La Grève Rose et la Grève des Curés

Max : « C’est loin la Grève Rose ? »

Le chevalier : « Nous y sommes 🙂 »

Max : « Nous y sommes ? Mais on vient de quitter l’Île aux Lapins où il y a pas de lapins ! »

Le chevalier : « Je suis particulièrement efficace 🙂 »

Max : « Pfff ! »

Samuel : « C’est vrai ? On y est déjà ? »

Le chevalier : « A vrai dire je ne sais pas bien où elle se trouve cette Grève Rose. La Grève Blanche je vois bien. La Grève des Curés aussi. Mais la Grève Rose… »

Léo : « Ben montre nous la vue aérienne ! »

Le chevalier : « Bonne idée 🙂 »

Vue aérienne (source : Géoportail)

Léo : « D’accord… »

Max : « Bonome, tu veux pas légender ? On comprend rien sinon. »

Le chevalier : « Là ? Maintenant ? »

Max : « Ben oui ! »

Le chevalier : « Max… »

Max : « Oui mon bonome ? »

Le chevalier : « Non, rien… Ça ira plus vite de légender que de t’expliquer que c’est absurde de me demander ça sur le terrain. »

Max : « Pas très cohérent ça. Et tu vois ! Tu t’en sors très bien en quelques secondes. Montre un peu ? »

Vue aérienne légendée (source : Géoportail)

Max : « Ben voilà ! Là on comprend mieux ! »

Yann : « Max, je trouve que tu exagères. On pouvait se passer de cette vue aérienne légendée ! »

Max : « J’exagère rien du tout ! Vous pensez à mes lecteurs un peu ? »

Samuel : « Tu en as encore ? »

Max : « Ça c’est pas gentil ! »

Léo : « On va faire quoi bonome ? »

Le chevalier : « Observer le premier affleurement rocheux puis le second. »

Grève Rose et Grève des Curés (source : Géoportail)

Yann : « C’était un peu prévisible 🙂 Si on fait la géologie on observe les affleurements rocheux. »

Le chevalier : « Oui Yann. Tu l’avais compris toi 🙂 »

Samuel : « Moi aussi 🙂 »

Max : « Et si on commençait au lieu de parler ? »

Yann :: « Moi j’ai déjà commencé ! Même qu’il y a une grosse enclave sédimentaire dans le granite G1 juste là. »

Enclave sédimentaire dans le granite G1

Samuel : « Bien vu cousin Yann ! »

Yann : « Elle se voit bien. Je pouvais pas la rater 🙂 »

Léo : « On sait toujours pas de quand elles datent ces enclaves sédimentaires ? »

Le chevalier : « Pas plus d’infos qu’il y a environ une heure 🙂 »

Max : « Il y en a d’autres ! Je descends faire l’échelle ! »

Enclave sédimentaire

Léo : « C’est étrange qu’elle ait été dégagée par l’érosion comme ça. Elle est plus dure que le granite G1. »

Samuel : « Elle est gréseuse. Peut-on dire que c’est un grauwacke ? »

Max : « Tu peux le dire petit Sam ! On va pas te contredire nous. On sait même pas ce que c’est un gros vaque. »

Léo : « Si. C’est une roche sédimentaire détritique. Ou plutôt le protolithe est sédimentaire détritique. En gros ce sont des petits grains de feldspaths, quartz et micas et peut-être d’autres minéraux encore qui sont cimentés par des argiles. Et tout ça a subi un métamorphisme pour donner le grauwacke. »

Le chevalier : « C’est bien ça. Un grès à grain fin qui a été cuit. »

Yann : « Comme ça je comprends mieux. Il a été cuit quand le magma l’a entraîné dans sa remontée ? »

Le chevalier : « Peut-être aussi avant. »

Max : « Alors ce serait un biscuit 🙂 »

Samuel : « Il y a des enclaves basiques de norite aussi. »

Enclave basique dans le granite G1

Léo : « Avec des grands cristaux de feldspaths qui ont migré du granite à la norite. »

Yann : « Pourquoi il y a des trous comme ça ? »

Les géologues font des trous partout.

Max : « 🙂 On en a déjà vu Yann. »

Yann : « Ah oui ? Je me souviens plus. »

Léo : « A la Pointe de la Heussaye. Et peut-être… La Plage de la Grève d’en Bas je crois… Ou la Plage de la Fosse… »

Max : « Les géologues font des trous partout pour prendre des échantillons 🙂 »

Yann : « Ouiii ! Oui oui ! Je me souviens maintenant ! »

Samuel : « Quand il y a des trous dans la roche c’est que le site est géologiquement intéressant. »

Max : « Des enclaves anguleuses de grandes tailles de roches sédimentaires. Des enclaves décimétriques et arrondies de roches basiques… On connaît tout ça. On avance ? »

Le chevalier : « On avance ! »

Léo : « Non ! On regarde ! »

Yann : « Rhoooo ! Je descends faire l’échelle ! »

Un filon d’aplite contenant une enclave de granite G1.
Yann sur le filon d’aplite
Yann donne l’échelle.a

Yann : « J’en reviens pas ! Une enclave de granite G1 teintée de vert dans un gros filon d’aplite ! C’est trop beau en plus ! »

Max : « Vous l’avez entendu ? »

Léo : « Oui. »

Samuel : « Pareil. »

Yann : « Qu’est ce que j’ai dit ? »

Léo : « Il est déjà bien atteint. »

Samuel : « A ce stade c’est irréversible. »

Max : « On peut plus rien pour lui ? »

Léo : « Non. On aurait dû réagir plus tôt. »

Yann : « Qu’est ce que vous racontez ? Je suis atteint de quoi ? Vous me faites peur. »

Max : « Yann, je crois que le diagnostic est évident. Tu t’es entendu ? ‘Une enclave de granite G1 dans un filon d’aplite !’ »

Yann : « C’est pas ça ? »

Max : « Si si ! C’est bien la preuve. »

Yann : « La preuve de quoi ? »

Léo : « Tu te bonomises Yann. »

Samuel : « On peut même dire que ta bonomisation progresse vite. »

Max : « Même pas 10 jours de géologie à ton actif et tu vois des enclaves de granite dans des filons d’aplite. »

Léo : « Tu vois déjà plus pareil. »

Samuel : « Et tu utilises des mots compliqués que personne connaît. »

Yann : « 🙂 Vous rigoliez ! J’ai eu peur moi ! »

Max : « On rigole pas du tout. »

Léo : « Tu te bonomises à grande vitesse ! »

Yann : « Oui mais ça c’est pas grave ! Bon, on peut revenir à l’enclave de G1 dans le filon ? »

Samuel : « Pas la peine. Tu as déjà tout dit. »

Léo : « Je suis assez d’accord avec ton commentaire. C’est trop beau 🙂 »

Max : « Il y en a d’autres de ces enclaves. »

Une autre enclave de granite G1

Encore une enclave

Samuel : « Le granite G1 était déjà solidifié quand le magma à l’origine de l’aplite est remonté et a emporté ces enclaves. »

Léo : « Et là c’est encore une enclave basique. »

Une autre enclave basique dans le granite G1

Yann : « C’est pas une enclave bien nette comme on a déjà vu mais c’est pas un schlieren non plus. C’est un peu comme si la goutte de magma basique avait commencé à s’étirer à cause des mouvements de convection mais que ça s’était arrêté très vite. C’est entre l’enclave et le schlieren. »

Max : « Il a plus besoin de nous ce petitours ! »

Yann : « Vous voulez plus de moi ? »

Samuel : « Si si ! Il faut pas toujours écouter ce que dit cousin Max. »

Max : « Non mais oh ! Tu t’entends quand tu parles ? Il faut pas m’écouter… Bien sûr que si ! Et c’est pas parce que Yann a plus besoin de nous pour comprendre ce qu’il voit que ça signifie qu’on veut plus de lui ! »

Léo : « Yann, tu fais partie de la tribu maintenant. »

Yann : « J’arrive pas à le croire. »

Léo : « Petit Sam non plus 🙂 Pourtant ça fait longtemps qu’on l’a adopté. »

Le chevalier : « Si vous papotez, je fais une pause moi. »

Max : « Caféinage et pétunage sont les deux mamelles du bonome 🙂 »

Le chevalier : « Et regardage du paysage 🙂 »

L’Île aux Lapins

Léo : « Ça c’est le problème de la géologie. On a la truffe sur les cailloux et on oublie parfois de remettre dans le contexte et de bien observer le paysage. »

Max : « Tel qu’en lui même toujours il change 🙂 »

Léo : « Ça, Yann, c’est la phrase mystérieuse de Maxou. »

Samuel : « Il y a que lui qui sait ce que ça veut dire 🙂 »

Max : « Pas vrai ! Bonome a compris ! Pas vrai bonome ? »

Le chevalier : « Mmmmm ? Oui oui 🙂 »

Max : « D’accord. Je vois. Tu t’en fiches. »

Le chevalier : « Pas du tout Maxou. »

Léo : « Je crois qu’on a tout vu pour ce premier affleurement rocheux. On continue ? »

Le chevalier : « Puis-je prolonger la pause encore un peu ? »

Samuel : « Oui bonome. Pas trop fatigué de cavaler partout ? »

Le chevalier : « Pour le moment ça va. »

Max : « Ici tu peux pas te creuser un terrier. Aucun risque que tu redeviennes sauvage. Tu peux pauser encore un peu si tu veux. »

Le chevalier : « Alors je me ressers un café. »

Max : « Il faut surveiller la marée bonome. »

Le chevalier : « Pas de risques ici. »

Léo : « La mer arrive au pied du rocher quand même. »

Le chevalier : « On y va alors ! »

Max : « Euh… Tu vas où là ? »

Yann : « Je sais pas si tu t’en es rendu compte mais on a dépassé le rocher là bonome. »

Le chevalier : « Je sais 🙂 Je voudrais le voir avec le bon angle. »

Léo : « Pour la lumière ? Il y a trop de soleil. Il faut fermer un peu ou prendre un temps de pause très court. »

Max : « Léo, quand vas-tu comprendre que bonome s’en fiche ? Il fotoe et puis c’est tout. »

Le rocher
Le rocher aussi

Léo : «  Oui… Un peu surexposées ces fotos… »

Le rocher de plus près.

Léo : « Un peu trop même. On voit pas bien les différentes roches. C’est trop clair tout ça. »

Max : « Léo, pourrais-tu cesser de critiquer bonome et ses fotos ? Tu préfères pas regarder les roches en vrai ? »

Samuel : « Surtout là… »

Première partie

Léo : « Ah oui… Ce sont des enclaves gigantesques ou bien c’est le socle qui affleure ? »

Le chevalier : « Je penche plutôt pour des enclaves gigantesques. »

Max : « Oui ben penche pas trop. Tu es sur des rochers tout cassés ici. »

Yann : « 🙂 »

Léo : « Il faut fotoer ça ! Je grimpe faire l’échelle ! »

Roche sédimentaire et granite G1

Léo donne l’échelle.

Léo donne encore l’échelle.

Max : « Des roches sédimentaires… Ça ressemble aux enclaves que nous avons déjà vues. »

Samuel : « C’est moins sombre. »

Léo : « Tu as fotoé le contact entre les sédiments et le granite G1 ? »

Le chevalier : « Je fais. »

Contact roche sédimentaire – granite G1

Yann : « Ça vous rappelle rien ? »

Max : « Moi non. »

Samuel : « Pas mieux. »

Léo : « A quoi penses-tu Yann ? »

Yann : « J’ai peur de dire une erreur… »

Max : « Yann, ça arrive de dire des erreurs. Il faut pas que ça te fasse peur. »

Yann : « Vous vous souvenez de là où on a vu le menhir couché sur l’estran ? »

Max : « La Pointe du Chevet ? »

Samuel : « Je crois savoir à quoi tu fais allusion ! Tu penses que ça serait pareil ? »

Yann : « Je sais pas trop. Mais ça ressemble un peu. »

Max : « De quoi vous parlez ? »

Samuel : « Explique cousin Yann. »

Yann : « Ça me fait penser aux parois de la Pointe du Chevet. Je me souviens plus des noms des roches. En haut, il y avait un granite à grains fins je crois mais je suis pas sûr que c’est un granite. Et en dessous il y avait une roche sombre, d’origine sédimentaire mais toute transformée. »

Léo : « Oui oui ! Oui ! Rholala ! Trop fort Yann ! Bonome, tu peux retrouver les fotos ? »

Le chevalier : « Les parois de la Pointe du Chevet ? Je vais chercher dans le blog de Max… Voilà ! »

La paroi de la Pointe du Chevet

Des anatexites

Léo : « Ton hypothèse est intéressante Yann ! Bravo ! Mais à la Pointe du Chevet, il y a eu le métamorphisme encore après à cause de la subduction. »

Max : « Alors… Il y aurait un granite intrusif dans un socle sédimentaire formé de grès ou de gros vaques ? »

Samuel : « Grauwackes ! Fais un peu attention à ce que tu dis cousin Max ! »

Max : « Oui petit Sam. Et ensuite il y aurait eu le métamorphisme qui aurait pas vraiment transformé le granite mais carrément transformé le grauwacke en pegmatites ? »

Samuel : « Yann, c’est à ça que tu pensais ? »

Yann : « Intuitivement oui. Vous trouvez pas que ça ressemble ? »

Léo : « Ah bah si ! »

Max : « Bonome, qu’est ce que tu en penses ? »

Le chevalier : « D’accord avec Léo 🙂 L’hypothèse est intéressante 🙂 »

Max : « Tu es pas sûr ? »

Le chevalier : « Pas tout à fait. Mais, au risque de me répéter, c’est une hypothèse très intéressante. Une vaste enclave métamorphisée, à la limite de la migmatisation. »

Samuel : « Tu avais parlé de migmatisation bonome. Avec le mobilisat et la restite. »

Le chevalier : « C’est vrai. »

Max : « Alors on reste sur cette hypothèse ? A la Pointe du Chevet c’est comme ici mais après migmatisation dans un plan du subduction. »

Le chevalier : « Si on parle bien d’hypothèse je suis d’accord. »

Samuel : « Alors là ! Bravo cousin Yann ! »

Max (à Léo) : « Il est pire bonomisé que nous… »

Léo : « L’élève dépasse le maître 🙂 »

Yann : « Vous vous emballez là 🙂 Je connais pas des tas de choses fort savantes comme vous. »

Samuel : « Non, c’est vrai. Mais tu observes bien et tu sais mettre des éléments en relation avec une certaine efficacité. »

Yann : « Peut-être. Mais je comprends pas tout quand même. Par exemple, dans la roche d’origine sédimentaire qui constitue l’enclave, je comprends pas pourquoi les couches blanches sont coupées comme ça. »

Roche sédimentaire

Max : « Bonne remarque. Quelqu’un a une explication ? »

Léo : « On peut supposer que la roche a été étirée. »

Samuel : « Ça expliquerait ce qu’on voit. »

Max : « Il y a autre chose que je n’explique pas. Ces tâches noires… Il y en a de deux types… »

Minéraux du métamorphisme

Minéraux du métamorphisme

Max : « Tu sais ce que c’est bonome ? »

Le chevalier : « On reste dans les hypothèses ? »

Léo : « Oui bonome. »

Le chevalier : « Je pense que ce sont des minéraux du métamorphisme. »

Samuel : « Quoi comme minéral ? »

Le chevalier : « De la cordiérite. »

Max : « Ça c’est un minéral. Tu as utilisé le pluriel. »

Le chevalier : « Il doit y avoir des petits grenats quelque part. »

Max : « Et tu les cherches pas ? Il y a des grenats et tu es pas à quatre pattes pour en trouver ! Tu as la fièvre ? Tu vas bientôt mourir ? »

Le chevalier : « Ce sont de très petits grenats. A mon avis ils ne sont visibles qu’au microscope. »

Max : « D’accord 🙂 J’ai eu peur moi ! »

Samuel : « C’est quoi la cordiérite ? »

Le chevalier : « Al3Mg2AlSi5O18 avec des traces de fer, titane, calcium, sodium et potassium. »

Max : « Tu vas le noter dans ta tête, ça, petit Sam ? »

Samuel : « Non. Je vais le noter sur mes fiches pour pouvoir réviser. Je retiens pas ça comme ça, moi. »

Yann : « Et qu’est ce qu’elle fait là la cordiérite ? »

Le chevalier : « C’est un minéral du métamorphisme thermique présent surtout dans les roches argileuses. C’est l’aluminium qui se réorganise sous l’influence de la température. »

Léo : « C’est quand même étrange le métamorphisme. Les atomes se ré-arrangent en fonction de la température ou de la pression. Ou des deux en même temps. »

Yann : « Ils trouvent la meilleure façon de s’assembler en fonction des conditions. »

Max : « Pas d’accord avec ta formulation. ‘Ils trouvent’ dis-tu. Cela sous-entend qu’ils sont actifs. C’est pas vrai et tu le sais bien. Ce sont les conditions de température et de pression qui font que les atomes se réarrangent. »

Yann : « Tu as raison Maxou. J’ai voulu résumer en quelques mots et j’ai manqué de précision. »

Samuel : « Vous avez vu la roche blanche érodée au plafond ? »

Léo : « Ah oui ! C’est quoi ? »

L’extrémité du filon d’aplite

Le chevalier : « C’est l’extrémité du filon d’aplite. »

Max : « De l’aplite blanche ? Depuis quand il y a de l’aplite blanche ? »

Samuel : « L’aplite se forme à partir du résidus du magma si j’ai bien compris. Dans ce résidu, il y a plus de fer et de magnésium ou plus beaucoup. Par contre il y a de la silice et la silice c’est ce qui fait qu’une magmatique roche est blanche. Le granite G1 est rose parce que les feldspaths alcalins sont roses à cause qu’ils contiennent de l’oxyde de fer… »

Max : « Et alors ? »

Samuel : « Et alors je sais pas… La toute fin du magma avec presque plus que de la silice ? Les feldspaths ont été lavés de leur oxyde de fer ? »

Max : « Bonome ? »

Le chevalier : « Aucune idée. »

Max : « Tu es là un peu toi ? A chaque fois que je te parle j’ai l’impression que tu es ailleurs. »

Léo : « Tu es dans ta tête ? »

Le chevalier : « Je profite de la nature. »

Max : « Ça t’empêche pas de suivre quand même ! »

Le chevalier : « Je suis Maxou. »

Max : « Tu suis rien du tout ! »

Le chevalier : « Je l’avoue. »

Max : « Ça fait plaisir ! J’attends une explication. »

Léo : « Max… »

Le chevalier : « Laisse Léo. Maxou, ça fait combien de temps maintenant que nous parcourons le Pays des Zoisos ensemble ? »

Max : « Huit ans je crois. »

Le chevalier : « Pendant toutes ces années j’ai répondu à toutes tes questions, toutes vos questions. Je vous ai expliqué la botanique, la zoologie, la géologie… »

Samuel : « Avec beaucoup de patience et de pédagogie. »

Le chevalier : « Merci mon petitours 🙂 Vous êtes de plus en plus autonomes. Vous discutez entre vous pour formuler des hypothèses, proposer des modèles. Je vous rappelle que l’histoire de la chaîne Cadomienne qu’a proposé notre petit Sam ressemble beaucoup au modèle le plus fréquemment avancé par les géologues. Yann propose une explication à ce que nous n’avions pas compris à la Pointe du Chevet en observant cet affleurement… »

Léo : « Je comprends bonome. Tu nous laisses faire et toi tu profites de la nature. De temps en temps tu reviens avec nous pour nous donner la connaissance qui nous manque et tu retournes dans ta tête. »

Le chevalier : « C’est un peu ça. Vous m’en voulez ? »

Samuel : « Ben non. Pourquoi on t’en voudrait ? Tu es là avec nous et tu expliques ce qu’on comprend pas. C’est toi qui pourrais nous en vouloir de pas te laisser en paix. »

Le chevalier : « Je suis très heureux de parcourir le Pays des Zoisos avec vous, moi 🙂 »

Léo : « Alors tout va bien 🙂 »

Max : « Tu suis assez pour pas nous laisser dire des erreurs ? »

Le chevalier : « Oui Max ! »

Max : « Alors ça va. Bon, personne sait pourquoi l’extrémité du filon d’aplite est blanc ? Non ? D’accord. On reprend l’observation ? »

Léo : « Oui mais c’est retour au granite G1. »

Samuel : « On va peut-être pouvoir réviser. Léo, tu grimpes sur le granite pour une vue générale. Moi je cherche un endroit intéressant pour une vue détaillée. »

Léo : « J’y vais ! »

Max : « Petit Sam, il y a une toute petite enclave basique là. C’est intéressant ? »

Samuel : « Oui cousin Max. J’y vais ! »

Léo sur le granite G1
Samuel sur le granite G1
Petite enclave basique

Yann : « Là, il y a une plus grosse enclave. Elle fait quoi ? 10 cm dans sa plus grande longueur. »

Une enclave basique décimétrique

Max : « Bonome, tu crois qu’il y a des feldspaths à structure Rapakivi ici ? »

Le chevalier : « C’est possible. Il faut chercher. »

Léo : « On cherche ! »

Samuel : « Il y en a là ! »

Yann : « Là aussi ! »

Feldspath à structure Rapakivi

Feldspath à structure Rapakivi

Samuel : « C’est une auréole de réaction quand le feldspath alcalins a été injecté dans la norite. »

Léo : « Sur le deuxième il y a des grains noirs dans l’auréole. C’est possible que ce soit des pyroxènes ? »

Le chevalier : « C’est même fort probable. »

Yann : « Moi je descends ! Il y a un petit filonnet d’aplite. Tu me fotoes bonome ? »

Le chevalier : « Bien sûr Yann. »

Yann et un filon d’aplite

Yann

Léo : « Elle est bien cette Grève des Curés. On voit tout d’un coup. C’est très pédagogique. »

Samuel : « Si on veut montrer rapidement le granite de Ploumanac’h à quelqu’un c’est ici qu’il faut venir. »

Max : « Pour la pédagogie je suis d’accord. On peut tout montrer d’un coup. Mais il manque quand même le paysage de Men Rouz. »

Yann : « C’est sûr que c’est pas pareil… »

Max : « Bon, on a vu les trois Grèves. On fait quoi maintenant ? »

Le chevalier : « On se promène ! On avance le long de la plage. »

Max : « On touriste au bord de la mer ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Yann : « Ça va nous reposer un peu. La journée a été dense quand même. »

Léo : « L’anse Sainte Anne, l’Île Renote, la Grève Blanche, la Grève Rose et la Grève des Curés. »

Max : « Mais c’est partout du granite rose. »

Samuel : « Rho la mauvaise foi de cousin Max ! Il est jamais pareil le granite rose. Tu te rends pas compte de tout ce qu’on a vu ? »

Max : « Si si. Je résume même si c’est pas moi qui le fait d’habitude. Il y a le granite G1 à feldspaths alcalins roses à cause de l’oxyde de fer. Il contient aussi du quartz, de la biotite et des amphiboles. À l’anse Sainte Anne on a vu qu’un autre magma s’était formé vers la fin. C’est un magma basique obtenu par fusion partielle du sommet du manteau. Ce magma s’est mélangé avec celui du granite G1 et c’est ce qui est à l’origine des enclaves noires, des schlierens et des auréoles réactionnelles autour de certains cristaux. Il peut y avoir des pyroxènes autour du quartz ou des feldspaths plagioclases autour des feldspaths alcalins ce qui donne les structures de Rapakivi. Et puis il y a les filons d’aplites qui marquent un peu la fin du fonctionnement de la chambre magmatique. J’ai tout dit ? »

