189 – Les Sables d’Or (1)

Samedi 24 février, An V

Léo : « Rholala ! On est en Bretagne ! »

Samuel : « Dans une chouette cabane en plus ! »

Max : « Bonome, il est tôt encore. Tu veux pas qu’on aille se dégourdir les pattes ? Il me semble qu’il y a un bel endroit juste à côté. »

Le chevalier : « Tu as aperçu l’Estuaire ? »

Max : « C’est un estuaire ? Avec un petit fleuve qui débouche dans la mer ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « On va le voir ? »

Le chevalier : « Maintenant ? »

Max : « Ben oui. Il est… Il est quelle heure ? »

Le chevalier : « Environ 16h. »

Max : « On a le temps avant le coucher du soleil ! »

Léo : « Une petite sortie pour prendre l’air breton ! »

Samuel : « S’il te plaît bonome ! »

Le chevalier : « D’accord 🙂 Je m’équipe et nous y allons. »

Les petizours : « Merci bonome ! »

Quelques minutes plus tard…

Léo : « Tu as mis ton équipement grand froid 🙂 »

Le chevalier : « La température est négative malgré le soleil. »

Max : « Tu dis pas que c’est vivifiant ? Quand il fait beau mais froid tu dis toujours que c’est vivifiant 🙂 »

Le chevalier : « Ça l’est 🙂 »

Samuel : « Tu as la carte pour montrer où on est ? »

Le chevalier : « Si vous voulez… La voici… »

LA carte géologique du secteur (BRGM Géoportail)

Max : « On est aux Sables d’Or ? »

Le chevalier : « Oui Max. Notre cabane est… là ! Sur la dune, en bordure de la route. »

Max : « C’est tout marron. »

Léo : « O-da, O-db, éta et delta ! »

Samuel : « Qu’est ce que tu racontes cousin Léo ? »

Le chevalier : « Léo a lu la carte 🙂 »

Léo : « Ce sont les symboles des roches. O-da et O-db… Ce serait pas l’ordovicien ? »

Le chevalier : « Bonne hypothèse Léo. Ce sont les séries détritiques d’Erquy-Fréhel. Nous verrons sur quoi elles reposent plus tard. Il me semble qu’elles sont datées du Dévonien moyen. »

Max : « Tu peux redonner l’âge s’il te plaît ? »

Le chevalier : « 393 à 387 millions d’années avant nos jours. Le Dévonien complet va de 419 à 372 Mans. »

Max : « Merci bonome. »

Samuel : « Eta et delta c’est quoi ? »

Le chevalier : « η ce sont des diorites qui constituent le socle dans le secteur. »

Samuel : « C’est quoi les diorites ? »

Max : « Je sais ! Ce sont des roches magmatiques grenues. C’est un peu comme le granite mais pas tout à fait. »

Le chevalier : « Oui Max. Elles se sont mises en place en profondeur. On peut les confondre avec le granite mais elles sont moins riches en quartz. Elles sont moins acides. Nous les verrons sûrement et j’en reparlerai. »

Léo : « Et delta ? Les roches représentées en turquoise ? »

Le chevalier : « Des amphibolites. »

Samuel : « On en a vu dans les Alpes ! Elles venaient du métamorphisme des basaltes ! Je me souviens ! »

Léo : « Petit Sam, tu as vraiment une mémoire prodigieuse 🙂 »

Le chevalier : « Effectivement notre petit Sam a une mémoire étonnante 🙂 Tu te souviens des boudins d’amphibolites du massif des Aiguilles Rouges ? »

Samuel : « Oui bonome 🙂 Le jour où nous avons téléphériqué et que nous nous sommes promenés dans les nuages. C’était… Après le merle à plastron juvénile et avant le sackung. »

