171-1 Le lac Cornu : la montée dans les nuages

Mardi 9 Août, An IV

Au réveil, Boris, Samuel et Max…

Boris : « J’ai rêvé d’une vieille dame… »

Samuel : « Sur un bateau ? Avec un chien ? »

Max : « Et vous avez vu les zanimos d’hier ? »

Boris : « Moi oui ! »

Samuel : « Moi aussi ! »

Une voix sort de sous l’un des oreillers du chevalier… 

La voix : « Ça c’est un coup du vent… »

Max : « C’était pas la voix de Léo ça ? Il est où Léo ? »

Boris : « C’est vrai ça ! Il est où Léo ? »

Samuel : « La voix venait de là ! »

Max : « Sous l’oreiller ? Venez, on va voir ! »

Les trois petizours sautent sur le lit du chevalier puis soulèvent l’oreiller.

Max : « Ben Léo ! Qu’est ce que tu fais là ! »

Samuel : « Tu es tout crabouillé cousin Léo ! »

Max : « Toi tu t’es endormi avec bonome et il t’a crabouillé sous son oreiller… »

Boris : « Ça va aller Léo ? »

Léo : « Oui oui. Ça va déjà mieux 🙂 Vous avez rêvé qu’on était sur la bateau de Tante Yvonne ? »

Max : « Oui. »

Samuel et Boris : « Pareil ! »

Max : « Bonome, ils étaient bien tes dessins et tu expliques bien les dinosaures qui sont pas encore des dinosaures mais dans le rêve ils bougeaient et c’était mieux 🙂 »

Léo : « C’était pas un rêve. »

Samuel : « C’était pas un rêve ? »

Léo : « Non. C’était pas un rêve. »

Max : « Tu pourrais expliquer Léo ? »

Léo : « Vous trouvez ça normal qu’on fasse tous les quatre le même rêve en même temps ? »

Max : « Ben, avec Tante Yvonne… »

Léo : « Mais c’était pas un rêve. »

Boris : « Je comprends pas moi. »

Max : « Léo, explique toi ! »

Léo : « C’est le vent. Vous savez bien qu’il est partout le même et que le temps existe pas pour lui. Il est en même temps au Ladinien et ici. Alors il nous a pris avec lui et il nous emmenés sur le bateau de Tante Yvonne, avec Chien, au Ladinien. »

Max : « Tu es en train de dire… »

Samuel : « … qu’on a vraiment vu les zanimos ? »

Boris : « On aurait voyagé dans le temps ? »

Léo : « C’est l’explication la plus logique. »

Max : « La plus logique ? Tu trouves ça plus logique qu’on ait voyagé dans le temps plutôt qu’on ait fait le même rêve ? »

Léo : « Je dirais pas ça si on était pas amis avec le vent… »

Samuel : « Ça avait l’air très réaliste dans mon rêve… »

Max : « C’est comme ça les rêves petit Sam. »

Boris : « Moi je crois Léo. »

Max : « Alors pourquoi le vent aurait pas transporté bonome ? »

Léo : « Parce qu’il connaît déjà ! Bonome a 15 milliards d’années ! Le Ladinien il l’a déjà vu ! »

Max : « Bonome, tu en penses quoi ? »

Le chevalier : « Vous avez vu les animaux cette nuit ? »

Max : « Oui bonome. »

Léo : « Oui oui. »

Samuel : « Je confirme. »

Boris : « Moi aussi. »

Le chevalier : « Et vous étiez tous les quatre ? »

Max : « Oui bonome. »

Le chevalier : « Je ne sais pas quoi vous dire… Ça me fait bizarre de dire ça mais je me demande si Léo n’a pas raison. »

Max : « On aurait vraiment été au Ladinien cette nuit ? »

Samuel : « Chevalier, le Ladinien c’est pas juste des roches. C’est il y a 240 millions d’années. Tu penses que cette nuit on a voyagé dans le temps ? »

Léo : « Petit Sam, le temps existe pas pour le vent ! Si on voyage avec lui alors le temps existe pas pour nous non plus. »

Max : « C’est possible ça bonome ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas… J’ai des petizours naturalistes qui se gavent de chocolat et qui sont amis avec le vent. Alors si maintenant j’apprenais qu’en plus ils voyagent dans le temps… Je crois que je ne serais même pas étonné. »

