154 – Le Grand Étang

Dimanche 25 Juin, An IV

Max : « Mon bonome, bonomou… »

Le chevalier : « Mon petitours, mon Maxou 🙂 »

Max : « On irait pas aux zoisos ? »

Le chevalier : « Nous y sommes allés hier Max. »

Max : « Oui, je sais. Mais on est des naturalistes nous, alors on doit aller dans la nature. »

Le chevalier : « Cela me semble logique… »

Max : « Ben oui. Je suis scientifique, alors la logique ça me connaît 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Imaginons que nous prenions la décision d’aller aux zoisos… Où irions nous ? »

Max : « Mmmmm… »

Le chevalier : « On va où Maxou ? »

Max : « Bouge pas, je reviens… »

Max file dans la chambre consulter ses cousins… Ils reviennent tous les trois sacado sur le dos… 

Max : « Bonome, après consultation des cousins Samuel et Léo ici présents, nous avons pris une décision à l’unanimité des petizours. Nous irons au Grand Étang. »

Le chevalier : « Bien, amusez vous bien 🙂 »

Max : « Pfff… Jolie tentative d’humour. ‘Amusez vous bien’ sous-entend que tu viens pas avec nous et qu’on doit faire le chemin à pattes. Autant dire qu’on y arrivera quand tu auras un milliards d’années de plus. Si nous y arrivons ! Parce que le risque de se faire écraser par une calèche ou de se faire dévorer par un rapace est loin d’être nul. Alors mon bonome tu sautes dans tes chaussures ET TU NOUS EMMÈNES AU GRAND ÉTANG ! »

Léo (à Samuel) : « Il avait presque réussi… »

Samuel (à Léo) : « Oui, une longue tirade comme ça, calmement… »

Léo : « Sans un mot plus haut que l’autre… »

Samuel : « Alors que le chevalier l’avait provoqué… »

Léo : « Mais il a pas tenu… »

Samuel : « Il a fallu qu’il termine en criant… »

Max : « Mes chers cousins, c’est AUSSI pour vous que je me démène pour que notre grand dadais saute dans ses chaussures. »

Samuel : « Le chevalier est pas un grand dadais ! TU ARRÊTES DE L’APPELER LE GRAND DADAIS OU JE TE JETTE AUX BROCHETS ! »

Max : « Il avait presque réussi… »

Léo : « 🙂 Bien joué Maxou ! Et vlan Samuel ! Dites, vous saviez qu’il y a deux espèces de brochets ? On le sait depuis pas longtemps. Les scientifiques ont scindé l’espèce Esox lucius en deux. Maintenant il y a Esox lucius et Esox aquitanicus endémique du sud-ouest. »

Samuel : « Cousin Léo tu dis des erreurs. Ces deux espèces datent pas de maintenant. C’est leur reconnaissance par les scientifiques qui est récente. »

Léo : « Tu as raison petit Sam. Pardon, je me suis mal exprimé. »

Max : « Donc si on se fait dévorer par un brochet ici il sera pas de la même espèce que si on se fait dévorer par un brochet en Charentmaritimie. D’accord. J’ai encore plus peur des brochets alors… »

Samuel : « Il faut pas cousin Max. »

Léo : « Bon, on va aux zoisos ? »

Au grand Étang…

Max : « On va directement à l’observatoire du bout. Il est bien ce nouvel observatoire. On peut s’installer confortablement et on voit aussi les buissons et les passereaux qui s’y trouvent. »

Léo : « Et on fait pas le premier ? »

Max : « On fera au retour… Allez ! On y va ! »

Max : « Bien bien bien… Rhoooo ! »

Léo : « Rhoooo ? »

Max : « Ben oui ! Mais regardez ! »

Léo : « Rhoooo ! »

Max : « On arrive, on s’installe et paf ! Une jeune mouette qui rigole ! »

Samuel : « Elle est toute jeune cette Chroicocephalus ridibundus, Laridés ! »

Max : « Elle date du printemps ! Elle a quelques semaines ! »

Léo : « C’est une bonne nouvelle ! Il y a eu reproduction des mouettes qui rigolent au Grand Étang 🙂 »

Max : « C’est bien les mouettes ! Vous perpétuez bien votre espèce. Bravo ! »