Le chevalier : « C’est réellement prodigieux 🙂 Dans les Aiguilles Rouges les amphibolites que nous avons vues viennent du métamorphisme de basaltes signalant une déchirure continentale. Ce sont des méta-amphibolites. Mais les amphibolites peuvent également provenir de sédiments calcaires métamorphisés. On parle alors de para-amphibolites et  elles sont alors riches en grenats. »

Max : « Et ici, elles sont méta ou para les amphibolites ? »

Le chevalier : « Je n’en sais rien. Tu le leur demanderas 🙂 »

Max : « Très drôle bonome ! »

Samuel : « Je crois que ça veux dire qu’il faut arrêter avec la géologie compliquée. »

Le chevalier : « Je préférerais effectivement. Après une si longue chevauchée j’ai simplement envie de prendre l’air. »

Max : « Alors avance Tringa megapus ! »

Le chevalier : « Voici l’Estuaire ! »

L’Estuaire

Léo : « C’est bôôô ! »

Le chevalier : « Ce magnifique estuaire est également appelé La Bouche d’Erquy. »

Max : « C’est loin Erquy ? »

Le chevalier : « Non Max. La commune d’Erquy débute juste là, à gauche. »

Samuel : « Il y a la mer là-bas ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. Et je propose que nous allions lui dire bonjour. »

Max : « Proposition acceptée ! »

Léo : « Bonome, tu connais ce rocher ? »

Le chevalier : « Celui-ci ? »

La Roche du Marais

Max : « Tu en vois d’autres ? »

Léo : « Pardonne-le bonome, il ne sait pas ce qu’il fait 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 C’est un rocher de grès. Mais je ne sais pas si il est fait de grès d’Erquy ou de grès de Fréhel. On l’appelle la Roche du Marais ou la Gravelle. Une légende du Pays des Zoisos dit qu’il s’agit là d’un gravier que le fils de Pantagruel avait dans son soulier et qu’il secoua parce qu’il le gênait dans sa marche. »

Max : « Ça ? Un caillou dans une chaussure ? Une grande chaussure alors ! »

Léo : « Max ! Pantagruel est un géant ! Son fils aussi ! »

Max : « Elles sont parfois étranges les légendes du Pays des Zoisos. Bonome, tu te souviens des Fontaines Bleues ? »

Le chevalier : « Comment les oublierais-je mon Maxou ? »

Max : « Il faudrait y emmener petit Sam et Léo. Et puis je mettrai le lien quand je graverai mon blog. Mes nouveaux lecteurs connaissent pas forcément les Fontaines Bleues et c’est bien dommage… »

Les Fontaines Bleues

L’Estuaire

Léo : « C’est un bien bel estuaire. »

Samuel : « Il s’appelle comment le Petit Fleuve ? »

Max : « Il s’appelle le Petit Fleuve 🙂 »

Léo : « Des chevaliers gambettes ! »

Chevaliers gambettes (Tringa totanus, Scolopacidés)

Samuel : « Tringa totanus, Scolopacidés ! Samuel : un point ! »

Max : « On joue aux zoisos ? »

Léo : « Pourquoi pas ? »

Max : « Pfff ! Je vais encore perdre… »

Léo : « Charadrius hiaticulata, Charadriidés ! »

Max : « Ouça ? »

Samuel : « Là ! »

Grand gravelot (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)

Grand gravelot (Charadrius hiaticulata, Charadriidés)

Samuel : « Cousin Léo : un point ! »

Max : « Il a l’air pressé ce grand gravelot. Il doit avoir des trucs de grand gravelot à faire… Euh… Bonome, c’est quoi tout ça ? »

Sur l’estran…

Sur l’estran…

Le chevalier : « Je dirais que ce sont des buttes et tortillons d’arénicoles. »

Max : « C’est la reine Nicole qui a fait tout ça ? C’est qui la reine Nicole ? Tu la connais ? »

Léo : « Des arénicoles Max ! »

Samuel : « Cousin Max polissonne encore 🙂 »

