162- L’Île Où On Va à Pieds

Mardi 25 Juillet, An IV

Max : « Bonome, il faut aller sur l’Île aujourd’hui. »

Le chevalier : « Sur l’Île ? »

Max : « Ben oui ! Pour Boris ! On y voit les zoisos de mer, la géologie, les zoisos des terres… C’est important pour sa formation de voir tout ça. »

Le chevalier : « Ah, c’est pour Boris. »

Max : « Ben oui bonome, c’est pour Boris. »

Le chevalier : « Je suppose que tes cousins sont d’accord. »

Max : « Ben oui ! Je leur ai demandé. Je prends pas des décisions à l’unanimité de moi même MOI 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Je vois. Ça tombe bien. La marée nous permet d’y aller de suite et d’y rester un bon moment. »

Max : « Tu es d’accord ? »

Le chevalier : « Oui je suis d’accord. Pourquoi ne le serais-je pas ? »

Max : « Tu es d’accord 🙂 LES COUSINS ! METTEZ VOS SACADOS ! ON VA SUR L’ÎLE ! »

Plus tard, sur l’Île Où On Va à Pieds…

Max : « Bon, Boris, aujourd’hui on va faire les zoisos de l’estran. Après on refera un petit tour de l’Île pour t’initier à la géologie. Et encore après on traversera l’île pour voir des passereaux. »

Boris : « Tout ça ? »

Max : « Ben oui. Il faut qu’on te forme tu sais. C’est pas en restant assis par terre que tu feras des progrès. Bon, bonome, c’est parti ! Et tu trouves de beaux zoisos s’il te plaît. C’est pour Boris 🙂 »

Samuel : « Boris, Boris ! Nous aussi on aime beaucoup les zoisos ! »

Max : « Ben je sais ! Si bonome les débusque pour Boris, on les voit aussi nous 🙂 »

Léo : « Tiens, un Laridé ! J’en dis pas plus. C’est à toi de faire la détermination Boris. »

Goéland brun Larus fuscus, Laridés

Boris : « Une interro… Mais je sais que c’est pour évaluer mes connaissances… Aloooors… Dos gris sombre mais pas bleuté. Les pattes sont jaunes. C’est un goéland brun. Larus fuscus, Laridés. C’est trop facile 🙂 »

Samuel : « Bravo cousin Boris ! Bravo ! »

Max : « Je sais pas pourquoi il nous a crié dessus ce goéland brun. On l’a même pas dérangé. »

Samuel : « Peut-être qu’il prévenait les autres zoisos de notre présence. »

Max : « Peut-être… »

Léo : « Là ! Boris ! »

Petit gravelot Charadrius dubius, Charadriidés

Boris : « On le voit à peine ! »

Max : « Il est bien camouflé 🙂 »

Léo : « Je sais pas si on l’a déjà vu ensemble… »

Samuel : « Si, au Royaume des Échasses, mais il était loin. »

Léo : « Oui, je me souviens. On a quand même donné l’un des critères diagnostics… »

Boris : « Le tour de l’œil jaune. »

Samuel : « Ouiiii ! Bien cousin Boris ! »

Boris : « Mais je me souviens plus de son nom… »

Max : « Ça arrive. On peut pas toujours tout retenir. »

Léo : « C’est le petit gravelot, Charadrius dubius, Charadriidés. »

Boris : « C’est ça ! Le petit gravelot ! Celui qui court tellement vite qu’on voit plus ses pattes et qu’on a l’impression qu’il flotte dans l’air ! »

Léo : « Oui. Et quand il y a des œufs dans le nid, un trou dans le sol, ou des poussins, la femelle peut attirer un prédateur en courant loin du nid et en faisant semblant d’être blessée. Le prédateur la suit et le nid et les poussins sont protégés. On l’a jamais vu en vrai, juste dans un documentaire. »

Samuel : « Lui on l’a jamais vu avec cousin Boris. »

Tournepierre à collier Arenaria interpres, Scolopacidés

Max : « Il nous aime bien. On peut l’approcher sans qu’il s’envole. On le dérange pas lui. »

Samuel : « Il a même pas peur de nous. »

Boris : « C’est qui ? »

Max : « Pierre Petit-Pierre 🙂 »

Léo : « C’est le surnom qu’on lui a donné 🙂 C’est le tournepierre à collier, Arenaria interpres, Scolopacidés. Il retourne les pierres pour trouver son manger : des petits crabes, des arthropodes… »

Samuel : « C’est pour ça qu’il s’appelle le tournepierre. »

Max : « Ce qui m’embête c’est qu’on te forme peut-être pas pour les bons zanimos. On connaît pas la faune de la Grande Russie nous. »

Léo : « Non, alors on fait ce qu’on peut ! Et c’est bien d’apprendre ! Plus on étudie, mieux on apprend ! Alors même si Boris voit pas les mêmes zoisos que nous il saura les étudier ! »

Max : « Oulala ! Te fâche pas Léo ! »

Léo : « Je me fâche pas ! Mais tu répètes toujours qu’on connaît pas la faune de la Grande Russie. On y peut rien ! On va pas aller en Grande Russie quand même ! »

Max : « Ce serait bien 🙂 »

Boris : « Vous chamaillez pas ! J’aime bien ce que vous m’apprenez. Je verrai bien quand je retournerai en Grande Russie. Dites, vous connaissez ce machin à pointes ? »

Une capsule d’œuf de raie… d’espèce non déterminée…

Max : « La première fois que Léo en a vu il a fait une saproblague. En vrai il osait même pas la dire à bonome. »

Boris : « Qu’est ce qu’il a dit ? »

