153-1 L’Arthropodologie au Royaume des Bernaches

Samedi 24 Juin et Jeudi 29 Juin, An IV

Max : « Les cousins ! Vous venez ? On va graver un article ! »

Léo : « On arrive ! »

Samuel : « On est là ! »

Léo : « On en est où ? »

Max : « Mois de Juin, an IV. On est allés au Royaume des Bernaches et au Grand Étang. »

Léo : « Ah oui ! Plusieurs fois chaque Royaume. »

Samuel : « Deux fois aux Bernaches et deux, ou trois, au Grand Etang… »

Max : « Un fois, aux Bernaches, il y avait Arthur ! »

Léo : « Oui, je me souviens ! Même qu’on a pas vu beaucoup des zoisos. »

Samuel : « Il y avait des petits ! »

Max : « Oui, mais des espèces habituelles… Rien d’extraordinaire. »

Samuel : « Moi je les connaissais pas ces petits ! »

Max : « Alors on va en parler dans l’article. »

Léo : « Oui. Et on a vu des Insectes ! »

Samuel : « Et des araignées ! »

Max : « Comme on voyait pas des zoisos, bonome s’est lancé dans l’Arthropodologie. »

Léo : « Max ! Ça existe pas l’Arthropodologie ! »

Max : « Si monsieur Léo ! En petitoursien du Nord on peut le dire ! »

Léo : « Le petitoursien du Nord est une étrange langue… On peut dire n’importe quoi en petitoursien du nord ! »

Max : « C’est pas vrai monsieur Léo ! C’est juste qu’on est précis en Petitursie du Nord ! »

Samuel : « Cousin Léo, laisse le dire. Sinon on va débattre pendant des heures. Et moi je préfère graver l’article. »

Léo : « Sage décision mon petit Samuel 🙂 Bon, le plus simple c’est de faire ‘l’arthropodologie’ puis les petits zoisos du début de l’été. »

Max : « En un seul article ? »

Léo : « Ça risque d’être un peu long… Je verrais bien deux articles moi. »

Samuel : « Surtout que si je me souviens bien, on a vu beaucoup de bestioles 🙂 »

Max : « Bien. Deux articles à graver pour le Royaume des Bernaches. Pour le Grand Étang on verra après. On commence ? »

Samuel et Léo : « On commence ! »

L’arthropodologie

Max : « On place dans le groupe des Arthropodes tous les animaux qui possèdent à la fois une cuticule externe et des pattes articulées. »

Léo : « Ça va pas comme phrase Max. »

Max : « Hein ? Pourquoi ? »

Léo : « On a l’impression que le groupe des Arthropodes préexiste à l’existence des zanimos qui le composent. »

Max : « Tu m’accuses d’essentialisme ? »

Léo : « Je t’accuse de rien Maxou. Je dis juste que la phrase est mal tournée. »

Samuel : « C’est quoi l’essentialisme ? »

Léo : « Mmmm… Une doctrine qui dit que les espèces diffèrent entre elles par ‘essence’, qu’il existe une classification naturelle des êtres vivants. »

Max : « Elle repose sur un vieux concept de la Grèce Antique. C’est à cause d’Aristote et de sa Scala Naturae.»

Samuel : « Max tu te bonomises 🙂 »

Max : « Pas d’insultes s’il vous plaît ! C’est parce que dans la Grèce Antique ils croyaient au Monde des Idées. C’est un peu compliqué le Monde des Idées. Disons que ce qui existe dans ce Monde est un modèle de quelque chose. Par exemple un chat. Et que sur terre, il n’y a que des approximations de ce modèle. »

Léo : « La conséquence est que les espèces sont immuables puisqu’elles existent parfaitement dans le monde des idées. »

Max : « Et si les espèces sont immuables il y a pas évolution des espèces. »

Léo : « L’essentialisme est donc une doctrine fixiste. »

Samuel : « Vous en connaissez des choses ! Tabarnak ! Mais si c’est pas vrai l’essentialisme qu’est ce qui est vrai ? »

Max : « Rien 🙂 Les scientifiques sont plutôt nominalistes. »

Léo : « Quand on voit plusieurs zanimos tout pareils on définit l’espèce de ce zanimo. Comme ça c’est plus pratique. Mais le nom est juste une convention. »

Max : « Ça veut dire que l’espèce existe pas vraiment tout le temps. »

Samuel : « Vous avez un exemple ? »

Léo : « On prend lequel ? »

Max : « Je sais pas. Le chien et le loup ? »

Léo : « On a pas tous les noms précis… Bon, j’essaye. Le loup et le chien forment deux espèces dans nos esprits. Canis canis… »

Max : « Le chien chien 🙂 »

Léo : « Et Canis lupus, le chien loup. »

Max : « Déjà il existe deux sous-espèces de loup : Canis lupus lupus, ou loup d’Europe, et Canis lupus arctos, ou loup polaire. »

Samuel : « Mais ils se ressemblent entre eux et peuvent avoir une descendance féconde. »

Léo : « Exact petit Sam ! »

Samuel : « Et le chien ? »

Max : « On suppose qu’il provient du loup. D’ailleurs on l’appelle parfois Canis lupus familiaris. »

Samuel : « Alors le loup et le chien sont de la même espèce ! »

Max : « Ben ça dépend… Prenons encore des exemples. Le husky du grand nord, le vrai, le chien de traîneau. Et le loup polaire. »

Léo : « Ajoutons un chihuahua… »

Samuel : « Le tout petit chien ? »

Max : « Celui là même 🙂 »

Léo : « Le chihuahua a été obtenu par des croisements d’autres chiens suivis de sélection artificielle. »

Max : « On a pris des petits pour les faire s’accoupler entre eux. »

Léo : « Bon, déjà ça montre qu’une espèce est pas vraiment fixe. »

Max : « Le grand Darwin a beaucoup étudié la sélection artificielle des pigeons. Il y a des tas de variétés de pigeons d’élevage. »

Samuel : « Comme des variétés de chiens. »

Max : « Eh oui 🙂 »

