195 – Plages des Grèves d’en bas et de la Fosse

Max : « Bonjour bonome:) Bien dormi ? »

Le chevalier : « Très bien et vous ? »

Yann : « Rhooo oui:)  J’ai rêvé d’un koala qui pilotait un avion 🙂 »

Max : « Ça c’est à cause des histoires de bonome 🙂 »

Léo : « Moi j’ai rêvé de Fringillidés… J’ai siffloté dans mon sommeil ? »

Samuel : « J’ai rien entendu. Et toi cousin Max ? »

Max : « Non, sinon j’aurais envoyé Léo aux cabinets 🙂 »

Yann : « Et toi bonome ? »

Le chevalier : « Je ne me souviens pas bien mais il y avait des petizours dans mon rêve… »

Max : « Alors c’était sûrement un beau rêve. C’est le moment de la question rituelle il me semble. »

Le chevalier : « Je t’écoute Maxou. »

Max : « Bonome, on fait quoi aujourd’hui ? »

Le chevalier : « 🙂 Nous continuons notre chemin vers le Cap. »

Léo : « On va revoir la lande ? »

Le chevalier : « Non Léo. Nous allons passer par l’estran. »

Samuel : « On va faire la géologie ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Injustice ! Petit Sam, tu l’appelles souvent ‘mon petitours‘ et pas nous ! »

Le chevalier : « C’est vrai… Sûrement parce que pour lui ce n’est pas encore un acquis. »

Max : « Comment ça ? »

Le chevalier : « Max, tu sais bien que petit Sam n’a toujours pas compris qu’il faisait définitivement parti de la tribu. »

Max : « Alors tu le lui rappelles. D’accord. »

Léo : « C’est pas très délicat de parler de ça devant Yann… »

Yann : « Je sais que je suis pas membre de la tribu Léo. Mais je sais aussi que j’y suis très bien accueilli 🙂 »

Max : « Alors tout va bien ! On y va ? »

Le chevalier : « C’est parti ! »

Après une petite chevauchée… 

Max : « Tu as pas montré la carte avant de partir bonome ! »

Le chevalier : « Tu étais trop pressé Maxou. »

Samuel : « On peut la regarder maintenant ! »

Le chevalier : « D’accord. Alors… Voilà ! »

Vue aérienne de la Plage des Grèves d’en bas (Source : Géoportail)

Max : « On est où là ? »

Le chevalier : « Tout en bas à gauche. Sur la plage des Grèves d’en Bas. »

Max : « Les Grèves d’en bas ? Parce qu’il y a des gens qui font des grèves en haut ? »

Léo : « C’est pas cette grève là Max. C’est la grève plage. »

Max : « C’est quoi encore cette histoire de grève sur la plage ? »

Léo : « Bonome, prend le relais s’il te plaît. »

Le chevalier : « 🙂 Au départ, en français du 17e ou 18e siècle, le mot grève signifie ‘plage’. Je ne sais pas vraiment d’où vient ce mot, peut-être du gaulois… C’est la même étymologie que gravier. Grève a d’ailleurs deux sens : les éléments comme le sable, le gravier ou les galets roulés ou bien une vaste étendue faite de ces matériaux. »

Léo : « Tu vois Maxou que la grève c’est la plage ! »

Max : « D’accord. Mais ça dit pas pourquoi les gens font grève ? Ils vont à la plage ? C’est ça faire grève ? J’avais pas compris ça moi. »

Le chevalier : « Non Maxou, les gens qui font grève ne vont pas à la plage. C’est un sens dérivé. Il vient de la Capitale. Il y avait une grande plage en bordure de Seine non loin de l’Hôtel de Ville. La place située juste en face s’appelait la Place de grève. C’est là que les gens qui cherchaient du travail se rendaient. »

Samuel : « Pourquoi là ? »

Le chevalier : « La plage était un lieu de débarquement ou d’embarquement pour des tas de cargaisons sur de nombreux bateaux. Il y avait toujours besoin de main d’œuvre. »

Samuel : « Donc les gens qui travaillaient pas allaient sur la grève pour travailler. »

Max : « Je vois pas comment c’est devenu la grève qu’on travaille pas… »

Le chevalier : « Bah… A vrai dire cela me paraît un peu confus. Sauf si on ne reprend qu’une partie du petit résumé de Samuel. »

Léo : « Les gens qui travaillaient pas allaient sur la grève. C’est devenu ils font grève. »

Max : « Mouai… Donc nous, on est sur la Plage des Grèves d’en bas c’est à dire la plage des plages d’en bas. »

Samuel : « Bon, ça suffit l’étymologie ! Bonome, la carte ! »

Vue aérienne de la Plage des Grèves d’en bas (Source : géoportail)

Samuel : « Alors il y a la petite pointe. On voit des cailloux dessus. Ce sont les Roches Massé ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Samuel : « Je suppose qu’on va étudier les rochers puis après tu vas cavaler jusqu’à la pointe. »

Vue aérienne de la Pointe des Guettes (Source : Géoportail)

Le chevalier : « La Pointe des Guettes. Guettes comme guetteurs. »

Max : « Petit Sam a dit que ça suffit l’étymologie ! »

Samuel : « Et après ? »

Le chevalier : « Nous traverserons la Plage de la Fosse pour aller observer d’autres roches. »

Vue aérienne de la Plage de la Fosse (Source : géoportail)

Samuel : « On va faire la géologie ! Chouette alors ! »

Léo : « J’ai hâte d’y être ! »

Max : « Alors allons-y ! Le programme est devant nous 🙂 »

Les Roches Massé

Max : « On arrive… Bonome ! Pour une fois c’est pas du grès ! »

La Pointe de la Guette

Léo : « La géologie compliquée commence ? »

Le chevalier : « Ce ne sera pas très compliqué aujourd’hui. »

Yann : « Pour vous peut-être ! Je débute moi ! »

Samuel : « Nous allons t’expliquer cousin breton 🙂 »

