Penmarc’h (1)

Max : « Bonjour bonome ! »

Le chevalier : « Bonjour mes petizours. Déjà levés ? »

Léo : « Ben oui 🙂 On a hâte d’aller inspecter le pays Bigouden. »

Yann : « Puis-je faire une remarque ? »

Max : « Bien sûr Yann ! »

Yann : « On parle plus de Cap Caval que de pays bigouden. Ça fait plus historique. Pays bigouden c’est un peu pour les touristes. »

Max : « Comment tu sais ça toi ? »

Samuel : « Cousin Max, je te rappelle que cousin Yann est notre cousin Breton. »

Max : « Oui mais il vient du Pays de Penthièvre ! »

Léo : « Et alors ? Ça l’empêche pas de connaître le reste de la Bretagne. »

Max : « Bien. Bon, d’accord. On est donc en Cap Caval. On y va bonome ? »

Léo : « Tu ne demandes pas où on va ? »

Max : « Pas la peine 🙂 Longue chevauchée hier donc pas de monture aujourd’hui. Bonome va se dégourdir ses longues pattes de Tringa megapus dans le secteur. Vous avez vu sa tête ? Les cernes et tout ça… Il a besoin de caféine notre bonome. On va donc commencer par aller au village pour ses 18 premiers cafés. Évidemment il va trouver un prétexte quelconque pour étaler sa science mais en touristant. Ensuite, on ira au bord de la mer. C’est juste là. Là-bas, il y a le phare. Il va vouloir y aller. Mais comme il a besoin de marcher pour se vider la tête – qui est déjà vide du fait que son cerveau est tout fondu parce qu’il porte jamais sa casquette – il va dépasser le phare. Il faudra qu’on le surveille un peu parce que sinon il va marcher huit jours de suite sans s’arrêter. Sauf qu’il va falloir qu’il fasse une pause pour ses 22 cafés suivants. Ensuite, on va faire le retour par le bord de mer. Voilà voilà 🙂 »

Léo : « 🙂 Bonne analyse Maxou 🙂 »

Samuel : « Tu connais bien ton bonome cousin Max. »

Yann : « Ben moi ça me va comme programme 🙂 »

Max : « On y va alors ? »

Le chevalier : « On y va ! Mais si ça ne vous dérange pas j’ajoute un petit détour sur le chemin du village. »

Samuel : « Tu veux aller où ? »

Le chevalier : « Il y a un marais signalé sur la carte. On peut y passer si vous voulez. »

Max : « Un marais ? Avec des zoisos ? »

Le chevalier : « Je ne connais pas Max. Je ne peux pas garantir qu’il y a des zoisos. »

Max : « On va voir quand même ! »

Bon, il était pas terrible ce marais. Une looongue route toute droite avec des plans d’eau et des prairies plus ou moins inondées. On y est pas restés longtemps. Voici les quelques fotos présentables que bonome y a fait.

Moineau domestique (Passer domesticus, Passéridés)

Moineau domestique (Passer domesticus, Passéridés)

Tarier pâtre (Saxicola rubicola, Muscicapidés)

Accenteur mouchet (Prunella modularis, Prunellidés)

Ensuite on est allés au village. Parce que Penmarc’h c’est pas vraiment une ville. Je comprends pas bien. Il y a des quartiers avec des noms, des panneaux… On a commencé par Saint-Guénolé. Et on a vu une église. Enfin, une église…

Yann : « Oulala ! C’est quoi cette tour carrée ? »

La Tour Carrée

La Tour Carrée

Le chevalier : « C’est la Tour Carrée de Saint-Guénolé. »

Max : « Merci bonome. On sait donc que cette tour carrée est la Tour Carrée. On a fait des progrès là. »

Léo : « C’est le reste d’une église ? On dirait le massif occidental. Entrée à deux porches mais pas de statue au trumeau. Les piédroits se prolongent par des voussures en arcs-brisés. Le tympan est pas décoré mais il est surmonté d’un gâble. Des gros contreforts avec des niches superposées mais sans statues. Tiens, il y a des pinacles au deuxième niveau des contreforts. C’est original ça. »

Max : « Qu’est ce qu’il dit ? »

Le chevalier : « Tu maîtrises bien le vocabulaire de l’architecture religieuse mon Léo. »

Léo : « C’est du gothique. Tardif mais gothique quand même. On a déjà visité des églises gothiques. Et parfois je m’ennuie… »

Max : « Et alors ? Moi aussi. C’est pas pour ça que je parle comme toi. »

Léo : « Toi quand tu t’ennuies tu embêtes tout le monde 🙂 Moi je lis. Et si tu connaissais un peu plus ton bonome, tu saurais qu’il a écrit des pages et des pages sur la Grande Église de Saint-Denis. Et c’est du gothique… »

Yann : « L’étendue de ta culture m’impressionne Léo. »

Léo : « Elle est pas si étendue que ça 🙂 J’ai des bases mais il faudrait que j’étudie un peu plus. On peut voir des détails ? »

Le chevalier : « Si tu veux Léo. Approchons-nous… »

Max : « Ah bah le voilà le prétexte ! Pfff… Qu’est ce que tu vas trouver à raconter à partir des détails ? »

Le chevalier : « Il faut déjà que je les observe 🙂 »

Max : « J’ai une idée. Tu fotoes tout ce que tu veux. Et après, pour ton exposé interminable et soporifique, on va à la taverne. Tu pourras assouvir tes deux vices préférés : te caféiner et nous assommer avec tes longs discours. Évite de pétuner s’il te plaît. »

Samuel : « C’est une bonne idée ça cousin Max. »

Le chevalier : « Alors c’est d’accord. On fait quand même le tour. »

La Tour Carrée

La Tour Carrée

Max : « Tu as tous les détails que tu veux mon bonomou ? »

Le chevalier : « J’en ai quelques uns 🙂 »

Yann : « Il en reste pas grand-chose de cette église… »

Samuel : « Tu connais son histoire ? Tu sais pourquoi elle est dans cet état ? »

Max : « Bien sûr qu’il sait ! Il va tout raconter son histoire et ça va prendre des heures et des heures. ‘Tout commence par un beau soir d’été dans la Grèce antique’… »

Le chevalier : « 🙂 Toutes mes histoires ne commencent pas par un beau soir d’été dans la Grèce antique, si ? »

Max : « Euh… Parfois le ciel est couvert mais c’est quand même la Grèce antique. Tu oublieras pas notre chocolat bonome. »

Léo : « Dites, on est quatre petizours maintenant. On pourrait pas avoir deux chocolats ? »

Max : « Bonne idée ! Je voudrais voir ta tête mon bonome quand tu vas commander deux cafés et deux chocolats avec quatre pailles alors que tu es tout seul 🙂 Tous les taverniers que tu as croisés pensent que tu es fou dans ta tête 😀 »

Yann : « Surtout quand on s’installe face à toi sans bouger et que tu nous parles 🙂 »

Léo : « On arrive. »

Quelques minutes plus tard…

Max : « On t’écoute bonome. »

Le chevalier : « Que voulez-vous que je vous raconte ? »

Max : « Bah… L’église et les détails voyons ! »

Le chevalier : « L’église et les détails. D’accord. Donc il y a une église. Ou plutôt un reste d’église. Et dessus il y a des détails. Voilà. Ce n’était pas trop long ou soporifique ? »

Samuel : « Et vlan cousin Max ! »

Max : « Vlan rien du tout ! Bon, va t-il falloir que je me fâche pour que tu racontes ? »

Yann : « Cries pas Maxou. Ça me fait mal aux oreilles. »

Max : « Si le grand dadais raconte pas urgemment… »

Le chevalier : « D’accord. J’urge ! Je commencerai donc vers le 5ème siècle. Peut-être le 6ème. Une chapelle est fondée sous le vocable de saint Fiacre. C’est une petite chapelle pour un petit hameau. Cette chapelle est desservie par des chapelains pendant des siècles dans la quartier d’Enez Raden. En 1301, Raoul, recteur de Beuzec, fonde une autre chapelle. C’est la chapelle Saint-Guénolé. Mais elle est rapidement trop petite et au seizième siècle elle ne suffit plus. La population a augmenté en raison du développement de la pêche. Les maîtres de barques se sont enrichis et désirent une église. Ils obtiendront la construction d’une église tréviale. Elle est dédiée à saint Guénolé et donnera son nom au quartier. Saint-Guénolé devient donc une trève de Beuzec. »

Max : « Une église triviale dans le quartier des nez radins et Saint-Guénolé qui fait une trêve de peu sec ? Qu’est ce que tu racontes ? Commande toi d’autres cafés là. Tu dis des erreurs. On comprend rien du tout à ce que tu dis. »

Le chevalier : « Trève d’une paroisse, église tréviale… Vous ne connaissez pas ? »

Samuel : « Pas du tout. Cousin Léo ? »

Léo : « Ça me dit rien. »

Yann : « Comment tu sais que ce sont les maîtres de pêche qui ont voulu une église ? »

Le chevalier : « Une question à la fois 🙂 Nous venons d’arriver dans la région. Vous ne connaissez pas bien. Ici l’habitat est très dispersé. Il y a peu de communes. Elles sont très étendues et comportent de nombreux petits hameaux. Très petits mêmes puisqu’ils ne comptent parfois que quelques maisons. Les paroisses étaient donc gigantesques et il était difficile pour les paroissiens d’aller à la messe. Au moment de la construction de la Tour Carrée nous aurions été ici sur le territoire de la paroisse de Beuzec qui fait partie du Cap Sizun. »

Léo : « C’est pas Cap Caval ça ! »

Le chevalier : « Non. C’est même très loin. Et ce qui est vrai pour le petit territoire où nous sommes l’est pour des tas de petits territoires. Ah oui ! Je n’ai pas parlé de nez radin mais d’Enez Raden. »

Yann : « L’île fougère. »

Le chevalier : « Oui Yann. Merci pour la traduction 🙂 C’est l’ancien toponyme du lieu. Le droit canon s’est adapté à cette situation. Il n’est pas possible de laisser des chrétiens ne pas aller à la messe parce qu’elle a lieu trop loin mais il n’est pas possible non plus de construire des églises partout au frais de l’institution. Reste la solution des trèves. Une église tréviale est construite au frais de la population. Les tréviens ont également à leur charge le desservant de l’église auquel ils doivent la subsistance. »

Samuel : « Si je comprends bien, dans une trève ce sont les habitants qui payent tout : l’église, le presbytère et la nourriture du prêtre. »

Le chevalier : « C’est ça mon petit Sam. Le motus vivendi entre le prêtre desservant et les tréviens est fixé par le pape. Enfin, je suppose que c’est l’évêque qui s’en occupe et que le pape se contente d’officialiser. Il y a beaucoup de trèves en Bretagne et ça se voit dans la toponymie. »

Samuel : « Comment ça ? »

Le chevalier : « N’avez-vous pas remarqué que beaucoup de noms de lieux commencent par Tré- ? »

Max : « Trégastel, Trébeurden. »

Le chevalier : « Tréogat non loin d’ici. »

Léo : « Le tré- vient de trève ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « J’aime bien apprendre des choses 🙂 »

Yann : « Tu as pas répondu à ma question. Comment tu sais qu’il y a les maîtres de barques dans l’histoire ? »

Le chevalier : « Les détails mon petit Yann ! Les détails ! Regardez ! »

Un bateau

Un autre bateau

Encore un bateau

Des poissons dans les voussures

Max : « Des bateaux et des poissons ! Et ça te suffit pour savoir que ce sont les maîtres de barques qui ont obtenu la construction de l’église tréviale ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Samuel : « Je peux poser une question bête ? »

Le chevalier : « Il n’y a pas de question bête mon petitours. »

Samuel : « Tu es gentil bonome 🙂 C’est quoi les maîtres de barques ? »

Le chevalier : « Actuellement on parlerait d’armateurs. Ce sont les gens riches qui possèdent les bateaux qui servent à la pêche. »

Max : « Je vois. Ce sont les messieurs aux gros ventres qui gagnent plein d’argent pendant que les marins émaciés et aux visages burinés risquent leur vie pour les enrichir. »

Léo : « C’est la luuuutteeeuuu finaaaaleeeeuuu ! »

Samuel : « Groupons-nous zéééé demaiiiin ! »

Yann : « 😀 Max, je pense que Samuel et Léo se moquent de toi 🙂 »

Max : « Pensez ce que vous voulez. Je sais que j’ai raison. »

Le chevalier : « N’entrons pas dans ce genre de débats. »

Max : « Il y aurait pas de débats bonome. Je te connais bien 🙂 »

Léo : « Samuel, peux-tu résumer ? »

Samuel : « Une chapelle est fondée en 1301 et plus tard les maîtres de barques obtiennent la construction d’une église tréviale dépendant de la paroisse de Beuzec mais je sais pas quand. »

Max : « C’est vrai ça ! Elle date de quand cette église ? »

Le chevalier : « Sa construction est décidée en 1488 et elle est terminée en 1489. »

Léo : « C’est tard pour du gothique. »

Le chevalier : « Pas vraiment… Surtout dans les campagnes. »

Max : « Bonome, mon bonomou… Léo a justement fait remarquer qu’il n’y a pas de statues dans les niches pourtant prévues à cet effet. Serait-ce la conséquence malheureuse des guerres de religions ? »

Le chevalier : « Absolument 🙂 La guerre de la Ligue a eu plus d’effets en Bretagne qu’ailleurs. Elle a réactivé les divisions qui existaient un siècle plus tôt lors de la guerre d’indépendance de Bretagne. Le gouverneur général de Bretagne est alors le duc de Mercoeur. C’est un cousin des de Guise mais il ne prend pas tout de suite parti pour la Ligue. Il préfère inciter la noblesse et la population à le faire. Il encourage notamment un petit jeune à se livrer à des exactions. Il s’agit de Guy Eder de la Fontanelle. Lui est ouvertement du côté de la Ligue. Sauf quand il change d’alliance pour son propre intérêt. La Fontanelle a multiplié les rapines, les coups de mains, les pillages… un peu partout en Bretagne. Il mettra à sac Penmarc’h et c’est à ce moment que l’église a perdu son clocher. La Fontanelle poursuit ses méfaits à tel point que son protecteur, le duc de Mercoeur, finit pas se lasser et le lâcher. Au moment de la réconciliation entre catholiques et huguenots, le bon roi Henri IV lui accorde tout de même son pardon. Mais il ne résistera pas à la tentation de comploter contre le roi au profit des espagnols. »

Max : « A son profit tu veux dire ! »

Le chevalier : « Oui 🙂 Disons qu’à ce moment son intérêt se confond avec celui des espagnols. Cette fois sa participation à la conspiration du Duc de Biron contre le roi ne passe. Il est condamné par le grand conseil du parlement de Paris pour haute trahison au supplice de la roue qu’il subira le 27 septembre 1602. »

Max : « Aïe ! »

Le chevalier : « Oui. Aïe ! Ouille ! »

Léo : « En même temps il l’a un peu cherché. On peut pas se livrer à des exactions pendant des années et trahir tout le monde sans en payer les conséquences un jour. »

Yann : « C’était quand le sac de Penmarc’h ? »

Le chevalier : « 1596. L’église a été restaurée mais la population n’avait plus les moyens d’entretenir la trève. »

Max : « Bah après la guerre d’indépendance puis la guerre de la Ligue… »

Le chevalier : « Trop dégradée, trop dangereuse… L’ordonnance épiscopale du 23 avril 1722 supprime tout culte dans cette église. La nef, longue de 38 mètres, menace ruine et elle sert de carrière. En 1835, il me semble, une chapelle est construite pour fermer le massif occidental. Cette église est actuellement classée monument historique. »

Max : « C’est plus une église bonome. C’est la Tour Carrée 🙂 »

Yann : « Tu as fotoé un autre détail. Tu nous montres ? »

Les armoiries de Tanguy du Chastel

Samuel : « Ce sont des armoiries. »

Le chevalier : « Fascé de six pièces timbré d’un casque et d’un lambrequin. Je n’arrive pas à voir ce qu’est le cimier du casque. Je dirais un chien?. Et il y a un chardon sur la droite. »

Max : « Je sais pas si je t’admire pour ton savoir ou si je te déteste pour ton langage incompréhensible… »

Yann : « Moi j’admire le savoir. J’ai rien compris du tout mais c’était agréable à entendre 🙂 »

Le chevalier : « Merci Yann. Ces quelques paroles me réchauffent le cœur 🙂 »

Samuel : « Et ce sont les armoiries de qui ? »

Le chevalier : « Pfff… Tanguy de Chastel. Les de Chastels forment une grande famille de Landunvez où ils ont un château. Je pense qu’il s’agit des armoiries de Tanguy Ier du Chastel, mort en 1352 ou 1363, capitaine de Brest et lieutenant général des armées de Jean de Montfort lors de la guerre de succession de Bretagne. »

Léo : « Jean de Monfort ? Celui qui s’était proclamé Duc de Bretagne et qui s’est allié aux anglais contre le roi de France pour l’indépendance de la Bretagne ? »

Le chevalier : « Lui-même 🙂 Mais c’est peut-être Tanguy IV du Chatel, neveu du précédent et mort en 1477. Il fut grand écuyer de France, gouverneur du Roussillon et grand sénéchal de Provence. Ces armoiries ont été gravées à la demande de Gilette de Chastel, épouse de Charles Ier du Quelennec vicomte du Faou. Les pierres sont de réemploi vu qu’elles sont sur la chevet de la chapelle. »

Max : « La Gilette était indépendantiste ? »

Le chevalier : « Difficile de savoir mais c’est probable. »

Max : « Tu as tout dit ? »

Le chevalier : « J’en ai dit assez 🙂 »

Max : « Un dernier café ? »

Le chevalier : « Volontiers 🙂 »

Léo : « On va en bord de mer maintenant ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « On passe par le marais ? »

Le chevalier : « Si tes cousins sont d’accord, pourquoi pas… »

Max : « Pourquoi on serait pas d’accord avec Léo ? »

Le chevalier : « Alors c’est parti ! »

Bon, pas plus de zoisos qu’au premier passage. On a entendu les alouettes des champs. Bonome a même réussi à en fotoer une au sol. C’est pas la foto du siècle quand même… Et puis il y a eu une spatule blanche…

Alouette des champs (Alauda arvensis, Alaudidés)
Spatule blanche (Platalea leucorodia, Threskiornithidés)

Léo : « Bof bof ce marais… »

Yann : « Ce commentaire m’étonne de toi Léo. Tu apprécies plutôt la nature d’habitude. »

Léo : « J’ai apprécié. Le Vent qui nous caresse le visage, les chants des zoisos… Mais c’est quand même pas mon endroit préféré de Bretagne. »

Max : « Une église ! »

La chapelle Notre Dame de la Joie

Le chevalier : « Il va falloir vous y habituer. Il y a des églises, des chapelles, des calvaires ou des croix un peu partout. »

Léo : « Elle est juste au bord de la mer ! »

La chapelle Notre Dame de la Joie

Le chevalier : « Comme un ultime rempart contre l’océan 🙂 Elle est juste dans le prolongement du marais. Si la digue se rompt ici rien n’empêche la mer de s’avancer loin dans les terres. »

Léo : « C’est vraiment l’ultime rempart alors. Tu avais raison bonome. »

Samuel : « Elle est entre Saint-Guénolé et le hameau là-bas. »

Le chevalier : « Saint-Pierre. Effectivement. »

Max : « C’est encore une trève ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas. C’est surtout le lieu d’un pardon. »

Léo : « Un pardon ? C’est quoi ? »

Yann : « En Bretagne il y en a beaucoup. C’est un peu comme un pèlerinage. Les fidèles prient pour remercier et obtenir le pardon de leurs péchés. »

Le chevalier : « Cette chapelle, Notre-Dame de la Joie, est effectivement le lieu d’un pardon qui se déroule tous les 15 août. Les marins ayant survécu à une tempête viennent pieds et têtes nus pour remercier la Vierge de les avoir sauvés. »

Max : « Et les messieurs aux gros ventres ont les meilleures chaises dans l’église… »

Yann : « Il est beau ce calvaire… »

Le calvaire

Le calvaire

Le calvaire

Le calvaire

Max : « On entre ? J’aimerais prier pour les élèves. Et pour toi aussi bonome. »

Le chevalier : « Entrons… »

Le reste, je vous raconte pas. C’est privé. Bonome a quand même fait quelques fotos. Elles, je peux vous les montrer. J’espère qu’elles seront apaisantes pour vous.

La nef et le chevet

Le choeur peu éclairé

Verrine de paon du jour

Verrine de paon du jour
Ça j’aime bien 🙂

Une sirène

La même
La chapelle Notre-Dame de la joie

 

Continuer la promenade

Le Pays Bigouden

Max : « Demat penn sardin ! »

Léo : « Demat aussi ! »

Samuel : « On rentre de Bretagne 🙂 »

Yann : « C’était biiieeen 🙂 »

Max : « Ah bah oui ! C’est toujours bien la Bretagne ! Cette fois on est allés au Pays Bigouden. »

Yann : « Vro Vigoudenn. »

Max : « Tu bretonnises Yann ? »

Yann : « Un peu 🙂 »

Léo : « On vous a pas prévenus de notre départ parce qu’on savait pas nous-mêmes que nous partions. »

Samuel : « Bonome nous a annoncé ça un soir. ‘Préparez vos malles. Nous partons demain en Bretagne.’ Évidemment cousin Max l’a grondé. A vrai dire, bonome est tout fatigué. Tout le monde est tout fatigué en ce moment. Il avait pas envie d’y aller. »

Yann : « Mais il a pas résisté à l’appel d’Ar Mor 🙂 »

Léo (contrit) : « Je le savais moi qu’on allait en Bretagne… »

Max : « QUOI ???!!! Tu le savais ??? Tu as recommencé à avoir un secret ! Léo, tu es incorrigible ! »

Samuel : « Comment tu as su cousin Léo ? Tu as encore fouiné dans les affaires de bonome. »

Léo : « Non. C’est Tante Yvonne qui es venue dans un rêve. Elle m’a fait monter dans son bateau et elle m’a montré les côtes du Pays Bigouden. On était avec Chien, la mouette blessée et Le Vent. Il soufflait fort Le Vent. Parce que même si toute la Bretagne c’est son territoire, il se sent mieux au Cap Caval. C’est parce qu’il arrive de l’Atlantique. Rien ne l’a freiné jusque là. »

Yann : « Pourquoi tu nous as rien dit Léo ? »

Léo : « Je pensais que c’était qu’un rêve. Un très beau rêve mais juste un rêve. »

Max : « Il est bête ! MAIS IL EST BÊTE ! Quand Tante Yvonne vient dans nos rêves c’est pas pour rien ! Mais qui m’a fichu un cousin pareil !!! »

Samuel : « Je crois que j’aurais fait comme toi cousin Léo. Les beaux rêves, on les raconte pas toujours. On se les garde comme des trésors. »

Yann : « Comment va Tante Yvonne ? »

Léo : « Bien 🙂 Elle a Chien et la mouette blessée. Chien est toujours aussi coquin mais il est très gentil avec la mouette. Il la protège. Et il est très affectueux avec Tante Yvonne. On revient à nos moutons ? »

Samuel : « Oui. Donc bonome avait pas trop envie d’y aller. »

Yann : « Il a même dit qu’il connaissait pas, qu’il voulait rien préparer et qu’on se contenterait de chercher quelques zoisos. »

Max : « Pfff ! On est à peine arrivés qu’il a cavalé partout sur les rochers. »

Léo : « Du coup, on a fait la géologie. Mais de façon un peu originale. Vous verrez ça 🙂 »

Yann : « La géologie ça a été un peu compliqué parce que Vro Vigoudenn c’est un peu le plat pays. Il y a pas des énormes rochers. Le point culminant est à 37 mètres. »

Samuel : « On a pu faire en bord de mer mais il y a beaucoup des paluds. Ce sont des marais ou des lagunes littorales. »

Max : « Chers lecteurs, n’ayez pas peur de la géologie. Même Léo comprend et c’est pourtant pas le couteau le plus affûté du tiroir 🙂 »

Léo : « Oh ! Comment tu parles de moi toi ! »

Samuel : « C’était rigolo 🙂 »

Yann : « Tu es très affûté comme couteau Léo. Écoute pas Maxou. »

Léo : « Ah si ! Oulala ! Je l’écoute ! Je m’en souviendrais 🙂 »

Samuel : « Donc nous sommes allés en plein Pays Bigouden. Vous allez nous demander où c’est. Je vous explique ça avec une carte. »

Localisation du Pays Bigouden

Max : « Comme vous le voyez, c’est la pointe sud de la Bretagne. Le pays Bigouden est bordé au nord, de l’ouest vers l’est, du Pays du Cap Sizun, du Pays Penn Sardin et de Pays Glazik. »

Léo : « Le Pays Penn Sardin 🙂 C’est autour de Douarnenez. »

Samuel : « Je continue. Voici une carte de la Bretagne. »

Carte géologique de la Bretagne (source : BRGM)

Samuel : « Il y a une tache qui indique un vaste batholite de granite. Ben c’est là. »

Léo : « Je préfère le schéma structural. »

Schéma structural de la Bretagne montrant les différents domaines. Le pays Bigouden se trouve à l’ouest du domaine sud armoricain.