Léo : « Et dans notre exemple, le loup arctique et le husky peuvent se reproduire en ayant une descendance féconde mais le chihuahua peut se reproduire avec aucun des deux autres. »

Max : « Il pourrait, à la rigueur, leur servir de repas mais c’est pas pareil. »

Samuel : « Alors si on dit Chien et Loup c’est juste par commodité. Pour donner un nom. Mais ça existe pas vraiment. »

Max : « C’est ce que dit la Science qui est nominaliste. »

Samuel : « Qu’est ce qui va pas dans la phrase de cousin Max ? »

Max : « J’ai dit qu’on plaçait dans les Arthropodes tous les zanimos etc… »

Léo : « Ce qui laisse supposer que le groupe des Arthropodes existe AVANT de rencontrer un zanimo qui correspond à la définition. »

Max : « Comme si il existait l’essence d’un Arthropode. Pfff ! Quelle hérésie ! »

Léo : « Ben oui ! En réalité il y a des tas de zanimos qui ont une cuticule externe et des pattes articulées. »

Samuel : « Alors on invente un groupe qui correspond à ça parce que c’est pratique. ! D’accord ! Alors que devient la phrase de cousin Max ? »

Léo : « Max ? »

Max : « Il existe des tas de zanimos qui ont en commun d’avoir une cuticule externe et des pattes articulées. Ce groupe a été nommé Arthropodes. »

Samuel : « Et là on a bon ? »

Léo : « Cette fois, oui 🙂 »

Samuel : « C’est tout ce qu’il faut pour être un Arthropode ? »

Max : « On pourrait ajouter que ce sont des protostomiens mais il faudrait expliquer et j’ai pas envie. Et qu’ils muent. Ça c’est pas dur à expliquer. Comme leur squelette est à l’extérieur, pour grandir il doivent perdre leur squelette. Alors ils en font un tout mou sous le premier, perdent le premier, puis le nouveau grandit en durcissant et le zanimo peut grandir dans son nouvel exosquelette qui a une taille de plus 🙂 »

Léo : « Moi j’ajouterais qu’ils sont apparus il y a environ 540 millions d’années, dès le début du Phanérozoïque c’est à dire la période de l’histoire de la Terre riche en fossiles. Il y en avait avant mais ils étaient trop rares et trop bizarres pour qu’on en parle. »

Max : « Et puis quand le Phanérozoïque a été défini, on les avait pas encore trouvés 🙂 »

Léo : « Vous remarquerez au passage que bonome avait déjà 14,5 milliards d’années au moment de l’apparition des Arthropodes. »

Max : « Ce qui est une énigme qui dépasse bien des scientifiques. »

Léo : « Notre bonome défie les lois de la nature… »

Samuel : « Je résume. Il y a 540 millions d’années environ sont apparus des zanimos au corps enfermé dans une cuticule également appelée squelette externe ou exosquelette. Ces zanimos avaient des pattes articulées et ils grandissaient par mues successives. Et il existe des tas de descendants à ces zanimos. Et on regroupe tous ces zanimos dans un groupe que les zoms ont défini et qu’ils ont appelé Arthropodes. »

Léo : « On va pas tout expliquer comme ça quand même ? »

Max : « Non non ! Oulala ! Sinon il nous faudrait des siècles ! Mais c’était bien de rappeler un peu le débat entre essentialistes et nominalistes. Un naturaliste se doit se savoir ça ! Sinon ça sert à quoi qu’il ait un sacado 🙂 »

Léo : « Au passage on a réfuté la Scala naturae du grand Aristote 🙂 »

Max : « Et vlan Aristote ! »

Samuel : « Vous avez rien réfuté du tout ! Vous en avez à peine parlé ! »

Max : « Ben c’était suffisant. On réfute comme ça nous. Aristote ou pas Aristote ! »

Léo : « On rigole pas ! »

Max : « Bien ! Commençons ! Première foto s’il vous plaît ! »

Max : « Que voyons nous ? »

Samuel : « Un étrange zanimo 🙂 »

Max : « Oui, heureusement que nous avons pas détaillé l’anatomie des Arthropodes. Celui-ci aurait tout faux 🙂 »

Léo : « Mais comme on l’a pas fait, les lecteurs le savent pas 🙂 »

Max : « Il a un corps globuleux. Apparemment fait d’une seule pièce. »

Léo : « La tête, le thorax et l’abdomen sont fusionnés. »

Samuel : « Et il a des pattes fines et trèèèèès longues… »

Max : « 8 pattes ! Voilà une information intéressante ! »

Léo : « Et pas d’antennes ! »

Max : « Par contre il a des chélicères et des pédipalpes. Mais on les voit pas sur cette foto… »

Léo : « Mais nous savons que nous sommes en présence d’un Arthropode, Chélicérates, Arachnides. »

Max : « Avec les trois parties du corps fusionnées nous pouvons même aller jusqu’à Opilionidés ! »

Léo : « Ce sont les faucheux ! Parce qu’ils sont capables d’autotomie ! »

Max : « En cas de danger ils peuvent se couper tout seuls une patte. Et cette patte continue de s’agiter comme une faux ce qui attire l’attention du prédateur. »

Léo : « Il s’attaque à la patte et l’opilion se sauve. »

Max : « Avec une patte de moins. »

Léo : « Certains individus très âgés ont plus que 5 voire 4 pattes ! »

Samuel : « Ils mangent quoi les opilions ? »

Max : « Ce sont des prédateurs d’autres petits Arthropodes. »

Léo : « Signalons qu’ils font pas de toile. Jamais ! »

Max : « Ben non ! Ce sont pas des araignées ! Ce sont des o-pi-lions ! »

Léo : « En général ils ont que 2 yeux. Mais ce sont pas vraiment des yeux mais plutôt des capteurs de lumière qui les renseignent sur le jour et la nuit. »

Max : « Et les opilions mordent pas les zoms ! »

Léo : « Ils piquent pas non plus. »

Max : « Ils se nourrissent des moucherons et des autres petites bêtes. Alors, au lieu d’utiliser des insecticides qui tuent tout le monde, adoptez des opilions ! »

