159-2 Épanadiplose

Vendredi 21 Juillet, An IV (suite)

Les petizours sont dans les poches du chevalier, en binôme…

Boris (marmonnant dans son sommeil) : « птица… Травник… цапля…»

Samuel : « Max ! Léo ! Boris dort et il rêve de zoisos je crois ! »

Max : « Pauvre Boris. Il faut qu’il assimile tout ce qu’il a vu… »

Léo : « Et on a fait presque que l’ornithologie. Il va falloir qu’on lui montre la géologie. »

Max : « Et la botanique un peu aussi… »

Samuel : « Vous savez combien de temps il reste avec nous ? »

Max : « Ben non… Ils ont pas été très sérieux au Grand Conseil des petizours de Grande Russie. Ils nous envoient Boris comme ça, sans prévenir, sans ordre de mission… Je suis sûr que Princesse est même pas au courant. »

Léo : « Bonome, on pourrait le garder pendant toutes les grandes vacances. Il verrait les Royaumes de chez nous aussi. Ça ferait plus de diversité. »

Le chevalier : « Je veux bien. Nous verrons avec lui. Nous arrivons à un observatoire. »

Samuel : « Léo, tu peux réveiller Boris ? »

Léo : « Ben c’est toi qui es dans la même poche que lui ! »

Samuel : « D’accord. Je m’en occupe alors. Boooris ! Boooooriiiiiiis ! Il faut te réveiller. Il y a un zoiso… »

Boris : « птица ? Какая птица ? »

Samuel : « Voilà ! Il est réveillé 🙂 »

Max : « Il y a pas encore de zoisos Boris. On arrive à un observatoire. »

Samuel : « On va l’aborder ! »

Léo : « Tu te prends vraiment pour un pirate petit Sam ? »

Samuel : « Sam le brodé s’il te plaît cousin Léo. »

Max : « Ben voilà ! Encore un qui va pas bien dans sa tête ! Forcément il a pas de casquette alors le soleil tape et son cerveau fond. Et après il se prend pour un pirate. Il faudrait une loi qui oblige les petizours à avoir une casquette cousue sur leur tête ! »

Léo : « Mon cher Max, tu as une casquette toi et tu vas quand même pas bien dans ta tête 🙂 »

Max : « Je vais très bien dans ma tête moi ! Je suis même le seul de la tribu à aller bien dans sa tête ! »

Boris : « Rhoooo ! »

Samuel : « Ah ben oui ! Rhoooo aussi ! »

Max : « On était là-bas, tout à gauche. Et on va à la tour. On va passer par le grand chemin à droite ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Il y a pas des zoisos… J’en entends même pas… »

Samuel : « On pourrait s’attendre à ce qu’il y ait des passereaux… »

Max : « Pfff ! Alors comment on fait pour former Boris si il y a pas des zoisos… Ça, ça aurait pas eu lieu si on avait été prévenus de sa venue ! Les zoisos auraient été coopératifs et ils seraient venus nous voir ! Mais là… Si ça se trouve ils sont vexés… »

Samuel : « Non cousin Max, les zoisos sont pas vexés ! Tu dis des erreurs ! »

Léo : « Il y en a quand même pas… On avance ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Max : « Heureusement qu’on poche parce qu’elle est loin la tour. »

Boris : « Vous pochez souvent ? »

Léo : « Ben oui. On a des toutes petites pattes. On peut pas tout marcher ! »

Max : « Tu imagines le temps qu’on aurait mis pour faire cette distance ? »

Samuel : « Ça nous prendrait plusieurs journées par jour pour faire tout ça ! »

Max : « Tiens, un ragondin… »

Léo : « C’est pas passionnant… »

Max : « Cousin Léo râle 🙂 »

Léo : « Je râle pas. Mais bonome fait rien qu’à marcher et on voit pas de zoisos. Un ragondin… Pfff ! »

Boris : « Moi j’aime bien les ragondins. »

Léo : « Moi aussi ! C’est un beau zanimo le ragondin. Mais on en voit souvent… »