Max : « Moi, ce qui me perturbe, c’est que tu étais pas avec nous. »

Léo : « C’est vrai que c’est surprenant. »

Le chevalier : « Et si nous réfléchissions à tout cela pendant l’inspection ? »

Max : « Il y a pas à réfléchir. On saura jamais si c’est vrai. »

Samuel : « Moi je crois cousin Léo. »

Boris : « On serait allés au Ladinien cette nuit ? »

Max : « Qu’on y soit allés en rêve ou en vrai, on y était ensemble et on a vu les zanimos au bord de la mer. »

Samuel : « On pourrait demander au vent ! »

Max : « Il dirait rien ! Bonome veut pas reconnaître qu’il parle le zoiso. Pourquoi le vent reconnaîtrait qu’il nous a fait voyager dans le temps qui existe pas pour lui ? »

Le chevalier : « Mes pauvres petizours. Que la vie est cruelle avec vous ! Vous ne saurez jamais si vous avez fait un rêve magnifique et parfaitement synchronisé ou si vous avez voyagé dans le temps… »

Max : « Tu ironises là ! »

Samuel : « Je dirais même qu’il se moque de nous. »

Léo : « Toutefois je comprends son point de vue. »

Boris : « On se pose des questions étranges avec vous… »

Max : « Ah bah c’est sûr que c’est pas tout le monde qui se demande si il a rêvé de dinosaures qui sont pas encore des dinosaures ou si il a voyagé dans le temps avec son ami le vent pour qui le temps existe même pas 🙂 »

Le chevalier : « Dites mes chers petizours, on reste là à philosopher ou on va en inspection ? »

Max : « Tu t’es caféiné ? »

Le chevalier : « Pas beaucoup, juste un hectolitre 🙂 »

Max : « Ah… Tu vas boire le deuxième à la taverne alors. Les cousins, vous êtes prêts ? »

Léo : « Il faut que je me remette un peu le rembourrage en place moi. J’ai été tout crabouillé. »

Max : « Bonome, tu aides ton Léo. Nous on met nos sacados et on est prêts ! »

Un peu plus tard, dans une taverne…

Max : « Merci pour le chocolat avec quatre pailles bonome. Je sais pas comment tu fais pour rester impassible sous le regard interrogateur des taverniers 🙂 »

Léo : « ‘Bonjour monsieur le tavernier. Deux cafés et un chocolat avec quatre pailles s’il vous plaît.’ »

Samuel : « Tu prends toujours les cafés par deux maintenant chevalier. »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Max : « Bonome, c’est quoi le programme aujourd’hui ? »

Le chevalier : « On grimpe là-haut – Le chevalier indique la direction du Brévent – et nous profitons de la vue. Pendant la montée nous aurons une magnifique vue sur le Massif du Mont-Blanc. Puis nous passerons la ligne de crête et la vue portera sur les Rochers des Fiz. »

Max : « Alors aujourd’hui on profite de la vue ! Chouette alors ! »

Léo : « On va faire la géologie ? »

Le chevalier : « Nous aurons l’occasion d’observer différents types de roches du socle des Aiguilles Rouges. »

Samuel : « Et la botanique ? »

Le chevalier : « Je suis à votre disposition mes petizours. Si vous voulez que je vous explique une plante, je vous l’explique. Bon, on y va ? »

Max : « On y va ! »

Léo : « C’est parti ! »

Samuel : « Bonome, elle est haute la ligne de crêtes. Tu vas tout grimper ? »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Comment on va aller tout là-haut alors ? »

Samuel : « Regardez ! »

Boris : « C’est quoi ces drôles de cabines ? »

Max : « Bonome ?! On va téléphériquer ? »

Le chevalier : « Oui. Ça vous tente ? »

Max : « Si ça nous tente ? On va téléphériquer ! »

Samuel : « Rholala ! »

Boris : « Ça va être long ? »

Le chevalier : « Une bonne dizaine de minutes. »

Léo : « Tout ça ! »

Samuel : « J’ai un peu peur quand même moi… »

Max : « Mais non ! On risque rien ! Embarque bonome ! »

Léo : « Ça y est ! On est dans la cabine ! »

Boris : « Et il y a que nous ! »

Max : « Bonomou, on peut sortir de ta poche ? »

Le chevalier : « Oui oui. Profitez du spectacle 🙂 »

Max : « Tu veux bien nous fotoer pour montrer à Princesse s’il te plaît ? Elle va pas nous croire sinon. »

Le chevalier : « Prenez la pause… Voilà ! Profitez du paysage maintenant. »

Les petizours qui téléphériquent.