Max : « Que c’est un œuf de Batman 🙂 »

Boris : « 😀 »

Samuel : « Cousin Léo est rigolo 🙂 »

Max : « Ben oui. Il est pas toujours tout sérieux. Sinon c’est une capsule d’œuf de raie. La raie c’est pas un poisson. Parce que les poissons ça existe pas Boris. On t’expliquera pourquoi le soir dans la cabane. La raie a un squelette tout en cartilage. Il y a pas d’os. On la met donc dans un groupe avec tous les zanimos qui ont que du cartilage. Et on les appelle les Chondrichtyens. Il y a les requins dans ce groupe. »

Boris : « Vous connaissez tout, vous, rholala ! »

Max : « Non, on connaît pas tout. Il y a que bonome qui connaît tout 🙂 On continue ? »

Boris : « Ouiiii ! On continue ! »

Samuel : « Ben oui on continue ! On vient d’arriver ! »

Léo : « On a toute la journée… »

Boris : « Là, c’est une aigrette garzette, Egretta garzetta, Ardéidés. »

Aigrette garzette Egretta garzetta, Ardéidés

Max : « Bien Boris. C’est le zoiso qu’on a le plus fotoé ici. On en voit souvent, dans tous les milieux presque. Et comme il est grand, on peut le fotoer de loin. Mais c’est mieux quand on est tout près. »

Léo : « Et là Boris ? »

Chevalier guignette Actitis hypoleucos, Scolopacidés

Boris : « Il remue la queue de haut en bas dès qu’il s’arrête. C’est un chevalier guignette, Actitis hypoleucos et c’est un Scolopacidé. Lui aussi on le voit souvent. »

Léo : « Oui, tout le temps. Il forme pas des grands groupes comme les chevaliers gambettes ou les chevaliers arlequins. Il y en a parfois une dizaine d’un coup, rarement plus. »

Max : « Léo, tu te souviens pas au Grand Étang ? Un soir, on allait partir parce qu’il y avait plus assez de lumière pour fotoer. Et il y en a environ 25 qui sont venus se poser devant nous. »

Léo : « Ah oui ! Je me souviens ! Ils s’étiraient, faisaient sa toilette… »

Samuel : « 25 guignettes d’un coup ? »

Max : « Ben oui. C’est assez rare ça. »

Boris : « Là, il y a un grand gravelot. Charadrius… Charadrius… »

Samuel : « Charadrius hiaticulata, Charadriidés. »

Grand gravelot, Charadrius hiaticulata, Charadriidés

Max : « Il a qu’une seule patte ! »

Léo : « Max, on s’est déjà fait avoir. Souvent les zoisos replient une patte pour la reposer et la réchauffer. Et quand ils doivent se déplacer un peu ils sautillent sur une seule patte. »

Max : « Oui, je sais mais lui a qu’une seule patte. Regarde bien… »

Samuel : « Le pauvre… »

Max : « Ça arrive tu sais petit Sam… Bon, on continue à réviser les zoisos Boris. Qu’est ce que tu vois toi ? »

Boris : « Mmmmm… »

Samuel : « Cousin Boris mmmmme en se grattant la tête ! »

Max : « Ben voilà ! Bonome, tu es fier de toi ? Tu as contaminé notre cousin granrussien ! »

Boris : « Il y a quelques bécasseaux variables, Calidris alpina, Scolopacidés. »

Bécasseau variable Calidris alpina, Scolopacidés

Max : « Oui, ils sont souvent là. On a vu tous les zoisos habituels. »

Léo : « On pourrait faire une pause sur un rocher avant de faire la géologie. »

Max : « Bonne idée Léo ! Et on écoutera le vent nous raconter des histoires ! »

Boris : « Avant je voudrais réviser avec le beau livre si vous voulez bien. »

Max : « On veut bien Boris, on veut bien. Bonome, on grimpe sur ce rocher. Pendant ce temps tu peux sortir mon beau livre s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je peux 🙂 »

Max : « Les jumelles aussi s’il te plaît. Tu les mettras là. Merci mon bonome. »

Boris : « Je peux jumeller ? »

Max : « Ben oui ! C’est pour toi que j’ai demandé les jumelles. »

Boris : « Je vais étudier les bécasseaux variables… »

Boris : « Rholala ! On les voit bien avec les jumelles ! Ils ont le bec légèrement arqué vers le bas. J’avais pas vu encore ! »

Max : « Observe bien et on étudiera dans mon beau livre… »

Boris : « Rhoooo… »

Max : « Profite Boris, profite 🙂 »

Boris : « J’espère que mon chevalier aura des jumelles pour moi. »

Max : « Il faut en demander. Ça fait partie de la panoplie du naturaliste. »

Boris : « Je sais pas si j’oserai. On peut regarder ton beau livre ? »

Max : « Bien sûr Boris. »

Boris : « Son plumage change beaucoup au cours des saisons. »

Max : « Souvent chez les zoisos. C’est à cause des mues, pour avoir des bonnes plumes toujours en bon état. Je connais pas bien encore mais je vais essayer de t’expliquer un peu. D’abord le poussin sort de l’œuf avec un duvet qu’il garde que quelques semaines. Sauf chez les Psittacidés, les perruches, et d’autres familles dont les petits sont nidicoles. Chez ces zoisos le poussin sort de l’œuf tout nu. Il a pas des plumes. Mais on va mettre ces familles de côté. Chez les autres il y a rapidement la première mue. On dit la mue pré-juvénile qui donne le plumage juvénile. Après, il y a la mue post-juvénile au cours de laquelle les plumes du plumage juvénile sont remplacées par les plumes adultes. Sauf chez les zoisos avec plusieurs classes d’âge comme les Laridés. Chez les zoisos adultes il y a deux mues annuelles. La mue pré-nuptiale a lieu quelque part en hiver. Les plumes du plumage nuptial remplace les autres. Puis il y a la mue post-nuptiale pour reprendre le plumage internuptial. La plupart du temps les plumes sont remplacées petit à petit pour que le zoiso puisse continuer à voler. Mais chez les Anatidés les rémiges primaires et secondaires tombent presque en même temps. Alors ils peuvent plus du tout voler pendant environ un mois. Voilà ce que je peux dire sur les mues des zoisos. »