Léo : « Bonome, tu nous a déjà montré les traces d’arénicoles à Kraozon. Normalement il y a comme un entonnoir côté bouche et un tortillon côté anus. Là on voit des tortillons sur des buttes… »

Le chevalier : « Quelques entonnoirs sont visibles sur la deuxième foto. »

Max : « Tu veux pas en faire d’autres ? »

Le chevalier : « Si tu veux Max. Voilà… »

Des traces de vers marins

Des traces de vers marins

Samuel : « Vous m’expliquez l’arénicole s’il vous plaît ? »

Max : « Bonome tu es sûr de toi ? Ce sont vraiment des arénicoles ? »

Le chevalier : « Non. Le seul moyen d’être sûr serait de déterrer l’un de ces vers. »

Max : « Non. On déterre pas les vers. On laisse les vers où ils sont ! ON EMBÊTE PAS LES ZANIMOS ! »

Léo : « Si ce sont pas des arénicoles ça reste des vers. Il faudrait dire des Annélides. Si je me souviens bien, les arénicoles ont des touffes de poils disposées régulièrement sur le corps. Ce sont donc des Polychètes. »

Max : « Famille des Arénicolidés. »

Arénicole (Arenicola marina, Arénicolidés)

Léo : « Les arénicoles se nourrissent de matière organique en suspension dans l’eau, des petits zanimos et petits végétos qui vivent dans le sédiments. Pour cela, ils avalent le sédiment. On dit qu’ils sont psammivores. Le tube digestif conserve la matière organique et le sédiment ressort par l’anus sous forme de tortillons. »

Le chevalier : « Pour faire avancer le sédiment dans son tube digestif, l’arénicole réalise des contractions musculaires tout au long de son corps. Ces contractions provoquent également un courant d’eau autour de l’animal ce qui lui permet d’avoir en permanence une eau riche en dioxygène. »

Max : « Comme ça il peut peut respirer ! »

Le chevalier : « Oui Max. Mais ces mouvements provoquent généralement l’obstruction de l’entonnoir. »

Léo : « C’est pour ça qu’on en voit pas beaucoup ! D’accord ! »

Max : « Petit Sam, il faut savoir que la galerie de l’arénicole forme un U. »

Léo : « On a vu ce genre de tube en U fossilisé à Port Lonnec ! »

Max : « Tu avais utilisé des mots compliqués que personne connaît à part toi ! »

Le chevalier : « J’ai dû parler d’ichnofossile du genre teichichnus. »

Max : « Peut-être. Un truc dans ce genre. Personne sait de quoi tu parles… »

Samuel : « Il avait quel âge ce tube en U. »

Le chevalier : « Environ 460 millions d’années 🙂 Il se trouvait dans les schistes de Postolonnec du Caradocien il me semble. »

Samuel : « Rholala ! Un tube en U de 460 millions d’années ! »

Ichnofossile du genre Teichichnus dans les schistes de Postolonnec.

Léo : « Rholala aussi ! Regardez cet estuaire ! »

L’estuaire

Max : « Egretta garzetta, Ardéidés ! »

Aigrette garzette (Egretta garzetta, Ardéidés)

Samuel : « Cousin Max : un point ! »

Max : « Ben oui ! Cousin Max va essayer de pas se faire ratatiner au jeu des zoisos qu’il a lui même inventé ! »

Samuel : « Cousin Max parle de lui à la troisième personne du singulier 🙂 »

Max : « Cousin Max va pas bien dans sa tête 🙂 »

Léo : « Enfin un peu de lucidité ! »

Max : « Toi le petitours à capuche on t’a pas parlé ! »

Léo : « Hééé ! Comment tu me parles ! »

Le chevalier : « Petit Sam, que dirais-tu d’utiliser deux petizours qui se prennent pour des foulques afin d’étudier le courant du Petit Fleuve ? »

Samuel : « Je trouve que ce serait une bonne idée 🙂 »

Max : « QUOI ? VOUS VOULEZ NOUS PLOUFER ? »