Max : « Là c’est le Mont-Blanc ! »

Léo : « Avec le glacier des Bossons ! »

Boris : « Les Aiguilles de Chamonix ! »

Samuel : « L’Aiguille du Midi ! »

Max : « Oulala ! La cabine se balance ! »

Léo : « Euh… Bonome, regarde derrière toi. »

Le chevalier : « Ah… »

Max : « On va dans les nuages là… »

Samuel : « C’est pas très bien pour la vue les nuages… »

Boris : « Moi je suis jamais allé dans les nuages. »

Max : « Ben nous non plus en fait. »

Le chevalier : « J’espère que ça va se dégager un peu quand même. La cabine ralentit. Nous arrivons. »

Max : « Alors on se poche ! »

Le chevalier descend de la cabine et sort de la gare du téléphérique…

Max : « Brrrrrr ! Mais c’est qu’il fait froid ici ! »

Léo : « Et humide ! »

Boris : « Forcément, on est dans les nuages. »

Max : « Bonome, regarde à la terrasse de la taverne ! »

Samuel : « Tabarnak ! Qu’est ce qu’ils sont grands ces petizours ! »

Des grands petizours…

Max : « Ils pourraient pas se pocher 🙂 »

Léo : « Ils ont pas l’air en forme. »

Samuel : « Je crois qu’ils ont abusé du champagne. »

Max : « Ils se sont piqués la ruche… »

Léo : « Ils sont ronds comme des queues de pelle… »

Max : « Ils se sont pichés la calebasse… »

Le chevalier : « Vous n’allez pas recommencer ! »

Max : « Si c’est pas malheureux de voir ça… »

Léo : « On est à la montagne et au lieu d’en profiter pour faire l’Alpinologie, ils cuvent en terrasse… »

Samuel : « Pauvre petizours géants ! »

Max : « Bon, nous on avance ! »

Le chevalier : « Oui, j’ai pas mal de chemin à faire moi… »

Léo : « Dis, tu as le temps quand même d’aller voir les roches ? »

Le chevalier : « Celles-ci ? »

Léo : « Oui bonome 🙂 Bouge pas. Je saute ! »

Léo sur des gneiss…

Léo : « Cher cousins, en ce moment je suis assis sur une roche caractérisée par une alternance de lits de minéraux sombres (micas noirs) et minéraux clairs (quarts et feldspaths). Qui veut me dire ce qu’est cette roche ? J’ajoute qu’elle a la composition d’un granite. Alors ? »

Samuel : « Moi ! Moi ! »

Max : « Ben non ! Moi !! »

Boris : « Mais non ! Moi Léo ! Moi ! »

Léo : « Ne vous chamaillez pas ! Boris, peux-tu donner la réponse ? »

Boris : « C’est un gneiss. Mais je sais pas si il est ortho ou para… »

Léo : « Très bien Boris. »

Max : « Moi j’aurais dit un gneiss migmatitique. »

Samuel : « On pourrait ajouter que ces gneiss résultent d’un début de fusion d’anciennes roches sédimentaires. »

Léo : « Ce serait donc un paragneiss. »

Le chevalier : « C’est toi qui animes la journée Léo ? »

Léo : « Je saurais pas faire. C’était juste pour rigoler. Dis, c’est partout le gneiss aujourd’hui ? »

Le chevalier : « Vous savez bien que les gneiss constituent l’essentiel du socle des Aiguilles Rouges. Mais nous verrons peut-être d’autres roches. Allez, avançons… »

Max : « On va là bonome ? »

Le chemin dans les nuages…

Le chevalier : « Le chemin qui part sur la droite. »

Max : « Tu peux me rappeler le thème du jour ? La vue c’est ça ? »

Le chevalier : « Ben… Il va falloir trouver autre chose je crois. »

Boris : « On est dans les nuages… »

Samuel : « D’habitude on les voit du dessous mais là on est carrément dedans 🙂 »

Léo : « Ça fait bizarre… »