Léo : « Nous on en a pas. Mais on a Charlie le pholque. »

Max : « On en a même plusieurs. Mais ils s’appellent tous Charlie les pholques. On sait pas pourquoi. »

Léo : « Mais bon, Charlie c’est une araignée. Pas un opilion. »

Samuel : « Et si on passait aux araignées ? »

Max : « Si tu veux petit Sam, si tu veux ! Foto suivante sivouplait ! »

Max : « Jolie petite araignée que j’ai déjà présentée ! »

Samuel : « Redis nous cousin Max s’il te plaît ! »

Max : « Ben oui petit Sam 🙂 Nous voyons que la tête et le thorax sont fusionnés mais l’abdomen forme une boule à l’arrière. Si je me prenais pour bonome je dirais qu’il y a un prosome et un ophistosome globuleux. Les 8 pattes sont portées par le prosome. Le thorax en fait. La tête porte… fotos suivantes… »

Max : « Des yeux, une bouche avec des chélicères en crochets et des pédipalpes. »

Samuel : « Je vois ! »

Max : « Cette petite araignée est l’araignée variable, Minusema vatia, famille des Thomisidés, groupe des Aranéomorphes. On l’appelle aussi araignée crabe. Elle se tient sur des fleurs blanches ou jaunes dont elle adopte la couleur. Quand elle est sur une fleur blanche, elle rassemble ses pigments jaunes dans des cellules particulières et devient blanche en quelques jours. Si elle retourne sur une fleur jaune, elle libère ses pigments et redevient jaune. »

Léo : « Cette petite araignée chasse à l’affût. Comme vous pouvez le voir, elle lève les deux premières paires de pattes et attend, patiemment, sans bouger… »

Max : « Et si une proie passe à sa portée, elle la capture ! Mais regardez plutôt ! »

Léo : « Grâce à ses chélicères en crochets, elle injecte ses sucs digestifs dans la proie qu’elle tient fermement. »

Max : « Les sucs digestifs digèrent les tissus mous de la proie qui deviennent liquides. »

Léo : « Puis elle aspire le liquide riche en nutriments. »

Max : « Comme un milk-shake de mouche 🙂 »

Samuel : « Un milk-shake de mouche ? Beurk ! »

Max : « Parce que tu es pas une araignée petit Sam 🙂 »

Léo : « Voici ce qu’il reste après que l’araignée-crabe a fini son repas… »

Max : « Là, c’est une cuticule vide de bourdon… »

Léo : « L’araignée-crabe a tout mangé ! »

Max : « Slurp le bourdon ! »

Léo : « Bien… Pas d’autres Arachnides ? »

Max : « Non, pas cette fois… »

Léo : « Alors passons à la suite ! »

Max : « Foto suivante ! »

Léo : «  Un Odonate ! »

Max : « Bon, ben on va dans nos têtes pour faire odonatologie 🙂 »

Léo : « Mais non Max ! On va dans la tête de bonome ! Il y a sa bibliothèque, son fauteuil en mamonites, son café… »

Max : « Et on va fumer la pipe 🙂 »

Samuel : « Vous êtes bêtes mes cousins 🙂 »

Max : « Certes, mais je trouve que tu t’es très bien adapté. »

Léo : « Et vlan Samuel ! »

Samuel : « C’est moi qui dis ‘et vlan !’ normalement… »

Max : « Tu nous inspires petit Sam 🙂 Bon, on va pas refaire toute la détermination avec les nervures anté-nodales, les triangles alaires et je sais pas quoi… »

Léo : « Il y a que bonome qui fait ça. »

Max : « Nous on a regardé les images dans les livres et on a procédé par analogie. »

Léo : « Et on est arrivés à l’orthétrum brun. »

Samuel : « Même si il est tout bleu ? »

Max : « Ben… »

Léo : « Il nous semble bien que l’orthétrum brun peut être couvert de pruine bleuâtre. »

Max : « Alors que l’orthétrum bleuissant peut être brun. .. »

Samuel : « C’est pas facile alors. »

Max : « Ben non ! Et c’est pour ça que la méthode rigoureuse d’identification de bonome est plus efficace. »

Léo : « Mais nous on connait pas par coeur. »

Samuel : « On aurait pu emprunter son beau livre d’Odonates. »

Max : « Oui on aurait pu. Mais il aurait fallu tourner des milliers de pages ! On connaît pas les abréviations alors il faut chercher, chercher, chercher… »

Léo : « Tout ça pour un seul Odonate ! »

Max : « Zutalor ! »

Samuel : « Que se passe t-il cousin Max ? »

Max : « On a pas dit si c’est un Zygoptère ou un Anisoptères ! »

Léo : « Ah oui 🙂 Les ailes antérieures et postérieures sont pas pareilles. C’est donc un Anisoptère. Hoplà ! La suite ! »

Samuel : « Foto suivante sivouplait ! »

Max : « Attendez ! On a parlé des Insectes ? »

Léo : « Aïe ! »

Samuel : « Ouille ! »

Max : « On pense vraiment à rien aujourd’hui ! »

Léo : « Petit rappel : parmi les animaux qui ont une cuticule et des pattes articulées, il en est qui ont trois paires de pattes, une paire d’antennes et souvent des ailes. »

Max : « Leur corps est constitué de trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen. »

Léo : « Et les scientifiques les ont appelés Insectes ! »

Max : « Et il y a des tas d’Insectes ! Oulala ! Actuellement 9 zanimos sur 10 sont des Insectes. »

Léo : « Mais non ! Max ! Fais attention un peu ! C’est pas 9 zanimos sur 10 ! C’est 9 espèces sur 10 sont des espèces d’insectes ! »

Max : « Encore une erreur… »

Samuel : « Ça arrive cousin Max. »

Max : « C’est parce que je suis pas concentré. Léo a raison. Les zanimos les plus fréquents sur Terre sont les vers marins… Tu connais l’espèce Léo ? »

Léo : « Non… »

