non, mais là, il y a un moulage externe d’un pygidium de trilobite. Viens voir Maxou. »

80 50 Trilobite 80 51 Trilobite

Max : « Rholala ! Ça c’est un beau pygidium 🙂 Bonome, on aurait dû prendre de la pâte à modeler pour faire des moulages des moulages externes. »

Léo : « Si je dis pas des erreurs, ça aurait donné la forme originelle. »

Max : « Un pygidium de trilobite en pâte à modeler. Bonome il va falloir se procurer de la pâte à modeler. »

Le chevalier : « D’accord. Tu la porteras dans ton beau sacado. »

Max : « Ça, ça veut dire que tu es pas super enthousiaste. »

Le chevalier : « Max, tu l’oublieras ou alors tu oublieras que tu l’as prise. Et comment conserverais-tu le moulage du moulage ? Par principe, la pâte à modeler est molle et ton beau moulage ne résisterait pas à la chevauchée. »

Max : « C’est vrai bonome. Encore une fois, tu as raison. »

Le chevalier : « Mais c’est quand même une bonne idée 🙂 »

Max : « 🙂 Ben oui, je sais. »

Léo : « Dites les patamodelistes, au lieu de papoter, venez voir ce que j’ai trouvé. »

Max : « On dirait une valve de bivalve. »

Léo : « Et il y a comme des petites dents sur le bord de la coquille. »

80 52 Bivalve

Le chevalier : « Les scientifiques disent effectivement que ce sont des dents. Mais pas des dents pour manger. Elles servent de charnière. Le nombre, la disposition et la forme des dents servent à la classification des Bivalves. Il me semble que de nombreuses petites dents caractérisent le groupes des taxodontes. »

Max : « Tu m’avais jamais parlé des dents des Bivalves… »

Le chevalier : « Je ne peux pas te parler de tout mon petitours… J’explique ce que nous voyons. »

Léo : « Chevalier, tu connais l’espèce ? »

Le chevalier : « Non 🙂 Mais ce fossile me fait penser à une espèce actuelle qui n’existait pas à l’époque. »

Léo : « Quelle espèce ? »

Le chevalier : « Le glyciméris. »

Max : « Tu as une foto ? Pour qu’on comprenne mieux. »

Le chevalier : « Oui Maxou 🙂 »

62689_glycymeris-concentrica

Léo : « Dites, on trouve pas Tante Yvonne. Elle est partie ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas. Elle était là l’an dernier. Je regrette de ne pas l’avoir fotoée. »

Max : « Tu as pas fotoé Tante Yvonne ? Çavapalatête ! Comment on va faire maintenant ? »

Le chevalier : « Vous allez vous asseoir et le vent va vous raconter l’histoire de Tante Yvonne. »

Léo : « Oh oui ! J’aime bien quand le vent nous raconte des histoires. »

Max : « Moi aussi, mais on a pas le droit de les répéter. Comment je vais faire pour graver mon blog ? »

Le chevalier : « Il y a une page sur Internet qui en parle. Je vais lui emprunter une foto et tu mettras le lien. »

Max : « Bonne idée 🙂 »

Le chevalier : « Installez-vous et écoutez. »

80 53 Les petizours DSCN6728v

L’histoire de Tante Yvonne

Princesse, le monsieur qui a raconté l’histoire de Tante Yvonne a fait un très beau travail. Mais il dit une erreur. C’est pas la faute du vent si le bateau a dérivé. C’était l’hiver et le vent soufflait fort. Il faisait bien son travail de vent. Si le bateau a dérivé c’est parce que les zoms l’avaient pas bien arrimé. Il a rien fait de mal le vent. C’est pas de sa faute. Il faut pas lui en vouloir. Il était désolé que le bateau vienne se fracasser contre la falaise de Fort Lonnec. Il aurait arrêté de souffler si il y avait eu des marins à bord. Mais là, le bateau était vide. Alors il a continué à faire sa mission. Tante Yvonne, la vraie, c’était une grande dame. C’est bien dommage que personne la connaisse. Elle a pas fait des grandes choses qui rentrent dans la grande histoire. Elle a été courageuse et intègre. C’est tout. J’aurais bien aimé la connaître et qu’elle soit ma tata à moi. Bonome dit que si je pense à elle souvent, elle sera ma tata pour toujours. Et quand il dit ça, il a les larmes aux yeux. Pourtant il l’a jamais rencontrée, Tante Yvonne. Il a juste vu un bloc moteur sur un estran et il a fait des recherches. Le bloc moteur est plus là. Il a dû être enlevé parce que des zoms trouvaient que ça faisait pas beau dans le paysage. Personne va jamais là-bas. Et puis ça entretenait la mémoire de Tante Yvonne. J’espère qu’elle sera jamais oubliée cette grande dame.