Samuel : « Bravo cousin Max ! Bravo ! »

Max : « Léo, as-tu quelque chose à ajouter ? »

Léo : « Pas grand-chose. Il faut préciser que les mues ont lieu en dehors des périodes d’élevage des petits. »

Max : « Ben oui. Ça consomme de l’énergie de faire des plumes neuves. Et élever des petits aussi. Les zoisos peuvent pas tout faire en même temps. »

Léo : « Tu as des questions Boris ? »

Boris : « Pas sur les zoisos. On fait la géologie ? »

Léo : « Oui, on fait la géologie ! »

Max : « On fait pas tout pour pas lasser Boris. »

Samuel : « Avant de commencer on peut quand même observer le rougequeue noir. »

Rougequeue noir, Phoenicuruas ochruros, Muscicapidés

Boris : « Phoenicurus ochruros, Muscicapidés. »

Samuel : « C’est très bien Boris. Bon on peut faire la géologie maintenant. »

Max : « On va commencer un peu plus loin. Tu avances bonome s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Jusqu’où dois-je aller ? »

Max : « Après la première pointe. Je te dirai. »

Le chevalier : « Bien mon petitours. »

Max : « Boris, ici c’est le Cénomanien. C’est un étage du Crétacé supérieur. Le premier étage d’ailleurs. Il date de 100 à 94 millions d’années avant aujourd’hui. »

Léo : « Au début c’est pas facile les étages, les systèmes et tout ça. Mais tu vas t’y faire Boris. »

Samuel : « Nous on a vu un stratotype déjà ! Un vrai ! »

Max : « Le stratotype c’est la coupe où a été défini l’étage. On a vu le stratotype du Bajocien défini par le grand Alcide d’Orbigny. Mais c’est au Jurassique. C’est plus vieux. Bon, on est arrivés. Tu fotoes bonome ? Merci. »

Max : « Si on fait dans ce sens là, on va aller du plus récent au plus ancien. Mais on va pas tout faire. Là, c’est le Cénomanien supérieur. Unité F. C’est un calcaire bioclastique grossier composé de quatre bancs principaux. »

Léo : « Bioclastique ça veut dire que c’est des morceaux de coquilles tout cassées qui font comme du sable. Mais un sable grossier. Et les bancs c’est des fines couches dans la couche. »

Boris : « Merci Léo. »

Max : « Oui, merci Léo. Venez, on va voir de plus près… »

Max : « Là, on est sur la couche E. C’est un sable glauconieux riche en Pycnodonte biauriculata et Rhynchostreon suborbiculatum. Au dessus il y a des calcaires fins (3 m) présentant quelques bancs ondulés et des biseaux. On y trouve des Ichthyosarcolithes triangularis et quelques Gastéropodes (Natices, Ptérodontes, Nérinées), Rhynchostreon suborbiculatum et des Bryozoaires. Au début c’est surtout des pycnodontes. Les pycnodontes se trouvent surtout dans les zones les plus lointaines de la plateforme. Là, on voit qu’il y en a beaucoup et qu’ils ont une coquille très épaisse. On en déduit qu’il y avait des apports importants de nutriments par des courants marins réguliers. Mais après, les pycnodontes ont été remplacés par les Rhynchostreon. C’est à cause que les courants se sont arrêtés ou ont été moins importants. »

Boris : « Rholala ! Tu connais bien la géologie Max ! »

Le chevalier : « Tu m’impressionnes Maxou. »

Max : « C’est parce que je travaille pour ma grande synthèse de la géologie de la Charentmaritimie. »

Le chevalier : « Tu as bien travaillé mon petitours. »

Max : « Merci bonome. Mais je connais pas tout encore. »

Léo : « Tu continues Maxou ? »

Max : « Oui, mais on avance un peu. Jusque la couche grise là-bas… »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou… »

Max : « Je veux 🙂 Allez chevalier aux longues pattes ! Voilà, on y est ! »

Max : « C’est la couche C2. C’est un calcaire gris riche en argiles. »

Léo : « Je peux expliquer le calcaire et les argiles ? »

Max : « Bien sur mon Léo. »

Léo : « Le calcaire c’est des toutes petites algues calcaires. En fait ce sont plus des algues. Mais les coquilles qu’elles ont formées. Quand les algues meurent leurs coquilles s’accumulent au fond de la mer. Et ça forme du calcaire. Et les argiles c’est des petites particules comme on voit dans la mer ici. Ce sont les argiles qui colorent le calcaire en gris. »

Max : « Merci mon Léo. La couche C2 est très fossilifère. Il y a tout ! Même des ichthyosarcolites. Venez voir, il y en a un là… »

Max : « C’est pas un beau fossile ça. Mais ils sont jamais complets les ichthyosarcolites. Vous voyez les petites tâches blanches dans la roche ? Ça fait comme des grains de riz. Ce sont des alvéolines. »

Samuel : « C’est quoi les alvéolines cousin Max ? »

Max : « Ce sont des foraminifères petit Sam. »

Samuel : « Des foraminifères ? »