Samuel : « On s’en fiche ! On a dit les Insectes. On peut passer à la suite ! Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Oh non ! Les Hémiptères ! Pfff ! »

Léo : « L’ordre d’Insectes dont la classification nous échappe le plus… »

Max : « Je crois me souvenir que ce type là c’est le sous-ordre des Hétéroptères à cause des hémi-élytres… »

Léo : « Ils ont des pièces buccales de type suceur. Ils piquent les végétos et se nourrissent de la sève »

Samuel : « Et celui des fotos, vous le connaissez ? »

Max : « Deraeocoris ruber, Miridés. »

Samuel : « Ah oui, tu le connais 🙂 »

Max : « Il est fréquent sur les Apiacées. Bonome en a des centaines de fotos. Les zoms le connaissent peu parce qu’il est tout petit alors ils le voient pas. »

Léo : « Max, regarde bien la foto. »

Max : « C’est une bien belle foto 🙂 »

Léo : « Observe la plante buteo trois fois ! »

Max : « Hé ! Ho ! Je suis pas une tri… Ah si 🙂 Là, le Deraeocoris ruber il est pas sur une Apiacée. Il est sur le sureau yèble, Sambucus edulus. Quelqu’un connaît la famille ? »

Léo : « Selon la classification phylogénétique APGIII le sureau yèble fait partie des Adoxacées. Autrefois, selon la classification classique de Cronquist, il faisait partie des Caprifoliacées. »

Max : « Merci Léo. »

Léo : « Mais de rien Maxou. »

Max : « On peut peut-être précisé que le sureau yèble attire beaucoup les Insectes. C’est pratique pour faire l’insectologie. »

Léo : « Surtout qu’il couvre de grande surface… Bon, la suite. »

Samuel : « Foto suivante sivouplait ! »

Max : « La punaise verte des feuilles, Lygus (Lygocoris) pabulinus, Miridés. »

Léo : « Là, elle est sur des fleurs en boutons du sureau yèble. »

Max : « La fleur est même pas encore ouverte que les insectes s’y attaquent déjà ! »

Léo : « Les zoms qui cultivent des plantes disent que c’est un ravageur. Avec la punaise verte Nezara viridula… »

Max : « Oui ils râlent toujours les zoms. Les pôôôvres ! Leurs plantes sont attaquées par des zanimos… »

Samuel : « Ils comprennent pas la nature… »

Max : « Ils comprennent rien du tout ! »

Léo : « Foto suivante sivouplait ! »

Samuel : « Mais non ! C’est moi qui le dis ! »

Léo : « Pardon petit Sam. »

Samuel : « Ben oui ! Vous connaissez tout et vous discutez tous les deux ! Alors il faut me laisser un rôle dans cet article quand même ! »

Léo : « Et ton rôle consiste à demande la foto suivante sivouplait ? »

Samuel : « Ouiiii 🙂 »

Max : « D’accord. »

Samuel : « Foto suivante sivouplait ! »

Léo : « Le gendarme, le suisse, la punaise rouge, la punaise au corps de feu… »

Max : « Pyrrhocoris apterus, Pyrrochroidés. »

Léo : « L’ami des jardiniers. »

Samuel : « Ah bon ? Pourquoi ? »

Max : « Il s’attaque pas aux plantes cultivées. Il aime surtout les tilleuls et les Malvacées. Alors il abîme un peu les roses trémières et les lavatères mais pas trop quand même. »

Léo : « Et puis il mange parfois des œufs ou des larves d’autres insectes. »

Max : « Dont des ravageurs. »

Léo : « Qui peuvent plus ravager. »

Max : « Et le jardinier est content. »

Léo : « Précisons que les gendarmes recherchent la lumière. »

Max : « Et qu’ils sont grégaires. »

Léo : « Alors ils se déplacent en groupe, au fil de la journée, pour rester au soleil. »

Samuel : « D’accord. Bon, on va envoyer un courrier à tous les zoms qui ont des jardins pour qu’ils adoptent des gendarmes. Comme ça ils auront plus de ravageurs et ils ronchonneront plus. »

Max : « Bonne idée petit Sam. Écris un rapport à Princesse, elle enverra les crieurs publics. »

Samuel : « Je veux bien écrire le rapport mais tu le signeras cousin Max. Princesse me connaît pas moi. »

Léo : « Vous réglerez vos problèmes de rapport à Princesse plus tard. On continue. »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Encore un grand classique. Le syromaste marginé, Coreus marginatus, Coréidés. »

Léo : « Encore un pauvre insecte détesté par les jardiniers. Il s’attaque à la rhubarbe, à l’oseille et aux cucurbitacées… »

Max : « Les jardiniers sont incultes. Tout le monde sait bien qu’en utilisant la technique du compagnonnage botanique le problème est presque réglé. »

Samuel : « C’est quoi le compagnonnage botanique cousin Max ? »

Max : « C’est quand on plante des végétos répulsifs à côté des plantes cultivées. Là, pour les Cucurbitacées on peut planter la menthe, l’herbe aux chats, du Nasturtium ou des œillets d’Inde. Comme ça les syromastes viennent pas. »

Samuel : « Tu connais ça toi ? »

Max : « Vous me prenez pour un inculte mais moi aussi j’étudie ! »

Samuel : « On t’a jamais pris pour un inculte cousin Max ! C’est pas vrai ! On sait que tu aimes polissonner et que tu ronchonnes parfois mais tu es pas inculte ! »

Max : « Vous allez pas recommencer à dire que je ronchonne ! »

Léo : « Non non 🙂 Samuel… »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Ah oui… Celui-là on sait pas qui c’est… »

Léo : « On connaît sa famille : les Élatiridés. »

Max : « Ils ont une particularité rigolote. »

Léo : « Ils ont comme un ressort sous le ventre et ils s’en servent pour sauter. »

Max : « Mais c’est tout ce qu’on a à dire… »

Samuel : « D’accord. Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « On est bêtes ! On aurait dû profiter qu’on savait pas quoi dire sur le précédent pour parler des Coléoptères ! »

Léo : « C’est vrai ! »