Léo : « Il est gentil le vent, de nous raconter de belles histoires. »

Le chevalier : « C’est parce que vous prenez le temps de l’écouter. »

Max : « C’est toi qui nous as appris. Moi, au début, j’aimais pas quand il y avait du vent. Et tu m’as expliqué. Et puis un jour que j’étais triste, il m’a caressé la joue et ça m’a fait du bien. Et toi, tu lui as souri, un jour, pas loin d’ici, parce qu’il t’embêtait. »

Le chevalier : « Tu te souviens de cette histoire ? »

Max : « Ben oui. J’aime bien la relire de temps en temps. Je te reconnais bien dans cette histoire. Maintenant, je connais la grand plage de Pen Hat et j’ai vu le Kastell. De loin, mais je sais que tu vas nous y emmener. Tu m’avais jamais parlé des korrigans. »

Le chevalier : « Non, c’est vrai 🙂 J’attendais d’être sur leur territoire. »

Max : « Tu as eu raison. Encore une fois 🙂 »

Léo : « Ben oui, les korrigans, on en parle aux Pays des Korrigans. Pas dans notre cabane. »

Max : « Mais maintenant qu’on les connaît, tu voudras bien nous raconter leurs aventures le soir, pour nous endormir ? »

Léo : « Oh oui ! Les aventures des korrigans ! »

Le chevalier : « Vous leur demanderez demain s’ils sont d’accord car, effectivement, je comptais vous emmener au Kastell. »

Léo : « Ils ont été incapables de résister à la tentation de venir observer le grand chevalier avec ses deux petizours… »

Max : « Alors ils voudront bien que tu nous racontes leurs aventures. »

Léo : « Et tu es un peu l’un des leurs… »

Max : « Tes oreilles t’ont trahi 🙂 »

Le chevalier : « D’accord 🙂 Mais pour le moment pochez-vous. Nous allons chevaucher jusqu’à la dernière étape de la journée. »

Léo : « Tu nous emmènes où ? »

Le chevalier : « A la pointe de Lostmarc’h, observer des roches volcaniques. »

Max : « Bonome, je n’ai rien contre cette idée. J’aime bien la géologie et j’aimerais bien voir les traces de volcanisme des temps anciens. Mais le temps se dégrade. Il tombe quelques gouttes et je pense que ça va être de pire en pire. »

Le chevalier : « Allons-y et nous verrons bien 🙂 »

Max : « D’accord. A tout à l’heure 🙂 »

Plus tard…

Max : « Bonome, pourquoi tu t’arrêtes là ? »

Le chevalier : « Pour aller à la Pointe de Lostmarc’h Maxou. »

Max : « Tu es sûr que c’est là ? Parce qu’on voit même pas la mer 🙁 »

Le chevalier : « Elle est un peu plus loin Max, quelques centaines de mètres tout au plus. »

Max : « Et tu vas encore marcher sur un chemin inondé. Et il pleut. Tu es certain d’avoir envie d’y aller ? »

Le chevalier : « Il ne tombe que quelques gouttes… »

Léo : « On a nos imperméables mais je crois que c’est quand même pas une bonne idée. »

Le chevalier : « Et bien moi, j’ai envie d’aller voir. »

Max : « D’accord, on y va… »

Léo : « On a pas le choix… »

Max : « Bonome, il pleut et tu fais rien qu’à ploufer tes pieds… »

Léo : « Ils vont être tout moisis. »

Le chevalier : « Et je ne pourrai plus vous emmener aux zoisos 🙂 Nous arrivons… »

Max : « Bonome, le vent souffle très fort. »

Léo : « Et il pleut de plus en plus. »

Max : « Le vent veut pas qu’on y aille… »

Le chevalier : « Je crois que vous avez raison… Asseyez-vous un instant sur ce gros rocher. »

80 54 Les petizours 80 55 Les petizours
80 56 Les petizours

Max : « Bonome, je veux rentrer, moi. Il pleut trop. »

Léo : « C’est pas rigolo. On voit rien du tout et on va être tout mouillés. »

Max : « Et on va attraper la maladie. »

Le chevalier : « D’accord, nous rentrons… »

Max : « Bonome, on est à notre monture. Pourquoi tu t’arrêtes ? »

Le chevalier : « J’ai vu un oiseau. »

Léo : « Un zoiso ? C’est qui ? Il est où ? »

Le chevalier : « Là, devant vous… »

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80 59 Accenteur mouchet 80 60 Accenteur mouchet

Max : « Pauvre zoiso ! Il est tout mouillé lui aussi 🙁 Bonome, il faut distribuer des imperméables aux zoisos. Ils peuvent pas rester comme ça. »

Le chevalier : « J’en parlerai à Princesse… »

Léo : « C’est un accenteur mouchet. »

Max : « Prunella modularis, Prunellidés ? »

Léo : « Oui Maxou, Prunella modularis, Prunellidés. »

Max : « Il est tout mouillé. »

Léo : « Nous aussi, malgré nos imperméables. »

Le chevalier : « Je sais. Allez, cette fois nous rentrons. »

De retour à la cabane…

Max : « Bonome, on peut aller nous coucher ? »

Le chevalier : « Déjà ? »

Max : « Oui, c’est à cause de la journée assez dense d’hier 🙂 »

Léo : « Et on s’est couchés tard parce qu’on t’a demandé de raconter l’histoire de la Bretagne. »

Le chevalier : « Allez-y. Je vous rejoins. »

Quand il nous a rejoints, on dormait déjà. Mais il nous a quand même fait nos bisous de bonnuit et il nous a gratté le front. Voilà Princesse. C’est une petite journée avec de la pluie. Mais c’était bien quand même. Et puis, maintenant, j’ai une tata, moi 🙂

Je t’embrasse Princesse et ne t’inquiète pas, on va bien.