Boris : « Tu peux me redonner le nom du ragondin en scientifique s’il te plaît ? »

Léo : « Myocastor coypus, Myocastoridés. »

Max : « Boris sais-tu que le ragondin est caecotrophe ? »

Boris : « C’est quoi caecotrophe ? »

Max : « Il mange son caca 🙂 »

Samuel : « Beurk ! »

Boris : « Tu peux expliquer s’il te plaît ? »

Max : « Bien sûr ! Il faut savoir que le ragondin est phytophage : il se nourrit de végétos. Enfin, quand il mange pas des Mollusques Bivalves qui devaient être des Anodontes des cygnes. Bref… En fait, les Mammifères digèrent pas les végétos. Ils ont besoin de bactéries dans leur tube digestif pour les digérer. »

Boris : « Les phytophages digèrent pas les végétos ? »

Max : « Ben non ! C’est pour ça qu’ils ont besoin des bactéries. Il y en a des tas. Même chez les zoms ! Chez le zoms c’est des centaines d’espèces, peut-être des milliers ! Et au total ça fait 2 kg dans les intestins des zoms. »

Boris : « Tout ça ! »

Max : « Ben oui, tout ça ! Bon, revenons au ragondin. Il mange des végétos et ça avance dans son tube digestif. Au passage les bactéries commencent à digérer les végétos. Mais ça prend trop de temps alors le ragondin fait caca du manger pas fini de digéré couvert de bactéries. Les bactéries continuent la digestion des végétos à l’extérieur du corps du ragondin. Puis le ragondin mange son caca et la digestion se poursuit dans son tube digestif. Là, il peut absorber les nutriments. Et je pense qu’il digère aussi les bactéries. »

Boris : « Mais elles l’aident les bactéries ! Pourquoi il les digère ? »

Max : « Ben c’est du manger ! Et puis son tube digestif sait pas faire la différence entre les végétos et les bactéries alors il digère tout. »

Léo : « Max, tu as oublié de parler du microbiote. »

Max : « Ben non ! C’est ce que je viens de faire je te signale ! »

Samuel : « Cousin Léo voulait dire que tu as utilisé le mot. »

Max : « J’allais le faire ! Boris, le microbiote c’est l’ensemble des microbes qu’il y a dans un être vivant. L’être vivant peut pas vivre sans son microbiote. Et ça fait pas longtemps que les scientifiques ont compris le microbiote. On sait pas tout encore. »

Léo : « Tu as tout compris Boris ? »

Boris : « Oui. C’est pas très difficile. Il faut juste retenir le vocabulaire. »

Samuel : « Tu vois cousin Léo, même si on voit qu’un ragondin, ça peut être intéressant. »

Boris : « Surtout que je connais pas tout ça moi. Je savais pas que le ragondin mangeait son caca. »

Max : « Il est pas le seul. Il y a beaucoup des phytophages qui sont caecotrophes. Le lapin par exemple. »

Samuel : « Un patapon ! »

Boris : « Un patapon ? Mais c’est pas un héron cendré ? »

Léo : « Si 🙂 Mais c’est à cause d’une saproblague de bonome qu’on appelle les jeunes hérons cendrés des patapons. »

Boris : « Saproblague ? »

Samuel : « Ça vient du grékancien. Parce que bonome peut pas s’empêcher de parler du grékancien toutes les 20 minutes. En grékancien sapro signifie pourri. Une sparoblague c’est une blague pourrie. C’est la spécialité de notre grand chevalier les blagues pourries. Là, c’est parce qu’il y a une chanson pour les enfants qui dit : ‘Et ron et ron, petits patapons’. Alors pour bonome c’est devenu ‘Héron, héron petit patapon’. »

Boris : « C’est pas drôle. »

Léo : « Ben non ! C’est pour ça que c’est une saproblague 🙂 »

Samuel : « C’est pas drôle mais vous appelez quand même les jeunes hérons des patapons… »