Léo : « Il me semble bien. »

Samuel : « Toi aussi tu résumes bien cousin Max. »

Max : « Ben, j’ai l’habitude de rédiger pour mon blog. »

Yann : « Samuel et Léo t’aident pas ? »

Léo : « Max veut pas nous embêter avec ça. Il nous consulte, demande des précisions et nous fait relire mais il rédige tout seul. »

Max : « Comme ça vous avez le temps d’étudier autre chose. »

Samuel : « On est où là ? Parce qu’on papote et on regarde même pas le paysage. Il y a encore des îles… »

Le chevalier : « Vue aérienne ? »

Max : « Ça devient une habitude 🙂 »

Le petit fleuve (source : Géoportail)

Léo : « Nous sommes au nord du petit fleuve… Là où la vallée se rétrécit. »

Samuel : « C’est étrange les estuaires. On sait pas trop si c’est la mer, la terre ou le fleuve. A marée basse il y a que le petit fleuve et à marée haute c’est la mer… »

Yann : « Dites, vous savez expliquer les traînées d’algues sur la plage ? »

Vers la Grève des Curés

Max : « Les laisses-de-mer ? Bonome aime bien les explorer. Il espère toujours trouver quelque chose d’original. »

Léo : « On appelle ça des laisses-de-mer parce que c’est ce que la mer laisse en se retirant quand la marée descend. A marée montante les vagues poussent tout ce qui flotte. Et quand la mer redescend tout reste en place. »

Yann : « Alors pourquoi il y en a trois des laisses-de-mer ? »

Samuel : « Les coefficients de marée diminuent en ce moment. La plus haute laisse correspond au plus grand coefficient de marée. »

Yann : « Ça alors ! On peut connaître l’évolution des coefficients de marée comme ça ! »

Max : « Oui, quand il y a qu’une seule laisse-de-mer, c’est que les coefficients de marée augmentent. Dans ce cas là c’est fréquent qu’elle soit plus épaisse. »

Yann : « Oui, c’est comme si les trois laisses-de-mer qu’on voit là s’accumulaient. »

Léo : « Un jour il faudrait qu’on étudie attentivement ce petit environnement. C’est riche en matière organique. Il y a des Insectes, des Arthropodes… »

Max : « Et puis ça nous renseigne sur les espèces qui vivent dans l’étage infra-littoral et qu’on peut pas voir. »

Yann : « Comment ça ? »

Max : « Quand ils meurent, leurs restes sont déposés sur le sable dans les laisses-de-mer. »

Yann : « Vous connaissez tout, vous 🙂 »

Samuel : « On a quelques bases. Mais les espèces des laisses-de-mer on les connaît pas. On a jamais étudié. »

Léo : « On peut pas tout faire. »

Max (au chevalier) : « Tu fais encore une pause ? »

Le chevalier : « Oui. Et ensuite on rentre. »

Samuel : « J’ai jamais envie de rentrer mais là, je suis bien fatigué quand même. »

Le chevalier : « Moi aussi. »

Léo : « C’est calme ici… »

Le petit fleuve (amont)

Le petit fleuve (aval)

Max : « C’est quoi ça ! Regardez le petit fleuve ! »

Le chevalier : « Un mascaret ! »

Max : « Un mascaret ? C’est quoi ça ? »

Léo : « C’est ce que tu vois Maxou 🙂 »

Le chevalier : « Je dirais que c’est une onde de marée. C’est le signe que la mer monte et qu’il est temps de rentrer. »

Max : « Alors on y va ! »

Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)

Continuer la promenade

La Grève Blanche

Le chevalier : « Nous voici arrivés ! »

Max : « Déjà ! Elle était pas très longue cette chevauchée. »

Yann : « Tant mieux ! J’ai un peu le mal de monture moi. »

Léo : « On s’y habitue Yann. »

Samuel : « Je voudrais pas prendre la place de cousin Max, mais est-ce qu’on pourrait voir les vues aériennes pour savoir où on va aller ? »

Max : « Tu me piques mes répliques ? Qu’est ce que je vais devenir moi ? »

Léo : « Tu vas plus servir à rien. Bonome va t’abandonner et tu vas errer comme une bête en quête de chocolat et après tu vas te faire prédater et dévorer et il restera rien de toi à part quelques morceaux de peluches ça et là 🙂 »

Max : « Pfff ! Tu dis des bêtises ! »

Samuel : « Pour une fois que c’est pas toi qui en dis 🙂 »

Le chevalier : « Et si vous regardiez les vues aériennes ? »

Yann : « Oui bonome ! »

Vue aérienne (source : Géoportail)

Léo : « On la connaît par cœur celle-là 🙂 »

Samuel : « On est à GB. Je suppose qu’on va faire GR et GC. »

Le chevalier : « Tu supposes bien mon petitours. »

Max : « La Grève Blanche, la Grève Rose et la Grève des Curés… »

Léo : « Yann, je sais pas si tu sais mais une grève c’est une plage. »

Yann : « Je m’en doutais. Mais je vois pas le rapport avec faire grève… »

Max : « Nous on sait ! C’est qu’autrefois, à la Capitale, les oeuvriers sans emploi allaient sur la grève du fleuve pour proposer leur service. Il y avait besoin de main d’œuvre pour charger ou décharger les bateaux qui approvisionnaient la Capitale. Et puis par glissement sémantique faire grève c’est devenu arrêter de travailler pour embêter tout le monde et faire connaître ses revendications. »

Léo : « Parce quand on fait grève, on travaille pas. »

Samuel : « Comme les oeuvriers qui avaient pas de travail sur la grève de la Capitale. »

Yann : « Pourquoi vous dites oeuvriers et non pas ouvriers ? »

Léo : « Ben en vrai c’est oeuvrier. Ça vient de œuvrer. »

Samuel : « Ouvrier est venu plus tard. C’est une mauvaise prononciation qui s’est imposée. »

Yann : « Rholala ! Vous en connaissez des choses ! »

Le chevalier : « Oui mais je vais finir par croire que les vues aériennes ne vous intéressent pas. »

Max : « Hé ! Ho ! On peut discuter un peu ou pas ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Léo : « Tu zoomes un peu ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Vue aérienne du secteur de la Grève Blanche (source : Géolportail)

Le chevalier : « Nous allons commencer par la plage orientée est-ouest au centre de la foto. J’ai envie d’aller sur la petite île juste en face. C’est l’Île aux Lapins il me semble. Puis nous irons vers l’ouest : la Grève Rose, la Grève des Curés. Et si la marée le permet nous terminerons cette longue journée en remontant le petit fleuve. »

Max : « Il est même pas visible sur ta vue aérienne ! »

Le chevalier : « Nous le verrons en vrai 🙂 »

Vue aérienne de la Grève Blanche (source : Géoportail)

Max : « On y va bonome ? Parce que là on est même pas sur la plage ! »

Le chevalier : « Elle est juste là ! J’y serai en quelques pas… Voilà 🙂 »

La Grève Blanche

Max : « Ah oui ! »

Yann : « Ça c’est une belle plage ! »

Léo : « Rholala ! »

Samuel : « On a vraiment de la chance de voir ça ! »

L’Île aux Lapins

L’autre côté

Le chevalier : « A gauche c’est l’Île aux Lapins. »

Yann : « Il y a des lapins ? »

Le chevalier : « Aucune idée 🙂 »

Max : « On en cherchera pendant ta pause ! Parce que je suis à peu près sûr que tu vas t’asseoir sur un rocher pour te caféiner en pétunant tout en profitant du paysage. Tu fais toujours ça ! »

Le chevalier : « Quand je ne cavale pas pendant des heures pour satisfaire la curiosité scientifique d’une tribut de petizours qui ne cesse de s’agrandir ! Allons voir ce rocher. »

Un rocher

Léo : « A priori c’est encore le Granite de Ploumanac’h… »

Max : « Quelle surprise nous réserve t-il encore ? »

Le chevalier : « Voyez par vous-mêmes ! »

Max : « Il y a des enclaves ! Je descends faire l’échelle ! »

Une enclave

Max donne l’échelle

Yann : « Moi aussi je veux faire l’échelle ! Je suis une bonne échelle moi 🙂 »

Yann aussi

Léo : « Il y a une fine stratification. Ce sont encore des xénolithes d’origine sédimentaire. »

Max : « Ceux-là sont datés ? »

Le chevalier : « Pas plus que ceux de l’Île Renote. »

Samuel : « C’est pas surprenant. On dirait que ceux sont les mêmes et l’Île Renote et pas très loin. »

Yann : « D’après les principes de l’inclusion de solides dans un solide on sait quand même que ces xénolithes sont antérieurs à la mise en place du granite. Ils ont donc plus de 300 millions d’années et datent d’avant le Carbonifère. »

Max : « J’aurais pas dit mieux 🙂 »

Samuel : « Bravo cousin Yann ! Bravo ! »

Léo : « On aurait dit que tu citais Nicolas Sténon ! De solida intra solidum naturaliter contento dissertationis prodromus 🙂 »

Max : « Qu’est ce qu’il dit ? Bonome, tu comprends ce que dit Léo ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 Léo, je ne savais pas que tu connaissais aussi bien l’œuvre de Sténon. Le prodrome de la discussion sur les solides naturellement contenu dans des solides… Si j’étais riche je crois que je chercherais un exemplaire original de ce livre. »

Léo : « Et je le lirais avant toi ! »

Yann : « Il dit quoi ce livre ? »

Léo : « Difficile de résumer en quelques mots. Les solides contenus dans des solides ce sont surtout les fossiles qui étaient pas bien compris à l’époque. Sténon a vécu entre 1638 et 1686. C’est 50 ans avant la naissance de l’abbé Dicquemare qui osait même pas dire que les fossiles étaient des traces d’êtres vivants anciens. »

Samuel : « Cousin Yann, il faut savoir que l’Abbé Dicquemare a étudié les fossiles des Vaches Noires en Normandie où on est allés fossiler. »

Max : « C’est un grand monsieur cet abbé Dicquemare. »

Léo : « Sténon a bien étudié la Toscane bien qu’il était danois. Il a compris des tas de choses. On en retient trois principales généralement connues sous le nom de principes de Sténon. Il a compris que les roches sédimentaires se déposent à l’horizontale. C’est le premier principe. Il a aussi compris que les roches se superposent quand elles se forment et que du coup les plus profondes sont les plus anciennes sauf si la tectonique a tout perturbé. Et puis il a énoncé le principe de continuité latérale. Parfois, quand les roches ont formé un pli, elles peuvent avoir été érodée quelque part. Sténon a compris qu’on pouvait quand même dire que c’était la même couche. Je m’exprime pas très bien mais vous avez sûrement compris. »

Yann : « Oui Léo. »

Léo : « Sténon est considéré comme le père de la stratigraphie et il a eu de l’influence dans la compréhension des fossiles. C’est un grand monsieur aussi Nicolas Sténon. Bon, son histoire géologique de la Toscane est pas très juste mais elle a été un premier pas très important dans l’histoire de la géologie régionale. »

Max : « Léo, ce que tu dis est passionnant comme d’habitude. Mais si tu veux bien, on en parlera ce soir en mangeant du chocolat. Là, il faut quand même qu’on étudie avant que la mer nous submerge. »

Léo : « Oui Max. »

Samuel : « On dirait qu’il y a des schlierens ! »

Une roche hétérogène

Léo : « Je sais pas si ce sont des schlierens mais la roche est hétérogène. Je monte donner l’échelle ! »

Léo donne l’échelle
Léo 🙂

Max : « Alors bonome ? Schlieren ou pas schlieren ? »

Le chevalier : « Max, les schlierens sont des bandes de roches dans une autre roche. Là, l’érosion a isolé un petit morceau. Léo est assis sur une zone sombre. Elle est très riche en minéraux ferro-magnésiens. »

Yann : « C’est un peu de norite qui s’est mélangée au granite ! »

Samuel : « Ce sont les magmas qui se sont mélangés Yann. »

Yann : « Oui petit Sam. Je me suis mal exprimé. Tu as eu raison de me reprendre. Là, on a l’impression qu’il y avait une grosse goutte de magma basique dans le magma acide. Et en dessous, il y a deux bandes sombres. Bonome a raison de dire que c’est un petit morceau isolé par l’érosion mais j’y verrais bien ces fameux schlierens. Les mouvements au sein de la chambre magmatique on fait se déplacer le magma basique. Sur les bords de la goutte, il s’est étiré et a donné ces bandes sombres dans le granite. Et puis au passage il a été contaminé par le granite ce qui fait que la partie sombre est pas vraiment de la norite. On voit bien que c’est un mélange. »

Léo : « Yann, tu progresse vraiment très vite ! »

Yann : « C’est qu’une hypothèse. Et c’est vous qui m’expliquez tout ça ! »

Max : « Il y a vraiment beaucoup de feldspaths roses dans cette enclave. C’est vraiment étrange. »

Samuel : « Ben non cousin Max. Si cousin Yann a bon, la présence de ces feldspaths roses s’explique très bien. Il y a eu mélange des deux magmas. C’est normal de trouver des cristaux de l’un dans l’autre. Mais le mélange a pas été complet. »

Max : « Bonome, que penses-tu de ce qu’a dit Yann ? »

Le chevalier : « J’aime bien 🙂 Il a raison sur tout sauf qu’il vaut mieux éviter de parler de contamination. Il me semble que ce terme est réservé au passage d’éléments traces d’un magma à l’autre. »

Max : « Les éléments traces ? »

Le chevalier : « Ceux qui sont en très petites quantités et qu’on ne peut connaître que par analyse chimique de la roche. Je pense notamment au REE. »

Max : « Bonome, tu me fatigues ! C’est quoi ça encore les REE ? »

Le chevalier : « Rare Earth Element. »

Max : « Je me suis trompé. Tu me fatigues pas. TU M’ÉPUISES ! »

Le chevalier : « Les terres rares. Mais leur étude est un peu complexe. Nous verrons cela plus tard. Quand vous serez grands 🙂 »

Max : « Ça c’est pas drôle ! On sera jamais grands ! On va rester des juvéniles toute notre vie ! »

Le chevalier : « Ça me va très bien. On continue ? »

Léo : « Il y a d’autres xénolithes sédimentaires. »

Une autre enclave sédimentaire

En gros plan

Yann : « Et là c’est étrange… »

Un étrange rocher

Léo : « Ah oui ! C’est intéressant ça ! Il faut commencer par décrire ce qu’on voit ! »

Yann : « Je fais ! En haut du rocher, il y a une roche grenue rose bien teintée de noir. Dessous, avec une limite nette, il y a une bande de roche rose qui montre pas de cristaux à cette distance. Cette bande est interrompue à gauche par une roche grise qui montre des bandes parallèles. »

Léo « Bravo Yann ! Je propose que tu fasses l’interprétation ! »

Yann : « Je veux bien 🙂 En haut, c’est une roche obtenue par cristallisation du mélange des deux magmas, celui a a donné la norite et celui qui a donné le granite. En dessous, c’est un filon. Je dirais, par comparaison avec ce que nous avons déjà vu, que c’est un filon d’aplite. Il se serait injecté dans les roches pré-citées vers la fin de leur cristallisation. Si je me souviens bien, la venue de ces filons d’aplite correspondrait à la toute fin de l’activité magmatique. Un peu comme un dernier souffle 🙂 La roche grise à gauche de ce filon ressemble à un xénolithe sédimentaire. Le magma qui a donné l’aplite l’aurait remonté lors de son ascension. »

Le chevalier : « Mon petit Yann, je confirme ce que t’as dit Léo. Tu progresses vraiment vite 🙂 »

Yann : « Merci bonome. J’en profite pour vous remercier. Avant de vous connaître, j’aurais juste vu un rocher étrange. Et encore ! Peut-être que j’aurais même pas fait attention à lui et j’aurais pas vu les différences de couleurs ou de textures. Grâce à vous ce rocher raconte une histoire. C’est vraiment passionnant la géologie. Ça a changé ma vision d’un paysage. Un paysage raconte toujours une histoire quand on le regarde bien ! »

Max : « Je raconte celle-là si vous voulez bien. Après la formation d’une chaîne de montagne, et en arrière de cette chaîne, les roches profondes de la lithosphère ont commencé à fondre et ont formé un magma acide. Ce magma est remonté et a commencé à cristalliser. En remontant, le magma a arraché et emporté des morceaux du socle formé de roches sédimentaires. C’est l’origine des xénolithes. En profondeur, la fusion s’est étendue aux roches du manteau supérieur ce qui a donné un magma basique. Lui aussi est remonté. Dans la chambre magmatique, ces magmas se sont un peu mélangés. Par endroits, là où il y avait des mouvements de convection, des gouttes de magmas basiques se sont étirées ce qui a donné les schlierens. Parfois des petits morceaux de ce magma basique ont cristallisé en norite. Sauf que des cristaux du magma acide se sont injectés dedans et ils se sont blindés avec les figures de Rapakivi ou des auréoles réactionnelles. En fin de cristallisation, les dernières remontées de magma ont donné des filons plutôt fins qui ont cristallisé rapidement ce qui fait qu’ils contiennent que des tout petits cristaux qui se voient pas à l’œil nu. Ce sont les filons d’aplite. Eux aussi ont pu remonter des xénolithes sédimentaires. Voilà pour l’histoire qu’il est possible de raconter à partir de nos observations du jour. »

Samuel : « Bravo cousin Max ! »

Léo : « Dites, on a à peine observé le granite 🙂 »

Samuel : « Je grimpe et je fais l’échelle ! Je vais me mettre à côté d’un feldspath alcalin rose pour montrer sa taille. »

Samuel et un feldspath alcalin

Max : « Il est presque aussi grand que toi ce cristal 🙂 »

Léo : « On voit bien la richesse en fer et magnésium ! C’est bien noir ! »

Max : « Oui mais ce qu’on voit sur aucune des fotos de bonome c’est que les cristaux sont orientés un peu pareil. C’est pas une texture équante. »

Samuel : « Ça veut dire que le magma a coulé un peu dans la chambre magmatique. Pendant ces mouvements les cristaux se sont un peu alignés. Mais on sait bien que le magma s’est déplacé. Sinon il y aurait pas le mélange et les schlierens. »

Léo : « Je crois qu’on a tout dit sur ce rocher… »

Max : « Bonome ? »

Le chevalier : « Je le crois aussi. »

Yann : « Très intéressant ce petit rocher 🙂 »

Le rocher

Max : « Direction : l’Île aux Lapins ! »

Vers l’Île aux Lapins

Léo : « Tu surveilles la marée bonome ? »

Le chevalier : « Oui Léo 🙂 »

Yann : « Vous avez vu toutes les enclaves de norites ? »

Des tas d’enclaves basiques

Samuel : « Elles dépassent du granite. J’en déduis qu’elles sont plus dures que lui ce qui fait qu’elles s’érodent plus lentement et elles dépassent. »

Max : « Tu fais une foto de détail bonome ? »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou. »

Détail de l’une de ces enclaves

Max : « Merci bonome. C’est un tombolo cette fois ? »

Vers l’Île aux Lapins

Le chevalier : « C’est un cordon sableux qui relie une île au continent. »

Léo : « C’est la définition d’un tombolo 🙂 »

Samuel : « Encore une île où on va à pieds 🙂 »

Yann : « Elle est pas très loin de la plage cette île. »

Samuel : « C’est une île quand même. Au moins à marée haute. »

Max : « Bonome, tu veux bien me fotoer sur le granite à côté d’une enclave basique ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Max sur le granite
Une enclave basique

Léo : « On voit bien l’orientation privilégiée des cristaux. Regardez juste au-dessus de la fissure. On voit des bandes de cristaux allongés parallèlement à ces bandes. »

Samuel : « Je dirais pas qu’on voit bien. On voit un peu. On voit surtout quand on sait. »

Max : « La vision est une gnosie 🙂 »

Léo : « J’entends un tarier pâtre ! »

 

Max : « Il est là Léo 🙂 »

Un tarier pâtre (Saxicola rubicola, Muscicapidés)

Un tarier pâtre (Saxicola rubicola, Muscicapidés)

Un tarier pâtre (Saxicola rubicola, Muscicapidés)

Un tarier pâtre (Saxicola rubicola, Muscicapidés)
Un tarier pâtre (Saxicola rubicola, Muscicapidés)

Yann : « Ça fait du bien de voir un zoiso 🙂 »

Léo : « C’est vrai qu’on est surtout géologues ici. On en oublierait presque les zoisos. »

Max : « Non non. On oublie pas du tout les zoisos. C’est juste qu’on en voit pas beaucoup. »

Samuel : « Ce qu’on oublie aussi, c’est de regarder toute la beauté qu’il y a autour de nous. Forcément, avec la truffe sur les rochers pour faire la géologie… »

Le chevalier : « Message reçu 🙂 »

Paysage

Yann : « LE FOU DE BASSAN ! IL Y A UN FOU DE BASSAN ! »

Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)

Léo : « Je dirais bien que c’est le fou de Bassan du jour mais on en a déjà vu sur l’Île Renote. »

Max : « Vous pensez qu’on peut s’habituer aux fous de Bassans et même plus faire attention quand on en voit un ? »

Léo : « Ben non ! On s’est déjà pas habitués aux mésanges bleues ou charbonnières 🙂 »

Samuel : « On admire même les pigeons bisets 🙂 »

Léo : « Alors les fous de bassan… 🙂 »

Samuel : « Reprenons le paysage… »

Panorama
Panorama

Max : « Tu vas faire ta pause bonome ? »

Le chevalier : « Oui. Au bout de l’île, le temps de regarder la mer. »

Max : « Tu veux te fondre au paysage et en faire partie 🙂 Je comprends. Ça t’embête pas qu’on cavale partout pour chercher les lapins de l’Île aux Lapins ? »

Le chevalier : « Vous serez prudents ? »

Max : « Comme toi bonome 🙂 »

Le chevalier : « N’allez pas trop loin s’il vous plaît. Et soyez un peu sages quand même. »

Max : « Oui bonome ! Les cousins, on peut aller chercher les lapins ! »

Léo : « C’est parti ! »

Panorama

Un peu plus tard…

Max : « Tu te fonds bien dans le paysage ? »

Le chevalier : « J’essaye 🙂 »

Léo : « Tant que tu te creuses pas un terrier pour redevenir sauvage 🙂 »

Le chevalier : « Les gaulois avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête et mes petizours ont peur que je me creuse un terrier pour redevenir sauvage 🙂 »

Yann : « Tu ferais pas ça bonome ? »

Max : « Parfois on le craint vraiment… »

Le chevalier : « Avez-vous trouvé des lapins ? »

Max : « Aucun ! Pas la moindre crottes ! »

Léo : « On peut affirmer qu’il y a pas de lapin sur l’Île au Lapins ! »

Samuel : « Il faut renommer cette île ! Notre décision est sans appel ! »

Le chevalier : « Quel nom proposez-vous ? »

Max : « Zutalor ! On a pas pensé à ça ! »

Léo : « Il va falloir qu’on y réfléchisse. »