Léo : « Comme vous le voyez, le Pays Bigouden, Vro Vigoudenn, se trouve à l’extrémité ouest du domaine sud-armoricain breton, au sud du grand Cisaillement Sud Armoricain qui passe par la Pointe du Raz. Ce domaine est essentiellement granitique mais pas seulement. On vous racontera ça. »

Max : « On a un peu inspecté mais pas beaucoup. Nous on était à Penmarc’h avec vue sur le phare d’Eckmühl. »

Léo : « C’est lui le phare d’Eckmühl. »

Le phare d’Eckmühl

Yann : « Il éclairait la chambre la nuit. Un éclat d’un dixième de seconde toutes les cinq secondes. »

Max : « Voilà voilà… »

Samuel : « Vous savez où nous sommes allés 🙂 »

Léo : « Inutile de préciser que dès notre arrivée nous sommes allés jeter un œil aux zoisos de l’estran juste sous la cabane. On montre ? »

Max : « On est là pour ça 🙂 »

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)
Bergeronnette de Yarrell (Motacilla alba yarrellii, Motacillidés)
Bergeronnette de Yarrell (Motacilla alba yarrellii, Motacillidés)
Un goéland argenté de première année qui ne veut pas finir son crabe.
Il a pas l’air d’aimer ça le crabe.
Huitrier-pie (Haematopus ostalegus, Haematopodidés)
Bécasseaux variables (Calidris alpina, Scolopacidés)
Bécasseaux variables, sanderlings et grands gravelots (Calibris alba et calidris alpina, Scolopacidés ; Charadrius hiaticulata, Charadriidés)
Grands gravelots (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)
Laridés

Samuel : « Cousin Léo, tout à l’heure tu as parlé de Cap Caval. Qu’est ce que c’est ? »

Léo : « Cap Caval ? C’est l’ancien nom du Pays Bigouden. Mais c’est aussi un bagad. Écoutez un peu ça. »

Max

Max : « Ben voilà. On va s’arrêter là pour l’introduction. »

Samuel : « A bientôt pour la suite 🙂 »

Continuer la promenade

Collection hiver an X :)

Décembre an X

Max : « Bonjour à tous ! »

Léo : « Nous revoici pour un point d’actualité. »

Samuel : « Ça fait un moment qu’on en a pas fait. »

Yann : « J’aime bien l’actualité moi 🙂 »

Max : « On va faire vite parce qu’on a pas que ça à faire nous ! »

Léo : « Maaax ! »

Samuel : « Cousin Max a un peu raison quand même. »

Yann : « On va vous présenter rapidement quelques zanimos que nous avons rencontrés au cours des mois de novembre et décembre de l’an X. »

Samuel : « Il y a des beaux zoisos 🙂 »

Max : « Tous les zoisos c’est un beau zoiso petit Sam. »

Samuel : « Je sais bien mais là… »

Léo : « Il y a pas que des zoisos. Je propose que nous commencions pas les Mammifères. »

Max : « Bonne idée ! Je précise que pendant les vacances de Noël nous sommes allés en Charentmaritimie. C’est là que nous avons vu les Mammifères. »

Yann : « Goupil arpentait son territoire aux abords de la Réserve. »

Renard roux (Vulpes vulpes, Canidés)

Renard roux (Vulpes vulpes, Canidés)

Renard roux (Vulpes vulpes, Canidés)

Renard roux (Vulpes vulpes, Canidés)

Max : « On vous raconte pas Goupil. Vous le connaissez déjà bien. »

Léo : « On est toujours contents de le voir. »

Samuel : « Mais il vient jamais discuter avec nous. Dès qu’il nous voit il se sauve. »

Yann : « C’est un timide Goupil. »

Max : « On a vu un chevreuil aussi. C’est pas tous les jours en Charentmaritimie. »

Chevreuil européen (Capreolus capreolus, Cervidés)

Chevreuil européen (Capreolus capreolus, Cervidés)

Samuel : « Et nous avons eu une visite un jour à la cabane. »

Max : « C’est lui 🙂 »

Hérisson européen (Erinaceus europaeus, Erinacéidés)

Hérisson européen (Erinaceus europaeus, Erinacéidés)

Hérisson européen (Erinaceus europaeus, Erinacéidés)

Hérisson européen (Erinaceus europaeus, Erinacéidés)

Léo : « On l’avait vu cet été mais de nuit. »

Samuel : « On le voyait pas bien. »

Max : « Là, il est resté un peu. Il devait pas être très bien. Normalement il est nocturne et en plus, en cette saison, il devrait hiberner. »

Léo : « Il fait pas très froid cette année. Il a fait jusque 15°C pendant notre séjour. »

Max : « Oui mais quelques jours avant notre arrivée il faisait -3°C ! »

Samuel : « Bon, voilà pour les Mammifères. C’est déjà pas mal. »

Max : « Ah bah oui ! »

Léo : « On passe au zoisos ? »

Max : « Bien sûr Léo ! »

Samuel : « Je précise que nous sommes allés à l’Île d’O. »

Max : « Pour un repérage géologique. On a juste découvert rapidement. On y retournera plus tard et on gravera un loooong article pour vous expliquer tout ça. »

Yann : « On vous montre quand même quelques fotos. »

Max : « Les falaises du Chat si Rond. C’est tout au bout de l’Île d’O. »

Le phare du Chat si Rond

La Pointe du Chat si Rond

La falaise
La falaise aussi

Yann et une ammonite

Max et un fossile

Max : « On a trouvé juste deux fossiles pas très beaux. »

Léo : « Je crois que ça va être compliqué de comprendre toutes les couches… »

Samuel : « On était là comme géologues mais superbonome a quand même repéré un zoiso qui se nourrissait au loin. »

Max : « C’est lui 🙂 »

Plongeon catmarin (Gavia stellata, Gaviidés)

Léo : « Vous le reconnaissez ? »

Max : « Pas facile 🙂 Et encore ! Là il est tout super-méga-zoomé 🙂 »

Samuel : « Si je vous dit qu’il faisait rien qu’à plonger, ça vous aide ? »

Yann : « C’est un plongeon. »

Plongeon catmarin (Gavia stellata, Gaviidés)

Plongeon catmarin (Gavia stellata, Gaviidés)

Léo : « C’est même le plongeon catmarin. »

Samuel : « Gavia stellata, Gaviidés. »

Max : « Bon, on est pas tout à fait sûrs. On hésite un peu avec le plongeon imbrin mais Faune Charente-Maritime nous a pas corrigé. »

Léo : « Nos validateur préféré est peut-être occupé. On vous tiendra au courant si on s’est trompés. »

Plongeon catmarin (Gavia stellata, Gaviidés)

Plongeon catmarin (Gavia stellata, Gaviidés)

Yann : « Le plongeon catmarin est pas vraiment rare mais on le voit quand même pas souvent. »

Max : « C’est surtout vers la Pointe du Chat si Rond qu’il est vu. Ou bien au large de l’Île d’Ut, vers la Pointe. »

Samuel : « Il faut dire qu’il aime bien les eaux agitées. On va pas le trouver entre les îles et le continent lui. »

Yann : « Il habite plus au nord où il se reproduit. Mais il migre vers le sud et certains s’arrêtent ici. »

Max : « Nous ça nous arrange bien comme ça on le voit 🙂 »

Plongeon catmarin (Gavia stellata, Gaviidés)

Samuel : « Voilà pour le plongeon de la Pointe du Chat si Rond. »

Max : « On vous parle pas des autres zoisos de Charentmaritimie. Rien de spécial à signaler. »

Léo : « On revient chez nous. Une seule sortie mais quelle sortie ! »

Yann : « C’était biiiieeeen ! »

Max : « Ah bah ça ! Des sorties comme ça c’est pas tous les jours 🙂 On est allés au Grand Étang. Bonome avait envie de se dégourdir ses longues pattes. Quand on est arrivés, il y avait du monde. On s’est doutés qu’il se passait quelque chose. Mais on savait pas quoi. »

Léo : « En réalité, il y avait des macreuses brunes depuis quelques jours alors les ornithos venaient les voir. »

Yann : « Vous en aviez déjà vu ici ? »

Léo : « Une seule fois. »

Samuel : « C’est elle la macreuse brune. Melanitta fusca, Anatidés. »

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Max : « Elle aussi est une migratrice qui vient du nord. »

Léo : « Il y en avait trois au Grand Étang et d’autres au Royaume de Rien du Tout. »

Samuel : « Ça arrive l’hiver. Je pense qu’elles sont restées là parce qu’il fait doux. »

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Yann : « On est restés un long moment à les observer. J’aime bien la façon dont elles ploufent. »

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Max : « On vous le remontre. »

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Léo : « Vous avez vu comme elle écarte les ailes au moment de ploufer ? »

Max : « Voilà pour la macreuse brune. »

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Macreuse brune (Melanitta fusca, Anatidés)

Samuel : « Passons à la suite 🙂 »

Max : « On a failli pas les voir ! »

Léo : « Encore ouf qu’un monsieur a demandé à bonome si les bernaches du Canada étaient pas des bernaches nonnettes ! »

Yann : « Du coup il a fotoé tout là-bas pour voir ! »

Max : « Et vlan ! Des oies rieuses ! »

Samuel : « Anser albifrons. »

Oies rieuses (Anser albifrons, Anséridés)

Oies rieuses (Anser albifrons, Anséridés)

Léo : « Encore des migrateurs 🙂 »

Max : « L’oie rieuse est une oie grise comme l’oie cendrée qui est assez fréquente. »

Samuel : « On peut la confondre avec l’oie naine si on fait pas bien attention. »

Oies rieuses (Anser albifrons, Anséridés)

Oies rieuses (Anser albifrons, Anséridés)

Max : « Cinq oies rieuses le même jour que les macreuses brunes 🙂 »

Léo : « Et c’est pas fini ! »

Samuel : « Nous avons été informés de la présence d’un autre zoiso rare sur le chemin. »

Max : « Il était pas difficile à trouver. Il y avait quatre fotoeurs qui le fotoaient 🙂 »

Yann : « C’est Nicolas qui l’a trouvé. »

Max : « Le voici ce zoiso. »

Pouillot de Sibérie (Phylloscopus collybita tristis, Phylloscopidés)

Léo : « Difficile de l’identifier. Je pense qu’on l’aurait pris pour un pouillot véloce. »

Max : « Bah… Le pouillot de Sibérie c’est une sous-espèce du véloce. »

Samuel : « Phylloscopus collybita tristis, Phylloscopidés. »

Pouillot de Sibérie (Phylloscopus collybita tristis, Phylloscopidés)

Pouillot de Sibérie (Phylloscopus collybita tristis, Phylloscopidés)

Yann : « Si j’ai bien compris le pouillot de Sibérie se reconnaît à son lore noir, son bec et ses pattes noirs et le dessous blanc sans trace de jaune. »

Pouillot de Sibérie (Phylloscopus collybita tristis, Phylloscopidés)

Pouillot de Sibérie (Phylloscopus collybita tristis, Phylloscopidés)

Max : « Nos fotos sont pas terribles mais il faut s’en contenter. »

Léo : « Alors ? C’était pas une belle sortie ça ? »

Max : « Macreuses brunes, oies rieuses et pouillot de Sibérie. Tout ça en quelques heures ! »

Samuel : « Nous voulions partager ça avec vous 🙂 »

Yann : « Voilà ! C’est tout pour aujourd’hui. »

Max : « On se retrouve je sais pas quand 🙂 »

Samuel : « A bientôt ! »

Continuer la promenade

Le Lac Pavin

24 Août an X

Max regarde tristement par la fenêtre…

Le chevalier : « Bonjour Maxou. »

Max : « ‘jour bonome. Faipabo… »

Le chevalier : « Tu es seul ? »

Max : « J’ai conseillé aux cousins de rester au lit. Faipabo. Tu vas pas vouloir sortir. »

Le chevalier : « Faipabo ? »

Max : « Ben non. Faipabo… »

Le chevalier : « ipleu ? »

Max : « Non mais faipabo quand même… »

Le chevalier : « Va chercher tes cousins alors. »

Max : « Tu veux sortir par ce temps là ? »

Le chevalier : « Tant qu’il ne pleut pas… »

Max : « LES COUSINS ! LES COUSINS ! LE GRAND DADAIS VEUT BIEN SORTIR MÊME SI FAIPABO ! »

Samuel, Léo et Yann arrivent avec leur sac sur le dos…

Léo : « Je te l’avais bien dit ! »

Samuel : « Ce sont pas quelques nuages qui vont arrêter notre bonome ! »

Yann : « Quelque chose me dit que la neige l’arrêterait pas non plus 🙂 »

Léo : « Il y a que la grosse pluie qui l’empêche de sortir. Et encore ! »

Max : « Bon, on y va là ? »

Le chevalier : « On y va ! »

Un peu plus tard…

Max : « Tu nous emmènes où ? »

Le chevalier : « Voir un volcan. »

Max : « Ah. Merci. D’accord. On est en Auvergne bonome ! Des volcans il y a en a partout ! »

Yann : « Max : un point ! »

Le chevalier : « Celui-là devrait vous plaire… »

Max : « Il est en chocolat ? »

Léo : « Tu penses qu’à manger ! »

Max : « Un volcan de chocolat… Avec des fontaines de chocolat et des coulées de chocolat… Rholalaaaa… »

Léo : « Mais il est pas possible ce petitours ! Il faut aller voir le docteur de la tête ! ‘Bonjour monsieur le docteur de la tête. Ça va pas du tout. Je pense qu’au chocolat. C’est grave ?’ »

Max : « C’est pas ma faute ! J’ai pas pris mon petit déjeuner… »

Samuel : « Zutalor ! Mais pourquoi cousin Max ? »

Max : « Ben… Comme faipabo j’ai cru qu’on sortirait pas et que j’avais le temps pour le petit-déjeuner… »

Samuel : « Bonome, je donne ma part de chocolat du déjeuner à cousin Max ! »

Le chevalier : « Maintenant ? »

Samuel : « Ben oui. Sinon il va faire le malaise de l’inanition… »

Max : « Merci petit Sam ! »

Yann (à Léo) : « Je comprends pourquoi petit Sam est le préféré de tout le monde 🙂 »

Léo : « Il est comme ça petit Sam 🙂 »

Max (se goinfrant de chocolat) : « Oulala ça fait du bien… »

Léo : « On est où là ? »

Le lac Pavin

Le lac Pavin

Le chevalier : « Le volcan dont je vous avais parlé. »

Max : « Bonome, je sais bien qu’il y a du brouillard, qu’on est un peu dans les nuages… mais regarde bien s’il te plaît. Ça, c’est un lac. Quand il y a un trou avec de l’eau c’est pas un volcan. C’est un lac. Ou bien un étang. Ça dépend s’il y a une thermocline permanente ou pas. Mais c’est pas un volcan. »

Samuel : « Sauf si… »

Yann : « Sauf si quoi ? »

Samuel : « C’est peut-être bien un maar. »

Max : « Petit Sam, voyons ! Tu as pas mangé assez de chocolat. Ton cerveau reçoit pas assez de glucose. Il produit pas assez d’énergie et tu dis des erreurs. On dit une mare pas un mare. »

Léo : « Sauf si c’est vraiment un maar buteo trois fois ! Tu peux pas arrêter de penser au chocolat et redevenir un tout petit peu naturaliste option géologie ? »

Max : « Vous êtes témoins ? Léo m’a insulté ! »

Yann : « Euh… Je suis surtout témoin que c’est mérité tête de piaf 🙂 »

Léo : « Une vraie tête de linotte ce cousin Max 🙂 »

Le chevalier : « Vous savez que je n’aime pas trop quand vous vous échangez des noms d’oiseaux. »

Léo : « Je sais bonome. Mais on est un peu obligés là. »

Le chevalier : « C’est pas faux 🙂 »

Max : « Hé ! Ho ! Je suis là ! »

Léo : « Toi oui mais ton cerveau est resté à la cabane je crois 🙂 »

Yann : « Petit Sam, peut-être devrais-tu rappeler à Maxou ce qu’est un maar. »

Samuel : « C’est vrai ? Cousin Max, tu sais plus ? »

Max : « Un maar, terme allemand signifiant ‘cratère’, est un cratère volcanique d’explosion, parfois rempli par un lac ou la mer. L’explosion atteint le substratum. Les maars sont souvent le résultat d’éruptions phréato-magmatiques. Voilà voilà. J’attends vos excuses. »

Léo : « Alors là bravo ! Pour un petitours sans cerveau tu t’en sors plutôt bien 🙂 »

Max : « Je suis pas aussi bête que vous le pensez. Nous serions donc en présence d’un maar… »

Yann : « Je crois même que nous sommes dedans. »

Samuel : « Il va plus exploser ? »

Le chevalier : « Normalement non. »

Max : « ‘Normalement non’ ? C’est tout ? C’est de la précision scientifique ça ? Et si il explose, qu’est ce qu’on devient nous ? »

Le chevalier : « Nous sommes poussières et nous redeviendrions poussières… »

Léo : « Dispersés un peu partout dans le secteur. On nous retrouverait pas du tout. Rien. Plus de bonome et plus de petizours. »

Yann : « Il y a une jolie fleur dans l’eau. »

Renoncule aquatique

Max : « Alors lui ! On risque d’être pulvérisés et dispersés et il s’extasie devant une jolie fleur… »

Samuel : « Ben il a raison. On sait pas si on va être pulvérisés et dispersés. Peut-être que oui mais peut-être que non. Alors autant profiter de la promenade. C’est qui cette jolie fleur bonome ? »

Léo : « Une renoncule aquatique. Ranunculus aquatilis, Ranunculaceae. »

Max : « Tu donnes la famille en latin maintenant ? »

Léo : « Oui. C’est plus rigoureux. »

Samuel : « Merci cousin Léo. »

Max : « Bonomou, on avance un peu. Tu trouves un endroit qui t’inspire pour t’asseoir un peu et tu nous raconte ce maar. D’accord ? »

Le chevalier : « Je m’attendais à ça 🙂 »

Le lac Pavin

Léo : « On entend pas des zoisos… »

Max : « C’est vrai que c’est plutôt calme… »

Samuel : « On avance, on avance… »

Max : « On voit pas grand-chose… »

Yann : « Pas vrai ! Regardez là ! »

Des parois verticales

Yann : « On voit bien les parois verticales du lac. Il va falloir expliquer ça. Et puis là… »

Des parois pentues

Yann : « C’est très pentu mais pas vertical. Il faut expliquer aussi. En plus on peut voir des roches volcaniques de-ci de-là… »

Max : « Il faut les fotoer ! »

Samuel : « Je descends faire l’échelle ! »

Une roche

Une autre roche
Samuel donne l’échelle

Max : « Bonome, il est temps de nous parler un peu de ce lac. »

Le chevalier : « D’accord. Vous savez déjà qu’il est la conséquence d’une éruption phréato-magmatique. »

Léo : « Oui, ça on sait. Le magma est remonté et il a rencontré une nappe phréatique. L’eau s’est immédiatement évaporée. Son volume a considérablement augmenté et toute la roche au-dessus a été projetée sous forme de fragments de petite taille un peu partout. Je pense que les parois verticales correspondent au trou qui est apparu dans le socle. Les parois pentues sont faites de roches volcaniques parce qu’après l’explosion il y a eu l’éruption presque normale. »

Le chevalier : « Le problème est qu’il y a un autre volcan juste à côté et je ne sais pas si les roches que j’ai fotoées viennent du Pavin ou du Montchal… »

Max : « Le Montchal ? »

Le chevalier : « Le Puy Montchal. Il est juste là… »

Le Puy de Montchal

Max : « Dans le brouillard ? »

Le chevalier : « Dans les nuages, oui. »

Yann : « On va y aller ? »

Le chevalier : « Oui Yann. »

Max : « Bon. On sait l’éruption phréato-magmatique. »

Samuel : « Elle a eu lieu quand ? »

Le chevalier : « Il y a 6 900 ans environ. »

Léo : « 6 900 ans ? Mais c’est tout récent ! C’est bien plus jeune que la Chaîne des Puys ! »

Le chevalier : « Exact Léo. C’est, il me semble, le plus jeune volcan d’Auvergne et donc le plus jeune volcan de France continentale. »

Yann : « Je peux poser une question ? »

Le chevalier : « Bien sûr Yann. »

Yann : « Il a explosé comment le Pavin ? Fort ? Très fort ? Pas fort ? »

Samuel : « Bonne question cousin Yann. »

Le chevalier : « Très fort. 75 millions de mètres cubes de roches ont été projetés. Les scientifiques ont retrouvé des morceaux de roches d’ici dans les sédiments du Lac Léman. »

Max : « Dans le Léman bonome. Pas le lac Léman. »

Léo : « Pourquoi ? »

Max : « Parce que Léman ça veut dire lac. Le lac Léman ça veut donc dire le lac lac et ça va pas du tout. On dit le Léman et puis c’est tout ! »

Yann : « Je me rends pas bien compte de ce que ça fait 75 millions de mètres cubes… »

Max : « Ben non. »

Léo : « Moi non plus mais je me dis que ça fait beaucoup quand même. »

Samuel : « Et le Léman c’est pas juste à côté… »