Léo : « 🙂 Boris, c’est mieux si on t’explique comment on sait que c’est un jeune héron. Regarde le dessus de sa tête. On dit la calotte. »

Boris : « C’est gris. »

Léo : « Voilà ! Chez les adultes c’est blanc avec un trait noir. »

Boris : « Alors je sais reconnaître les jeunes hérons alors. »

Samuel : « Ben oui. »

Max : « On papote, on papote… Et on voit pas des zoisos ! »

Léo : « On est arrivés à la tour ! On grimpe ? »

Max : « Ben non. Bonome a tout marché jusqu’ici pour la regarder de près. On a vu et on repart. »

Samuel : « Cousin Max ironise. »

Léo : « Bonome, il faut pas pétuner dans la tour. Elle est en bois et tu vas mettre le feu ! Et après tu vas aller en prison. »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Max : « Faisons une pause au premier étage… »

Léo : « On était tout là-bas en face ! »

Max : « C’est quand même tout sec… »

Samuel : « Et il y a pas des zoisos… »

Léo : « Il y a une poule-d’eau là, avec ses petits… »

Max : « La poule-d’eau c’est un Rallidé. Elle s’appelle Gallinula chloropus et c’est l’un des premiers zoisos que bonome m’a montré… »

Léo : « On en voit souvent par chez nous mais beaucoup moins ici. »

Max : « Ici les zoisos sont beaucoup plus sauvages que chez nous. Ils ont pas du tout l’habitude des zoms. »

Samuel : « On continue à grimper ? »

Le chevalier : « Oui Sam le brodé 🙂 »

Samuel : « 🙂 »

Max : « Ça va bonome, c’est pas trop dur de monter les escaliers ? »

Le chevalier : « Avec 4 petizours remplis de chocolat dans la poche… »

Max : « Pfff ! On en a même pas eu aujourd’hui !!! »

Léo : « Si, au petit-déjeuner. »

Max : « Mais ça compte pas ! C’est normal au petit-déjeuner ! »

Samuel : « Cousin Boris, comme tu peux le voir cousin Max est chocolatomane. Il fait régulièrement des crises de manque au cours desquelles il devient irritable, voire agressif… »

Max : « Je suis ni irritable, ni agressif ! »

Léo : « Là-bas il y a trois zoisos… »

Léo : « Tu les vois Boris ? »

Boris : « Je les aperçois vaguement… »

Max : « Bonome, sors les jumelles pour Boris. Moi je les ai déjà reconnus 🙂 »

Samuel : « Moi aussi ! »

Léo : « Tout pareil ! »

Boris : « Comment vous faites ? »

Léo : « Regarde aux jumelles Boris. Merci bonome. »

Boris : « Je les vois. »

Max : « Alors tout à gauche c’est un chevalier guignette. »

Samuel : « Actitis hypoleucos, Scolopacidés. »

Max : « Il se reconnaît parce qu’il baisse et lève la queue tout le temps. Il a une forme de chevalier et le comportement d’un guignette. Alors c’est un guignette. »

Léo : « Pour bien le reconnaître il faut regarder le blanc qui remonte sur les épaules. »

Samuel : « Ça le distingue du chevalier culblanc, Tringa ochropus. »

Léo : « Au centre c’est un gambette. »

Max : « Lui on le reconnaît parce qu’on le reconnaît 🙂 »

Léo : « Bonome utilise une expression pour ça mais c’est pas poli alors je la dis pas. »

Max : « Bonome, dis à Boris. »

Le chevalier : « Et c’est moi qui vais passer pour un pas poli… »

Max : « Et oui… »

Le chevalier : « C’est une reconnaissance à la gueule. »

Max : « C’est comme ça que les scientifiques pas polis disent qu’ils reconnaissent un être vivant parce qu’ils le connaissent déjà… »

Samuel : « Et le troisième zoiso a des très longues pattes. »

Boris : « C’est une échasse blanche ? »

Léo : « Oui Boris. Tu vois que toi aussi tu les reconnais. »