Continuer la promenade

79.4 – Histoire de la Bretagne

De retour à la cabane les petizours sont allés dans leur chambre pour se coucher. Quelques instants plus tard le chevalier les y rejoint…

Le chevalier : « Vous ne dormez pas ? Je pensais que cette journée assez dense vous aurait épuisés 🙂 La promenade vous a plu ? »

Max : « Oulala oui ! »

Léo : « Rhooo oui ! C’était bien ! Rholala ! »

Le chevalier : « Vous n’êtes pas fatigués ? »

Max : « Si, bien sûr. Mais on arrive pas à dormir. On est tout énervés à cause de tout ce qu’on a vu aujourd’hui. On essayait de tout remettre en place. »

Léo : « Ben oui, parce qu’on a marché 300 millions d’années aujourd’hui:) »

Max : « Toi tu connais tout alors c’est facile. Mais nous on a un peu de mal à tout comprendre. »

Léo : « On aimerait bien que tu nous racontes l’histoire de la Bretagne. »

Max : « Avec des tas d’explications, des cartes et des documents bizarres… »

Le chevalier : « Maintenant ? A cette heure tardive ? »

Max : « Ben, on arrive pas à dormir alors autant en profiter. »

Léo : « Sauf si tu es trop fatigué… »

Le chevalier : « 🙂 Quelque chose me dit que vous ne me laisserez pas me coucher sans une belle histoire… »

Max : « Tu nous racontes alors ? »

Léo : « Tu veux bien ? »

Le chevalier : « J’accepte le défi. Mais ça ne va pas être facile. »

Max : « Pourquoi ? »

Le chevalier : « Pourquoi ? Mes petizours, nous avons exploré un petite partie de la Péninsule de Kraozon et vous me demandez l’histoire de la Bretagne ! »

Max : « Et alors ? Il est où le problème ? C’est la Bretagne Kraozon, non ? »

Le chevalier : « Un tout petit morceau de Bretagne. Et, pour un géologue, la Bretagne est elle-même un morceau d’un ensemble plus vaste appelé le Massif Armoricain. »

Léo : « C’est quoi le Massif Armoricain ? »

Le chevalier : « Un petite partie de la chaîne hercynienne méridionale… »

Max : « Bonome… »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Tu vas y arriver 🙂 »

Le chevalier : « C’est gentil Maxou 🙂 Mais je me demande quand même si tu ne me surestimes pas un peu… »

Max : « Mais non ! »

Le chevalier : « 🙂 Regardons d’abord une carte géologique de la France. »

79.4 01 Carte géologique de la France

Léo : « Vraiment, moi j’aime beaucoup les cartes géologiques. J’en tapisserais bien les murs de ta cabane chevalier. »

Le chevalier : « J’en ai déjà affiché 🙂 »

Max : « Pourquoi nous montres-tu cette carte ? On étudie Kraozon nous, pas toute la France. »

Le chevalier : « Je sais Max. C’est peut-être pour t’exprimer mon désarroi. »

Max : « Pourquoi tu désarroises ? »

Le chevalier : « Parce que je dois raconter l’histoire de la Bretagne à partir de 3 km de côtes explorées à Kraozon… »

Max : « Pfff… Tu vas nous faire ça aux petits oignons 🙂 »

Le chevalier : « Aux petits oignons ? »

Max : « Oui, aux petits oignons 🙂 »

Le chevalier : « Tu sais que la cuisine n’est pas ma spécialité Maxou 🙂 »

Léo : « Hé ! Ho ! Il y a la carte géologique de la France là ! Je veux des explications moi ! »

Le chevalier : « Elles arrivent Léo 🙂 Voyez-vous les zones à dominantes rouges ? »

Max : « Ben oui ! »

Le chevalier : « C’est la chaîne hercynienne. Ou plutôt les chaînes hercyniennes. Elles se sont mises en place aux cours du Paléozoïque. »

Max : « Pourquoi tu dis LES chaînes ? »

Le chevalier : « Parce qu’il y en a deux. La chaîne septentrionale et la chaîne méridionale. La première comprend les Ardennes. La seconde comporte le Massif Armoricain, le Massif Central, les Vosges, les Pyrénées, la Montagne Noire… »

Léo : « Si je me souviens bien ce que tu nous expliqué, quand il y a une chaîne de montagnes c’est qu’il y avait un océan. Donc, il y a eu deux océans. »

Le chevalier : « Oui. L’Océan Centralien et l’Océan Rhéique. »

Max : « Et on les voit à Kraozon ? »

Le chevalier : « On en devine un… »

Léo : « Chevalier, de part et d’autre d’un océan il y a des continents. Ici, il y a deux océans. Alors il doit y avoir trois continents. Tu peux nous les présenter ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. Au sud du Massif Armoricain, du Massif Central et des Vosges, il y a un vaste continent appelé Gondwana. Au sud des Ardennes, il y a Armorica et, au nord, c’est Avalonia. »

Max : « Armorica c’est la Bretagne ? »