Léo : « Ah bah ça c’est pas du grès 🙂 Ça change ! Des roches tout mélangées… »

Max : « On va voir de plus près ? On peut descendre de ta poche et cavaler sur le terrain ? »

Le chevalier : « Autorisation accordée ! »

Max : « On descend. Vas-y Yann ! »

Yann : « J’y vais ! »

Max : « A mon tour ! »

Léo : « Vous avez traîné 🙂 Alors… Il y a clairement deux types de roches… »

Des roches mélangées

Des roches mélangées

Max : « Commençons pas la plus claire. Bonome tu fotoes ! »

Le chevalier : « Je fotoe 🙂 »

La diorite

La diorite

Max : « Léo, tu explique à Yann ? »

Léo : « Si tu veux Maxou. Bon, Yann, tu vois sûrement des espèces de grains de couleurs variées. »

Yann : « Je vois. »

Léo : « Ce sont des cristaux. Les cristaux c’est quand les atomes s’assemblent bien en ordre. Là, les cristaux sont visibles à l’œil nu et ils sont collés les uns aux autres. C’est ce qu’on appelle une structure grenue. »

Yann : « C’est grenu ? C’est parce qu’il y a comme des grains ? »

Léo : « Exactement Yann ! »

Samuel : « Bravo cousin breton ! Bravo ! »

Max : « Il y a des cristaux sombres mais surtout des clairs ce qui fait que la roches paraît plutôt claire. Bonome, tu as pas un mot compliqué que personne connaît à part toi pour dire que la roche est claire ? »

Le chevalier : « Je dirais que c’est une roche leucocrate. »

Léo : « Grenue, leucocrate… Si je me souviens bien, quand c’est clair c’est qu’il y a beaucoup de silice. Le sombre, c’est les minéraux riches en fer et en magnésium. »

Samuel : « Donc là, la roche est riche en silice mais aussi en ferromagnésiens. »

Max : « Vous voyez du quartz vous ? »

Léo : « Non. »

Samuel : « Non plus. »

Yann : « C’est quoi le quartz. »

Léo : « Pour faire simple, c’est de la silice pure. Là, il y a pas de quartz donc la roche est pas saturée en silice. »

Yann : « Rholala ! Comment vous savez ça ? »

Samuel : « Les petizours ça aime beaucoup la géologie 🙂 »

Yann : « J’en ai pas fait beaucoup mais c’est vrai que c’est intéressant. Pourtant c’est pas pour ça que je sais quand la roche est pas saturée en silice. »

Léo : « Petit Sam te l’a déjà dit Yann : nous ça fait des années qu’on cavale partout avec bonome. »

Max : « Tu peux pas tout savoir tout de suite. »

Samuel : « Résumons : nous sommes face à une roche grenue leucocrate sans quartz. »

Léo : « Je me trompe si je dis que les cristaux blancs sont des plagioclases ? »

Le chevalier : « Non Léo. »

Léo : « Et dans le coin en haut à gauche il y a des cristaux gris, brillants et qui font comme des feuillets. C’est pas un mica ça ? »

Le chevalier : « Si Léo. »

Léo : « Et en noir ce sont certainement des pyroxènes. »

Max : « Comment tu sais ça toi ? »

Léo : « Ben… J’ai un peu étudié la pétrographie. Mais je sais pas tout encore. »

Max : « Il sait pas tout encore ! Il trouve les plagioclastes, les pires obscènes et même Mica et il dit qu’il sait pas tout… »

Léo : « Plagioclase et pyroxènes Maxou. »

Le chevalier : « Il faudrait ajouter quelques amphiboles. »

Léo : « C’est une diorite ? »

Le chevalier : « Il me semble bien. »

Samuel : « Elle vient d’où la diorite ? »

Max : « D’un magma petit Sam. Il s’est formé en profondeur et contenait de la silice, du fer, du magnésium… Ce magma est remonté mais il s’est arrêté en profondeur ce qui fait que les cristaux ont eu le temps de bien se développer. »

Léo : « Ça dit pas d’où vient ce magma. Il me semble, mais je suis pas sûr, que les magmas à l’origine des diorites se forment dans des contextes de distension ou de subduction… »

Yann : « Là je suis perdu. »

Max : « Mais non 🙂 On t’a expliqué la tectonique. »

Yann : « Quand les plaques se déplacent à cause des mouvements de convection en dessous ? »

Max : « Oui Yann. Parfois, deux cellules de convections sont dos à dos ce qui fait que les plaques, au-dessus, se séparent. C’est ça la distension. »

Yann : « Je vois. »

Max : « Parfois une plaque se déplace vers une autre. Si c’est de la lithosphère océanique qui rencontre de la lithosphère continentale, il y a subduction. La lithosphère océanique est plus dense que la lithosphère continentale alors elle s’enfonce dessous. Et en s’enfonçant, elle fond et… »

Léo : « Et elle donne un magma andésitique ! Ou dioritique ! C’est pareil ! L’andésite c’est la forme microlithique de quand la lave arrive à la surface et fait l’éruption volcanique. Bonome, c’est un magma qui montre une subduction ? »

Le chevalier : « J’aime beaucoup ton hypothèse mon Léo. »

Samuel : « Si tu parles d’hypothèse c’est que tu sais pas bonome 🙂 »

Le chevalier : « Je ne sais pas si ces diorites ont été datées mais je peux affirmer qu’elles ont une longue histoire. Elles viennent peut-être d’un magma intrusif. Mais il est également possible qu’elles proviennent du métamorphisme de roches volcano-sédimentaires. »

Samuel : « Dans les deux cas il y a eu remontée de magma puis métamorphisme. »

Max : « On passe à l’autre roche ? »

Samuel : « Il faut trouver un bel échantillon… »

Max : « Là ! »

Max : « C’est quoi les trous ? »

Léo : « Max, on a déjà vu au four à chaux de Kraozon, dans les basaltes en coussins ! »