Le chevalier : « Puis-je continuer ? »

Max : « Oui bonome ! »

Le chevalier : « Le lac Pavin est presque parfaitement circulaire. Il a un diamètre compris entre 700 et 800 mètres. Sa profondeur moyenne est de 29 mètres mais elle atteint 92 mètres par endroit. »

Yann : « 92 mètres ! Ça fait beaucoup de petizours ça ! »

Max : « Ah bah oui ! Il y a la thermocline permanente alors ! C’est bien un lac. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Et c’est même un lac méromictique. »

Max : « Ben voilà ! On était bien là, tous ensemble. On papotait tranquillement et d’un coup, paf ! Un mot compliqué que personne comprend à part toi ! Tu peux vraiment pas t’en empêcher… Ça veut dire quoi mes gros mythiques ? »

Yann : « Je crois pas que bonome ait dit mes gros mythiques 🙂 »

Le chevalier : « Exact Yann 🙂 Le Pavin est un lac méromictique. »

Max : « Et on sait pas ce que ça veut dire… »

Léo : « Non, mais on va bientôt le savoir et on aura encore appris des choses fort savantes. »

Samuel : « Bonome, nous t’écoutons sagement. »

Le chevalier : « Je vous ai dit que ce lac à une profondeur moyenne de 29 mètres. »

Max : « Oui bonome. Même que par endroits elle atteint 92 mètres. »

Le chevalier : « Tu as bien écouté 🙂 Il se trouve que le mélange des eaux ne se fait que sur les 60 premiers mètres. »

Max : « Et pourquoi s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Pour différentes raisons. Le lac est encaissé. Vous avez vu que les parois sont verticales et qu’elles se prolongent par un talus assez haut. Le vent ne peut pas vraiment agiter l’eau. »

Max : « C’est pas sa faute ! Il fait toujours son travail Le Vent ! »

Le chevalier : « Je le sais bien Maxou. Ici, son action est gênée par le relief. La forme du lac ne favorise pas non plus l’agitation de ses eaux. Il est très profond pour son diamètre. Et il y a une troisième raison. Des sources souterraines se jettent en profondeur et elles minéralisent les eaux profondes qui restent plus denses que les eaux de surface. »

Samuel : « Elles peuvent pas remonter alors. »

Yann : « Alors il y a une couche d’eau profonde qui reste toujours au fond ? »

Le chevalier : « Oui. Cette eau est anoxique. »

Max : « Pfff ! »

Samuel : « Cousin Max j’ai dit que nous écoutions sagement ! »

Léo : « En plus tu sais très bien ce que ça veut dire anoxique. »

Yann : « Ben pas moi. »

Samuel : « Ça veut dire qu’il y a pas de dioxygène dans l’eau. L’oxygénation se fait au contact de l’air. Là, l’eau profonde peut pas s’oxygéner puisqu’elle reste toujours en profondeur. »

Yann : « D’accord. Et c’est grave si l’eau est anoxique ? »

Max : « Il y a pas des êtres vivants si l’eau est anoxique. Ils pourraient par respirer. »

Léo : « Et la matière organique peut pas bien se décomposer. »

Le chevalier : « Vous avez raison tous les deux. Quoi que… »

Max : « ‘Quoi que’ quoi encore ? »

Le chevalier : « Les eaux profondes sont très riches en Archées méthanogènes. Ce sont des êtres vivants. »

Yann : « C’est un peu compliqué là les arquées mets ta géhenne… »

Léo : « Les Archées sont des bactéries. Enfin pas vraiment sinon on dirait pas que ce sont des Archées 🙂 C’est un peu pareil quand même sauf qu’elles respirent pas avec du dioxygène. Et puis méthanogène ça veut dire qu’elles produisent du méthane. »

Samuel : « Méthane : CH4 C’est un gaz. »

Le chevalier : « Oui, c’est un gaz. Et il y en a d’autres en profondeur. »

Max : « Lesquels ? »

Le chevalier : « Du dioxyde de carbone, du diazote, de l’hydrogène sulfuré… »

Yann : « Et il y en a pas au-dessus ? »

Le chevalier : « Non. Il reste en profondeur. »

Samuel : « C’est quand même étrange… Regardez le lac… »

Le lac Pavin

Samuel : « Tout ce qu’on voit c’est un grand lac dans un trou tout rond aux parois verticales. Et là on découvre qu’il est très profond et qu’il y a deux couches d’eau qui communiquent pas. »

Léo : « Je suppose que c’est ça un lac méromictique. »

Le chevalier : « C’est ça 🙂 Je continue ? »

Max : « Il y a autre chose à savoir ? »

Le chevalier : « Oui, les lacs méromictiques peuvent connaître des éruptions limniques. »

Max : « Bonome… »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Mon bonome… »

Le chevalier : « Mon Maxou 🙂 »

Max : « Je crois que je vais me ploufer dans ce lac mes gros mythiques qui a des éruptions je sais pas quoi. J’en peux plus de toi et de tes mots compliqués que personne connaît à part toi. Adieu les cousins. Je vous aimais bien. »

Léo : « Reste là machin à casquette ! »

Max : « Machin à casquette ? C’est de moi dont tu parles ? »

Samuel : « Tu es un machin. Tu as une casquette… »

Max : « JE SUIS PAS UN MACHIN ! »

Léo : « Mais tu restes là et tu ploufes pas ! Je crois que je sais ce que c’est l’éruption limnique. »

Max : « Ah oui ? »

Léo : « C’est qu’une hypothèse… »

Yann : « Léo il a toujours des hypothèses 🙂 »

Samuel : « Dis nous cousin Léo ! »

Léo : « Au fond du lac il y a des gaz. Normalement, ils restent au fond. Mais imaginons qu’un jour, ils décident de remonter. Ça ferait comme une grosse bulle qui remonterait très vite et en explosant à la surface ça ferait comme une éruption. »

Max : « Hypothèse intéressante. Mais pourquoi ils décideraient de remonter d’un coup les gaz ? »

Léo : « Rupture d’équilibre ! Réfléchissons… »

Samuel : « Vous pensez qu’une avalanche ça pourrait suffire ? »

Yann : « Une avalanche ? »

Samuel : « Oui. Mais pas de neige. Autour du lac il y a des talus avec des roches. Selon moi, il doit arriver qu’il y ait des effondrements et des chutes de roches dans l’eau. Vous pensez que ça pourrait suffire pour faire remonter les gaz ? »

Max : « Bonome ? »

Le chevalier : « Si la quantité de roches est suffisante et qu’elle intervient au bon moment, oui 🙂 »

Léo : « Vous voyez ! Déjà une cause possible ! »

Max : « Bonomou, tu as dit qu’il y a des sources qui arrivent au fond du lac il me semble. »

Le chevalier : « Je l’ai dit ! »

Max : « Parfois il y a plus d’eau qui arrive. Ça fait plus de dioxyde de carbone dissous. Mais il me semble qu’au bout d’un moment, l’eau est saturée et que les gaz dissous peuvent plus être dissous. Il me semble même que quand ça commence à faire des bulles ça s’emballe un peu. Comme quand on ouvre une bouteille de soda. »

Léo : « Il a bon ? »

Le chevalier : « Oui, il a bon. »

Yann : « Et on sait quand ça va arriver ? »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Ça veut dire que si on fait tomber un caillou dans l’eau ça peut déstabiliser les eaux profondes et faire l’éruption limnique ? »

Le chevalier : « Ça pourrait… »

Samuel : « Ça ferait comme un tsunami. »

Yann : « Un tsunami ? »

Samuel : « Ben oui ! Si les gaz remontent brutalement, ils repoussent l’eau. L’eau déborde et ça fait une grosse vague autour du volcan. Comme un tsunami. »

Max : « Pfff ! »

Léo : « Qu’est ce qu’il y a encore Maxou ? »

Max : « On est là, au bord d’un lac, tranquillement, alors qu’il peut faire l’éruption limnique n’importe quand et faire le tsunami ! En plus il est tellement récent le volcan que peut-être il va refaire l’éruption phréato-magmatique et qu’on va être pulvérisés et que les géologues du futur vont retrouver des morceaux de notre peluche dans le Léman. On va peut-être être tout mort ! »

Le chevalier : « On peut mourir d’hypoxie aussi 🙂 »

Max : « Quoi ça ? »

Samuel : « Je sais ! Je sais ! Si une grosse bulle de dioxyde de carbone explose à la surface, elle peut nous tuer. On le verra pas ce gaz mais comme il est plus dense que l’air, il formerait une nappe au raz du sol. On pourrait plus respirer et on serait tout mort ! »

Max : « C’est possible ça ? »

Le chevalier : « Cela s’est produit au lac Nyos, au Cameroun, en 1986. Personne n’a assisté à l’éruption limnique mais des centaines d’animaux et d’humains on été retrouvés morts autour du lac. Une bulle de dioxyde de carbone a explosé et le dioxyde de carbone s’est répandu autour du lac en profitant des vallées. C’est un très beau lac le lac Nyos. »

Max : « Tu connais ? »

Le chevalier : « Bien sûr 🙂 Je vais chercher. Je dois avoir quelques photos. »

Max : « Il connaît le lac Nyos du Cameroun… »

Léo : « Il est surprenant ce bonome 🙂 »

Yann : « Ce lac aussi est surprenant. Je pensais pas que c’était un potentiel ‘mass-killer’. »

Max : « Princesse est au courant ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Max. »

Max : « Je vais lui envoyer un rapport. Il faut mettre des panneaux pour dire aux touristes qu’ils risquent l’éruption limnique, le tsunami ou l’hypoxie. Ils savent rien du tout les touristes. Ils se promènent, comme ça, les mains dans les poches en disant ‘oh ! C’est vraiment un beau lac !’ et si ils meurent ils porteront plainte parce qu’ils étaient pas au courant. »

Léo : « Ça m’étonnerait 🙂 »

Max : « Ah oui ? Et pourquoi s’il te plaît ? »

Léo : « Parce que si on est mort on peut pas porter plainte tête de piaf 🙂 »

Samuel : « Et vlan cousin Max ! Bonome, on sait tout sur ce lac ? »

Le chevalier : « Tout, non. Mais vous connaissez l’essentiel. »

Yann : « J’ai une question moi. »

Le chevalier : « Je t’écoute Yann. »

Yann : « Ça veut dire quoi Pavin ? »

Le chevalier : « Bonne question 🙂 Cela vient du latin Pavens qui signifie épouvantable, effroyable. Cela vient de la couleur de l’eau par temps orageux. »

Max : « Oui ben pas seulement ! C’est pas la couleur de l’eau par temps orageux qui est la plus épouvantable ou effroyable ! »

Léo : « C’est rigolo 🙂 Le nom même de ce lac est un avertissement au danger mais personne le sait 🙂 »

Samuel : « Il y a Rougegorge ! »

Rougegorge

Max : « Bonjour Rougegorge ! Tu vas bien ? Tu veux pas nous servir de guide. On va au sommet du Puy de Montchal nous. »

Le chevalier : « On y va ? »

Max : « Ben oui ! On va pas passer la journée ici ! On se poche et c’est parti. »

Yann : « Rougegorge est parti. »

Max : « Nous aussi 🙂

Vers le Montchal

Max : « Allez ! Grimpe bonome ! »

Le chevalier : « Je grimpe, je grimpe. »

Max : « Tu devrais arrêter l’apéro le soir en rentrant. Le saucisson, le fromage, l’hypocras… Ça te fait du gras là et après tu te traînes en montée. »

Léo : « Max tu exagères ! »

Samuel : « Et toi tu es rempli de chocolat ! »

Yann : « Bonome arrive plus à te porter. C’est pour ça qu’il traînes 🙂 »

Le chevalier : « Je crois que nous sommes arrivées au sommet… »

Le Puy de Montchal

Max : « Ah oui ! Ça c’est une jolie vue panoramique. On voit bien le brouillard… »

La vue

La vue

Le chevalier : « Nous devrions voir le Sancy… »

Léo : « On voit surtout les nuages 🙂 »

La vue

Samuel : « On commence à bien connaître les nuages. On les a bien vus dans les Alpes. »

Max : « Oui oui ! Oulala ! On était en plein dedans. »

Yann : « Tu vas nous raconter le Puy de Montchal ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. »

Max : « Bien sûr qu’on veut ! On est naturalistes nous ! On va pas sur un volcan sans apprendre son histoire. »

Le chevalier : « D’accord. Une petite précision en préambule. Le Puy de Montchal fait partie d’un ensemble de quatre volcans qui sont, dans l’ordre chronologique, Montcineyre, Estivadoux, Montchal et Pavin. »

Carte géologique du groupe Pavin (source : BRGM)

Max : « Comment on connaît l’ordre ? »

Le chevalier : « Téphrochronologie à partir des coupes réalisées dans le secteur au-dessus des dépôts morainiques ou périglaciaires qui garnissent la surface des vieux basaltes du Cézallier. »

Max : « Et ça veut dire quoi ? »

Le chevalier : « Les géologues ont étudié les dépôts de roches volcaniques et surtout leur ordre de succession. Il ont abouti à la chronologie que je vous ai donnée. Les quatre éruptions ont eu lieu en 4 à 500 ans. »

Samuel : « En gros c’est il y a 7000 ans. »

Léo : « Autant dire que c’était hier 🙂 »

Yann : « Et le Montchal ? »

Le chevalier : « C’est un cône strombolien. »

Léo : « Explique le cône strombolien s’il te plaît. »

Le chevalier : « C’est le volcan effusif type. Je vous rappelle que pour les volcans effusifs le magma est fluide. Les gaz s’en séparent et forment des bulles qui remontent facilement entraînant la lave avec elles. »

Max : « Bonome, dois-je te rappeler que je suis maître-assistant à la schola et que je l’enseigne ça. »

Le chevalier : « Pardon Max. »

Yann : « Moi je connais pas. »

Le chevalier : « Alors je continue. Arrivés à la surface, les gaz projettent des fragments de lave de taille variable. Ces fragments de lave se solidifient pendant leur trajet en l’air. En retombant ils forment un cône. »

Max : « Selon la taille et la présence ou l’absence de vacuoles on parle de scories ou de bombes. »

Le chevalier : « La lave peut également s’écouler en grandes coulées fluides. Contrairement à ce que pensent les gens, les coulées ne sortent pas du cratère mais à la base du cône, en créant un tunnel. Le Montchal a donné trois coulées. »

Léo : « Mais il a été perturbé par l’explosion du Pavin le Montchal. »

Le chevalier : « Oui Léo. Une partie du cône a été éjecté lors de l’éruption du Pavin. »

Yann : « Si je comprends bien, quand le magma remonte, il peut faire des pauses et après il sort pas tout à fait au même endroit que lors de l’éruption précédente. »

Léo : « C’est un peu ça. »

Max : « Bonome, on connaît la profondeur du réservoir magmatique ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas. Il est peu profond. Quelques kilomètres tout au plus. »

Yann : « Ah quand même ! »

Max : « Quand l’éruption s’arrête, la lave qui reste dans la cheminée se solidifie et ça bouche le passage. Après, elle est bien obligée de passer ailleurs. Bon, on sait tout sur le groupe Pavin. On fait quoi maintenant ? »

Léo : « On sait tout ? »

Samuel : « On a pas étudié les roches ? »

Max : « On fera à la fin. Bonome, tu fotoes des roches et on étudie ça plus tard. »

Le lac Pavin
Mésange noire (Periparus ater, Paridés)
Le lac Pavin et le Puy de Montchal

Un peu plus tard…

Max : « Bien bien bien… On est revenus à notre monture. On peut regarder les roches maintenant. Montre celles pour lesquelles petit à fait l’échelle s’il te plaît bonomou. »

Une roche

Samuel donne l’échelle

Léo : « Vous voyez des cristaux verts ? »

Max : « Non. »

Samuel : « Non plus. »

Yann : « C’est quoi les cristaux verts ? »

Léo : « L’olivine. »

Samuel : « (Fe,Mg)2[SiO4] Si c’est que le fer c’est la fayalite. Avec que du magnésium c’est la forstérite. »

Yann : « Merci et bravo petit Sam 🙂 »

Léo : « Si il y a pas d’olivine, on peut exclure le basalte. »

Le chevalier : « Pas toujours. »

Max : « Si si ! Sinon on y arrivera jamais. Et puis c’est trop clair pour un basalte. »

Léo : « Trachyandésite ? »

Le chevalier : « Aïe ! »

Max : « Pourquoi ‘Aïe !’ »

Le chevalier : « Disons qu’il règne une certaine confusion dans la nomenclature des trachyandésites d’Auvergne. »

Max : « Ah… »

Le chevalier : « Voici un petit document que j’ai commis il y a quelques années déjà. »

Léo : « Ah oui, effectivement… »

Max : « Quelqu’un s’y retrouve ? »

Le chevalier : « Je me le demande 🙂 »

Samuel : « Tu as pas un autre document avec les minéraux de ces roches ? »

Le chevalier : « Si mon petitours. Le voici. »

Les minéraux des différentes roches d’Auvergne

Max : « Tu vas l’apprendre par cœur petit Sam ? »

Samuel : « Je vais faire une fiche. Ça pourrait resservir. »

Léo : « Bon, je suppose que nous arriverons pas à identifier ces roches à partir de ces fotos. »

Le chevalier : « Tu supposes bien. »

Max : « On s’arrête à trachyandésite et c’est déjà pas mal. Bon, on fait quoi maintenant ? »

Le chevalier : « Vous voulez continuer ? »

Léo : « Ben… »

Yann : « J’ai pas vraiment envie de rentrer moi. »

Samuel : « Je suis sûr qu’il y a quelque chose d’autre à voir dans le coin. »

Max : « Et si on rentre tu vas encore prendre l’apéro et tu vas avoir encore plus de gras là. Je te conseille d’aller marcher pour éliminer, à titre préventif. C’est pour ta santé bonome. »

Le chevalier : « Je m’incline 🙂 Si c’est pour ma santé. »

Max : « Alors on y va ! »

Continuer la promenade

Les Roches Tuilière et Sanadoire

Au col de Guéry (1268m)…

Max : « Brrr… Il fait froid ! On sort pas de ta poche ! »

Léo : « Le petit vent du jour est frisquet. Bonjour Le Vent ! »

Max : « On est pas au mois d’Août là ? »

Samuel : « Si. »

Max : « Et il fait combien ? »

Le chevalier : « 9°C. Avec le petit vent frisquet la température ressentie est encore plus basse. Mais c’est vivifiant 🙂 »

Max (à Yann) : « Yann, je sais pas si tu l’as remarqué mais quand tout le monde a froid bonome dit que c’est vivifiant. Je l’ai jamais vu avoir eu froid ce bonome. Bonome, tu sais ce que ça veut dire ‘froid’ ? »

Le chevalier : « Oui je sais Maxou. »

Léo : « Tu nous as pas donné le programme du jour ! »

Samuel : « On a chevauché sans rien savoir du tout ! »

Le chevalier : « Le programme va bientôt apparaître… Voilà ! »

Les Roches Tuilière et Sanadoire

Max : « Ah oui ! Ça c’est un beau programme 🙂 On va faire l’escalade ? »

Le chevalier : « Je ne préfère pas. »

Léo : « Je suppose que nous allons voir ces deux roches de près. »

Le chevalier : « Ce n’est pas si facile. Elles sont entourées d’arbres mais nous allons y aller. »

Samuel : « Tu fais les présentations s’il te plaît ? »

Le chevalier : « A gauche c’est la Roche Tuilière et à droite la Roche Sanadoire. »

La Roche Tuilière

La Roche Sanadoire

Yann : « C’est tout ? »

Max : « C’est un peu court jeune ! On pouvait dire… Oh mon dieu ! Bien des choses en somme ! »

Léo : « Tu la fais à chaque fois celle-là 🙂 »

Max : « Je l’aime bien 🙂 »

Le chevalier : « Vous voulez certainement que j’affine. »

Max : « Ben oui ! »

Le chevalier : « Commençons par la Roche Tuilière. »

La Roche Tuilière

Le chevalier : « Son altitude est de 1288 mètres et elle se situe sur la commune de Rochefort-Montagne. Vous voyez peut-être d’ici qu’elle est constituée de prismes qui se débitent assez facilement en plaques minces et régulières. Ces plaques, appelées lauzes, servent à couvrir les toits des maisons et des églises du secteur. Les lauzes servant de tuiles, la roche est devenue la Roche Tuilière. »

Yann : « C’est la roche qui sert à faire des tuiles ? »

Le chevalier : « C’est ça 🙂 »

Léo : « C’est quelle roche ? »

Le chevalier : « Nous en parlerons sur place. Pour le moment je me contenterais de dire que c’est une phonolite. »

Léo : « Tu nous parles de l’autre ? »

La Roche Sanadoire

Le chevalier : « La Roche Sanadoire… Son nom viendrait d’une déformation de son, sonnatoire… Les phonolites ‘sonnent’ quand on frappe dessus. »

Yann : « Comme les Roches Sonnantes de Bretagne ? »

Samuel : « Le filon de dolérite en bordure de l’Arguenon ? »

Yann : « Oui, les Roches Sonnantes ! »

Le chevalier : « Ce ne sont pas les mêmes roches mais les phonolites sonnent aussi 🙂 La Roche Sanadoire est haute de 1286 mètres, deux de moins que la Roche Tuilière, et elle se situe sur la commune d’Orcival. »

Samuel : « La limite entre les deux communes passe dans la vallée alors. »

Le chevalier : « Oui mon petit Sam. Elle doit suivre la rivière qui occupe la Vallée de Fontsalade. Ce ruisseau prend naissance entre le lac de Guéry et ces deux roches. »

Max : « Continue avec la Roche Sanadoire. »

Le chevalier : « Pourquoi penses-tu que j’ai autre chose à ajouter ? »

Max : « Je te connais mon bonome 🙂 »

Le chevalier : « Le sommet de cette roche était autrefois occupé par un château. »

Samuel : « Je vois pas de château moi. »

Le chevalier : « J’ai bien dit autrefois petit Sam. Réputé imprenable, il fut détruit par une suite de tremblements de terre qui eurent lieu entre 1477 et 1490. »

Yann : « Il y a des tremblements de terre ici ? »

Le chevalier : « Un peu partout en Auvergne mais pas très souvent. »

Max : « Tu nous racontes ce château s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je n’ai pas grand-chose à en dire. Je ne sais pas de quand il date. Pendant la Guerre de Cent Ans il servit de repaire pour les mercenaires anglais qui écumaient la région. Ces mercenaires furent délogés par le Duc de Bourbon et le seigneur d’Auvergne après un siège de trois semaines. Le chef de ces routiers a été écartelé en place de Grève en 1386. Je n’ai rien d’autre à ajouter. »

Léo : « C’est le Massif du Sancy ici ? »

Le chevalier : « Non Léo. Il faut que j’explique un peu. Les Monts-Dore sont en réalité constitués de quatre ensembles volcaniques. »

Samuel : « Je suppose que tu les connais. »

Le chevalier : « J’espère ne pas dire d’erreurs… L’histoire débute il y a environ trois millions d’années par une éruption plinienne cataclysmique. Cette éruption a éjecté une quantité phénoménale de ponces, sur près de 100 km² et une épaisseur atteignant parfois 20m. C’est la nappe de Rochefort-Montagne. A la fin de cette éruption le toit de la chambre magmatique s’est effondrée et une caldeira est apparue. C’est la caldeira de la Haute-Dordogne. »