Max : « C’est pas désagréable. Un peu humide quand même… »

Le chevalier : « Nous allons beaucoup marcher sur des éboulis. Mais un magnifique chemin a été réalisé par des cantonniers dans les années 1930. Voyez ça… »

Le chemin…

Léo : « Il y a des dalles à peu près bien posées. Ce sont les cantonniers qui ont fait ça ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Certaines de ces dalles dépassent les 100 kg… Vers la gauche vous pouvez apercevoir le Clocher-Clocheton… »

Max : « Tu fais comme si il y avait pas les nuages là ? Parce que sur notre gauche on voit rien du tout ! »

Le chevalier : « C’est dommage. C’est une pointe assez jolie normalement. Et il y a quelques voies d’escalade… »

Max : « Pfff ! Tu veux même pas faire l’escalade… »

Le chevalier : « Max, il me faudrait un partenaire pour m’assurer. »

Max : « Ben je peux le faire moi ! »

Le chevalier : « Mon petitours… Il faut deux personnes de masse corporelle proche… »

Max : « Ah oui… Même en me gavant de chocolat et en me laissant pousser le ventre… »

Léo : « On est sortis des éboulis… »

Le chemin dans la lande à rhododendrons…

Samuel : « C’est quoi la végétation ? »

Le chevalier : « La lande à rhododendrons. »

Max : « Lande d’ubac ou lande d’adret ? »

Le chevalier : « Nous sommes sur le versant ouest de la vallée de Chamonix. Or le soleil se lève à l’est. Ici, il y a le soleil une bonne partie de la journée. »

Max : « Tu as pas répondu ! Ubac ou adret ? »

Le chevalier : « L’ubac est en général la face nord d’une montagne et l’adret sa face sud. »

Léo : « Et là, vu l’orientation de la montagne il y a pas de face sud ou nord mais une face est et une face ouest. »

Max : « Alors il y a ni ubac ni adret ? »

Le chevalier : « J’en sais rien Max. »

Max : « Ça recommence ! Alors quand tes petizours préférés posent des questions tu as les réponses et quand c’est Max tu en sais rien ! Pfff !!! »

Léo : « C’est peut-être parce que tu poses des questions très très pertinentes Maxou. »

Boris : « Les meilleures questions ! »

Samuel : « C’est toi le plus fort cousin Max. »

Max : « Là, vous essayez de me flatter. Ça marche pas mais c’est pas désagréable. Continuez un peu pour voir… Euh… »

Léo : « Quoi ‘euh…’ ? »

Max : « Mon Léo, pourrais-tu ouvrir les yeux avant de regarder s’il te plaît. »

Léo : « Pourq… Ah oui ! »

Le chemin…

Max : « Comment tu vas faire bonome ? Il est plus là le chemin. »

Léo : « Il est parti en vacances le chemin ? Ou les cantonniers ont fait une pause ici ? »

Le chevalier : « Ni l’un ni l’autre. C’est un chemin de moyenne montagne. Ils sont parfois un peu escarpés… »

Max : « Un peu escarpés ? »

Samuel : « Et tu vas réussir à passer ? »

Le chevalier : « Il n’y a rien de difficile là… »

Le chemin

Samuel : « Bravo chevalier ! Bravo ! »

Max : « Pfff ! C’est facile avec ses grandes pattes ! »

Léo : « C’est pratique d’être un Tringa megapus 🙂 »

Max : « Pfff ! Il a triché ! Il s’est servi de ses mains ! »

Léo : « C’est pas interdit ! »

Boris : « C’est même plus prudent… »

Samuel : « Il faudrait pas qu’il soit tout cassé le chevalier ! Comment on finirait l’inspection nous ? »

Le chevalier : « Mon cher petit Samuel, je remarque avec plaisir que tu es parfaitement intégré à la tribu des petizours. La seule chose qui t’inquiéterait si je me blessais est que vous ne pourriez pas finir l’inspection… »

Samuel : « Non chevalier. C’est pas la seule chose. Ce qui m’embêterait le plus c’est qu’on est que le deuxième jour. Toutes les vacances seraient fichues 🙂 »

Léo : « Et vlan bonome ! »

Le chevalier : « Petits ingrats ! Alors moi, je me saigne pour vous offrir des vacances à la montagne et vous … »