Max : « Ah oui ! Les scientifiques ont pris des échantillons pour étudier. »

Samuel : « Cette roche est bien noire. »

Le chevalier : « On dit qu’elle est mélanocrate. »

Max : « On voit pas de cristaux du tout. »

Le chevalier : « Nous en verrions au microscope optique. »

Léo : « Et c’est une roche microgrenue ? »

Le chevalier : « Oui Léo. C’est un filon de dolérite. »

Yann : « Tu connais les dolérites Léo ? »

Léo : « C’est comme le basalte mais en microgrenu. »

Yann : « Et qu’est ce que tu déduis de la présence de ces dolérites ? »

Léo : « Mmmm… Je dirais qu’il y a eu une distension mais pas suffisante pour qu’une dorsale apparaisse. Il y a eu distension quand même. Le continent s’est étiré. Du coup, le magma est remonté et il s’est infiltré dans les cassures. »

Max : « Bonome, avec un Léonou aussi en forme, on a plus besoin de toi. Tu peux aller t’asseoir et pétuner en te caféinant. »

Léo : « Je préfère pas. Je suis pas sûr de moi. Et puis je sais pas les dater moi ces dolérites. »

Le chevalier : « Dévonien terminal ou Dinantien précoce. »

Max : « Le Dinantien c’est le début du Carbonifère. »

Samuel : « On sait donc que les diorites datent d’avant ça. Ça va cousin breton ? Tu suis ? »

Yann : « Oui. Vous m’impressionnez. »

Léo : « On dit rien de très compliqué tu sais. Bonome pourrait lui. »

Le chevalier : « Oui mais il a pas envie 🙂 »

Max : « On peut voir le contact entre les deux roches ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Léo : « Je vais grimper là-bas pour donner l’échelle ! »

Le contact

Le contact

Le contact

Le contact

 

Max : « Il est plutôt net le contact… C’est étrange. »

Léo : « Je m’attendais plutôt à ce que la roche encaissante ait au moins un peu cuit. »

Samuel : « Elle aurait pu fondre aussi. »

Max : « Comme ici ? »

Des roches mélangées

Des roches mélangées

Léo : « Là ça m’étonne moins. Le magma s’est un peu mélangé avec les diorites. »

Samuel : « Il y a même des enclaves de diorite dans la dolérite. »

Max : « Bonome, on a tout vu ici ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Vous avez tout retenu les cousins ? »

Samuel : « Il y a des diorites non datées d’origine volcano-sédimentaire métamorphisées qui sont parcourues par des filons de dolérites fini-dévoniennes ou carbonifères précoces. »

Max : « Ça c’est petit Sam ! Bravo petit Sam ! Bravo ! Tu vois Yann, si on demande ce qu’on a vu à la Plage des Grèves d’en bas à Samuel dans des années, il redira exactement la même chose ! »

Léo : « Notre petit Sam a une mémoire prodigieuse ! »

Max : « Et il résume toujours très bien 🙂 »

Le chevalier : « Et il va ajouter que vous le gênez là. »

Samuel : « Oui, je suis un peu gêné là… »

Le chevalier : « Il ne faut pas mon petitours. Les machins, pochage ! »

Max : « ON EST PAS DES MACHINS ! »

Le chevalier : « Des petits machins que j’aime de tout mon cœur 🙂 »

Max : « On est pas des machins quand même ! Ta phrase marche aussi avec des petizours ! »

Léo : « Maxou, cesse de ronchonner et grimpe. Tu nous retardes là ! »

Samuel : « La marée va monter et on va se noyer ! »

Yann : « On t’attend nous ! »

Max : « J’arriveeu ! »

Léo : « Tu vas tout cavaler jusque à la Pointe des Guettes ? »

Le chevalier : « Oui. Il fait beau. C’est vivifiant ! »

Max : « D’habitude tu dis ça quand il fait froid. Il fait pas froid là. »

Le chevalier : « Alors disons que c’est agréable de cavaler au bord de la mer par beau temps. »

La dune

Samuel : « La dune recule… »

Max : « On voit qu’elle est coupée. »

Léo : « La mer avance… »

La dune

La dune

Yann : « C’est vrai que parfois la dune recule de plusieurs mètres pendant une tempête ? »

Max : « Ça arrive. »

Yann : « Ça pourrait se passer ici ? »

Léo : « Ben… Quand on voit la dune dans cet état… Ça s’est déjà produit Yann. »

Samuel : « Si on revient dans quelques années, la dune sera encore plus loin. »

Max : « Normalement une dune c’est en pente douce face à la mer. »

Léo : « Là, elle est coupée nette. »

Samuel : « Cousin breton, je suis étonné que cousin Max se soit pas encore énervé à cause des zoms qui détraquent tout alors je propose qu’on regarde plutôt le fou de Bassan. »

Yann : « D’accord petit cousin 🙂 »

Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)

Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)

Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)

Fou de Bassan (Morus bassanus, Sulidés)

Léo : « C’est vraiment un beau zoiso le fou de Bassan. »

Yann : « C’est vrai qu’il est fou dans sa tête ce zoiso. Parfois, il pique à toute vitesse vers l’eau, il replie ses ailes dans le dos comme ça et il ploufe ! »

Max : « Il pêche Yann. »

Léo : « Le plus impressionnant c’est sa façon de nager sous l’eau pendant plusieurs mètres pour attraper un poisson. »

Samuel : « Morus bassanus, Sulidés. »

La Plage des Grèves d’en bas

Léo : « On vient de là-bas… »

Max : « Et on va là… »

La Plage des Grèves d’en bas

Samuel : « La Plage des Grèves d’en bas… »

Yann : « Je suppose que nous allons étudier l’autre pointe. »

Max : « Oui Yann. »

Une autre pointe

Yann : « Vous allez faire toute la côté du Pays de Penthièvre ? »

Max : « C’est ce qui est prévu 🙂 N’est-ce pas bonome ? »

Le chevalier : « Nous allons en parcourir une grande partie. »