Max : « Bon… Il y a quand même pas beaucoup de zoisos… »

Samuel : « Il y a un rapace en vol ! »

Max : « C’est un milan noir. »

Samuel : « Milvus migrans, Accipitridés. »

Léo : « Moi je vais voir sur le côté… »

Samuel : « Je viens avec toi cousin Léo. »

Max : « Tu vois Boris, quand je te dis qu’ils sont inséparables 🙂 »

Boris : « On va avec eux ? »

Max : « Si tu veux… »

Léo : « Oh ! »

Max : « Bonome ! Il y a Martin ! Fotoe le s’il te plaît ! »

Samuel (qui agite la patte à la fenêtre) : « Bonjour Martin ! »

Max : « Boris, montre toi bien ! »

Boris : « Comme ça ? »

Max : « Oui oui ! Martin, regarde ! C’est cousin Boris ! Il vient de la Grande Russie ! »

Léo : « Il doit étudier les zoisos pour être formateur en Grande Russie. »

Samuel : « Tu vas bien Martin ? »

Max : « Il va pas répondre… Zutalor ! Il est parti ! »

Léo : « Martin c’est notre ami 🙂 »

Boris : « Vous avez des amis zoisos ? »

Max : « Oui 🙂 Martin, blongios, grébu… »

Léo : « D’habitude il vient pas nous voir en Charentmaritimie Martin. Ils sont toujours pressés les Martins d’ici. »

Max : « Chez nous, parfois, il se pose juste devant nous pour papoter un peu. Mais il fait comme si il nous voyait pas. »

Léo : « Pour pas que les autres zoisos soient jaloux. »

Samuel : « Rholala ! On a vu Martin ! »

Max : « Il est bien ce Royaume ! »

Le chevalier : « Ainsi sont les petizours… Ils ronchonnent parce qu’on voit pas de zoisos et si Martin passe ils disent qu’il est bien ce Royaume… »

Max : « Tu nous as pas dit comment il s’appelle ce Royaume… »

Le chevalier : « Je le dirai plus tard… Et si nous retournions au Royaume des Échasses ? »

Max : « Pourquoi pas… Il y a pas beaucoup de zoisos ici… »

Léo : « Alors on y va ! »

Max : « Petizours, formez les binômes ! »

Samuel : « Binômes formés ! »

Max : « Binômes, pochage ! »

Léo : « On grimpe ! »

Samuel : « Petizours pochés cousin Max ! »

Max : « Alors en route bonome ! »

Léo : « Ça te plaît les inspections Boris ? »

Boris : « Oui, beaucoup. Mais j’ai peur de pas tout retenir. »

Léo : « C’est pas la peine d’avoir peur. Tu vas pas tout retenir 🙂 C’est étrange la mémoire. Bonome dit parfois qu’il faut oublier 7 fois avant se souvenir. C’est à cause des mécanismes physiologiques de la mémoire. Il doit y avoir consolidation de l’engramme cérébral. Mais bon… On prépare le terrain. Tu vas te souvenir de certaines choses et le reste il y en a une trace dans ta tête. Tu apprendras plus vite. Mais tu vas devoir étudier en rentrant en Grande Russie. »

Boris : « Oui, je sais. Je me servirai du blog de Max. »

Léo : « Tu lui diras, ça lui fera plaisir. »

Max : « Vous papotez tous les deux là-bas ? »

Léo : « Ben oui ! »

Max : « Alors arrêtez le temps qu’on observe le cygne… »

Léo : « Le cygne tuberculé : Cygnus olor, Anséridés. »

Boris : « C’est un très beau zoiso. »

Léo : « Oui 🙂 Et il est très grand. Max rêve d’en chevaucher un pour visiter le Pays des Zoisos. Un jour, on a imaginé le pauvre cygne qui devait porter bonome. Et on a bien rigolé. Et une élève de bonome en a fait un dessin. Je demanderai à Max de te le montrer. »