Samuel : « En attendant je propose qu’on l’appelle l’Île aux Lapins où il y a pas de lapins. Au moins c’est pas mensonger. »

Léo : « C’est un peu long mais je suis d’accord. »

Max : « Alors c’est voté ! »

Léo : « On continue bonome ? »

Le chevalier : « On continue ! »

Max : « Direction : la Grève Rose ! »

Filon de basalte

Continuer la promenade

L’Île Renote

Yann : « Ce sont de drôles d’êtres vivants les lichens. »

Léo : « Ce sont des symbioses. Il y a un champignon et une population de bactéries. Ils peuvent pas vivre l’un sans l’autre. »

Samuel : « C’est le principe de la symbiose 🙂 »

Yann : « Ça fait comme un seul être vivant mais il y en a deux. »

Samuel : « C’est une bonne façon de dire 🙂 »

Max : « Le champignon héberge les bactéries et les bactéries nourrissent le champignon. »

Yann : « Ça alors… »

Max : « Mais on connaît pas bien les lichens. »

Léo : « Dites, ce serait pas le moment de la vue aérienne ? »

Max : « Si 🙂 On fait une pause et on regarde ça. On descend ! Bonome, tu peux t’asseoir si tu veux 🙂 »

Le chevalier : « Merci Max 🙂 Je commence par la vue générale… »

Vue aérienne (source : Géoportail)

Léo : « Oui. On sait où on est 🙂 L’Île Renote maintenant ! »

Vue aérienne de l’Île Renote (source : géoportail)

Max : « Pour le moment on est encore sur le littoral sud-est de la toute petit baie… Elle a pas l’air bien grande cette Île Renote. On va vite en faire le tour. »

Léo : « C’est un tombolo qui relie cette île à la terre ? »

Le chevalier : « En toute rigueur ce n’est même pas une île. Elle est reliée au continent par un cordon rocheux couvert de sables et de galets. »

Max : « Il est surtout recouvert par une zone de stationnement ! C’est pas très écologique ça. »

Le chevalier : « C’est vrai. On y va ? »

Max : « Bien sûr bonome ! On est là pour ça ! »

Léo : « Vous entendez ? »

Yann : « Il y a un zoiso qui chante ! »

Léo : « C’est pas un zoiso ! C’est un accenteur mouchet ! Il y en a même plusieurs ! »

Yann : « Tu reconnais un accenteur mouchet Léo ? »

Léo : « Ben oui ! Écoute bien Yann. »

Max : « Si on les entend il faut les trouver. »

Yann : « Ce serait pas lui ? »

Accenteur mouchet (Prunella modularis, Prunellidés)

Accenteur mouchet (Prunella modularis, Prunellidés)

Léo : « Ah si 🙂 »

Samuel : « Ça me plaît bien d’être accueilli par un accenteur mouchet sur l’Île Renote qui est même pas une île. »

Max : « Il y a les îles où on va à pieds, les îles avec des tombolos, les îles qui sont pas des îles… »

Léo : « Les îles où on va en bateau 🙂 »

Max : « On a pas fait souvent mais c’était drôlement bien. Avec les embruns sur la truffes 🙂 »

Samuel : « Il y a des gambettes ! »

Max : « Des gambettes ? Où ça ? »

Samuel : « Juste là, les pattes dans l’eau. »

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Max : « Des gambettes de Bretagne 🙂 »

Léo : « Avec toutes ces baies, ces criques, des estrans vaseux… C’est surprenant qu’on voit pas plus de Scolopacidés et autres Charadriiformes. »

Samuel : « Il faut dire que nous sommes pas toujours attentifs aux zoisos. On peut pas les voir avec la truffe sur les cailloux pour étudier les roches. »

Léo : « On peut pas tout faire petit Sam 🙂 »

Yann : « Lui aussi c’est un chevalier gambette ? »

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Max : « Oui Yann. »

Samuel : « Tringa totanus, Scolopacidés. »

Yann : « Il nage ou il marche sur le fond ? »

Léo : « Il a pas les pattes palmées le gambette. Je pense pas qu’il puisse nager. »

Samuel : « Il doit marcher sur le fond. Il faut qu’il fasse attention ou bien il va perdre patte ! »

Max : « Totanus ! Reviens maintenant ! Tu vas trop loin du bord ! »

Léo : « Il revient 🙂 »

Max : « Dis donc Totanus, on va pas toujours être là nous ! Il faut rester juste au bord ! Tu dois pas avoir le corps dans l’eau. Seulement les pattes ! Fais un peu attention quand même ! »

Léo : « Bien… Un estran rocheux nous attend. »

L’estran

Yann : « Ça va encore être le chaos 🙂 »

Max : « STOOOOOP ! »

Le chevalier : « Oui Max. Que se passe t-il ? »

Max : « J’ai vu des beaux échantillons de granite par terre. On descend. Viens Yann ! »

Yann : « Oui Maxou ! »

Max : « Alors… »

Le granite de l’Île Renote

Max : « Léo ! Sam ! Vous descendez pas ? »

Léo : « Si si ! »

Samuel : « On est là ! »

Le granite de l’Île Renote

Yann : « Ça c’est un beau granite 🙂 »

Max : « Oui oui oui… Qui décrit ? »

Yann : « Moi ! Je fais le début parce que je vais vite être perdu. Il y a que des cristaux. C’est donc une structure grenue. Il me semble que les cristaux sont dans tous les sens. Vous devez avoir un mot pour dire ça. Peut-être même que vous l’avez déjà dit mais je me souviens plus. Ensuite… J’ai failli oublier ! Il faut dire les cristaux ! Il y a les feldspaths roses. Ça j’ai bien compris. Mais j’ai pas retenu comme petit Sam. Les cristaux blancs je sais pas. En gris c’est le quartz et puis les minéraux noirs sont riches en fer et magnésium. C’est tout ce que je peux dire. »

Max : « ‘C’est tout ce que je peux dire’. Non mais vous l’entendez ? Alors lui ! Il se prend pour Léo ! Léo, tu as une mauvaise influence sur Yann ! Tu vas en faire un modeste ! »

Léo : « 🙂 »

Samuel : « Bravo cousin Yann ! »

Yann : « Vous voulez bien reprendre ce que j’ai dit en précisant un peu ? »

Léo : « On va affiner 🙂 »

Max : « Il y a bien une structure grenue et équante. »

Yann : « Equante ? C’est quand les cristaux sont dans tous les sens ? »

Max : « C’est ça. »

Samuel : « C’est un mot compliqué que personne connaît qu’il y a que cousin Max qui l’utilise pour faire croire qu’il est intelligent et cultivé ! »

Léo : « Et vlan Maxou ! »

Max : « Pfff ! La structure équante nous indique qu’il y a pas eu de mouvements dans le magma qui refroidissait. »

Léo : « Pour les cristaux il y a bien des feldspaths roses. Ce sont les feldspaths alcalins colorés en rose par l’oxyde de fer. »

Le chevalier : « Microcline 🙂 KAlSi3O6 »

Samuel : « Merci bonome ! Je note dans ma tête. »

Max : « Il y a encore de la place dans ta tête ? »

Samuel : « Elle est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur 🙂 »

Léo : « Je reprends. Il y a les feldspaths blancs. Ce sont donc les plagioclases. »

Le chevalier : « Albite et oligoclase. »

Samuel : « Le pôle sodique ! Moins de 30 % de calcium. Du coup je dirais NaAlSi3O6. »

Léo : « Ensuite il y a bien le quartz gris translucide. Et puis les minéraux noirs c’est la biotite et je suppose qu’il y a un peu de hornblende comme d’habitude 🙂 »

Samuel : « Les feldspaths sont surtout alcalins. Même les plagioclases sont du côté alcalin. »

Max : « Ça ressemblerait pas un peu au faciès de Traouiéros ? »

Le chevalier : « Si Max. »

Léo : « D’accord. C’est donc encore un syéno- ou monzo-granite. »

Max : « Ben… C’est le Granite de Ploumanac’h 🙂 »

Le chevalier : « On parle parfois de faciès de l’Île Renote mais il n’est pas vraiment particulier. »

Yann : « J’ai encore des progrès à faire moi. »

Samuel : « Oui cousin Yann. Mais tu en as déjà beaucoup fait 🙂 »

Yann : « Comment vous faites pour être toujours indulgents comme ça ? »

Max : « Oulala ! On est pas indulgents ! On est réalistes ! »

Léo : « Nous aussi on a encore des progrès à faire 🙂 »

Yann : « 🙂 On s’attaque au chaos ? »

Max : « Oui Yann ! On y va ! »

Le chevalier : « Vous ne me demandez même plus mon avis ? »

Max : « Hein ? Non 🙂 On grimpe. On se poche et tu avances ! »

Le chevalier : « Donc si je voulais vous montrer quelque chose juste là je ne le fais pas ? »

Max : « Ah bah si ! Bien sûr que tu nous montres ! »

Samuel : « On y va à pattes ? »

Le chevalier : « Oui mes petizours. Vous pouvez même courir jusqu’au bord de la microfalaise. »

Max : « Par là ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Le dernier arrivé est privé de chocolat ! »

Léo : « Preums ! »

Samuel : « Deuz ! »

Yann : « Troiz ! »

Max : « J’ai perdu ? Je suis privé de chocolat ? »

Léo : « C’est la règle Max 🙂 »

Max : « Je me sens pas bien… J’ai la tête qui tourne… Je crois que je vais faire le malaise vagal… »

Yann : « Je te donnerai ma part Maxou 🙂 »

Léo : « C’est ça que tu voulais nous montrer bonome ? »

Un xénolithe

Le chevalier : « Oui. »

Léo : « C’est une enclave. »

Samuel : « Mais c’est pas une enclave basique de norite ou de basalte… »

Max : « Il y a des lignes horizontales que j’interprète comme des restes de stratification. Ce serait donc une enclave de roche sédimentaire. »

Léo : « Un morceau du socle sédimentaire entraîné par le magma dans sa remontée… »

Max : « Bonome, fais toi plaisir. Allez 🙂 »

Le chevalier : « Un xénolithe 🙂 »

Léo : « Une pierre étrangère 🙂 Ben oui ! »

Max : « Et il est daté ce xénolithe ? »

Le chevalier : « Pas du tout. »

Max : « Ah… Et on sait d’où il vient ? »

Le chevalier : « Il était sur le chemin du magma quand il est remonté. »

Max : « On sait rien du tout sur ce xénolithe alors ! »

Le chevalier : « Si. Il est là. »

Léo : « J’ajouterai : et avant il était pas là 🙂 »

Samuel : « Ben non. Il était pas là puisque le magma qui l’a emporté était pas là non plus. »

Yann : « J’en déduirais qu’il vient d’en dessous. »

Léo : « Voilà ! Nous sommes donc en présence d’un bout de roche qui était en-dessous d’ici avant d’être ici. »

Max : « C’est dingue tout ce qu’on apprend 🙂 »

Léo : « On continue ? »

Le chevalier : « Je n’ai plus rien à vous montrer sur l’île qui n’est pas une île. »

Samuel : « On a déjà tout vu ? »

Léo : « Qu’est ce qu’on va faire alors ? »

Max : « Je sais ! On va tourister ! »

Yann : « Tourister ? »

Max : « Oui ! On fait pas souvent mais c’est rigolo 🙂 »

Yann : « C’est quoi tourister ? »

Max : « C’est quand on se promène comme ça, les mains dans les poches, en sifflotant sans regarder partout comme quand on est naturalistes. »

Yann : « On est obligé de siffloter ? »

Léo : « Pas du tout Yann. Au contraire 🙂 »

Yann : « Et j’ai pas de poches. »

Samuel : « Nous non plus 🙂 »

Yann : « On peut tourister quand même ? »

Max : « Bien sûr Yann ! Bonome, tu es d’accord ? »

Le chevalier : « Tu me demandes mon avis ? »

Max : « C’est pour te faire croire que tu as de l’importance 🙂 »

Le chevalier : « Je suis d’accord pour tourister. On finit le tour de l’île tranquillement. »

Max : « On va traverser le chaos et on va même pas l’étudier ! »

Léo : « On touriste nous ! »

Samuel : « Quand les gens touristent ils disent toujours que c’est beau. »

Max : « Des fois ils disent que c’est pittoresque. »

Léo : « Ou que c’est typique ! »

Samuel : « Ou dépaysant ! »

Le chaos

Le chaos

Léo : « C’est vraiment pittoresque ! »

Yann : « Ça fait vraiment couleur locale 🙂 »

Le chaos

Le chaos

Max : « C’est vraiment très beau ! »

Samuel : « Il y a vraiment qu’ici qu’on peut voir ça ! »

Léo : « Quand on pense qu’il y a des gens qui vont au bout du monde alors qu’il y a ça ici. »

Yann : « Ils savent pas ce qu’ils perdent. »

Max : « Oh ! Et regardez moi si c’est pas joli ! »

Une mare

Yann : « Et le rocher en équilibre ! Vous avez vu le rocher en équilibre ! »

Un rocher en équilibre

Max : « Il ressemble à rien du tout ! Vous avez remarqué ? »

Léo : « Oh c’est vrai ! Il ressemble à rien du tout ce rocher ! Comme c’est charmant ! »

Samuel : « Et ce zoiso ! Vous avez entendu comme il chante ? »

Accenteur mouchet (Prunella modularis, Prunellidés)

Max : « On dirait un moineau. »

Léo : « C’est un accenteur Max ! »

Max : « Je sais bien ! Mais les touristes disent toujours que c’est un moineau ou une mouette. »

Léo : « Ah d’accooord ! Oui oui ! C’est un moineau. »

Samuel : « C’est vraiment pas la peine de venir en Bretagne pour voir des moineaux. Il y en a chez nous. »

Yann : « C’est tout à fait dépaysant de se promener en bord de mer comme ça. »

Le chaos

Samuel : « Et ce rocher en équilibre ! Lui aussi ressemble à rien du tout ! »

Un autre rocher en équilibre

Yann : « Qu’est ce que c’est bôôô ! »

Le littoral

Max : « Oui mais là on sait plus si tu parodies les touristes ou si tu es sincère 🙂 »

Yann : « Ben… C’est vraiment beau 🙂 »

Léo : « C’est dommage qu’on puisse pas aller sur les îles. »

Ar Jentilez

Samuel : « Il doit y avoir une colonie de fous de Bassan. »

Max : « Oui. Ils viennent jusqu’ici. »

Léo : « Les fous de Bassan du jour 🙂 »

Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)
Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)
Fous de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)

Max : « Bonome, tu peux montrer encore la vue aérienne de l’Île s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr Max. »

Max : « Merci bonomou. »

Vue aérienne de l’Île Renote (source : géoportail)

Max : « Ben oui… C’est bien ce que je me disais. On est déjà sur la grande plage du nord-ouest de l’Île. C’est bientôt fini. »

Léo : « On va ailleurs après ? »

Le chevalier : « A la taverne 🙂 »

Max : « Pfff ! On peut même pas ! »

Léo : « Si 🙂 Si bonome veut passer prendre ses deux énoooormes cafés à emporter c’est qu’on va aller ailleurs ! »

Samuel : « J’en ferais presque la danse de la joie 🙂 »

Le chevalier : « Je serais curieux de voir ça 🙂 »

Samuel : « Un autre jour si tu veux bien bonome. Je voudrais conserver un minimum de crédibilité encore un moment 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 »

Une belle plage

Une belle plage
Une belle plage

Max : « Ça c’est vraiment une belle plage. »

Léo : « En été ça doit être plein de monde ! »

Max : « C’est le problème… »

Yann : « Je comprends pas les gens qui vont passer leurs journées à la plage. Ils ont vraiment que ça à faire ? »

Max : « Il faut croire. »

Le chevalier : « Si je vous montre un rocher allez-vous croire que je parodie les touristes ? »

Léo : « Ça dépend du rocher 🙂 »

Le chevalier : « Celui-là. »

Le Dé

Yann : « Ça alors ! On dirait un grand dé ! »

Le chevalier : « C’est Le Dé 🙂 C’est l’un des rochers emblématiques du secteur. »

Max : « C’est l’érosion qui l’a dégagé comme ça ? »

Le chevalier : « Il y a eu des carrières dans le secteur mais je pense qu’il est naturel. »

Yann : « Dites, on va reprendre l’inspection ou on va continuer à tourister ? »

Max : « On va reprendre l’inspection Yann. Tourister c’est rigolo comme ça mais il faut pas abuser 🙂 »

Léo : « Pour le moment, on est revenus à notre point de départ sur l’île. »

L’autre côté

Samuel : « Bonome, la marée monte pas trop vite ? On va pouvoir retourner au fond de l’Anse Sainte-Anne par l’estran ? »

Le chevalier : « Ça devrait aller petit Sam. »

Léo : « Et se sera encore la bonne marée pour la suite ? »

Le chevalier : « Nous verrons bien 🙂 »

Yann : « Vous avez vu les zoisos ? »

Max : « Oulala ! Ils sont loin ! Tu as des superzieux Yann ! Léo, tu arrives à savoir qui c’est ? »

Léo : « Trop loin. »

Samuel : « Des Scolopacidés indéterminés… »

Max : « Il faut super-méga-zoomer bonome ! »

Le chevalier : « Bien Max. Mais ils sont vraiment loin… »

Des zoisos
Chevaliers gambettes et bécasseaux maubèches

Léo : « Montre ! »

Max : « Ah… Petit Sam avait raison. Ce sont des Scolopacidés. »

Léo : « Chevaliers gambettes et bécasseaux maubèches ! »

Samuel : « Ils sont sur un radeau d’algues ! »

Max : « Ah oui 🙂 »

Le chevalier : « Bon, mes petitours, si nous voulons profiter de la marée, il va falloir cavaler. »

Max : « Ben… C’est toi qui cavale bonome. Nous on poche. »

Léo : « On demandera pas d’arrêts imprévus. »

Samuel : « Mais avant de partir, tu fotoes les goélands argentés et les linottes mélodieuses s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui petit Sam 🙂 »

Goélands argentés (Larus argentatus, Laridés)

Linottes mélodieuses (Linaria cannabina, Fringillidés)

Linottes mélodieuses (Linaria cannabina, Fringillidés)

Continuer la promenade

L’Anse Sainte-Anne

Dans la cabane, aux aurores…

Max : « Allez bonome ! On se lève ! »

Le chevalier : « Mmmmmm… Ondorplu ? »

Max : « On dort plus ! On se lève ! »

Le chevalier : « Ilékéleur ? »

Max : « L’heure de te lever grosse marmotte ! Tes petizours sont déjà prêts à partir inspecter. »

Le chevalier : « Vous êtes matinaux vous. Je dors encore un peu moi. »

Max : « Ah bah non ! On t’attend nous ! Et ton café refroidit. »

Le chevalier : « Il y a du café ? »

Max : « Léo a montré à Yann comment préparer ta boisson préférée 🙂 Ils voulaient te l’apporter au lit mais on peut pas monter les escaliers nous. On est trop petits. Alors avec ta tasse d’un hectolitre… »

Le chevalier : « C’est l’intention qui compte 🙂 Bon… Je dors plus alors 🙂 »

Max : « Non. Tu te dépêches de descendre. Dis, tu veux bien me porter pour descendre ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Le chevalier descend pour aller dans la cuisine…

Max : « LES COUSINS ! LA GROSSE MARMOTTE S’EST ENFIN LEVÉE ! »

Le chevalier : « Alors… Comment dire ?… Tu sais que je n’ai rien contre les surnoms que tu me donnes Maxou. Mais… POURRAIS-TU CESSER DE HURLER DANS MES OREILLES ? »

Max : « Oula ! Tu es de mauvaise humeur toi quand tu as pas tes 18h de sommeil… »

Léo : « Bonjour bonome ! »

Samuel et Yann : « Bonjour ! »

Le chevalier : « Bonjour mes petitzours 🙂 Vous m’avez fait du café ? »

Léo : « On te doit bien ça 🙂 »

Samuel : « Bonome, aurais-tu crié sur cousin Max ? »

Le chevalier : « C’est lui qui a commencé 🙂 »

Léo : « Maxou a l’air en forme aujourd’hui 🙂 »

Max : « Je suis toujours en forme moi ! »

Yann (à Samuel) : « Ça lui arrive d’être calme ? »

Max : « Hé ! Toi ! Le petitours breton ! Tu sais que je t’entends ! »

Yann : « 🙂 »

Le chevalier : « La journée va être agitée 🙂 Max, tu ne veux pas arriver directement à la question rituelle du matin ? »

Max : « Pas la peine bonome ! On sait où on va 🙂 Nous allons continuer l’itinéraire. Hier nous sommes allés au Tourony. Même que c’était déjà l’Anse Sainte-Anne. Aujourd’hui on va de l’autre côté du petit fleuve qui nous a empêché d’avancer plus hier. »

Le chevalier : « C’est surtout l’heure et la pluie qui nous ont empêchés d’avancer. »

Max : « Peut-être… Donc aujourd’hui on va chevaucher pour aller au fond de l’Anse Sainte-Anne. Tu vas te trouver une taverne pour ingurgiter ton second hectolitre de café matutinal et l’inspection va enfin commencer. »

Samuel : « Et on va voir des magmas qui se sont mélangés 🙂 »

Léo : « Tu veux bien montrer les traditionnelles vues aériennes s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. Je reprends la vue générale pour situer précisément les sites que nous allons explorer. »

Yann : « Les sites ? On va en faire plusieurs ? »

Le chevalier : « Oui Yann. »

Yann : « Chouette alors ! »

Max : « On est comme ça nous ! On rigole pas 🙂 On fait DES sites 🙂 »

Le chevalier : « Alors… »

Vue aérienne (source : Géoportail)

Samuel : « J’ai repéré la cabane ! (CAB) ! On a déjà fait la partie Est. »

Yann : « C’était bien mais un peu compliqué. »

Max : « On a vu des gneiss icartiens ! Rholala ! »

Samuel : « C’était très beau. »

Léo : « On va à SA aujourd’hui ? »

Le chevalier : « Oui. SA comme Sainte Anne 🙂 Puis nous irons faire le tour de l’Île Renote (IR). Ce n’est pas très loin. Puis peut-être que nous enchaînerons avec la Grève Blanche, la Grève Rose et la Grève des Curés. »

Max : « Ah oui… Tu vas tout cavaler alors. »

Yann : « On va encore voir le granite de Ploumanac’h ? »

Max : « Il y a des chances 🙂 Bon, bonome, tu vas t’habiller parce que tu vas pas sortir comme ça. Et peigne toi un peu ! »

Le chevalier : « Oui Max. »

Un peu plus tard…

Max : « Alors toi ! Tu sors de la taverne avec tes deux ééénooormes cafés et tu vas t’asseoir face à la mer pour les boire. Tu devrais arrêter de pétuner… »

L'Anse Sainte-Anne
L’Anse Sainte-Anne

Le château de Costaérès

Le chevalier : « On est pas bien là ? »

Léo : « Ah si ! Oulala ! »

Yann : « Je resterais bien là pendant des heures. »

Samuel : « Peut-être pas pendant des heures. Avec tout ce qu’on a à voir ! »

Le chevalier : « Tout ce qu’on va voir ? Une grande partie se trouve juste là. »

L’Anse Sainte-Anne

Léo : « Là ? Ces quelques dizaines de mètres de cailloux ? »