Yann : « Vous savez expliquer ça ? »

Une plage fossile

Samuel : « Je suis sûr que toi aussi cousin breton. Observe bien et dis ce que tu vois. »

Yann : « Il y a du sable empilé. Ça fait des couches. Et de temps en temps il y a des lits de galets plus ou moins gros. »

Samuel : « A quoi ça te fait penser ? »

Yann : « Je sais pas… Des galets il y en a aussi en haut de la plage. Et puis le sable c’est surtout sur les plages. »

Samuel : « Oui cousin breton. Continue… »

Yann : « Je continue quoi ? »

Samuel : « Ben à expliquer ce qu’on voit ! »

Yann : « J’ai peur de dire des erreurs moi… »

Samuel : « Ça arrive de dire des erreurs. »

Yann : « Ben… Je dirais… Que c’est comme des plages empilées les unes sur les autres. Et si les gros galets sont en haut des plages, alors il y a des hauts de plage et des bas de plage empilés dans cette falaise. »

Samuel : « Ce qui veut dire… »

Yann : « Que le niveau de la mer aurait beaucoup changé au fil du temps. »

Léo (à Max) : « Petit Sam fait la maïeutique avec Yann. »

Max (à Léo) : « Il s’en sort bien notre cousin breton 🙂 »

Yann : « J’ai bon ? »

Max : « Oui Yann. Ce sont bien des plages fossiles que nous avons face à nous. Bonome, tu sais de quand elles datent ? »

Le chevalier : « Mmmm… Elles ont moins de 500 000 ans. Oui, je dirais que la plus ancienne à environ cet âge et la plus récente doit avoir 10 000 ans… »

Max : « Et tout en haut, il y a le sol actuel. »

Yann : « Ça explique pas les petits trous tout en haut. »

Léo : « Les petits trous ? Ce sont des nids de zoisos Yann. Probablement des nids d’hirondelles de rivages. »

Max : « On sait la plage fossile maintenant. On peut avancer. C’est encore les diorites ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Alors je descend et je cavale pour aller donner l’échelle. »

Le chevalier : « Si tu veux. »

Max sur la diorite

Léo : « Elles sont bien altérée les diorites… »

Samuel : « Avec l’eau de mer… Il doit y avoir des tas de réactions chimiques. »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Tu vas cavaler là-dessus ? »

Le chevalier : « Je ne vais pas cavaler Maxou. Je vais avancer prudemment. »

Pointe de la Guette

Max : « Avance doucement bonomou, qu’on profite de la vue sur le Cap. »

Vue sur le Cap Fréhel

Léo : « Je rêve ou il y a un autre filon de dolérite là. »

Le chevalier : « Tu ne rêves pas Léo. On le voit d’ailleurs sur la vue aérienne que je vous ai montrée tout à l’heure. Regarde. »

Vue aérienne de la Pointe des Guettes (Source : géoportail)

Yann : « C’est la bande grise ? »

Le chevalier : « Oui Yann. »

Léo : « Je peux aller sur la diorite ? »

Max : « Toi tu veux te faire fotoer 🙂 »

Léo : « C’est pas tous les jours qu’on voit des diorites. »

Le chevalier : « Vas-y Léo. »

Léo : « J’y suis ! Et tu fotoes la diorite aussi s’il te plaît. »

Léo sur la diorite
La diorite

Yann : « Pourquoi elle est couleur rouille ici ? »

Léo : « Elle doit être altérée. Il y a des minéraux riches en fer dans les diorites. Ils donnent du fer qui s’oxyde. Ça donne de l’oxyde de fer qu’on appelle la rouille. »

Yann : « La roche est rouillée alors. »

Léo : « Il vaut mieux dire qu’elle est oxydée. Mais c’est un peu pareil. »

Yann : « Je savais pas que les roches pouvaient rouiller. »

Samuel : « Ben, quand elles sont riches en fer ça arrive fréquemment. Bonome, j’ai vu quelque chose. Je descend et je te montre… C’est là, ça… »

La découverte de Sam

Max : « Ces drôles de zanimos ont colonisé une palette de bois. C’est qui ces zanimos ? »

D’étranges zanimos

D’étranges zanimos

Le chevalier : « Des Crustacés. »

Max : « Bonome, tu sais qu’il y a du soleil ? Il faut mettre la casquette quand il y a du soleil sinon il chauffe ta tête et ton cerveau fond. Et après tu dis des erreurs. On a déjà vu des Crustacés et c’est pas comme ça. »

Léo : « Le cerveau qui fond… Ça faisait longtemps 🙂 »

Samuel : « Ce sont des crustacés ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Elles sont où leurs pattes ? »

Le chevalier : « Devant ta truffe Maxou. »

D’étranges zanimos

Max : « Ce sont les machins un peu enroulés ? »

Le chevalier : « Absolument. »

Léo : « Parle-nous de ces Crustacés. »

Le chevalier : « Ils ont une carapace constituée de plusieurs plaques calcaires séparées par un inter tégument noir. Il me semble que ces plaques sont au nombre de cinq. Ces plaques forment le capitulum. Il est fixé au substrat par le pédoncule. Ici, il est tout desséché. Il se forme par transformation des antennes de la larve. »

Max : « Ce machin est fixé par ses antennes ? »

Le chevalier : « On peut le dire comme ça 🙂 Les pattes sont transformées en cirres. Elles ne servent plus à la locomotion puisque l’animal est fixé mais elles battent l’eau et ramènent du plancton vers la bouche de l’animal. Comme les pattes sont transformées en cirres on les appelle des Cirripèdes. Vous en connaissez déjà des Cirripèdes. »

Max : « Des Crustacés bizarres fixés par leurs antennes ? J’en connais moi ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Tu as même fait un sapro jeu de mot avec leur nom. »

Max : « Des Cirripèdes.. AH MAIS OUI ! Les machins bizarres que quand tu marches dessus c’est là chtamales ! Les Chtamales ! Oui oui oui ! On dit parfois les balanes ! Ça dépend des espèces. Léo, tu connais les chtamales ? »

