174-3 La descente du Lac Blanc

Samedi 12 Août, An IV (fin)

Max : « Bon ben c’est parti pour la descente mon bonome. »

Léo : « On sait que tu aimes pas les descentes. »

Samuel : « Alors tu prends ton temps. »

Boris : « Et tu prends pas de risques. »

Le chevalier : « Merci mes petizours. Mais avant de ne pas prendre de risques je vais me prendre un café 🙂 »

Max : « Tu es un incorrigible caféinomane ! »

Le chevalier : « Oui Maxou 🙂 Profitez de la vue pendant que je vais me chercher mon précieux breuvage. »

Max : « Précieux breuvage ?! Beurk ! »

Léo : « Regardez comme c’est beau ! »

L’ancien refuge du Lac Blanc et l’Aiguille Verte

Samuel : « Si j’ai bien retenu c’est l’Aiguille Verte et les Aiguilles des Drus. »

Boris : « On dirait qu’elles brûlent les Drus ! »

Max : « Bonome pourrait nous expliquer ça si il était pas en train de faire la queue pour son précieux breuvage… »

Le chevalier : « Que pourrais-je vous expliquer ? »

Léo : « Les nuages qui semblent sortir des Drus. »

Le chevalier : « Je vois ça… A vrai dire je ne peux pas vous l’expliquer. »

Max : « Tu sais pas ? »

Le chevalier : « Absolument pas 🙂 »

Léo : « Tant pis. »

Boris : « Ça nous repose un peu 🙂 »

Samuel : « Chevalier, c’est le glacier des Bossons ça ? »

Le glacier des Bossons

Le chevalier : « Ce qu’il en reste. Et là, la Mer de Glace… »

La Mer de Glace

Max : « C’est déprimant… »

Boris : « Avez-vous remarqué les nuages ? Ils ont une base bien nette. En bas : pas de nuages. Et d’un coup, c’est tout nuagé ! »

Les Lacs des Chéserys, la vallée et less nuages

Le chevalier : « Ça je sais. Plus on monte en altitude, plus la température baisse. Or l’eau qui est sous forme de vapeur se condense à une température qui dépend de la pression. »

Max : « Je vois ! Cette température de condensation forme un plan imaginaire à peu près horizontal. »

Boris : « Et la base des nuages matérialise ce plan. »

Léo : « Il est pas imaginaire ce plan alors puisqu’on le voit ! »

Samuel : « C’est le Mont-Blanc là ? »

Le Mont-Blanc

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Et l’Aiguille du Midi… »

L’Aiguille du Midi

Léo : « Zoome sur le Mont-Blanc si tu veux bien bonome. »

Le chevalier : « Je veux bien. »

Les nuages lenticulaires

Léo : « Tu as vu les drôles de nuages qu’il y a au-dessus de lui ? »

Des nuages lenticulaires Altocumulus lenticularis

Le chevalier : « On parle de nuages lenticulaires. »

Max : « Tu recommences avec tes mots compliqués ? »

Le chevalier : « Ah non ! Là c’est simple. Si j’avais voulu faire compliqué j’aurais parlé d’altocumulus lenticularis ! »

Max : « Ah oui 🙂 Tu peux expliquer les nuages lenticulaires ? »

Le chevalier : « Je peux essayer. Ils sont, la plupart du temps, associés à des montagnes. En avançant, les masses d’air doivent s’élever pour passer au dessus de la montagne. »

Max : « Jusque là on comprend. »

Le chevalier : « En s’élevant la masse d’air est soumise à une détente adiabatique. »

Max : « Mouai… Une détente de diabétique… C’est quoi ça encore ? »

Le chevalier : « Détente adiabatique. Diminution de la pression sans échange de chaleur. Du coup l’air se refroidit. »

Max : « Tu fais la physique là. »

Le chevalier : « La thermodynamique, oui. »

Max : « C’est compliqué la thermodynamique. Il y a pas d’échange de chaleur mais ça se refroidit… »

Le chevalier : « Max, si ça peut te rassurer je n’ai jamais bien compris. J’admets. »

Max : « D’accord. Admettons 🙂 »

Le chevalier : « Donc la détente adiabatique provoque le refroidissement de l’air qui se sature en eau et il y a condensation de la vapeur en gouttes de pluie. Et hoplà le nuage ! »

Max : « Hoplà le nuage… »

Léo : « Je pourrais pas réexpliquer. »

Samuel : « Moi non plus. »

Boris : « Vous me rassurez. »

Max : « En conclusion nous pouvons dire que les nuages lenticulaires sont de très beaux nuages 🙂 »

Samuel : « D’accord avec ta conclusion cousin Max 🙂 »