Le chevalier : « Et le socle du Bassin Parisien… »

Max : « D’accord. On revient à la Bretagne s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Au Massif Armoricain. Regardez une carte… »

79.4 02 Carte du Massif Armoricain

Max : « Il déborde de la Bretagne le Massif Armoricain. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Il faut ajouter le Cotentin, le Bocage Normand, l’Anjou et la Vendée. »

Max : « Et Kraozon c’est tout au bout 🙂 »

Le chevalier : « Regardons un peu l’organisation de ce massif. Peut-être voyez-vous les deux ensemble de failles. »

Max : « Ce sont les traits noirs ? »

Le chevalier : « Oui. »

Léo : « Il y en qui vont du Bocage Normand à Brest. »

Le chevalier : « C’est la zone broyée nord armoricaine. »

Max : « Et il y en a d’autres de la Vendée à la Pointe du Raz. »

Le chevalier : « C’est la zone broyée sud armoricaine. Ces zones broyées coupent le Massif Armoricain en trois ensembles : le domaine nord-armoricain, le domaine médio-armoricain et le domaine sud-armoricain. Pour simplifier on peut regrouper les deux premiers en un seul domaine : le domaine nord et médio armoricain. C’est à ce domaine qu’appartient Kraozon. »

Léo : « D’après la légende le sud et le reste sont pas tout à fait pareils. »

Le chevalier : « Bien vu mon Léo. Le nord et médio est formé d’un socle briovérien et d’une couverture sédimentaire. Le briovérien est d’une couleur indéterminée 🙂 C’est tout en bas des roches sédimentaires dans la légende. Au sud, il s’agit d’un édifice de nappes. Mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet. »

Max : « Vu ta tête tu t’étendrais plutôt sur ton lit 🙂 »

Léo : « Non non non ! Tu racontes l’histoire ! Tu dormiras plus tard ! »

Le chevalier : « Vous n’êtes pas trop fatigués ? »

Max : « On s’en fiche. On dormira demain… »

Léo : « Et puis tu vas pas t’arrêter maintenant quand même ! »

Max : « Et pourquoi tu veux pas t’étendre sur le domaine sud-armoricain ? »

Le chevalier : « Pas envie d’expliquer ce qu’est un édifice de nappes… C’est un peu trop complexe. Et puis il faut savoir que cet édifice n’est pas à sa place. La zone broyée sud armoricaine a décalé les deux domaines de plus de 200 km. »

Max : « DEUX CENT KILOMÈTRES ! LES DEUX MORCEAUX DE FRANCE SE SONT DÉCALÉS DE 200 Km !!! »

Le chevalier : « Oui 🙂 alors forcément ça complique tout. »

Léo : « Oulala… Oulala… Oulaaaaalaaaaa… »

Le chevalier : « Pauvre Léo 🙂 Je résume. Nous sommes en présence de deux ensembles séparés par de gigantesques failles. La péninsule de Kraozon appartient au domaine nord et médio armoricain. On y trouve un socle briovérien et une couverture sédimentaire paléozoïque. Avez-vous des questions ? »

Max : « Euh… Non, pas là. Et toi Léo ? »

Léo : « Pas de questions… J’attends la suite… »

Le chevalier : « Bien, alors maintenant que j’ai présenté la structure actuelle de la chaîne, je vais pouvoir passer à son histoire. Je vous présenterai donc les roches sédimentaires qui se sont déposées sur le socle briovérien puis nous étudierons les roches magmatiques. Ensuite, nous pourrons proposer un modèle d’évolution de la chaîne au cours du Paléozoïque. »

Max : « Tu as pas annoncé de présentation de l’histoire de la chaîne cadomienne. Tu veux pas le faire ? »

Le chevalier : « Non Maxou. C’est trop compliqué pour moi. »

Max : « Trop compliqué pour toi ? Il y a des choses trop compliquées pour toi ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Max : « Mais tu as pas vu sa formation à la chaîne cadomienne ? »

Le chevalier : « Non, je n’étais pas né ! »

Max : « Alors ça nous renseigne sur ton âge. Tu es venu au monde au début du Paléozoïque… Peut être à la toute fin du Protérozoïque. Ça te fait donc entre 650 et 500 millions d’années 🙂 Tu es plutôt en forme pour un si vieux bonome. »

Le chevalier : « Merci mon petitours. Le compliment me touche. »

Max : « Quand on peut faire plaisir… »

Léo : « On revient à l’histoire de la chaîne s’il vous plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo. Commençons par le Cambrien. »

Max : « Bonome, il y a pas de roches qui datent du Cambrien en Kraozon. »

Le chevalier : « Non, mais il y en a au nord du Massif Armoricain. J’ai pu en observer dans l’Orne. Ou le Calvados, je ne me souviens plus… Ce sont des poudingues. »

Max : « Des poudingues ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Le continent était émergé et les produits de l’érosion de la chaîne cadomienne s’étaient accumulés. Quand la mer est venue, sa profondeur était assez faible. Les galets ont été roulés par les marées, les vagues, les tempêtes. Ils ont été usés et on pris une forme arrondie. Ils se sont ensuite déposés dans un ciment argileux. La roche qu’il ont ainsi formée est un poudingue. Les poudingues montrent toujours le début d’une transgression marine. Par endroits, des calcaires succèdent à ces poudingues. L’épaisseur des dépôts est très importante ce qui laisse penser que le fond de la mer s’est enfoncé. A la fin du Cambrien la mer se retire et la sédimentation s’arrête. »