Max : « Tu te saignes rien du tout ! On est invités je te rappelle. Ça te coûte rien du tout ! »

Léo : « Même le bain à remous te coûte rien ! »

Le chevalier : « Tu payes seulement tes cafés. »

Boris : « C’est déjà un gros budget 🙂 »

Max : « Ah ben on pourrait nourrir une famille de quatre personnes pendant une semaine avec son budget café d’une demi-journée… »

Le chevalier : « Et le budget chocolat ? Vous y pensez au budget chocolat ? »

Léo : « Aïe ! L’argument fait mouche ! »

Samuel : « Il faudrait changer de conversation. »

Boris : « Sinon ça pourrait se retourner contre nous… »

Max : « Bonome ! C’est quoi ça ? C’est qui le zanimo qui a fait caca ? »

Une crotte de cerf ?

Léo (Discrètement à Max) : « Bien joué ! »

Le chevalier : « Mmmmm… Il s’agit d’un grand mammifère… Un cerf ? »

Max : « C’est une crotte de cerf ? Il y a des cerfs ici ? »

Le chevalier : « Oui, il doit y en avoir. Si j’ai bon, elle est toute fraiche. Vous voyez qu’elle est constituée de différents éléments collés les uns aux autres. Avec le temps ils vont se séparer. »

Léo : « Il vient de passer alors ? »

Le chevalier : « Il n’y a pas longtemps… »

Samuel : « On va peut-être voir des cerfs ! Rholala ! »

Max : « On sait qu’il y en a… Allez, Megapus, avance ! »

Boris : « On est juste sous les nuages… »

Sous les nuages…

Max : « Ouais… On va pas tarder à rentrer dedans et on va plus rien voir du tout… »

Le chevalier : « Je n’y peux rien Maxou. »

Max : « Je sais bonome. Oh, et puis tu vas bien trouver des choses à nous montrer, même dans les nuages. Mais on verra pas la vue… »

Léo : « Bonome, c’est quoi cette roche noire ? »

Le chevalier : « Pas tout à fait noire… Tu veux sauter ? »

Léo : « Je peux y aller ? »

Le chevalier : « Bien sûr Léo. »

Léo… sur une amphibolite…

Max : « Alors ? C’est quoi cette roche ? »

Le chevalier : « Je dirais… une amphibolite. »

Max : « Ah oui ? Merci bonome. Léo, je suppose que tu es ravi d’être assis sur une amphibolite. »

Léo : « Absolument 🙂 »

Max : « Bon, ben on peut rentrer maintenant qu’on a vu une amphibolite. »

Samuel : « Tu rigoles cousin Max ! Quand on a vu une amphibolite on peut carrément mourir ! »

Le chevalier : « Je vois. C’est votre façon de me faire comprendre que je dois expliquer l’amphibolite. »

Léo : « Pourquoi tu expliquerais bonome ? Parce que nous sommes des petizours naturalistes à l’esprit curieux et désireux d’apprendre des tas de choses fort savantes ? »

Max : « D’accord avec Léo. Mais j’ai une autre méthode pour te faire comprendre que tu dois nous expliquer l’amphibolite. Tu veux voir ? »

Le chevalier : « Non non ! Tes cris pourrais déclencher une chute de pierre. J’explique. Une amphibolite est une roche constituée de minéraux appelés amphibole. »

Max : « Nooooon ? »

Léo : « Une amphibolite serait donc constituée d’amphiboles ? »

Samuel : « J’arrive pas à y croire ! »

Boris : « C’est dingue comme tes explications sont claires et précises chevalier ! »

Le chevalier : « Merci 🙂 »

Max : « Bonome, mon bonomou… »

Le chevalier : « Ben la formule chimique de l’amphibole… En fait, c’est un groupe de minéraux du groupe des inosilicates. »

Léo : « Bonome, tu peux faire simple s’il te plaît ? Je voudrais pas mourir sous les pierres dévalant la montagne à cause des cris de Max. »

Le chevalier : « Faire simple avec les amphiboles ? Ben… A la rigueur je peux vous expliquer l’origine des amphibolites. Ce n’est pas très dur. Elles proviennent du métamorphisme de basaltes. »

Léo : « De basaltes ? Comme les basaltes du fond des océans ? »

Max : « Ou ceux des volcans ? »