Boris : « Sur la paroi la neige a l’air fraîche… »

La neige fraîche

Le chevalier : « Elle doit dater de cette nuit… »

Léo : « On est en Août et il neige ! »

Max : « On a vu la neige mais aujourd’hui il fait beau. Dites, on aurait pas un lac à inspecter nous ? »

Boris : « Si ! »

Léo : « J’ai hâte d’y être ! »

Le chevalier : « J’y cavale alors ! »

Un peu plus tard…

Le chevalier : « Nous y voilà ! »

Le lac supérieur des Chéserys

Max : « Ça c’est un beau lac… »

Samuel : « Le Lac Blanc est très beau lui aussi. »

Max : « Certes, mais celui-ci me paraît plus intéressant. Bonome, on peut s’approcher ? »

Le chevalier : « Soyez prudents… »

Max : « On descend et on est prudents ! »

Boris : « Vous voyez quelque chose ? »

Max : « Pas encore… »

Léo : « Non plus… »

Samuel : « Cousin Max ! J’ai trouvé un mini dragon ! »

Max : « Un dragonou ? Iléou ? »

Samuel : « Viens voir ! Là ! »

Un triton alpestre Mais on est pas sûrs

Max : « Un dragonou !!! Bonome ! Il y a un dragonou ! Bon, tu ploufes et tu le ramènes ! »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Quoi non ? Ben si ! »

Le chevalier : « Non Max. »

Max : « Si bonome ! »

Le chevalier : « Ce n’est pas un dragonou. »

Max : « C’est pas un dragonou ? C’est un dragounet alors ? »

Le chevalier : « Non plus. »

Max : « Un mini dragon ? »

Le chevalier : « Toujours pas. »

Max : « Ça a rien à voir avec un dragon ? »

Le chevalier : « Rien du tout. »

Max : « Zutalor ! »

Léo : « Là, il y en a deux… »

Deux tritons

Max : « C’est qui ces zanimos bonome ? »

Le chevalier : « Des tritons. »

Léo : « Des tritons ? »

Samuel : « C’est quoi les tritons ? »

Le chevalier : « Des Amphibiens. »

Max : « Je sais ! Chez les Amphibiens il y a deux groupes principaux : les amours et les hures modèles ! »

Le chevalier : « 😀 Les amours et les hures modèles… »

Max : « C’est toi qui me l’as dit. »

Le chevalier : « N’aurais-je pas plutôt dit Anoures et Urodèles ? »

Max : « Ben… C’est exactement ce que j’ai dit ! »

Le chevalier : « Oui Max, exactement. Petit rappel : les Anoures sont les Amphibiens qui n’ont pas de queue au stade adulte, comme les grenouilles et les crapauds. Les Urodèles conservent une queue même à l’état adulte. »

Boris : « D’accord. Eux, ils ont une queue donc ce sont des Urodèles. »

Léo : « Bonome, je sais pas bien les tritons moi mais je suppose qu’il existe plusieurs espèces. Tu connais celle-là ? »

Le chevalier : « Moi non plus je ne connais pas bien les tritons. Pour les identifier il faut généralement observer leur face ventrale. Et puis les guides ne montrent que les individus adultes… Là nous sommes en présence de juvéniles qui ont encore leur branchies externes. »

Max : « Tu sais pas alors ? »

Le chevalier : « Mmmmm… Non. J’aimerais que se soit des tritons crêtés (Triturus cristatus, Salamandridés). Ils devraient avoir les doigts noirs et jaunes… »

Max : « Et si c’est pas le triton crêté ? »

Le chevalier : « Le triton marbré… Triturus marmoratus. Mais ils ne sont pas assez verts et la ligne orange devrait s’étendre tout le long du corps… L’alpestre ? Oui, ça doit être ça… Des tritons alpestres, Ichthyosaura alpestris… »

Léo : « Des tritons ! Rhooo la chance ! »

Max : « Je vous avait dit qu’il avait l’air intéressant ce lac 🙂 »

Boris : « Et ça ? C’est qui ce zanimo ? »

Un dytique

Max : « Un flouïdé 🙂 »

Léo : « C’est un dytique ! »

Max : « J’en ai déjà vu moi ! Les Dysticidés forment une famille de Coléoptères presque tous entièrement aquatiques. La larve est appelée tigre d’eau. C’est un redoutable prédateur. Les adultes, je sais pas ce qu’ils mangent. Mais ils avancent en poussant en même temps des deux pattes arrières. Et puis, ils peuvent changer de mares en volant. Mais ils volent que la nuit. »

Samuel : « Tu en connais des choses cousin Max ! »

Max : « Moi aussi j’étudie parfois 🙂 »

Léo : « Et lui, tu le connais ? »