Samuel : « Les cousins ! Il y a une cigogne à côté d’un bœuf ! »

Max : « Ah non ! Alors ça, c’est à cause des garde-bœufs qui font pas leur travail ! La cigogne a vu des bœufs pas gardés alors elle est venue faire le travail ! Ça va pas du tout ça ! Ils vont voir ce qu’ils vont voir les garde-bœufs ! Non mais ça alors ! »

Samuel : « Calme toi cousin Max. Les bœufs et les vaches se gardent très bien tout seuls. Ils risquent rien dans ce Royaume. »

Le chevalier : « Chut ! »

Max : « Chut ? »

Léo : « Rhoooo ! »

Samuel : « Parti ! »

Léo : « Ça alors ! »

Samuel : « La chaaaaaance ! »

Max : « Bonome, tu as fotoé ? »

Le chevalier : « Non Max. Je ne m’y attendais pas et je n’étais pas prêt… »

Max : « Bonome ! »

Boris : « C’était quoi ? »

Max : « C’était quoi ? Mais c’était une loutre avec un poisson dans la gueule ! »

Boris : « Une loutre ? »

Léo : « Oui, une loutre ! »

Max : « Bonome, comment as-tu pu rater une loutre ? »

Le chevalier : « Max, tu as vu comme moi. Elle est arrivée d’un coup sur le chemin, s’est immobilisée en nous voyant et est repartie aussi vite qu’elle était apparue. »

Max : « Bonome ! Une loutre ! C’est pas tout le monde qui a déjà vu des loutres ! »

Le chevalier : « Nous l’avons vue. »

Max : « Mais tu as pas fotoé ! »

Le chevalier : « Non, je n’ai pas fotoé. Désolé Max mais je n’y peux rien. »

Samuel : « C’est pour ça que tu voulais pas nous dire le nom du Royaume ? C’est le Royaume des Loutres, c’est ça ? »

Le chevalier : « Oui mon petit Sam. Les loutres sont difficiles à observer. Je ne voulais pas que vous soyez déçus… »

Samuel : « C’est gentil ça chevalier. »

Léo : « On a vu une loutre ! Rholala ! »

Max : « Et bonome a pas fotoé… »

Léo : « Max ça suffit ! Tu peux pas te réjouir de l’avoir vue ? »

Max : « Si. Mais Princesse va pas nous croire si on a pas de foto… »

Léo : « Et bien qu’elle nous croit pas ! On s’en fiche ! On l’a vue et on le sait… »

Samuel : « Avec un poisson dans la gueule… »

Boris : « C’est rare les loutres ? »

Max : « Oui. Et c’est surtout très difficile à observer… »

Léo : « Mais on en a vu une 🙂 »

Samuel : « Tu vois cousin Boris, deux jours d’inspection et vlan ! Une loutre ! »

Boris : « Ouiii:) Merci. »

Léo : « C’est à bonome qu’il faut dire merci. C’est grâce à lui tout ça. »

Le chevalier : « Oui oui. »

Léo : « Bonome, il sait jamais comment se comporter quand on lui dit merci. »

Max : « On est revenus à la cabane d’accueil… »

Léo : « Le garde est peut-être encore occupé… »

Max : « Tiens, c’est quoi ça ? »

Léo : « Un nid d’Hyménoptères sûrement… »

Max : « On va encore pas trouver… »

Boris : « C’est quoi les minéoptères ? »

Max : « Les minéoptères je sais pas mais je peux te parler des Hy-mé-no-ptères. »

Boris : « Hy-mé-no-ptères. »

Samuel : « Oui cousin Boris. »

Léo : « Boris, connais-tu les insectes ? »

Boris : « Oui ! Ce sont des zanimos qui ont une cuticule, un corps en trois parties, des antennes et trois paires de pattes. »

Max : « C’est bien Boris. »

Léo : « Les Hyménoptères c’est pas facile de les définir. Il y a des tas de critères. Je sais qu’il y a quatre ailes et que les ailes antérieures sont attachées aux ailes postérieures. Mais j’en sais pas plus. »

