174-1 Le Lac Blanc, la montée

Samedi 12 Août, An IV

Le chevalier : « Mes petizours, réveillez-vous ! »

Max : « Mmmmm… »

Léo : « Déjà ? »

Samuel : « Ondor nous. »

Boris : « ZZZZzzzz… »

Le chevalier : « Levez vous ! Il fait beau ! »

Max : « Il fait beau ? »

Léo : « Oui ! Regardez ! Le ciel est tout bleu ! »

Samuel : « J’avais oublié comment c’était le ciel bleu. »

Boris : « Alors on se lève ! »

Max : « On est prêts dans… 3 minutes, ça vous va les cousins ? »

Léo : « Je suis déjà prêt 🙂 »

Max : « Comment il fait ? Il est déjà habillé avec le sacado sur le dos ! »

Samuel : « Cousin Léo est très véloce 🙂 »

Max : « C’est un Léo véloce 🙂 »

Boris : « Oui ben moi je veux bien les trois minutes. »

Le chevalier : « Je vous attends en bas. »

Un peu plus tard, après la chevauchée traditionnelle, notre petite tribu arrive à la maison de la réserve naturelle des Aiguilles Rouges…

Max : « Mais ! On est à la maison de la réserve ! »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « On y va ! »

Les petizours cavalent jusqu’à la maison et grimpent sur le comptoir…

Max : « Bonjour monsieur le naturaliste de la réserve. Pourrions-nous voir Elvire s’il vous plaît ? »

Le naturaliste : « Vous êtes les petizours ? »

Max : « Oui, c’est nous 🙂 »

Le naturaliste : « Je suis désolé. Elvire ne travaille pas aujourd’hui. Elle est allée voir sa famille. »

Léo : « Zutalor ! On va pas la voir alors ! »

Samuel : « Et on repart demain… »

Le naturaliste : « Elle m’a parlé de votre invitation et m’a demandé l’autorisation de s’absenter pour des vacances. »

Max : « Et vous êtes d’accord ? »

Le naturaliste : « Oui 🙂 D’après elle vous connaissez bien la nature. Surtout wikibonome 🙂 Je dirai qu’elle part en stage de formation. Mais comment fera-t-elle pour savoir quand vous êtes en Charentmaritimie ? »

Léo : « Le vent lui dira. »

Le naturaliste : « Le vent ? »

Max : « Ben oui ! Le vent ! Dites lui d’écouter le vent. Il lui dira tout ce qu’elle doit savoir. »

Boris : « Dites monsieur le naturaliste, auriez-vous du chocolat chaud ? »

Le naturaliste : « Oui, oui… Le vent… »

Léo : « Avec quatre pailles s’il vous plaît ! »

Max : « Et un tonneau de café pour notre grand dadais. »

Le chevalier : « Bonjour monsieur, mes petizours vous importunent ? »

Le naturaliste : « Non non 🙂 Mais ils sont étranges. Ils disent que le vent donnera toutes les informations nécessaires à Elvire. »

Le chevalier : « Ah… Oui, c’est surprenant. Mais transmettez le message à Elvire quand même s’il vous plaît. »

Le naturaliste : « Je dois donc lui dire d’écouter le vent et de lui demander quand elle pourra aller en Charentmaritimie ? Vous êtes sûr ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 Dites à Elvire d’écouter le vent… »

Le naturaliste : « Je lui dirai… Un chocolat chaud avec 4 pailles et un café ! »

Max : « Merci monsieur le naturaliste. »

Léo : « Huuummmm ! C’était bon ! »

Boris : « Très bon même 🙂 »

Max : « Allez, on y va ! »

Le naturaliste : « Bonne promenade les petizours ! »

Les petizours : « Merci monsieur le naturaliste ! »

Un peu plus tard…

Léo : « Il avait même pas l’air surpris de nous voir le naturaliste. »

Boris : « Apparemment Elvire lui avait parlé de nous. »

Samuel : « Si il connaît Elvire, il connaît bien les Peluchiformes. »

Max : « C’est dommage qu’on l’ait pas vue… Bonome, tu crois qu’elle va venir en Charentmaritimie ? »

Le chevalier : « J’en suis à peu près sûr. »