Une notonecte

Max : « Déjà vu aussi ! C’est une notonecte. Il en existe plusieurs espèces et avec une aussi moche foto on peut pas savoir. Souvent, elles marchent à la surface de l’eau mais par en-dessous et c’est rigolo. »

Le chevalier : « Ce sont des Hémiptères, comme les punaises. Elles sont d’ailleurs parfois appelées punaises d’eau et même abeilles d’eau. »

Léo : « Comment elles respirent ? »

Max : « Elles ont une lignes de poils le long de l’abdomen, en face ventrale. Ces poils coincent de l’air. Et comme elles se baladent juste sous l’eau avec le bout de l’abdomen qui dépasse, cet air se régénère. J’ai oublié de dire que les insectes ont des stigmates. C’est comme des trous dans la cuticule. Derrière le trou il y a des tubes appelés trachées, qui se ramifient et apportent l’air jusqu’aux cellules. »

Boris : « Et le dytique ? »

Max : « Le dytique ? Il emprisonne une bulle d’air sous ses élytres, ses grosses ailes de protection. Et les stigmates sont juste sous la bulle 🙂 »

Léo : « On continue à inspecter ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. Mais faites attention. »

Max : « On fait attention bonome. On sait pas nager nous… »

Samuel et Léo

Max

Boris : « J’ai trouvé un autre triton ! Regarde chevalier ! »

Boris

Un triton

Boris : « Il a pas l’air pareil que les autres… »

Le chevalier : « C’est vrai. Là, je dirais que c’est une femelle adulte… Mais de quelle espèce ? »

Boris : « Je te complique la vie… J’en suis désolé chevalier. »

Le chevalier : « Tu ne me compliques rien du tout mon cher Boris. C’est un vrai plaisir de t’avoir avec nous. »

Samuel : « ZOISO ! »

Max : « Zoiso ? »

Léo : « Zoiso !

Boris : « Vu ! »

Max : « C’était qui ? »

Léo : « Qu’est ce qu’il était grand ! »

Boris : « Vous avez entendu comme ça sifflait quand il est passé ! »

Léo : « Quel planeur ! »

Samuel : « Il est déjà tout là-bas et il a pas donné un seul coup d’ailes ! »

Max : « Bonome ? »

Le chevalier : « Je regarde le résultat… Ah oui, quand même ! »

Max : « Ah oui quand même quoi ? »

Le chevalier : « J’ose à peine vous montrer. »

Max : « Tu as raté ? C’est ça ? Tu as raté les fotos ? »

Le chevalier : « … Tenez, regardez… »

Un gypaète barbu Gypaetus barbatus, Accipitridés

 

Max : « C’est qui ce zoiso ? Léo, tu le connais ? Léo ? Léo, ça va ? »

Samuel : « Il a l’air en état de choc. Cousin Léo, parle nous ! »

Boris : « Qu’est ce qu’il lui arrive ? »

Max : « Bonome, c’est qui ce zoiso ? »

Le chevalier : « Un gypaète barbu. »

En entendant le nom de l’oiseau Léo tombe à la renverse…

Max : « Léo ! Qu’est ce qu’il t’arrive ? »

Samuel : « Cousin Léo ! Dis quelque chose ! »

Léo : « Un… Un gy… Un gypaète… Tu as bien dit un gypaète… barbu ? »

Max : « C’est le gypaète qui te met dans cet état ? »

Léo : « Un… gy…paaaa… »

Max : « Oui, un gypaète barbu ! »

Léo : « Rhooooooooooo… »

Max : « Bonome, calinothérapie d’urgence pour Léo ! »

Le chevalier : « Viens ici mon petitours… »

Max : « Gratouille lui le front bonome ! »

Le chevalier : « Oui oui… Ça va mon Léo ? »

Léo : « On… On l’a vraiment vu ? »

Le chevalier : « Pas assez à mon goût. Tu veux revoir la foto ? »

Léo : « Je… Je sais pas… »

Max : « Bonome, pourquoi ça lui fait cet effet là le gypaète barbu ? »

Le chevalier : « C’est l’un des zoisos les plus rares de France. Et le plus grand je crois. Un rapace très rare…»

Léo : « Et il est passé juste au-dessus de nous ! »

Max : « Tu vas mieux ? »

Léo : « Je peux revoir la première foto ? »

Le chevalier : « Bien sûr Léo. »

Le gypaète barbu

Léo : « Rhoooo ! On le reconnaît bien ! »

Max : « Tu connais son nom en scientifique ? »

Léo : « Gypaetus barbatus, Accipitridés. C’est un zoiso mythique ! C’est pas tout le monde qui l’a vu ! »

Max : « Ben nous oui 🙂 Bon, tu te remets ? »