Max : « Les pièces buccales sont de type broyeuses. Ou broyeuses lécheuses. »

Samuel : « Moi je sais rien du tout. »

Max : « Il y a beaucoup des hyménoptères. On en verra peut-être d’autres. Là, on va dire que c’est une guêpe potière qui a fait ce nid. Il faudrait rester devant le nid pour apercevoir le zanimo. Mais on l’embêterait et nous on embête pas les zanimos. Allez bonome, on laisse le nid pour que la guêpe puisse revenir. On va à la tonne de chasse qui sert plus à la chasse… »

Boris : « Mais on y est allés tout à l’heure ! »

Léo : « Boris, les zoisos sont pas toujours les mêmes ! Il y en a qui arrivent, d’autres qui repartent… Et puis on aime beaucoup les zoisos alors on va les voir. »

Boris : « Le chevalier va en avoir assez ! »

Max : « Bonome ? Il veut jamais rentrer ! Il en a jamais assez des zoisos. T’inquiète pas pour ça. »

Léo : « Et d’après le chemin qu’on a pris en chevauchant jusqu’ici on pourra pas faire des arrêts imprévus au retour. Alors il va rester ici le plus longtemps possible. »

Samuel : « Et nous aussi 🙂 »

Boris : « Vous avez de la chance d’être les petizours d’un grand chevalier qui aime les zoisos… »

Léo : « Ben oui. J’espère que ton chevalier sera gentil avec toi… »

Boris : « Je vais avoir un chevalier ? »

Max : « Normalement, oui. Ou alors… »

Boris : « Ou alors ? »

Max : « Je sais pas comment dire. Arthur, notre copain petitours, il a Brindille lui. »

Le chevalier : « Mes petizours, nous arrivons à la tonne. »

Max : « Alors on se tait. Bonome, quand on sera rentrés tu nous poseras sur les ouvertures s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « Alors… »

Samuel : « Là… »

Max : « Les sarcelles d’été ! »

Samuel : « Anas querquedula, Anatidés. »

Léo : « Tu vois Boris, tout à l’heure elles étaient loin les sarcelles d’été et maintenant elles sont juste là. Ça valait le coup de revenir. »

Max : « Et le chevalier guignette est tout près aussi… »

Boris : « Le chevalier s’appelle Actitis hypoleucos et c’est un Scolopacidé. »

Léo : « C’est bien Boris. Tu fais des progrès. »

Boris : « Merci Léo. Ça me rassure un peu… »

Samuel : « Il y a des souchets… »

Léo : « Le canard souchet, Anas clypeata, se reconnaît à son gros bec aplati. »

Max : « En ce moment, les canards sont tous marrons. C’est le plumage internuptial. Alors c’est pas facile de les distinguer. Tu verras comme c’est plus facile en plumages nuptiaux. »

Boris : « Et ce zoiso ? »

Max : « Ce zoiso… Ah oui ! »

Max : « Léo, tu l’as reconnu ? »

Léo : « Oui. »

Max : « Ben dis à Boris ! »

Léo : « C’est un chevalier sylvain, Tringa glareola, Scolopacidés. »

Boris : « Encore un chevalier ! »

Max : « Lesquels on a vu déjà avec Boris ? »

Samuel : « Guignette, Gambette, aboyeur, arlequin et sylvain. »

Max : « Pas le culblanc ? »

Samuel : « Non, pas le culblanc. »

Léo : « Ça fait quand même 5 espèces de chevaliers 🙂 »

Max : « Le culblanc on le voit moins souvent… Les autres, on les connaît pas. »

Samuel : « Moi j’aime bien ce moment de l’inspection. Quand on a tout fait déjà, qu’on a vu des beaux zoisos et qu’on reste juste parce qu’on veut pas rentrer. On observe plus sereinement. »

Léo : « Tu as raison peti Sam. Heu… Sam le brodé 🙂 C’est plus calme. On court plus partout puisqu’on a déjà vu les zoisos… »