Le chevalier : « Oui Léo 🙂 Sur la vue aérienne ça représente… la première pointe boisée 🙂 »

Vue aérienne du site étudié (source : Géoportail)

Max : « Oui ben c’est pas une raison pour passer à journée à se prélasser au soleil ! On y va ! »

Le chevalier : « On y va ! »

Yann : « Je me demande quels détails nous allons voir aujourd’hui. Je pensais pas qu’on pouvait voir des tas de choses juste en étudiant un granite. »

Léo : « Il faut apprendre à regarder. »

Samuel : « C’est mieux aussi quand quelqu’un nous explique ce qu’on voit. »

Yann : « Mon cher petit cousin, je te rappelle que tu as trouvé tout seul comment s’est formée la chaîne cadomienne ! L’accrétion de terranes avec la subduction… »

Samuel : « J’ai pas trouvé tout seul. Et puis c’était qu’une hypothèse. »

Le chevalier : « Nous arrivons. »

Le premier site du jour

Max : « C’est pas le granite de Ploum’ ça. »

Le chevalier : « Non 🙂 »

Des roches basiques

Léo : « Ce sont des roches basiques. »

Samuel : « Cousin Léo, je t’ai connu plus rigoureux. Tu commences par la conclusion ! »

Léo : « Oui 🙂 Mais on le sait déjà 🙂 Par contre je comprends pas bien les traînées blanchâtres… »

Des roches basiques avec des traînées blanches

Le chevalier : « Avançons un peu…. Voilà. »

La norite et le granite G1
La norite

Léo : « D’accord. On voit mieux et maintenant je comprends. »

Yann : « Alors il faut que tu m’expliques Léo. »

Léo : « La roche grise, on voit bien qu’elle est constituée de petits cristaux. C’est une roche sombre donc basique. J’en déduis que c’est un microgabbro. »

Le chevalier : « C’est plutôt un norite. »

Max : « Une norite ? C’est quoi ça ? »

Le chevalier : « C’est une roche intrusive basique qui contient principalement des plagioclases riches en calcium… »

Samuel : « Riche comment en calcium ? »

Le chevalier : « Moitié ou deux tiers… »

Samuel : « Alors c’est la labradorite. »

Léo : « Tu te souviens de ça toi ? »

Samuel : « Albite, oligoclase, andésine, labradorite, bytownite, anorthite. Ce sont les plagioclases. L’albite c’est le pôle sodique avec moins de 10 % de calcium. Après, les limites sont 30, 50, 70 et 90 % de calcium. Au delà de 90 % de calcium c’est l’anorthite, le pôle calcique. Si il y a moitié ou deux tiers de calcium alors c’est la labradorite. »

Yann : « Bravo petit Sam ! »

Max : « Je me demande quand même si il est pas autiste genre Asperger… »

Léo : « Ah non ! Tu vas pas recommencer avec ça ! Tu arrêtes avec ça ! Ou je te fossilise dans le granite ! »

Max : « C’est même pas possible 🙂 »

Léo : « Petit Sam est pas autiste ! Il a une mémoire prodigieuse ! Et puis il écoute et il étudie lui ! »

Samuel : « Qu’est ce qu’il y a d’autre comme cristaux ? »

Le chevalier : « Aucun n’est vraiment visible. Au microscope nous verrions de l’olivine et de l’hypersthène. »

Samuel : « Tu veux bien donner les formules chimiques ? »

Le chevalier : « Olivine : (Mg, Fe)2[SiO4] hypersthène : (Mg, Fe)[Si2O6] »

Samuel : « Merci bonome. Je note ça dans ma tête 🙂 »

Max : « Fer, magnésium, calcium et silice. On est bien dans des roches basiques. »

Samuel : « Ah ça oui ! Mais… »

Le chevalier : « Oui petit Sam ? »

Samuel : « Ben… Cousin Léo a dit que la norite est une roche microgrenue. Or je vois bien des gros cristaux moi. Et puis elle est collée au granite de Ploum’ qui lui a que des gros cristaux. »

Le chevalier : « Gardons les gros cristaux de la norite pour plus tard. La différence de cristallisation du magma basique et du magma acide s’explique facilement si on tient compte des températures de cristallisation de leurs minéraux constitutifs. »

Max : « Ça c’est sûr ! Ça s’explique facilement oulala ! »

Yann : « Ben moi j’explique rien du tout ! »

Max : « Cher Yann, souviens toi que les minéraux du magma basique se forment à relativement basse température. Vers 700°C je crois. »

Yann : « C’est une basse température ça ? »

Max : « Ça dépend à quoi tu compares ! Si tu chauffes le chocolat à cette température c’est très très chaud ! Il se vaporise et c’est du gâchis. Mais si tu compares aux minéraux basiques qui se forment vers 1100°C… »

Yann : « Je vois. »

Max : « Ben oui 🙂 Quand les magmas se refroidissent, les minéraux basiques ont pas trop le temps de grandir avant de se figer parce qu’il fait trop froid 🙂 Alors que les minéraux acides continue à se former pendant longtemps. »

Yann : « Merci pour cette explication Maxou. »

Léo : « On peut descendre et observer ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. »

La norite et le granite G1

La norite
Norite et granite G1

Max : « C’est quand même étrange de voir du granite et du gabbro collés comme ça. »

Léo : « Une norite Max, pas du gabbro. »

Max : « Et ça change quelque chose ? Ça fait moins étrange ? »

Léo : « Non 🙂 C’est même pire étrange 🙂 »

Yann et Max

Samuel et Léo
Léo

Léo : « Bonome, je pense qu’il est temps de se pencher sur les gros cristaux. Regarde un peu ça ! »

La norite

La norite et les grands cristaux qu’elle contient

Max : « Ils sont quand même grands ces cristaux pour une roche microgrenue. Je te rappelle que microgrenue ça veut dire ‘avec des petits grains’. »

Yann : « C’est pas des petits grains ça ! »

Feldspath à structure Rapakivi

Max : « Il y a même une bordure blanche autour du cristal. »

Le chevalier : « Oui. Nous sommes en présence d’un cristal de feldspath à structure Rapakivi. »

Max : « Ah… Oui… Si tu le dis… »

Yann : « Je suis pas le seul à pas comprendre et ça me rassure un peu. »

Max : « Personne comprend Yann. Ça c’est bonome ! Il utilise des mots savants et compliqués que personne connaît à part lui pour faire croire qu’il est intelligent et cultivé mais IL FAIT RIEN QU’À M’ÉNERVER ! »

Le chevalier : « Vous êtes témoins que Max me crie encore dessus. »

Léo : « Nous le sommes ! »

Samuel : « C’est quoi la structure Rapakivi ? »

Le chevalier : « C’est une auréole réactionnelle. »

Léo : « Une auréole réactionnelle ? La bordure du cristal a réagi ? Mais elle a réagi avec quoi ? »

Le chevalier : « Avec le magma dans lequel il se trouve. »

Max : « Il y a pas d’auréole d’habitude. »

Samuel : « Je crois que j’ai compris. C’est grâce à cette structure qu’on sait que les magmas se sont mélangés ! Le feldspath il est trop grand pour venir de la norite qui est microgrenue. Ce feldspath vient du granite et c’est pour ça qu’il y a l’auréole réactionnelle ! »

Max : « Il a bon ? »

Léo : « C’est possible ça ? »

Le chevalier : « Oui et oui 🙂 Des cristaux du granite ont été injectés dans la norite. La bordure de ces cristaux a été déstabilisée et c’est ainsi que sont apparues les structures Rapakivi. »

Yann : « Tu es trop fort petit cousin ! »

Léo : « Alors ça ! Bravo petit Sam ! »

Samuel : « J’aime bien la géologie moi 🙂 »

Yann : « Moi aussi mais c’est pas pour ça que j’aurais trouvé. »

Samuel : « Cousin Yann, tu viens de commencer la géologie ! Tu peux pas tout trouver tout de suite. »

Léo : « C’est donc comme ça qu’on peut mettre en évidence un mélange de magma. D’accord. Mais alors ça veut dire qu’ils sont contemporains ces magmas. »

Max : « Bonome nous l’a expliqué au Ranolien. La fusion crustale a été tellement profonde qu’elle a également touché le sommet du manteau ! Donc les magma sont contemporains. »

Léo : « Je préférerais que tu dises que nous savons que la fusion a également touché le sommet du manteau parce que nous avons mis en évidence que les magmas sont contemporains. Nous voyons des roches Maxou. Pas le manteau d’il y a des millions d’années. »

Max : « Oui Léo. Tu as raison Léo. Tu as toujours raison Léo. »

Samuel : « Si je résume… Hier nous avons vu des traînées de roches basiques dans le granite de Ploum’ »

Le chevalier : « Des schlieren. »

Max : « Des quoi ? »

Le chevalier : « Des schlieren. Les figures que nous avons interprétées hier comme des arguments en faveur d’un mélange de magmas sont appelées schlieren. »

Max : « D’accord. Et pourquoi tu l’as pas dit hier ? »

Le chevalier : « J’ai oublié. »

Max : « Tu as oublié ? Il a oublié ! Et comment on fait pour connaître les schlieren nous si tu oublies de nous en parler ? »

Le chevalier : « Je n’ai pas oublié de vous en parler. J’ai oublié de vous en donner le nom. »

Léo : « Et maintenant on sait ! »

Samuel : « On a appris les sackungs dans les Alpes et maintenant on apprend les schlieren 🙂 On en a de la chance 🙂 »

Léo : « Ah ça oui ! Je reprends. Hier nous avons vu les schlieren et aujourd’hui, nous observons des feldspaths à structure Rapakivi. Nous savons donc qu’il y a eu mélange de magmas ! Rholala ! Et dire que tu avais peur ce ce soit lassant d’étudier le Granite de Ploumanac’h cousin Max. »

Max : « Je savais pas tout ça moi. »

Le chevalier : « Observez d’autres cristaux. »

Yann : « J’en ai déjà vu mais je voulais pas vous interrompre. Regardez. »

Quartz à auréole réactionnelle

Quartz à auréole réactionnelle
Quartz à auréole réactionnelle

Max : « On dirait du quartz ! Cette fois l’auréole réactionnelle est noire ! Il y a pas du quartz dans une roche basique ! »

Yann : « Pourquoi ? »

Max : « C’est à cause de la fusion de la roche qui donne le magma. Je peux pas tout dire comme ça mais disons qu’un magma basique va contenir moins de silice qu’on magma acide. »

Samuel : « Un magma basique c’est entre 40 et 52 % de silice. »

Max : « Il sait ça lui ? Pfff… Merci quand même petit Sam. Quand un tel magma cristallise, toute la silice est utilisée pour former de minéraux. Il en reste plus pour faire du quartz. Dans le magma acide il y a tellement de silice qu’elle trouve plus d’autres éléments auxquels se combiner et elle reste toute seule pour former le quartz. »

Yann : « Je comprends. Donc dans la norite il devrait pas y avoir de quartz… »

Léo : « C’est encore un cristal qui a migré ! Du coup, il y a eu une réaction chimique avec le magma basique. »

Le chevalier : « Il me semble que dans ce cas là ce sont des pyroxènes qui se forment. »

Samuel : « Bonome, ce serait abuser de demander les formules chimiques des pyroxènes ? »

Le chevalier : « Non 🙂 Mais je vais devoir simplifier : XYSi2O6 où X est un gros cations et Y un cation de taille plus petite. Lesquels pourrais-je citer ? Mg2Si2O6 (enstatite) Fe2Si2O6 (Ferrosillite)… »

Samuel : « L’hypersthène MgFeSi2O6 ! »

Le chevalier : « Exact petit Sam ! »

Samuel : « Je l’avais noté dans ma tête 🙂 »

Léo : « On sait tout alors ? »

Le chevalier : « Vous en savez suffisamment 🙂 »

Max : « Si on continue petit Sam aura plus de place dans sa tête pour noter les autres informations 🙂 »

Yann : « On fait quoi alors ? »

Léo : « Et si on s’asseyait sur un rocher pour raconter l’histoire de ce mélange de magma ? »

Max : « On reprend tout ? »

Yann : « Moi je veux bien. Comme ça je vais mieux comprendre. »

Le chevalier : « Qu’en penses-tu Samuel ? »

Samuel : « Je suis d’accord. »

Yann : « Je sais pas si vous avez remarqué mais c’est petit Sam le chef. »

Samuel : « Je suis pas le chef moi. »

Yann : « Si 🙂 Mais tu le sais pas. La tribu finit toujours pas demander ton avis et sans t’en rendre compte, c’est toi qui décide. C’est toi le chef petit Sam 🙂 »

Samuel : « Je m’en fiche de qui est le chef. Il y a pas de chef dans notre tribu. Je voudrais qu’on raconte l’histoire du mélange de magma. »

Léo : « Tu veux résumer ? »

Samuel : « Moi ? »

Max : « C’est toi le meilleur résumeur petit Sam. »

Samuel : « Je veux bien essayer. Alors… En profondeur, il y a eu la fusion partielle dans la croûte ce qui a donné le magma acide. Comme il était moins dense que les roches qui l’entouraient, il est remonté. A un moment, sa densité s’est équilibrée avec celle des roches qu’il a rencontrées et sa remontée s’est arrêtée. Là, il a commencé à cristalliser. Les cristaux ont grandi, grandi… Mais le magma était pas encore tout solide. Au même moment ou juste un peu avant, la partie supérieure du manteau a fondu elle aussi. Il y a eu le magma basique. Il est remonté et s’est mélangé avec le magma acide en cours de solidification. Je sais pas comment dire parce que ce machin acide était plus vraiment liquide mais pas encore solide. »

Le chevalier : « Un mush. On parle de mush pour la bouillie cristalline dans laquelle les orthoses et les quartz grossissent. »

Samuel : « Merci bonome. Donc le magma basaltique s’est insinué dans le mush. C’est à ce moment là que des cristaux du mush, déjà bien développés, se sont injectés dans le magma basique et les auréoles réactionnelles sont apparues. Il y a la structure Rapakivi pour les feldspaths et la bordure noire de pyroxènes autour des quartz. Pour un magma basaltique, un mush acide c’est un peu froid alors ce magma a cristallisé relativement rapidement. C’est pour cette raison que le magma basique a pas bien cristallisé et qu’il a donné que de tout petits cristaux. Et puis il y a eu des mouvements de convection dans le mélange de magma. Ce sont ces mouvements qui ont donné les schlieren. Ensuite tout était trop froid et ça c’est figé. Et puis maintenant c’est comme ça et la norite et collé au granite G1. Je crois que j’ai terminé. J’ai oublié quelque chose ? »

Max : « Oui 🙂 Tu as oublié de dire des erreurs 🙂 »

Yann : « Petit Sam tu m’impressionnes. Tu as tout ça dans ta tête ! Bravo petit Sam ! Bravo ! »

Léo : « Petit Sam tu es trop fort ! Mais est-ce que tu me permets un petit ajout ? »

Samuel : « Bien sûr cousin Léo. »

Léo : « Tu aurais pu ajouter que lors du mélange, des fragments de norites ont été dispersés dans le granite G1 ce qui explique les enclaves basiques. »

Samuel : « Ah oui ! Zutalor ! J’ai oublié ! Merci cousin Léo. »

Max : « Bonome, il a vraiment bon notre petit Sam ? »

Le chevalier : « Je n’aurais pas fait mieux 🙂 »

Léo : « Alors Maxou, tu penses toujours que c’est lassant de voir le granite de Ploum’ pendant huit jours ? »

Max : « Non Léo. Je l’ai dit tout à l’heure. Je savais pas tout ça moi. »

Yann : « On fait quoi maintenant ? »

Le chevalier : « Je propose que nous avancions un peu pour aller explorer l’Île Renote. »

Max : « On y va à pattes ? »

Le chevalier : « Votre Megapus y va à pattes pendant que vous pochez. »

Max : « Comme ça je veux bien 🙂 Allez ! On grimpe ! »

Léo : « On est installés ! »

Max : « Tu peux y aller Megapus ! »

L’estran

Léo : « J’aime bien voir le sable mouillé comme ça. On sait que la marée descend et qu’on va pas se noyer 🙂 »

Max : « Je te rappelle que nous savons nager Léo. »

Léo : « Pfff ! On a pisciné ! On a pas appris à nager dans la mer avec les grosses vagues et les congres. C’est pas pareil. »

Yann : « Regardez ! On retourne dans le chaos 🙂 »

Le chaos

Le chaos

Le chaos

Le chaos
Le chaos

Yann : « Regardez ce rocher ! »

Une enclave dans un rocher érodé

Yann : « On va voir si j’ai bien retenu. Sa forme montre le niveau de la terre autrefois. C’est dans le sol qu’il s’est érodé. Alors la partie la plus élargie tout en haut donne le niveau du sol. Et puis il y a un tache sombre dedans. Tu peux la fotoer s’il te plaît bonome ? »

Détail de l’enclave

Yann : « C’est un morceau de roche basique qui se trouve là à cause du mélange des magmas. Si je voulais avoir l’air intelligent et cultivé je dirais qu’il y a une enclave de norite dans le monzogranite de Perros-Guirec 🙂 »

Samuel : « Tu as bien retenu cousin Yann 🙂 »

Léo : « C’est un bon résumé 🙂 »

Max : « On continue ? »

Le chevalier : « Oui Max. Nous ne sommes pas encore sur l’Île Renote. »

Max : « On y va alors bonome ! On y va ! »

En chemin, on a arrêté la géologie et on a vu des tas de beaux lichens sur les rochers. Le problème c’est qu’on connaît rien du tout aux lichens et qu’avec tout le travail qu’on a on a pas pris le temps de se pencher sur le sujet. Alors on vous présente les fotos comme ça. Si vous avez des identifications à proposer, hésitez pas à nous contacter 🙂

Des lichens sur un rocher

Des lichens

Des lichens

Des lichens

Des lichens

Des lichens

Des lichens

Continuer la promenade

Une cigogne et des Ardéidés

Petit Sam au Refuge du Pré

Samuel : « Bonjour à tous ! C’est à moi que revient l’immense honneur de présenter notre dernier sous-article de la série. Je dis bien immense honneur parce que… Mais vous verrez bien 🙂 Ce sous-article est consacré aux Ciconiiformes qui comprennent entre autre les Ciconiidés et les Ardéidés. Bon, peut-être que ce sont des Pélicaniformes mais on s’en fiche 🙂 L’actualité ardéidienne se déroulant essentiellement au Refuge du Pré c’est de là que je vais vous parler 🙂 »

Yann : « J’aime beaucoup cet endroit. Il arrive qu’il soit pas inondé parfois ? »

Léo : « On a déjà vu le plan d’eau presque à sec… »

Max : « C’est vrai que là le chemin est vraiment pas praticable. Ça sent trop la vase quand bonome s’y aventure. »

Samuel : « Dites, je vous dérange pas trop ? C’est pas comme si j’étais en plein direct-différé… »

Léo : « Pardon petit Sam. On se tait 🙂 »

Samuel : « Merci 🙂 Je commence par une cigogne blanche (Ciconia ciconia, Ciconiidés) qui a survolé le Grand Fleuve juste à côté du Grand Étang le 10 mai. »

Cigogne blanche (Ciconia ciconia, Ciconiidés)

Samuel : « Nous avons aucune nouvelle du groupe de cigognes qui a stationné une partie de l’hiver non loin du Trou. L’une d’elles était bagués et cousin Max a envoyé la donnée à la Grande Tour de Contrôle des cigognes mais nous avons pas de nouvelles. »

Max : « Je précise que la bague était difficile à lire. Regardez. Vous lisez quoi vous ? »

Cigogne blanche (Ciconia ciconia, Ciconiidés)

Samuel : « Je passe maintenant aux Ardéidés. Je vais commencer par les Ardéidés blancs et en premier lieu par l’aigrette garzette (Egretta garzetta, Ardéidés). Elle est devenue habituelle au Refuge du Pré et fréquente au Grand Étang qui est qu’à quelques coups d’ailes du Refuge du Pré. »

Aigrette garzette (Egretta garzetta, Ardéidés)

Aigrette garzette (Egretta garzetta, Ardéidés)

Samuel : « Les garzettes sont souvent accompagnées de grandes aigrettes (Casmerodius albus, Ardéidés).