Léo : « Si elle écoute le vent. »

Boris : « Le naturaliste avait pas l’air de savoir que le vent parle… »

Max : « C’est pas tout le monde qui le sait. »

Léo : « Non 🙂 Dis bonome, on va voir quoi aujourd’hui ? »

Le chevalier : « Bonne question Léo. Le Massif du Mont-Blanc, des lacs… Et des animaux. »

Max : « Qui comme zanimos ? »

Le chevalier : « Ça je ne sais pas Maxou. Ceux qui viendront nous voir… »

Samuel : « Le Massif du Mont-Blanc… »

Côté Mont-Blanc

Le chevalier : « La vallée que vous apercevez est celle du glacier d’Argentières que nous aurions dû voir hier… »

Max : « On était là-bas ? »

Le chevalier : « Oui, côté droit de la vallée vue d’ici. Attendez… Là… »

Le glacier d’Argentières L’Aiguille Verte

Le chevalier : « Voici une vue de la vallée glaciaire et une de l’Aiguille Verte… »

Léo : « Le glacier a l’air coupé net. »

Le front du glacier d’Argentières

Samuel : « Lui aussi il régresse ? »

Le chevalier : « Tous les glaciers de la région régressent. Et la plupart des glaciers du monde, à part quelques uns… »

Max : « Tu as des vieilles fotos de ce glacier ? »

Le chevalier : « Nous trouverons ça plus tard si tu veux bien. »

Max : « Je veux bien bonome, je veux bien 🙂 »

http://www.geologie-montblanc.fr/1900….htm

Léo : « Bonome, on fait la géologie aujourd’hui ? »

Max : « Léo, on fait l’alpinologie nous ! Alors forcément qu’on fait la géologie ! »

Le chevalier : « Que veux-tu savoir mon Léo ? »

Léo : « Ces roches là. Celles sur lesquelles tu cavales avec tes grandes pattes. »

Les schistes

Le chevalier : « Ce sont des schistes Léo. Comme vous pouvez le voir les feuillets sont parallèles au sentier et plongent de 70 à 80° vers la vallée. »

Boris : « Ils sont presque verticaux. »

Le chevalier : « Presque oui. A la surface ils sont très altérés. »

Max : « A cause de l’eau, du gel… »

Le chevalier : « Ces schistes forment une bande continue de plus de 10 km de long. En fait ce sont des mylonites. »

Léo : « Des mylonites ? Encore ? »

Samuel : « Les mylonites sont caractéristiques des zones de broyage. »

Boris : « Si j’ai bien compris les mylonites c’est quand il y a une faille ou un chevauchement. »

Max : « On va voir une faille ? »

Le chevalier : « Vous verrez bien 🙂 »

Max : « Il est beau ce chemin. On a pas pu le voir l’autre jour à cause des nuages… »

Le chemin…

Boris : « Ce serait l’une des plantes qu’Elvire nous a présentées là ? »

Un lycopode

Samuel : « Le lycopode en massues, Lycopodium clavatum, Lycopodiacées. C’est l’ordre des Lycopodes et la classe des Lycopodes 🙂 »

Max : « Tiens, on a wikiSamuel maintenant 🙂 »

Léo : « 🙂 »

Boris : « Il retient tout ce petit Sam. »

Samuel : « Elvire nous l’a dit hier ! Vous avez pas oublié quand même ? »

Max : « Bah… »

Léo : « J’avais retenu lycopode. »

Boris : « Et moi qu’on l’avait déjà vu. »

Samuel : « Ben d’accord ! Alors le chevalier nous trouve une guide rigolote et compétente et vous vous retenez rien du tout ! »

Max : « Ah si ! J’ai bien retenu qu’on fait pas le poids face à elle pour cavaler partout ! »

Léo : « Et moi j’ai retenu qu’on s’est faits ratatiner au jeu ! »

Boris : « Carrément ! »

Samuel : « Pfff ! Vous méritez pas vos sacados ! Viens bonome, on va naturaliser tous les deux. »

Le chevalier : « Je viens mon petitours 🙂 »

Max : « Hé ! Le petitours blanc ! On l’avait avant toi le sacado ! Et vous pouvez pas partir que tous les deux, on est dans la même poche 🙂 »