Samuel : « Des basaltes des distensions au sein des continents ? »

Le chevalier : « Oui, des basaltes 🙂 »

Max : « Autour c’est les paragneiss, c’est à dire les gneiss qui viennent de roches sédimentaires. A l’origine ce sont des roches qui se sont déposées dans la mer. Et tu dis qu’il y avait des basaltes. »

Léo : « Puis-je supposer que ce sont des basaltes de distension au sein d’un bassin sédimentaire ? »

Le chevalier : « Ah oui ! Tu peux supposer Léo. Tu supposes tout ce que tu veux ! Je ne vous ai jamais interdits de supposer, moi 🙂 »

Max : « Tu sais pas ? »

Le chevalier : « On parle là de roches ayant au minimum 400 millions d’années et ayant subi deux phase de métamorphisme avant d’être exhumées et de revenir à l’air libre au sein d’une chaîne de montagnes active. J’arrive à reconnaître une amphibolite dans ce fouillis de roches que vous voyez là et en plus je sais que ce sont d’anciens basaltes métamorphisés. A vrai dire je suis assez fier de moi sur ce coup là 🙂 »

Léo : « Oui, c’est vrai. »

Samuel : « C’est pas tous les promeneurs qui passent ici qui savent que c’est une amphibolite, ça. »

Boris : « Je pense même que la plupart des promeneurs voient même pas que cette roche est pas comme les autres. »

Max : « Bon, ça passe pour cette fois bonome. Mais tu me feras le plaisir de réviser un peu. »

Le chevalier : « D’accord. Je vais passer le reste de la semaine le nez dans les livres. »

Max : « Non non non ! Ben non ! Tu sais assez de choses. Les livres ont plus rien à t’apprendre bonome. »

Le chevalier : « 🙂 »

Samuel : « Le chemin a encore disparu… »

Le chevalier : « Non petit Sam. Il est là… »

Il y a un chemin là ?

Max : « Ah oui ?Toi tu vois un chemin là ? »

Léo : « On pourrait réviser un peu ce que c’est un chemin ? J’ai l’impression de savoir mais quand tu me montres ce chemin là, je me dis que j’ai peut-être faux… »

Boris : « Heureusement qu’on poche… »

Samuel : « Si on devait faire ça à pattes… »

Léo : « Chaque caillou nous ferait faire de l’escalade ! »

Le chevalier : « Mais là vous êtes confortablement installés 🙂 »

Max : « Oui, c’est pas mal 🙂 »

Samuel : « Il est étrange ce rocher… »

Un rocher qui signale une faille…

Léo : « Il y a une faille ! »

Max : « C’est vrai bonome ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Boris : « Elle est tout pareille que celle d’hier. »

Max : « Mmmmm… C’est vrai ça ! Même direction, parallèle à la vallée, pas très loin de la vallée… »

Le chevalier : « Si je ne dis pas d’erreur, c’est la même. »

Max : « La même ? Mais on est a plusieurs lieues ! »

Léo : « Bonome a dit qu’elle courait tout le long de la vallée. »

Samuel : « Quand même ! Vous imaginez ça ? Une faille de plusieurs lieues de long ! Elle a tout décalé le Massif des Aiguilles Rouges ! »

Max : « Pfff ! »

Léo : « On voit mieux d’ici… »

Le miroir de faille…

Samuel : « Le morceau de droite est remonté de plusieurs mètres. »

Boris : « Comme hier… »

Léo : « Moi ça m’impressionne. »

Le chevalier : « Moi aussi 🙂 »

Max : « Pourtant tu connais bien toi ! »

Le chevalier : « Et alors ? Ce n’est pas parce qu’on connaît que ce n’est plus impressionnant. Au contraire. »

Léo : « Oui, parce que quand on sait pas, on se rend pas compte que c’est impressionnant. »

Max : « Bonome, c’est quoi ces roches ? Léo, tu veux bien aller donner l’échelle ? »

Léo : « C’est moi l’échelle aujourd’hui ? »

Max : « Oui 🙂 Allez, vas-y ! »

Un gneiss migmatitique…

Le chevalier : « Vous devriez savoir ce que c’est ! »

Samuel : « Moi je sais ! »

Boris : « Tu nous expliques petit Sam ? »