Max : « Elle est grande comment cette caldeira ? »

Le chevalier : « Difficile à dire… Ses contours ne sont pas très bien connus. »

Léo : « Et ensuite ? »

Le chevalier : « Entre de 2,2 et 1,8 millions d’années c’est ce qui va devenir le Massif de l’Aiguillier qui sera actif. C’est ce Massif qui est en face de nous et auquel appartiennent les deux roches, le Puy de l’Ouire… La Banne d’Ordanche située un peu plus à l’ouest date à peu près de cette époque. »

Max : « On va voir la Banne d’Ordanche ? »

Le chevalier : « Je ne pense pas. »

Samuel : « On peut pas tout voir. Ensuite ? »

Le chevalier : « Le calme revient pendant près d’un million d’années jusqu’à une seconde explosion plinienne qui donnera naissance au Sancy. »

Léo : « Lui on va le voir ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 J’ai bien envie de cavaler sur ce stratovolcan. »

Yann : « C’est quoi un stratovolcan ? »

Le chevalier : « Un volcan polygénique qui a fonctionné pendant une longue période et qui s’est construit par couches successives se recouvrant les unes les autres. Ce type de volcan se distingue des volcans monogéniques comme ceux de la Chaîne des Puys qui, pour la plupart, n’ont connu qu’une seule éruption relativement courte d’environ une à deux semaines. »

Yann : « Merci bonome. »

Samuel : « Il manque un ensemble volcanique. »

Le chevalier : « C’est le Massif Adventif. Il s’est mis en place entre 0,5 et 0,2 millions d’années à 5 km au NNE du Sancy. »

Max : « On a les quatre ensembles 🙂 »

Le chevalier : « Je reprends quand même 🙂 1. Volcanisme acide de la Haute-Dordogne. 2. Massif de l’Aiguillier à trachyandésites et phonolites. 3. Sancy à trachyandésites variées. 4. Massif adventif à cônes de laves, nuées ardentes, tufs et maar. »

Max : « Il y a trop de mots compliqués dans cette phrase. »

Léo : « Ça va être compliqué de tout comprendre… »

Le chevalier : « Effectivement. Je suis toujours admiratif du travail des géologues qui ont réussi à décrypter toutes ces roches pour en tirer l’histoire de la région. »

Samuel : « Dis bonome, on va passer la journée ici à papoter ? »

Le chevalier : « Non mon petitours 🙂 Je voulais profiter du paysage pour vous présenter un peu le secteur. Nous y allons ! »

Max : « Tu démarres d’ici ? »

Le chevalier : « Non Maxou. Une petite chevauchée va nous emmener au point de départ. »

Après la petite chevauchée…

Léo : « C’était pas très loin. »

Le chevalier : « Mais cela m’évite environ deux heures de marche 🙂 »

Yann : « C’est la Roche Sanadoire ça ? »

Le sommet de la Roche Sanadoire

Le chevalier : « C’est son sommet. »

Léo : « Elle est moins impressionnante vue d’ici. »

Max : « Il reste des traces du château ? »

Le chevalier : « Il me semble que le tremblement de terre à fait chuter le sommet de la roche. Il ne doit rien en rester. Ou alors sous forme de décombres dans les éboulis au pied de la roche. Là, la vue est un peu plus dégagée. »

La Roche Sanadoire

Le chevalier : « En me décalant un peu nous aurons une vue un peu plus large. »

Le Puy Loup

Le chevalier : « Il y a la Roche Sanadoire, la Tuilière et au fond c’est le Puy Loup il me semble. »

Max : « On y va bonome ? J’ai peur que le temps se gâte… »

Le chevalier : « C’est parti ! »

Léo : « Oulala ! Tu vas là ? Tu vas descendre tout ça ? »

La descente

Le chevalier : « Il faut bien descendre dans le vallon 🙂 »

Max : « Et il va surtout falloir remonter à la fin… »

Samuel : « On est dans la forêt et il y a pas beaucoup de lumière… »

Léo : « J’entends pas des zoisos… »

Le chevalier : « Oui, certes… Oserais-je dire que cela m’arrange ? »

Samuel : « Ça te fait moins de travail 🙂 »

Max : « On peut se concentrer sur la géologie si tu veux. »

Yann : « Ça m’arrange aussi. Comme ça j’ai moins de choses à retenir. »

Léo : « On verra bien. »

Champignon

Max : « Euh… Si on se concentre sur la géologie on peut faire l’arthropodologie un peu quand même ? »

Léo : « Qu’est ce que tu as vu Maxou ? »

Max : « Lui. »

Un huit pattes fine

Samuel : « Ça c’est un huit pattes fines 🙂 »

Léo : « Ça décrit assez bien 🙂 »

Max : « Tu connais les huit pattes fines Yann ? »

Yann : « J’en ai déjà vu. Mais je dirais pas que je connais. »

Max : « Alors bonome, au travail ! Explique les huit pattes fines à Yann ! »

Le chevalier : « Je commence par quoi ? »

Max : « Ben… Au début. »

Le chevalier : « Par le domaine ?! »

Léo : « C’est quoi le domaine ? »

Le chevalier : « Biota. »

Max : « Oui ben ça c’est pas très difficile ! Ça veut dire que c’est un être vivant. »

Le chevalier : « Je passerais volontiers sur Animalia, Eumetazoa, Bilateria, Protostomia, Cuticulata, Ecdyozoa et Panarthropoda. »

Max : « Ça je ferais donc la Faune de Max. »

Le chevalier : « Ça fait des années que tu en parles Max. »

Max : « Et j’y travaille ! Non mais oh ! Tu crois que j’ai que ça à faire ? Je suis maître-assistant à la schola ! Dois-je te le rappeler ? Et puis il y a toutes les bestioles que tu as fotoées et que tu as jamais identifiées ! Qui doit le faire ? C’est Max ! Je dois tout faire dans cette cabane ! »

Léo : « Je suis témoin que Max y travaille. »

Samuel : « Moi aussi. »

Max : « Ben forcément que vous êtes témoin ! Vous m‘aidez beaucoup. »

Yann : « Vous arrêtez jamais de travailler ? »

Léo : « Si si 🙂 »

Max : « On revient à la bestiole ? »

Le chevalier : « C’est un opilion. »

Max : « Ben oui… Les huit pattes fines ça s’appelle des opilions. Opiliones même ! »

Le chevalier : « Pas envie de faire la classification… »

Max : « Bon d’accord. Tu as envie de rien. C’est moi qui vais faire. J’y ai déjà travaillé de toute façon. Je dois vraiment tout faire ! »

Léo : « Tu vas sortir ta fiche ? »

Max : « Il faut bien qu’elle serve à quelque chose… »

Fiche descriptive de Mitopius morio

Max : « Voilà. C’est donc Mitopus morio 🙂 »

Léo : « Bonome, tu savais que cette fiche a été validée pour la galerie de insecte.org ? »

Le chevalier : « Tu es inscrit sur insecte.org Max ? »

Max : « Ben oui ! Comment je fais pour être sûr de mes identifications sinon ? Tu connais bien tes petizours toi ! Ça fait plaisir ! Mais qui m’a fichu un bonome pareil ! »

Le chevalier : « Je suis fier de toi Maxou 🙂 »

Max : « Oui ben je voulais la retravailler mais comme elle a été validée comme ça je laisse tomber. Je ferai mieux pour les prochaines. »

Yann : « C’est le petit ruisseau ? »

Ruisseau de Fontsalade
Ruisseau de Fontsalade

Le chevalier : « Oui Yann. Le ruisseau de Fontsalade. Nous ne sommes pas très loin du pied de la Roche Tuilière. »

Yann : « On la voit même pas ! »

Max : « Avec tous ces arbres c’est un peu normal. On voit rien du tout. »

Léo : « Tu vas grimper là ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Il faut le bien 🙂 On commence à l’apercevoir. »

La Roche Tuilière

Samuel : « C’est impressionnant vu d’ici. »

Max : « Il fallait nous dire qu’on irait au pied d’une falaise ! On aurait pris nos casques ! »

Le chevalier : « Vous pourriez penser à les mettre dans mon sac et les y laisser. »

Léo : « C’est une bonne idée ça ! On peut laisser l’une de nos malles dans ton sacado ? »

Le chevalier : « Oui. Cela m’évitera les reproches de Max parce qu’il a encore oublié quelque chose. »

Yann : « Fais attention à toi bonome ! »

Le chevalier : « Merci Yann 🙂 »

La Roche Tuilière
La Roche Tuilière

Max : « On peut sortir de ta poche pour observer la roche ? »

Le chevalier : « J’allais vous le proposer. Dépêchez-vous s’il vous plaît. Je n’aime pas trop rester au pied d’une falaise. »

Léo : « On y va ! »

Max et Samuel sur la phonolite

Yann et Léo sir la phonolite

Max : « Mouai… Tu veux pas nous aider bonome ? C’est quoi cette roche ? »

La phonolite

Léo : « On peut dire qu’elle est très claire et qu’elle ne contient pas de gros cristaux. C’est une roche microlithique aphyrique. »

Max : « Les roches claires sont souvent riches en silice. »

Le chevalier : « Pas ici. Ou pas vraiment. »

Samuel : « Comment ça ? Tu peux expliquer s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Nous sommes en présence d’une phonolite c’est à dire d’une roche sous-saturée en silice. Elle contient que des microcristaux notamment de feldspaths et de felspathoïdes. »

Max : « C’est quoi ça un feldspathoïde ? »

Le chevalier : « C’est comme un feldspath mais avec moins de silice. Petit Sam, te souviens-tu de la formule d’un feldspath sodique ? »

Samuel : « L’albite ? NaAlSi3O8. »

Max : « Il a bon ? »

Léo : « Bien sûr qu’il a bon ! »

Yann : « Bravo petit Sam ! »

Le chevalier : « Quand il y a moins de silice dans le magma, il y aura plus de cations par molécule de silice. Ici, c’est de la néphéline qui s’est formée après l’albite. »

Léo : « Dis nous la néphéline ! »

Le chevalier : « Na3KAl4Si4O16 »

Max : « Je vois ! Dans l’albite il y a 3 atomes de silicium pour deux cations alors que dans la néphéline il y en a 4 pour… 8 cations ! »

Samuel : « Donc, pendant la cristallisation, au début c’est l’albite qui se forme et quand la silice vient à manquer c’est la néphéline. »

Le chevalier : « C’est ça petit Sam. »

Max : « Bon d’accord. On sait la roche. Mais comment on explique cette forme en dôme ? »

Léo : « J’ai une hypothèse. »

Yann : « Léo tu as toujours des hypothèses 🙂 »

Léo : « Ben, j’essaye d’être scientifique et les scientifiques font des hypothèses. »

Max : « Nous t’écoutons Léo. »

Léo : « On dirait comme une cheminée volcanique dans laquelle le magma visqueux se serait arrêté et aurait cristallisé assez rapidement pour qu’il y ait pas de gros cristaux. »

Yann : « Ça se serait formé en profondeur ? »

Léo : « Pas très profond quand même. Juste en dessous du volcan. »

Max : « Alors bonome ? Que penses-tu de l’hypothèse de Léo ? »

Le chevalier : « J’aimerais savoir… Léo, comment t’es venue cette hypothèse ? »

Léo : « Par l’observation bonome ! La forme de la Roche Tuilière, la structure de la phonolite… »

Le chevalier : « C’est tout ? »

Léo : « Non 🙂 L’Îlot du Verdelet 🙂 »

Max : « Les tranche de mite de la tombola du verre de lait ! »

Léo : « Oui. Les trondjhémite du tombolo du Verdelet. On avait hypothésé que c’était un neck il me semble. Ou plutôt les restes d’un neck ayant subi un métamorphisme. »

Le chevalier : « Bravo Léo ! En général on reconstitue le plus ancien à partir du plus récent et toi tu réussis l’inverse ! »

Max : « Ben forcément ! Quand on fait la géologie tu fais tout dans le désordre ! »

Yann : « Bravo cousin Léo ! Mais quelqu’un peut faire un résumé ? »

Max : « Ça c’est le rôle de petit Sam 🙂 »

Samuel : « Je peux pas. Je sais pas d’où vient le magma. »

Léo : « Si j’ai bien compris, il s’agit d’une distension dans l’arrière pays alpin à cause de la subduction puis de la collision. »

Max : « Il y aurait fusion de la lithosphère ce qui expliquerait le caractère du volcanisme. »

Samuel : « D’accord. Alors le magma remonte sous le volcan mais il est tellement visqueux et peu chaud que sa remontée s’arrête et qu’il cristallise dans la cheminée. Plus tard, ce qu’il y a au-dessus est érodé mais la cheminée qui est plus dure que ce qui l’entoure reste en place et forme ce neck. »

Yann : « Merci petit Sam. Et elle date de quand cette cheminée ? »

Le chevalier : « Environ 1,8 millions d’années. On dit que c’est une protusion volcanique. C’est la rétractation de la roche pendant son refroidissement qui est à l’origine de la formation des hexagones verticaux qu’on appelle orgues volcaniques. Voilà ! Vous savez tout de la Roche Tuilière. »

Samuel : « Alors on peut partir de dessous la falaise. J’ai pas envie de me faire crabouiller par un rocher qui tombe ! »

Léo : « Bonne idée petit Sam 🙂 »

Max : « On se poche ! »

La Roche Tuilière – vue partielle

Le chevalier : « C’est reparti ! »

Max : « On va à la Roche Sanadoire ? »

Le chevalier : « Pas tout de suite. J’ai envie de faire un petit détour par La Malvialle puis le Puy du Cro. Je ne sais pas si nous irons jusque là. Je pense descendre vers le hameau avant d’aller vers la Sanadoire. »

Léo : « C’est toi qui cavales bonome. C’est toi qui choisis 🙂 »

Max : « Bonome, tu as pas le droit d’aller là ! C’est écrit ‘Chantier forestier. Chemin interdit’. »

Le chevalier : « Tu entends des machines ? »

Max : « Non. »

Le chevalier : « Veux-tu faire un détour à pattes ? »

Max : « Non. »

Léo : « Alors on passe ! »

Yann : « C’est quoi La Malvialle ? »

Le chevalier : « C’est ça. »

La Malvialle

Samuel : « C’est ce petit hameau ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas si on parle de hameau. Il s’agit d’un monastère orthodoxe. »

Max : « Un monastère orthodoxe perdu au milieu de nulle part ? »

Le chevalier : « Les moines apprécient les déserts. »

Yann : « Les déserts ? Mais c’est pas le désert ici ! »

Léo : « Yann, le désert des moines est pas le désert des géographes. Pour un moine, le désert c’est là où il y a personne et rien d’autre que la nature. »

Yann : « Ah oui. Je comprends. Alors c’est carrément le désert ici 🙂 »

Remarque de Max : Pendant les inspections, on a pas le temps de tout faire et on sait pas toujours ce qu’on va voir alors on est pas préparé et on regarde pas bien. Là, bonome a fait sa pause sandouich sur la petite fontaine qu’il a même pas fotoée et il a repris son chemin. C’est en faisant des recherches pour graver cet article que nous avons découvert que la grange-étable de ce monastère est inscrite sur à l’inventaire des monuments remarquables d’Auvergne. Pour ceux qui connaissent c’est la liste Mérimée. Elle a une charpente remarquable cette grange-étable. Regardez…

Je devrais plutôt dire qu’elle AVAIT une charpente remarquable. Parce que là…

La charpente remarquable est pas très en forme…

Reprenons le compte-rendu avec quelques fotos de zoisos…

Mésange nonnette (Poecile palustris, Paridés)

Rougegorge juvénile (Erithacus rubicula, Muscicapidés)

Pinson des arbres (Fringilla coelebs, Fringillidés)

Fauvette à tête noire (Sylvia atricapila, Sylviidés)

Max : « La Roche Sanadoire apparaît enfin ! »

La Roche Sanadoire et le Puy de l’Ouire

Yann : « C’est très beau 🙂 »

Léo : « La promenade était très plaisante. »

La Roche Sanadoire et le Puy de l’Ouire

Max : « Zutalor ! Il y a plein d’éboulis sous la roche. On va pas pouvoir s’en approcher. »

Le chevalier : « Peut-être que je pourrais approcher du pierrier. »

Max : « Fais voir la carte ! »

Le chevalier : « Je n’ai pas de carte. »

Max : « QUOI ! TU PARS SANS CARTE ! Et si on se perd ? Tu sais où on va ? »

Le chevalier : « Oui je sais où on va ! Là haut, juste un peu à droite de la Roche Sanadoire. »

Max : « Et s’il y a pas de chemin ? »

Le chevalier : « Azimut brutal. »

Max : « Azimut brutal ? C’est quoi ça azimut brutal ? »

Le chevalier : « Disons que c’est un tout droit en direction du point d’arrivée. »

Max : « Tu vas pas faire ça ? Tout droit dans la forêt sans savoir où tu vas ? Non mais tu vas pas bien dans ta tête toi. Et vous là ! Vous dites rien ? »

Samuel : « Ça doit être rigolo l’azimut brutal 🙂 »

Léo : « Je serais curieux de voir bonome azimuter brutalement 🙂 »

Yann : « C’est un peu l’aventure 🙂 »

Max : « Ils sont fous ! Je suis dans une tribu de fous ! »

Le chevalier : « Je pense que je trouverais un chemin Maxou. »

Yann : « Oh ! C’est qui ce zanimo ? »

Un six pattes à ailes

Léo : « Un hyménoptère ! Maxou, tu peux me rappeler ton moyen mnémotechnique pour se souvenir des deux sous-ordres ? »

Max : « Chez les Hyménoptères il y a les sans filtres et les hypocrites 🙂 »

Léo : « C’est ça ! Les Symphites et les Apocrites ! »

Samuel : « Les Apocrites sont eux-mêmes divisés en Aculéates et Térébrants. »

Yann : « Moi j’aurais juste dit que ce zanimo ressemble à une guêpe. »

Max : « Parce qu’on tu en as pas vus beaucoup. A part ceux de l’Estuaire. »

Samuel : « Là, l’Hyménoptère a pas une taille de guêpe. C’est un Symphite. »

Léo : « Bonome, tu le connais ? »

Le chevalier : « C’est la tenthrède de la scrofulaire. Tenthredo scrofulariae, Tenthrédinidés. »

Léo : « Ça tombe bien, elle est sur une scrofulaire 🙂 »

Max : « Bon, après cette courte pause arthropodologique revenons à nos belles roches. On voit les deux là. »

Les deux Roches
La Roche Tuilière

Samuel : « Tu as grimpé au pied de la paroi verticale tout à l’heure bonome ? »

Le chevalier : « Oui petit Sam. »

Léo : « Je m’étais pas rendu-compte que ça grimpait autant ! Oulala ! »

Yann : « Bravo bonome ! Bravo ! »

Max : « Bonome, tu connais la montagne derrière la Roche Sanadoire ? »

La Roche Sanadoire

Le chevalier : « C’est le Puy de l’Ouire. Il appartient lui aussi au Massif de l’Aiguillier. Je n’en sais pas plus. »

Yann : « On a avancé que quelques centaines de mètres et le paysage a changé 🙂 »

La Roche Sanadoire

Max : « Bonome, tu peux tout zoomer sur la Roche Sanadoire. »

Le chevalier : « Bien sûr Max. Que veux-tu voir en particulier ? »

Max : « Il y a des orgues volcaniques aussi il me semble. »

Le chevalier : « Bien vu 🙂 »

Les orgues phonolitiques
Les orgues phonolitiques
Les orgues phonolitiques

Léo : « Il y en a dans tous les sens ! »

Samuel : « C’est étrange ça. »

Yann : « Mais c’est très beau. »

Samuel : « Tu trouves tout très beau cousin Yann 🙂 »

Max : « C’est à cause de la beauté dans les yeux. Bon, bonome, comment expliques-tu qu’il y a des orgues dans tous les sens ? »

Le chevalier : « La Roche Tuilière est le résultat d’une remontée unique de magma. Pour la Roche Sanadoire il y en a au moins cinq. Peut-être sept. »

Léo : « Dans la même cheminée ? »

Le chevalier : « Presque. Elles sont contiguës. »

Samuel : « Et quand la remontée de lave pouvait plus avancer à cause d’une plus ancienne elle a obliqué et c’est pour ça qu’il y a des orgues horizontales. »

Yann : « Ça a toujours l’air simple quand petit Sam explique. »

Max : « Apparemment il y a un chemin qui va vers la Roche Sanadoire… »

Léo : « On est au pied de la Tuilière 🙂 »

La Roche Tuilière

La Roche Tuilière

Le chevalier : « Pas tout à fait… On voit bien la structure litée de la roche. »

Les orgues phonolitiques de la Roche Tuilière

Samuel : « Des phonolites à néphéline… »

Léo : « Tu apprends petit Sam ? »

Samuel : « C’est pas tous les jours qu’on voit une protusion de phonolite à néphéline. Ce serait dommage d’oublier ça. »

Max : « Tu oublies jamais rien toi. »

Samuel : « C’est pas vrai, malheureusement… »

Yann : « Petit Sam, je suis pas là depuis longtemps mais je suis d’accord avec les cousins. Tu as une mémoire prodigieuse 🙂 »

La Roche Sanadoire

Max : « Oulala ! Il est énooorme ce pierrier ! »

Léo : « Bonome, promets-moi que tu vas pas l’escalader ! »

Le chevalier : « Promis. Nous irons juste au bord. »

Max : « Juste au bord ? Tu sais que si il fait l’avalanche on sera tout crabouillés quand même. »

Le chevalier : « Il ne fera pas l’avalanche. »

Max : « Ah oui ? Comment tu le sais ? »

Le chevalier : « Bon d’accord. On y va pas et demain je me mets au tricot. C’est pas dangereux le tricot. »

Max : « Maladroit comme tu es tu réussirais à te planter une aiguille dans la main ! »

Yann : « 🙂 Bonome est pas maladroit. Il est un peu brusque parfois. »

Samuel : « Rhooo ! »

Les orgues phonolitiques
Les orgues phonolitiques
Le pierrier

Léo : « C’est vrai que c’est pas tous les jours qu’on voit ça 🙂 »

Yann : « C’est encore la phonolite à néphéline ? »

Le chevalier : « C’est un peu plus compliqué que ça. »

Max : « Ben explique quand même ! On a pas fait tout ce chemin pour pas savoir la phonolite de la Roche Sanadoire. »

Le chevalier : « Asseyez-vous alors. »

Yann : « Sur les rochers ? »

Le chevalier : « Oui Yann. »

Yann : « Chouette alors ! »

Max : « On est installés. Tu peux y aller. »

Le chevalier : « La roche sur laquelle vous êtes installés est une roche microlithique porphyrique à phénocristaux de sanidine plongés dans une pâte vitreuse dans laquelle on trouve quelques cristaux millimétrique de titanite jaune d’or, d’olivine, d’analcime et de noséane ou d’haüyne. »