Léo : « Chuut ! »

Max : « Chuuuut ? »

Léo : « Venez ! … Là ! »

Max : « Oui… »

Léo : « Une fauvette grisette ! Je dirais que c’est une femelle. Sylvia communis, Sylviidés. »

Max : « On en avait jamais vu ici… »

Léo : « Nous, seulement au Royaume des Bernaches. »

Max : « Quand je vous dis qu’il est bien ce nouvel observatoire. »

Léo : « Tu as envoyé une demande de médaille pour les gardes à Princesse ? »

Max : « Ben oui ! Mais elle a pas répondu. Elle répond jamais Princesse… »

Léo : « J’ai cru voir… Venez ! Bonome, tu pourrais tout zoomer ? »

Le chevalier : « Avec le gros zoom ? »

Léo : « Oui ! On s’en fiche si la foto est pas belle… Là bas ! Tu vois ? »

Le chevalier : « Je vois… Voilà ! »

Max : « Un jeune goéland… »

Léo : « Oui, ça doit être un leucophée. Ici c’est presque toujours des leucophées… Mais pour l’année… Deuxième été ? Tu en penses quoi bonome ? »

Le chevalier : « Dans les livres il parlent toujours des hivers 🙂 Il est trop clair pour un premier été. Ton hypothèse me paraît raisonnable mon Léo. »

Samuel : « Il y a les petits cygnes… »

Max : « Ils ont bien grandi 🙂 »

Léo : « Ça grandit vite à cet âge là 🙂 »

Samuel : « Et les mouettes ! »

Max : « Il y a deux petits ! »

Léo : « Ils ont crié en famille 🙂 Pourtant tu étais pas à côté d’eux quand ils sont sortis de leur œuf 🙂 »

Max : « J’imprègne pas les petites mouettes moi ! »

Léo : « Bonome fotoe ! Qu’est ce que tu as vu ? »

Samuel : « Moi je sais ! Il a fotoé l’atterrissage de la mouette adulte ! »

Max : « C’est vrai ? Montre ! »

Max : « Pas très bien cadré… »

Léo : « Non, mais c’était pas facile… »

Samuel : « Vous avez vu les foulques en arrière-plan ? On dirait que monsieur foulque offre une brindille à madame foulque. »

Max : « Heureusement qu’il offre pas Brindille 🙂 »

Léo : « Il arriverait même pas à la soulever. »

Max : « Rholala Léo ! Qu’est ce que tu viens de dire ! »

Samuel : « Mon pauvre cousin Léo ! »

Max : « Toi tu vas avoir des ennuis ! »

Léo : « Qu’est ce que j’ai dit ? »

Max : « Tu as évoqué le poids de Brindille ! »

Samuel : « Et avec les filles c’est une gaffe impardonnable ! »

Max : « Tu as sous-entendu qu’elle était… J’ose même pas le dire ! »

Samuel : « A ta place je me rétracterais… »

Max : « Je supprimerais cette réplique… »

Léo : « Mais ! Vous êtes bêtes ! Brindille est trop grande pour qu’une foulque la prenne dans son bec ! »

Max : « Il insiste… »

Samuel : « Il récidive ! »

Max : « Il est fou… »

Le chevalier : « Max, Samuel, arrêtez donc de taquiner Léo et regardez plutôt la famille de colverts qui passe… »

Samuel : « Ils sont mignons… »

Max : « Et le papa est pas là ! Il est encore avec ses copains pendant que madame élève seule les enfants… »

Léo : « Je comprends pas bien pourquoi des fois on voit le papa avec la famille mais pas toujours… »

Max : « Peut-être qu’il y a des papas colverts plus présents que d’autres… »

Samuel : « Regardez le petit cygne ! »

Max : « Déjà la dernière fois il y avait un retardataire. »

Léo : « Les zoisos ont chacun leur personnalité. Lui, c’est celui qui traîne. »

Samuel : « C’est pareil pour les petizours. Max, c’est celui qui crie 🙂 »

Max : « Je crie pas. J’ai jamais crié. Je suis pas un crieur. »

Léo : « Max, il faut pas mentir. C’est pas bien. Et tu risques d’aller en enfer. »