Max : « Après c’est l’Ordovicien et les grès armoricains. »

Léo : « Maxou, tu oublies les schistes pourprés qu’on a vus au Cap de la Chèvre. »

Max : « C’est vrai ! »

Le chevalier : « Ils correspondent à des dépôts fluviatiles puis deltaïques. »

Léo : « C’est quoi deltaïque ? »

Le chevalier : « Un delta est un cas particulier d’embouchure de fleuve. Il se forme lorsque le fleuve apporte beaucoup de sédiments. Ceux-ci se déposent et forment des amas de dépôts qui conduisent le fleuve à changer de cours. Ici la situation était d’autant plus compliquée que le delta comportait une partie fluviatile et une partie marine. »

Léo : « Alors un delta c’est la fin d’un fleuve avec des tas de petits bouts de fleuve un peu partout qui changent tout le temps d’endroits parce que les sédiments bouchent le passage de l’eau et elle doit passer à côté. »

Le chevalier : « C’est ça mon Léo. Puis, petit à petit la mer est venue recouvrir la région et les sables de l’Arénig sont venus se déposer. »

Max : « La mer est arrivée ! »

Léo : « Mais pourquoi la mer arrive et pourquoi il y a eu des centaines de mètres de dépôt ? »

Le chevalier : « Parce qu’une distension crustale a commencé. Ou plutôt elle s’est poursuivie puisqu’elle avait débuté au cours du Cambrien. Mais nous verrons cela plus tard. Ensuite la sédimentation a changé. »

Max : « Ce sont des argiles qui se sont déposées et après elles ont donné les schistes de Postolonnec. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Les sables provenant de l’érosion de la chaîne cadomienne n’arrivaient plus jusqu’ici. »

Léo : « Pourquoi ? »

Le chevalier : « Un fossé séparait le Massif Armoricain du continent sur lequel se trouvait la chaîne cadomienne. »

Max : « C’est un des océans ? »

Le chevalier : « Pas encore tout à fait à ce moment… Mais ce sera l’Océan Centralien. Kraozon, et le domaine nord et médio Armoricain, se trouve donc à la marge sud d’un petit continent. »

Léo : « Celui que tu as appelé Armorica tout à l’heure ? »

Le chevalier : « C’est ça. Mais le niveau de la mer diminue et la sédimentation redevient sableuse. »

Max : « Et c’est le dépôt des sables à l’origine des grès de Kermeur. »

Le chevalier : « Oui 🙂 Les figures sédimentaires montrent un milieu peu profond et de nombreux va-et-vient de la mer. On parle de transgressions et régressions. Ensuite il y a de nouveau un approfondissement du bassin. »

Léo : « Et ce sont des argiles qui se sont déposées. Elles ont donné les Schistes du Cosquer. »

Max : « Et les slumps et les dropstones montrent des mouvements tectoniques et une glaciation. »

Le chevalier : « Toujours exact. Puis vient une autre régression généralisée. »

Max : « Comme le niveau de la mer a encore baissé, la sédimentation est redevenue sableuse et il y a eu les Grès de Lamm Saoz. »

Le chevalier : « Et nous arrivons à la fin de l’Ordovicien. La sédimentation reprendra au Silurien. »

Max : « Avec les ampélites… »

Léo : « Qui montrent une mer pauvre en oxygène… »

Max : « Et il y avait pas d’animaux qui vivaient au fond de l’eau. »

Léo : « Il y avait juste les graptolites en surface. »

Le chevalier : « Bravo mes petizours 🙂 Puis, petit à petit, la sédimentation est redevenue gréseuse et la teneur en dioxygène a de nouveau augmenté. Il faut savoir que pendant le Silurien l’épaisseur des dépôts a été assez constante dans tout le Massif Armoricain ce qui laisse penser que la distension crustale s’était arrêtée. »

Max : « Après il y a eu les Schistes et Calcaires de l’Armorique. Et on a vu des fossiles de coraux. Et il me semble me souvenir que les calcaires sont des accumulations de petits morceaux d’algues microscopiques. Et que ces algues se développent dans des eaux plutôt chaudes. »

Léo : « ça veut dire que le Massif Armoricain, ou plutôt l’Armorica, est remonté vers l’équateur. »

Max : « Mais après on a pas vu. On sait pas la fin du Dévonien. Ni le Carbonifère. »

Léo : « Tu nous dis s’il te plaît. »

Le chevalier : « A la fin du Dévonien il y a une nouvelle régression généralisée sur tout le massif. Je ne connais pas le Carbonifère du Massif armoricain. Je sais qu’il est discordant, riche en charbon et produits volcaniques recouverts de calcaires. »

Max : « Discordant c’est quand une couche repose sur une couche penchée ou pliée. Il y a donc eu de la tectonique quelque part soit à la fin du Dévonien, soit au début du Carbonifère. »

