170-1 Le panorama et le programme de la journée

Lundi 7 Août, An IV (suite)

Pendant la chevauchée…

Max : « Bonome, ça fait déjà un moment qu’on chevauche. On va où ? Tu nous as rien dit ! »

Le chevalier : « Nous allons en Suisse. »

Max : « En suisse ? Qu’est ce qu’on va faire en Suisse ? Tu vas cacher ton magot dans un coffre ? Tu trouves pas que ça fait beaucoup de trajet pour trois piécettes ? »

Le chevalier : « Je ne vais pas cacher mon magot en Suisse 🙂 Je n’ai pas de magot ! Vous engloutissez toutes mes économies en chocolat !!! »

Max : « On a pas beaucoup englouti aujourd’hui ! Tu as pris du chocolat ? Et qu’est ce qu’on va faire en Suisse ? »

Le chevalier : « Je vais faire une surprise à mes petizours 🙂 »

Léo : « Une surprise ? »

Le chevalier : « Oui, une surprise 🙂 »

Samuel : « On arrive bientôt ? »

Le chevalier : « Encore quelques lacets… »

Boris : « J’ai le mal de mer… »

Samuel : « Moi aussi… »

Max : « Il faut dire que le chemin est pas tout droit ! »

Léo : « Max, c’est comme ça à la montagne ! Pour que la pente soit moins raide. »

Max : « Je sais bien ! Mais c’est pas tout droit et petit Sam et Boris ont le mal de mer. »

Le chevalier : « Courage mes petizours 🙂 Nous arrivons… »

Un peu plus tard…

Max : « Alors on est arrivés ? »

Le chevalier : « Oui, regardez un peu la vallée… »

La vallée de l’Arve depuis Emosson

Boris : « Comme c’est bôôô ! »

Max : « C’est sûr que c’est pas tous les jours qu’on voit ça ! »

Léo : « C’est le Mont-Blanc là-bas ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Je le fotoe. Pour Max 🙂 »

Max : « Pour mes lecteurs ! Il ont pas tous eu la chance de venir ici pour voir ça. »

Le Mont-Blanc

Samuel : « Il est plus impressionnant vu d’ici que de notre cabane. »

Léo : « On voit à peine l’Aiguille du Midi ! »

Max : « Et le Dôme du Goûter est bien plus bas que le Mont-Blanc. »

Léo : « Et là bonome ? C’est qui ces montagnes ? Je les aime bien. »

Le chevalier : « Où ça mon petitours ? »

Léo : « Tiens moi contre l’appareil et laisse toi faire. Je vais l’orienter… Voilà… »

Le chevalier : « Je vois… Là ! »

Les Drus

Le chevalier : « Ce sont les Aiguilles des Drus, Léo. Les aiguilles les plus pentues du massif, environ 70°. »

Max : « 70° ! Rholala ! On pourrait faire l’escalade là-bas ? »

Le chevalier : « Non Max. C’est bien trop difficile. Et à ce niveau on ne parle plus d’escalade mais d’alpinisme. Il faut beaucoup de matériel et je ne sais pas faire. »

Max : « Ben il va falloir que tu apprennes bonome. »

Léo : « Max, bonome va pas apprendre l’alpinisme comme ça ! »

Max : « Ben si ! Il pourrait ! Il est fort bonome ! »

Le chevalier : « Pas à ce point Maxou. Avançons, la balade ne fait que commencer… »

Max : « Tu vas marcher plusieurs jours aujourd’hui ? »

Le chevalier : « 🙂 Je vais quand même beaucoup marcher, oui. »

Max : « Alors on avance ! »

Le massif du Mont-Blanc, la vallée de l’Arve et le massif des Aiguilles Rouges.

Samuel : « Tabarnak ! C’est encore plus beau vu d’ici ! »

Léo : « Bonome, la végétation change avec l’altitude. C’est toujours comme ça ? C’est à cause de quoi ? »

Le chevalier : « L’étagement de la végétation… C’est à cause des variations de température. Plus on monte, plus la température baisse. Il me semble que la température baisse de 10°C tous les 1000 mètres. »

Léo : « Alors ça fait comme des étages ? »

Le chevalier : « Oui, on parle bien d’étages. »

Max : « Tu nous expliques les étages de végétos s’il te plaît bonome. »

Le chevalier : « Je m’y attendais 🙂 Voici un document que j’ai emprunté à monsieur Internet… »

Les étages bioclimatiques (source : Wikipédia)

Max : « Oulala ! Tout ça ! »

Samuel : « Pourquoi c’est pas pareil des deux côtés des montagnes sur ton schéma chevalier ? »

Le chevalier : « En raison de l’exposition au soleil. La face sud est en plein soleil une bonne partie de la journée alors que la face nord ne reçoit jamais le soleil. »

Max : « Ah ben oui ! On aurait pu y penser… »

Le chevalier : « Le versant exposé est appelé adret et l’autre est l’ubac. »

Max : « Il y a quelqu’un d’autre que toi qui connaît ces mots ? Ça sert à quelque chose qu’on les apprenne ? »