Léo : « Je pense que petit Sam faisait le plaisantin 🙂 »

Samuel : « Ben oui ! Je sais bien que vous les méritez vos sacados 🙂 »

Léo : « Bonome, tu connais le glacier de là-bas ? »

Le glacier du Tour

Le chevalier : « Le glacier du Tour, sous les Aiguilles du Tour… Enfin, ce qu’il reste de ce glacier… »

Max : « C’est beau la montagne… »

Léo : « Ça va bonome ? Ça grimpe pas trop ? »

Le chevalier : « Le début est toujours difficile. Le temps de prendre le rythme… »

Max : « Tu vas beaucoup grimper ? »

Le chevalier : « Environ 1000 m de dénivelé. »

Max : « 1000 mètres ?! Tu vas grimper un kilomètre ? »

Le chevalier : « Je vais 🙂 Ça commence à faire une belle marche. »

Boris : « Encore ouf qu’on doit pas le faire à pattes… »

Léo : « On serait tout usés en arrivant. »

Samuel : « ZOISO ! »

Max : « Zoiso ? Où ça zoiso ? »

Léo : « Là ! Sur le mélèze ! »

Un cassenoix moucheté Nucifraga caryocatactes, Corvidés

Max : « Il est tout noir, un long bec, tout tacheté de blanc… Léo, ça te dit quelque chose ? »

Léo : « Rien du tout… Petit Sam ? »

Samuel : « Non, je le connais pas. »

Max : « Bonome ? »

Le chevalier : « C’est un cassenoix moucheté, Nucifraga caryocatactes, Corvidés. »

Léo : « Un Corvidé ! J’aurais dû y penser ! »

Max : « Un cassenoix ? Il casse les noix le cassenoix ? »

Le chevalier : « Il se nourrit surtout de graines de conifères en glissant son bec entre les écailles. Si nécessaire il frappe le cône par terre pour en écarter les écailles. Il peut également frapper des fruits à coque contre des roches pour en extraire l’amande. »

Max : « Alors il casse parfois des noix. D’accord. Merci bonome. »

Le chevalier : « Il peut, si besoin, également se nourrir de petits animaux : des insectes, des mollusques et même parfois de petits mammifères. »

Léo : « Alors il est zoophytophage. »

Samuel : « Il mange ce qu’il trouve. »

Boris : « Même les petizours ? »

Max : « Pas en présence de bonome. Bonome le laisserait pas faire ! »

Le chevalier : « Pas sûr… Un ou deux de moins ça ferait toujours un peu plus de calme… »

Max : « On est très calmes nous ! »

Léo : « Laisse Max, il fait exprès pour t’embêter… »

Samuel : « N’empêche qu’on a vu un cassenoix moucheté et qu’on le connaissait pas encore. »

Max : « Il faudra faire le compte des nouvelles espèces qu’on a rencontrées… »

Samuel : « C’est bien les Alpes. »

Le chevalier : « Ravi que ça vous plaise 🙂 Regardez moi ça… »

L’Aiguille Verte

Les Drus

Léo : « Et dire qu’Elvire habite ici toute l’année. »

Le chevalier : « La moitié de l’année Léo. Elle passe l’autre moitié dans son terrier en hibernant. »

Max : « Ça doit être bien d’hiberner… »

Léo : « Six mois sans aller aux zoisos ? Non non ! On hiberne pas ! »

Samuel : « Quelquefois on reste dans notre au lit, bien au chaud, sans rien faire. Ça fait du bien mais ça suffit. »

Le chevalier : « Je ferais bien une pause moi… »

Max : « Si tu veux. Nous on se dégourdit les pattes… »

Du côté du Tour

Les Aiguilles du Tour Le glacier du Tour

Léo : « Tu profites du paysage bonome ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. Je m’en mets plein les yeux. Je fabrique des souvenirs pour les longues soirées d’hiver 🙂 »

Léo : « C’est ça que tu fais quand tu es dans ta tête ? Tu te balades dans tes souvenirs ? »

Le chevalier : « Ça m’arrive 🙂 »

Max : « Vous profitez du paysage ? »