Grande aigrette (Casmerodius albus, Ardéidés)

Grande aigrette (Casmerodius albus, Ardéidés)
Grande aigrette (Casmerodius albus, Ardéidés)

Grande aigrette (Casmerodius albus, Ardéidés)

Grande aigrette (Casmerodius albus, Ardéidés)

Samuel : « Elles aussi deviennent habituelles ici. Il est pas rare d’en observer deux ou trois qui se nourrissent en même temps les pattes dans l’eau. Jusqu’ici rien d’exceptionnel à signaler. J’en arrive donc à la troisième espèce d’Ardéidés blancs. Si vous nous suivez depuis longtemps vous vous doutez de qui il s’agit. Le voici en fotos. »

Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)

Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)

Samuel : « C’est un petit Ardéidé blanc qui se pare d’un peu d’orange en période nuptiale. Vous voyez ? Même que cousin Max veux leur faire une formation parce qu’ils font pas toujours bien leur mission. ‘Alors là, c’est un bœuf et tu dois le garder. Là c’est un mouton et il se garde tout seul. Et là c’est du rien du tout et il faut pas le garder !’ 🙂 Vous avez enfin identifié un héron garde-bœufs ? Parce qu’il y en a quelques uns dans le secteur Grand Étang – Refuge du Pré. Nous eûmes la chance de les croiser longuement. »

Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)
Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)

Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)

Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)

Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)

Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis, Ardéidés)

Samuel : « Apparemment, il y a une petite colonie dans le coin. Une ‘héronnière’ accueillerait tous ces Ardéidés blancs et quelques hérons cendrés. »

Léo : « Ce qui voudrait dire que ces espèces sont nicheuses dans la région. »

Max : « Nous, on sait pas tout à fait où est cette héronnière. Mais on se doute un peu 🙂 »

Samuel : « Absolument cher cousin Max 🙂 J’évoquais il y a quelques instants les hérons cendrés. En voici un en vol. »

Héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés)

Samuel : « Des hérons cendrés, il y en a un peu partout. Plusieurs nids sont bien visibles sur la petite île de l’étang des Bernaches. Dans l’un d’entre eux il y avait trois juvéniles pas bien vieux. »

Héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés)

Héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés)
Héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés)

Yann : « Je sais pas comment vous arrivez à distinguer les juvéniles… »

Max : « Ben, ça se voit bien Yann. »

Léo : « C’est pas très pédagogique ça Maxou 🙂 »

Samuel : « Je vais montrer à cousin Yann ce qui permettra à nos lecteurs de réviser un peu. Le plus simple est de mettre un adulte et un juvénile côte à côte. Voilà… »

Héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés)

Héron cendré (Ardea cinerea, Ardéidés)

Samuel : « A gauche c’est l’adulte, à droite, le juvénile. Vous voyez que le juvénile a pas du blanc sur la calotte mais du gris. La partie supérieure de son bec est noire et son cou est gris au lieu de blanc. »

Yann : « Ah oui ! Quand on le sait c’est évident. Maxou avait raison. Ça se voit bien 🙂 »

Léo : « Maxou a rien raison du tout ! C’est pas en disant que ça se voit qu’on aide quelqu’un à progresser. Il nous faut aider nos lecteurs à devenir autonomes ! »

Max : « Bah… Si j’ai bien compris, des lecteurs, on en a pas beaucoup 🙂 Et certains connaissent mieux les zoisos que nous. »

Léo : « Nous privilégions la qualité à la quantité 🙂 »

Samuel : « Je peux continuer ? »

Max : « Bien sûr petit Sam. »

Samuel : « Avec vos interruptions, j’ai oublié de préciser le nom du héron cendré en scientifique : Ardea cinerea. Il nous arrive parfois de croiser une autre espèce du genre Ardea. Il s’agit du magnifique héron pourpré (Ardea purpurea). Nous en vîmes un individu le 27 avril en fin d’après-midi au Refuge du Pré. »

Héron pourpré (Ardea purpurea, Ardéidés)

Max : « Il me semble bien que nous en avons vu que là. »

Samuel : « C’est exact cher Max. Quel beau zoiso ! »

Yann : « Je confirme 🙂 »

Samuel : « Le revoici. »

Héron pourpré (Ardea purpurea, Ardéidés)

Héron pourpré (Ardea purpurea, Ardéidés)

Samuel : « L’inventaire pourrait s’arrêter là mais, si vous nous connaissez un peu, vous savez qu’il manque quelqu’un. »

Léo : « Oh ça oui ! »

Max : « Un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers ! »

Yann : « C’est pas tout à fait ça Maxou 🙂 »

Samuel : « N’empêche qu’il manquait quelqu’un ! Alors on est allés le voir. Mais lors de notre première visite nous vîmes pas ce quelqu’un. Cousin Max a même demandé à tous les zoisos si ils l’avaient vu mais aucun a répondu ! Un silence pesant régnait sur le Royaume. C’est dépités que nous sommes rentrés chez nous ce jour là. »

Max : « Pas seulement dépités. Trempés aussi. A cause de la grosse averse. »

Léo : « Et très inquiets surtout ! Et si il ne venait pas cette année ? »

Samuel : « Nouvelle mission le lendemain et même silence des zoisos ! L’angoisse nous étreignait ! »

Yann : « Même bonome avait l’air abattu ! »

Samuel : « Alors il s’est assis sur un banc surplombant l’étang des Bernaches pour guetter. Il lui était impossible de partir. Quand soudain ! »

Yann : « Là ! Là ! Un zoiso en vol ! »

Le chevalier : « On décale ! »

Max : « C’est parti ! »

Léo : « Tu fotoes même en courant ! »

Le chevalier : « Oui ! De peur qu’il soit parti quand nous serons proches. »

Max : « Ils sont là ! Ils sont là ! »

Léo : « Fotoe bonome ! Fotoe ! »

Le chevalier : « Fait ! »

Yann : « Zutalor ! Ils s’envolent ! »

Samuel : « Il faut les suivre ! »

Max : « Mais dépêche-toi ! On va les perdre ! »

Yann : « Ils passent derrière l’île ! »

Léo : « Je regarde si je les vois passer sous le pont. »

Max : « Mais dépêche-toi un peu bonome ! »

Léo : « Pas de passage ! »

Samuel : « Ils ont dû s’arrêter dans la phragmitaie ! »

Max : « Alors on s’arrête là ! »

Léo : « Je la vois ! Je la vois ! »

Max : « D’accord. Elle est là ! Bonome, tu passes le pont vite fait ! Il faut pas qu’on la perde de vue trop longtemps en passant derrière le bosquet ! Si tu veux bien courir… »

Le chevalier : « D’accord Max. »

Léo : « J’espère qu’elle sera encore là ! »

Yann : « Elle décolle ! Zutalor ! »

Max : « Lui s’en va… »

Samuel : « Elle revient ! Rhooo ! »

Léo : « Elle s’est posée juste là ! »

Max : « On peut se calmer un peu là. Bonjour blongiote 🙂 Excuse-nous d’être tout essoufflés. On avait peur que tu sois pas venue cette année. »

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Léo : « On est venus hier et on vous a pas vus. »

Samuel : « On était très inquiets. »

Blongiote : « … »

Max : « Comment ? Vous aviez des trucs de blongios à faire entre les averses ? »

Léo : « Les zoisos voulaient même pas nous dire si vous étiez arrivés. »

Blongiote : « … »

Max : « C’est blongios qui leur a demandé ? Mais pourquoi ? »

Blongiote : « … »

Samuel : « Il est fâché ? Parce qu’on est pas venus dire au revoir l’automne dernier ? On pouvait pas blongiote. Avec les confinements, les restrictions… Bonome était un peu perdu et on est pas venus. »

Max : « On te demande pardon blongiote. »

Léo : « N’empêche qu’on est bien contents de vous voir 🙂 »

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Samuel : « C’est cousin breton que tu regardes comme ça ? »

Blongiote : « … »

Max : « Oui 🙂 C’est un nouveau cousin 🙂 Un de plus. »

Léo : « Il nous a rejoints pendant des vacances en Bretagne et on l’a adopté. »

Yann : « Bonjour blongiote. Je m’appelle Yann et je suis très heureux de te rencontrer 🙂 »

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Blongiote : « … »

Max : « Oui 🙂 Chaque année il y a un nouveau petitours 🙂 »

Léo : « Blongios raconte plus à ses copains qu’il est amis avec des petizours naturalistes qui accompagnent partout un grand chevalier parce qu’ils se moquent de lui… Je comprends. Ils peuvent pas comprendre 🙂 »

Max : « Je me souviens quand je vous ai présenté Léo. On avait bien rigolé. »

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Blongiote : « … »

Léo : « Non ?! C’est vrai ? Cet hiver ils ont demandé si il y avait pas un troisième petitours pour se moquer ? Quand vous allez leur dire qu’il y en a un quatrième 🙂 Je voudrais voir leur tête 🙂 »

Max : « N’empêche que je suis bien content de vous voir ! »

Samuel, Léo et Yann : « Nous aussi ! »

Léo : « Vous avez choisi un endroit pour votre nid ? »

Blongiote : « … »

Max : « Bonne idée 🙂 Vous serez bien là. Vous nous présenterez vos petits comme l’an dernier ? »

Blongiote : « … »

Max : « Oui 🙂 Comme chaque année ! Et à chaque fois vous nous donnez la primeur de la bonne nouvelle 🙂 »

Blongiote : « … »

Léo : « D’accord. On te laisse faire tes trucs de blongios. C’est très gentil à toi d’être venue papoter un peu. On reviendra vous voir. Serre la patte à blongios de notre part. »

Max : « A bientôt blongiote 🙂 »

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Samuel : « Comme vous l’avez remarqué l’émotion nous a submergés et au lieu de raconter la scène nous l’avons revécue. »

Léo : « Il faut dire que nous étions quand même très inquiets. Personne avait signalé de blongios au Marais ou au Royaume des Bernaches avant nous ! »

Max : « Mais ils sont bien là ! »

Samuel : « Zutalor ! On a pas montré la foto prise de loin pendant la course ! La voici. »

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Max : « Monsieur et madame Blongios 🙂 »

Samuel : « Après cette bonne nouvelle, c’est le cœur léger que nous reprîmes notre inspection. »

Yann : « Car, fidèles à nous mêmes, nous avions pas envie de rentrer. »

Léo : « Et puis on espérait que blongios vienne nous dire qu’il était plus fâché. »

Samuel : « Alors on est allés l’attendre devant son garde-manger. »

Max : « Son garde-manger c’est une autre phragmitaie. Il y va que pour manger. Il y trouve des larves, des alevins, des insectes, des grenouilles…»

Yann : « Et il est bien venu manger. Mais il est rentré dans les roseaux sans dire un mot en nous tournant le dos. »

Léo : « Nous, on a attendu. »

Max : « Et puis il est ressorti pour nous voir. Il a fait comme bonome quand il fait semblant d’être fâché avec son regard sévère. »

Samuel : « Mais on a bien vu qu’il se forçait. »

Yann : « Alors on a tous crié ensemble : ‘Bonjour blongios !’ »

Léo : « Il a souri et il est retourné dans les roseaux. Il voulait quand même nous montrer qu’il était un peu fâché. »

Max : « Notre grand dadais a complètement oublié qu’il était notre foto-reporter et voilà tout ce qu’on peut présenter comme fotos de blongios… »

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Blongios nain (Ixobrychus minutus, Ardéidés)

Léo : « Oui mais on a quand même des fotos et puis surtout on a vu nos amis et ça fait rudement plaisir. »

Yann : « Je suis ravi de leur avoir été présenté. »

Max : « Je suis ravi d’être ami avec blongios. »

Samuel : « Je signale que le blongios de Royaume de Rien du Tout est lui aussi passé nous voir. »

Max : « Mais il s’est pas arrêté pour papoter. »

Yann : « Trop de trucs de blongios à faire… »

Samuel : « Je pense que je peux conclure ce sous-article. En conclusion, je dirais que les Ardéidés sont de bien beaux zoisos. »

Max : « Nous voici arrivés au terme de notre inventaire des zoisos du printemps. »

Léo : « C’est pas très malin parce que le printemps est même pas terminé et on a pas encore vu tous les estivants ! »

Samuel : « C’est sûr… Quand je pense aux pies-grièches écorcheurs du Royaume des Milans… Leurs arbustes préférés ont été rasés. »

Max : « Il va falloir trouver où elles sont allées… Nous vous tiendrons au courant de nos futures inspections dans un éventuel sous-article de complément. »

Yann : « Dites, c’est normal que je me sente un peu triste de clore cette édition ? »

Léo : « Oui Yann. Et tu vas ressentir une grosse fatigue. »

Samuel : « En général, on se fait une courte déprime à la fin d’un direct-différé. »

Max : « Surtout après une aussi longue édition. Chers lecteurs, nous vous remercions de nous avoir suivi et nous vous disons : »

Samuel : « A bientôt ! »

Continuer la promenade

Les Charadriiformes (2) – Laridés

Léo au Grand Étang

Léo : « Bonjour à tous ! C’est depuis le Grand Observatoire du Grand Étang que je vous présente cette édition spéciale Laridés puisque c’est là que nous en avons le plus observés. »

Max : « Cher Léo nous savons que vous aimez beaucoup les Laridés mais je vous demande de pas vous emballer et de rester à un niveau compréhensible par nos lecteurs s’il vous plaît. »

Léo : « Cher Max je pense que vous me surestimez 🙂 J’aime, il est vrai, beaucoup les Laridés et j’accepte volontiers que vous me qualifiiez de laridophile mais mon niveau de connaissances est pas si élevé que vous le redoutez. Je vais tâcher de rester compréhensible. »

Max : « Merci mon cher Léo. »

Léo : « Les Laridés… Il s’agit là d’une famille qui compte de très nombreuses espèces en de nombreux genres. Il est dommage que le commun des mortels y voit que des mouettes même si c’est par ce groupe que je vais commencer et plus particulièrement par la mouette rieuse. Vous la connaissez certainement. »

Samuel : « Je précise que les mouettes c’est pas qu’à la mer 🙂 »

Léo : « Ça c’est sûr 🙂 Voici donc des mouettes rieuses. »

Samuel : « Chroicocephalus ridibundus, Laridés. »

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Léo : « Il y a là des adultes et des sub-adultes nuptiaux. »

Yann : « Qu’entendez-vous pas sub-adultes cher Léo ? »

Léo : « Ce sont des individus nés l’an dernier. Il sont pas encore tout à fait terminés comme le montre les plumes plus foncées sur le bord de l’aile. Comme vous pouvez le voir, les ailes sont d’un beau gris homogène chez les vrais adultes 🙂 En plumage nuptial la tête se teinte de brun-chocolat alors qu’en internuptial il y a juste une tache sombre en arrière de l’œil. Sur la foto suivante quelques individus dorment la tête sous l’aile pendant qu’un autre crie et on sait même pas pourquoi. »

Samuel : « Il doit s’appeler Max 🙂 »

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Léo : « Sur la diapo suivante vous pourrez voir un sub-adulte. »

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Léo : « Remarquez la répartition du brun-chocolat sur la tête. En arrière, il descend pas jusqu’au cou. Pour faire simple, il sépare le lobe occipital du reste du crane. »

Max : « C’est simple ça ? »

Léo : « L’arrière de la tête est pas brun-chocolat 🙂 Un zoiso est fait pour voler ! Voici donc une mouette rieuse en vol. »

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Yann : « Rhooo ! »

Léo : « Merci pour elle cher Yann 🙂 Vous remarquerez qu’en vol l’aile est pas entièrement grise. Les dernière rémiges primaires sont blanches et presque toutes les primaires se terminent par un miroir noir. »

Max : « Léo ! J’ai dit simple ! Tu crois que tous mes lecteurs connaissent les rémiges primaires et les miroirs ? »

Léo : « Avec une illustration ce sera plus simple. »

Léo : « Les rémiges sont les grandes plumes du vol. Un miroir c’est comme une tache mais on dit pas tache on dit miroir. »

Yann : « C’est bien : j’apprends des choses 🙂 »

Samuel : « Si tu écoutes bien tu vas être fort en Laridés. Cousin Léo connaît vraiment bien ces zoisos. »

Max : « Chuuuut ! »

Léo : « 🙂 Voici deux autres fotos de mouette rieuse en vol pour le plaisir. »

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Léo : « Les mouettes rieuses sont nicheuses dans la région. Ça veut dire qu’elles font des œufs et qu’ensuite elles ont des poussins. Les nids peuvent être directement au sol ou bien sur des barges quand il y en a et qu’elles sont pas occupées par les sternes pierregarins. »

Léo : « Quand cousin Léo parle de barges, il parle de radeaux en bois et pas des barges zoisos du genre Limosa qui sont des Scolopacidés 🙂 »

Max : « J’imagine mal une barge à queue noire ou une barge rousse laisser un couple de mouettes faire son nid sur son dos 🙂 »

Léo : « Les Laridés défendent leur nid bec et griffes. Sur les images suivantes vous allez voir un couple de mouettes rieuses qui s’en prend à un pauvre cygne tuberculé qui a eu le tort de s’approcher un peu trop de la berge où se trouve leur nid. »

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Mouette rieuse (Chroicocéphalus ridibundus, Laridés)

Léo : « J’en dirais pas plus sur les mouettes rieuses car elles sont vraiment fréquentes dans la région. L’hiver, il y en a dans la rue où bonome laisse sa monture pour aller à la schola. Il est pas rare d’en voir planer au-dessus de la schola pendant les cours 🙂 Passons à une autre espèce de mouette un peu plus rare mais quand même fréquente. Mais pas trop quand même… Disons qu’il est pas surprenant d’en voir dans la région. Il s’agit des mouettes mélanocéphales. »

Samuel : « Larus melanocephalus, Laridés. »

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Yann : « De bien beaux zoisos 🙂 »

Max : « Yann, tu sais bien que tous les zoisos c’est un beau zoiso 🙂 »

Léo : « Les mélanocéphales ont, comme leur nom l’indique, la tête noire. Vous pouvez également voir qu’il y a presque pas de noir vers l’arrière du corps. Le noir de la tête descend bien jusqu’au cou. Elles ont une cagoule noire complète 🙂 Cela permet de bien les distinguer des rieuses même de loin. »

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Léo : « Le bec est bien rouge. Si on observe bien une rieuse on voit que le bec est rouge également mais il paraît plutôt noir de loin. Les deux fotos suivantes vont vous permettre de bien comparer les deux espèces. »

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Léo : « Sur cette première foto les mélanos sont en compagnie d’une rieuse sub-adulte qui a pas encore son capuchon brun-chocolat nuptial. »

Max : « Léo, pourrais-tu cesser de parler de chocolat. Tu me donnes faim. »

Léo : « J’y peux rien moi si les mouettes rieuses nuptiales ont un capuchon brun-cho-co-lat 🙂 Sur la foto suivante, une rieuse est au premier plan. »

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Léo : « Vous pouvez noter la différence de couleur entre ces deux capuchons et aussi la différence de répartition. Je répète : le capuchon brun-chocolat des rieuses descend pas sur le cou. Chez les mélanos, il descend clairement. »

Yann (à Samuel) : « Il explique bien. Je comprends tout ! »

Léo : « Deux autres fotos juste pour le plaisir. »

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Léo : « Un jour nous vîmes arriver un groupe de quatre ou cinq individus de mélanos. Les premières posées regardèrent avec commisération leur copine handicapée se poser. »

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)
Mouette mélanocéphale (Larus mélanocephalus, Laridés)

Yann : « La pôôôvre… »

Léo : « Malheureusement nous avions pas sur nous de prothèse adaptée et il nous a fallu la laisser comme çela. Apparemment, la blessure est ancienne et bien cicatrisée ce qui laisse penser que cette mélano va bien malgré tout. Passons à la suite qui fût une bien belle surprise. Je vous montre 🙂 »

Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)

Léo : « Vous la reconnaissez ? Non ? Il faut dire que c’est une espèce rare dans la région. »

Yann : « C’est surtout qu’elles étaient à 300 mètres ces mouettes ! Je sais même pas comment tu as fait pour les voir ! »

Samuel : « Cousin Léo s’est pas contenté de les voir. Il les as reconnues 🙂 »

Léo : « Il s’agit de notre premier contact avec des mouettes pygmées 🙂 »

Samuel : « Hydrocoloeus minutus, Laridés. »

Léo : « C’est d’ailleurs la seule espèce du genre Hydrocoloeus. Il a été séparé il y a peu du genre Larus mais je sais pas pourquoi. Voici deux autres fotos de mouette pygmée. »

Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)

Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)

Léo : « Elle passe au-dessus d’une rieuse ce qui permet de comparer. On voit bien que la pygmée est plus petite que la rieuse et surtout que la face inférieure des ailes est sombre presque noire. La mouette pygmée vit plutôt en Europe Centrale et un peu en Scandinavie ce qui fait qu’on se demande pourquoi elles sont parfois signalées dans la région. »

Yann : « Peut-être qu’elles aussi vont en vacances en Bretagne 🙂 »

Samuel : « Ce serait une halte sur leur route 🙂 »

Léo : « Si vous êtes dissipés Maxou va vous gronder… »

Max : « Kechkia Maxou ? »

Samuel : « Rhooo non ! Il est allé se goinfrer de chocolat en plein direct-différé ! »

Max : « Ch’est la faute de Léo qui fait rien qu’à parler de chocolat ! »

Léo : « Passons… Voici deux autres fotos de cette pygmée qui va ahétanhir près de sa copine. »

Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)

Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)

Léo : « Et puis trois autres fotos d’une pygmée qui se nourrit en volant au raz de l’eau. »

Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)

Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)
Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus, Laridés)

Samuel : « J’en reviens pas quand même ! Des mouettes pygmées ! »

Yann : « Elles sont rares ? »

Léo : « Ah bah plutôt ! Moins que la mouette de Sabine que nous avons vu je sais plus quand mais quand même. »

Samuel : « On peut mettre une ou deux fotos de la mouette de Sabine ? »

Léo : « Si tu veux petit Sam. »

Mouette de Sabine (Xema sabini, Laridés)

Mouette de Sabine (Xema sabini, Laridés)

Mouette de Sabine (Xema sabini, Laridés)

Mouette de Sabine (Xema sabini, Laridés)

Mouette de Sabine (Xema sabini, Laridés)

Mouette de Sabine (Xema sabini, Laridés)

La mouette de Sabine

Max : « Au point où on en est mettons aussi des fotos des tridactyles du Cap Fréhel 🙂 »

Mouette tridactyle (Rissa tridactyla, Laridés)

Mouette tridactyle (Rissa tridactyla, Laridés)

Léo : « Pour en terminer avec les mouettes je dirais que nous allons pas tarder à voir des juvéniles 🙂 »

Samuel : « Ici on voit pas les poussins. »

Léo : « Merci pour cette précision petit Sam. Passons aux goélands qui sont bien souvent confondus avec les mouettes. Il y a également beaucoup d’espèces de goélands. Dans la région quatre d’entre elles sont relativement fréquentes. En nombre d’individus se sont les goélands leucophées qui dominent. »

Yann : « Je commence à bien retenir les goélands. »

Léo : « La difficulté avec les goélands c’est qu’ils peuvent avoir quatre classes d’âge ce qui veut dire que chez certaines espèces le plumage change quatre fois. »

Yann : « Ah oui 🙂 Ça je retiens moins bien 🙂 »

Léo : « Voici un goéland leucophée adulte. »

Samuel : « Larus michaellis, Laridés. »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Léo : « Son dos et ses ailes sont d’un gris relativement clair et ses pattes sont jaunes. Vous remarquerez tout seul qu’un goéland ressemble beaucoup à une mouette mais en plus grand et avec le bec plus fort. »

Samuel : « D’ailleurs la mouette mélanocéphale appartient elle aussi au genre Larus. Et puis les rieuses aussi. Mais pas partout 🙂 »

Yann : « Comment ça ? »

Samuel : « En France, elle est classée dans le genre Chroicocephalus. Mais il y a quelques mois, cousin Max a envoyé des fotos de rieuses baguées au responsable néerlandais du programme de baguage pour donner les infos. La fiche biographique que cousin Max a reçu parle bien de Larus ridibundus. »

Yann : « On dit pas pareil dans tous les pays ? »

Max : « Ben apparemment non. »

Léo : « Revenons au leucophée. Voici deux autres fotos d’adulte en pleine toilette. »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Max : « Les zoisos ça fait souvent sa toilette 🙂 »

Yann : « Maaax ! »

Samuel : « Chuuuut ! »

Léo : « Je vais maintenant essayer de vous montrer les trois plumages qui précédent ce plumage adulte. Le problème est que dans les livres ils montrent toujours les plumages d’hiver et là on est au printemps. Le plus simple est de remonter le temps. Commençons pas cette foto. »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Léo : « L’individu qui se gratte avec le bec est un adulte. Au premier plan, on voit un individu ayant encore des plumes grises et un bec pas bien jaune. Il a une année de moins. On va parler, si je dis pas des erreurs, d’individu de troisième année civile 3A. En voici un autre… »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Léo : « Remontons encore le temps. »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Léo : « Vous avez repéré vous même le 3A. Juste à côté il y a un individu au plumage beaucoup plus composite mais qui comporte quand même du gris. Il a encore une année de moins. C’est donc probablement un individu de deuxième année civile 2A. En voici deux isolés. »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Léo : « Le suivant est donc un individu… Zutalor : Je me suis trompé ! Si il a un an il est dans sa deuxième année civile ! Pfff… »

Yann : « C’est vrai que c’est un peu compliqué. »

Léo : « Bon, on va dire qu’il a presqu’un an 🙂 »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Léo : « Voici un court résumé en image de ce que je viens de tenter de vous expliquer. »

Goéland leucophée (Larus michaellis, Laridés)

Léo : « Le problème est qu’entre espèces les juvéniles se ressemblent plus au moins. Quand ils sont tout mélangés c’est vite compliqué. »

Samuel : « Je trouve que tu t’en sors très bien cousin Léo. »

Léo : « Merci petit Sam. Mais c’est parce qu’ici il y a presque que des leucophées. Toutefois, il peut arriver de croiser quelques goélands bruns. »

Samuel : « Larus fuscus, Laridés. »

Léo : « Il a lui aussi les pattes jaunes mais son dos et ses ailes sont d’un gris plus sombre. »

Goéland brun (Larus fuscus, Laridés)