Max : « Comment tu avais dit ? ‘C’est un peu plus compliqué que ça.’ Je crois bien que oui… La roche porphyrique à phénocristaux de Sabine, plongée dans des pattes visqueuses, avec la ‘tite amie de john dort, d’olives, d’Anna slim et de la nausée d’Anne qui couine. Dois-je te faire remarquer que ça veut rien dire ? C’est qui tous ces gens ? »

Le chevalier : « Je vais reprendre. La roche est constituée d’un verre volcanique c’est à dire que ce n’est pas cristallisé. »

Yann : « Il y a pas de cristaux. »

Le chevalier : « Sauf de gros cristaux de sanidine. La sanidine est un feldspath potassique. »

Samuel : « KAlSi3O8 ! »

Le chevalier : « Oui petit Sam 🙂 Ces cristaux se sont probablement formés dans la chambre magmatique, entourés d’une phase gazeuse qui a permis leur croissance et qui les a fait flotter dans le haut de la chambre. »

Samuel : « On a donc une roche porphyrique à phénocristaux de sanidine. D’accord. »

Le chevalier : « On trouve parfois des cristaux de titanite (CaTiSiO5). Ils sont jaune-d’or. »

Léo : « Jusque là ça va. »

Le chevalier : « Il y également de l’olivine. »

Samuel : « (Mg,Fe)SiO4 ! »

Max : « Tu les connais tous ? »

Samuel : « Ceux que bonome nous a déjà présentés. Mais pas forcément tous… »

Le chevalier : « Il y a également de l’analcime NaAlSi2O6.H2O Le problème est que je ne sais pas bien si c’est un minéral primaire, formé lors de la cristallisation du magma, ou un minéral secondaire qui s’est formé par altération de la néphéline. »

Max : « C’est embêtant ça. »

Le chevalier : « En effet… »

Max : « Et la nausée d’Anne ? »

Le chevalier : « La nauséane ? Na8Al6Si6O24(SO4) »

Max : « Ça se complique… »

Le chevalier : « C’est un feldspathoïde. Comme l’haüyne. »

Samuel : « Tu donnes pas la formule de l’haüyne ? »

Le chevalier : « (NaCa)4-8[Al6Si(O,S)24](SO4,Cl)1-2 »

Max (à Samuel) : « Tu vas la retenir celle-là ? »

Samuel : « Mmmmm… Je crois pas. Je vais la noter dans mes fiches mais je vais pas la retenir. »

Léo : « Je remarque quand même la présence de chlore et de soufre… C’est pas tout le temps ça… »

Le chevalier : « En général, ces éléments s’échappent sous forme de gaz qui, combinés à l’eau, donnent des acides : acide chlorhydrique ou sulfurique… »

Léo : « Il y a quelque chose qui me chiffonne… »

Max : « Ça faisait longtemps 🙂 »

Le chevalier : « Je t’écoute Léo. »

Léo : « La coexistence d’olivine et de feldpathoïdes… C’est normal ça ? »

Le chevalier : « Bonne question. L’olivine est le premier minéral qui se forme lors de la cristallisation. Il apparaît quand le magma est riche en fer et magnésium et pas trop riche en silice. Sinon, ça commence par les pyroxènes. Ou plutôt les olivines vont réagir avec la silice résiduelle pour donner des pyroxènes. »

Max : « Ok ! Donc, si j’ai bien compris, il y avait un magma relativement pauvre en silice mais riche en alcalins et en fer et magnésium. »

Léo : « Et de titane ! »

Max : « C’est compliqué ça. Fer, magnésium, titane… Ça vient du manteau. »

Léo : « Ça va avec la pauvreté relative en silice. »

Max : « Mais il y a les alcalins… Il y en a beaucoup des alcalins… »

Samuel : « Je vous rappelle qu’on est probablement dans un contexte de distension crustale en arrière d’une chaîne de montagnes. »

Max : « Et ? »

Samuel : « Ben… La croûte contient des alcalins plus que le manteau… »

Yann : « Pfff ! Je suis perdu moi. »

Léo : « Nous aussi 🙂 »

Le chevalier : « Magmatisme intra-plaque sous une croûte épaisse. »

Max : « C’est tout ? »

Le chevalier : « C’est déjà pas mal 🙂 Après réflexion je suis pas sûr de moi pour l’olivine. Et j’ai oublié les hornblendes brunes. Et pour votre culture, la titanite s’appelle parfois sphène. »

Yann : « Oui ben la roche est peut-être sous-saturée mais moi je sature 🙂 »

Léo : « Moi aussi. »

Max : « Je voudrais juste savoir de quand elle date cette protusion ? »

Le chevalier : « Ces protusions tu veux dire 🙂 2,1 millions d’années. »

Max : « Merci bonome. »

Samuel : « Rougequeue noir vient nous voir ! »

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)

Max : « C’est notre zoiso-gardien d’Auvergne ? »

Le chevalier : « Demande lui 🙂 »

Max : « Je parle pas le zoiso moi ! Tu veux pas nous apprendre le zoiso ! Tu veux même pas dire que tu parles le zoiso ! »

Samuel : « Tu as fait peur à rougequeue ! »

Yann : « Dites, ça vous ennuierait d’aller ailleurs. J’ai peu de me faire crabouiller par les rochers. »

Max : « On y va ! »

Bonome a vite trouvé le chemin qui remontait à notre monture. Il a pas eu à faire l’azimut brutal. J’ai du mal à reconnaître que ça m’aurait bien plu de le voir faire ça 🙂 Bon, le chemin était déjà un peu un azimut brutal. Mais c’est pas pareil. En rentrant, bonome a décidé de s’arrêter manger une gaufre au chocolat. C’est son petit plaisir des vacances ça. Manger des gaufres au chocolat. On s’est arrêtés au col de la Croix Morand. Et on a vu des zoisos 🙂

La Banne d’Ordanche depuis le Col de la Croix-Morand
Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)

Pipit farlouse (Anthus pratensis, Motacillidés)

Pipit farlouse (Anthus pratensis, Motacillidés)

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe, Muscicapidés)

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe, Muscicapidés)

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe, Muscicapidés)

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe, Muscicapidés)
Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)

Continuer la promenade

La Roche Romaine

22 août, An VIII

Max : « Bonjour bonome:) Bien dormi ? Nous on est déjà prêts. »

Léo : « J’ai fait la première cafetière. »

Yann : « Pourquoi la première ? »

Max : « Bonome est pas du matin. Il faut qu’il se caféine pour commencer à émerger. La première cafetière lui permet d’ouvrir les yeux et de commencer à distinguer des formes. »

Samuel : « C’est seulement après la seconde qu’il est capable d’utiliser un langage articulé. »

Max : « Et après il va à la taverne pour boire ses deux cafés allongés mais il les boit assis 🙂 »

Léo : « Et là, il est enfin efficace. »

Le chevalier : « Vous commencez à vous moquer de moi avant même que je vous ai salués ? Toi aussi mon petitours ? »

Max : « Ben voilà ! Petit Sam est ton petitours ! Et nous, on est quoi nous ? »

Le chevalier : « Des machins. Des petits machins. »

Léo : « Je peux poser la question rituelle du matin ? »

Yann : « C’est quoi cette question ? »

Max : « C’est moi qui la pose ! Bonome, on va où aujourd’hui ? »

Le chevalier : « A la taverne, boire des cafés. »

Max : « Alors toi ! Comment veux-tu que je garde mon calme avec ce genre de réponses ? Dis moi. »

Samuel : « On va voir des volcans ? »

Le chevalier : « Alors… Je n’ai pas envie de chevaucher aujourd’hui. Nous ferons donc une boucle à partir de la cabane. Douze kilomètres je crois. »

Max : « Tu vas en faire quinze. »

Le chevalier : « Ah ? »

Max : « Ben oui. Tu vas forcément oublier de tourner à droite ou à gauche à un moment ce qui va faire un détour. Et tu auras envie d’aller voir par là même si c’est pas sur le chemin. Alors tu vas pas faire douze kilomètres mais quinze. Peut-être plus si tu te trompes deux fois. C’est possible, étourdi comme tu es. »

Le chevalier : « C’est moi qui marche… »

Samuel : « Tu as pas répondu ! On va voir des volcans ? »

Le chevalier : « Deux. Mais nous ne les verrons pas vraiment. »

Léo : « Comment ça ? »

Le chevalier : « Comme vous le voyez, il y a des arbres un peu partout. Nous allons nous promener sur des chemins parfois bordés d’arbres, parfois sous les arbres… Nous serons sur des volcans mais nous les verrons à peine. »

Max : « On va pas se promener bonome. On va inspecter. »

Le chevalier : « Oula… Je n’inspecte pas à fond moi. J’ai besoin de repos. »

Yann : « Et pour te reposer tu vas cavaler quinze kilomètres en moyenne montagne 🙂 »

Samuel : « Il est comme ça bonome 🙂 »

Un peu plus tard…

Léo : « Tu as pas dit où on va ! Il y a bien un objectif à ton itinéraire ? »

Le chevalier : « Découverte de la faune et de la flore locale. Et nous verrons la Roche Romaine. »

Yann : « La Roche Romaine ? C’est quoi ? »

Le chevalier : « Je vous l’expliquerai sur place. »

Samuel : « On fait la flore ? »

Le chevalier : « Je peux vous présenter quelques plantes si vous le voulez. »

Samuel : « J’aime beaucoup les fleurs rose qu’on voir le long du chemin. Surtout celles qui ont les pétales découpés en lanières. »

Le chevalier : « Celles-ci ? »

Œillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius, Caryophyllacées)

Léo : « Tu connais ? »

Max : « J’espère ! J’ai oublié ma flore ! »

Le chevalier : « J’ai installé une application dans mon téléphone. Plus besoin de flore 🙂 »

Max : « Tu te modernises bonome 🙂 »

Yann : « Ça marche comment ? »

Le chevalier : « Je fotoe et monsieur Internet me dit qui c’est 🙂 »

Léo : « C’est pratique mais c’est moins intéressant qu’une bonne vieille détermination à l’ancienne. »

Le chevalier : « Je suis d’accord. »

Max : « On va pas débattre pendant des heures. C’est qui cette plante ? »

Le chevalier : « L’œillet de Montpellier, »

Max : « On est pas à Montpellier là. Il fait quoi ici cet œillet. Il est en vacances ? »

Le chevalier : « Sûrement 🙂 »

Samuel : « Et celui-là ? C’est un œillet aussi. »

Œillet des Chartreux (Dianthus carthusianorum, Caryophyllacées)

Le chevalier : « L’œillet des Chartreux. Je vérifie quand même… Oui, c’est ça. »

Yann : « Elles sont rares ces plantes ? »

Le chevalier : « Pas ici. Je pense que nous le reverrons. »

Léo : « Tu connais l’origine de ces noms ? »

Le chevalier : « Aucune idée pour l’œillet de Montpellier. Je sais que c’est une plante qui s’observe sur les pelouses rocailleuses des étages montagnard et sub-alpin. L’œillet des Chartreux est ainsi nommé car il était cultivé dans les jardins du monastère de la Chartreuse. »

Samuel : « Tu as pas donné les noms en scientifique. »

Le chevalier : « Dianthus hyssopifolius, Caryophyllaceae et Dianthus carthusianorum, Caryophyllaceae aussi 🙂 »

Léo : « L’œillet à feuilles d’hysope ? »

Le chevalier : « Oui. Ses feuilles ressemblent à celles de l’hysope. »

Yann : « Et Dianthus ? Ça veut dire quelque chose ? »

Max : « Ben voilà… Tu lances bonome avec le grékancien… »

Léo (à Yann) : « Laisse Maxou ronchonner 🙂 »

Le chevalier : « C’est la fleur (anthos) des dieux (dios), celle de Zeus mais je ne sais pas pourquoi. Voulez-vous savoir l’origine du mot ‘œillet’ ? »

Léo : « Oh oui ! »

Max : « Ça va encore être une légende horrible de la Grèce Ancienne… »

Samuel (à Yann) : « Les légendes de la Grèce Ancienne sont pleines de meurtres, d’incestes, de tromperies… »

Le chevalier : « 🙂 Diane, la déesse de la chasse, convoitait les beaux yeux d’un berger. Mais pas le berger lui-même. Seulement ses yeux. Elle les lui fit arracher pour jouer avec. Évidemment elle s’en lassa et les jeta sur les bords d’un chemin où naquirent de petites fleurs qu’on appela œillet c’est à dire petit œil. »

Max : « Ben voilà ! C’est bien ce que je disais. C’est horrible. »

Le chevalier : « Je n’y peux rien Max. »

Max : « Si ! Tu pourrais éviter de raconter ces horreurs. »

Le chevalier : « Certes. Pour les Chrétiens, l’œillet fait référence soit à Marie soit à Jésus. Dans le langage des fleurs c’est le symbole de la passion et on l’offre à l’être aimé pour accompagner des promesses de fidélité. On avance ? »

Max : « On avance ! »

Léo : « J’entends des zoisos. Il doit y en avoir pas loin 🙂 »

Samuel : « Ben oui ! Il y a des gobemouches. »

Léo : « Des gobemouches ? Je reconnais pas le chant du gobemouche gris… »

Max : « Parce que se sont des noirs 🙂 »

Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca, Muscicapidés)

Léo : « En internuptial… »

Max : « Ou bien une femelle ou un jeune… »

Léo : « On connaît pas bien les gobemouches noirs. On a juste vu un juvénile il y a quelques années au Royaume des Chevaliers. »

Samuel : « J’espère que nous verrons des mâles nuptiaux. »

Yann : « Et lui là ? »

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus, Muscicapidés)

Max : « Rougequeue à front blanc 🙂 Tu t’approches bonome ? »

Le chevalier : « Tout doucement. Je ne voudrais pas le déranger… »

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus, Muscicapidés)

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus, Muscicapidés)

Yann : « Il se sauve ! »

Léo : « Il est juste là ! »

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus, Muscicapidés)

Max : « Il faut pas peurer rougequeue. On fait que passer nous. »

Léo : « ‘Peurer’ 🙂 »

Max : « Ben oui ! Peurer ! »

Samuel : « Là, c’est Rougegorge. Bonjour Rougegorge ! Tu vas bien ? »

Rougegorge (Erithacus rubecula, Muscicapidés)

Max : « Il répond pas. Les zoisos nous répondent jamais ! Ils parlent qu’avec bonome. »

Léo : « Yann, tu sais que bonome parle le zoiso ? »

Yann : « Vous me l’avez déjà dit 🙂 »

Max : « Il parle pas que le zoiso. Bonome, il est polyglotte du zanimo et il veut pas nous apprendre ! »

Samuel : « C’est de la roche volcanique là ? »

Le chevalier : « Oui petit Sam. »

Max : « On y va ! Bonome, prépare toi à fotoer tes petizours sur la roche volcanique ! »

Les petizours sur une cheyre
Les petizours sur une cheyre

Léo : « C’est quel volcan ? »

Le chevalier : « Le Tartaret. »

Max : « Raconte-nous le Tartaret bonome. On est assis. On a le temps. »

Samuel : « Il fait partie du Mont-Dore ? »

Le chevalier : « Non. Il appartient aux volcans périphériques de la Chaîne des Puys et plus particulièrement à un groupement de volcans appelé Volcans du Sud. Il y a le Puy de Monténard, le Puy du Tartaret et le groupe Montchal – Pavin – Montcineyre. »

Léo : « La Chaîne des Puys vient jusqu’ici ? »

Le chevalier : « Ce n’est pas à proprement parler la Chaîne des Puys. Mais c’est contemporain. »

Max : « Raconte le Tartaret ! »

Le chevalier : « Il est érigé en travers de la couze de Chaudefour. »

Max : « Ah non ! Tu commences pas à utiliser des mots que personne connaît à part toi ! C’est quoi une couze ? »

Le chevalier : « C’est comme cela qu’on appelle un torrent dans le secteur. »

Yann : « La couze de Chaudefour c’est le torrent qui passe juste devant la cabane ? »

Le chevalier : « Oui mais on l’appelle la couze Chambon. »

Léo : « Il y a pas un lac qui s’appelle Chambon ? »

Le chevalier : « Si 🙂 Nous le verrons plus tard, de haut. Il s’est formé suite à l’apparition du Tartaret qui a fait barrage sur la couze de Chaudefour. »

Max : « Il s’est formé quand ce volcan ? »

Le chevalier : « Il s’est formé en deux étapes. La première remonte à 16 000 ans. Il y a eu une gigantesque explosion phréato-magmatique. »

Max : « C’est quoi ça encore ? »

Léo : « Phréato ? Comme phréatique de la nappe phréatique ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « Mmmmm… Et ça a explosé ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « Je crois comprendre. »

Max : « Alors explique nous. »

Léo : « Pour une éruption volcanique il faut du magma. Ici c’est du magma basaltique qui est à environ 1 200°C. C’est très chaud. Imaginez que lors de sa remontée il rencontre une nappe phréatique. »

Yann : « Je peux pas imaginer. Je sais pas ce que c’est. »

Samuel : « C’est une gigantesque nappe d’eau qui se situe en profondeur mais pas trop. Souvent elle est coincée entre deux couches de roches imperméables. »

Yann : « C’est comme un étang sous terre ? »

Samuel : « Un peu. A quelques centaines de mètres de profondeur au maximum. »

Yann : « J’imagine un peu maintenant. Merci. »

Max : « Moi aussi j’imagine. Si le magma à 1 200°C arrive au contact de l’eau, l’eau se vaporise d’un coup. Et tout le monde sait que le volume augmente lors de la vaporisation. »

Le chevalier : « Dans les conditions normales de température et de pression, le volume molaire de l’eau est de 22,4 L. »

Max : « Ben oui ! Oulala ! Nous en parlions justement ce matin du volume de la molaire de l’eau. Elle a une grosse molaire l’eau. »

Le chevalier : « 🙂 Le volume molaire c’est le volume occupé par une mole. »

Max : « Une molle ? Pas une dure ? »

Le chevalier : « 18 g d’eau occupe 22,4 L à l’état de vapeur à 0°C et 101 325 Pa. »

Léo : « Je comprend pas tout. Mais si ça c’est à 0 °C, à 1 200°C le volume augmente considérablement. »

Max : « Et ça fait tout exploser ! »

Samuel : « L’éruption effusive avec des grandes coulées de laves fluides et une petite fontaine de lave devient une éruption gravement explosive. »

Le chevalier : « Le toit de la chambre magmatique est fragmenté. »

Max : « Aux quatre coins de l’Auvergne qu’on va le retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle. Dispersé. Ventilé. »

Léo : « Rhooo la référence ! »

Le chevalier : « Moi j’aime bien 🙂 Plus sérieusement, il se forme un grand panache éruptif formé de vapeur d’eau, de lave fragmentée et de morceaux du socle. Un cratère circulaire et profond se forme. C’est ce qu’on appelle un maar. »

Max : « Il y a pas de maar ici. »

Le chevalier : « Non parce que l’éruption s’est poursuivie de façon plus habituelle entre 16 000 et 8 500 ans. Le cône de scories sur lequel nous nous trouvons date de cette phase. »

Samuel : « Le cône de scories a donc recouvert le maar… »

Max : « Yann, les scories se sont des morceaux de roches volcaniques. Il y a souvent des trous dedans. On dit des vacuoles quand on veut se faire passer pour un savant. Les scories se forment à cause des fontaines de laves. Il faut savoir que le magma c’est de la roche fondue avec des gaz dissous. Quand le magma remonte, la pression qui s’exerce dessus diminue et les gaz forment des bulles. Les bulles remontent et entraînent ce qui devient petit à petit de la lave. »

Yann : « Alors la lave c’est le magma sans les gaz. »

Max : « Oui et non 🙂 Il reste toujours un peu de gaz dans la lave. Mais tu as raison quand même. Quand il y a beaucoup de gaz et que la lave est fluide, des lambeaux de lave sont projetés en l’air. Ça fait une fontaine de lave. Comme les lambeaux de lave sont pas très grands ils se solidifient vite et ce sont des morceaux de roches qui retombent. C’est ça les scories. Il y en a plus qui retombent juste autour du centre éruptif alors ça forme un cône. »

Yann : « Je comprends. »

Léo : « Parfois il y a une coulée de lave. Elle entraîne les scories avec elle en coulant. Du coup, le cône est pas complet. Ça forme comme un fer un cheval dont sort la coulée. »

Le chevalier : « Pour être précis, ici, il y a un cône de scorie complet et un cône égueulé. »

Max : « Égueulé ? C’est pas très poli. »

Le chevalier : « Je n’y peux rien. C’est le terme usité. On dit un cratère égueulé et pas ‘comme un fer un cheval’. La coulée Du Tarteret est l’une des plus longue de la région. Elle s’étire sur 22 km jusqu’à Neschers. Cette coulée a emprunté un ancien thalweg. »

Max : « Un quoi ? »

Le chevalier : « Une petite vallée. »

Samuel : « Si je comprends bien, il y a eu deux volcans. »

Le chevalier : « Oui. L’ancien et le nouveau Tarteret. L’ancien est peu visible. Il y a un saupoudrage de lapilli basaltique côté lac Chambon. Puis le nouveau Tarteret est apparu avec sa coulée. Pour être complet, ces deux volcans ont commencé par un épisode phréato-magmatique. »

Max : « Tu pourras me trouver une carte pour illustrer mon blog. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Carte géologie du Tartaret (Guide géologique régional – Volcanologie de la Chaîne de Puy

Le chevalier : « Le lac Chambon a été créé par les éruption du Tarteret. Les cônes ont en partie obstrué la Couze Chambon et il s’est formé un lac de barrage. »

Yann : « On est donc sur un cône de scories. Il va pas entrer en éruption ? »

Le chevalier : « Les volcans d’Auvergne sont bien étudiés et surveillés. Nous le saurions si une éruption était prévue. »

Samuel : « Il y a encore une activité magmatique dessous ? »

Le chevalier : « Oui. Mais je ne peux pas vous dire s’il y aura d’autres éruptions. Dites les machins, si nous faisons une longue pause à chaque arrêt nous allons rentrer de cette promenade à la fin de la semaine. »

Max : « Et l’article sera trop long. On se poche et on avance ! »

Samuel : « On voit pas les paysages. Le chemin chemine sous les arbres. »

Léo : « C’est bien agréable quand même. »

Yann : « D’accord avec Léo 🙂 »

Max : « Ce serait pas un cirse laineux là ? »

Cirse laineux (Cirsium eriophorum, Astéracées)

Léo : « Il y en a déjà eu le long du chemin. »

Max : « C’est une belle plante mais elle fait rien qu’à piquer. Il faut pas s’en approcher. »

Léo : « Oui. On reste loin. Tant pis si on voit pas les insectes qu’elle accueille. Il y a toujours des insectes sur les cirses. »

Samuel : « Tiens ! Un jeune Rougegorge. »

Rougegorge juvénile (Erithacus rubecula, Muscicapidés)

Léo : « J’entends… Des mésanges noires et… Des huppées ! »

Max : « Fotoes les bonome ! »

Le chevalier : « J’essaye mais elles ne se montrent pas ! »

Max : « Tu vas quand même pas rater des mésanges noires et des mésanges huppées ! »

Le chevalier : « Ben si… »

Yann : « Et là-bas ? C’est qui ça ? »