Le chevalier : « Voilà ce que nous pouvons dire des roches sédimentaires. »

Léo : « Maintenant il faut parler des roches magmatiques. »

Max : « On en a vu à la Pointe de Raguenez. C’était des dolérites. »

Léo : « Et au four à chaux. Il y avait des basaltes sous-marins. »

Max : « Et il y a d’autres dolérites dans les Schistes de Postolonnec à Port Lonnec. »

Le chevalier : « Exact 🙂 Vous souvenez vous des âges ? »

Max : « Caradoc ! »

Léo : « Et un peu après… A l’Ashgill ! »

Le chevalier : « Quelle mémoire ! »

Max : « Oui 🙂 »

Léo : « C’est la fin de l’Ordovicien. »

Le chevalier : « Et comment interprétez-vous ces venues magmatiques ? »

Max : « Ben, tu nous l’a expliqué ! C’est la distension de la croûte. »

Le chevalier : « Vous m’impressionnez ! Quelle efficacité malgré l’heure tardive ! Mais il faut que je vous parle d’autres roches magmatiques. On les voit sur la carte du Massif Armoricain. Elles sont en vert vif. Ce sont les ophiolites. »

Léo : « Oui, j’avais vu tout à l’heure. C’est quoi des ophiolites ? »

Le chevalier : « Des roches que j’aurais dû vous montrer avant de venir en Bretagne. On peut en observer dans les Alpes, sur les pentes du Mont Chenaillet. »

Max : « Bonome, tu aurais pas voulu qu’on fasse un détour par les Alpes en venant en Bretagne. Ça va pas la tête ! »

Léo : « Tu as toujours pas dit… C’est quoi les ophiolites ? »

Le chevalier : « Pour faire simple, ce sont des morceaux de croûte océanique. »

Max : « Des morceaux de croûte océanique ? C’est des petits morceaux du fond d’un océan ? Et comment ils sont venus là ? »

Le chevalier : « La tectonique Maxou, la tectonique ! »

Max : « Tu veux pas en dire plus ? »

Le chevalier : « Plus tard, lors de l’histoire de la Bretagne. Pour le moment retenez qu’il y a des ophiolites le long de la suture entre les domaines nord et médio armoricain et le domaine sud armoricain et qu’on en retrouve aussi en Cornouaille, au Cap Lizard. »

Léo : « Pourquoi elles sont importantes ces ophiolites ? »

Le chevalier : « Parce qu’elles nous indiquent l’existence et la localisation des deux océans dont je vous ai parlé. Et parce qu’elles les datent de l’Ordovicien. »

Max : « Et il y en a d’autres des roches magmatiques ? »

Le chevalier : « Oh oui ! Revenons une fois de plus à la carte géologique du Massif Armoricain. La légende indique des roches intrusives et on peut voir qu’il y en a beaucoup représentées en rouge vif. »

Léo : « Oui, surtout au sud, le long de la zone broyée sud armoricaine. »

Max : « Un peu au nord aussi… Et au centre. Mais surtout dans la partie ouest du massif. »

Léo : « Les roches intrusives tu nous a expliqué que c’est quand le magma reste en profondeur et qu’il met longtemps à cristalliser. »

Max : « Il vient d’où tout ce magma ? »

Le chevalier : « Bonne remarque et bonne question 🙂 Vous avez compris que le Massif Armoricain a été une chaîne de montagnes. A vrai dire, c’était plutôt l’arrière pays de la chaîne. Une chaîne de montagnes se caractérise par son altitude. Les montagnes sont hautes. Mais en profondeur, il y a une racine. A peu près symétrique aux sommets. Et il y a donc une forte pression qui s’exerce sur les roches, à cause de l’épaisseur des roches mais aussi à cause des mouvements de compression à l’origine des montagnes. Et toute cette pression fait augmenter la température ce qui fait qu’en profondeur les roches fondent. C’est ce qu’on appelle l’anatexie. Elle donne naissance à des magmas qui, bien souvent, restent bloqués en profondeur. Ils remontent un peu, pas beaucoup… Et il leur faut des millions d’années pour se refroidir et cristalliser. »

Léo : « Alors il y a plein de gros cristaux et pas du tout de verre. C’est ce que tu nous a expliqué à la Pointe de Raguenez. »

Le chevalier : « Oui mon Léo. En se refroidissant ils donnent naissance à des roches à gros cristaux imbriqués les uns dans les autres. Ce sont des granites. »

Max : « Alors toutes les taches rouges sur la carte sont des granites qui se sont formés en profondeur par fusion des roches au fond de la chaîne de montagnes ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Et si on les voit maintenant c’est à cause de l’érosion ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « Rholala ! »

Max : « Bonome, tu dis que la fusion se fait en profondeur. Quelle profondeur ? »

Le chevalier : « Plusieurs kilomètres… »

Léo : « L’érosion a enlevé plusieurs kilomètres de roches ! Rholalaaaa ! »

Max : « C’est combien plusieurs kilomètres ? »

Le chevalier : « A quelle profondeur a lieu l’anatexie ? Tout dépend de la nature des roches, de la température et de la pression ainsi que de la présence d’eau. Au moins 5 km… »

Max : « Il y a des granites à Kraozon ? »