Léo : « Le suivant doit être un an plus jeune ce qui expliquerait la différence de coloration du bec et le gris un peu lavé du dos et des ailes. »

Goéland brun (Larus fuscus, Laridés)

Goéland brun (Larus fuscus, Laridés)

Léo : « Sur les fotos suivantes il y a un brun adulte et deux 3A. L’immature en arrière-plan est probablement un leucophée 2A. »

Goéland brun (Larus fuscus, Laridés)

Goéland brun (Larus fuscus, Laridés)
Goéland brun (Larus fuscus, Laridés)

Léo : « Le dernier, si c’est bien un goéland brun, aurait deux ans. Voilà pour les goélands. »

Samuel : « Cousin Léo, m’autorises-tu un petit ajout ? »

Léo : « Bien sûr petit Sam. »

Samuel : « Je voudrais signaler la présence de goélands argentés, Larus argentatus, dans le quartier de la schola. On les voit pendant les cours et les récréations. Même que parfois bonome fait taire ses élèves pour les écouter crier 🙂 »

Léo : « C’est tout à fait exact petit Sam. Nous supposons qu’ils nichent sur le clocher de l’église mais comme nous pouvons pas y accéder… »

Max : « Je veux bien faire l’escalade jusque là-haut pour voir moi. »

Léo : « Non Max ! Tu fais pas l’escalade sur le clocher de l’église ! On fait pas l’escalade sur une église ! »

Samuel : « Et puis, une fois là-haut, les poussins te prendraient pour leur repas. »

Yann : « Ça m’embêterait de perdre un cousin. Même si c’est pour nourrir un bébé goéland argenté. »

Max : « D’accord. Alors on saura pas si les argentés nichent sur l’église. »

Léo : « C’est sûr l’église ou la mairie. »

Samuel : « Plutôt l’église. »

Léo : « Je crois aussi. »

Yann : « J’aime bien les voir planer pendant les cours mais du coup je suis plus ce qu’enseigne cousin Max. »

Max : « Je vais devoir sévir si tu m’écoutes pas Yann. »

Léo : « Puis-je reprendre ? »

Samuel : « Bien sûr cousin Léo. »

Léo : « J’en arrive aux sternes pierregarins. Elles nichent un peu partout. Il faut dire que les zoms de la région sont plutôt gentils avec elles puisqu’ils leur ont donné des barges. »

Samuel : « Elles sont parfois colonisés par les mouettes rieuses. »

Léo : « Je pense pas. Les barges sur lesquelles s’installent les mouettes rieuses sont pas aménagées de la même façon. Déjà il y a du grillage autour et des abris dessus. Les barges des sternes ont pas besoin d’être protégées et à part des cailloux il y a rien dessus. Je vous montrerai un exemple dans quelques instants. Je vais commencer par quelques fotos de sternes pierregarins en vol. »

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Léo : « Bonome a profité de la lumière du matin pour réussir des fotos de sternes pierregarins en vol 🙂 Il s’agit là du couple qui niche quelques part au Refuge du Pré. Il y en a d’autres au Grand Étang. Elles ont des barges à elles mais elles sont trop loin pour qu’on les observe. »

Max : « Même avec le super-méga-zoom. »

Léo : « C’est au Royaume des Bernaches qu’il nous est le plus facile d’observer les sternes pierregarins. Je précise à chaque fois pierregarins car c’est la seule espèce de sternes que nous voyons dans la région. Il arrive qu’une sterne arctique soit signalée. Ou bien un sterne naine ou encore quelques caugeks. Mais c’est rare. Voici la barge du Royaume des Bernaches. Observez bien. »

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Léo : « Observez mieux que ça voyons ! »

Max : « Ils ont pas vu ? »

Léo : « Si ils avaient vu on aurait entendu des ‘rhooo !’ »

Samuel : « Ils voient rien du tout ces lecteurs ! »

Léo : « Vous voyez pas les poussins ? Je remets la foto ! »

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Léo : « Ce jour là il faisait beau alors les poussins prenaient le soleil. Ils avaient que quelques jours ces petits. Le lendemain, il faisait beaucoup moins chaud et les parents protégeaient leurs petits. »

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Léo : « Avez-vous vu l’aménagement de la barge ? Des cailloux et c’est tout 🙂 Je vous conseille pas de vous approcher de cette barge sans casque. Les parents vous harcèleraient à coup de bec ! »

Samuel : « Tu parles pas des trous dans les bords cousin Léo ? »

Léo : « C’est un peu hors sujet mais je veux bien. Ces cavités peuvent accueillir des zoisos semi-cavernicoles. Ici ce sont surtout les bergeronnettes grises. Mais seulement si les sternes pierregarins sont d’accord ou parties 🙂 Voici d’autres fotos de sternes pierregarins prises au Royaume de Rien du Tout. »

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)
Sterne pierregarin (Sterna hirundo, Laridés)

Samuel : « Il porte mal son nom ce Royaume. C’est quand même là qu’on a vu les panures à moustaches ! »

Max : « C’est vrai 🙂 »

Léo : « Et bien d’autres zoisos dont des grébas 🙂 C’est tout pour les sternes pierregarins. Passons donc aux guifettes. La plus fréquente est la guifette noire. Depuis que nous inspectons le Pays des Zoisos, nous en voyant chaque année au Grand Étang aux environs du premier mai. »

Max : « Elles passent à date fixe 🙂 »

Léo : « Cette année elles étaient un peu en avance et elles sont restées un peu plus longtemps que d’habitude. Elles ont été signalées pendant environ un mois entre le 22 avril et les environs du 22 mai. »

Yann : « Il faudrait peut-être montrer ces guifettes noires. »

Léo : « J’y arrivais cher Yann 🙂 »

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)
Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)
Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)
Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Léo : « J’ai mis toutes les fotos d’un coup pour mieux vous montrer 🙂 Là, une guifette noire est en compagnie d’une mouette rieuse. »

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Guifette noire (Chlidonias niger, Laridés)

Max : « Alors ? Ça vous plaît les Laridés ? On voit pas de beaux zoisos nous ? »

Samuel : « 🙂 »

Léo : « Et c’est même pas terminé ! »

Yann : « Oui ben la dernière espèce je l’ai toujours pas vue moi ! Comment tu as fait pour la repérer Léo ? On le voyait à peine ce zoiso tellement il était loin ! »

Léo : « Alors… On en a déjà vu mais je me souviens plus quand. »

Samuel : « D’après mes fiches c’était le 23 avril 2019. »

Léo : « C’est vrai ? Alors elles aussi sont très régulières puisque nous les avons vues le 22 avril 🙂 »

Yann : « Tu as toujours pas dit de qui tu parlais Léo. »

Léo : « C’est pour faire durer le suspense 🙂 Je montre les deux seules fotos que nous avons. »

Guifette moustac (Chlidonias hybrida, Laridés)

Guifette moustac (Chlidonias hybrida, Laridés)

Yann : « Même avec le super-méga-zoom on voit à peine ce zoiso ! »

Léo : « C’est pas complètement tout zoomé. Bonome est monté à 2200 mm seulement. Il est pas à 3000 mm. C’est pas possible en vol. »

Max : « Je sais pas si mes lecteurs comprennent bien 2200 ou 3000 mm. Disons que l’appareil-foto de bonome se rapproche plus du télescope Hubble que d’un appareil foto ordinaire 🙂 »

Samuel : « Les autres fotoeurs ont, au maximum, un 600 mm 🙂 »

Léo : « Mais leur capteur est bien meilleur quand même. »

Max : « Oui Léo mais tu connais un autre fotoeur qui aurait pu fotoer cette guifette moustac à cette distance ? »

Léo : « Ben non 🙂 Il s’agit effectivement d’une guifette moustac. Apparemment il y en avait trois. Elles sont restées environ une semaine au Grand Étang. »

Samuel : « Les cousins, vous savez bien que c’est pas parce qu’un zoiso est pas signalé qu’il est pas là ! Peut-être qu’il y avait pas d’observateurs ou alors le zoiso s’est pas montré ou bien encore les observateurs présents étaient pas assez aguerris pour trouver les moustacs. »

Léo : « Sans parler de ceux qui utilisent Faune IDF pour savoir ou sont les zoisos mais qui transmettent jamais de données ! »

Max : « Toujours est-il qu’on a encore vu des moustacs ! Déjà c’est pas tout le monde qui en voit alors c’est encore moins tout le monde qui en a revu 🙂 »

Yann : « Dis moi comment tu as fais pour repérer ce zoiso d’aussi loin Léo. »

Léo : « Ben… Quand on l’a rencontré la première fois, on l’a pas reconnu tout de suite. Comme là, il y avait des pierregarins et des guifettes noires. Et puis j’ai vu un puis deux zoisos qui volaient pas tout à fait comme les sternes pierregarins même si ils ressemblaient de loin. Alors j’ai mieux observé. Leur vol était un tout petit peu plus lent et un peu moins acrobatique avec moins de changements brusques de direction. J’ai continué à observer et, même de très loin, j’ai vu que la silhouette était un peu plus massive et sans les filets derrière. J’ai demandé à bonome pour fotoer et j’ai reconnu une moustac. »

Max : « Il faut dire qu’après elles sont venues tout prêt. On a pu faire de belles fotos malgré le temps gris. »

Samuel : « On en montre ? »

Max : « Oui petit Sam. »

Guifette moustac (Chlidonias hybrida, Laridés)

Guifette moustac (Chlidonias hybrida, Laridés)

Léo : « Pour terminer cet article je vous montre une foto agrandie de la moustac. On la reconnaît bien non ? »

Guifette moustac (Chlidonias hybrida, Laridés)

Léo : « Voilà ! Ce sous-article est maintenant terminé. Nous espérons que vous l’avez apprécié et nous vous donnons rendez-vous dans le sous-article suivant qui sera le dernier de la série. »

Max : « A tout de suite ! »

Continuer la promenade

Les Charadriiformes (1) – Charadrii

Yann au Grand Étang

Yann : « Bonjour à tous ! Les cousins ont décidé que c’est moi qui présenterait cette première partie des Charadriiformes que nous avons rencontrés au cours de nos inspections printanières. Nous les avons presque tous vu au Grand Étang. Apparemment, il y a eu de bien belles surprises mais je peux pas savoir puisque je découvre ce site. Je compte sur Max, Léo et petit Sam pour venir à mon secours quand il s’agira de préciser la fréquence des différentes espèces. »

Max : « Pas d’inquiétude Yann. Petit Sam va consulter ses fiches 🙂 »

Yann : « J’ai pas bien compris comment on définit un Charadriiformes mais j’ai retenu qu’ils comprennent les Charadriidés, les Scolopacidés et les Récurvirostridés. Il y a également les Haematopodidés mais on a pas vu d’huîtriers-pies. C’est dommage parce lui je le connaissais déjà 🙂 »

Léo : « Lui, on l’a jamais vu dans la région même si on le connaît bien. »

Max : « Dans mon beau livre de zoisos, ça commence par les Charadriidés. »

Yann : « Merci pour ce rappel Maxou. Les Charadriidés ce sont les gravelots du genre Charadrius. Nous avons croisé quelques petits gravelots. En ce début de printemps, un champ proche du Pré aux Joncs était tout inondé et accueillait quelques espèces appréciant avoir les pattes dans l’eau. Certains les appellent les Limicoles mais Léo aime pas du tout ce mot. »

Léo : « Limicoles… Déjà que nous avons parlé d’Amphibiens et de Reptiles… »

Max : « Limicole a une définition très ancienne. On plaçait dans ce groupe qui en est pas un les zoisos aimant avoir les pattes dans l’eau. Mais il y a des tas de zoisos qui aiment les pattes dans l’eau. C’est pas suffisant comme définition ! »

Samuel : « Limicole doit vouloir dire : ‘Qui aime le limon ou la vase’. »

Max : « Oui ben les mouettes aussi aiment être sur les bords des plans d’eau et ça fait pas d’elles des limicoles ! »

Yann : « Fermons cette parenthèse et présentant quelques fotos de petits gravelots. Là, ce sont ceux du Pré aux Joncs. »

Petit gravelot (Charadrius dubius, Charadriidés)

Yann : « Un jour nous en avons vu quatre. Peut-être cinq. Nous supposons qu’il y avait deux couples. Léo pense que les deux individus de la foto sont des mâles qui s’intimident parce qu’ils ont pas envie de partager le même territoire. Le problème est que le champ s’est asséché et qu’ils ont dû aller ailleurs pour nidifier. Les petits gravelots sont en effet des nicheurs peu fréquents. Voici d’autres fotos prises au même endroit. »

Petit gravelot (Charadrius dubius, Charadriidés)

Petit gravelot (Charadrius dubius, Charadriidés)

Petit gravelot (Charadrius dubius, Charadriidés)
Petit gravelot (Charadrius dubius, Charadriidés)

Yann : « Plus tard, nous en vîmes au Grand Étang ce qui est apparemment habituel. »

Samuel : « Je dirais même qu’ils sont en retard cette année. »

Max : « C’est à cause du niveau d’eau qui est trop haut. Ils peuvent pas nicher sur la grande plage qui se situe en face du Grand Observatoire. »

Léo : « Précisons que les nids des petits gravelots sont très frustres. Ce sont de simples trous dans le sol à peine aménagés. »

Yann : « Voici un petit gravelot du Grand Étang. »

Petit gravelot (Charadrius dubius, Charadriidés)

Samuel : « Cousin Yann a pas donné le nom d’espèce du petit gravelot. C’est Charadrius dubius et c’est bien évidemment un Charadriidé. »

Yann : « Je connais pas encore les noms en scientifique mais sachez que petit Sam m’aide beaucoup pour les apprendre 🙂 Comme autre gravelot, il y a le grand. Charadrius hia… hiaticulata ! D’après le nombre de ‘Rhoooo !’ ‘Rholala !’ et ‘ La chaaance !’ que mes chers cousins ont proféré je suppose qu’il est plutôt rare dans la région 🙂 »

Max : « C’était la première fois qu’on en voyait dans la région Yann ! »

Léo : « Trois d’un coup ! »

Samuel : « Et vlan ! Les grands gravelots ! »

Max : « J’oserais même dire que nous avons réussi le ‘Gravelot Challenge’ et je pensais même pas que c’était possible en Île de France ! »

Léo : « C’est facile en Charentmaritimie mais pas ici ! Rholala ! »

Yann : « Comme vous pouvez le voir Léo recommence à rholalaer 🙂 Je propose que nous passions aux fotos de ce beau zoiso. »

Grand gravelot (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)

Grand gravelot (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)

Grand gravelot (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)

Grand gravelot (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)
Grand gravelot (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)

Yann : « Restons dans l’ambiance des ‘Rholala rhooo la chance’ avec un autre zoiso qui nous fait entrer dans la famille des Scolopacidés. Il s’agit du tournepierre à collier que mes chers cousins appellent Pierre Petit-Pierre selon l’habitude qu’ils ont de donner des surnoms aux zoisos 🙂 »

Max : « Encore une première pour nous dans la région ! »

Léo : « C’est pas tous les jours qu’il est signalé lui ! Rholala ! »

Samuel : « En plus il était en plumage nuptial ! »

Yann : « C’est ce que j’ai cru comprendre. Voici donc ce cher Pierre Petit-Pierre 🙂 Je précise que bonome, qui est fou dans sa tête, en a fait environ 380 fotos pour être sûr d’en avoir quelques unes présentables. »

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Tournepierre à collier (Arenaria interpres, Scolopacidés)

Yann : « J’ai volontairement mis beaucoup de fotos pour faire honneur à ce zoiso rare. »

Samuel : « Cousin Yann, tu te rends pas bien compte mais pour le moment on se croirait plutôt en Charentmaritimie qu’en Île de France. »

Léo : « Moi je pense que comme on peut pas aller là-bas, les zoisos passent nous voir ici. »

Max : « Cette hypothèse se défend. »

Samuel : « Oui… Ou alors c’est parce qu’il pleut et qu’il y a du vent alors les migrateurs retardataires font des pauses pour reprendre des forces. »

Léo : « C’est possible aussi mais cette hypothèse me plaît moins. Elle est trop raisonnable. »

Yann : « Vous pensez que les zoisos passeraient vous voir ? »

Max : « Yann, il y a pas beaucoup de petizours naturalistes qui inspectent le Pays des Zoisos en compagnie d’un grand chevalier alors c’est possible qu’ils soient curieux de voir ça les zoisos. »

Yann : « Ça m’étonnerait même pas 🙂 Tiens, Maxou puisque tu parles d’un chevalier passons aux chevaliers 🙂 »

Max : « Bonome c’est un grand chevalier mais c’est pas un Scolopacidé 🙂 »

Yann : « 🙂 D’après ce que j’ai compris pendant ces quelques semaines, le plus fréquent des chevaliers est le guignette. Vous le saluez cordialement mais vous faites aucun commentaire particulier à son sujet. J’en déduis que vous le voyez souvent. »

Samuel : « Oui. Il est effectivement commun. »

Yann : « En voici quand même quelques fotos… »

Chevalier guignette (Actitis hypoleucos, Scolopacidés)
Chevalier guignette (Actitis hypoleucos, Scolopacidés)
Chevalier guignette (Actitis hypoleucos, Scolopacidés)

Yann : « Il me semble que c’est le plus petit des chevaliers que nous avons vus. Il a l’habitude d’agiter sa queue de haut en bas et de bas en haut et le blanc qui remonte en avant de ses ailes et assez caractéristique. »

Samuel : « Tu as bien retenu cousin Yann. »

Yann : « Merci petit cousin. Il faut faire attention à pas le confondre avec le chevalier culblanc que voici. »

Chevalier culblanc (Tringa ochropus, Scolopacidés)

Yann : « Là, ils sont dans le champ inondé du Pré aux Joncs. Mais nous en vîmes également au Grand Étang. Vous savez combien d’espèces vous avez observées au Grand Étang ? »

Samuel : « Je consulte mes fiches… 145 ! Nous avons contacté 145 sur les 236 qui y ont été recensées. »

Yann : « 145 espèces en un seul lieu ? Tout ça ! »

Max : « J’y avais jamais pensé mais c’est vrai que ça fait beaucoup 🙂 »

Léo : « Surtout que nous avons vu que 190 espèces au total en Île de France. »

Yann : « ‘Que’ 190 espèces ?! Léo, je crois que tu vas pas bien dans ta tête toi non plus… »

Léo : « Il en reste tellement à voir… »

Yann : « Je préfère revenir au chevalier culblanc. Lui aussi fréquente le Grand Étang. »

Chevalier culblanc (Tringa ochropus, Scolopacidés)

Chevalier culblanc (Tringa ochropus, Scolopacidés)

Yann : « Il s’agite un peu comme le guignette mais il est plus gris que brun et, quand on le voit bien, on peut voir qu’il est tacheté de blanc. Et puis il y a pas de blanc qui remonte en avant de l’aile. Petit Sam, peux-tu me rappeler les noms de ces deux chevaliers s’il te plaît ? »

Samuel : « Bien sûr cousin Yann. Actitis hypoleucos et Tringa ochropus. »

Yann : « Merci petit Sam. Chose étrange, seul le guignette appartient au genre Actitis. Les autres chevaliers appartiennent au genre Tringa. Comme autre chevalier il y a le gambette. Le premier que je vis était lui aussi dans le champs inondé du Pré aux Joncs. »

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Yann : « Mais nous eûmes l’occasion d’en voir plus et de plus près au Grand Étang. »

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Yann : « Si je me souviens bien nous en avons vu lors de presque tous nos passages et il était pas rare de voir deux ou trois individus. Ils se nourrissaient et faisaient leur toilette ou bien s’étiraient comme sur cette foto. »

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Max : « Je rappelle qu’ils sont en halte migratoire et qu’ils sont là pour reprendre des forces et se reposer. »

Samuel : « Le gambette s’appelle Tringa totanus en scientifique. »

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Chevalier gambette (Tringa totanus, Scolopacidés)

Yann : « Si j’ai bien compris ces chevaliers sont pas courants mais il y a rien d’exceptionnel à les voir. »

Max : « C’est un peu ça mais ça fait quand même plaisir 🙂 »

Yann : « Le suivant a pas suscité de grandes exclamations mais j’ai bien vu que vous étiez quand même ravis de le voir. Lui aussi est de passage. Il s’agit du chevalier aboyeur que vous surnommez affectueusement le chevalier ouaf-ouaf. »

Léo : « C’est à cause de Brindille 🙂 »

Max : « Pfff ! On a même pas de nouvelles. On la voit plus jamais. On sait même pas comment va Arthur. »

Yann : « Arthur ? »

Léo : « Arthur c’est le petitours de Brindille. Il est pas vraiment naturaliste mais il aime beaucoup la nature et les zoisos. Brindille aussi d’ailleurs. »

Max : « Mais elle donne pas de ses nouvelles… »

Samuel : « Cousin Yann, je propose que tu reviennes au chevalier ouaf-ouaf. »

Yann : « Oui petit Sam ! Il est plus élancé que les précédents. Son plumage est gris tacheté de blanc et de brun et il se reconnaît bien à son bec légèrement incurvé vers le haut. Bonome dit qu’il a l’air bien peigné. C’est vrai qu’on a l’impression que ses plumes sont peignées vers l’arrière et que ça fait comme une raie le long de l’axe du corps. Voici quelques fotos de ce beau chevalier. »

Chevalier aboyeur (Tringa nebularia, Scolopacidés)

Chevalier aboyeur (Tringa nebularia, Scolopacidés)

Chevalier aboyeur (Tringa nebularia, Scolopacidés)

Chevalier aboyeur (Tringa nebularia, Scolopacidés)
Chevalier aboyeur (Tringa nebularia, Scolopacidés)

Chevalier aboyeur (Tringa nebularia, Scolopacidés)

Chevalier aboyeur (Tringa nebularia, Scolopacidés)

Yann : « Et puis il y a eu le chevalier Sylvain. Je me souviens que vous étiez tristes de pas l’avoir vu lui. Un jour, en arrivant au Grand Observatoire, c’est le premier zoiso que vous avez vu et ça a fait apparaître un grand sourire sur vos visages 🙂 »

Max : « Sylvain, il est rare. On le voit pas toujours. »

Samuel : « Tringa glareola. J’ai pas dit pour le ouaf-ouaf : Tringa nebularia. »

Yann : « On l’a vu deux fois non ? »

Max : « Oui Yann. Première fois il y avait deux individus puis un seul. »

Chevalier sylvain (Tringa glareola, Scolopacidés)

Chevalier sylvain (Tringa glareola, Scolopacidés)

Chevalier sylvain (Tringa glareola, Scolopacidés)

Chevalier sylvain (Tringa glareola, Scolopacidés)

Léo : « Ces chevaliers, on les voit chaque année mais pas en une si courte période ! »

Yann : « Surtout que c’est pas fini ! Il en reste un ! Et d’après vos ‘Rholala rhooo la chaaance !’ c’était une rencontre inespérée. »

Max : « Yann, un chevalier arlequin ! Tu peux pas te rendre compte encore mais tu verras. Tu t’en souviendras de cet arlequin. »

Samuel : « Tringa erythropus. »

Yann : « Je préviens tes lecteurs qu’il était très loin et que je sais même pas comment vous l’avez vu. »

Chevalier arlequin (Tringa erythropus, Scolopacidés)