Samuel : « Moi je sais ! Moi je sais ! »

Léo : « Petit Sam, nous t’écoutons. »

Samuel : « Il faut reprendre au début. Ce sont les zanimos qui ont une cuticule, trois paires de pattes articulées, une tête, un thorax et un abdomen et souvent des ailes. Ceux qu’on a décidé d’appeler Arthropodes Insectes parce que si on donne tous les critères à chaque fois c’est trop long. Bon, les Insectes… Et particulièrement ceux qui ont deux paires d’ailes. Il en est qui ont la paire d’ailes antérieures tout dure. Elles servent pas à voler ces ailes là. Elles protègent les petites ailes membraneuses qui elles, servent à voler. Les ailes dures leur servent d’étui. Or, d’après bonome, étui se dit Koléos en grékancien. Et ailes se dit Ptère ou quelque chose comme ça. Du coup, on appelle ces Insectes les Coléoptères, littéralement ceux qui ont des ailes en étuis. »

Léo : « Bravo petit Sam ! Bravo ! »

Max : « Il a dit ‘bonome’. Et il a parlé grékancien ! »

Léo : « Signes qu’il s’intègre parfaitement, notre petit cousin Canadien. »

Samuel : « Je suis pas encore un grand naturaliste comme vous. »

Léo : « Tu progresses chaque jour Samuel. »

Max : « Tu nous auras bientôt rattrapés. »

Samuel : « Si j’étudie beaucoup. J’ai du retard en géologie… On revient à notre Insecte ? »

Léo : « Revoyons les fotos… »

Max : « C’est un ‘ne profite jamais’. »

Léo : « Saproblague ? »

Max : « Un peu 🙂 C’est une malachie. Et mal acquis ne profite jamais 🙂 »

Léo : « Saproblague ! »

Max : « Bon, d’accord, je l’admets 🙂 La malachie élégante ou Malachius elegans de la famille des Mélyrides est un petit insecte mignon qui se nourrit essentiellement de pollen. On dit qu’il est pollinivore. Il peut également déguster quelques petits insectes de temps en temps… »

Léo : « Quand il est stressé, il libère un produit nauséabond par des glandes situées le long de l’abdomen. »

Max : « Il faut pas embêter les zanimos ! »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Le téléphore fauve, Rhagonycha fulva, Cantharidés. »

Léo : « Et Rhagonycha fulva in copula 🙂 »

Max : « Eux, on les voit presque toujours in copula ! On peut dire qu’ils prolifèrent ! »

Léo : « Ils perpétuent l’espèce Maxou ! »

Max : « Ça c’est sûr ! Elle risque rien l’espèce. »

Léo : « Encore des pollinivores. »

Max : « Et donc des pollinisateurs ! Parce que pour se nourrir de pollen, il faut passer de fleurs en fleurs. Et au passage, le zanimo transporte du pollen qui peut se déposer sur le pistil d’une autre fleur. Il y a pollinisation. Le grain de pollen émet un tube pollinique dans le style, ce qui lui permet d’atteindre un ovule dans l’ovaire. Du coup il peut y avoir fécondation et après il y a des petites plantes. »

Léo : « Max, tu aurais pu terminer ton rappel de botanique. Suite à la fécondation la fleur se transforme en fruits et les ovules se transforment en graines qui contiennent des plantules. »

Samuel : « C’est à dire des bébés plantes ! »

Max : « Et tout ça grâce aux Insectes pollinisateurs ! »

Léo : « Qui meurent à tour de bras à cause des insecticides. »

Max : « On va pas reparler des néonicotinoïdes. Je veux pas. »

Léo : « On dit pas qu’il y a de moins en moins d’Insectes ? »

Max : « Si mes lecteurs ont pas encore compris, ils comprendront jamais ! »

Léo : « Je rappelle quand même que sans les Insectes pollinisateurs les zoms ont plus rien à manger. »

Max : « Oui, si tu veux. Mais tant que leurs assiettes seront pas vides ils comprendront pas. Et là, il sera trop tard. Mais je m’en fiche moi si ils meurent tous ! »

Léo : « Et bonome ? »

Max : « Lui, il se débrouillera. On vit pas 15 milliards d’années si on est pas malin 🙂 »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Un autre Cantharidés. Oedemera flavipes. »

Léo : « Flavipes ou nobilis ? »

Max : « Mmmmm… Flavipes Léo ! Flavipes ! »

Léo : « J’aurais dit Oedemera nobilis moi. Vert pour nobilis, noir pour flavipes. »

Max : « Tu as raison mon Léo ! Oedemera nobilis ! Ben oui ! »

Léo : « Dans les deux espèces le mâle à des grosses cuisses 🙂 Regardez ! »

Max : « Chez l’oedemère ochracé aussi ! »

Samuel : « Lui il est marron ! »

Léo : « Ces trois espèces sont assez proches les unes des autres. On voit la tête allongée en museau et surtout des élytres souples qui s’amincissent et ne recouvrent pas bien les ailes membraneuses. »

Samuel : « Et chez les trois espèces les mâles ont des grosses cuisses 🙂 Fotos suivantes sivouplait ! »

Léo : « Les scarabées ! »

Max : « Léo, tu sais bien que ce mot veut rien dire ! Il est souvent utilisé comme synonyme de Coléoptère. Mais il faut pas. Les Scarabéidés forment une famille de Coléoptères. »

Léo : « La famille la plus diversifiée il me semble. »

Max : « Avec des tas de sous-familles… Là, c’est une cétoine dorée, Cetonia aurata, Scarabéidés, Cétoninés. »

Léo : « Encore un pollinivore. »

Max : « Avec des larves saprophages. »

Léo : « Elles mangent un peu les racines des végétos quand même ! »

Max : « Dis pas ça Léo ! Les jardiniers vont la détester ! »

Léo : « La larve est très intéressante pour faire un bon compost ! Amis jardinier, adoptez des larves de cétoines et vous aurez un bon compost à étaler sur votre jardin ! »