Max : « Les foraminifères sont des zanimos unicellulaires. Ils ont une coquille perforée. Le trou qu’ils ont est appelé formanen. Et comme ils portent un trou on dit foraminifère. Ce qui veut dire, en latin ancien, qui porte un trou 🙂 »

Léo : « Tu as vraiment bien étudié Maxou. »

Samuel : « Mais tu as pas parlé de la couche D ! »

Max : « Je l’ai pas encore trouvée 🙂 Elle est là, quelque part entre la C4 et la E. Mais je la trouve pas. On reviendra encore. Là je vais pas embêter Boris avec toutes les couches. »

Boris : « Ça m’embête pas Max. »

Max : « Ça t’embête pas quand j’explique mais ça t’embêterait si je cherchais devant toi. Venez, on va plus loin. »

Le chevalier : « Max ! Où cours tu comme ça ? Tu préfères pas pocher ? »

Max : « Je suis guide-géologue moi ! Je poche pas ! »

Le chevalier : « Tu vas être épuisé ce soir mon petitours. »

Max : « M’en fiche. Allez ! Avance bonome ! »

Max : « Là ce sont les couches C2, en bas, et C3, en haut. »

Samuel : « Tu nous expliques la couches C3 cousin Max s’il te plaît. »

Max : « La couche C3 ? Si tu veux petit Sam. Vous voyez bien que ce sont des calcaires jaunâtres. Il y a beaucoup de Rudistes. Il faudra qu’on en cherche un jour parce qu’il y a des tas d’espèces qu’on a jamais vues : des Caprinas, des Polyconites… Il y a des Gastéropodes, des éponges, des stomatopores… Ça veut dire que c’était un environnement péri-récifal. Les huîtres arrivent à la fin. Ce sont des Rastellum machin je sais plus quoi. C’est quand la sédimentation a ralenti. Et au sommet de C3 il y a un hard-ground. Le hard-ground c’est un niveau dur. Une limite bien nette. Ce hard-ground montre que la sédimentation s’est carrément arrêtée parce que la mer est repartie. C’est la régression d’entre le Cénomanien moyen et le Cénomanien supérieur. »

Le chevalier : « Max, je suis d’accord avec Léo. Tu as vraiment bien travaillé pour ta grande synthèse. »

Max : « Je connais pas tout encore mais vos compliments me vont droit au cœur. Il faudra revenir tout étudier et faire que la géologie sur l’Île. »

Léo : « Tu y arriveras pas ! Tu l’as déjà dit et à chaque fois tu veux voir les zoisos et on fait pas la géologie. »

Samuel : « On pourrait l’aider et interdire la zoisologie. »

Max : « Non, on interdit pas la zoisologie ! Il est interdit d’interdire la zoisologie ! »

Samuel : « C’était pour t’aider cousin Max. Moi j’aime beaucoup les zoisos 🙂 »

Léo : « Et toi Boris, ça te plaît la géologie ? »

Boris : « Je connaissais pas alors c’est un peu difficile. Mais c’est fascinant ! On regarde des cailloux et on retrouve l’environnement d’il y a 100 millions d’années ! »

Léo : « Oui, on remonte le temps. En fait on est en même temps maintenant et il y 100 millions d’années 🙂 »

Samuel : « On est comme le vent 🙂 »

Max : « On est comme bonome ! On se bonomise les cousins 🙂 »

Boris : « La chance ! »

Léo : « Toi aussi Boris tu vas te bonomiser, mais il faut être patient. C’est pas tout de suite qu’on se bonomise. »

Max : « On continue d’avancer ? Après la Passe aux Filles il y a de beaux sphaerulites. On pourrait les montrer à Boris. »

Le chevalier : « Nous te suivons Maxou. »

Max : « Là je veux bien pocher. Parce que c’est un peu loin pour mes petites pattes. »

Le chevalier : « Grimpe mon petitours ! »

Max : « C’est parti ! »

Samuel : « Tu viens avec moi cousin Max ! Chouette alors ! »

Léo (à Boris) « Petit Sam aime beaucoup son cousin Max. »

Boris (à Léo) : « Il t’aime beaucoup aussi il me semble 🙂 »

Samuel : « Cousin Max, on va sur quelle couche ? »

Max : « Mmmmm… B3, c’est le Cénomanien inférieur. J’ai pas bien étudié encore. Il y a plusieurs barres carbonatées qui ont des surfaces durcies, ce qui indique des arrêts de sédimentation et des régressions. C’est surtout au niveau de ces surfaces qu’on trouve les Sphaerulites. Tenez ! Il y en a un là ! Viens voir Boris ! »

Sphaerulites foliaceus

Boris : « Il est étrange ce fossile ! »

Max : « Ben oui ! Bonome connaît que des trucs bizarres 🙂 C’est un Sphaerulites foliaceus. Il fait partie du groupe des Rudistes. Ce sont des Bivalves étranges dont la symétrie existe plus du tout. Ce qu’on voit là c’est la valve droite. La gauche est rarement retrouvée. Sauf quand elle est restée en place mais c’est rare. Entre les barres carbonatées à surface durcies il y a des fines couches plus marneuses. Il y en a une petite juste après le petit canal. On y va ? »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou. »

Max : « Il y a des fossiles dans cette petite couche. On pourrait fossiler pour montrer à Boris. »

Le chevalier : « Si c’est pour montrer à Boris 🙂 »

Max : « C’est là bonome. On descend ! Bon, on se disperse mais pas loin pour pas inquiéter bonome. Et on revient avec nos trouvailles dans 5 minutes. »

Léo : « D’accord ! »

Samuel : « C’est parti ! »