Léo : « Pour notre culture Maxou. »

Boris : « Chevalier, tu peux dire les végétos des étages ? »

Samuel : « Oh oui ! »

Le chevalier : « Oulala ! Ça risque d’être long. »

Max : « Alors assieds toi si tu veux et explique nous l’étagement de la végétation s’il te plaît bonome ! »

Le chevalier : « L’étagement bioclimatique… »

Max : « Oui, l’étagement bioclimatique. Alors ? »

Le chevalier : « Je dois donc parler des étages bioclimatiques montagnard, subalpin, alpin et nival. »

Max : « Tu fais pas le collinéen ? »

Le chevalier : « Non, il est très proche de la flore de plaine. Pas la peine d’en parler. Commençons par l’étage montagnard qui remonte jusqu’à 800 à 1000 mètres d’altitude. C’est le domaine de la peissière à myrtilles, sombre et dense, à sous-bois clairsemés, relativement pauvre en espèces. »

Max : « C’est quoi la pessière bonome ? »

Le chevalier : « La pessière ? C’est une forêt naturelle d’épicéas, Picea abies, Pinacées. »

Léo : « Si c’est pauvre en espèces, tu dois les connaître 🙂 »

Le chevalier : « Juste quelques unes, comme ça. En adret on trouve le mélanpyre des bois, la canche flexueuse ou la luzule blanc de neige. En ubac ce sont l’oxalis petite oseille, le prénanthe pourpre qui prédominent. Par endroit la forêt peut être ravagée par les avalanches. Ces trouées sont généralement colonisées par des mélèzes. Les couloirs d’avalanche, eux, sont colonisés par l’aulnie verte (côté Mont-Blanc) ou des bouleaux et des noisetiers (versant Aiguilles Rouges). »

Samuel : « Tu nous montreras toutes ces plantes chevalier ? »

Le chevalier : « Je vais essayer de vous faire une journée botanique. Et je prendrai parfois le temps de vous montrer quelques plantes. »

Samuel : « Merci chevalier. »

Léo : « L’étage subalpin maintenant ! »

Le chevalier : « L’étage subalpin… C’est l’étage des éricacées. »

Léo : « Les éricacées ? C’est qui les éricacées ? »

Le chevalier : « La famille de la bruyère. En versant sud on passe de la pessière à la lande à éricacées progressivement. On y trouve la callune, l’airelle rouge, le genévrier, le raisin d’ours… »

Max : « Le raisin d’ours ? Tu nous montreras le raisin d’ours ? »

Le chevalier : « Je vais essayer de vous montrer le plus de plantes possibles. Promis. »

Boris : « Et sur l’autre versant ? »

Le chevalier : « On trouve surtout l’airelle des marais et les rhododendrons. Ah, j’oubliais… En ubac, vers 1 700-2000 mètres on peut observer le mélézein. »

Max : « Le mélézein ? C’est quoi ça encore ? »

Le chevalier : « Une forêt claire de mélèzes mêlés de pins cembros. On y trouve un sous-bois dense de rhododendrons, d’airelles rouge et de myrtilles… »

Léo : « Je résume : d’un côté on passe de la pessière à la lande à éricacées progressivement. De l’autre il y a le mélézein entre les deux. Et les landes accueillent pas les mêmes espèces. »

Le chevalier : « On peut dire ça 🙂 »

Samuel (à Boris) : « Cousin Léo résume toujours bien 🙂 »

Le chevalier : « Pour être un peu complet, mais juste un peu, il me faut signaler les pelouses à nard raide ou a canche flexueuse qui sont des vestiges de l’époque du pâturage intensif. On les trouve au fond des cirques glaciaires essentiellement. »

Max : « On passe à l’étage alpin ? »

Le chevalier : « L’étage alpin… Je vais faire simple. C’est l’étage des pelouses 🙂 »

Max : « C’est tout ? »

Le chevalier : « Oui, c’est tout. Vous ne connaissez pas les espèces que je vous citerais. Je ne les connais pas bien non plus d’ailleurs. »

Max : « Léo, veux-tu bien résumer les étages bioclimatiques s’il te plaît ? »

Léo : « Moi ? Oulala ! Mmmmm… Si j’ai bien compris il y a la forêt d’épicéas appelée pessière, puis le mélézein du côté froid et humide qui assure la transition vers les landes à éricacées pas pareilles en fonction de l’exposition. Et après il y a les pelouses. »

Samuel (à Boris) : « Tu vois qu’il résume bien, cousin Léo 🙂 »

Le chevalier : « Oui, il résume bien notre Léo. Bon, je suis impatient d’affronter la montagne moi ! »

Max : « On peut regarder la vallée encore ? C’est tellement beau ! S’il te plaît bonome ! »

Les petizours : « S’il te plaît bonome ! »

Le chevalier : « Je ne voudrais pas affronter une révolte de petizours. Avançons quand même de quelques pas… Voilà ! »