Max : « Ben voilà ! Ça c’est mieux pour faire aimer les zanimos ! Misez sur l’utilisation par les zoms. Parce que les zoms ils peuvent pas admettre un zanimo ou un végéto qui sert à rien. Soit il est bon, soit il est mauvais ! Parler comme ça d’êtres vivants ! Quelle erreur méthodologique ! Quelle indigence intellectuelle ! »

Léo : « C’est sûr qu’il est quasiment impossible de faire comprendre à un non naturaliste que les concept de bien et de mal sont totalement inopérants dans la nature. »

Max : « C’est pourtant ce que nous raconte la Bible ! Dans l’état de nature, pas de bien et de mal ! Et c’est le paradis ! Et un jour, poum ! Le bien et le mal nous tombent dessus et c’est plus le paradis. »

Samuel : « Seriez-vous en train de sous-entendre qu’en ayant une vision du monde dans laquelle le bien et le mal seraient absents on rétablirait le paradis sur terre ? »

Max : « Petit Sam, Léo et moi en avons longuement discuté et c’est une évidence ! »

Léo : « On en reparlera Samuel et tu te rendras compte par toi même. »

Samuel : « Vous pensez qu’on peut supprimer le bien et le mal ? »

Max : « On pourrait petit Sam, on pourrait… »

Léo : « Mais on va pas refaire le débat maintenant. »

Samuel : « D’accord cousin Léo. Fotos suivantes sivouplait ! »

Léo : « Deux autres fotos de cétoines. »

Max : « Elle est très fotogénique la cétoine. »

Léo : « Bonome fait de belles fotos quand même… »

Max : « Tu sais ce qu’il en pense. Avec un bon appareil il ferait VRAIMENT de belles fotos… »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Léo : « La trichie des roses… »

Max : « A ne pas confondre avec la trichie fasciée ! »

Léo : « Ben non, quand même ! »

Max : « Les deux espèces se gavent de pollen ! »

Léo : « Et leurs poils thoraciques s’en couvrent. »

Max : « Du coup elles pollinisent ! »

Samuel : « C’est rigolo. On pourrait croire que les Insectes pollinivores sont embêtants pour les plantes à fleurs, mais non ! Ils leur sont même indispensables ! »

Max : « La nature est bien faite petit Sam. Les plantes à fleurs produisent bien plus de pollen qu’elles en ont besoin. »

Léo : « Du coup la prédation est pas un problème. »

Max : « On parle de prédation dans ce cas là ? »

Léo : « En Petitursie du Sud, oui 🙂 »

Max : « Une bien étrange langue que le petitoursien du sud… »

Samuel : « Foto suivante sivouplait ! »

Léo : « L’altise des mauves, Podagrica fuscicornis, Chrysomélidés, Alticinés. »

Max : « On la trouve presque uniquement sur les mauves… »

Léo : « D’où son nom 🙂 »

Max : « On a pas grand-chose à en dire. »

Léo : « A part que c’est un bien bel Insecte. »

Max : « On pourrait rappeler le cycle de développement des Insectes ! »

Léo : « Oui, parce que je suis pas sûr que nos lecteurs le connaissent. N’est ce pas Coquelicot ? »

Max : « C’est pourtant pas difficile ! Il faut des adultes. Les adultes s’accouplent et la femelle pond des œufs. De l’œuf sort une larve qui va se fixer et s’enfermer dans un cocon. On a alors une nymphe. Dans la nymphe l’insecte se transforme en adulte. Et c’est un adulte qui sort du cocon. C’est pas compliqué ! »

Léo : « C’est parce que les noms changent parfois. Prenons les papillons ou Lépidoptères. Les adultes s’accouplent. La femelle pond des œufs. Des œufs sortent des larves qu’on appelle chenilles. Les chenilles sont phytophages. Un jour elles se fixent et s’enferme dans un cocon. C’est la nymphe. Mais chez les papillons la nymphe s’appelle la chrysalide. Le nom change mais c’est pareil. Et de la chrysalide sort un adulte. »

Max : « Encore ouf qu’on a jamais dit que les adultes sont appelés imagos ! »

Léo : « Et les variations sur ce cycle alors ! »

Max : « On en a parlé pourtant ! Prenons les Odonates. Les œufs sont pondus dans l’eau. Les larves sont aquatiques et sortent pour se transformer en nymphe dans l’air. Et les imagos sont aériens. »

Léo : « On parle de développement holométabole parce qu’il y a les quatre stades du développement et hémimétabole aussi. »

Max : « Ben oui ! Parce qu’il y a changement de milieu de vie au cours du cycle. »

Léo : « Alors que les Lépidoptères sont holométaboles porométaboles. »

Max : « Ils changent même pas de milieu de vie, eux. Ils sont en milieu aérien tout au long de leur vie. »

Léo : « Et chez d’autre Insectes, le petit qui sort de l’œuf ressemble beaucoup à l’imago. »

Max : « Il y a pas de métamorphose. »

Léo : « Alors on parle de développement amétabole. »

Max : « C’est quand même pas difficile ! »

Samuel : « Ben… Je voudrais pas avoir interro tout de suite quand même… Je comprends bien le développement en quatre stades ! Œuf, larve, nymphe et imago. Je vois bien les changements de milieux de vie et la disparition de la nymphe. Mais c’est le vocabulaire. Les térotoboles et tout ça… »

Léo : « Je vais te faire une fiche. Tu verras, c’est pas difficile. »

Samuel : « D’accord. Merci cousin Léo. Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Le clytre des saules… Encore un zanimo que bonome a fotoé des milliers de fois. »

Léo : « Il se sauve pas. Au pire, il se laisse tomber. Poum le clytre ! »

Max : « La plupart des zoms le prennent pour un Coccinélidés ! »

Léo : « Alors qu’on voit bien que c’est un Chrysomélidés ! »

Max : « Ça saute au yeux ! »

Léo : « Clytra laeviscula, Chrysomélidés, Clytrinés. »

Samuel : « C’est tout ce que vous avez à en dire ? »

Léo : « Ben … »

Max : « A part qu’il vit surtout sur les saules… »