Boris : « Je sais pas ce qu’on cherche moi ! »

Samuel : « Tu verras quand tu trouveras Boris ! »

Quelques minutes plus tard le chevalier siffle le rassemblement des petizours avec son sifflet de bosco…

Max : « Tu te sers du sifflet qu’on t’a offert 🙂 »

Le chevalier : « Vous me l’avez offert pour sonner le rassemblement des petizours 🙂 »

Max : « Ouiiiii 🙂 Qui commence ? »

Léo : « Petit Sam ! »

Samuel : « J’en ai trouvé un seul ! »

Max : « Montre le ! Il dépasse de ton dos ! »

Samuel : « 🙂 Voilà ! »

Max : « Belle trouvaille petit Sam. Ça Boris, c’est un moulage interne de Gastéropode. Le calcaire argileux a rempli la coquille qui a disparu. Il reste que le moulage de l’intérieur. C’est difficile de trouver l’espèce avec ce genre de fossiles. »

Léo : « A moi ! »

Max : « Vas-y Léo, montre nous ! »

Max : « C’est intéressant ça. »

Samuel : « Tu connais cousin Max ? »

Max : « Je suis pas sûr. Bonome me corrigera si je dis des erreurs. Je pense que ce sont des petits Rhynchostreon suborbiculatum. Ils forment des lumachelles entre les barres calcaires. »

Léo : « Une lumachelle c’est une accumulation de fossiles. Souvent il y a une espèce principale et quelques individus d’autres espèces. Les lumachelles se forment suite à des tempêtes, quand toutes les coquilles se rassemblent d’un coup. Dans ce cas elles sont tout cassées. Ou alors c’est lors d’un arrêt ou un ralentissement de la sédimentation. Il y a aussi les lumachelles des hautes de plages… »

Boris : « Merci Léo pour ces précisions. Et merci Max pour l’initiation à la géologie. »

Max : « On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Tu as quelques bases de géologie sédimentaire. C’est pas beaucoup mais en Charentmaritimie c’est soit des calcaires soit des argiles. C’est pas passionnant. C’est mieux la Bretagne. »

Léo : « On arrête la géologie ? »

Max : « Ben oui. Pense un peu à Boris. Après sa tête va exploser 🙂 »

Léo : « On va voir les zoisos de l’intérieur de l’île ? »

Le chevalier : « Je propose de prendre le chemin qui coupe l’île en deux. »

Max : « Ben oui, comme ça on passe par la mare et on verra les zoisos qui viennent boire 🙂 Allez ! C’est parti ! »

Boris : « Max, comment tu appelles ces fossiles déjà ? »

Un fossile bizarre Sphaerulites foliaceus

Max : « Sphaerulites foliaceus. »

Boris : « Je sais pas si je vais retenir… »

Max : « Il m’a fallu venir ici plusieurs fois pour retenir 🙂 »

Samuel : « On retient pas tout tout de suite cousin Boris. »

Léo : « Max, regarde 🙂 »

Max : « Je vois 🙂 »

Boris : « Qu’est ce que vous avez-vu ? »

L’échelle stratigraphique de l’Île Où On Va à Pieds 🙂

Max et Léo : « L’échelle stratigraphique !!! »

Samuel (à Boris) : « C’est leur saproblague préférée 🙂 »

Léo : « L’échelle stratigraphique c’est un document qui montre les étages, les systèmes, les ères… »

Max : « Et partout où on fait la géologie, on trouve une échelle 🙂 »

Boris : « C’est une blague de bonome ça 🙂 »

Le chevalier : « Non non 🙂 C’est une blague de Max. »

Boris : « Je voulais dire du style du chevalier. »

Max : « On se bonomise vraiment alors ! »

Léo : « Pauvres de nous ! »

Max : « Bon, on grimpe et on rejoint le chemin. »

Le chevalier : « Je grimpe alors que vous pochez. »

Max : « Bonome, tu as vu les marches ? Comment veux-tu qu’on les escalade par nous mêmes ? »

Le chevalier : « Je ne veux pas que vous les grimpiez mais que tu sois juste dans ta formulation. Je grimpe ! »

Max : « Oui bonome, c’est toi qui grimpes. Regarde, tu es déjà en haut toi ! »

Léo : « Le chevalier aux longues pattes 🙂 »

Max : « Allez, bonome, cavale. »

Boris : « Dites, on peut faire la botanique ? »

Max : « Ben oui ! On est naturalistes nous et les naturalistes font la botanique. »

Léo : « Quelle plante veux-tu étudier Boris ? »

Boris : « Celle aux fleurs jaunes. On l’a vu plusieurs fois. Vous la connaissez ? »

Pavot cornu Glaucium flavium, Papavéracées

 

Max : « Tu veux faire Léo ? »

Léo : « C’est toi le guide aujourd’hui apparemment 🙂 »

Max : « Mais après vous allez dire que c’est toujours moi qui fais et que je vous laisse pas la parole ! »

Samuel : « On va pas dire ça cousin Max. »

Boris : « Allez Max ! C’est toi le guide ! »

Max : « D’accord, je veux bien. C’est pas très difficile de trouver la famille. Il y a quatre pétales tout chiffonnés. Les sépales tombent quand le bouton floral s’ouvre. C’est suffisant je crois pour dire que c’est une Papavéracée. Après, pour l’espèce, je sais pas justifier vraiment. Les pétales jaunes, le fruit très long… C’est le pavot cornu, Glaucium flavum, Papavéracées. On la trouve souvent sur les hauts de plages, les digues… Jamais loin de la mer… C’est un cousin de Coquelicot 🙂 »

Boris : « Merci Max. »

Max : « A ton service Boris 🙂 »