L’aiguille du Tour L’aiguille du Chardonnet

Le chevalier : « A gauche vous voyez l’aiguille du Tour. Avec le glacier du Tour. Plus a droite, l’aiguille d’Argentière et l’aiguille du Chardonnet… Le glacier au pied de ses montagnes est le glacier d’Argentière. J’ai prévu une journée pour aller l’observer. Ce sera notre seule incursion dans le massif du Mont-Blanc. »

L’aiguille Verte Le Mont-Blanc

Le chevalier : « Les Droites, l’aiguille Verte et les Drus… Le Mont-Blanc… »

Max : « Qu’est ce que c’est beau les Alpes ! »

Léo : « Merci bonome 🙂 »

Boris : « Merci chevalier de m’avoir emmené avec vous. »

Le chevalier : « 🙂 Avançons, nous aurons d’autres occasions d’admirer le massif du Mont-Blanc. »

Quelques dizaines de mètres plus loin…

Max : « Ben… C’est quoi ce dinosaure ? Qu’est ce qu’il fait là ? Et pourquoi il a un casque jaune sur la tête ? »

Un horrible dinosaure

Le chevalier : « Il est moche ! Quel mauvais goût ! Et quelle erreur ! Mais c’est une horreur !!! Une abomination ! »

Max : « Calme bonome ! Calme ! »

Léo : « Tu as l’air surpris bonome ? Tu t’attendais à quoi ? »

Le chevalier : « Je pensais voir Marcel, moi ! »

Max : « Marcel ?! C’est quoi encore cette histoire ? »

Le chevalier : « Moi je connaissais Marcel le petit dinosaure. Pas cet affreux tyrannosaure casqué ! »

Max : « Marcel le petit dinosaure ? Tu veux pas nous expliquer ? »

Le chevalier : « Je suis déjà venu ici. Et il y avait un charmant petit dinosaure qui accueillait les randonneurs. Pas cet horrible tyrannosaure ! Regardez, j’ai des fotos de Marcel… »

Marcel le petit dinosaure

Max : « C’est Marcel ça ? C’est un ami à toi ? »

Samuel : « Je l’ai vu pendant la chevauchée ! Il était sur le toit d’une maison dans l’un des 3000 virages de la montée ! »

Boris : « Je l’ai vu aussi ! »

Max : « Bonome rassure toi ! Marcel va bien 🙂 »

Léo : « Et pourquoi il y a un dinosaure ici ? »

Le chevalier : « Vous fais-je la surprise ? »

Max : « ON VA VOIR DES DINOSAURES ? »

Le chevalier : « Pas exactement… »

Léo : « Des traces ! On va voir des traces de dinosaures !!! »

Max : « C’est vrai bonome ? »

Le chevalier : « Oui c’est vrai 🙂 »

Max : « Alors on y va ! Allez ! C’est parti ! »

Léo : « Maxou, sois pas si pressé. Bonome, maintenant qu’on sait la surprise, tu veux bien nous donner le programme de la journée ? »

Samuel : « Et expliquer le cadre géologique ? »

Le chevalier : « Heureusement que je me suis levé tôt 🙂 Notre balade débutera sur le barrage d’Emosson, qui offre un panorama dégagé sur le massif du Mont-Blanc. »

Max : « On a vu le panorama dégagé 🙂 »

Le chevalier : « Nous avancerons le long de la rive sud du lac de retenue du barrage. Le chemin commencera alors à s’élever au-dessus du Nant de Drance qui, du fond de la gorge du Vieux, relie les deux lacs. Nous arriverons alors au barrage du Vieux-Emosson. De là nous pourrons observer un vaste cirque glaciaire occupé par le lac de retenue du vieux barrage. Ensuite nous grimperons en direction de la dalle de grès ayant conservé des traces de reptiles ayant marché sur une plage il y a plus de 200 millions d’années. Je pense que nous ferons un détour par le col de la Terrasse pour avoir une belle vue sur la dalle à empreintes. Le retour se fera par les Gorges de la Veudale. Voilà pour le programme. »

Max : « Des traces de dinosaures… Rhoooo ! »

Le chevalier : « Oui, des traces de dinosaures 🙂 Nous pourrons également étudier le socle métamorphique des Aiguilles Rouges ainsi que son tégument portant la dalle à empreintes. Nous verrons aussi le chevauchement de la nappe de Morcles sur le socle des Aiguilles Rouges. »

Léo : « La nappe de Morcles ? L’ancienne couverture du massif du Mont-Blanc ? »

Le chevalier : « C’est une hypothèse. En fait il y en a deux. Soit c’était la couverture d’un domaine intermédiaire entre celui du Mont-Blanc et celui des Aiguilles Rouges, soit ce serait la couverture de la partie occidentale du Mont-Blanc. »

Max : « Allez ! On y va ! »

Le chevalier : « Oui oui. Mais avant je vous préviens que la première partie de la randonnée sera consacrée à la botanique. »

Samuel : « Quel programme ! La botanique, la géologie du socle et de la couverture, le chevauchement, les empreintes des dinosaures… »

Max : « Oui oui ! Allez ! ON Y VA !!! »

Le trajet prévu (en fait nous avons longé la rive sud du lac)

Continuer la promenade

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