Le chevalier : « En un seul site. C’est l’île Longue. Mais nous n’irons pas l’explorer. Il y a une base de la Marine Nationale qui abrite des sous-marins nucléaires. Je ne pense pas que les militaires nous laisseraient inspecter le granite 🙂 Pour l’anecdote, il y a eu plus d’une dizaine de carrières qui exploitaient ce granite. Au 19ème siècle 500 000 pavés partaient chaque année pour le pavage des quais et des rues de Brest et de Rochefort 🙂 »

Max : « La Ville-Arsenal ? En Charentmaritimie ? Alors si on veut étudier le granite de l’Île Longue en Kraozon, il faut observer les pavés de la Ville-Arsenal en Charentmaritimie 🙂 Bonome, quand on y retournera tu pourras fotoer les pavés s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou ! Je me mettrai à genoux pour fotoer et je passerai pour un fou 🙂 »

Max : « La Science mérite bien ce petit sacrifice 🙂 »

Le chevalier : « Je te laisserai faire alors 🙂 »

Max : « D’accord ! Et on sait de quand ils datent ces granites ? »

Le chevalier : « Oui, du Carbonifère. »

Léo : « Ce qui veut dire que c’est au Carbonifère que la chaîne s’est formée. Rholala, on a bien avancé dans l’histoire de la Bretagne ! »

Le chevalier : « Dans la nuit aussi ! »

Max : « On s’en fiche. Demain, on fera une petite journée. »

Léo : « On fait quoi demain ? »

Le chevalier : « Petite journée 🙂 La marée sera basse en fin d’après-midi. Je propose d’aller voir les oiseaux de l’Aber en attendant. Puis nous passerons à Postolonnec. Il y a quelque chose que je n’ai pas vu quand nous y sommes allés… Puis nous irons à Lostmac’h voir un volcanisme de distension. »

Max : « On pourra se lever tard alors. Tant mieux ! Reprenons l’histoire de la Bretagne. »

Léo : « Oui ! Maintenant qu’on a vu la structure actuelle de la chaîne et les différents types de roches, il faut proposer un modèle pour l’évolution de la chaîne. »

Max : « Tu vas tout nous dire du Protérozoïque terminal au Carbonifère. Avec des cartes et des schémas. Allez, au travail. Tu as 300 millions d’années à nous raconter alors je te conseille de pas traîner bonome 🙂 »

Le chevalier : « Je ne sais pas par où commencer… »

Max : « Ben, commence par le Protérozoïque terminal, vers 700 millions d’années, quelque chose comme ça… »

Le chevalier : « Pourquoi pas:) A cette époque, tous les continents sont réunis en un vaste supercontinent appelé Rodinia. Ce supercontinent est centré au pôle sud. »

Max : « Rodinia, c’est du grékancien ? »

Le chevalier : « Non, du russe actuel 🙂 Ça signifie Terre mère. »

Max : « Tu as une carte qui montre Rodinia ? »

Le chevalier : « Je n’en ai pas trouvé 🙁 »

Max : « Zutalor ! »

Le chevalier : « A part celle-ci 🙂 »

79.4 03 Rodinia

Le chevalier : « Toujours au Protérozoïque, trois continents se détachent de Rodinia. Ce sont Laurentia (Amérique du Nord), Siberia (Sibérie orientale) et Baltica (Europe du Nord). Le supercontinent qui reste centré sur le pôle sud est alors appelé Gondwana. »

Max : « Encore un nom bizarre. Pfff… »

Le chevalier : « Peut-être 🙂 Voulez-vous voir une carte. J’en ai trouvé une belle. »

Léo : « Tu nous la montres s’il te plaît ? »

Le chevalier : « La voici… »

79.4 04 Cambrien supérieur

Max : « On voit pas le continent au pôle ! »

Léo : « Non, mais on voit Armorica (en bleu) et Avalonia (en orange) ! Ils étaient côte à côte ! »

Le chevalier : « Oui, sur la marge nord du Gondwana. On voit que Armorica est séparé du Gondwana par une petite mer épi-continentale. »

Max : « C’est quoi encore une mer épi-continentale ? »

Le chevalier : « C’est une mer qui appartient à un continent. Ce n’est pas un océan. Cette mer est le résultat de la distension crustale. Regardez, j’ai un schéma qui montre ce genre de mer actuelle. »

79.4 05 Distension crustale

Léo : « D’accord. C’est parce qu’il y a eu une petite distension. La croûte continentale s’est étirée et amincie et du coup, l’eau de l’océan est venu remplir l’espace. »

Max : « Mais Avalonia est séparée du Gondwana par un océan ! »

Le chevalier : « Oui ! C’est l’océan Rhéique ! »

Léo : « Chevalier, c’est dans la mer entre Armorica et Gondwana que les sédiments à l’origine de toutes les roches que nous avons vues se sont déposées ? »

Le chevalier : « Oui et non. A l’Ordovicien inférieur, il s’agit bien d’une mer. Les sables provenant du Gondwana viennent s’y déposer. »

Léo : « Et ils donneront les Grès Armoricains de l’Arénig ! »