Léo : « Oui, ça va mieux. Un gypaète… Rhooo la chance ! »

Max : « Ben oui, rho la chance ! Quand je vous disais qu’il était intéressant ce lac ! »

Samuel : « Si cousin Léo est remis, on devrait reprendre l’inspection. »

Léo : « Oui, allons-y… Un gypaète… »

Max : « Viens Boris, on va par là ! »

Boris : « Je te suis ! »

Max : « On va au… Rholala ! Bonome ! Il est juste là ! Léo ! Sam ! Venez voir ! »

Un triton

Max : « Alors bonome ? »

Le chevalier : « Triton alpestre, mais sans certitude. »

Max : « On tâchera de vérifier… Alors ? Qu’est ce que vous dites de mon lac ? »

Samuel : « C’est même pas ton lac cousin Max ! »

Boris : « Mais ça valait la peine de l’inspecter. »

Léo : « Rho oui ! »

Max : « Qu’est ce qu’on fait maintenant ? »

Léo : « On a le temps de faire une pause au bord du lac ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. Mais un peu à l’écart… »

Max : « Monsieur Jémpaléjens 🙂 »

Samuel : « C’est mieux quand on est à l’écart. »

Max : « Alors on y va ! Allez Tringa megapus ! »

Boris : « C’est bien là ! On est cachés par les rochers. »

Max : « Bonome, on fait la pause ici ! »

Le chevalier : « A vos ordres chef Max ! »

Max : « On descend ! »

Léo : « On a vu un gypaète… »

Max : « Oui Léo 🙂 »

Samuel : « C’est un beau zoiso le gypaète. »

Boris : « Il planait ! Il est passé juste comme ça à même 10 mètres au-dessus de nous ! »

Max : « Et il a pas donné un seul coup d’ailes jusqu’à ce qu’on le voit plus ! »

Léo : « Qu’est ce que tu fais bonome ? »

Le chevalier : « Mmmm… Je joue à fotoer 🙂 »

Léo : « Et tu fotoes quoi ? »

Le chevalier : « Les abeilles qui butinent l’adénostyle à feuilles d’alliaire… »

Léo : « Tu me montres ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours… »

Des abeilles qui butinent.

Léo : « Elles sont belles tes fotos bonome. »

Le chevalier : « Merci Léo. »

Léo : « Je peux grimper sur toi ? »

Le chevalier : « Bien sûr. »

Max : « On peut venir nous aussi ? »

Le chevalier : « Je ne voudrais pas de petizours jaloux 🙂 »

Après moults gratouillis et ronrons…

Max : « Bonome, tu as vu ? Il y a comme une fissure dans la paroi rocheuse de l’autre côté du lac… »

L’exutoire du Lac Blanc

Le chevalier : « C’est l’exutoire du Lac Blanc. »

Boris : « C’est quoi un exutoire ? »

Le chevalier : « C’est un cours d’où qui sert de déversoir à un lac. On peut dire émissaire aussi. »

Max : « C’est par là que l’eau du Lac Blanc coule dans le lac des Chéserys supérieur ? »

Le chevalier : « Oui Maxou, c’est ça. Si vous avez eu assez de gratouillis je propose que nous reprenions notre route. »

Max : « On peut faire ça 🙂 »

Léo : « C’est reparti ! »

Samuel : « Je me demande ce qu’on va encore voir ! »

Max : « Tu sais bien qu’on peut pas savoir ! »

Léo : « Peut-être de belles surprises. Ou du rien du tout… »

Boris : « Avec ce qu’on a déjà vu, je serais même plus déçu si on voyait du rien du tout. »

Max : « Et puis, dans les Alpes, le rien du tout il vaut quand même le coup d’œil. Regardez les lacs… »

Deux des lacs de Chéserys

Léo : « Et de l’autre côté on voit bien le nuage lenticulaire du Mont-Blanc… »

Un nuage lenticulaire

Boris : « Il est encore mieux que tout à l’heure ! »

Léo : « Rholala ! »

Max : « Bonome, tu veux bien qu’on aille voir les autres lacs ? »

Le chevalier : « Les autres ? Non, pas les quatre. Mais je veux bien faire le détour pour aller au bord du plus proche. »

Max : « D’accord. »

Léo : « Tu vas faire du hors piste ? »

Le chevalier : « Apparemment il y a un sentier… »

Samuel : « Tu vas pas te perdre ? »

Max : « Bonome se perd jamais. Parfois il sait pas vraiment où il est mais c’est pas pareil. »

Léo : « C’est vrai que tu as déjà dormi dans la montagne un jour ? »

Le chevalier : « Un nuit plutôt. Oui Léo. Je vous l’ai déjà raconté. Mais cet été là il faisait très chaud, même la nuit. Il ne neigeait pas comme ces derniers jours. Nous arrivons. Vous allez inspecter ce lac ? »

Max : « Ben, on va jeter un œil quand même ! »

Léo : « Imagine qu’il y ait des tritons !