Max : « Un petit mammifère qui saute partout… Il me dit rien… »

Léo : « Une belette ? »

Hermine (Mustela erminea, Mustélidés)

Hermine (Mustela erminea, Mustélidés)

Le chevalier : « La démarcation entre le blanc et le marron est plutôt linéaire. L’extrémité de la queue forme comme un pinceau noir. C’est une hermine. »

Max : « Tu arrives à voir la démarcation entre le marron et le blanc toi ? »

Le chevalier : « Ben oui. »

Léo : « Une hermine ! La chaaance ! On avait jamais vu une hermine 🙂 »

Max : « Ce sont pas les fotos du siècle quand même… »

Samuel : « Cousin Max cela suffit ! Bonome a fotoé une hermine qu’on avait même jamais vue alors tu ronchonnes pas ! »

Max : « Je ronchonne pas ! Vous dites toujours que je ronchonne mais je ronchonne pas ! Je constate que ce sont pas les fotos du siècle. Ai-je réellement tort ? »

Le chevalier : « Non 🙂 »

Léo : « Ça vole de partout ici ! Oulala ! Là, il y a Rougegorge ! »

Rougegorge (Erithacus rubecula, Muscicapidés)

Samuel : « Un fauvette à tête noire ! »

Fauvette à tête noire (Sylvia atricapila, Sylviidés)

Max : « Des pinsons des arbres ! »

Léo : « Et là une mésange nonnette ! »

Mésange nonnette (Poecile palustris, Paridés)

Yann : « J’ai vu des charbonnières ! »

Léo : « Oui et des bleues, des pies… »

Le chevalier : « Je peux avancer ? »

Max : « Oui, jusqu’à moment où il y a moins d’arbres. »

Le chevalier : « D’accord. »

Léo : « On va peut-être voir des volcans 🙂 »

Le chevalier : « Ce n’est pas très difficile. Tous les reliefs ont une origine volcanique. »

Yann : « C’est du volcan partout ? »

Le chevalier : « Oui. Regardez ça. »

Paysage

Paysage

Samuel : « C’est tout des volcans ? »

Le chevalier : « Oui. Mais ne me demandez pas les noms. Au fond c’est le Massif du Mont-Dore – Sancy. »

Max : « On ira ? »

Le chevalier : « J’y compte bien ! »

Max : « Bon, on continue parce qu’il reste quelques kilomètres ! Bonome ! BONOME ! »

Le chevalier : « Oui ? »

Max : « Tu vas où là ? Le panneau dit que la Roche-Romaine est à gauche et toi tu vas à droite ! Tu sais pas lire ? »

Le chevalier : « Le hameau que voilà est en hauteur. J’espère que la vue sera jolie. Et j’aime bien les petits villages. Découvrir l’habitat rural permet de comprendre une région. »

Max : « Il est fou dans sa tête ce bonome. »

Léo : « Surtout que tu dois grimper. »

Le chevalier : « Pas trop 🙂 Nous sommes en moyenne montagne vous savez. Je vais grimper chaque jour. »

Samuel : « Regardez là-haut ! »

Léo : « Rholala ! »

Milan royal (Milvus milvus, Accipitridés)

Léo : « Ça c’est un milan royal ! »

Samuel : « Milvus milvus, Accipitridés. »

Léo : « La queue est effectivement plus échancrée et plus pointue que celle du milan noir. Et on voit bien les rémiges primaires blanches en dessous. »

Max : « Un milan royal… »

Le chevalier : « Habituez-vous à en voir. »

Yann : « Pourquoi ? »

Léo : « Je sens que tu vas nous parler du milan royal 🙂 »

Le chevalier : « Rapidement. Le temps de retourner sur le chemin du Puy de Bessolles. Vous savez sûrement que le milan royal est l’une des deux seules espèces de rapaces endémiques de l’Europe avec l’aigle botté. »

Max : « Je savais pas ça moi. »

Yann : « Je sais même pas ce que ça veut dire endémique. »

Samuel : « Une espèce est endémique d’un territoire quand on la trouve que là. »

Yann : « Si je traduis ce qu’a dit bonome l’aigle botté et le milan royal sont les seules espèces de rapaces qu’on trouve qu’en Europe. »

Léo : « C’est ça. »

Max : « On est obligé de traduire ce que dit bonome… »

Le chevalier : « 🙂 Sa population a diminué de 20 % entre sur la décennie 1990-2000. Le milan royal est une espèce menacée. A ce titre, il est inscrit à la liste rouge des oiseaux du monde avec le statut de quasi-menacé. »

Max : « C’est pas des bonnes nouvelles ça. Princesse est au courant ? »

Le chevalier : « Je suppose. Les principales populations de milan royaux se trouvent en Allemagne, France et Espagne. En France on compte de 2 300 à 3 000 couples sur les 19 000 – 24 000 couples totaux. 30 % des couples français se trouvent en Auvergne. »

Léo : « Alors… Ça fait 5 % de la population mondiale ! Ça fait beaucoup pour une région ! »

Max : « Peut-être mais beaucoup de pas beaucoup ça fait quand même pas beaucoup ! »

Samuel : « Si j’ai bien compris et que je sais compter il doit y avoir entre 1 000 et 1 500 milans noirs en Auvergne. »

Le chevalier : « C’est à peu près ça. »

Léo : « Effectivement, nous devrions en voir. »

Max : « Avant qu’ils disparaissent… Fais des fotos en témoignage bonome. »

Milan royal (Milvus milvus, Accipitridés)

Milan royal (Milvus milvus, Accipitridés)

Le chevalier : « La bonne nouvelle est qu’il y a un programme de sauvegarde et de protection des milans noirs en Auvergne. »

Léo : « Comme cette région accueille une partie non négligeable de la population mondiale c’est important. Mais il serait dommage qu’il n’en reste que là. »

Yann : « Oh ! Un Hétérocère ! Vous le connaissez ? »

Phalène de l’Ansérine (Scotopteryx chenopodiata, Géométridés)

Samuel : « Scotopteryx chenopodatia, Geometridae, Larentiinae. »

Max : « Tu le connais ? »

Samuel : « Ben oui ! Vous aussi ! Nous l’avons vu aux Friches 🙂 »

Léo : « Et tu t’en souviens ? »

Samuel : « Cousin Léo, je voudrais pas te vexer mais si je donne son nom, sa famille et sa sous-famille c’est que je m’en souviens 🙂 »

Yann : « Et vlan Léo ! »

Max : « Bonome, il a bon ? »

Le chevalier : « Petit Sam a toujours bon 🙂 »

Léo : « Ta mémoire m’étonnera toujours. »

Max : « Et lui ? »

Mégère (Lasiommata megera, Nymphalidés)

Mégère (Lasiommata megera, Nymphalidés)

Samuel : « C’est un Nymphalidés Satyrinés. »

Le chevalier : « C’est une mégère. »

Max : « Bonome, tu insultes pas ce papillon s’il te plaît ! »

Le chevalier : « Je ne l’insulte pas ! C’est son nom vernaculaire. Lasiommata megera en scientifique. Cette espèce porte deux noms noms vernaculaires : satyre pour le mâle et mégère pour la femelle. »

Yann : « Et comment tu sais que c’est une femelle ? »

Le chevalier : « Le mâle porte une large bande androconiale marron sur les ailes antérieures. »

Léo : « Pas fâcher Max ! Pas fâcher ! »

Max : « Ce serait pourtant mérité ! Comment il fait Yann pour comprendre ? »

Samuel : « Je lui explique 🙂 La bande androconiale c’est une bande formée de cellules qui produisent des phéromones. Les phéromones sont des messagers chimiques qui attirent les femelles. Un peu comme une odeur. »

Yann : « Merci petit Sam. »

Max : « Tu grimpes là bonome. On est où ? »

Le chevalier : « Le Puy de Bessolles. »

Samuel : « C’est quoi comme volcan ? »

Le chevalier : « Aucune idée. Nous chercherons des indices en chemin si vous voulez. »

Max : « Ben oui ! On veut savoir nous ! »

Yann : « Vous connaissez ce papillon ? »

Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum, Sphingidés)

Max : « Lui ? C’est un moro-sphinx. »

Samuel : « Macroglossum stellatarum. C’est un Sphingidé. »

Yann : « Vous connaissez tous les papillons ? »

Léo : « Oulala non ! Mais on a fait des progrès en Hétérocères cet été. »

Max : « Ça va bonome ? Tu souffres pas trop dans la montée ? »

Le chevalier : « Nous montons depuis le début de la randonnée 🙂 »

Max : « C’est pas trop dur ? Tu regrettes pas de pétuner ? »

Le chevalier : « Si. Un peu. »

Max : « Tu dis ça mais tu vas pas arrêter. Tu es trop bête dans ta tête. »

Le chevalier : « Pour avoir adopté une tribu de petizours ? »

Max : « Hééé ! C’est nous qui t’avons adopté ! »

Le chevalier : « Mais bien sûr 🙂 »

Samuel : « Léo ! Léo ! Regarde dans le ciel ! »

Max : « Pas nous ? »

Samuel : « Si si ! Écoute Léo ! C’est qui ce Corvidé ? »

Grand corbeau (Corvus corax, Corvidés)

Grand corbeau (Corvus corax, Corvidés)

Max : « On dirait un corbeau freux. Ou une corneille… »

Léo : « A l’oreille c’est pas ça… »

Max : « Un grand corbeau ? »

Léo : « Pourquoi pas ? C’est possible ça bonome ? »

Le chevalier : « Oui, c’est possible. »

Max : « Alors d’après l’oreille de Léo c’est un grand corbeau 🙂 »

Yann : « La buse variable c’est plus banal. »

Buse variable (Buteo buteo, Accipitridés)

Buse variable (Buteo buteo, Accipitridés)

Max : « Oui mais c’est important de noter quand même. C’est pas parce qu’on connaît bien un zoiso qu’il faut pas en parler. »

Samuel : « Surtout quand il y en a trois ! »

Léo : « Et ça bonome ? »

Oedipode turquoise (Oedipoda caerulescens, Acrididés)

Léo : « Je l’ai vu voler et les ailes sont bleues. »

Le chevalier : « Alors ça doit être un oedipode turquoise. »

Max : « Comme par chez nous ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Léo : « On en voit qu’au Royaume des Milans. Et en Charentmaritimie parfois. »

Le chevalier : « Il me semble qu’il y a un promontoire avec un joli point de vue par là. »

Max : « C’est encore un de tes détours ? »

Le chevalier : « Non, je ne pense pas. »

Léo : « On verra bien 🙂 »

Max : « Ah bah on voit ! Ça c’est du panorama ! »

Paysage

Samuel : « On voit pas le château ? »

Le chevalier : « Si. Là. »

Le château de Murol

Max : « Je préférais le voir depuis la route. »

Léo : « On revient au panorama ? C’est quoi la falaise ? »

Paysage

Le chevalier : « La Dent du Marais. Si j’ai bien compris personne ne connaît son origine. Il est possible que ce soit la paroi d’une caldeira. »

Yann : « C’est quoi une caldeira ? »

Le chevalier : « Sous un volcan il y a souvent un chambre magmatique. Celle-ci se vide à la fin d’une éruption. Il arrive qu’ensuite le plafond de cette chambre s’effondre. Il en résulte une dépression plus ou moins circulaire aux parois abruptes. »

Yann : « Donc la Dent du Marais serait la paroi d’une chambre magmatique. »

Le chevalier : « C’est une hypothèse. Cette Dent est également appelée Saut de la Pucelle. »

Max : « Tu vas encore nous raconter une légende du Pays des Zoisos toi 🙂 »

Le chevalier : « Oui 🙂 Je ne sais pas de quand elle date mais elle raconte qu’une jeune bergère qui en avait assez d’être poursuivie par un jeune seigneur épris d’elle se jeta un jour de ce relief. Pendant sa chute elle pria Notre Dame de Vassivière de lui sauver la vie. La Vierge l’exauça et elle atterrit saine et sauve. Mais, au lieu d’en rendre grâce elle s’en vanta. Elle s’en vanta tellement que les villageois en eurent assez et ne la crurent plus. Elle renouvela alors son saut sans implorer la Vierge et mourut. »

Yann : « C’est une triste histoire. »

Léo : « Les légendes du Pays des Zoisos sont souvent tristes. »

Max : « Et elles contiennent des erreurs. On prie pas la Vierge pour qu’elle nous exauce mais pour qu’elle intercède pour nous auprès de Dieu. Et puis la bergère elle connaissait pas les tentations au désert sinon elle aurait su qu’il fallait pas mettre Dieu à l’épreuve. On se vante pas d’un miracle. On en rend grâce. »

Samuel : « Cousin Max est un bon chrétien. Il connaît bien la théologie 🙂 »

Max : « Je connais pas bien. Mais j’ai un petit peu compris quand même ! »

Léo : « Oui Maxou. On revient au paysage ? Il y a le lac Chambon qui résulte de l’obstruction partielle de la Couze de Chaudefour suite à l’éruption du Tartaret. Au fond c’est le Massif du Sancy ? »

Le chevalier : « Dans les nuages ? Oui 🙂 »

Max : « Et les petits dômes couverts d’arbres ? »

Le chevalier : « J’ai peur de dire des erreurs. Il me semble que ce sont des petits cônes volcaniques qui se sont formés sur la coulée du Tartaret. »

Léo : « Comme des petites éruptions sur une coulée ? »

Le chevalier : « Oui. Étrange non ? »

Max : « Tu veux bien nous fotoer bonome ? »

Le chevalier : « Bien sûr 🙂 »

Les petizours

Le chevalier : « Voilà ! »

Yann : « On voit un peu la roche ! On peut savoir ce que c’est ? »

Yann observe le basalte.

Le chevalier : « Il y a une matrice et des cristaux. C’est donc une roche volcanique. Je ne vois qu’un seul cristal noir. »

Max : « Je le vois verdâtre moi. »

Le chevalier : « Verdâtre ? Tu penses que ce serait une olivine ? Je suis septique. Un pyroxène à la rigueur. Les basaltes à olivine ne sont pas la spécialité du secteur. Il me semble que ce sont plutôt des trachy-basaltes ici. Nous devrions d’ailleurs voir des plagioclases. »

Léo : « L’échantillon est trop petit. On peut pas conclure à partir de lui. »

Max : « Alors tu fais une autre foto et on reprend la route ! »

Paysage

Yann : « Elle est encore loin la Roche Romaine ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas. Et puis j’aimerais faire un petit détour. »

Max : « Tu vois ! Tu va finir par faire vingt kilomètres au lieu de douze. »

Le chevalier : « Tu es pressé de rentrer ? »

Max : « Non 🙂 »

Léo : « La Roche Romaine se trouve à 500 m sur la gauche. »

Le chevalier : « Et il y a un point de vue sur le Sancy à 1,5 km à droite. »

Max : « C’est parti pour trois kilomètres de détour 🙂 »

Le chevalier : « C’est moi qui marche Max. »

Max : « Je sais bonome. Je sais 🙂 »

Yann : « Il y a encore un moro-sphinx. »

Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum, Sphingidés)

Samuel : « Et il y a un zoiso sur le chemin ! Bonome, tu le fotoes avant de t’avancer. On sait jamais. Il pourrait s’envoler. »

Bruant jaune (Emberiza citrinella, Embérizidés)

Samuel : « Vous le reconnaissez ? »

Max : « Pas vraiment. »

Yann : « Je le connais pas moi. »

Léo : « Peut-être de plus près… »

Max : « Il s’envole ! »

Léo : « Il s’est posé sur le poteau ! »

Bruant jaune (Emberiza citrinella, Embérizidés)

Bruant jaune (Emberiza citrinella, Embérizidés)

Samuel : « C’est un bruant jaune ? »

Léo : « Il me semble bien. »

Max : « Il a pas l’air farouche. On peut s’en approcher. »

Bruant jaune (Emberiza citrinella, Embérizidés)

Bruant jaune (Emberiza citrinella, Embérizidés)

Samuel : « Emberiza citrinella, Embérizidés. »

Max : « Je suis à peu près sûr qu’il est pas rare ici. »

Léo : « Ce sont pas les mêmes milieux que chez nous. En plus, on est en moyenne montagne et à la campagne. »

Samuel : « L’assemblage des zoisos est pas pareil 🙂 »

Max : « Il est encore loin ton point de vue bonome ? J’ai l’impression que le temps se couvre. Il va pas pleuvoir quand même ? »

Le chevalier : « Je n’espère pas. Il devait faire beau aujourd’hui. Nous arrivons. »

Paysage

Le chevalier : « Le Massif du Sancy… Et la vallée de Chaudefour. »

Paysage

Le chevalier : « Vous pouvez apercevoir la Crête de Coq et la Dent de la Rancune. »

Max : « Je les vois pas bien. »

Le chevalier : « Nous sommes un peu loin… »

Léo : « Tu nous expliques ? »

Le chevalier : « Pas maintenant. Nous devrions les voir de plus près dans quelques jours. »

Samuel : « On va aller au Sancy ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Bien… Tu as fait un détour de trois kilomètres pour voir le Sancy dans les nuages… »

Léo : « Il tombe des gouttes… »

Le chevalier : « Non non. Je n’ai pas prévu la pluie alors il ne va pas pleuvoir. »

Max : « Tu crois que ça marche comme ça toi ? »

Le chevalier : « Aujourd’hui, oui. Si je ne veux pas qu’il pleuve, il ne va pas pleuvoir. »

Max : « Oui oui oui… (à ses cousins) Il va vraiment pas bien dans sa tête… Il croit que la météo dépend de sa volonté… »

Léo : « Tu marches vite là. »

Le chevalier : « Nous connaissons déjà ce chemin. »

Samuel : « Mais on l’a pas vu à l’aller lui ! »

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus, Mucicapidés)

Léo : « Encore un rougequeue à front blanc 🙂 »

Max : « Désolé RQF, on peut pas papoter, bonome arrête pas de cavaler ! »

Samuel : « RQF ? »

Max : « C’est plus rapide que rougequeue à front blanc et c’est comme GCI 🙂 »

Samuel : « ‘Oh ! C’est GCI !’ J’ai bien rigolé 🙂 »

Yann : « Oulala ! Ça descend là ! »

Le chevalier : « C’est une règle de la randonnée : tout pas fait vers le haut devra être fait vers le bas et réciproquement 🙂 »

Léo : « Si on monte, il faudra descendre et si on descend, il faudra monter. »

Max : « Ça c’est valable si on fait une boucle. »

Léo : « Vous avez vu le papillon ? »

Yann : « Il y en a plusieurs ! Le dessus des ailes et noir et blanc. »

Samuel : « Mais il se pose toujours les ailes refermées… »

Hipparchia sp.

Hipparchia sp.

Max : « Tu le connais bonome ? »

Le chevalier : « C’est un Hipparchia. Mais je ne peux pas vous dire lequel. Les trois espèces sont très semblables. Et lui a les ailes abîmées. »

Samuel : « Tu donnes sa taxonomie s’il te plaît. »

Le chevalier : « Nymphalidés, Satyrinés, Satyrini, Satyrina. »

Samuel : « Cousin Max, tu promets de pas te fâcher ? »

Max : « Pas la peine. Je me fâche jamais moi 🙂 Pourquoi me demandes-tu ça ? »

Samuel : « J’ai envie de savoir Hipparchia et ça ressemble à du grékancien. »

Max : « Quand on inspecte dans les régions françaises bonome parle de la Grèce Antique toutes les demi-heure. Je sais pas pourquoi. C’est un peu comme une horloge. Raconte Hipparchia à ton petitours bonome. »

Le chevalier : « Qu’est ce qui vous fait croire que j’ai quelque chose à en dire ? »

Max : « L’expérience ! Tu as toujours une histoire à raconter 🙂 »

Yann : « Ça me plaît bien 🙂 On découvre la nature et on a droit à des histoires. C’est une vie de rêve pour un petitours. »

Le chevalier : « D’accord. Hipparchia est une philosophe cynique de la fin du 4ème siècle avant Jésus-Christ. Peu de femmes philosophes sont connues. Malheureusement, ses écrits ne sont pas tous parvenus jusqu’à nous. »

Yann : « C’est quoi le cynisme ? »

Max : « C’est quand bonome parle 🙂 »

Léo : « C’est pas tout à fait faux Maxou. Antisthène, le premier des cyniques, prônait l’humilité et la désinvolture au sens de la liberté. C’est important la liberté pour les cyniques mais c’est pas un but en soi. C’est une étape qui permet de raisonner vraiment et d’atteindre la vertu et la sagesse. Plus tard Montesquieu dira : ‘C’est un fait troublant que toute la philosophie tient en ces quelques mots : je m’en fous.’ C’est pas très poli mais ça veut dire que seul le détachement permet de réfléchir. Si on s’implique personnellement, on est pas du tout objectif et on peut pas être vertueux et sage. Maxou, si tu connais bien ton bonome, tu sais qu’il dit souvent, je le cite : ‘Moi, je m’en fous.’ C’est pas qu’il s’en fiche mais il reste à distance pour tenter d’objectiviser les situations et les problèmes. En quelque sorte il est cynique. Tu avais raison. »

Le chevalier : « Tu sais que je suis là Léo ? »

Léo : « Ça t’embête que je parle de toi comme ça ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas… C’est plutôt flatteur d’être relié à Antisthène et Diogène mais un peu gênant aussi. On m’avait déjà traité d’Aristotélicien 🙂 »

Max : « Bonome, on a déjà réfuté Aristote nous. Tu sais bien. Il était fixiste le pauvre. »

Le chevalier : « Ce n’était pas pour cette raison. Il paraît que ma philosophie part toujours du réel comme celle d’Aristote. »

Max : « Ça m’étonne pas de toi. Les faits ! Toujours les faits ! Rien que les faits ! »

Le chevalier : « Et leur interprétation ! »

Max : « Oui mais tu pars des faits, de la réalité. Tu es bassement matérialiste. »

Léo : « Comme les cyniques 🙂 »

Max : « Yann, tu découvres PhiloLéo. Il est très philosophe Léo. »

Samuel : « Je savais pas que tu connaissais aussi bien les philosophes cousin Léo. »

Léo : « Je connais juste un peu. »

Max : « Tu dis toujours ça ! Tu es juste un peu ornithologue. Tu connais juste les grandes lignes de l’histoire géologique du Massif Central. Tu connais juste un peu les philosophes… Tu es trop modeste Léo. »

Léo : « Bonome, je comprends que je t’ai gêné tout à l’heure 🙂 »

Le chevalier : « Tiens, ça alors ! Je m’attendais pas à le voir lui ! »

Max : « Qui ça ? »

Le chevalier : « Lui… »

Le Puy de Dôme

Max : « Et c’est qui lui ? »

Le chevalier : « Le Puy de Dôme voyons ! Sa silhouette est bien connue. »

Samuel : « On dirait qu’il y a deux dômes. »

Le chevalier : « Il y en a effectivement deux. »

Yann : « Ce sont des cônes de scories ? »

Le chevalier : « Ah non ! Ce sont des extrusions. »

Max : « Et voilà ! Il recommence ! »