Léo : « Ben oui ! On est là pour ça ! »

Max : « Vous avez vu ce qu’il reste du glacier du Tour ? »

Boris : « Il en reste pas grand-chose… »

Samuel : « On voit bien les roches lustrées qui étaient sous le glacier avant. »

Max : « C’est vrai. Bonome, foto ! »

Le chevalier : « A vos ordres chef Max ! »

Le front du glacier du Tour et les roches polies et striées

Max : « Je suis chef de rien du tout moi. »

Samuel : « On reprend la marche ? »

Le chevalier : « Oui. Pochez vous ! »

Léo : « On va voir quoi après ? »

Samuel : « Cousin Léo, tu sais bien qu’on peut pas prévoir ! »

Le chevalier : « On ne peut pas prévoir qui on va voir mais ce qu’on va voir, si. »

Max : « Tu sais ? Dis nous ! »

Le chevalier : « Patientez un peu. Vous verrez par vous mêmes. »

Samuel : « Je pense que je commence à voir… »

Max : « Qu’est ce que tu as vu ? »

Samuel : « Patiente un peu. Tu verras par toi même 🙂 »

Léo : « Vu ! »

Max : « Vu aussi ! On va voir une grande faille ! »

Samuel : « On va pas la voir ! On la voit déjà ! »

Max : « On peut s’en approcher bonome ? »

Le chevalier : « C’est prévu. Allons-y… »

Léo : « On va peut-être voir les stries apparues lors du jeu de la faille… »

La faille de la Remuaz

Samuel : « Oulala ! Regardez ! »

Max : « Bonome, tu as fotoé ? »

Le chevalier : « J’ai 🙂 »

Un vipère aspic, Vipera aspis, Vipéridés

Léo : « C’est qui ce zanimo ? »

Le chevalier : « Mmmmm… Je dirais que c’est une vipère aspic. »

Max : « Une vipère ? On a vu une vipère ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Léo : « On a déjà vu des couleuvres à colliers et maintenant une vipère… »

Samuel : « Comment on fait la différence entre les couleuvres et les vipères ? »

Le chevalier : « Bonne question mon petit Sam. Le critère le plus évident est la forme de la pupille. »

Max : « Efficace rien du tout ! On a pas vu sa tête ! »

Le chevalier : « Le plus efficace quand on voit la tête ! Les vipères ont une pupille en fente verticale alors que chez les couleuvres la pupille est ronde. »

Léo : « D’accord. Ça c’est quand on voit bien les yeux. Et sinon ? »

Le chevalier : « Les vipères ont une multitude de petites écailles sur la tête. Les couleuvres n’en ont que quelques grandes. »

Max : « Et si on voit pas du tout la tête ? »

Le chevalier : « Sans voir la tête… Le corps de la vipère se termine de façon abrupte alors que chez les couleuvres la queue est effilée. »

Max : « Ben là on a même pas vu la queue… »

Samuel : « Je sais comment on fait alors ! »

Boris : « Tu sais toi petit Sam ? »

Samuel : « Oui je sais ! Mais j’ose pas le dire parce que c’est pas poli… »

Max : « Dis quand même. On te pardonne d’avance. »

Samuel : « Ben, si on voit ni la tête ni la queue on fait à la gueule 🙂 »

Léo : « Boris, je sais pas si tu connais cette expression de naturaliste. Reconnaître un être vivant à la gueule c’est le reconnaître parce qu’on le connaît déjà. »

Boris : « Je comprends. Si c’est du langage naturaliste on peut le dire alors. »

Max : « Bonome, connais-tu d’autres choses sur les couleuvres et les vipères ? »

Le chevalier : « Oui. Les vipères sont venimeuses alors que la plupart des couleuvres ne le sont pas. »

Max : « Venimeuses ? Venimeuses comme dans ‘un zanimo venimeux possède du venin ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Et tu t’es approché d’un zanimo potentiellement mortel sans même savoir qui c’était ? »

Le chevalier : « Ben oui 🙂 »

Max : « Alors que tu aurais pu être… Comment on dit ? Venimeuser ? »

Le chevalier : « Mon petitours, je pensais que tu connaissais un peu mieux les zanimos que ça. »