Boris : « Ce serait dommage de pas les voir ! »

Le chevalier : « Comme il serait dommage de rater les brochets… »

Max : « Il y a des brochets ? On y va pas alors ! Je veux pas finir en manger pour brochet moi ! Oulala non ! »

Samuel : « Cousin Max, je crois que le chevalier te taquine. »

Max : « ON PLAISANTE PAS AVEC LES BROCHETS ! Tout le monde a peur des brochets alors on plaisante pas avec ça ! Il y en a ou pas ? »

Le chevalier : « Pas. »

Max : « Sûr ? »

Le chevalier : « Sûr. »

Max : « Alors on peut s’approcher de l’eau. »

Léo : « Vous voyez quelque chose ? »

Max : « Je vois de l’eau… »

Boris : « Pareil… »

Samuel : « Pas de zanimo… »

Léo : « De l’eau et du rien du tout… »

Max : « Zutalor ! »

Léo : « On peut pas avoir de belles surprises à tous les coups. »

Le chevalier : « On pourrait refaire une pause… »

Max : « Toi, tu as pas envie de rentrer. »

Léo : « Tu vas pas redevenir sauvage ? »

Le chevalier : « Non Léo, rassure-toi. Mais nous avons le temps… »

Samuel : « C’est encore un beau lac… »

Boris : « Toi aussi tu as de la beauté dans les yeux petit Sam. »

Max : « Sam ? Oulala ! C’est lui qui en a le plus ! Il déborde de beauté notre petit Sam. »

Samuel : « Je me rends compte de la chance que j’ai de voir tout ça… »

Léo : « Oui petit Sam. »

Le lac

Le lac aussi 🙂

Léo : « Tu scrutes ? »

Le chevalier : « Je scrute 🙂 »

Max : « Et tu vois quelque chose ? »

Le chevalier : « Pas pour… Houla ! Ne bougez plus… Attendez, je zoome… Je pense que ça va vous plaire. »

Max : « Qu’est ce que tu as vu ? »

Le chevalier : « Eux… »

Léo : « Des bouquetins mâles ! »

Max : « Quatre d’un coup ! »

Samuel : « Qu’est ce que c’est beau un bouquetin ! »

Boris : « Vous avez-vu leurs cornes ? »

Max : « Ça c’est pas de la corne de rigolo ! »

Le chevalier : « Ils s’en servent pour se battre ou pour se gratter le dos. »

Léo : « Ils se battent ? Mais ils ont l’air copains là ! »

Le chevalier : « L’été oui, les mâles vivent en groupes séparés de ceux des femelles. Mais en hiver, au moment de l’accouplement, les mâles se battent pour s’approprier un groupe de femelles qu’ils s’empressent de féconder. »

Max : « Ils se reproduisent en hiver ? »

Le chevalier : « Au début de l’hiver il me semble. »

Samuel : « Mais souvent la reproduction est au printemps ! »

Le chevalier : « Souvent, mais pas toujours. Chez les bouquetins la gestation dure environ 170 jours, presque 6 mois. Alors pour que le petit profite de l’été pour grandir et prendre des forces avant l’hiver suivant il faut bien que l’accouplement ait lieu en hiver. En général c’est vers décembre, janvier… »

Max : « Je comprends. »

Le chevalier : « Je ne sais pas si j’ai été clair… En fait, les groupes de mâles et de femelles se regroupent. Le mâle dominant est celui qui a gagné les combats. Ces combats sont plus des démonstrations de force que de longues bagarres. Ils ne provoquent que rarement des blessures mais ça doit être très impressionnant de voir deux mâles se redresser sur leurs pattes arrières pour se donner des grands coups de tête… Le mâle dominant pourra féconder les femelles. Mais ça ne m’étonnerait pas que d’autres tentent eux aussi de féconder vite fait en passant une femelle pendant que le dominant à le dos tourné. »

Le chevalier : « Vous ne m’écoutez pas là… »

Léo : « Pardon bonome. On s’en met plein les yeux 🙂 »

Samuel : « C’est pas tous les jours qu’on voit des bouquetins mâles comme ça… »

Boris : « On se fabrique des souvenirs. »

Max : « Tu nous rediras tout ça plus tard. »

Léo : « Le cassenoix moucheté, la vipère aspic, les grands corbeaux, l’étagne, les chocards à becs jaunes, les tritons, le gypaète, les bouquetins mâles… »