Léo : « On va zoisoter maintenant ! »

Samuel : « Cousin Léo a l’air d’être impatient de voir les zoisos. Pourtant tu aimes la géologie d’habitude. »

Léo : « Oui, j’aime beaucoup la géologie. Mais aujourd’hui je me sens en vacances et en vacances on zoisote. »

Max : « En vacances on est naturalistes Léo. Souviens-toi de la Bretagne ! »

Léo : « C’était pas pareil ! On était en mission d’inspection. »

Max : « Là aussi Léo. Et en plus on doit former Boris. »

Samuel : « Double mission ! »

Léo : « Oui, mais aujourd’hui je me sens en vacances… »

Max : « D’accord Léo. On a Boris le rapiécé, Sam le pirate et Léo le vacancier 🙂 Le premier qui ajoute Max le ronchonneur je le mords et je le ploufe dans la mare avec les douves du foie ! »

Léo : « On est des peluches. On a pas de foie 🙂 »

Samuel : « On risque rien ! »

Max : « Vous savez nager ? »

Léo : « Ah non ! »

Boris : « Moi non plus… »

Max : « Bien, alors soyez sages 🙂 On arrive. »

Léo : « Attendez avant d’approcher de la mare ! Il y a des hirondelles dans l’arbre mort ! »

Max : « Alors on va les voir ! »

Jeune hirondelle rustique Hirundo rustica, Hirundinidés

Max : « Tu connais les hirondelles Boris ? »

Boris : « Je sais pas si j’en ai déjà vu. »

Max : « Observe bien celle-ci. »

Léo : « Max, tu as vu la tache sous le cou ? »

Max : « Oui, elle est jaunâtre. »

Léo : « Ce sont des petits alors ? »

Max : « Je pense aussi. »

Samuel : « Dites, vous voulez pas donner l’espèce à cousin Boris ? »

Max : « Si si ! Ce sont des hirondelles rustiques. Chez les adultes la tache est rouge. Mais ils sont déjà grands ces petits. On voit bien les deux filets au niveau de la queue. »

Samuel : « Hirondo rustica, Hirundinidés. »

Léo : « Ce sont des migrateurs. Autrefois il y avait de grands rassemblement d’hirondelles rustiques et des fenêtres sur les fils électriques avant leur migration. Mais maintenant qu’il y a presque plus d’insectes dans la nature… »

Max : « A cause des zoms ! Ils tuent les insectes et les zoisos insectivores ont plus du manger… »

Léo : « Plus personne peut comprendre le proverbe qui dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps ! On voit plus des hirondelles ! »

Samuel : « On parle pas de sujets qui donnent la dépression aujourd’hui ! »

Max : « Tu as raison petit Sam. On va à la mare ! »

La mare

Max : « C’est la taverne des zoisos de l’île ! »

Léo : « Ils ont à boire et à manger ! »

Boris : « A manger aussi ? »

Max : « Oui, regarde ! »

Linotte mélodieuse mâle (Carduelis cannabina, Fringillidés) sur sureau noir (Sambuca nigra, Adoxacées).

Boris : « Ils mangent des fruits ! C’est qui ce zoiso ? »

Léo : « Une linotte mélodieuse mâle, Carduelis cannabina, Fringillidés. On voit que c’est un mâle au rouge qu’il a sur la poitrine et la tête. »

Max : « Bonome, tu peux nous parler de ce végéto qui sert de restaurant aux zoisos. S’il te plaît. »

Le chevalier : « Le sureau noir, Sambucus nigra. Autrefois classé dans la famille des Caprifoliacées, il a été réattribué à la famille des Adoxacées. »

Max : « C’est compliqué parfois la systématique… »

Le chevalier : « C’est sans fin 🙂 La biologie moléculaire change un peu les classifications établies autrefois. Les oiseaux aiment beaucoup les fruits du sureau noir. Ce sont des fruits charnus appelés baies. Les oiseaux contribuent à la dispersion des graines et donc à la colonisation de nouveaux milieux par le sureau noir. »

Max : « Boris, il faut savoir que c’est fréquent, ça. Les zoisos mangent les fruits mais ils digèrent pas les graines. Alors elles se retrouvent dans les fientes et quand le zoisos fait caca il rejette les graines. Souvent loin de la plante mère. Il y a pas que les zoisos qui font ça. Le renard aussi. »

Boris : « Le renard mange des fruits ? »

Max : « Oui, beaucoup ! C’est plus facile à attraper que les zanimos 🙂 »

Le chevalier : « Pour la dispersion des graines par les animaux, on parle de zoochorie. Dans le cas particulier de la dispersion des graines par les zoisos c’est l’ornithochorie. »

Max : « Voilà Boris, ça c’est mon bonome ! On explique des choses simplement et lui dit des mots que personne connaît à part lui ! Et il est content ! Il peut parler avec personne à cause de ces mots compliqués. Qui comprend l’ornithochorie ? Tu peux me dire ? Alors il a pas d’amis ! Forcément ! Tu l’imagines dans une taverne avec quelqu’un de normal. L’autre papote et bonome parle de zoochorie, de commensalisme ou de phorésie ! Alors l’autre s’en va et il reste tout seul ! »

Léo : « Il reste avec ses petizours qui aiment bien apprendre des mots précis ! Et je te rappelle que c’est toi qui nous as appris la phorésie ! »

Max : « Ah oui 🙂 »

Boris : « C’est quoi la phorésie ? »