Le chevalier : « Tout à fait ! Mais ensuite la sédimentation change. Les sables issus du Gondwana n’arrive plus jusque la marge sud d’Armorica. »

Max : « C’est parce qu’un fossé s’est formé ! »

Le chevalier : « On peut même parler d’un océan. C’est l’Océan Centralien ou Océan médio-Européen ! »

Max : « On a nos deux océans ! »

Léo : « Et nos trois continents ! »

Le chevalier : « Pour Avalonia et Armorica, qui sont peu étendus, les géologues parlent plutôt de terranes. »

Max : « Tu parles de terranes si tu veux. Je veux pas te contrarier moi. Tu as une autre carte ? »

Le chevalier : « Oui ! »

79.4 06 Ordovicien

Léo : « Le grand océan Iapetus a rétréci. Et Avalonia, en orange, s’est soudé à Baltica. Tous les deux ils forment le nord de l’Europe actuelle. »

Max : « Ça fait bizarre de voir la France comme ça… On voit pas bien le sud mais il est au Gondwana. Il y a une petite bande qui se balade entre deux océans. »

Léo : « C’est Armorica ! »

Max : « Oui. Et le nord est quelque part de l’autre côté d’un autre océan ! Et dire qu’il y a des zoms qui disent que la France est éternelle ! »

Léo : « Max, tu as vu à gauche de la carte ? C’est l’Amérique du Sud ! »

Max : « Mais… Elle est à l’envers ! Ça va pas du tout ça bonome ! »

Le chevalier : « On s’en fiche de l’Amérique du Sud. Elle se remettra bien toute seule dans le bon sens. Revenons à la France. Vous voyez que le domaine sud-armoricain se situe sur la marge nord du Gondwana. »

Léo : « Et les domaines nord et médio Armoricain sont en Armorica 🙂 »

Max : « La Vendée et la Bretagne étaient pas sur le même continent ! Oulala ! Si un jour on va voir les roches paléozoïques de Vendée on étudiera donc la marge nord gondwanienne ! »

Léo : « Rholala ! J’irais bien en Vendée moi ! Pour changer de continent 🙂 »

Max : « Mais bonome ! La Charentmaritimie, c’est le Gondwana ! On va en vacances au Gondwana nous 🙂 Il faut dire ça à tes collègues de la schola quand ils te parlent de tes vacances. ‘Alors, c’était bien les vacances ? Tu es parti ? Tu es allé où ?‘ ‘Oh tu sais, mes petizours et moi, on est allés au Gondwana, comme ça. On aime bien le Gondwana nous. On y va souvent. On y a une petite cabane. C’est charmant. C’est un autre continent mais on s’y fait.‘ Puis tu expliques rien du tout et tu les laisses se demander où c’est le Gondwana. Comme ça, on rigolera bien ! »

Le chevalier : « 😀 C’est une bonne idée mon Maxou. Je ferai ça à la grande rentrée 🙂 »

Léo : « On s’éloigne un peu de l’histoire de la Bretagne là 🙂 »

Le chevalier : « Je suis fatigué moi. J’en ai assez de cette histoire. L’essentiel est dit. »

Léo : « Moi aussi je suis fatigué et j’irais bien me coucher. Mais il faut finir l’histoire chevalier. C’est pas ton genre de t’arrêter en chemin. »

Le chevalier : « Je termine alors. Nés à peu près simultanément, les deux océans vont cependant connaître une histoire complètement différente. L’océan Rhéique ne va cesser de s’élargir pendant tout le reste de l’Ordovicien amenant finalement Avalonia en collision avec la Laurentia vers – 420 Ma. Le second, l’océan centralien, restera très étroit de telle sorte que Gondwana et Armorica vont demeurer côte à côte dans tous leurs déplacements. Ces deux océans disparaîtront également à peu près en même temps. D’abord l’océan Rhéique. Il y aura collision entre Avalonia et le nord d’Armorica. C’est à ce moment que les ophiolites du cap Lizard se mettront en place. Puis il y aura collision du sud du continent néo-formé avec le nord du Gondwana. La fermeture des ces océans a eu lieu à la limite du Silurien et du Dévonien. Voilà, la Bretagne est formée et l’histoire est terminée. »

Max : « Tu es fatigué toi 🙂 »

Le chevalier : « Pourquoi dis-tu cela ? »

Max : « Elle est un peu rapide la fin de ton histoire 🙂 »

Le chevalier : « Un peu, oui 🙂 Mes petizours, il est temps d’aller nous coucher. »

Léo : « Chevalier, elle était bien cette journée un peu dense 🙂 »

Le chevalier : « Elle t’a plu ? »

Léo : « Rholala oui ! C’est drôlement bien. On a vu des tas de choses et de très beaux paysages. Et j’ai bien aimé ton histoire. »

Max : « Bonome. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Tu es le plus grand de tous les chevaliers 🙂 »

Le chevalier : « Merci mon Maxou 🙂 Allez, au lit maintenant ! »

Max : « Bonnuit mon bonome. »

Le chevalier : « Bonnuit mes petizours. Faites de beaux rêves. »

Continuer la promenade

Merci au professeur Jean Dercourt qui m’a fait aimer la géologie et qui m’a fait comprendre l’importance d’un plan.