Max : « C’est une journée assez dense 🙂 »

Léo : « Vous pensez que ça va continuer ? »

Max : « Léo, sois pas trop gourmand. »

Léo : « Je suis pas gourmand. Quoi qu’il arrive ça aura été une magnifique journée. Mais je me demande si ça va continuer… »

Samuel : « C’est encore mieux qu’un rêve ! »

Max : « Toi tu penses toujours que tu rêves. »

Samuel : « Tu dis des erreurs cousin Max. Jamais j’aurais osé rêver de tout ça d’un coup ! C’est encore mieux qu’un rêve 🙂 »

Le chevalier : « Si nous voulons savoir si ça va continuer il nous faut reprendre notre marche. »

Max : « Oui bonome. On y va ! »

Un peut plus tard…

Max : « On vient de là-bas… »

Le chemin parcouru

Léo : « On voit l’exutoire du Lac Blanc ! »

Max : « Et le refuge ! »

Boris : « Tu as beaucoup marché chevalier. Tu es pas trop fatigué ? »

Le chevalier : « Pas vraiment. Et puis avec tout ce que nous avons vu, je ne me rends pas compte que la journée a déjà été longue. »

Max : « Avec un beau zanimos tous les cents mètres… »

Léo : « C’est pas tous les cents mètres Maxou. »

Max : « Oui, ben tous les souvent quand même ! On a même pas le temps de se remettre d’une rencontre et vlan ! Un autre zanimo ! »

Samuel : « Là il y a un faucon crécerelle ! »

Max : « Il chasse ! »

Léo : « Non ! Ils sont deux ! Ils font la parade ? »

Max : « Faut fotoer bonome ! »

Le chevalier : « Des faucons en vol piqué ? Je veux bien essayer… »

Un faucon crécerelle Falco tinnunculus, Falconidés

Léo : « Waouh ! Tu en as eu un ! »

Max : « A quelle vitesse il va quand il replie les ailes comme ça ? »

Le chevalier : « 150-180 km/h… »

Boris : « Ah oui, quand même ! »

Léo : « On te pardonne d’avoir surexposé ta foto 🙂 »

Le chevalier : « C’est gentil ça Léo 🙂 »

Max : « Là il mulotte. C’est plus facile à fotoer… »

Le chevalier : « Il est loin. Dommage… »

Max : « On voit quand même que c’est un mâle. Tête grise, queue avec une seule barre noire… »

Samuel : « Notre zoiso-gardien ! »

Le rougequeue noir, notre zoiso-gardien

Max : « Bonjour zoiso-gardien ! Tu vas bien ? C’est gentil de passer nous voir mais on risque pas de se perdre dans les nuages aujourd’hui. »

Léo : « Merci d’avoir veillé sur nous pendant notre séjour. »

Samuel : « On repart demain. Tu pourras te reposer. »

Max : « Nous on va finir notre inspection. Tu peux venir avec nous si tu veux. »

Boris : « Il est parti ! »

Max : « Il a bien mérité de se reposer. »

Léo : « Il a bien veillé sur nous. »

Samuel : « On l’a vu tous les jours ! »

Léo : « Surtout dans le brouillard. »

Le chevalier : « On continue ? »

Max : « On continue bonome ! »

Un peu plus tard…

Max : « Pour quelqu’un qui aime pas les descentes, tu cavales bien Tringa megapus. »

Le chevalier : « Pour le moment ça va 🙂 »

Max : « Tu es même pas tombé. Tu fais des progrès bonomou 🙂 »

Le chevalier : « Chut ! »

Max : « Quoi chut ! »

Le chevalier : « Chut ! »

Max : « Tu furtives ? »

Le chevalier : « Regardez moi ça… »

Léo : « Rholalaaaaa ! »

Samuel : « Même dans mes rêves c’est pas comme ça… »

Max : « Une autre ! »

Boris : « Là aussi ! »

Léo : « Et là ! Il y en a trois ! »

Max : « Tout ça d’étagnes ! »

Léo : « Juste à côté du chemin ! »

Samuel : « La chaaaaance ! »

Boris : « On en voit des zanimos avec vous ! »

Max : « Ah bah c’est pas tous les jours quand même ! »

Léo : « Pfff ! Je sais même plus où regarder ! »

Max : « Et encore une ! »

Léo : « Il y a des étagnes partout ! »

Samuel : « On est en territoire étagne 🙂 »

Boris : « Et elle, elle se promène carrément sur le chemin ! »

Le chevalier : « Je n’arrive pas à la fotoer. Elle est trop proche ! »

Max : « Ben non ! Elle est pas trop proche ! Oulala non ! Même que si elle voulait se rapprocher encore je serais pas contre… »