Samuel : « Le chevalier nous l’a dit hier ! Il y a des couches blanches et d’autres plus sombres. C’est comme un gneiss encore. Mais on voit que c’est un peu tordu, plissé. C’est à cause que ça a un peu fondu. C’est un gneiss migmatitique. En blanc c’est le mobilisat qui a fondu. Et en sombre c’est la restite. »

Max : « Quelle mémoire petit Sam ! »

Samuel : « C’est pas très dur ! On l’a fait hier ! »

Max : « Et modeste avec ça 🙂 »

Léo : « Et là bonome ? C’est quoi ces cristaux ? »

Un gneiss… à grenats…

Le chevalier : « Oh ! Des grenats ! »

Max : « Des grenats ? Comme dans ta collection de grenats ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Tu vas en prendre ? »

Le chevalier : « Non, nous sommes dans une réserve naturelle et je n’ai pas pris mon marteau. »

Max : « Tu es trop raisonnable… »

Samuel : « Même pas vrai ! Hier il nous a dit d’aller cavaler sur la dalle à empreintes. »

Léo : « Tu m’a étonné en disant ça. »

Boris : « C’est quoi un grenat ? »

Le chevalier : « Un groupe de minéraux métamorphiques. Je donnerai à Max le fichier que j’avais fait pour les étiquettes de mes grenats. »

Max : « On pourra mettre une foto de ta vitrine de grenats ? »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou. »

Les grenats de bonome

Max : « Tu es content d’avoir vu des grenats ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Max : « Tu aimes bien les grenats toi. »

Le chevalier : « Oui. Ne me demande pas pourquoi. J’aime les grenats. »

Léo : « Pas seulement bonome. Tu sais qu’on fouine dans tes tiroirs ? On a vu ta collection de minéraux tu sais. Il y a pas que des grenats 🙂 »

Le chevalier : « Oui je sais que vous fouinez dans mes tiroirs… »

Samuel : « C’est ici qu’on devait profiter de la vue sur le Massif du Mont-Blanc ? »

Le chevalier : « Oui Samuel. »

Samuel : « Ah… Parce que là… »

Léo : « Pas terrible la vue. »

Boris : « Sauf si on aime les nuages… »

La vue…

Max : « On voit bien le chemin 🙂 »

Le chevalier : « Ne te moque pas Maxou. Il m’est déjà arrivé de ne même plus voir le chemin. »

Max : « Et comment tu as fait ? »

Le chevalier : « J’ai fait au toucher. Le chemin n’a pas… Comment dire… Je sentais quand mon pied sortait du chemin. »

Léo : « Et tu t’es pas perdu dans les nuages ? »

Le chevalier : « Si. D’ailleurs j’y suis encore 🙂 »

Samuel : « Vous entendez le zoiso ? »

Léo : « Oui ! »

Max : « Iléou le zoiso ? »

Boris : « Là ! »

Un merle à plastron… juvénile

Max : « C’est qui ce zoiso ? Vous le connaissez vous ? »

Léo : « C’est un Turdidé. »

Boris : « C’est quoi un Turdidé ? »

Max : « Un zoiso de la famille du merle ou des grives. Oui, il ressemble bien à un turdidé… Mais lequel ? »

Léo : « Pas un qu’on connaît… »

Max : « Bonome ? »

Le chevalier : « Un juvénile de… Je dirais un juvénile de merle à plastron. »

Max : « Il a pas de plastron ! »

Le chevalier : « Ce qui est normal pour un première année. »

Léo : « Il est tout jeune alors ! »

Samuel : « On peut s’approcher ? »

Le chevalier : « Je veux bien essayer… Voilà… »

Le merle à plastron juvénile…

Boris : « Il est très beau ce zoiso. »

Max : « Ben oui 🙂 C’est toujours très beau un zoiso. »

Samuel : « Tous les zoisos c’est un très beau zoiso. »

Léo : « Et tous les zoisos c’est notre préféré 🙂 »

Max : « On a pas vu beaucoup de zoisos depuis qu’on est arrivés mais quand même ! »

Léo : « Des mésanges noires, un merle à plastron… »

Le chevalier : « Oui, j’aurais aimé en voir plus… »

Max : « Bonome, on vient d’arriver ! »

Samuel : « Qu’est ce que tu regardes comme ça chevalier ? »

Le chevalier : « La paroi, là. »