Léo : « Je suis d’accord avec vous lecteurs. C’est pas la foto du siècle. Mais vous en avez vu souvent des arlequins dans la région vous ? »

Max : « Si vous avez bien suivi vous savez que nous avons vu les six espèces de chevaliers au même endroit en environ un mois. C’est un ‘Chevaliers Challenge’ ou pas ? »

Léo : « Ben pour un Challenge, normalement il y a la règle des deux unités : unité de lieu et unité de temps. Mais on a quand même vu les six espèces au même endroit dans un délai relativement court. »

Yann : « En deux ou trois semaines. »

Samuel : « Je pense qu’on peut parler de ‘Chevaliers Challenge’. »

Max : « Alors si petit Sam le pense : ‘Chevaliers Challenge’ réussi ! »

Yann : « ‘Gravelots Challenge’ réussi aussi ! Et en plus on a même pas fini ! Il y a eux ! »

Combattants variés (Philomachus pugnax, Scolopacidés)

Yann : « Ce sont des combattants variés : Philomachux pugnax si je dis pas une erreur. »

Samuel : « Tu dis pas une erreur cousin Yann. »

Yann : « Il y en a eu pendant une ou deux semaines. Ils se sont relayés. »

Léo : « Le Grand Étang devient vraiment une aire de repos sur les routes migratoires. »

Yann : « Je montre d’autres fotos de ces beaux zoisos. »

Combattants variés (Philomachus pugnax, Scolopacidés)

Combattants variés (Philomachus pugnax, Scolopacidés)

Léo : « Avant de continuer je propose que nous montrions quelques fotos avec ces espèces un peu mélangées. »

Yann : « J’allais le proposer Léo. »

Léo : « Désolé Yann. Je savais pas. »

Combattants et aboyeurs

Combattant et aboyeurs

Combattant et aboyeur

Petit gravelot et gambette

Max : « N’empêche qu’on a pas vu de bécasseaux. Aucun. Même pas un ou deux variables. »

Samuel : « On peut pas tout voir cousin Max. »

Léo : « C’est étrange quand même… »

Yann : « Oui mais moi ça m’arrange parce que là j’ai déjà beaucoup de travail pour apprendre à reconnaître toutes ces espèces. »

Samuel : « Ça va pas être facile à cause que certaines espèces se rencontrent pas tous les jours. »

Max : « Un petit stage en Charentmaritimie devrait t’aider 🙂 »

Léo : « Tu continues Yann ? »

Yann : « Oui 🙂 Parce que c’est pas terminé. Nous avons aussi vu des Récurvirostridés. Merci petit Sam de m’avoir fait répéter le nom de cette famille. Il y a que deux espèces mais quelles espèces ! Il y a l’échasse blanche ! Il est presque pas croyable ce zoiso avec ses loooongues pattes et son long bec fin. »

Échasse blanche (Himantopus himantopus, Récurvirostridés)

Échasse blanche (Himantopus himantopus, Récurvirostridés)

Yann : « Elle se reposait quand on l’a vue. C’est dommage. Je l’ai pas vue marcher. »

Max : « C’était notre second passage au Grand Étang après être allés au Refuge du Pré. On est passés comme ça. Encore ouf ! Sinon on l’aurait même pas vue ! »

Léo : « Bonome a fait une ou deux rafales et hop ! Plus de batterie… »

Yann : « Et il y a l’autre Récurvirostridé. Lui aussi a de longues pattes et un long bec mais en plus son bec est courbé. D’après Léo c’est ce que veut dire Récurvirostridé. Cet autre zoiso est l’avocette élégante. »

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Yann : « C’est vrai qu’elle est élégante cette avocette. Vous avez vu le bleu de ses pattes ? »

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Max : « Dites, vous avez pas l’impression d’être en vacances là ? »

Léo : « Quand on aligne toutes ces observations comme ça, si 🙂 »

Yann : « Je mets d’autres fotos parce qu’il est trop beau ce zoiso 🙂 »

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)
Avocette élégante (Recurvirostra avosetta, Récurvirostridés)

Yann : « Voilà ! Je crois que j’ai tout dit. »

Samuel : « Bravo cousin Yann ! Bravo ! »

Yann : « Petit Sam, tu devais pas consulter tes fiches pour nous dire le nombre d’observations de chaque espèce ici ? »

Samuel : « Zutalor ! J’ai oublié ! Je vais faire un tableau si tu veux. »

Yann : « Je veux bien Sam. »

Samuel : « Je le fais de ce pas. Alors… Mmmmm… Oui… Ah bon ?… D’accord… Voilà ! J’ai fini ! »

Yann : « Merci petit Sam. Cette fois le sous-article consacré à la première partie des Charadriiformes est terminé. J’espère que vous l’avez apprécié. Nous nous retrouvons dans le prochain sous-article qui sera consacré aux Laridés. »

Max : « Vous vous doutez qu’il sera présenté par notre Laridophile préféré 🙂 »

Samuel : « A tout de suite ! »

Continuer la promenade

Les Ansériformes et les Podicipédiformes

Max

Max : « Nous revoici encore une fois ! »

Léo : « Cette fois nous allons vous parler des Ansériformes. »

Samuel : « Il s’agit des canards, des oies… »

Yann : « De biens beaux zoisos 🙂 Je savais pas qu’il y en avait autant. »

Léo : « Il y en a encore bien plus Yann 🙂 Mais il est vrai que nous en avons croisé quelques uns au cours des semaines écoulées. »

Max : « Nous reviendrons pas sur le problème de la classification des Ansériformes. Je rappelle rapidement que pour certains l’ordre des Ansériformes ne contient qu’une famille, les Anatidés, dans laquelle toutes les espèces sont mises côte à côte. Pour d’autres auteurs, il y aurait plusieurs sous-familles chez les Anatidés et il existerait même des tributs. Vous imaginez l’hérésie ! »

Léo : « 🙂 Nous garderons une division qui nous est propre et qui scinde les Ansériformes en deux familles : Les Anséridés et les Anatidés. »

Max : « Après tout c’est mon blog et on fait ce qu’on veut 🙂 »

Yann : « L’ordre des espèces présentées respectera globalement celui du beau livre de zoisos de Max. »

ANSÉRIDÉS

Samuel : « Nous commençons donc par le cygne tuberculé. »

Léo : « Il s’agit d’une espèce sédentaire et nicheuse, abondante dans la région et bien évidemment inféodée aux milieux aquatiques. »

Max : « Ben oui ! Les Ansériformes sont tous inféodés aux milieux aquatiques ! Les canards et les oies ! Avec leurs pattes palmées et leurs autres adaptations à la vie aquatique ils sont évidemment inféodés aux milieux aquatiques même très aquatiques. Comment il est lui ! »

Samuel : « 🙂 Je précise que, vu sa taille, le cygne peut pas habiter une petite mare. Il pourrait ni s’y poser ni en décoller. »

Léo : « Nous vous avons déjà montré des images d’ahétanhissage de cygnes. Il leur faut de la place. »

Yann : « Peut-être pourrions-nous montrer des cygnes aux lecteurs de Max ? »

Max : « Je pense qu’ils en ont déjà vus mais montrons ! »

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Yann : « C’était au Trou ! Un décollage de cygnes qui sont passés juste au-dessus de nous ! Rholala ! »

Samuel : « Un instant j’ai craint qu’ils nous agressent. »

Max : « Pourquoi ils auraient fait ça ? »

Samuel : « Ben… Nous étions sur leur territoire et il nous est arrivé de voir des zoms pas très malins dans le secteur. Les cygnes en ont peut-être assez des zoms bêtes. »

Max : « Ils pourraient oui… »

Léo : « Au Grand Étang nous avons assisté à cette scène. »

 

Samuel : « C’est fort probablement une parade. Ou alors c’est qu’ils sont fous dans leur tête 🙂 »

Max : « La suite logique de la parade est l’apparition de cygneaux. »

Léo : « Tu vas un peu vite Maxou. Entre la parade et les cygneaux il y a l’accouplement et la couvaison. »

Max : « Oui mais cette année nous avons pas de belles images de ces étapes alors je les zappe. »

Léo : « C’est un choix éditorial acceptable 🙂 »

Yann : « Nous avons bien vu des cygnes couver au Refuge du Pré et au Grand Étang. »

Samuel : « Et puis un jour, le nid était vide et il y avait eux 🙂 »

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Yann : « Ces petits ont au maximum… 24 à 36h. »

Max : « Nous les avons revus dans les jours qui ont suivis. »

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Léo : « Mais, malheureusement, un jour, il en manquait un… »

Yann : « Au Grand Étang aussi il y a eu une naissance. Mais une seule pour le moment. Le couple qui couvait en face du Grand Observatoire a eu un seul poussin. »

Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)
Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anséridés)

Max : « Puisque nous en sommes aux naissances, nous sommes heureux de vous annoncer l’éclosion de petits bernachons 🙂 »

Léo : « A vrai dire, ce sont les premiers poussins que nous avons vus cette année. Au Grand Étang également. Et eux aussi devaient avoir une journée tout au plus. »

Bernache du Canada (Branta canadensis, Anséridés)
Bernache du Canada (Branta canadensis, Anséridés)
Bernache du Canada (Branta canadensis, Anséridés)

Yann : « Nous pensons que sur la troisième foto il s’agit de leur premier bain 🙂 »

Max : « Nous nous attarderons pas sur les bernaches du Canada. Nous vous en parlons régulièrement. »

Léo : « Pas d’oies cendrées à signaler ce printemps. »

Samuel : « Cet hiver nous en avons une groupe important au Trou. On montre ? »

Max : « Si tu veux petit Sam. »

Oie cendrée (Anser anser, Anséridés)

Oie cendrée (Anser anser, Anséridés)

Oie cendrée (Anser anser, Anséridés)

Oie cendrée (Anser anser, Anséridés)

Léo : « Il arrive que les oies et les bernaches s’hybrident. »

Max : « Normalement, la reproduction se fait uniquement au sein de l’espèce. Enfin, selon la définition de l’espèce la plus répandue. Mais je vous rappelle que la nature s’en fiche de nos définitions et il arrive qu’il y ait hybridation. »

Samuel : « C’est même assez fréquent chez les Ansériformes. »

Yann : « Pour ceux qui savent pas, l’hybridation c’est quand deux individus d’espèces différentes font un petit. »

Samuel : « Merci pour le rappel cousin Yann. »

Max : « Nous vous parlons de l’hybridation à cause d’elle… »

Oie hybride (Anser x Branta)s

Samuel : « Il est fort probablement que cet hybride soit le descendant d’une oie cendrée et d’une bernache du Canada. Observons trois individus… »

Oie hybride (Anser x branta)

Oie cendrée (Anser anser, Anséridés)

Bernache du Canada (Branta canadensis, Anséridés)

Yann : « La couleur générale est plutôt celle d’une bernache du Canada avec le cou un peu sombre et la tache jugale blanche. »

Léo : « Mais les pattes orange sont bien celle d’une oie tout comme le bec orange. Les bernaches l’ont noir. »

Samuel : « Il arrive parfois que les hybrides soient fertiles ce qui contredit la définition d’espèce et d’hybride. »

Max : « Mais vous savez ce qu’en pense La Nature 🙂 »

Yann : « Nous avons vu cet hybride au Royaume des Bernaches où la population de bernaches est assez importante. Si j’ai bien compris, dans le cas où cet hybride serait fertile, il pourrait faire des petits avec des bernaches du Canada et les caractères physiques bernachiens seraient très marqués sans forcément être les seuls à s’exprimer. »

Samuel : « Ce que veut dire cousin Yann c’est que les petits ressembleraient plus à des bernaches du Canada. »

Yann : « J’étais pas clair ? »

Léo : « Si Yann. Mais tu devrais savoir que petit Sam aime bien résumer. »

Yann : « Il faut que je m’y habitue 🙂 »

Max : « Restons au Royaume des Bernaches qui accueille deux nouvelles venues 🙂 »

Léo : « Je dirais plutôt qu’il accueille un nouveau couple. »

Samuel : « Ce sont eux 🙂 »

Oie domestique (origine non naturelle)

Oie domestique (origine non naturelle)

Max : « Dans Faune IDF nous les avons déclarées comme oies domestique (origine non-naturelle). Mais il me semble qu’il s’agit un couple d’oies blanches du Poitou. »

Yann : « Elles semblent pas très à l’aise encore. »

Samuel : « La première fois que nous les avons vues, elles étaient cachées dans des roseaux juste au bord de l’étang. »

Max : « Quand bonome s’en ait approchées elles nous ont crié dessus ! On voulait pas les déranger nous ! On voulait juste leur souhaiter la bienvenue ! »

Léo : « Bonome a fotoé vite fait et on les a laissées en paix. »

Oie domestique (origine non naturelle)

Yann : « Nous passons maintenant aux Tadornes de Belon. Je les connais parce qu’on en voit en Bretagne. »

Léo : « Ici, c’est pas très fréquent sans être rare. »

Samuel : « Disons qu’il y en a qui passent… »

Max : « Sauf que depuis des semaines maintenant, un couple dort au Grand Étang 🙂 »

Tadorne de Belon (Tadorna tadorna, Anséridés)

Léo : « 🙂 On les voit presque toujours au même endroit en train de faire la sieste. »

Samuel : « Difficile de savoir depuis quand ils sont là. Ça doit bien faire un mois et demi maintenant. Et ils dorment 🙂 »

Yann : « On les a vus sur l’eau un peu. »

Max : « Oui Yann. Mais pas longtemps 🙂 »

Léo : « Un jour, cinq autres individus ont fait une halte migratoire pendant une petite journée. »

Tadorne de Belon (Tadorna tadorna, Anséridés)

Yann : « Ils sont arrivés en fin d’après-midi et le lendemain ils étaient déjà partis. »

Tadorne de Belon (Tadorna tadorna, Anséridés)

Tadorne de Belon (Tadorna tadorna, Anséridés)

Samuel : « Les tadornes de Belon sont des migrateurs. Ils vivent sur les rives de la mer de Badden puis vont au sud. Ceux-là sont peut-être actuellement en Charentmaritimie. »

Max : « Pour terminer avec les Anséridés ou Ansérinés, il nous faut parler des ouettes d’Égypte. En voici une. »

Ouette d’Égypte (Alopechen aegyptiaca, Anséridés)

Yann : « Elle aussi dort 🙂 »

Léo : « Apparemment il y en a qu’une au Grand Étang alors qu’il y a trois ans il y en avait un groupe de sept ou huit et nous avions même assisté à des parades. Apparemment, elles se plaisent pas là. »

Samuel : « Mais il y a un couple au Royaume des Bernaches. L’an dernier ils ont eu des petits… »

Ouette d’Égypte (Alopechen aegyptiaca, Anséridés)

Ouette d’Égypte (Alopechen aegyptiaca, Anséridés)

Max : « L’ouette d’Égypte est également une espèce férale, introduite par les zoms. Le problème est qu’elle est très agressive avec les autres zoisos. »

Léo : « Maxou, je veux pas te fâcher mais les bernaches du Canada sont aussi férales et le cygne tuberculé également même si c’est plus ancien. »

Samuel : « L’oie blanche du Poitou est pas naturelle. »

Max : « Ben oui… La seule espèce autochtone que nous avons présentée pour le moment est l’oie cendrée est on l’a même pas vue ce printemps… »

Yann : « Il y a les tadornes de Belon. »

Max : « C’est vrai. Mais ils sont que de passage eux. Autant dire que sans les espèces férales, la liste des Anséridés de ce printemps aurait été bien plus courte… »

Léo : « On passe aux Anatidés ? »

Max : « Oui Léo ! »

ANATIDÉS

Samuel : « Les Anatidés, selon notre classification, correspondent à ce que la plupart des zoms appellent les ‘canards’. Il y a évidemment les canards mais aussi les fuligules, les sarcelles et bien d’autres groupes que nous hésiterions pas à regrouper en tributs quitte à nous attirer l’ire des partisans de la disparition de ces groupes. »

Max : « Ces petits Ansériformes sont subdivisés en ‘canards de surface’ et ‘canards ploufeurs’.

Léo : « Et nous commenceront par les canards dits de surface car ils plongent pas pour se nourrir. Ils restent à la surface. »

Les canards de surface

Yann : « Le premier de la liste est le canard colvert. D’après ce que m’ont dit mes chers cousins qui sont des ornithologues aguerris, les colverts sont très fréquents. Ça se voit pas bien 🙂 C’est vrai qu’il y en a un peu partout mais ils sont jamais nombreux. Mes cousins m’ont dit que vous les connaissiez bien et par conséquent nous présentons que deux fotos ; un couple et des petits tout neufs. »

Canard colvert (Anas platyrhynchos, Anatidés)
Canard colvert (Anas platyrhynchos, Anatidés)

Samuel : « Les chipeaux sont également fréquents mais, comme les colverts, ils ne sont jamais très nombreux. Ce sont plutôt des canards d’hiver et il arrive qu’on en compte deux ou trois dizaines, rarement plus. Il arrive que quelques individus ou quelques couples passent l’été chez nous comme ce charmant petit couple qui traîne au Refuge du Pré. »

Canard chipeau (Mareca strepera, Anatidés)

Léo : « Les souchets sont également plutôt des canards d’hiver. En ce moment, il en reste quelques uns. Mais comptez pas en voir des dizaines rassemblés sur le même plan d’eau. Nous avons vu surtout des mâles comme ce magnifique individu. »

Canard souchet (Anas clypeata, Anatidés)

Yann : « Je précise qu’il est un peu délicat d’identifier les femelles canards de loin car elles sont toutes marron. »

Max : « C’est exact cher Yann. Il arrive même que les mâles soient marron eux aussi quand il change de plumage. »

Léo : « Autant dire que c’est pas pendant cette période où tous les canards sont marron qu’il faut s’initier à l’Anatidologie. »

Yann : « Il y a un autre canard d’hiver qui est pas toujours présent mais que nous avons quand même vu. En réalité, si vous me l’aviez pas signalé, je l’aurais pas vu moi. Il était trop loin. »

Max : « On commence à avoir l’habitude nous. On cherche mieux qu’avant. »

Léo : « Ce canard siffleur aurait pu passer inaperçu sans les superzieux de notre superbonome 🙂 »

Canard siffleur (Anas penelope, Anatidés)

Samuel : « Nous passons maintenant aux sarcelles. Il en existe quelques espèces mais deux seulement sont relativement fréquentes. Il s’agit de la sarcelle d’hiver qui s’observe l’hiver et de la sarcelle d’été qui s’observe l’été mais un peu moins parce qu’elle est rare. »

Max : « L’hiver il est pas rare de voir des dizaines, voire des centaines de sarcelles d’hiver. Pendant notre période d’observation nous ne vîmes qu’un seul mâle qui était pas encore parti tout là-bas pour sa migration. »

Sarcelle d’hiver (Anas crecca, Anatidés)

Sarcelle d’hiver (Anas crecca, Anatidés)

Léo : « Comme l’a fait remarqué petit Sam, les sarcelles d’été sont rares dans la région. Quelques individus sont observés de-ci de-là. La bonne surprise a été d’en rencontrer deux couples dans l’étang partiellement vidé du Royaume des Sangliers ! »

Samuel : « Il faudrait aller voir si elles sont encore là. »

Sarcelle d’été (Anas querquedula, Anatidés)

Sarcelle d’été (Anas querquedula, Anatidés)

Yann : « Vous remarquerez que le dimorphisme sexuel est la règle chez les canards. »

Léo : « Il me semble bien, en effet, que les femelles sont systématiquement différentes des mâles et réciproquement. »

Max : « Voilà pour les canards de surface. Nous pouvons passer aux canards ploufeurs. »

Les canards ploufeurs

Léo : « Nous parlons de ‘canards ploufeurs’ par commodité car aucune des espèces dont nous allons vous parler porte le nom commun de canard. La nette rousse est jamais appelée canard roux. »

Yann : « Il en reste pas moins que c’est un très beau zoiso 🙂 »

Max : « Yann, tu sais bien que tous les zoisos c’est un beau zoiso 🙂 »

Yann : « Ça aussi il va falloir que je m’y habitue 🙂 »

Samuel : « Les nettes rousses s’observent toute l’année elles-aussi. L’été il peut y avoir des couples nicheurs. L’hiver vous verrez plutôt des groupes de dix, vingt… individus. »

Léo : « Et en ce moment il y a des groupes de nettes rousses en halte migratoire. »

Yann : « Voici un groupe comportant six mâles et une femelle. »

Nette rousse (Netta rufina, Anatidés)

Léo : « Au Grand Étang il y a un peut-être un couple. Les nettes rousses se déplacent beaucoup dans leur environnement et comme le Grand Étang est très grand on les voit pas forcément tout le temps. »

Max : « Nous avons vu un autre couple au Refuge du Pré. »

•  Nette rousse (Netta rufina, Anatidés)

•  Nette rousse (Netta rufina, Anatidés)

•  Nette rousse (Netta rufina, Anatidés)

•  Nette rousse (Netta rufina, Anatidés)

Samuel : « Je propose que nous passions aux fuligules. L’hiver il arrive que nous en comptions plusieurs centaines sur les plus grands plans d’eau que nous fréquentons. Puis le nombre diminue et l’été il reste que quelques individus. »

Max : « C’est étrange d’ailleurs que quelques couples restent ici pour se reproduire alors que tous les autres sont partis ailleurs. »

Yann : « Moi j’ai appris les fuligules morillons ! Le mâle est noir et blanc alors que la femelle est noire avec un peu de marron. »

•  Fuligule morillon (Aythya fuligula, Anatidés)

Fuligule morillon (Aythya fuligula, Anatidés)

Fuligule morillon (Aythya fuligula, Anatidés)

Fuligule morillon (Aythya fuligula, Anatidés)

Léo : « Il faut bien observer quand vous voyez des morillons parce qu’il y a des espèces qui ressemblent beaucoup et qui peuvent passer inaperçues. »

Samuel : « Comme le fuligule à bec cerclé que nous avons déjà vu. »

Max : « Ou alors les fuligules milouinans ou encore les fuligules à tête noire. »

Léo : « Quand il y a des centaines de morillons il faudrait les observer un par un pour être sûr qu’il y a pas un ou deux individus de ces espèces mais on le fait pas toujours. Ça nous amuse pas. »

Yann : « Voici à quoi ressemble une fuligule morillon en train de ploufer 🙂 »

Fuligule morillon (Aythya fuligula, Anatidés)

Samuel : « Les fuligules milouins sont les plus nombreux l’hiver mais en cette saison, il en reste presque pas. »

Yann : « Je l’aurais pas connu si deux mâles étaient pas passés au Refuge du Pré. »

Fuligule milouin (Aythya ferina, Anatidés)

Fuligule milouin (Aythya ferina, Anatidés)

Fuligule milouin (Aythya ferina, Anatidés)

Fuligule milouin (Aythya ferina, Anatidés)

Max : « Là aussi il faut faire attention si vous voulez pas passer à côté de fuligules à tête rouge. »

Samuel : « Voilà pour les fuligules. »

Léo : « Il reste les garrots à œil d’or 🙂 »

Samuel : « Depuis quelques années il y en a tout le temps au Grand Étang. Pourtant, c’est une espèce rare dans la région. »

Max : « Ils se sont même reproduit l’an dernier. »

Yann : « Je connaissais pas du tout ce canard. »