Le chevalier : « Le Puy de Dôme est constitué d’une roche riche en silice puisqu’elle en contient entre 65 et 69 %. On peut dire qu’elle est sursaturée en silice puisqu’elle s’exprime sous la forme de cristaux de quartz. Elle contient des feldspaths alcalins (sanidine) plus nombreux que les plagioclases (andésine à oligoclase). On y trouve également de la hornblende et de la biotite. On appelle cette roche la dômite mais uniquement ici. En réalité c’est un trachyte. »

Samuel : « Avec autant de silice, il y a dû y avoir explosion. »

Yann : « Pourquoi ? »

Max : « Il faut étudier mes cours Yann 🙂 Quand il y a beaucoup de silice, la lave est visqueuse. Très visqueuse. Les bulles sortent mal. Elles s’accumulent et quand elles finissent par se libérer, elle le font brutalement dans un grande explosion. Des produits volcaniques sont dispersés un peu partout et ensuite la lave sort sous la forme d’un dôme qui se solidifie très vite. »

Yann : « D’accord. Je comprends. Le type d’éruption dépend de la quantité de silice dans le magma. C’est intéressant. »

Léo : « Moi je comprends pas pourquoi il y a des magmas acides alors que la Chaîne des Puys est plutôt basaltique. »

Le chevalier : « Cristallisation fractionnée et contamination crustale. »

Max : « J’en peux plus de ce bonome. Je vais te renvoyer à Princesse ! »

Léo : « 1. Elle le mérite pas. 2. Comment on va faire pour apprendre des choses savantes sans lui ? »

Max : « Il peut pas être réglé pour utiliser des mots qu’on connaît ? »

Yann : « Ah non ! Moi j’aime bien ses mots compliqués ! »

Samuel : « Moi aussi. »

Max : « D’accord. On le garde comme ça alors. Mais tu expliques bonome. »

Le chevalier : « J’allais le faire. Les magmas basaltiques séjournent en général dans des chambres magmatiques situées vers 30 km de profondeur. Ils n’y restent pas longtemps et évoluent peu avant de terminer leur ascension et de provoquer une éruption. Pendant leur stagnation, il y a peu de cristallisation. Vous savez que les premiers minéraux à cristallier sont les ferro-magnésiens et en particulier l’olivine. »

Léo : « Donc dans ces chambres profondes, il se forme des olivines. Mais pas trop et pas trop grandes. Du coup, elles remontent avec le magma. »

Le chevalier : « Oui. Par contre, si le magma séjourne vers 10 km de profondeur, il y a généralement plus de cristallisation. Le fer, le magnésium et dans une moindre mesure le calcium entrent dans la composition des cristaux qui se forment. Le magma restant s’enrichit donc en sodium, potassium et silice. Les cristaux sédimentent au fond de la chambre. »

Max : « D’accord ! Il y a une fraction du magma du cristallise d’où la cristallisation fractionnée. »

Le chevalier : « C’est ça ! Je vous rappelle qu’une chambre magmatique n’est pas une gigantesque grotte dans laquelle bouillonne le magma. C’est en général un réseau de fissures plus ou moins étroites remplies de magma et interconnectées les unes avec les autres. La surface de contact entre le magma et le socle est donc importante. »

Samuel : « Le socle est souvent riche en silice. »

Le chevalier : « Silice qui fond à relativement basse température. »

Max : « Je vois ! La silice du socle qui fond va dans le magma qui s’enrichit donc encore en silice. »

Léo : « C’est la contamination crustale. »

Samuel : « Donc la cristallisation fractionnée et la contamination crustale du magma dans un réservoir magmatique peu profond peuvent donner un magma acide qui donnera des explosions bien qu’au départ il y avait un magma basique. »

Le chevalier : « Vous avez compris. Les magmas acides arrivent en général en fin d’éruption. »

Léo : « C’est logique ! Il y a des volcans qui donnent toute la série de roches du basalte à la rhyolite ? »

Yann : « C’est quoi cette série de roches ? »

Samuel : « Si on fait simple c’est, par ordre croissant du pourcentage de silice : basalte, andésite, trachy-andésite, trachyte, rhyolite. De plus en plus clair 🙂 »

Le chevalier : « Cela arrive surtout pour les volcans qui se sont édifiés en de nombreuses éruptions. J’ai oublié de vous dire que la plupart des volcans de la Chaîne des Puys sont monogéniques. Il n’ont connu qu’une seule éruption et elle n’a souvent duré que quelques jours à quelques semaines. Le Sancy est ce qu’on appelle un strato-volcan. Il résulte d’une succession d’éruptions qui se sont succédé pendant des milliers voire des millions d’années. »

Yann : « C’est pas pareil. »

Max : « Ce serait pas la Roche Romaine ça ? »

La Roche Romaine

Le chevalier : « Si 🙂 »

Max : « C’est un ancien site sacré ? »

Le chevalier : « Il me semble. »

Yann : « Comment tu sais ça Max ? »

Max : « Il y a une croix là. »

Une croix

Max : « Les chrétiens aiment pas les anciens sites sacrés. Ils ont toujours essayé de les christianiser. Je sais qu’ils ont sculpté une croix au sommet d’un menhir quelque part en Bretagne. Là, ils ont mis une croix pour transformer l’ancien site sacré en site chrétien. »

Léo : « Ça vous dérangerait de faire une pause avant de découvrir la Roche Romaine ? Je fatigue un peu moi. Et j’ai faim. »

Max : « Pause sandouich et chocolat ! »

Le chevalier : « Installez-vous à table et prenez la pose devant le Puy de Dôme. »

Samuel : « Oui mon bonome 🙂 »

Les petizours
Le Puy de Dôme

Max : « Ça fait du bien de manger un peu. Il est bon ton sandouich bonome ? »

Le chevalier : « Simple mais bon 🙂 Une gorgée ou deux d’eau citronnée et j’aurais bien mangé. »

Léo : « Ça c’est épicurien. Se satisfaire des plaisirs simples que la vie offre : le bon air, la nature, un repas frugal avec ses petizours… Savoir se satisfaire de ça sans rien demander d’autre 🙂 Tu es un disciple d’Épicure bonome 🙂 »

Max : « Des piqûres ? Oulala ! Moi j’aimerais pas ça ! »

Léo : « Il est bête ! Mais il est bête ! »

Yann : « Ils sont rigolos tous les deux 🙂 Maxou dit des bêtises exprès et Léo dit qu’il est bête 🙂 »

Samuel : « Leur numéro de duettiste est bien rôdé 🙂 Je trouve qu’ils se sont quand même calmés. Ils chamaillaient plus autrefois. »

Léo : « J’ai bien mangé moi. »

Yann : « Moi aussi 🙂 »

Max : « On va voir la Roche Romaine ? »

Le chevalier : « C’était un peu le but de la promenade 🙂 Allons-y ! »

La Roche Romaine

La Roche Romaine

Max : « On va derrière ? »

Le chevalier : « Évidemment ! »

Léo : « C’est du basalte avec des petits cristaux noirs… Des pyroxènes ? »

Le chevalier : « C’est probable. »

Samuel : « On s’installe et tu nous racontes la Roche Romaine. »

Les petizours sur la Roche Romaine
Les petizours sur la Roche Romaine

Le chevalier : « Vous allez être déçus… Je ne trouve rien sur cette Roche Romaine. »

Max : « Tu l’as pas vue quand tu étais jeune ? »

Léo : « Max, les romains c’est il y a 2 000 ans. Bonome a 15 milliards d’années. Il était déjà vieux sous les romains 🙂 »

Samuel : « Dis-nous ce que tu sais. »

Le chevalier : « Vraiment pas grand-chose. Il y a eu quelques découvertes archéologiques datant de la période romaine dans le secteur. »

Max : « C’est tout ? »

Le chevalier : « Comme tu l’as dit c’est un ancien site sacré supposé. Ce petit pointement de basalte est étrange. Certains y voient une intervention humaine. Moi je ne le pense pas. Mais comme il est étrange, il a dû intriguer. Je pense que nos ancêtres y ont vu une intervention divine d’où la sacralisation du lieu. »

Samuel : « Ça fait comme un autel naturel. »

Le chevalier : « Exactement. »

La Roche Romaine

Max : « C’est juste ça la Roche Romaine ? Tu auras marché près de 20 kilomètres pour ça ? »

Yann : « Moi je pense que ça en valait la peine. Surtout avec tout ce qu’on a appris en chemin. »

Léo : « C’est le chemin qui compte. Pas là où on arrive. »

Samuel : « Surtout qu’on est pas arrivés 🙂 Il faut retourner à la cabane maintenant. »

Max : « Oui, ça en valait la peine. Je suis bien content. Et toi bonome ? »

Le chevalier : « C’est une bonne petite promenade 🙂 Ça fait du bien. »

Max : « Une petite promenade… Comment il est lui ! »

Léo : « Approche toi qu’on se poche. »

Le chevalier : « Oui Léo… Vous êtes installés ? »

Max : « Oui bonome ! Tu peux reprendre la bonne petite promenade. »

Le chevalier : « Ça ne vous ennuie pas si je cavale ? Il me semble qu’on va faire la descente dans les bois. Pas de lumière, pas de fotos. »

Léo : « Je comprends. Je suis d’accord. »

Samuel : « Moi aussi. »

Max : « On regarde un peu quand même ! »

Le chevalier : « Bien sûr. Je compte sur vous. C’est parti ! »

Max : « Ah oui ! Tu cours carrément là ! »

Le chevalier : « Je trottine 🙂 »

Léo : « Ça tu nous l’avais jamais fait 🙂 L’inspection en courant 🙂 »

Yann : « Tu fais attention aux cailloux ? »

Le chevalier : « Non non. J’ai envie de tomber et de me faire mal 🙂 »

Samuel : « Et vlan cousin Yann ! »

Yann : « Je disais ça pour toi bonome. Je m’en fiche si tu te blesses. »

Léo : « Tu dis ça parce que tu es vexé 🙂 »

Max : « Et tu t’en fiches rien du tout ! Imagine qu’il se blesse. On fait comment nous ? »

Samuel : « STOOOOP ! »

Le chevalier : « C’est pour moi ? »

Samuel : « Oui 🙂 »

Léo : « Tu as vu quelque chose ? »

Samuel : « Une énooorme chenille ! Vous voyez rien vous ? »

Yann : « Si ! Vu ! »

Max : « Ah oui ! Je descend voir ! »

Chenille du sphinx du troène (Sphinx ligustri, Sphingidés)

Chenille du sphinx du troène (Sphinx ligustri, Sphingidés)

Léo : « Un grande chenille comme ça avec une petite queue c’est celle d’un Sphingidé. »

Samuel : « Cousin Max, tu veux bien t’approcher pour donner l’échelle ? »

Max : « Je veux bien. Elle est pas méchante cette chenille et elle va pas m’urtiquer. Ça va là ? »

Max et la chenille

Yann : « Vous la connaissez ? »

Léo : « Non. Elle ressemble à une espèce qu’on a déjà vue : le sphinx demi-paon. Si je me souviens bien c’est la sous-famille des Smerinthinés. »

Le chevalier : « C’est ça. »

Samuel : « Tu dis la suite s’il te plaît ? »

Le chevalier : « C’est, il me semble, la chenille du sphinx du tilleul. Mimas tilliae, Sphingidés, Smerinthinés, Mimatini. »

Max : « Ah oui ! Tu vas carrément jusqu’à la tribu 🙂 »

Le chevalier : « Quand je le peux… »

Léo : « On voit beaucoup des chenilles mais rarement les imagos… »

Max : « Je dirais pas qu’on voit beaucoup des chenilles mais plutôt qu’on voit beaucoup plus de chenilles que d’imagos. »

Samuel : « C’est sûrement parce que les chenilles se déplacent doucement et qu’elles sont diurnes alors que les imagos sont nocturnes. »

Max : « On devrait faire la technique du drap éclairé bonome. »

Le chevalier : « Oui bien sûr. Et après tu auras des dizaines de fotos à traiter et tu va déprimer parce que tu es en retard dans ton travail. L’année prochaine si tu es à jour. »

Max : « Oui bonome. D’accord bonome. Bien bonome. »

Léo : « C’est reparti pour la course dans la descente 🙂 »

Yann : « Ça va plus vite qu’en montée 🙂 »

Léo : « J’ai un peu le mal de bonome moi. »

Samuel : « Ça secoue pas mal. C’est rigolo. »

Max : « Avez-vous remarqué que notre cher bonome fais aucun bruit quand il court ? »

Le chevalier : « C’est pour vous laisser entendre les zoisos 🙂 »

Yann : « Il y en a pas. Ou alors ils chantent pas… »

Léo : « C’est vrai que j’entends rien. »

Max : « Tu sais où tu vas bonome ? »

Le chevalier : « En bas 🙂 Je devrais arriver à la couze. »

Léo : « Tu approches. Je l’entends. »

Max : « On y est ! La descente la plus rapide du monde 🙂 »

Yann : « Ça alors ! »

Max : « Qu’est ce qu’il y a Yann ? »

Yann : « Regardez les panneaux ! Murol est à 1,5 km par la droite ou par la gauche. »

Max : « Tu as passer par où bonome ? »

Le chevalier : « A gauche. Savez-vous ce qu’est ce petit bâtiment ? »

Le four banal

Samuel : « Pas du tout. »

Max : « C’est que que tu veux t’installer ? »

Le chevalier : « Non 🙂 C’est le four banal. »

Max : « C’est vrai qu’il a rien de particulier. »

Le chevalier : « Mais non ! Banal vient de ban c’est-à-dire la redevance que les paysans doivent payer au seigneur pour utiliser ce four qu’il met à leur disposition. »

Samuel : « C’est le seigneur de Murol qui a construit ce four pour les paysans ? »

Le chevalier : « Oui. Il devait également l’entretenir ainsi que son chemin d’accès. »

Samuel : « Et les paysans payaient le ban pour l’utiliser ? »

Le chevalier : « C’est ça. »

Max : « Tu peux faire cuire ton sandouich 🙂 »

Le chevalier : « J’ai tout mangé. Remarquez le toit en lauzes. Ce sont des pierres volcaniques débitées en plaques de quelques centimètres d’épaisseur. Je vous montrerai une source de ces pierres. Les toits de lauzes sont fréquents dans la région. »

Léo : « Ils doivent être très lourds. »

Le chevalier : « Bien plus lourds que les toits d’ardoises. »

Une croix

Le chevalier : « Allez ! C’est reparti. J’en ai plein les pattes moi. »

Max : « Tu as bien cavalé déjà. »

Le chevalier : « Il ne reste qu’un peu plus d’un kilomètre avec une très légère montée. Mais nous revenons à la civilisation… »

Max : « Comme ça tu redeviendras pas sauvage. »

Léo : « Oh ! »

Le chevalier : « Vu ! »

Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio, Laniidés)

Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio, Laniidés)

Max : « Pie-grièche écorcheur mâle en vue ! »

Samuel : « Lanius collurio, Laniidés. »

Léo : « On en a pas vu par chez nous cette année. »

Le chevalier : « Je ne suis pas surpris d’en voir ici. »

Yann : « Pourquoi ? »

Le chevalier : « C’est une espèce bio-indicatrice de milieu campagnard riche et diversifié. Ici il y a des haies, des bosquets… L’entomofaune doit être variée. La présence de la pie-grièche écorcheur va de soi. »

Léo : « N’empêche qu’elle est intégralement protégée sur l’ensemble du territoire. »

Samuel : « Je suis bien content de l’avoir vue. »

Yann : « Moi aussi. »

Max : « Voilà ta petite montée bonome. »

Le chevalier : « J’ai hâte d’arriver au village. »

Max : « Correction : tu as hâte d’arriver à la taverne 🙂 »

Yann : « Regardez ! On voit le château ! »

Le château de Murol

Max : « Tu peux zoomer un peu bonome ? »

Le chevalier : « Je dois pouvoir faire ça. »

Le château de Murol

Max : « Tu nous expliques ce château s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oulala ! Tu n’as pas peur d’un exposé interminable et soporifique ? »

Max : « Tu peux pas faire court ? »

Léo : « Tu as déjà entendu bonome faire court ? »

Max : « Ah oui ! Quand il s’agit d’expliquer la Roche Romaine il fait court ! Le but de la sortie du jour ! Résumé en deux phrases ! »

Le chevalier : « Le château de Murol a été construit au 12ème siècle. »

Samuel : « Record battu ! Une seule phrase ! »

Yann : « Je crois que notre cher bonome en a assez pour aujourd’hui. »

Le chevalier : « Mon petit Yann me comprend lui au moins. »

Max : « ‘Mon petit Yann’… Alors Samuel est ton petitours et Yann est ‘ton petit Yann’. Léo, on est qui nous ? »

Léo : « On est ses petizours ancestraux 🙂 »

Max : « Héééé ! Je suis pas un ancêtre moi ! »

Léo : « Disons que nous sommes les aînés. »

Samuel : « Vous êtes les vieux 🙂 »

Le chevalier : « Nous arrivons au village… »

Yann : « Qu’est ce qu’il fait le monsieur ? »

Samuel : « Il pêche des écrevisses ! »

Max : « Bonjour monsieur le monsieur ! Auriez-vous l’amabilité de nous montrer l’une de vos écrevisses s’il vous plaît ? C’est pour dire à la LPO ce qu’il y a comme espèce ici. »

Le monsieur (au chevalier) : « Votre peluche parle ? »

Le chevalier : « Il lui arrive même de me crier dessus 🙂 Je vous conseille de lui répondre d’ailleurs. »

Le monsieur : « Vous voulez que je réponde à une peluche ? »

Max : « Je suis pas une simple peluche. Je suis Max Petitours. Petitours naturaliste de bonome au service de Princesse, médaillé de l’ordre de la Médaille, membre de la LPO à jour de ses cotisations, rédacteur en chef d’un site Internet et maître-assistant dans une schola en charge de l’enseignement à distance et de la remédiation. Et j’aimerais voir l’une de vos écrevisses s’il vous plaît. »

Le monsieur : « Je ne vais pas montrer une écrevisse à une peluche. »

Max (au chevalier) : « Bon, bonome, tu fotoes de loin et on se débrouillera. Merci quand même monsieur le monsieur. »

Une écrevisse

Une écrevisse

Max : « Et pourquoi on montrerait pas une écrevisse à une peluche d’abord ? C’est de la discrimination ça ! Je pourrais porter plainte ! Il le mériterait ce monsieur ! »

Samuel : « Reste calme cousin Max. C’est pas tous les jours qu’un zom rencontre une peluche qui parle. »

Yann : « J’ai bien aimé ta présentation Maxou. »

Max : « J’allais pas le laisser insinuer que je suis une simple peluche ! Je suis Max moi ! »

Léo : « Bonome, tu penses qu’on pourra identifier ces écrevisses ? »

Le chevalier : « J’en doute. »

Max : « Ben voilà ! On pourra pas dire qui c’est ! »

Yann : « Et cet insecte ? »

Petite biche (Dorcus parallelipepidus, Lucanidés)

Léo : « C’est une petite biche. Dorcus parallelipipedus, Lucanidés. On connaît bien. »

Yann : « Vous connaissez tout vous 🙂 »

Max : « Oulala non ! On a encore du travail ! »

Le chevalier : « Enfin ! »

Max : « Tu vas te caféiner à cette heure ci ? »

Le chevalier : « Il n’est pas tard. L’heure du café n’est pas encore passée. »

Max : « Celle du chocolat non plus alors ! Un chocolat avec quatre paille pour nous s’il te plaît ! »

Plus tard, à l’heure du coucher…

Max : « Bonome, je peux te parler ? »

Le chevalier : « Bien sûr Max. »

Max : « Tu vas être bavard comme ça tous les jours ? »

Le chevalier : « J’ai été bavard ? »

Max : « Tu as raconté des tas d’histoires. Tu sais que je grave un blog moi ? »

Le chevalier : « Oui oui 🙂 »

Max : « J’y rends compte de nos inspections. Tu imagines tout ce que je dois retenir ? Et le temps que ça va me prendre pour graver tout ça ? J’ai pas de doigts moi ! »

Le chevalier : « Je t’aiderai Maxou. »

Max : « Sache que tes bavardages sont intéressants. Sauf les atrocités de la mythologie de la Grèce Antique. On devrait pas raconter des choses comme ça. Bon, je compte sur toi pour faire plus simple les prochains jours. »

Le chevalier : « Si tu veux mon petitours. »

Max : « Tu veux bien me porter jusqu’au lit ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Continuer la promenade

Direction l’Auvergne !

Dans la cabane du chevalier, pendant l’été de l’An VIII…

Max : « Bonome, je peux te parler ? »

Le chevalier : « Bien sûr Max. »

Max : « Viens dans le bureau s’il te plaît. »

Le chevalier : « A tes ordres 🙂 »

Max : « Porte moi s’il te plaît. Ce sera plus facile. Les cousins nous attendent. »

Le chevalier : « Je suis convoqué par le conseil des petizours ? »

Max : « C’est un peu ça. On voudrait savoir quelque chose. Pose-moi s’il te plaît. »

Le chevalier : « Vous m’inquiétez. »

Max : « Bonome, c’est quoi ça ? »

Le conseil des petizours

Le chevalier : « C’est écrit dessus 🙂 »

Samuel : « Tu as écrit un mémoire sur les séries volcaniques du Mont-Dore et du Cantal ? »

Le chevalier : « Un petit mémoire. »

Léo : « Tu nous l’avais jamais dit. »

Le chevalier : « Je n’en ai jamais eu l’occasion. »

Max : « La vraie question est : que fait-il sur ton bureau ? »

Le chevalier : « Je n’ai pas le droit de mettre ce que je veux sur mon bureau ? »

Max : « Si. Mais tu pourrais ranger parce que nous on a plus de place pour travailler ! Et puis tu l’avais jamais sorti ce mémoire. Qu’est ce qu’il fait là ? »

Le chevalier : « C’est un interrogatoire ? »

Yann : « Maxou je te trouve un peu inquisiteur dans la façon dont tu poses les questions. »

Max : « J’inquisite si je veux ! Bonome, que fait ce mémoire sur le bureau ? »

Le chevalier : « Je voulais réviser 🙂 »

Max : « D’un coup, comme ça ? Tu révises ton mémoire de 1812 ? »

Le chevalier : « 1812 ?! 🙂 Si me disiez plutôt pourquoi vous me convoquez pour parler de ce mémoire ? »

Samuel : « Ben moi j’aimerais bien que tu m’expliques un peu parce que j’ai pas tout compris en le parcourant. »

Le chevalier : « Si tu veux mon petit Sam. »

Max : « Et moi j’aimerais bien savoir pourquoi tu révises le Mont-Dore et le Cantal. »

Le chevalier : « Mmmmm… »

Max : « J’attends. »

Le chevalier : « Pour savoir où aller quand nous serons dans le Puy de Dôme 🙂 »

Yann : « On va dans le Puy de Dôme ? »

Samuel : « On va faire la géologie de l’Auvergne ? »

Léo : « Vous voyez ! Je vous l’avais bien dit ! »

Max : « Et tu attendais quoi pour nous prévenir ? On part quand ? »

Le chevalier : « Nous partons samedi. »

Léo : « Chouette alors ! »

Yann : « Je connais pas l’Auvergne moi ! »

Samuel : « Nous non plus ! »

Max : « Et tu sais ce qu’on va faire ? »

Le chevalier : « Absolument pas. Et j’ai surtout envie de me promener, profiter des paysages, de la nature… »

Max : « Je vois. On verra rien du tout ! »

Léo : « Je pense qu’on va voir un peu quand même. On restera longtemps ? »

Le chevalier : « Une semaine. Cela ne fait que six sorties si le temps le permet. C’est bien trop court pour découvrir le Parc Naturel des Volcans d’Auvergne… »

Yann : « Les volcans d’Auvergne… Ça fait rêver 🙂 »

Pendant la chevauchée…

Léo : « Bonome, si tu nous parlais un peu des volcans d’Auvergne là tout de suite ? »

Le chevalier : « Les volcans d’Auvergne ? Comme ça ? Au débotté ? »

Max : « Tu as même pas des bottes ! »

Léo : « C’est une expression Maxou 🙂 »

Le chevalier : « Je veux bien essayer. Mais j’ai peur d’oublier des choses… »

Max : « Tu as révisé ton mémoire ! »

Le chevalier : « Erreur ! Je l’ai sorti mais je ne l’ai pas encore relu. »

Yann : « C’est pas nous qui remarquerons tes erreurs. »

Léo : « On t’écoute bonome ! »

Le chevalier : « Commençons pas le cadre géologique. Les volcans d’Auvergne se situent dans le Massif Central. Que savez-vous de ce massif ? »

Léo : « L’histoire géologique du Massif Central est étroitement liée à celle de l’océan centralien et aussi celle de l’océan rhéique. L’océan rhéique c’est celui qui sépare la marge nord du Gondwana du petit continent Avalonia. Quand l’océan rhéique a commencé à subducter sous la marge nord gondwanienne au début du Silurien, une mer marginale est apparue et elle a séparé un autre petit continent : c’est comme ça qu’Armorica est apparu. »

Yann : « C’est quand le Silurien ? »

Samuel : « A l’ère primaire ou Paléozoïque. Entre 440 et 420 millions d’années environ. »

Max : « Ce qu’explique Léo, c’est qu’à un moment il y a eu du nord au sud : Avalonia, l’océan rhéique, Armorica, l’océan centralien et le Gondwana. »

Léo : « Avalonia et Armorica sont des minces bandes de terres et l’océan centralien a jamais été très large. »

Coupe montrant la disposition des continents et des terranes. La France résulte de l’agglomération de ces continents et terranes suite à la disparition des océans rhéique et centralien.