Max : « En enfer ? Moi ? »

Léo : « Il est écrit : ‘Tu ne porteras pas de faux témoignages.’ »

Max : « Même pour de rire ? »

Léo : « Je sais pas. Bonome ? »

Le chevalier : « Max qui dit qu’il n’a jamais crié 🙂 »

Max : « Je suis rigolo n’est ce pas ? »

Le chevalier : « Oui mon Maxou. »

Léo : « Il va pas aller en enfer alors ? »

Le chevalier : « Pas pour ce petit mensonge qui me fait bien rigoler 🙂 »

Samuel : « Chevalier je suis ravi de te voir rigoler mais pourrais-tu fotoer les zoisos qui s’étirent les ailes s’il te plaît ? Il y a les grands cormorans là-bas et le cygne ici. Et si tu te dépêches pas… »

Samuel : « Tu as réussi ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Samuel : « Je suis son petitours 🙂 »

Léo : « Oui petit Sam, tu es son petitours. »

Max : « Même que tu es son préféré. »

Samuel : « Ben non, quand même pas. »

Léo : « Si si petit Sam, tu es son préféré. »

Samuel : « Mais non ! On est tous son préféré. Il préfère tous ses petizours ce grand dadais 🙂 »

Le chevalier : « Ah… Pour toi aussi je suis un grand dadais ? »

Samuel : « Ouiiiii 🙂 Mais tu es mon grand dadais préféré 🙂 »

Le chevalier : « Je suis rassuré mon petit Samuel 🙂 »

Léo : « Cessez donc de dire des bêtises et venez voir ! »

Max : « Un bruant des roseaux ! »

Samuel : « Un bruant des roseaux ? »

Léo : « Emberiza schoeniclus, Embérizidés. On dirait un adulte en plumage internuptial… »

Max : « C’est sûr que c’est pas un mâle nuptial… »

Léo : « En cette saison il devrait avoir le plumage nuptial… »

Max : « Sauf si c’est un juvénile… »

Léo : « Ce serait un petit ? »

Max : « Je sais pas… »

Léo : « Pfff ! »

Samuel : « C’est parfois compliqué les zoisos… »

Léo : « Hé oui… On peut pas tout savoir… »

Max : « Bonome, on pourrait pas faire un stage d’ornithologie ? »

Le chevalier : « Un stage pour petizours ? »

Max : « Ben non. Personne s’intéresse aux petizours. Un stage pour toi. Et nous on se glisserait dans ta poche. »

Léo : « On pourrait suivre aussi et après tu nous expliquerais. »

Le chevalier : « Un stage d’ornithologie… »

Max : « Je vais me renseigner… »

Léo : « Pour les hirondelles on a pas besoin de stage… »

Samuel : « Hirondelle des rivages, Riparia riparia, Hirundinidés. »

Léo : « Elles prennent pas de la boue pour faire leur nid, elles, puisqu’elles nichent dans des terriers creusés dans les falaises de sable. »

Max : « Peut-être qu’elles font la parade… »

Samuel : « Pour faire des œufs 🙂 »

Une mouette passe…

Léo : « Les petits cygnes retournent dans l’eau… »

Max : « Le retardataire est encore en retard. »

Une sterne pierregarin passe elle aussi…

Max : « Jolies fotos bonome 🙂 »

Le chevalier : « Oui, elles sont pas mal… »

Max : « Pas mal ? Elles sont magnifiques tu veux dire ! »

Le chevalier : « Merci Max, mais il ne faut pas exagérer. »

Léo : « Max, ton combat est perdu d’avance. Viens plutôt voir les mouettes… »

Max : « Il y a les petites ? »

Léo : « Oui, il y a les petites 🙂 »

Max : « J’ai pas bien compris cette scène… »

Samuel : « Moi non plus. Et toi cousin Léo ? »

Léo : « Ben… Pas vraiment. Peut-être que l’adulte a régurgité de la nourriture et qu’il a incité les petits à manger… »

Max : « J’aime bien ton hypothèse mais on peut pas la vérifier… »

Samuel : « Et pourquoi les adultes crient alors ? »

Léo : « Parce qu’ils ont vu Max 🙂 »

Samuel : « Ah oui ! Forcément 🙂 »