Samuel : « D’accord. Foto suivante sivouplait ! »

Léo : « Les Diptères ! »

Samuel : « Je refais pas tout… Les Diptères sont des Insectes qui ont une seule paire d’ailes. L’autre est transformée en balanciers qui servent à l’équilibre. Ce sont des petites boules au bout d’un petit pédoncule. »

Max : « On le voit pas souvent sur les fotos. »

Léo : « Là, on a affaire à une famille rigolote : les Syrphidés. »

Max : « Les syrphidés aposématisent ! »

Léo : « Ils ont des rayures jaunes et noires. »

Max : « Alors les zoms les prennent pour des guêpes ! Pfff ! Des guêpes ! N’importe quoi ! »

Léo : « Dites les zoms, vous voulez pas ouvrir les yeux de temps en temps au lieu d’avoir peur d’un petit machin comme ça ! »

Max : « Surtout que celui-là fait partie de ceux qui sont capables de vol stationnaire. Ils sont rigolos. »

Léo : « Lui, c’est le sphaerophore noté. Sphaerophora scripta, Syrphidés. »

Max : « Encore un pollinisateur ! »

Léo : « Mmmm… Maxou, tu connais le mimétisme batésien ? »

Max : « Batésien ? »

Léo : « Oui, batésien. »

Max : « Non, je connais pas. »

Léo : « Ben, c’est le vrai nom pour ce qu’on appelait le mimétisme aposématique. L’aposématisme c’est quand les zanimos ont les couleurs de zanimos dangereux. Cependant on dit pas mimétisme aposématique mais mimétisme batésien. »

Max : « Alors on peut dire que les Syrphidés sont les spécialistes du mimétisme batésien. »

Léo : « On peut le dire 🙂 »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Léo : « Le syrphe du groseillier ! »

Max : « Syrphus ribesii, Syrphidés. »

Léo : « Même que c’est un mâle. »

Samuel : « Comment tu sais cousin Léo ? »

Léo : « Ses yeux. Ils se touchent. Chez la femelle il y a un front jaune entre les yeux. »

Max : « Il a les yeux qui se touchent alors que bonome il a les fils qui se touchent 🙂 »

Léo : « Max, dis pas du mal de bonome. »

Max : « Maiiiis ! Je dis pas du mal ! Je plaisante ! »

Léo : « Il a pas les fils qui se touchent ! »

Max : « On en discutera plus tard… »

Samuel : « Des fois, le chevalier il va pas bien dans sa tête quand même. Cousin Max a un peu raison. »

Léo : « Foto suivante ! »

Max : « Un éristale ! »

Léo : « On reconnaît pas les différentes espèces d’éristales… Tenax, pertinax… »

Max : « Mais on sait que leurs larves sont aquatiques. »

Léo : « Si elles sont abondantes dans l’eau c’est qu’elle est de mauvaise qualité biologique. »

Max : « Les larves des autres zanimos résistent pas à la pollution alors celles qui sont plus résistantes, comme celles des éristales, sont plus nombreuses. »

Samuel : « Il y a 4 formes dans le développement des éristales ? »

Léo : « Oui petit Sam. »

Samuel : « Alors c’est un développement holométabole. Et comme la larve se développe sous l’eau on peut dire qu’il est aussi hémimétaboles. »

Léo : « Bravo petit Sam ! »

Max : « Et sans les fiches de Léo ! C’est bien la preuve que c’est pas difficile. »

Léo : « Max, oublie pas que Samuel est très doué. Il retient tout très vite. Tu te souviens de tous les zoisos au Royaume des Paons ? »

Max : « Il avait retenu toutes les espèces d’Anatidés au fur et à mesure 🙂 »

Samuel : « C’est parce que ça m’intéresse. On retient mieux quand on est intéressé. »

Léo : « C’est vrai petit Sam. »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Léo : « L’éristale des fleurs, Myatropa florea, Syrphidés. »

Max : « Vous le confondriez avec un Hyménoptère à aiguillon, vous ? »

Samuel : « Une guêpe ou une abeille ? »

Max : « Oui. »

Samuel : « Ben non ! Il ressemble à une mouche ! »

Léo : « Ben oui. C’est une mouche ! »

Max : « Mais les zoms voit des rayures jaunes et noires alors ils ont peur. »

Léo : « L’éristale des fleurs s’approche assez peu des habitations il me semble. »

Max : « Ils auraient peur quand même… »

Léo : « C’est la preuve que le mimétisme batésien fonctionne bien 🙂 »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Ces fotos permettent pas vraiment l’identification mais je les aime bien. »

Léo : « Bonome est doué. »

Max : « Oui Léo. Mais si tu lui dis il va encore ronchonner. »

Léo : « Il sait pas recevoir de compliments ce bonome. »

Samuel : « C’est bien la preuve qu’il a les fils qui se touchent 🙂 »

Léo : « Samuel, mon petit Sam, cher petitours blanc… SI TU CONTINUES À DIRE DU MAL DE BONOME JE TE RENVOIE EN LAURENTIA À COUPS DE PATTES AUX FESSES ! »

Max : « Tiens Léo s’énerve. »

Samuel : « 🙂 C’est même pas possible ! C’est trop loin la Laurentia 🙂 »

Max : « Tu renverrais petit Sam ? »

Léo : « Ben non. Mais je veux pas que vous disiez que bonome a les fils qui se touchent. En plus tu l’appelles le grand dadais maintenant. »

Max : « C’est affectueux Léo. Moi aussi je l’aime mon bonome. »

Samuel : « Mais si ça te fait de la peine je dirai plus. »

Léo : « Mon petit Sam, je m’en voudrais de limiter ta liberté. »

Samuel : « Je suis libre de plus le faire 🙂 »

Max : « Il y a d’autres fotos de cet insecte. »

Léo : « La volucelle zonée, Volucella zonaria, Syrphidés. »

Samuel : « Ses yeux se touchent. C’est un mâle ? »

Max : « Oui Samuel. »

Samuel : « Alors on peut dire qu’il y a un dimorphisme sexuel chez les insectes aussi. »