Max : « C’est quand un zanimo en transporte un autre. On avait vu… Le nécrophore ! C’est un insecte qui enterre les cadavre de zanimos pour pondre ses œufs dessus. Comme ça les petits ont du manger tout de suite quand ils éclosent. Le nécrophore portait des acariens. Il le faisait pas exprès. Les acariens étaient un peu des passagers clandestins. Ils profitaient du transport gratuit pour aller de cadavre en cadavre… »

Boris : « Il y a un autre exemple de phorésie 🙂 »

Max : « Lequel ? »

Boris : « Les petizours qui se promènent en bonome 🙂 »

Samuel : « C’est vrai ! »

Max : « On est pas des passagers clandestins nous ! »

Léo : « Non, mais on se fait transporter par un grand chevalier 🙂 Revenons aux zoisos. Ils ont le restaurant avec le sureau. Et ils peuvent boire. Si on bouge pas on va voir des tas de zoisos venir se désaltérer… »

Samuel : « Les linottes mélodieuses… »

Linotte mélodieuse Carduelis cannabina, Fringillidés

Léo : « Un moineau domestique et un chardonneret rigolo ! »

Moineau domestique et chardonneret élégant Passer domesticus, Passéridés et Carduelis carduelis, Fringillidés

Samuel : « Passer domesticus, Passéridés et Carduelis carduelis, Fringillidés. »

Max : « Un moineau mâle adulte ! »

Moineau domestique mâle Passer domesticus, Passéridés

Léo : « Un chardonneret rigolo a pris la place du moineau ! »

Chardonneret élégant Carduelis carduelis, Fringillidés

Max : « Il y en a un autre là ! »

Chardonneret élégant Carduelis carduelis, Fringillidés

Samuel : « Et là un verdier d’Europe ! Chloris chloris, Fringillidés. »

Verdier d’Europe Carduelis chloris, Fringillidés

Boris : « Rholala ! Tout ça de zoisos ! Et sans bouger ! »

Max : « Oui, ce sont les zoisos qui viennent à nous 🙂 »

Léo : « On est spectateurs dans leur taverne 🙂 »

Boris : « Elle est bien cette Île ! On voit les zoisos de mer, la géologie, les zoisos des terres… »

Max : « Je t’avais dit Boris 🙂 C’est pour ça qu’on y vient souvent. Et puis le vent souffle toujours un peu plus ici. »

Boris : « Il est gentil le vent. Et j’aime beaucoup ses histoires. »

Max : « Nous aussi. Mais il faut jamais les répéter Boris. A personne. Sinon il te parlerait plus. »

Boris : « J’ai bien compris Max. Je voudrais pas fâcher le vent. »

Samuel : « Si ton chevalier sais pas que le vent raconte des histoires il faudra l’initier. »

Boris : « Je pourrais lui parler de Tante Yvonne ? »

Max : « Oui, bien sûr. Mais à mon avis elle va vouloir le voir. Elle va aller dans ses rêves. Et si il est pas gentil avec toi elle va le gronder. »

Léo : « Tante Yvonne va veiller sur toi Boris. Sois rassuré. Et le vent aussi. Tu seras jamais seul. »

Samuel : « Et puis tu vas former d’autres petizours… »

Max : « Il faudra bien faire ta mission. »

Boris : « Je sais pas si je vais y arriver. »

Max : « Si on te l’a confiée c’est que tu en es capable Boris. »

Samuel : « Tu vas y arriver cousin Boris. »

Léo : « Un couple de verdiers ! »

Verdiers d’Europe Carduelis chloris, Fringillidés

Boris : « Et lui là-haut ? C’est qui ? »

Un pouillot Phylloscopus sp., Phylloscopidés

Max : « Lui ? Aïe ! »

Léo : « Pfff !!! »

Boris : « Vous le connaissez pas ? »

Samuel : « C’est un pouillot et on est pas très fort en pouillots. »

Max : « Mais même le gentil spécialiste en zoisos du Royaume des Chevaliers dit que c’est pas facile de les distinguer ! »

Boris : « Vous connaissez un spécialiste en zoisos ? »

Max : « On le croisait souvent au début au Royaume des Chevaliers. Il discutait avec bonome. Et il nous a identifié quelques zoisos sur fotos. Il nous a même fait une petite formation en rapaces. »

Boris : « Une formation en rapaces ! La chance ! »

Max : « Il nous a appris à reconnaître les rapaces les plus fréquents ici : les buses variables, les milans noirs et les busards des roseaux. Je débutais moi. Je les mélangeais tous. »

Léo : « Maintenant on les reconnaît au premier coup d’œil 🙂 »

Samuel : « Mais pas les pouillots… »

Max : « Alors on dit que c’est Phylloscopus sp. On ajoute sp. Derrière le nom de genre quand on sait pas l’espèce. »

Le chevalier : « Max, puisque tu as été guide aujourd’hui, est-ce que tu surveilles l’heure ? »

Max : « Non, j’ai pas de montre. La marée monte ? »

Le chevalier : « Oui. Il serait plus prudent de retourner doucement à notre monture. »

Max : « Si tu veux bonome. »

Samuel : « Cousin Boris doit être fatigué avec tout ce qu’on a vu aujourd’hui. »

Boris : « Un peu. J’ai peur de tout mélanger dans ma tête. »

Léo : « Ça arrive. Mais après un peu de repos tout se remet dans l’ordre. »

Max : « Bon, bonome, direction la monture ! Mais pas trop vite ! »

Le chevalier : « Je sais Maxou. On zoisote encore ! »