Max : « Je connais les zanimos moi ! »

Léo : « Alors tu devrais savoir qu’un zanimo cherche surtout à se sauver ! Il mord pas comme ça ! »

Samuel : « La preuve c’est qu’on l’a à peine vue la vipère aspic ! »

Boris : « Elle s’est sauvée ! »

Léo : « Et bonome s’est pas fait venimeuser. »

Max : « Suis-je donc le seul à prendre soin de notre grand dadais ? »

Samuel : « Ben non ! »

Léo : « Bonome, les couleuvres on les a toujours vues au bord de l’eau ou pas très loin. C’est normal ? »

Le chevalier : « Nous avons pu observer des couleuvres à colliers. Effectivement elles s’observent surtout dans les milieux aquatiques. Mais il y en a aussi au Royaume des Ecureuils. »

Max : « Il y a pas de mares là. Elles sont au Royaume des Mandarins. »

Le chevalier : « Les vipères vivent plutôt dans des milieux secs. »

Léo : « N’empêche qu’on voulait voir une faille de près et à la place on a vu une vipère aspic. »

Samuel : « Chevalier, tu as pas donné son nom en scientifique. »

Le chevalier : « Vipera aspis, Vipéridés. »

Samuel :  « Merci chevalier. »

Léo : « On peut revenir à la faille de la Remuaz alors… »

Encore la faille de la Remuaz

Max : « Tu nous explique cette faille bonome ? »

Le chevalier : « Elle sépare le vieux socle cristallin des Aiguilles Rouges daté de 320-330 Ma du granite de Vallorcine qui s’est mis en place vers 307 Ma. »

Samuel : « Le granite de Vallorcine ? Tu nous en a pas déjà parlé aux dinosaures ? »

Le chevalier : « Si mon petitours. »

Boris : « Tu pourrais répéter s’il te plaît ? Je me souviens pas bien moi. »

Le chevalier : « Un granite a une structure grenue c’est à dire qu’il est entièrement constitué de cristaux. On y trouve de gros cristaux de feldspaths, de quartz et de micas noirs (biotite) et blancs (muscovite). »

Max : « Tu nous montres ? »

Le chevalier : « Ici il est difficilement accessible. Nous trouverons peut-être des blocs éboulés. »

Max : « D’accord. »

Le chevalier : « C’est un granite intrusif datant du Carbonifère. »

Léo : « Je sais ! Je sais ! C’est à la fin de l’orogenèse hercynienne. En profondeur, des roches ont fondu. Un magma s’est formé et comme il était moins dense que les roches qui l’entouraient il est remonté. On dit qu’il est intrusif. Mais il s’est arrêté en chemin et il a pris tout son temps pour cristalliser. C’est pour ça que c’est une roche grenue. »

Le chevalier : « Oui Léo, c’est exactement ça ! »

Samuel : « Bravo cousin Léo, bravo ! »

Le chevalier : « Revenons à la faille. Il semblerait que le compartiment face à nous se soit élevé. Nous sommes donc en présence d’une faille normale. »

Max : « Elle date de quand cette faille ? On sait ? »

Le chevalier : « Elle est bien visible ce qui suggère un fonctionnement récent. Mais certains géologues la datent de la fin du carbonifère. »

Samuel : « C’est pas incompatible ! Elle peut dater du Carbonifère et avoir rejoué récemment. »

Le chevalier : « Je pense que c’est ce qu’il s’est passé. Il lui arrive de rejouer encore. Les derniers tremblements de terre associés à cette faille datent du 29 Avril 1905 et du 8 septembre 2005. »

Max : « Oulala ! Mais ça peut bouger encore ! »

Boris : « C’est pas très rassurant… »

Léo : « On devrait s’éloigner de la paroi. »

Le chevalier : « Si tu veux Léo mais ça ne changera pas grand-chose… »

Max : « Bonome, il y a des roches polies et striées là. On va les voir ? »

Le chevalier : « Allons-y Maxou. Mais avant descendez un moment. »

Max : « On va se dégourdir les pattes ! »

Le chevalier : « Et prendre la pause 🙂 »

Léo : « Où ça ? »

Le chevalier : « Là… oui, comme ça… Merci mes petizours. »