Max : « On a parfois de bonnes surprises quand même. »

Léo : « D’autant plus qu’on s’y attend plus. »

Boris : « On va rester longtemps encore ? »

Max : « Tu veux rentrer ? »

Boris : « Non, mais ça m’étonne qu’on reste comme ça… »

Max : « Tu es comme Sam toi. Tu arrives pas à croire que ce qu’il t’arrive est vrai 🙂 »

Léo : « Bonome, on reste longtemps encore ? »

Le chevalier : « Je pense que nous resterons suffisamment longtemps pour que vous ne râliez pas quand je donnerai le signal du départ… »

Max : « On râle pas nous. On est des gentils petizours. »

Le chevalier : « Oui mon Maxou. »

Léo : « Les sarcelles d’été continuent leur toilette… »

Max : « Les zanimos ça fait beaucoup sa toilette 🙂 »

Samuel : « Il y a une bergeronnette grise et un guignette… »

Max : « Et là un vanneau huppé à côté d’un souchet… »

Boris : « C’est calme ici… »

Max : « C’est toujours calme où nous emmène bonome. En plus il y a pas des zoms. »

Léo : « Même les zoisos sont calmes. »

Samuel : « Et comme on a déjà tout fotoé on peut se contenter d’observer. »

Boris : « C’est qui le zoiso là-bas, à côté des échasses ? »

Max : « Voyons ça… Bonome, tu as repéré ? Ah bah oui ! Tu as déjà fotoé je suppose ? »

Le chevalier : « Tu supposes bien 🙂 »

Max : « C’est une barge ça. Mais je suis pas fort en barges… »

Léo : « Le bec est rectiligne, le plumage paraît uni… Ce serait donc une barge à queue noire, Limosa limosa, Scolopacidés. »

Boris : « Il y a beaucoup des Scolopacidés ! »

Max : « Oui, souvent les zoms les appellent les limicoles. Mais il faut pas. C’est pas vraiment scientifique les limicoles. Les Scolopacidés font partie des zoisos qui aiment avoir les pattes dans l’eau. C’est leur milieu de vie. »

Samuel : « C’est surtout là qu’ils trouvent de quoi se nourrir. »

Léo : « Comme on est allés dans des zones humides peu profondes, c’est normal qu’on ait vu beaucoup de Scolopacidés. »

Max : « Les zoisos sont pas les mêmes selon les milieux de vie. Ici, en Charentmaritimie on va surtout dans les marais, le bord de mer… On fait pas vraiment les prairies ou les forêts. »

Samuel : « On peut pas tout faire 🙂 »

Max : « Mais on va pas trop innover tant que tu es là Boris. Je préfère qu’on t’emmène là où on est à peu près sûrs de voir des zoisos. »

Léo : « Bergeronnette printanière ! »

Samuel : « Motacilla flava, Motacillidés. »

Boris : « Tu connais tous les noms Sam le brodé ? »

Samuel : « Ben non, pas tous… »

Léo : « Je t’avais prévenu Boris. Sam a une mémoire prodigieuse 🙂 »

Max : « Bonome, le soleil se cache. La lumière baisse… »

Le chevalier : « Je vois 🙂 Vous commencez à fatiguer n’est ce pas ? »

Max : « Moi oui. »

Léo : « Moi aussi. »

Boris : « J’en peux plus moi. »

Samuel : « Tout pareil. »

Le chevalier : « Mes pauvres petizours. Alors formez les binômes et pochez vous. Nous rentrons. »

Pendant la chevauchée de retour… 

Boris (marmonnant dans son sommeil) : « птица… Травник… цапля…»

Samuel : « Max ! Léo ! Boris dort et il rêve de zoisos je crois ! »

Max : « Pauvre Boris. Il faut qu’il assimile tout ce qu’il a vu… »

Voilà pour notre deuxième journée d’inspection avec Boris Princesse. On va bien le former ce petizours. Tu pourras être fière de nous 🙂

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

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