Léo : « Parce qu’on commençait à se chamailler… »

Max : « On se chamaille plus. »

Le chevalier : « La chevauchée m’a fatigué. Et vous avez peu dormi cette nuit. Mais ce serait bien de profiter de cette promenade dans le calme. »

Max : « Oui bonome. On est sages. »

Léo : « Promis. »

Samuel : « Qu’est ce qu’il est beau ce Petit Fleuve… »

Le Petit Fleuve

Le Petit Fleuve

Max : « Elle est étrange cette pointe de sable. Elle oblige le Petit Fleuve à se détourner… »

Le chevalier : « Revoyons la carte… »

Carte géologique du secteur (BRGM Géoportail)

Léo : « Ça t’aide à comprendre ? »

Le chevalier : « Pas vraiment… Cette pointe dunaire est au fond d’un baie protégée par des îlots ou des rochers.  »

Max : « Bonome, tout autour c’est du grès n’est ce pas ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Le grès est constitué d’au moins 80 % de grain de quartz cimenté par un ciment siliceux ou calcaire. »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Le grès qui s’érode donne du sable. C’est rigolo parce que le grès se forme à partir du sable 🙂 »

Léo : « Tu es poussière et tu redeviendras poussière… »

Samuel : « Tu étais sable et tu redeviendras sable… »

Le chevalier : « 🙂 Où veux-tu en venir Max ? »

Max : « Il y a du sable disponible un peu partout. C’est peut-être le vent qui l’apporte ici. »

Le chevalier : « C’est possible. »

Léo : « C’est peut-être la mer aussi. Elle apporterait le sable à marée montante. Le flot est souvent plus puissant que le jusant. Le sable arrive avec la marée montante mais repart pas à marée descendante. »

Le chevalier : « Je ne sais pas… On peut penser que le flot des marées et les vents dominants provoquent une dérive régulière du sable d’Est en Ouest créant ainsi la pointe sableuse qui repousse le cour du Petit Fleuve contre la Falaise des Hopitaux… »

Max : « Bonome, tu vas où là ? »

Le chevalier : « Je descends voir le Petit Fleuve. »

Max : « Bonome ! Tu vas tomber dans des sables mouvants là ! Ben voilà ! Tes pieds s’enfoncent ! SORS DE LÀ BONOME ! SORS DE LÀ ! »

Le chevalier : « Voilà Max. »

Max : « NON MAIS TU VAS PAS BIEN DANS TA TÊTE TOI ! TU AVAIS PAS VU QUE C’ÉTAIT DES SABLES MOUVANTS ? »

Le chevalier : « Des petits sables mouvants 🙂 »

Max : « Des petits sables mouvants… Pfff ! Mais qui m’a fichu un bonome pareil ? Il se sablemouvante et c’est tout l’effet que ça lui fait ! »

Le chevalier : « Je me suis à peine enfoncé. Et je sais en sortir… »

Max : « Oui je sais ! En diminuant la pression ! Il faut s’allonger et ramper. Le premier jour ! On vient d’arriver et… Non, mais je te parle plus. »

Léo : « 🙂 Ce sont les grès de Fréhel ? »

Les grès de Fréhel dans la Falaise des Hôpitaux

Le chevalier : « Il me semble bien. »

Samuel : « Ils sont tout penchés. »

Le chevalier : « Pendage d’environ 45 degrés. C’est étrange… Il me semble qu’à Fréhel ils sont sub-horizontaux… »

Max : « Bah ils se sont pliés pas loin d’ici… On verra ça plus tard. C’est quoi cette pointe rocheuse ? »

La Pointe du Champ du Port

Le chevalier : « La Pointe du Champ du Port. Elle est également constituée de grès de Fréhel. »

Max : « On ira ? »

Le chevalier : « Nous irons 🙂 »

Samuel : « Regardez derrière… »

L’Estuaire

Samuel : « C’est tout sous l’eau à marée haute ? »