Yann : « Je visualise un peu mieux. Merci 🙂 »

Léo : « Évidemment ces océans se sont refermés et il y a eu formation de la chaîne hercynienne. La collision entre le Gondwana et Armorica a eu lieu au Dévonien et l’émersion des reliefs s’est faite vers le Dévonien voire le Carbonifère. Ça dépend des zones. A la fin de l’orogenèse il y avait une gigantesque chaîne de montagnes ressemblant un peu à l’Himalaya. »

Yann : « Ah oui ! Quand même ! »

Max : « Ça rigolait pas 🙂 »

Léo : « Ensuite il y a eu l’érosion. C’est surtout le socle qui est apparent maintenant. Il y a beaucoup de granitoïdes et de roches fortement métamorphisées. On peut même trouver des roches basiques dont le protolithe était des ophiolites. Mais je sais pas où. »

Yann : « Mais c’est quand le volcanisme ? »

Le chevalier : « Le volcanisme qui nous concerne a débuté à l’Oligocène, a connu un paroxysme au Miocène et s’est poursuivi jusqu’il y a environ 3 500 ans. »

Yann : « Vous pouvez me redire l’Oligocène et le Miocène s’il vous plaît ? »

Max : « On peut ! Bonome, un extrait de l’échelle stratigraphique s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui Max. »

Échelle stratigraphique

Samuel : « Il y a quoi comme volcans ? Le Mont-Dore, le Cantal… La Chaîne des Puys ? »

Le chevalier : « Oui, la Chaîne des Puys. C’est l’ensemble le plus récent puisqu’il y a eu des éruptions entre 150 000 et 6 900 ans. Le plus simple est que je vous montre des documents. Les voici. »

Yann : « Il y a tout ça de volcans ? »

Le chevalier : « Oui même si, en toute rigueur, le Massif de l’Escandorgue n’est pas dans le Massif Central. En fait, seuls les sept premiers ensembles sont en Auvergne. »

Max : « Et nous ? On va où ? »

Le chevalier : « Le Massif du Mont-Dore. »

Samuel : « Il y a 2,5 à 0,2 Mans »

Le chevalier : « C’est ça 🙂 »

Max : « Bonome, on sait pourquoi il y a des volcans en Auvergne ? »

Le chevalier : « Oui. On le sait. Regardez cette carte. Elle montre la localisation des volcans en Europe occidentale. »

Le volcanisme en Europe occidentale

Max : « Alors… Il y a les Alpes puis des rifts avec les volcans. »

Samuel : « Tu peux nous rappeler l’âge de la collision alpine ? »

Le chevalier : « Vers le début du Cénozoïque. »

Léo : « J’ai une hypothèse ! »

Le chevalier : « Je t’écoute Léo. »

Léo : « Il y a parfois des distensions en arrière d’une chaîne. C’est ce qui explique la formation de l’océan centralien par exemple. On peut supposer que c’est ce qu’il s’est passé ici. »

Le chevalier : « Bravo Léo ! C’est le modèle le plus souvent proposé. »

L’origine du volcanisme

 

Yann : « Il est fort Léo ! »

Max : « C’est vrai qu’il est en forme. Tu connais bien le Massif Central Léo. »

Léo : « Mes connaissances sont un peu superficielles. Je connais juste les grandes lignes de l’histoire de la chaîne. »

Samuel : « J’aimerais bien avoir des connaissances superficielles comme les tiennes cousin Léo 🙂 »

Max : « On sait tout ? »

Le chevalier : « Si vous n’avez pas de questions… »

Yann : « Il faut déjà que je digère tout ça. »

Samuel : « Moi aussi. »

Le chevalier : « Ça tombe bien. Nous arrivons. »

Max : « Tu t’arrêtes sur le bord de la route au beau milieu d’une descente ? On va loger dans une cabane dans les bois ? »

Yann : « Maxou, ouvre les yeux ! Tu comprendras pourquoi bonome s’est arrêté ! »

Le château de Murol

Max : « C’est ton château bonome ? »

Le chevalier : « C’est le château de Murol. Nous ne logerons pas loin. »

Max : « On va le visiter ? »

Le chevalier : « Ce serait aux détriments des sorties naturalistes. »

Léo : « Alors on visite pas le château ! »

Samuel : « Tu le connais bonome ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Est-ce qu’il y a quelque chose sur Terre que tu ne connais pas ? »

Le chevalier : « Ah oui ! La méthode pour te rendre agréable 🙂 »

Le château de Murol

Le château de Murol

Le blason de l’Auvergne

Le blason de Murol

Continuer la promenade

La RNMO

Léo : « Tu es prêt Yann ? »

Yann : « Oui mais je suis stressé oulala ! »

Samuel : « Ça va bien se passer cousin Yann. Aie confiance ! »

Max : « Bon, si tout le monde est prêt, on peut commencer ! C’est parti ! »

Yann en direct-différé depuis l’Observatoire de la RNMO.

Yann : « Bonjour à tous ! Soyez les bienvenus dans notre bulletin d’informations en direct-différé depuis la Charentmaritimie où j’ai eu la chance de faire mon premier séjour. Je suis pour le moment à l’Observatoire. Max, pouvez-vous me dire où vous êtes ? »

Max en direct-différé depuis le Petit Royaume des Barges.

Max : « Je me trouve non loin du Petit Royaume des Barges où nous avons fait un petit arrêt. Comme vous pouvez le voir, il y a pas d’eau dans la mer. Il y a jamais d’eau dans la mer ici… »

Yann : « Merci Cher Max. Hésitez pas à intervenir si l’occasion se présente. Léo, où êtes-vous ? »

Léo en direct-différé depuis la digue de Montportail.

Léo : « Je me trouve à Montportail. »

Max : « A ton portail ? Quel portail ? Depuis quand tu as un portail toi ? »

Léo : « Montportail pas mon portail ! C’est juste au nord de la Réserve Naturelle de Moëze-Oléron partie continentale. »

Max : « Ah oui ! Montportail ! Évidemment ! »

Léo : « Ben oui ! Si vous me le permettez je voudrais faire un petit état des lieux du trait de côte. »

Yann : « Bien sûr mon cher Léo. Mais tout d’abord je voudrais savoir où se trouve notre cher petit Sam. Samuel, où vous trouvez-vous ? »

Petit Sam qui fait pas la sieste !

Samuel : « Je suis actuellement en direct-différé depuis un magnifique exemplaire de Sphaerulites foliaceus du Cénomanien moyen de l’Île Où On Va à Pieds. »

Max : « Non mais ça va pas bien dans ta tête ?! On présente pas un bulletin d’informations depuis un Sphaerulites foliaceus du Cénomanien moyen de l’Île Où On Va à Pieds ! Comment il est lui ! »

Léo : « Et pourquoi petit Sam pourrait pas être en direct-différé depuis un Sphaerulites foliaceus ?  Qu’est ce que tu as contre les Sphaerulites foliaceus ? »

Yann : « Moi je trouve ça très bien 🙂 Léo, vous vouliez nous parler de la Réserve Naturelle de Moëze-Oléron il me semble. »

Léo : « Absolument, et plus particulièrement de son avenir. Mais avant, je voudrais la présenter un peu. »

Max : « Je peux le faire si tu veux Léo. »

Léo : « D’accord. Comme ça je peux revoir mes notes. »

Max : « Alors c’est parti ! La Réserve Naturelle de Moëze-Oléron, la RNMO pour les intimes, est une réserve naturelle créée par décret en 1985. Elle s’étend en grande partie sur le domaine maritime entre l’Île d’O et le continent (6 200 ha) et de prolonge sur l’île dans trois petits domaines terrestres ainsi que sur le continent. Il s’agit là du Royaume des Chevaliers dont nous vous avons souvent parlé et qui couvre 220 hectares. »

Yann : « Peut-être qu’une carte serait utile cher Maxou. »

Max : « Je vous la montre ! »

Périmètre de la RNMO

Max : « La partie continentale de la RNMO est en fait la partie littorale du Marais de Brouage d’une superficie de 60 000 ha environ. Voyez ça par vous-mêmes. »

Le Marais de Brouage

Max : « Le Marais de Brouage était autrefois occupé par la mer dans ce qui s’appelait le Golfe de Saintonge. Quand on se promène dans le Marais de Brouage, vers le sud, on peut voir un relief qui correspond à l’ancien trait de côte. C’est là qu’il y a la Tour de Broue dont on vous a parlé je sais plus quand et du coup je peux retrouver les fotos. »

Samuel : « Puis-je intervenir ? »

Yann : « Absolument petit Sam ! »

Samuel : « J’ai noté dans mes fiches un lien vers un tout petit documentaire qui explique l’histoire du Marais de Brouage. Puis-je vous le montrer ? »

Max : « Excellente idée ! Mais avant, je voudrais donner une petite précision géo-morphologique. Le Marais de Brouage est limité au nord et au sud par des reliefs assez peu élevés qui sont des bombements anticlinaux dans les terrains crétacés. L’anticlinal sud est bien visible sur la carte ci-dessous. »

Carte du relief

Max : « Au sud de cet anticlinal, il y a le Marais de la Seuldre. Mais on le connaît pas bien et on va pas vous en parler. »

Yann : « Merci cher Max. Samuel, vous pouvez lancer votre petit documentaire. »

 

Yann : « C’était très intéressant cher petit Sam. Je savais pas tout ça moi. »

Léo : « Je fais la suite ! Dans sa partie continentale, la RNMO est formée d’une gigantesque vasière plus ou moins colonisée par la slikke et le schorre. »

Max : « Le chlic et le chloc 🙂 »

Léo : « Tu es trop bête 🙂 Les plantes principales sont la salicorne, la spartine et l’obione. »

Max : « J’ai présenté tout ça il y a des année lors de ma première visite de La Plage Sauvage. »

Léo : « Cet estran gigantesque, comme on le voit derrière la foto de Max au début de cet article, est suivis en amont d’un marais retro-littoral d’origine anthropique. C’est ce que raconte la vidéo de petit Sam. »

Yann : « En résumé, dans des terrains gagnés sur les mer, il y a des bassins qui furent des marais salants puis des claires pour les huîtres. Actuellement, ce sont des bassins dont le niveau d’eau est activement régulé par les gestionnaires de la réserve. Et il y a aussi les pâturages pour le bétail. »

Samuel : « Je précise qu’actuellement c’est la Ligue de Protection des Oiseaux qui a reçu délégation de l’état pour la gestion de la réserve. »

Yann : « Je pense qu’il serait judicieux de montrer quelques fotos des bassins du Royaume des Chevaliers. »

RNMO La Tanne Ronde

RNMO La Tanne Ronde

RNMO La Tanne Ronde

RNMO La Tanne Ronde

RNMO La Tanne Ronde

RNMO La Tanne Ronde

Léo : « Cette réserve se trouve sur la grande voie de migration Est-Atlantique parcourue par des tas de zoisos migrateurs. »

La grande voie de migration est-atlantique

Max : « Ce qui fait qu’on y observe des tas de zoisos : des Ansériformes, des Charadriiformes mais aussi des Accipitriformes. »

Samuel : « Pour ceux qui sont étourdis et qui se souviennent plus de ces ordres disons qu’on peut observer des oies cendrées, des tadornes de Belon, des canards divers et variés tels que les colverts, les siffleurs, les souchets, les chipeaux, les sarcelles d’été et un peu d’hiver… »

Yann : « Des chevaliers de toutes les espèces avec beaucoup d’arlequins. »

Max : « C’est là qu’on en voit le plus en France 🙂 »

Yann : « Il y a des combattants variés, des barges, des courlis, des gravelots, des bécasseaux… »

Léo : « Oubliez pas les avocettes et les échasses ! »

Samuel : « Les spatules blanches et les Ardéidés ! »

Yann : « Près de 90 000 limicoles sont recensés chaque année dans la réserve ! »

Max : « Il y a GCI aussi ! »

Samuel : « Il faut que tu expliques cousin Max. »

Max : « C’était pendant ce séjour. Nous arpentions l’estran sableux vers le portail de Léo, quand on a vu ce zoiso. »

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)
Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Léo : « Bonome l’a reconnu tout de suite alors qu’on l’avait jamais vu ! »

Samuel : « C’est un gravelot à collier interrompu. Charadrius alexandrinus, Charadriidés. »

Yann : « Il était pas loin de ce panneau 🙂 »

Le panneau

Max : « Après l’avoir fotoé nous avons continué à cheminer. Un peu plus loin, il y avait un groupe d’enfants avec une animatrice de la LPO. Bonome a demandé si il pouvait l’interrompre deux secondes et il lui a mis une foto sous le nez. J’ai bien aimé sa réaction : ‘Oh ! C’est GCI !’ Bonome a juste répondu : ‘C’est donc bien lui’. Il a dit merci est on est repartis voir GCI. »

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Yann : « Quelques jours plus tard on y est retournés mais on le voyait pas. Alors bonome lui a parlé pour lui dire qu’on voulait pas l’embêter mais prendre de ses nouvelles. D’un coup, on l’a entendu siffler 🙂 Il nous a appelé 🙂 »

Léo : « Et il a pris la pose 🙂 »

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)
Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus, Charadriidés)

Léo : « Ça fait pas longtemps qu’il s’est installé là GCI. Il me semble que ça fait dix ans. »

Yann : « Maintenant que nous vous avons parlé de GCI nous pouvons revenir à la RNMO. »

Max : « En plus des zoisos, elle accueille sept espèces d’Amphibiens dont le très rare pélobates cultripède et la rainette méridionale. »

Pélobate cultripède (Pelobates cultripes, Pélobatidés) inpn.mnhn.fr
Rainette méridionale (Hyla meridionalis, Hylidés)

Max : « Il y a également sept espèces de Reptiles dont la cistude d’Europe. »

Cistude d’Europe (Emys orbicularis, Emydidés)

Samuel : « Sans compter les vingt six espèces de Mammifères qu’on peut y rencontrer ! Il y a même des loutres d’Europe ! »

Yann : « Et des centaines d’espèces d’Invertébrés ! »

Léo : « Autant dire que cette réserve est un intérêt écologique certain ! »

Max : « C’est l’intérêt des réserves 🙂 »

Léo : « Mais… »

Yann : « Mais quoi ? »

Léo : « Cette réserve est séparée de la mer par des digues. On les aperçoit au loin sur les fotos que vous avez présenté cher Yann. »

Yann : « J’en remets une. »

RNMO La Tanne Ronde

Yann : « On voit que cette digue est plantée d’arbres. De l’autre côté de cette digue il y a un petit cordon dunaire puis c’est la gigantesque vasière. »

Léo : « C’est de cette digue dont je voudrais parler. Pas dans ce secteur là précisément parce qu’on peut pas y aller à cause que c’est la réserve intégrale mais un peu plus au nord. »

Max : « Vers ton portail ? »

Léo : « Montportail ! Rholala ! Il est bête ! Mais il est bête ! »

Yann : « Vous laissez pas perturber par les interruptions inopinées de Max cher Léo. »

Léo : « En réalité je devrais parler des digues. Il y en a une première d’un dénivelé de 4m40 au-dessus du niveau de la mer. La digue intermédiaire est haute de 3m50 puis la troisième digue est haute de 2m40. Malheureusement, ces digues sont pas forcément en bon état. Regardez un peu ça. »

Léo sur la digue

Léo : « Je me trouve sur la digue. A votre droite c’est côté mer. A votre gauche il y a la réserve. Vous voyez peut-être que la digue est bien abîmée. On voit mieux sur les fotos suivantes. »

La digue

La digue

Léo sur la digue

La digue

Léo : « La première digue est très fragilisée. L’enrochement se trouve en avant de la terre. Il est fort probable que cet hiver, après deux ou trois fortes tempêtes, cette digue cède. »

Max : « C’est une catastrophe ! »

Léo : « Il y a les deux autres digues. »

Yann : « Que pouvons-nous faire ? »

Léo : « Nous ? Rien. De toutes façons, les spécialistes ont décidé de rien faire. »

Max : « Rien du tout ? »

Léo : « Dans la partie interdite aux visiteurs, une brèche est apparue en 2014. Elle a été comblée puis elle s’est ouverte de nouveau en 2016 puis en 2018. Une digue, ça coûte cher et ni les communes ni la LPO ni le conservatoire du littoral ont les moyens de refaire une digue tous les ans. Et puis il y a pas d’urbanisation en arrière de la réserve alors la décision a été prise de laisser la maritimisation de la réserve se faire librement. »

Yann : « Ce qui veut dire que le trait de côte va reculer ? »

Léo : « Tout à fait. »

Max : « On laisse faire la mer alors ? »

Léo : « Max, c’est pas la mer. C’est l’océan Atlantique et l’atmosphère. Que veux-tu que les zoms fassent face à ces éléments ? Ils peuvent juste accompagner le mouvement. »

Yann : « Que va t-il se passer ? »

Léo : « Je suis pas spécialiste. Ce que je peux vous dire c’est que des terrains terrestres vont devenir maritimes. Les bassins du Royaumes des Chevaliers qui sont actuellement en eau douce vont voir leur salinité augmenter. Les hauteurs d’eau et l’agitation vont augmenter également. Cela aura une influence sur la faune et la flore. Les petits limicoles pourront plus venir se reposer ici si la profondeur augmente. Les Ansériformes non plus mais eux ce sera en raison de l’agitation de l’eau. »

Max : « Comment ils vont faire ? »

Léo : « Il est probable qu’en amont de nouveaux bassins se créent suite à l’apparition de cordons dunaires nouveaux ou de bancs de vase ou de boue. »

Samuel : « En arrière de la réserve il y a actuellement des champs. Ils vont disparaître ? »

Léo : « Ah oui ! D’autant qu’avec le drainage des terres, des sédiments sont retirés en même temps que l’eau et le niveau de ces champs se trouve en-dessous du niveau de la mer. »

Samuel : « Et la mer va avancer jusqu’où ? »

Léo : « Je me suis procuré quelques documents. Voici par exemple des projections de l’évolution des paysages jusqu’en 2050. »

Projections

Max : « Je me rends pas bien compte. »

Léo : « Disons que la maritimisation pourrait atteindre la départementale 3. Cette carte vous permettra peut-être de mieux visualiser. »

Situation de la départementale 3. Elle relie Moëze à Brouage.

Yann : « Oulala ! Et c’est partout comme ça ? »

Léo : « Difficile à dire. Vous connaissez l’Île Où On Va à Pieds ? »

Yann : « Ah bah oui ! On est allés voir le fort ! »

Yann près du Fort de l’Île Où On Va à Pieds

Yann : « Et le Puits des Insurgés ! »

Le Puits des Insurgés (bonome aime beaucoup cet endroit).

Léo : « Exact 🙂 C’est dans ce secteur que nous avons vu le seul écroulement récent. »

Un écroulement

Samuel : « On voit quand même qu’il y a des tas de racines qui dépassent. »

Léo : « Oui mais malgré tout on a pas vu d’éboulis récents. Il semblerait que la mer grignote pas la falaise. C’est pareil Là Où Les Cailloux Sont Tout Cassés. »

Yann : « Je peux mettre des fotos ? »

Samuel : « Bien sûr cousin Yann. »

Là Où Les Cailloux sont Tout Cassés

Léo : « Là c’est pareil. Pas d’éboulis récents. Il y a quelques années, les galets, cailloux et fossiles étaient fréquents aux pieds des rochers. Depuis trois ou quatre ans, il y a de plus en plus de sable. »

Yann : « Ça voudrait dire qu’il y aurait ensablement ? »

Léo : « Légèrement mais oui. Là, la mer sape pas la falaise. »

Samuel : « Si je comprends bien l’anticlinal Cénomanien résiste mieux que les polders. »

Léo : « C’est ça. A long terme, le Golfe de Saintonge va de nouveau remplacer le Marais de Brouage. C’est pas vraiment une surprise. Mais la bonne nouvelle est que les autorités ont accepté le recul du trait de côte et qu’au lieu de s’y opposer tout est fait pour l’accompagner. Si vous voulez un peu plus de précision je vous conseil ce documentaire : https://vimeo.com/user61188445/review/517566039/2697e4ece8 »

Yann : « Cher Léo, votre exposé était absolument passionnant ! »

Léo : « Merci Yann. J’ai fait court mais je crois que j’ai dit l’essentiel. »

Max : « L’essentiel c’est que dans quelques années les paysages seront plus les mêmes et peut-être que la Charmante Petite Ville va redevenir un port 🙂 »

Léo : « Plus besoin de planche à roulettes pour pousser les bateaux à partir d’un port où il y a pas la mer 🙂 »

Yann : « Avant de vous quitter, quelques images de paysages d’hiver que nous avons jamais publié… »

Paysage
Paysage
Paysage

Yann : « Ce bulletin d’informations est maintenant terminé. Nous espérons que vous avez passé un bon moment en notre compagnie et nous vous disons : »

Samuel : « A bientôt ! »

Les petizours

Continuer la promenade