Une lentille d’amphibolite…

Max : « Le vent pourrait pousser les nuages quand même ! »

Léo : « Maaax ! Le vent fait ce qu’il veut ! »

Samuel : « Il nous a fait voyager cette nuit cousin Max ! »

Max : « Oui oui. Pardon le vent. Je retire. Désolé pardon. »

Boris : « Tu regardes l’espèce de boule qui dépasse un peu de la paroi ? »

Le chevalier : « Oui. C’est une lentille d’amphibolite. »

Max : « Encore ? »

Le chevalier : « D’après la carte géologique il doit y en avoir quelques lentilles allongées dans le secteur. »

Léo : « C’est dommage qu’on voit pas bien… »

Le chevalier : « Oui… J’espère que le ciel va se dégager et qu’on pourra l’observer au retour. Continuons… »

Max : « C’est bizarre. C’est plus dégagé vers le sommet… »

Léo : « C’est encore la faille ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

La faille… Le miroir de faille…

Samuel : « Avec un peu de chance, les nuages vont rester de ce côté ci de la montagne. »

Le chevalier : « Rien n’est moins sûr. Les vents dominants viennent de l’ouest… »

Léo : « Ils arrivent par l’autre côté alors. Là où on va… »

Max : « Zutalor ! »

Le chevalier : « Nous verrons bien. »

Samuel : « On a déjà vu de belles choses : des roches variées, une belle faille et un merle à plastron. »

Le chevalier : « Tu as raison mon petit Sam. Nous approchons de la ligne de crête… »

Vers la ligne de crête…

Max : « Oui, encore une centaine de mètres de dénivelé… »

Le chevalier : « Oui, à peu près 🙂 »

Léo : « Tu vas encore devoir escalader je crois… »

Le chevalier : « Ça, j’aime bien 🙂 »

Boris : « Fais quand même attention chevalier. »

Un passage escarpé…

Max : « Bravo bonome ! Tu as réussi ! »

Le chevalier : « Ce n’était pas si difficile que ça 🙂 Et si nous faisions une pause ? »

Max : « Tu veux pauser dans les nuages ? »

Le chevalier : « Je veux pauser oui. »

Léo : « Caféinage et pétunage sont les deux mamelles de l’inspection selon bonome 🙂 »

Le chevalier : « Chahutage et pochage sont celles des petizours 🙂 »

Max : « J’aurais dit zoisotage et papotage 🙂 »

Le chevalier : « Aussi. Pour le moment allez vous dégourdir les pattes. Mais ne chahutez pas trop ! »

Léo : « Il y a des zoisos ! »

Max : « Ben… On dirait des craves à bec rouge… »

Boris : « Sauf qu’ils ont le bec jaune 🙂 »

Léo : « Alors se sont des chocards à bec jaune. Tu peux fotoer bonome ? »

Le chevalier : « Je peux 🙂 »

Des chocards à bec jaunes…

Léo : « Rhoooo ! Des chocards à bec jaune ! »

Max : « Tu connais leur nom en scientifique Léo ? »

Léo : « Pyrrhocorax graculus, Corvidés. J’espère qu’on en verra d’autres, de plus près… »

Le chevalier : « On verra bien Léo. »

Max : « Bonome, on peut cavaler partout pendant ta pause ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. »

Max : « Alors on joue à chat ! Léo, c’est toi le chat ! »

Quelques grenats de bonome

Almandin Almandin
Grossulaire Tsarovite Uvarovite
Spessarite
Andradite démantoïde Andradite mélanite

Si le vieux chimiste veut étudier les grenats qu’il clique ici 🙂 Les grenats

Continuer la promenade

2 réflexions au sujet de « 171-1 Le lac Cornu : la montée dans les nuages »

  1. Bonsoir le Vieux Chimiste 🙂
    Oui, c’est un peu compliqué. et ça parle surtout de la couleur des grenats parce que le grenats ça fait des beaux bijoux 🙂
    A bientôt 🙂

  2. Études sur les grenats très intéressantes mais un peu compliquées pour un vieux chimiste. Elles rappellent quelques souvenirs de fac…
    La silice c’est toujours SiO2. Dans les articles il écrit bien : Si04 mais il s’agit du groupement (SiO4)4-, on ajoute quelques métaux pour équilibrer et on obtient des grenats.

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