Le chevalier : « Je suppose que cela dépend du coefficient mais je pense que c’est souvent sous l’eau. »

Max : « Il faudra pas venir quand c’est sous l’eau. Il y a peut-être des congres. »

Le chevalier : « Les congres préfèrent les fonds rocheux. »

Max : « Je veux pas essayer quand même ! Et on sait pas nager ! »

Léo : « On approche de la mer ! »

Samuel : « Et le vent souffle un peu 🙂 »

Max : « Bonjour le vent ! On est venu chez toi ! Merci de nous caresser le visage en soufflant doucement. Tu vas nous raconter des belles histoires de la Bretagne ? »

Le chevalier : « Mon petitours parle au vent. »

Max : « C’est parce qu’un jour, toi, le grand chevalier, tu lui as souri 🙂 »

Samuel : « C’est notre ami le vent ! »

Le chevalier : « Oui, nous sommes amis avec le vent… »

La Pointe du Champ du Port

La Pointe du Champ du Port

Samuel : « Branta bernicla, Anséridés ! »

Bernaches cravants (Branta bernicla, Anséridés)

Bernaches cravants (Branta bernicla, Anséridés)

Samuel : « Cousin Léo : deux points ! »

Max : « Et là ? C’est qui ? On dirait des bécasseaux sanderlings… »

Bernaches cravants (Branta bernicla, Anséridés) et bécasseaux sanderlings (Calidris alba, Scolopacidés)

Samuel : « Calidris alba, Scolopacidés ! Samuel : deux points ! »

Max : « Hé ! Mais c’est moi qui les ai vus le premier ! »

Léo : « Il faut donner le nom en scientifique Maxou, sinon ça compte pas ! »

Max : « Ben voilà ! Vous me volez mes points. Je vais encore perdre… »

Bernaches cravants (Branta bernicla, Anséridés)

Léo : « On a fait peur aux bernaches… »

Max : « Bof… Elles sont allées dix mètres plus loin… »

Samuel : « Les sanderlings s’envolent aussi… »

Bécasseaux sanderlings (Calidris alba, Scolopacidés)

Max : « On fait peur aux zoisos… »

Léo : « Chroicocephalus ridibundus, Laridés ! »

Mouettes qui rigolent (Chroicocephalus ridibundus, Laridés)

Samuel : « Cousin Léo : trois points ! »

Max : « Cousin Léo trois points… Pfff ! Des mouettes qui rigolent… On devrait même pas donner des points pour des mouettes qui rigolent… »

Léo : « Mauvais perdant ! »

Max : « J’ai pas encore perdu ! Et je suis pas un mauvais perdant, je suis un bon gagnant ! »

Samuel : « Tu perds parce que tu ronchonnes et tu regardes plus rien cousin Max. »

Max : « Je ronchonnerais pas si vous me voliez pas mes points… Larus argentatus, Laridés ! Et vlan ! Cousin max : deux points aussi ! »

Goéland argenté (Larus argentatus, Laridés)

Léo : « On est à la mer, en Bretagne. Notre ami le vent nous caresse le visage et bonome nous promène dès notre arrivée… »

Samuel : « Comment tu dis cousin Léo d’habitude ? Ah oui ! Rhooo la chaaance ! »

Max : « Oui la chance ! Merci bonomou 🙂 »

Le chevalier : « Merci à vous de m’accompagner partout 🙂 Profitez des bernaches et de la mer. Je ne vais pas tarder à faire demi-tour. »

Max : « Oui bonome… »

Bernaches cravants (Branta bernicla, Anséridés)

Max : « Les grès de Fréhel penchés et la Falaise des Hôpitaux… »

Les grès de Fréhel penchés et la Falaise des Hôpitaux

Léo : « Bonome, il y a des fossiles dans les grès rouges d’ici ? »

Le chevalier : « Non mon Léo. Aucun. »