Les petizours

Boris : « Qu’est ce que tu regardes chevalier ? »

Le chevalier : « Mmmmm… Attendez, j’observe avec le zoom… Oui, c’est bien ça… Regardez 🙂 »

Une étagne… la femelle du bouquetin

Max : « Un Chamois ! »

Le chevalier : « Non Maxou, ce n’est pas un chamois. C’est une étagne. »

Léo : « Une étagne ? C’est quoi une étagne ? »

Le chevalier : « La femelle du bouquetin, Capra ibex, Bovidés, Caprinés. »

Samuel : « Une étagne… Rholala ! »

Max : « Elle court ! »

Le chevalier : « Elle s’est juste déplacée un peu… Voilà ! »

Une étagne

Retrouvez l’étagne sur cette foto 🙂

Boris : « C’est très impressionnant ! »

Léo : « Elle a pas le vertige l’étagne 🙂 »

Le chevalier : « Léo, tu te doutes que l’évolution est passée par là et que les bouquetins des Alpes sont particulièrement bien adaptés à la vie montagnarde. »

Léo : « Je me doute bonome. Mais je suis quand même impressionné ! »

Max : « Un étagne… »

Boris : « On a déjà vu : un cassenoix moucheté, une vipère aspic et une étagne. »

Samuel : « On est gâtés ! »

Max : « C’est pas tous les jours qu’on voit ça ! »

Léo : « Et c’est pas tout le monde ! »

Max : « Et regardez moi ce paysage ! »

Côté Aiguilles Rouges Des aiguilles 🙂
Le Tour L’Aiguille Verte

Côté Mont Blanc

Glacier d’Argentières de plus près…

Léo : « On s’en lasse pas… »

Le chevalier : « Tout à fait d’accord 🙂 »

Max : « Moi aussi ! Mais on devait observer les roches polies et striées. On y va ? »

Le chevalier : « Elles sont juste là Maxou. »

Un dôme d’orthogneiss… poli et strié

Samuel : « Je pense qu’il va falloir surseoir. »

Max : « Pourquoi veux-tu surseoir petit Sam ? »

Samuel : « Parce qu’on va faire l’ornithologie cousin Max. »

Léo : « Ah bah oui ! Oulala ! »

Boris : « Quel grand zoiso ! »

Léo : « Je parie sur un Corvidé ! »

Un grand Corvidé

Max : « Un grand Corvidé alors ! »

Boris : « Il y en a trois ! »

Samuel : « Et ils se posent là ! »

Léo : « Qu’est ce qu’ils sont grands !!! »

Un grand corbeau Corvus corax, Corvidés

Max : « Serait-ce un grand corbeau ? »

Le chevalier : « Bien vu Max ! C’est bien un grand corbeau, Corvus corax, Corvidés. Une soixantaine de centimètres de long et une envergure d’environ 120. »

Léo : « 120 cm d’envergure ! »

Samuel : « On peut dire qu’il est grand le grand corbeau 🙂 »

Le chevalier : « Et comme beaucoup de Corvidés c’est un opportuniste. »

Max : « Il mange tout ce qu’il trouve ? »

Le chevalier : « Oui. Il faut bien pour alimenter sa grande carcasse. Sa masse varie de 700 à 2000 g. »

Léo : « 2 kg ! »

Le chevalier : « C’est le plus lourd des passereaux. »

Boris : « Un grand corbeau… »

Léo : « Quelle journée ! »

Max : « Et c’est que la montée ! On a pas encore tout vu ! »

Samuel : « Bon, si on étudiait ces roches polies et striées ? »

Max : « Oui oui, fin de la pause zoisologique 🙂 »

Léo : « Mais on allait pas laisser passer ce grand corbeau quand même ! »

Le chevalier : « Absolument Léo. Les roches maintenant… »

Le dôme d’orthogneiss L’orthogneiss

Samuel : « On voit des petits grains blancs allongés dans du tout gris… »

Le chevalier : « C’est un orthogneiss petit Sam. »

Boris : « Je me souviens plus de ce que ça veut dire ortho… »