Max : « Mes cousin, chers petizours… Je vais pas crier. Je vais même rester très calme mais SI VOUS CONTINUEZ À DIRE QUE JE CRIE JE VOUS HURLE TELLEMENT DANS LES OREILLES QUE VOUS ENTENDREZ PLUS JAMAIS UN ZOISO ! »

Le chevalier : « Ça c’est cruel. »

Léo : « C’est pas gentil ! »

Samuel : « Nous priver du chant des zoisos… »

Max : « Alors ça ! Vous me diffamez et quand je réponds, c’est moi qui suis pas gentil ! »

Léo : « On diffame pas ! »

Samuel : « On te taquine cousin Max 🙂 »

Léo : « On te taquine. On t’a taquiné. On est des taquineurs 🙂 »

Samuel : « Écoute grébu ! Tu aurais le cœur de nous priver de ce doux son ? »

Max : « Grébu protège son territoire… »

Léo : « Tiens ! Un patapon tout ébouriffé 🙂 »

Max : « Les juvéniles sont souvent tout ébouriffés. »

Samuel : « Lui aussi date de ce printemps. »

Max : « Il sait déjà voler et il est autonome… »

Le chevalier : « C’est pas comme les petizours… »

Max : « Qu’est ce qu’ils ont fait encore les petizours ? »

Léo : « Je crois qu’il nous fait remarquer qu’on est pas autonomes… »

Samuel : « Je crois surtout qu’il nous provoque. »

Léo : « Bonome, ô bonomou ! Nous sommes tout à fait autonomes. Nous nous passerions même volontiers de toi si tu ne risquais pas de faire la dépression suite à notre départ. »

Le chevalier : « Moi ? Faire la dépression parce que vous seriez partis ? Mais je ferais la danse de la joie ! »

Max : « Oui oui, bien sûr ! La danse des chevaliers ! »

Léo : « Tu ferais vraiment la danse de la joie ? »

Samuel : « Tu veux qu’on parte ? »

Max : « Il veut rien du tout ! C’est la journée des taquineries aujourd’hui ! Bonome, retire ce que tu viens de dire. »

Le chevalier : « Je retire. Et je ferai sûrement la dépression si vous partiez. »

Léo : « On partira pas mon bonome. Pourquoi on partirait ? »

Max : « Bon, ça suffit de dire des bêtises maintenant ! »

Samuel : « Oui cousin Max ! »

Max : « Observons plutôt la jeune mouette… »

Léo : « C’est pas tous les jours qu’on les voit d’aussi près. On peut étudier le plumage… »

Max : « Il faudrait qu’on fasse des pages avec les zoisos, par familles, avec toutes les espèces qu’on connaît et les différents plumages. Parce que les sites spécialisés souvent ils mettent de très belles fotos mais elles sont pas toujours pédagogiques. Et il y a pas tous les plumages… »

Léo : « C’est une bonne idée Maxou. Mais peux-tu me rappeler combien de retard tu as dans ton blog ? »

Max : « Environ une année… »

Léo : « Et dans le classement des fotos ? »

Max : « Pfff ! Je sais même pas où j’en suis… »

Léo : « Tu te vois faire en plus des pages de classification ? »

Max : « Ben non… J’y arriverais pas. Il faudrait qu’on travaille tous les trois sur des ordinateurs différents… »

Léo : « Ce serait pas drôle. Et même comme ça on y arriverait pas… »

Samuel : « On travaille ensemble ! Comme ça on rigole bien et on apprend plus. »

Max : « Vous croyez qu’un jour j’arriverai à me mettre à jour ? »

Léo : « On verra bien… Il se passe pas grand-chose aujourd’hui… »

Max : « Grébu fait sa toilette… »

Samuel : « La famille cygne fait la sieste… »

Léo : « Je crois qu’il est temps de rentrer… »

Max : « Oui, on verra plus rien aujourd’hui… Bonome, tu nous poches s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Je range et je vous poche 🙂 … Allez, grimpez ! »

En chemin, on a vu une mésange à longue queue.

C’est un beau zoiso la mésange à longue queue. Du coup je remets le beau dessin de Coquelicot.

Voilà pour cette petite inspection Princesse. Je t’embrasse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

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