Max : « Alors on va pas fossiler. Ce sont des grès d’estuaire ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Je vois. Tu es pas bavard. On verra les grès plus tard… »

La dune et le Petit Fleuve

Samuel : « Le sable a le reflet de l’or… Pourquoi ça s’appelle les Sables d’Or ici ? »

Le chevalier : « Bonne question mon petit Sam 🙂 J’y répondrai plus tard. »

Max : « Pourquoi pas maintenant ? »

Le chevalier : « Mmmm… Parce qu’une bonne éducation passe par l’apprentissage de la frustration 🙂 »

Léo : « On peut pas tout avoir tout de suite 🙂 »

Le chevalier : « Oui Léo 🙂 Et puis… Vous verrez… »

Max : « D’accord bonomou. »

Samuel : « Egretta garzetta, Ardéidés ! Samuel : trois points ! »

Aigrette garzette (Egretta garzetta, Ardéidés)

Max : « C’est la même que tout à l’heure ! J’ai eu un point avec cette aigrette garzette ! On peut gagner des points avec un zoiso déjà vu ? C’est possible ça ? »

Léo : « Rien ne dit que c’est la même ! »

Max : « On est passés il y a quarante minutes ! »

Léo : « Si tu prouve que c’est la même, on retire le point à petit Sam 🙂 »

Max : « Ben voilà ! C’est normal que je perde au jeu des zoisos avec ce genre de règle ! Pfff ! »

Léo : « Max, il y a qu’une seule règle au jeu des zoisos. Le premier qui donne le nom en scientifique du zoiso gagne un point. »

Samuel : « Regardez par terre… »

L’estran

Max : « On dirait… Comme de la poussière. »

Léo : « Tes pieds s’enfoncent bonome ! »

Le chevalier : « C’est étrange… C’est… moelleux 🙂 Ces sédiments sont d’une grande finesse. »

Max : « Mais c’est pas de l’argile ! Sinon ça serait vaseux ! »

Le chevalier : « Bonne remarque Max. Je ne sais pas. Le sol est calcaire dans le village… »

Max : « Le sol est calcaire ? Avec des diorites, des amphibolites et des grès ? Il vient d’où ce calcaire ? »

Le chevalier : « Aucune idée 🙂 J’ai lu dans un article du MNHN que le sol était calcaire ce qui est à l’origine d’une faune et d’une flore variée dans le village. Saviez-vous que cet Estuaire est classé ZNIEFF ? »

Max : « On est dans une Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique ? »

Le chevalier : « Absolument ! Et le village mériterait de l’être lui aussi. »

Léo : « C’est une bonne nouvelle mais ça explique pas ces sédiments… »

Le chevalier : « Désolé mon Léo. Je n’ai pas d’autres hypothèses… »

Léo : « Des particules calcaires extrêmement fines… Pourquoi pas ? »

Samuel : « Sables d’Or – les Pins… »

Max : « Bah oui ! C’est le nom du village ! Et alors ? »

Samuel : « Ouvre les yeux cousin Max ! »

Max : « Ah oui 🙂 Sables d’Or – les Pins… »

Sables d’Or – Les Pins

Le chevalier : « Évitons d’aller sous les pins… »

Léo : « Il y a des processionnaires du pin ? »

Le chevalier : « Il me semble bien. »

Max : « Comment on peut faire pour s’en débarrasser ? »

Le chevalier : « En installant des écopièges. »

Léo : « Il y a en a un peu partout. On en voit au Royaume des Bernaches dans la petite pinède. »

Samuel : « Ça fonctionne comment un écopiège à processionnaires ? »

Le chevalier :  « Vous avez déjà remarqué que les processionnaires se font des cocons collectifs au bout des branches des pins pour passer l’hiver. »

Max : « Bah oui ! On a des yeux bonome ! »

Le chevalier : « Au printemps, elles descendent vers le sol en procession. »

Max : « Puisque ce sont des processionnaires… »