Léo : « Ben oui. Il y en a partout sur les roches en mode battu. »

Yann : « Ce sont les petits machins qui couvrent les rochers et qui sont un peu en forme de cônes ? »

Samuel : « Oui cousin breton. »

Yann : « Il y en a même sur les moules parfois ! »

Max : « C’est ça. Donc les zanimos que petit Sam vient de découvrir sont des cousins des chtamales ou des balanes. »

Le chevalier : « Oui, ce sont des Cirripèdes eux aussi. »

Léo : « Il y en a d’autres des Cirripèdes ? »

Le chevalier : « Autrefois les Cirripèdes étaient divisés en deux ordres : Pedonculata et Sessilia. Selon les classifications modernes il y en aurait cinq. Mais c’est un peu compliqué. »

Max : « En plus on en connaît pas assez pour comprendre. Tu peux nous dire l’espèce de ce zanimos ? »

Le chevalier : « Ce sont des Anatifes. Lepas anatifera, Lepadidés. »

Léo : « C’est normal que j’entende Anas dans ce nom ? »

Max : « Anas ? C’est les canards ! »

Le chevalier : « Oui et oui 🙂 Vous avez tous les deux raisons. »

Samuel (à Yann) : « Cousin breton, je crois que bonome va encore nous raconter une belle histoire 🙂 »

Yann (à Samuel) : J’aime bien quand il raconte des histoires. »

Max : « Bonome, tu as entendu tes petizours ? Raconte ton histoire 🙂 »

Le chevalier : « Tu ne diras pas que mon cerveau à fondu ? »

Max : « Non bonomou. »

Le chevalier : « D’accord. Anatife est un diminutif d’anatifère. »

Léo : « C’est le latin ancien ! Ferre veut dire porter ! »

Max : « Ça porte des canards ? »

Le chevalier : « Anatifère veut effectivement dire qui porte, au sens de engendrer, des canards. »

Max : « Là il faut que tu expliques. »

Le chevalier : « Remontons le temps et rendons nous en Écosse en je sais plus quel siècle. Les bernaches étaient bien connues mais personne ne savait où elles migraient et où elles se reproduisaient. Ce qui fait que le mystère planait sur leur naissance. Or, il se trouve qu’avec un peu d’imagination, les anatifes ressemblent au cou et à la tête des bernaches. »

Max : « Quelles bernaches bonome ? »

Le chevalier : « Probablement la Cravant. »

Max : « D’accord. Ils boivent beaucoup du whisky les écossais non ? »

Le chevalier : « Oui Max. Mais quel rapport avec ce que je dis ? »

Max : « Parce que sans boire le whisky je vois pas bien comment on peut trouver que les anatifes ressemblent à des têtes et des cous de bernaches fussent-elles Cravant. »

Samuel : « Cousin Max : un point ! »

Max : « Merci petit Sam 🙂 »

Léo : « Néglige bonome et raconte ! »

Le chevalier : « Vous avez pu voir que les anatifes se développent bien sur le bois flotté. »

Yann : « Oui bonome 🙂 »

Max : « Tu l’appelles bonome ?! »

Léo : « Chuuut Max ! »

Le chevalier : « La légende dit que le bois flotté se transformerait petit à petit en anatifes qui ne seraient que des petites bernaches ne demandant qu’à se développer. »

Yann : « C’est une drôle d’histoire ça. »

Le chevalier : « Oui 🙂 Mais c’est vraiment ce que pensaient les gens autrefois et cela explique le nom des anatifes. »

Léo : « Elles sont parfois bizarres les histoires anciennes. »

Max : « C’est à cause du whisky ça. Il faut pas en boire sinon après on voit des Crustacés qui se transforment en zoisos et c’est pas possible. »

Yann : « Moi j’aime bien cette histoire même si elle est pas vraie. »

Samuel : « Moi aussi. »

Max : « On continue ? »

Le chevalier : « On continue. »

Max : « Alors dis moi ce que c’est que cette roche ? »

Un drôle de rocher

Un drôle de rocher

Le chevalier : « Aucune idée. »

Max : « C’est pas une roche ça le ‘aucunidé’. »

Le chevalier : « Je n’y peux rien moi. »

Max : « Alors que quand c’est Léo ou petit Sam qui te demandent quelque chose tu expliques tout, tu racontes des histoires et quand c’est moi j’ai simplement droit à cette réponse… »

Le chevalier : « Désolé Maxou. »

Max : « Léo, tu sais toi ? »

Léo : « Pas plus que bonome… »

Max : « Alors on saura pas cette roche ? »

Le chevalier : « Ben non. »

Max : « D’accord. Nos lecteurs vont nous prendre pour des béotiens. »

Le chevalier : « C’est embêtant. »

Léo : « Euh… C’est pas comme si on avait des tonnes de lecteurs… »

Max : « C’est pas parce qu’on en a trois qu’il faut les négliger… »

Samuel : « On les néglige pas. Bonome, avance ! »

Le chevalier : « Oui petitours 🙂 »

Max : « On va là ? »

La Plage de la Fosse

Le chevalier : « Oui. Si tu n’es pas contrarié par le fait que je cavale sur des cailloux tout cassés. »

Max : « Tu vas être prudent ? »

Le chevalier : « Non. J’ai très envie de tomber et de me faire très mal. Je voudrais être tout cassé moi. »

Max : « Très drôle. »

Le chevalier : « Zutalor ! J’ai traversé la zone dangereuse sans tomber ! »

Max : « Vas-y, moque toi de moi… »

La Plage de la Fosse

Léo : « Il y a de nouveau des grès… »

Samuel : « On voit le Cap de mieux en mieux. »

Max : « Il y a des roches noires. Ce sont encore les dolérites ? »

Le chevalier : « Tu vas voir Léo 🙂 Voici donc notre prochain objectif… »