Léo : « Si. Si elle se rapproche encore tu seras contre elle. Parce que là, plus proche, c’est à portée de pattes 🙂 »

Samuel : « Bonjour les étagnes ! Nous on est les petizours 🙂 On vous dérange pas ? »

Léo : « Apparemment non. Elle s’en fiche qu’on soit là. »

Max : « Tant mieux. Comme ça on les dérange pas et en plus on peut les observer de tout près. »

Léo : « Je sais pas pour vous, mais moi, là, je suis plus naturaliste. Je suis juste émerveillé. »

Samuel : « Tout pareil ! »

Boris : « Des étagnes tout près comme ça… »

Max : « Bonome, tu fotoes. Tu fais des milliers de fotos. Tu t’arrêtes plus. D’accord ? »

Le chevalier : « Oui oui Maxou… »

 

Max : « Elles s’en vont calmement. »

Léo : « Quelle rencontre ! »

Boris : « Quelle journée ! »

Après, on a plus rien vu. Mais on était pas déçus. Oulala non ! Après toutes ces rencontres ! Tu te rends compte Princesse ? Léo s’en remettait pas des étagnes. Il était encore tout bouleversé quand on est arrivés à la maison de la réserve naturelle.

A la maison de la réserve naturelle. Les petizours sautent de la poche et courent vers le comptoir qu’ils escaladent tout en appelant le naturaliste.

Max : « Monsieur le naturaliste ! Monsieur le naturaliste ! »

Le naturaliste : « Les petizours ! Avez-vous passé une bonne journée ? »

Max : « Une bonne journée ? Non ! Mieux que ça ! »

Léo : « On a vu un gypaète ! »

Le naturaliste : « Un gypaète ? »

Max : « Bonome l’a fotoé ! Montre à monsieur le naturaliste bonome ! »

Le chevalier s’exécute.

Le naturaliste : « Ah oui, il n’y a pas photo. On le reconnaît bien ! (A sa collègue) Viens, voir les photos ! »

La naturaliste : « Oh ! Un gypaète ! Belle photo ! On le voit bien ! Vous n’êtes pas nombreux à en avoir vu cette année. »

Le stagiaire : « Je suis là depuis le début de la saison et je n’en ai pas vu moi ! Je peux voir la photo ? »

Le chevalier : « Bien sûr ! »

Le stagiaire : « C’est bien ça. Vous en avez de la chance ! »

Max : « On a pas vu que le gypaète ! »

Boris : « Il y avait des étagnes sur le chemin ! »

Léo : « 8 d’un coup ! »

Le stagiaire : « Je peux voir ? »

Le chevalier : « Voilà… »

La naturaliste : « Effectivement, elles étaient sur le chemin. D’habitude elles sont un peu plus haut. »

Léo : « Ben pas là ! 🙂 »

Samuel : « Et il y a eu les tritons ! »

Le stagiaire : « Ne me dites pas que vous avez vu des tritons crêtés ! »

Max : « On sait pas bien. Bonome pense que ce sont des alpestres. »

La naturaliste : « Vous avez des photos ? »

Le chevalier : « Je les cherche… Les voici ! »

La naturaliste : « Pas facile. Vous avez vu la face ventrale ? »

Le chevalier : « Non. »

Max : « On voulait pas les embêter ! »

Le naturaliste : « Ce sont sûrement des tritons alpestres. Mais il faudrait vérifier. »

Max : « Vous direz à Elvire qu’on a vu le gypaète ? S’il vous plaît. »

Le naturaliste : « Je le lui dirai. »

Max : « Merci monsieur le naturaliste. Et dites lui bien d’écouter le vent. »

Le naturaliste : « Je lui dirai également. »

Samuel : « On a fait la géologie compliquée aussi. »

Le naturaliste : « Vous êtes géologue ? »

Max : « Ben oui ! Nous sommes des petizours naturalistes nous. On connaît les migmatites, les gneiss… »

Samuel : « On a vu la couverture sédimentaire de l’Aiguille du Belvédère. C’est comme aux Archosaures. »

Le naturaliste : « Vous êtes allés à Emosson ? »

Le chevalier : « Je l’ai y ai emmenés le premier jour. Ils ne pouvaient pas râter ça 🙂 »

Max : « Il faut pas le dire mais bonome m’a fotoé sur une empreinte tridactyle. Mais pas là où il y avait les protections. Un peu à côté. »

Le naturaliste : « Je comprends mieux Elvire. Elle m’avait dit que vous connaissiez des tas de choses mais je suis quand même impressionné. Vous voulez un chocolat chaud ? »

Les petizours : « Avec quatre pailles 🙂 🙂 🙂 »