Le chevalier : « Les écopièges sont des sacs qui récupèrent les chenilles lors de leur descente. »

Samuel : « C’est tout simple ! »

Le chevalier : « Oui petit Sam. »

Max : « Il faut installer des nichoirs à mésanges aussi ! J’ai lu qu’elles peuvent ingurgiter jusqu’à 40 chenilles par jour ! Elles se font même pas urtiquer elles. »

Léo : « Ça suffit les écopièges et les mésanges ? »

Le chevalier : « Pas toujours… Malheureusement. Et beaucoup de gens se font avoir par le processionnaires en allant observer les écopièges… »

Max : « Pfff ! Les zoms sont bêtes ! »

Léo : « On parle de la flore ? »

La chlic et le chloc 🙂

Max : « La chlic et le chloc 🙂 »

Le chevalier : « La slikke et le schorre ! »

Max : « Ben oui ! La chlic et le chloc 🙂 »

Léo : « Là c’est un schorre. On dit parfois un herbu. »

Samuel : « Je connais pas bien la chlic et le chloc moi. Vous m’expliquez s’il vous plaît ? »

Max : « Bonome nous sommes prêts pour ton exposé interminable et soporifique 🙂 »

Le chevalier : « Merci pour tes encouragements Max 🙂 Commençons par la slikke qui est très réduite ici. Slikke est un mot néerlandais qui signifie boue. »

Max : « Les mots néerlandais sont rares. Mais c’est normal. Il y a peu de hollandais connus. A part Ted. »

Le chevalier : « 🙂 Je pourrais demander des droits d’auteur 🙂 »

Max : « Bonome, c’est la sapro-blague la plus pourrie du monde des sapro-blagues. Personne la comprend celle là. Alors tu devrais être flatté que je la réutilise. »

Léo : « La slikke, bonome, la slikke ! »

Le chevalier : « C’est la zone qui est immergée et émergée deux fois par jour. Elle se trouve donc sous la le niveau moyen des pleines mers de morte eau. La végétation y est rare et limitée à quelques touffes de végétaux pionniers. »

Samuel : « Et le schorre ? »

Le chevalier : « Ce mot vient néerlandais schor qui signifie pré salé. Sa végétation est dense et il n’est immergé qu’au moment des hautes mers de vive eau. On peut parfois le subdiviser en trois étages : le bas-schorre, le moyen-schorre et le haut-schorre. Mais ici cet étagement n’existe pas. Il n’y a qu’un moyen-schorre. Sa végétation est rase et constituée essentiellement d’obiones. »

Léo : « Halimione portucaloides ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Famille des Amaranthacées.

Le Schorre

La micro-falaise

Le chevalier : « Cette foto illustre bien une phrase qu’on lit souvent. Le schorre est généralement séparé de la slikke par une petite falaise. »

Léo : « Un jour il faudra étudier attentivement la slikke et le schorre… »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Max : « Larus argentatus, Laridés ! En plus ils font sa toilette ! »

Goélands argentés (Larus argentatus, Laridés)

Samuel : « Cousin Max : trois points ! »

Le chevalier : « Fin du jeu ! »

Max : « Fin du jeu ? Maintenant ? Mais on est même pas encore à la cabane ! »

Léo : « Réfléchis un peu Maxou… »

Samuel : « Pense au score… »

Max : « Léo trois, Samuel trois et Max trois… D’accord ! Je te reconnais bien là mon bonome ! Egalité pour les petizours ! Nous avons tous gagné ! »

Le chevalier : « Bravo mes petizours ! Vous êtes tous les trois mon préféré 🙂 »

Le Petit Fleuve qui traverse le schorre.

Max : « Merci bonome pour cette promenade. »

Léo : « Ça fait du bien de prendre l’air après une longue chevauchée. »

Samuel : « Et on a déjà appris des choses ! »

Le chevalier : « Rentrons… »

Pinson des arbres (Fringilla coelebs, Fringillidés)

Continuer la promenade

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