On s’est pochés confortablement. Bonome marchait doucement mais on observait plus vraiment. On profitait du paysage. Sauf Boris. Ses petits yeux se fermaient tout seuls. C’était un grosse journée pour un petitours en formation. Surtout avec la géologie. Léo et Samuel, qui partageaient la même poche, chuchotaient tous les deux. J’ai compris pourquoi après. Ils établissaient leur stratégie pour la grande bagarre du soir:) Sam le pirate et Léo le vacancier contre Boris le rapiécé et Max le ronchonneur ! On a bien rigolé. Mais ça c’était le soir. Après les révisions. Pendant notre retour à la monture on a eu une drôle de surprise. J’ai pas vu tout de suite moi. Léo et Sam non plus, tellement ils étaient occupés à mettre au point leur stratégie. Mais bonome s’est arrêté pour fotoer par terre…

Max : « Pourquoi tu t’arrêtes bonome ? »

Le chevalier : « Regarde Max ! »

Tadorne de Belon Tadorne tadorna, Anatidés

Max : « Un zoiso tout mort ! Boris ! Réveille toi ! Regarde ! »

Boris : « Mmmmm… Oh ! C’est qui ce zoiso ? »

Léo : « On dirait que c’est un tadorne. »

Samuel : « C’était un tadorne. Parce que là… »

Max : « Bonome, tu peux fotoer les détails s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je peux… »

Max : « Parce que c’est pas tous les jours qu’on voit l’intérieur d’un zoiso. »

Léo : « On peut faire l’anatomie 🙂 »

Max : « La squelettologie 🙂 »

Léo : « Ça c’est le bréchet ! Un os spécifique des zoisos ! »

Max : « Pas tout à fait Léo. C’est sa forme qui est spécifique. En fait c’est comme le sternum. L’os qui est devant chez les zoms, sur lequel viennent s’attacher les côtes. »

Léo : « Chez les zoisos il y a une expansion vers l’avant. C’est la dessus que sont insérés les puissants muscles du vol. Il faut des gros muscles pour voler. »

Max : « Chez les zoms ce sont les pectoraux. Mais les zoms ont des petits pectoraux puisqu’ils volent pas. Alors il y a pas l’expansion vers l’avant. Le sternum est tout plat et on dit pas un bréchet. »

Le chevalier : « Il me semble que le bréchet est seulement l’expansion. Pour le reste on parle bien de sternum. Savez vous que le bréchet est apparu chez les dinosaures ? »

Max : « Ça m’étonne pas ! Les zoisos sont des dinosaures. »

Léo : « Archéoptéryx avait pas de bréchet. Il pouvait pas battre des ailes. »

Max : « Pour mes lecteurs il faudra que je précise qu’ils connaissent bien le bréchet. C’est l’os du poulet sur lequel est attaché le blanc. Le blanc du poulet c’est les muscles pectoraux. »

Boris : « Et lu tuyau blanc ? C’est quoi ? »

Max : « Il vient du cou et va vers la cage thoracique… C’est la trachée bonome ? »

Le chevalier : « Oui, elle est renforcée par du cartilage pour ne pas qu’elle s’écrase. Sinon l’air passerait moins bien ou plus du tout. »

Max : « Et le zoiso pourrait plus voler ou serait tout mort. »

Léo : « Ben, il est tout mort là. »

Max : « On devrait l’enterrer… »

Le chevalier : « Oui, prenez vos pelles et au travail ! »

Max : « … Les naturalistes doivent pas intervenir sur leur objet d’étude… On le laisse là, comme il était. »

Le chevalier : « Je vois. »

Max : « Tu vois quoi ? »

Le chevalier : « Que tu n’es pas volontaire pour creuser… »

Max : « Bonome, on a pas des pelles. Et surtout on a pas des doigts ! Comment on ferait pour tenir les pelles ? »

Léo : « Bon argument 🙂 »

Le chevalier : « D’accord. Pas d’enterrement pour le tadorne. »

Max : « Fotoe sa tête bonome. »

Le chevalier : « Son crâne… »

Max : « Son bec est légèrement courbé vers le haut… »

Léo : « J’avais jamais remarqué. »

Max : « Bonome, on peut pas prendre tout le squelette mais je peux prendre le crâne pour mettre sur mon étagère ? »

Le chevalier : « J’allais te le proposer 🙂 Et j’apprécie la formulation. Tu n’as pas parlé de ta collection… »

Léo : « Tu vas pas aller en prison si tu prends le crane ? Si je me souviens bien on doit pas du tout toucher aux espèces protégées. Arrêté ministériel du 17 avril 1981 fixant la liste des zoisos protégés sur l’ensemble du territoire. »

Max : « Le tadorne de Belon en fait partie ? »

Léo : « Il me semble bien… »

Max : « Personne le saura… »

Léo : « Tu veux faire prendre le risque à bonome ? »

Le chevalier : « Pour mon petitours… »

Max : « Allez, tu prends le crâne. Tu le mets dans ton sacado et on file ! Et tu évites les gens d’armes ! »

Il a fait ce que je lui ai demandé. Il est comme ça mon bonome 🙂 Après on est rentrés en dormant dans la poche. Le soir, après la toilette, on a bien révisé. Léo a expliqué à Boris pourquoi les poissons ça existe pas. Puis on a regardé des fotos pour réviser les zoisos. D’un coup Sam le pirate a lancé la bagarre. Leur stratégie a bien marché. Boris et moi on s’est fait ratatiner 🙂 Bonome s’est moqué de nous alors on lui a sauté dessus tous les quatre. Et il a fait semblant de perdre encore une fois.

Voilà Princesse pour notre inspection de l’Île Où On Va à Pieds. On fait bien notre mission et Boris fait de gros progrès. Il va être un bon formateur je pense. J’espère que le Grand Conseil des Petizours de Grande Russie va lui trouver un bon bonome… Tu peux pas intervenir pour le choisir ?

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

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