Max : « C’est pas tout le monde qui le connaît Yann. »

Samuel : « Malheureusement nous avons vu que les femelles. »

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Léo : « D’après nos informations, il y aurait deux femelles mais également un mâle. C’est plutôt bon signe pour une éventuelle reproduction. »

Samuel : « Sauf que l’an dernier les petits ont été vus à la fin du confinement c’est-à-dire à cette période. »

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Garrot à œil d’or (Bucephala clangula, Anatidés)

Max : « Voilà ! Nous vous avons présenté tout le monde 🙂 »

Léo : « Mais vous savez qu’il y a un autre ordre de zoisos strictement inféodé aux milieux aquatiques. »

Samuel : « Il s’agit des Podicipédiformes. »

Max : « Ce sont les Grébuaous 🙂 »

Yann : « Vous les connaissez tellement bien que vous leur avez donné des surnoms 🙂 »

LES PODICIPÉDIFORMES

Samuel : « Grébu c’est le grèbe huppé. Probablement le plus fréquent des grèbes de la région. »

Léo : « Je précise que les grèbes peuvent se poser ou décoller que de l’eau. Ils peuvent ni se poser au sol ni en décoller. »

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Yann : « Grébu est rigolo 🙂 Il fait rien qu’à crier et parader 🙂 »

Samuel : « C’est vrai qu’on peut voir des parades presque toute l’année. De janvier-février à octobre… »

Léo : « Et on peut voir des petits pendant presque toute cette période. »

Max : « Il faudrait peut-être montrer des fotos. »

Samuel : « Une foto de parade ? »

Max : « Bonne idée 🙂 »

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Yann : « On peut mettre des fotos du grébu qui arrivait pas à avaler son poisson ? »

Max : « On peut Yann 🙂 »

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)
Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)
Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)
Grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés)

Léo : « Inutile d’en dire plus. Nous avons déjà publié un article complet sur ce zoiso. »

Samuel : « Nous avons pas vu beaucoup de grébous. »

Max : « Grébou, c’est le grèbe castagneux. »

Yann : « Nous avons que quelques fotos prises au Royaume des Bernaches. »

Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis, Podicipédidés)

Léo : « Lui aussi nous vous en avons abondamment parlé. »

Samuel : « Il y en a quand même pas beaucoup cette année… »

Max : « Nous irons voir au Royaume des Grèbes. »

Yann : « Reste à évoquer Gréba. »

Léo : « Les grèbes à cou noir. Ils ont l’habitude de passer quelques semaines au Grand Étang pendant l’hiver. »

Max : « Nous les avons pas vus cet hiver mais seulement ce printemps. »

Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis, Podicipédidés)
Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis, Podicipédidés)

Léo : « Là, ils sont en plumage nuptial. »

Yann : « Ils sont magnifiques ces grébas 🙂 »

Max : « Et c’est encore sur de belles images que nous clôturons cet article. »

Samuel : « Nous vous donnons rendez-vous dans l’article suivant avec la première partie des Charadriiformes. »

Max : « A tout de suite ! »

Continuer la promenade

Les Rapaces

Max : « C’est encore nous ! »

Léo : « Pour un petit point sur la rapaçologie 🙂 »

Yann : « De bien beaux zoisos mais qui font un peu peur… »

Samuel : « On risque rien tant qu’on reste avec bonome. Ils oseraient pas nous prédater. »

Max : « Nous avons vu que des rapaces diurnes. »

Léo : « Des Accipitriformes et des Falconiformes. »

Samuel : « Et nous allons commencer par les Accipitriformes. Je propose que ce soit cousin Yann qui prenne l’antenne. »

Yann : « Je veux bien 🙂 »

Yann sur le chemin du Refuge du Pré

Yann : « Dites-moi quand même par qui je commence. »

Max : « Les milans noirs ! Il y en a plein ! »

Léo : « Oui, ils sont revenus de migration. »

Yann : « D’accord. Merci les cousins. »

Yann en un peu plus zoomé.

Yann : « Bien, me voici donc sur le chemin qui borde le Refuge du Pré. Un bien bel endroit pour observer les zoisos et faire l’Arthropodologie. Mais revenons aux milans noirs. Si j’ai bien retenu, ils sont bien marrons avec la tête grise et leur queue est échancrée en vol. »

Milan noir (Milvus migrans, Accipitridés)

Milan noir (Milvus migrans, Accipitridés)
Milan noir (Milvus migrans, Accipitridés)

Samuel : « Tu as bien retenu cousin Yann. Le meilleur endroit pour voir les milans noirs c’est le Petit Royaume Sauvage. Ils nichent pas loin du chemin mais on vous dira pas où exactement. »

Max : « Un jour, on en a vu huit qui tournaient au-dessus du refuge du Pré. »

Milan noir (Milvus migrans, Accipitridés)

Milan noir (Milvus migrans, Accipitridés)

Léo : « Ce jour là, on a eu une bonne surprise. »

Yann : « Vous m’avez impressionné ! Je voyais à peine ce rapace et vous vous l’avez identifié comme ça ! »

Max : « C’est un rapace fréquent en Charentmaritimie ! On a l’habitude de le voir. »

Samuel : « Son vol se reconnaît bien. Il plane tranquillement à une dizaine de mètre d’altitude en faisant des changements de direction par là ou par là mais sans brusquerie. »

Busard des roseaux femelle (Circus aeruginosus, Accipitridés)

Busard des roseaux femelle (Circus aeruginosus, Accipitridés)

Léo : « On a même pas dit de qui on parle ! »

Samuel : « Nous sommes étourdis ! »

Yann : « Il s’agit d’un busard des roseaux. »

Max : « C’est la première fois qu’on en voit dans la région ! »

Samuel : « Pourtant il est pas vraiment rare. »

Léo : « Ah non. Il est même courant 🙂 »

Yann : « Comme Rapace courant il y a également la buse variable. »

Max : « La buse variable est tellement variable que parfois on la reconnaît à peine ! Regardez cet individu ! »

Buse variable (Buteo buteo, Accipitridés)

Buse variable (Buteo buteo, Accipitridés)

Samuel : « Elle est presque blanche ! »

Yann : « Nous l’avons vue au Royaume des Geais. Apparemment, elle habite dans le bois. »

Léo : « Voici à quoi ressemble une buse variable au phénotype un peu plus habituel. »

Buse variable (Buteo buteo, Accipitridés)

Yann : « Et puis il y a eu l’épervier d’Europe, toujours au Royaume des Geais. »

Léo : « Très au-dessus du Royaume des Geais serait plus juste 🙂 »

Samuel : « Il tournoyait au-dessus de deux buses variables. »

Épervier d’europe (Accipiter nissus, Accipitridés)

Yann : « Son nom en scientifique est Accipiter nissus. C’est ce genre qui a donné le nom à la famille des Accipitiridés. »

Max : « Tout comme le genre Falco a donné son nom à la famille des Falconiformes. »

Léo : « Excellente transition cher Maxou 🙂 »

Samuel : « Nous avons vu que deux espèces de Falconiformes. »

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus, Falconidés)

Yann : « Le faucon crécerelle est très courant. On en voit dans presque tous les Royaumes et même pendant les chevauchées. Quand il fait le vol stationnaire il est vraiment facile à identifier. »

Max : « Bonome peut pas s’empêcher de le fotoer dans cette situation même si on a déjà des tas de fotos et qu’on en supprime régulièrement. »

Samuel : « Voici donc quelques faucons crécerelles en train de muloter. »

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus, Falconidés)

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus, Falconidés)

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus, Falconidés)

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus, Falconidés)

Léo : « L’autre espèce de faucon est le hobereau. Le jour où nous avons observé les huit milans noirs tournoyer au-dessus du Refuge du Pré il y avait également six hobereaux ! C’est pas tous les jours que ça arrive. »

Yann : « Surtout que c’est le même jour que nous avons vu le busard des roseaux. C’était la journée des Rapaces 🙂 »

Max : « C’est quand même au Grand Étang que nous avons le mieux observé les hobereaux. Ils chassent souvent devant le Petit Observatoire et on peut également les voir au-dessus du Saule Blanchet. »

Faucon hobereau (Falco subbuteo, Falconidés)

Faucon hobereau (Falco subbuteo, Falconidés)

Faucon hobereau (Falco subbuteo, Falconidés)

Faucon hobereau (Falco subbuteo, Falconidés)

Samuel : « Nous espérons qu’au moins un couple nichera au Grand Étang encore cette année. »

Max : « Il faudrait aller voir au Royaume des Hobereaux aussi ! »

Léo : « On a tellement de Royaumes à inspecter… »

Yann : « Vous les connaissez bien en plus ces Royaumes. Vous savez où trouver telle ou telle espèce ! ‘Alors là il y les rousserolles.’ ‘Là il y a un nid de milans.’ ‘Ce couple de cygne fait des bébés ici depuis des années.’ »

Léo : « C’est vrai qu’on commence à bien connaître et que les zoisos ont leurs habitudes. »

Samuel : « Mais nous avons encore des tas de choses à découvrir ! »

Max : « Chers cousins, il me semble que nous avons terminé de présenter les Rapaces. Je propose que nous fassions une courte pause avant de passer aux Ansériformes. »

Léo : « Bonne idée ! »

Samuel : « Chers lecteurs, nous espérons que vous passez un agréable moment en notre compagnie et celle de tous ces beaux zoisos. »

Max : « On se retrouve dès que vous aurez cliqué sur le lien pour la suite ! »

Faucon hobereau (Falco subbuteo, Falconidés)

Max : « Pfff… Ça va faire du bien une pause… »

Yann : « C’est fatiguant de présenter les bulletins d’information même si c’est du direct-différé. Oulala ! »

Léo : « Il faut être bien concentré ! »

Samuel : « Euh… Je crois qu’on est encore à l’antenne ! »

Max : « Coupe bonome ! Coupe ! »

Continuer la promenade

Les passereaux

Max

Max : « Rebonjour ! Nous revoici ! Dans ce premier sous-article nous allons répondre à une question fondamentale : vîmes-nous des passereaux ? »

Léo : « 🙂 Nous en vîmes ! Et pas seulement des passereaux. »

Max : « Qui veut commencer ? »

Yann : « Moi je veux bien faire les premières espèces ! »

Max : « Alors nous t’écoutons cher Yann. »

Samuel : « Un instant s’il vous plaît ! Je voudrais prévenir que cousin Léo va imiter chaque zoiso que nous allons présenter. »

Max : « Et ensuite il va encore rêver en sifflotant et je vais pas dormir… »

Samuel : « Cousin Yann, négligez ce que viens de dire cousin Max et reprenez l’antenne ! »

Yann

Yann : « Merci petit Sam 🙂 La première espèce dont je vais vous parler est pas un passereau. Si j’ai bien retenu c’est un Cuculiforme mais comme c’est la seule espèce de cet ordre nous la joignons aux passereaux qui sont des Passériformes. Ce premier zoiso est le coucou gris. Le voici. »

Coucou gris (Cuculus canorus, Cuculidés)

Coucou gris (Cuculus canorus, Cuculidés)

Yann : « Les fotos sont pas très belles mais les coucous sont très farouches. Dès qu’ils nous voient, ils s’envolent ou font demi-tour. Nous en avons vu au Petit Royaume Sauvage. Un mâle est passé au-dessus de nous et, quand il nous vu sous les arbres, il a fait demi-tour et il est allé très loin. Le mâle des fotos est à environ 200 mètres. Bonome l’a fotoé par temps très gris. Peut-être même qu’il pleuvait un peu. Les coucous gris sont des migrateurs trans-sahariens. En cette saison, ils reviennent ici. On les entend fréquemment mais ils sont difficiles à voir. »

Max : « Merci beaucoup cher Yann. Je précise que nous en avons entendu également au Grand Étang. Avec qui allez-vous enchaîner ? »

Yann : « D’autres arrivants 🙂 Malheureusement là aussi les fotos sont grises. Selon le proverbe, une hirondelle fait pas le printemps. Mais des centaines d’hirondelles de trois espèces différentes associées à des martinets noirs, ça fait clairement le printemps 🙂 »

Léo : « Je me permets de vous interrompre cher Yann pour préciser que ces espèces comptent de moins en moins d’individus. »

Max : « On voit plus d’hirondelles depuis notre cabane ces dernières années… »

Samuel : « La faute à la diminution des populations d’insectes dont elles se nourrissent. Cousin Yann, avez-vous des fotos à nous montrer ? »

Yann : « Quelques unes. Je commence par le martinet noir. »

Martinet noir (Apus apus, Apodidés)

Yann : « Ses ailes en faucille et sa queue courte et échancrée sont très caractéristiques. Leur vol est très rapide et très acrobatique. Les martinets noirs crient en volant. C’est un peu comme un sifflement. Je suis sûr que vous avez déjà entendu des martinets noirs. »

Yann : « Sachez qu’ils se posent que pour la nidification. Ils ont de toutes petites pattes qui leur servent pas à grand-chose. Même l’accouplement se fait en vol. »

Léo : « Eux aussi sont des migrateurs trans-sahariens. Mais ils vont pas en ligne droite. Oulala non ! Ils visitent du pays en chemin 🙂 »

Samuel : « La petite taille de leurs pattes est à l’origine du nom de leur famille et même de leur ordre. Apodidé et Apodiforme. Cela vient du grékancien pus, podos qui veut dire pied. Cette base verbale est précédée du préfixe privatif a-. Les martinets ont donc pas de pieds 🙂 En vrai, ils en ont mais ils sont tout petits et ils s’en servent presque pas. »

Max : « Vous verrez jamais un martinet posé. »

Léo : « Et ils savent pas voler lentement. Alors quand ils doivent rentrer au nid c’est un peu catastrophique. Ils doivent souvent s’y reprendre à plusieurs reprises pour réussir leur approche. »

Yann : « Vous avez compris grâce à ce que vous a dit notre cher petit Sam que les martinets sont pas des passereaux puisque ce sont des Apodiformes. Avec les hirondelles, nous entrons réellement chez les Passériformes. Il existe trois espèces fréquentes d’hirondelles dans la région : hirondelle de rivages, hirondelle de fenêtres et hirondelle rustique. »

Max : « Cher Yann, pourriez-vous rappeler à nos lecteur ce qu’est une espèce ? »

Yann : « Je peux 🙂 Un rappel est parfois nécessaire. Une espèce est un groupe d’individus qui se ressemblent et qui peuvent avoir une descendance féconde. Toutes les espèces ont reçu un nom scientifique. Hirondelle de rivage : Riparia riparia ; Hirondelle de fenêtres : Dolichon urbicum ; Hirondelle rustique : Hirundo rustica. Il se trouve que ces espèces sont un peu pareilles mais pas assez pour avoir été placées dans le même genre. Le genre c’est la première partie du nom : Riparia, Dolichon, Hirundo. Ces espèces proches bien que de genres différents sont placées dans une même famille : les Hirundinidés. »

Max : « Merci beaucoup pour ce rappel cher Yann. Je peux pas m’empêcher de rappeler que ces regroupements sont des créations des zoms. La Nature s’en fiche un peu de tout ça. »

Samuel : « Nous pourrions passer à la présentation de ces espèces. »

Yann : « J’y venais petit cousin 🙂 Voici les hirondelles de rivage. »

Hirondelle de rivage (Riparia riparia, Hirundinidés)

Yann : « Bonome a renoncé à tenter de les fotoer en vol. Il profite de leurs rares pauses pour les immortaliser. L’hirondelle de rivage est plutôt brune avec le ventre clair. Sa queue est échancrée mais courte. J’ai pas de fotos d’hirondelle de fenêtres à vous proposer. Je passe donc à l’hirondelle rustique. »

Hirondelles rustiques (Hirundo rustica, Hirundinidés)

Yann : « L’hirondelle rustique est bleue sombre à reflets métalliques dessus et blanche dessous. La gorge est rouge. Sa queue comporte de longues plumes appelées filets qui lui donnent une silhouette caractéristique en vol. »

Hirondelles rustiques (Hirundo rustica, Hirundinidés)

Hirondelles rustiques (Hirundo rustica, Hirundinidés)

Hirondelle rustique (Hirundo rustica, Hirundinidés)

Hirondelle rustique (Hirundo rustica, Hirundinidés)

Yann : « L’hirondelle de fenêtre lui ressemble beaucoup mais sa gorge est pas rouge du tout et les filets sont plus courts. Voilà pour les hirondelles. Je vous rend l’antenne cher Maxou. »

Max : « Merci beaucoup cher Yann. Je m’occupe des Motacillidés. Pour les étourdis qui ont oublié les Motacillidés comprennent les bergeronnettes du genre Motacilla ainsi que les pipits. Nous vîmes bien quelques pipits farlouses mais ils se laissèrent pas fotoer. Et nous vîmes que deux espèces de bergeronnettes. La bergeronnette grise s’observe surtout sur les rivages. La voici. »

Bergeronnette grise (Motacilla alba, Motacillidés)

Bergeronnette grise (Motacilla alba, Motacillidés)

Bergeronnette grise (Motacilla alba, Motacillidés)

Max : « Ses couleurs, le blanc et le noir, et l’habitude qu’elle a de s’agiter de bas en haut et de haut en bas en bord de l’eau la fît surnommer lavandière. Elle est présente toute l’année un peu partout au bord de l’eau.  »

Léo : « Le nom ‘bergeronnette’ vient d’ailleurs du fait qu’on les observe préférentiellement sur les berges. »

Max : « Les bergeronnettes des ruisseaux sont plus trop visibles même si il en reste toujours quelques unes. Par contre, les bergeronnettes printanières sont de plus en plus nombreuses. Nous avons croisé des groupes d’une dizaines d’individus mais le plus souvent il y en a une ou deux… »

Bergeronnette printanière (Motacilla flava, Motacillidés)

Bergeronnette printanière (Motacilla flava, Motacillidés)

Max : « Pour distinguer la bergeronnette printanière de celle des ruisseaux c’est pas très difficile. La printanière est d’un gris vert sur le dos alors que celle des ruisseaux est bien grise dessus. Et elle a une bavette noire. Il existe plusieurs sous-espèces de printanières mais on en a pas vu ici. Voilà pour les Motacillidés. »

Bergeronnette printanière (Motacilla flava, Motacillidés)

Bergeronnette printanière (Motacilla flava, Motacillidés)
Bergeronnette printanière (Motacilla flava, Motacillidés)

Samuel : « Je prends la suite pour une courte intervention puisque je vais vous parler du seul Prunellidé que nous connaissons. Il s’agit de l’accenteur mouchet : Prunella modularis. Lui aussi est présent toute l’année. Le voici par temps gris. »

Accenteur mouchet (Prunella modularis, Prunellidés)

Accenteur mouchet (Prunella modularis, Prunellidés)

 

Samuel : « Il est présent un peu partout mais pas toujours facile à voir. Beaucoup de gens le confondent avec un moineau. C’est dommage parce que c’est un très beau zoiso qui mérite qu’on le regarde. Il traîne souvent dans les buissons et cherche sa nourriture au sol en retournant les feuilles. C’est de là que lui viennent ses deux surnoms : traîne-buissons ou tourne-feuilles. »

Max : « C’est là la limite des noms courants des zanimos puisque ces deux surnoms sont également attribués au rossignol philomèle. »

Samuel : « C’est exact cousin Max. J’en profite pour vous dire que les rossignol sont eux aussi arrivés. Nous les entendons souvent mais bonome a toujours pas réussi à en fotoer. »

Léo : « C’est même pire que ça ! Nous en avons toujours pas vu 🙂 »

 

Yann : « C’est un peu comme le loriot. Vous m’avez fait écouter son chant mais on l’a pas vu non plus. »

Max : « Ah bah le loriot c’est pas tout le monde qui le voit 🙂 »

Léo : « Mais grâce à son chant on sait qu’il est là. »

 

Max : « Nous arrivons aux Muscicapidés il me semble. »

Léo : « Exact. Je peux le faire si vous voulez. »

Samuel : « Aucune objection. »

Yann : « Pourquoi m’y opposerais-je ? »

Léo : « Merci 🙂 Les Muscicapidés sont les zoisos de la famille de Rougegorge. En toute rigueur c’est la famille des gobemouches du genre Muscicapa. Apparemment les gobemouches sont pas encore arrivés. Du moins, nous en avons pas vu. Par contre, Rougegorge est bien là. »

Rougegorge (Erithacus rubecula, Muscicapidés)

Rougegorge (Erithacus rubecula, Muscicapidés)

Rougegorge (Erithacus rubecula, Muscicapidés)

Rougegorge (Erithacus rubecula, Muscicapidés)

Léo : « Inutile de préciser qu’il est un peu partout et qu’on l’entend bien. Je vous l’imite encore une fois. »

 

Léo : « Je m’étends pas plus sur ce zoiso car nous vous en parlons souvent. Les rougequeues noirs sont bien présents. Nous avons encore un couple juste à côté de la cabane. Nous espérons qu’il va nous présenter ses petits comme l’an dernier. Il y en a également dans le quartier de la schola. Je pense même qu’il se perche sur le toit de temps en temps. On l’entend pendant les cours 🙂 Là, nous avons pu voir un mâle près de l’Écluse des Oedicnèmes et une femelle au Grand Étang. »

Rougequeue noir mâle adulte (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)

Rougequeue noir femelle adulte (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)

Rougequeue noir femelle adulte (Phoenicurus ochruros, Muscicapidés)

Léo : « Son chant est assez simple à retenir. »

 

Max : « Alors lui ! Il commence à chanter à 4h du matin. Avec Merle. Dès que je les entends, j’arrive plus à dormir… »

Samuel : « Je comprends pas cousin Max. Quand j’entends un zoiso, ou alors cousin Léo qui en imite, je me réveille et je me réinstalle confortablement pour m’endormir avec le sourire. »

Yann : « Moi c’est pareil. J’aime bien quand Léo sifflote la nuit. »

Max : « Oui ben moi, ça fait se dresser mes oreilles. Il faut que j’écoute et je dors pas. »

Samuel : « Pauvre cousin Max. »

Léo : « Je reprends. Nous avons pas encore contacté de rougequeue à front blanc. »

Samuel : « Je sais même pas à quoi ressemble son chant. »

Yann : « Moi je sais même pas à quoi ressemble le zoiso 🙂 »

Max : « Nous devrions en voir au Grand Étang ou au Petit Royaume Sauvage. Tu verras. Il se reconnaît bien. »

Léo : « Nous arrivons à la bonne surprise de ce printemps ! »

Samuel : « Rhooo oui ! »

Léo : « Pour la première fois dans la région nous avons pu observer des traquets motteux ! En plein champ ! Bonome a vu une toute petite tache qui bougeait sur un champ fraîchement labouré. Il a tout zoomé et vlan ! Les traquets motteux ! »

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe, Muscicapidés)

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe, Muscicapidés)

Max : « Les traquets motteux, il faut les traquer sur les mottes 🙂 »

Samuel : « Cousin Max, tu pensais être une vedette de Faune IDF ce jour là grâce aux fotos de bonome. »

Léo : « On pensait que c’était rare dans la région les traquets motteux. »

Yann : « Ce jour là, ils ont été observés en au moins six endroits 🙂 »

Max : « En fait, c’est pas rare du tout. C’est juste qu’on en avait jamais vu 🙂 »

Léo : « Ils sont restés plusieurs jours. Il y avait même un juvénile. C’est lui. »