Plus tard, en arrivant à la cabane…

Léo : « Bonome, on pourra regarder le gypaète dans le beau livre de zoisos de Max s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Si tu veux Léo…. »

Samuel : « Poum cousin Léo ! »

Max : « Ben Léo ! Tu vas pas poumer encore ! Tu le sais que c’est un gypaète ! »

Léo : « Mmmm… Oui oui… Je sais pas… »

Boris : « Pauvre Léo qui a vu un gypaète 🙂 »

Max : « C’est vraiment pas de chance ! »

Léo : « Vous moquez pas ! »

Samuel : « On te taquine cousin Léo 🙂 »

Le chevalier : « Dites les machins, nous partons demain. Alors si vous voulez des câlins et une histoire filez vous débarbouiller. Ensuite préparation des sacs et au lit ! »

Max : « A tes ordres bonome ! »

Le soir, alors que Samuel, Léo et Boris dorment déjà, Max rejoint le chevalier dans son lit.

Max : « Ça va bonome ? »

Le chevalier : « Tu ne dors pas ? »

Max : « Je voulais te remercier pour ces vacances. »

Le chevalier : « Je me suis régalé moi. Surtout aujourd’hui. »

Max : « C’était bien 🙂 Tu crois qu’Elvire va venir nous voir ? »

Le chevalier : « Il me semble que vous vous êtes bien entendus. Et puis, d’après le naturaliste, elle a déjà demandé l’autorisation de s’absenter. »

Max : « Elle va venir alors ? »

Le chevalier : « Je pense. »

Max : « Et Boris ? Il doit vraiment repartir ? »

Le chevalier : « Tu sais bien que oui Maxou. »

Max : « On peut pas le garder ? »

Le chevalier : « Il a une mission. Tu sais bien. »

Max : « Tu crois que son chevalier sera gentil avec lui ? »

Le chevalier : « Oui Max. Et puis Boris saura le former. Il lui expliquera comment s’occuper d’un petitours. »

Max : « Il part quand ? »

Le chevalier : « Après demain… »

Max : « Après demain ? Et c’est pas négociable je suppose. »

Le chevalier : « Non Max. »

Max : « On pourra faire une fête demain pour son départ ? »

Le chevalier : « Oui Max. Nous ferons une fête. »

Max : « Je peux dormir avec toi ? »

Le chevalier : « Tu sais bien que je n’aime pas trop. Tu risques de te faire crabouiller. »

Max : « Je prends le risque. Bonnuit bonome. »

Le chevalier : « Bonne nuit mon petitours. »

Continuer la promenade

2 réflexions au sujet de « 174-3 La descente du Lac Blanc »

  1. Bravo… Vous me dites bravo, à moi, un tout petitours ? Merci beaucoup. Ça me touche vraiment. Comme le fait que vous ayez passé deux heures à me lire… J’ai donc des lecteurs 🙂
    La présence de l’homme… Nous, les petizours, on aime pas trop les zoms. Souvent ils abîment tout. Vous savez pour le réchauffement climatique je suppose. Ben c’est pas la faute des petizours… Même si on sait bien que manger du chocolat c’est pas bon pour la planète. On en mange pas beaucoup… Bonome nous dit souvent que les zoms font pas que des bêtises. Il y a les parcs naturels, les espaces naturels sensibles, et de belles initiatives parfois… Et puis c’est vrai que les relations entre les zoms et les paysages sont très anciennes. C’est intéressant de lire ça directement dans le paysage. On voit, qu’autrefois, les zoms faisaient plus attention. Et puis les paysages des Alpes sont souvent dûs à l’agro-pastoralisme… On va étudier tout ça.
    Vous en avez de la chance de connaître le Massif de Sésia Lanzo. Léo m’a dit qu’il avait lu quelque chose sur ce Massif et il aimerait bien le découvrir. Mais Léo, il voudrait tout inspecter partout 🙂
    J’espère que vous aurez toujours autant de plaisir à me lire…

  2. Bravo encore une fois…
    Votre approche naturaliste correspond bien à nos sorties classiques dans nos paysages… de Bièvre Chambaran le plus souvent et d’ailleurs…. J’ai personnellement en territoire Valdotain un pied à terre dans la zone « africaine » Massif de Sésia Lanzo… je tente de construire des itinéraires doucement et avec bien des difficultés dans le domaine de la géologie.. Nous explorons souvent (dans le cadre associatif) des thématiques liées à la présence de l’homme et à sa relation au monde minéral, animal et végétal. Je n’ai pas parcouru tout votre blog, je viens juste d’y passer deux heures .. Est ce que vous avez incorporé cette dimension, celle de la présence de l’humain (ethnobotanique, ethnozoologie…)
    A vous lire
    Christian

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