Max : « Ortho ? Dans orthogneiss ça indique que le gneiss provient d’une roche magmatique, genre granite, qui a été transformé sous l’influence de la température et de la pression en profondeur. »

Boris : « Merci Max. »

Léo : « Et c’est un glacier qui a poli ce dôme de gneiss, en avançant. »

Boris : « Ça je me souviens. Et il y a des rochers ou des cailloux sous le glacier. Ils sont écrasés et avancent en même temps que le glacier. C’est pour ça qu’il y a des stries. »

Samuel : « On a expliqué les roches polies et striées. On peut avancer maintenant. »

Léo : « On a de la chance quand même… »

Max : « Oui Léo, mais on va lasser mes lecteurs si on le répète toutes les 5 minutes. »

Samuel : « Ils vont comprendre tes lecteurs cousin Max… »

Max : « Bonome, on va au Lac Blanc, nous. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « On arrive bientôt ? »

Le chevalier : « Tu es pressé ? »

Max : « Non, pas vraiment, mais j’ai envie de savoir… »

Le chevalier : « Je comprends. Nous allons bientôt atteindre les lacs des Chéserys. Puis il y aura un peu de grimpette et nous serons au Lac Blanc. »

Max : « Un peu de grimpette ? Parce que là ça grimpe pas ? »

Le chevalier : « Tu verras Maxou. Il me semble qu’il y a quelques passages un peu raides plus loin. »

Léo : « Merci bonome de faire tout ça pour nous. »

Le chevalier : « Léo, je ne le fais pas uniquement pour vous tu sais. »

Léo : « Merci quand même 🙂 »

Samuel : « Aïe ! »

Max : « Tu t’es fait mal petit Sam ? »

Samuel : « Non cousin Max. Mais… »

Léo : « On retourne dans les nuages là ! »

Des nuages passent…

Le chevalier : « Un mauvais moment à passer… »

Max : « Tu es sûr ? »

Le chevalier : « Non. Mais je l’espère. »

Boris : « On voit le soleil qui traverse le brouillard. »

Léo : « Oui, c’est même pas du brouillard. Ce sont quelques nuages qui passent. »

Le chevalier : « Le premier lac des Chéserys doit être juste après. »

Max : « On va le voir ? »

Le chevalier : « Oui Max. Le voilà… »

Le premier lac… des Chéserys

Samuel : « C’est bôôô ! »

Léo : « Et encore ! Il y a les nuages ! »

Le chevalier : « J’aimerais bien que ça se dégage, moi. J’ai des choses à voir là-haut et ça ne sera pas possible avec des nuages… »

Max : « Le vent, tu veux bien pousser un peu les nuages pour que bonome voit ce qu’il veut voir ? S’il te plaît ? »

Léo : « Et si tu pouvais faire une bourrasque pour décoiffer Tante Yvonne 🙂 »

Boris : « Je vous rappelle que dans mon rêve elle a fait remarquer qu’elle pouvait jamais être bien peignée… »

Léo : « D’accord. Le vent, tu veux bien caresser doucement le visage de Tante Yvonne de notre part s’il te plaît ? »

Samuel : « Merci le vent ! »

Max : « Regardez ! On a dépassé les deux premiers lacs ! »

Les deux premiers Lac des Chéserys

Le chevalier : « Je propose une courte pause avant d’attaquer la fin de la montée. »

Max : « Pause acceptée ! »

Pendant la pause notre zoiso-gardien est venu nous voir.

Notre zoiso-gardien, le rougequeue noir

Il a bien fait sa mission pendant ce séjour notre zoiso-gardien. Il est venu chaque jour voir si tout se passait bien pour nous. Il faudra le féliciter Princesse. C’est rassurant de savoir qu’on est pas tout seuls dans la montagne. Bonome a commencé son sandouich pendant la pause. A la montagne il le mange toujours en plusieurs fois. Un morceau maintenant, un morceau plus tard… Je sais pas pourquoi il fait ça. Mais, à chaque fois, il nous donne un peu de chocolat. Juste un peu. Et avant de reprendre le chemin on a toujours un câlin. Voilà. Bon Princesse, on se retrouve dans l’article suivant pour la suite de la montée. A bientôt Princesse:)

Paysage de lichens

Continuer la promenade

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