La prochaine étape

Max : « On y va bonome, on y va ! »

Le chevalier : « Je propose que nous remontions en haut de la dune pour avoir une vue globale sur la Plage de la Fosse. »

Max : « C’est toi le chef bonome. »

Yann : « C’est surtout toi qui cavales 🙂 »

Samuel : « Tringa megapus 🙂 »

Le chevalier : « C’est juste un petit détour. Le temps de remonter sur le chemin… Voilà ! »

La Plage de la Fosse

Max : « Alors ça, c’est la Plage de la Fosse ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Tu as une histoire sur cette plage ? »

Le chevalier : « Non. Je n’ai pas d’histoire sur tous les endroits où nous allons. »

Yann : « C’est bien dommage. »

Léo : « Toi aussi tu aimes les histoires ? »

Yann : « Oui. Beaucoup. Comme ça on connaît mieux les endroits où on va. Je sais pas comment dire… On se les approprie un peu. C’est comme si ils étaient à nous ces beaux endroits. »

Samuel : « Tout à fait d’accord avec toi cousin breton. Et on retient mieux. Sinon les souvenirs s’estompent et c’est bien dommage. »

Yann : « Oui. Là, on va se souvenir du petit avion en plastique et du koala des Roches Massé, les anatifes de la Pointe de la Guette… »

Max : « On peut revenir à la géologie s’il vous plaît ? »

Léo : « Oui Max. »

Max : « Parce que je sais pas si vous avez remarqué mais on est revenus aux grès. Pfff… »

Le chevalier : « Oui mais cette fois ce sont les grès de Fréhel. Jusque là nous n’avions observé que les grès d’Erquy. »

Léo : « Les grès de Fréhel reposent sur les grès d’Erquy ? »

Le chevalier : « Pas dans partie ouest du môle de Coëtmieux – Plévenon – La Latte. »

Samuel : « Le môle ? »

Le chevalier : « Je ne vous en ai pas encore parlé ? Il me semblait. Revoyons la carte géologique… »

Le môle de Coëtmieux – Plévenon – La Latte

Le chevalier : « Le point jaune montre Erquy. »

Max : « Alors il y a les Sables d’Or et l’Estuaire… Ensuite vers l’ouest, il y a ce qu’on explore depuis hier et puis au bout le Cap. »

Léo : « Si je dis pas des erreurs, les deux teintes de marron correspondent aux diorites et aux grès. »

Samuel : « C’est quoi à l’est ? »

Le chevalier : « Légendé k-o ? Ce sont les séries de la Heussaye. Je n’en parle pas pour le moment. »

Léo : « Et en turquoise ? »

Le chevalier : « Des amphibolites. »

Léo : « Tu en as déjà parlé ! Je me souviens. Ce serait des roches magmatiques basaltiques métamorphisées. »

Le chevalier : « Je dirais plutôt que ce sont des roches filoniennes doléritiques. »

Léo : « Bonome, c’est la même composition le basalte et la dolérite. C’est juste que l’un est microlithique alors que l’autre est microgrenue. »

Max : « Il est très en forme notre Léonou 🙂 Il reprend même bonome 🙂 »

Samuel : « Ça nous dit pas le môle ça. »

Le chevalier : « Un môle est une région ayant un comportement rigide. On voit bien sur la carte que le secteur est relativement uniforme et il est constitué de roches rigides. On parle parfois du Horst de Fréhel. »

Max : « Le horse ? Comme le cheval ? »

Le chevalier : « Le horst ! C’est… Un zone surélevée limitée par des failles normales. »

Max : « D’accord. Au départ Léo demandait si les grès de Fréhel reposaient sur les grès d’Erquy. »

Le chevalier : « A l’est du môle oui. A l’ouest ils reposent sur les diorites ou les gneiss dioritiques. »

Max : « Léo, as-tu ta réponse ? »

Léo : « Oui Max. Merci bonome. »

Le chevalier : « Je précise que la formation des grès de Fréhel, comme celle d’Erquy d’ailleurs, débute par un conglomérat. »

Max : « BEN VOILÀ ! C’EST ÇA ! »

Samuel : « Qu’est ce qu’il t’arrive cousin Max ? »

Max : « Les roches qui chiffonnent bonome dans l’Estuaire, vous vous en souvenez ? »

Léo : « Ben oui. »

Max : « Elles sont sur les grès d’Erquy ! »

Léo : « Oui encore. »

Max : « Et si c’était le conglomérat de base de la série de Fréhel ? »

Léo : « Bonne hypothèse. Tu en penses quoi bonome. »

Le chevalier : « Que c’est vraiment une bonne hypothèse Maxou. »

Samuel : « Ça va cousin breton ? »

Yann : « Je vous écoute. Mais je comprends pas toujours. »

Max : « Nous ferons un résumé ce soir si tu veux. »

Yann : « Je veux bien. Si je m’endors pas dès le retour. »

Léo : «:) Bon, on revient à nos grès d’ici. »

Les grès de Fréhel

Le chevalier : « Allons les voir… »

Max : « Après on va là-bas ? »

L’affleurement

Le chevalier : « Oui Max. Mais d’abord allons observer les grès de Fréhel. »

Une dalle de grès

Max : « On descend et on va voir ! »

Léo : « C’est parti pour la glissade. »

Yann : « Preums ! »

Samuel : « Deuze ! »

Max : « Quels gamins vous faites 🙂 »

Léo : « Viens Yann, on va sur les grès ! »

Yann : « Je viens 🙂 »

Yann et Léo sur les Grès de Fréhel

Max : « Bonome, il y a des fossiles dans les grès de Fréhel ? »

Le chevalier : « Non Max. Aucun fossile dans les Séries Rouges. Ces grès sont totalement azoïques. »

Max : « Zutalor ! On peut pas fossiler… »

Stratifications entrecroisées dans les Grès de Fréhel

Yann et Léo sur les Grès de Fréhel

Max : « Vous avez pas mis vos casques ? »

Léo : « On est pas sous une falaise ! »

Max : « Bonome, nos casques s’il te plaît. Petit Sam et moi on est sérieux. »

Samuel et Max

Léo : « D’accord. Bonome, le mien aussi s’il te plaît. »

Léo sur les Grès de Fréhel

Léo : « Il y a encore les stratifications entrecroisées… »

Samuel : « Ou en arrêtes de poisson… »

Yann : « C’est comme aux Sables-d’Or alors. »

Max : « Apparemment. La sédimentation qui a commencé avec les sables d’Erquy s’est arrêtée puis à repris avec le conglomérat et les sables de Fréhel. »

Samuel : « C’est quoi l’épaisseur des grès de Fréhel ? »

Le chevalier : « Il me semble avoir lu qu’il y a un premier niveau conglomératique d’un mètre, puis un second d’une dizaine de mètres avec des éléments plus grands puis 60 à 80 mètres de grès. »

Les Grès de Fréhel

Les Grès de Fréhel

Max : « Bon, ça suffit les grès. C’est quoi la suite ? »

Le chevalier : « Une pause pour profiter du paysage. »

Max : « Avec gratouillis ? »

Le chevalier : « Si vous voulez 🙂 »

Max : « Installe toi confortablement alors. »

Le chevalier : « C’est fait. »

Max : « Tu m’étonneras toujours. Tu es mal assis sur les rochers avec un bloc de grès comme dossier et tu te dis confortablement installé 🙂 »

Le chevalier : « Regarde la vue Maxou… »

La vue

Léo : « Je préfère être là plutôt quand dans un fauteuil confortable. »

Yann : « On est bien installés sur votre Tringa megapus 🙂 »

Max : « Il nous faudrait quand même des fauteuils. »

Le chevalier : « Je suppose que c’est moi qui les porterais. »

Max : « Tu as toujours un gros sacado toi. Ce sont pas trois fauteuils pour petizours qui t’alourdiraient ! Et puis ça te ferait du bien de faire un peu de sport. Tu aurais pas grossi ces derniers temps ? »

Léo : « Maaax ! »

Max (se tournant vers Léo) : « Tu voudrais pas un fauteuil toi ? »

Léo : « Si, mais pas sur le terrain. Je suis bien sur les genoux de bonome moi. »

Samuel : « Moi aussi. »

Le chevalier : « Merci mes petizours 🙂 »

Léo : « J’ai hâte de voir la suite. »

Samuel : « Tu as toujours hâte toi 🙂 »

Léo : « Tu as pas envie de savoir la suite ? »

Samuel : « J’ai vu les galets bleus presque noirs sur l’estran et la falaise. Je la connais la suite 🙂 »

Max : « Ah bon ? C’est quoi ? »

Samuel : « Un filon de dolérite dans les grès. »

Max : « C’est vrai bonome ? »

Le chevalier : « Petit Sam est très observateur. »

Yann : « Bravo petit cousin ! Bravo ! »

Max : « Et Yann a bien compris les habitudes de petit Sam 🙂 On va le voir ce filon ? »

Le chevalier : « Allons-y ! »

Max : « Attends quand même qu’on se poche ! Oulala ! On va pas y aller à pattes ! On est tout petits nous. »

Le chevalier : « Dépêchez-vous un peu. Tu traînes Max. Tu aurais pas un peu grossi ces derniers temps ? »

Samuel : « Et vlan cousin Max ! »

Max : « Pfff ! »

Léo : « Donc on va là… »

On va là 🙂

Léo : « C’est vrai qu’on voit les roches bleu-foncé. »

Max : « C’est un peu bizarre comme contact. »

L’affleurement

Samuel : « C’est pas bizarre ! C’est le filon qui est contre les grès. »

Max : « Et pourquoi on voit pas le filon en haut ? »

Léo : « Bonne question ça ! Bonome, tu sais toi ? »

Le chevalier : « Il s’est érodé plus rapidement que les grès. C’est ce que vous allez voir. »

Max : « D’accord. En attendant fais une foto de là où tu marches. »

Le chevalier : « Pour montrer à Princesse ? »

Max : « Oui bonome ! Il faut qu’elle sache tous les efforts que tu fais pour nous montrer la géologie. »

Le chevalier : « Je pensais que tu allais lui demander de me gronder avec comme motif quelque chose comme : mise en danger d’un grand chevalier. »

Max : « Un grand chevalier ? Tu en connais un toi ? »

Samuel : « Cousin breton, cousin Max aime bien polissonner mais il aime beaucoup son bonome. »

Yann : « J’avais bien compris petit cousin 🙂 »

Là où marche bonome.

Max : « Bon, tu fais attention à toi bonome. »

Le chevalier : « Non, je t’ai déjà dit que j’avais envie de tomber et de me faire mal. »

Max : « Tu es pas drôle. Cette ironie marche pas. »

Léo : « Ben voilà ! Là on le voit bien le filon de dolérite ! »

De bien beaux rochers

Yann : « Si j’ai bien compris les dolérites c’est quand il y a une distension. Ça crée des fractures et le magma remonte dedans. Mais il remonte pas jusqu’à la surface et ça donne le filon. »

Samuel : « Tu as bien compris cousin breton. »

Léo : « Ils sont tous orientés pareil je suppose ? »

Le chevalier : « Les filons de dolérite ? Oui Léo. N 160 à N 180 E. »

Léo : « Merci bonome. Je me souviens plus… Tu as dit quand ils se sont mis en place ? »

Max : « Ben oui Léo. Dévonien tardif ou Dinantien précoce. »

Léo : « Ah oui ! Zutalor ! J’avais oublié. Ils sont fini hercyniens ces filons. »

Yann : « Vu d’ici, il se remarque à peine ce filon. »

Vue générale du filon de dolérite

Max : « Je suppose qu’on va s’approcher. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Nous allons l’observer de près. Regarde… »

Vue un peu plus rapprochée.

Max : « Je propose que les petizours descendent et terminent à pattes. »

Léo : « Bonne idée ! »

Samuel : « On descend ! »

Le filon de dolérite

Léo : « Ah oui… Effectivement c’est tout altéré et érodé… »

Max : « Yann, je te rappelle que l’altération c’est un ensemble de réactions chimiques alors que l’érosion c’est mécanique : la pluie, le vent, le gel… »

Yann : « Merci Maxou. »

Max : « Pourquoi ça fait des boules ? »

Le filon de dolérite

Le chevalier : « Lors de son refroidissement le magma se contracte. Il se forme ce qu’on appelle des fentes de retrait. Et puis la tectonique a fait apparaître des diaclases. »

Léo : « Des diaclases ce sont des cassures mais sans déplacement. »

Max : « Donc il y a des tas de fractures dans tous les sens. »

Léo : « Je comprends ! Ces fractures laissent passer l’eau qui altère la roche. La roche altérée s’érode plus facilement et ça débite des blocs qui s’arrondissent peu à peu. »

Le chevalier : « C’est ça. »

Max : « Yann, viens. On va grimper sur les dolérites pour les fotos. »

Yann : « Je grimpe pas haut comme toi moi ! »

Max : « Mais non ! On va pas très haut. C’est juste pour donner l’échelle. »

Yann : « D’accord. »

Le filon de dolérite

Yann et Max sur la dolérite

Léo : « Bonome, j’ai remarqué quelque chose juste derrière Yann et Max. Regarde… »

Yann et Max sur la dolérite

Léo : « La roche altérée fait comme des couches. »

Le chevalier : « On dit qu’il y a érosion en pelures d’oignon. »

Samuel : « C’est très imagé 🙂 »

Max : « Tiens, un lézard des murailles… »

Lézard des murailles (Podarcis muralis, Lacertidés)

Lézard des murailles (Podarcis muralis, Lacertidés)

Max : « Bonome, c’est possible d’avoir un lézard-gardien ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou. Peut-être… Pourquoi cette question ? »

Max : « Parce qu’on en voit partout. Ce sont peut-être eux qui veillent sur nous pendant ce séjour. »

Léo : « C’est vrai qu’on a pas vu de pipit aujourd’hui. »

Samuel : « Bonome, tu me fotoes ? »

Le chevalier : « Oui petit Sam. »

Samuel sur la dolérite

Léo : « Moi aussi alors ! »

Léo sur la dolérite

Léo : « Fotoe là aussi s’il te plaît. Venez voir les machins ! »

Max : « Hééé ! Tu vas pas t’y mettre toi aussi ! Cou-sins ! Pas Ma-chins ! »

Léo : « Oui machin Max 🙂 »

Samuel : « Qu’est ce qu’il y a cousin Léo ? »

Léo : « Regarde là petit Sam. »

Samuel : « Ah oui 🙂 »

La dolérite

Max : « Ce sont de fins filons de quartz qu’on voit en blanc ? »

Le chevalier : « Oui Max. Ils sont apparus dans les diaclases. »

Léo : « La silice qu’il y a dans les minéraux est libérée lors de l’altération mais comme elle est pas vraiment soluble, elle se redépose presque tout de suite sous forme de quartz. »

Samuel : « Et on voit bien les pelures d’oignon. »

Max : « Bon, on a vu le filon. Allons observer le contact avec les grès… Suivez-moi ! »

Léo : « Oui chef Max ! »

Le filon

Max : « On voit bien le contact. Les grès sont coupés net. »

Le filon

Le contact avec les grès

Léo : « Mais ils ont pas l’air d’avoir été beaucoup modifiés… Il y a pas de métamorphisme de contact à cause de la chaleur ? »

Le chevalier : « Je suppose que la température de fusion des grès est supérieure à la température du magma qui est remonté. »

Léo : « Mmmmm… »

Max : « Pourquoi tu mmmmmes Léo ? »

Léo : « Ils ont quand même un peu cuit les grès juste au contact du filon. Tu connais la température de fusion du quartz bonome ? »

Le chevalier : « Environ 1600°C mais elle dépend du polymorphe de la silice considéré. »

Léo : « Oui, sûrement. Mais c’est au-dessus de 1200°C… Le magma doléritique était pas à 1200°C. Surtout dans un filon aussi mince. D’accord. »

Max : « On a tout vu ? »

Le chevalier : « Non, il y a ça… »

Un drôle de minéral

Max : « Ça ? Ça veut dire que tu sais pas ce que c’est ! 🙂 »

Le chevalier : « Effectivement… Un minéral rouge obtenu par altération… »

Léo : « Tu sais pas ? »

Le chevalier : « Non Léo. »

Léo : « Tant pis. »

Samuel : « Et ça bonome ? »

Un lichen

Le chevalier : « C’est un lichen mon petitours. »

Max : « Tu connais l’espèce ? »

Le chevalier : « Non mon petitours. »

Max : « Tant pis. »

Léo : « Je crois qu’on a tout vu ce qui était au programme pour aujourd’hui… »

Samuel : « Ça veut dire qu’on va rentrer… »

Yann : « Zutalor ! »

Samuel : « Ça nous laissera un peu de temps pour faire la bagarre ! »

Max : « Aïe ! On va encore se faire ratatiner. »

Léo (à Yann) : « Petit Sam est très fort à la bagarre 🙂 »

Yann : « Vous jouez à la bagarre ? »

Max : « Yann, nous sommes des juvéniles ! »

Léo : « On y peut rien ! C’est comme ça dans la nature… Les juvéniles se chamaillent et font la bagarre 🙂 »

Yann : « Et bonome vous gronde pas ? »

Max : « Ben non. Même que des fois il joue avec nous et il fait exprès de perdre. »

Yann : « Je suis curieux de voir ça ! »

Max : « Alors on rentre bonomou ! »

Un cairn

Un cairn
La Plage de la Fosse

Continuer la promenade

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