Max : « Pas chez tous. Mais ça peut arriver. »

Samuel : « Foto suivante sivouplait ! »

Max : « La mouche verte, ou lucilie. »

Léo : « A ne pas confondre avec la mouche bleue. »

Max : « Elles sont pas du tout pareilles ! »

Léo : « Ben non ! La mouche bleue est bleue alors que la mouche verte est verte. »

Max : « En vrai, il y a plusieurs espèces de mouches vertes. Elles appartiennent au genre Lucilia. »

Léo : « Mais pour les distinguer il faut les disséquer et étudier leurs génitalia. »

Samuel : « Les génitalia ? »

Max : « Les organes reproducteurs. Il y a que ça qui changent entre les deux espèces. »

Léo : « Comme on dissèque pas les zanimos on sait pas bien les génitalia des lucilies. »

Max : « Alors on dit que c’est lucilia sp. et c’est suffisant. »

Samuel : « C’est la première vraie mouche de tous les Diptères qu’on a présentés. »

Max : « C’est pour ça qu’il faut dire Diptères et pas mouches. »

Léo : « Même si les Diptères comprennent les mouches. »

Samuel : « Cousin Léo, tu ferais pas de l’essentialisme là ? Tu parles des Diptères comme si ce groupe existait avant de voir les mouches 🙂 »

Max : « C’est vrai qu’il apprend vite notre petit cousin 🙂 »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Léo : « Nous arrivons aux Hyménoptères. »

Max : « On rappelle la classification des Hyménoptères ? »

Léo : « Tu t’en souviens ? »

Max : « Il y a deux sous-ordres : les Symphites et les Apocrites. Seuls les seconds ont une taille de guêpe 🙂 En fait, le premier segment abdominal est entièrement fusionné avec le thorax. Chez les Apocrites il y a deux groupes : les Térébrants qui ont une tarière à la fin de l’abdomen et les Aculéates qui ont un aiguillon. »

Léo : « Bravo Maxou ! »

Samuel : « Là c’est un Hyménoptère, Apocrite, Aculéates. Même que c’est un bourdon. »

Max : « Superfamille des Apoïdés, famille des Apidés. Mais après c’est compliqué. C’est le genre bombus. Je dirais que c’est le bourdon terrestre, Bombus terrestris. Mais il y a d’autres espèces qui lui ressemblent beaucoup alors j’affirme pas. »

Léo : « Chaque année ils reforment une colonie qui vit sous terre. »

Samuel : « On a vu ça en Charentmaritimie, avec une femelle de je sais plus quelle espèce. »

Max : « Oui petit Sam. C’est assez fréquent chez les Apocrites. Soit seuls quelques individus survivent l’hiver et ils reforment une colonie, soit toute la colonie survit, ou presque. »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « Le bourdon fruitier ! Bombus pomorum, Apidés. A gauche c’est une femelle et à droite c’est un mâle. »

Samuel : « Le mâle a un anneau jaune sur le thorax alors. »

Léo : « Et dire que bonome passe des heures parmi les Aculéates et il s’est jamais fait piqer ! »

Max : « Il laisse les Aculéates se poser sur lui, sans réagir. »

Léo : « Un jour il m’a dit qu’il était quand même pas rassuré. Il a peur d’être piqué un jour. »

Max : « Ça va forcément arriver… »

Léo : « Bah, c’est pas bien grave une piqûre. Et il est solide notre grand gaillard. »

Max : « J’espère qu’il est pas allergique. »

Léo : « Lui ? Allergique à la nature ? Pfff ! »

Samuel : « Fotos suivantes sivouplait ! »

Max : « La mouche scorpion ! »

Léo : « L’ordre des Mécoptères. Panorpa vulgaris, Panorpidés. »

Max : « Vulgaris ou communis ? »

Léo : «  D’après les tâches sombres sur les ailes je dirais vulgaris mais c’est pas facile de savoir. »

Max : « Le genre suffit. »

Samuel : « C’est quoi les Mécoptères ? »

Léo : « Ça vient de Mêkos qui veut dire long en grékancien. Parce qu’elle ont une longue tête, en forme de rostre. »

Samuel : « Et pourquoi on dit la mouche scorpion ? »

Max : « Chez le mâle, l’arrière de l’abdomen est recourbé comme la queue du scorpion. »

Léo : « Comme le telson du scorpion Maxou. »

Max : « Oui, ben ça ressemble au bout du scorpion. Mais chez le mâle seulement. »

Samuel : « Donc là c’est une femelle. »

Max : « Eh oui ! »

Samuel : « Elles sont pollinivores également les mouches scorpions ? »

Léo : « Comme on observe les Insectes sur les fleurs, ils sont presque tous pollinivores ou nectarivores. »

Max : « Il y a bien quelques prédateurs… »

Samuel : « D’accord. Foto suivante sivouplait ! »

Max : « On arrive aux Lépidoptères ! »

Léo : « Le ptérophore blanc ! C’est pas tous les jours qu’on en voit. »

Max : « Pterophorus pentadactyla, Ptérophoridés. »

Samuel : « Il est beau ce papillon. »

Max : « Et assez original… »

Léo : « Il y en a deux générations par an. Et c’est la chenille qui hiberne. »

Samuel : « Chez les papillons ça peut être la chenille, la chrysalide ou l’imago qui hiberne. »

Max : « Certains imagos migrent. »

Léo : « Il y a pas de règles… »

Samuel : « Mais ils ont tous réussi à s’adapter : ) Foto suivante sivouplait ! »

Samuel : « C’est un papillon lui ? »

Max : « Un drôle de papillon. »

Léo : « La sésie du pommier. Enfin, il me semble… Synanthedon (Conopia) myopaeformis. Ou alors c’est S. formicaeformis… Pas facile à dire… »

Samuel : « Il a les ailes transparentes ! Normalement les Lépidoptères ont des écailles sur les ailes ! »

Léo : « Petit Sam… »

Samuel : « Je fais une erreur méthodologique, c’est ça ? »

Léo : « Oui. »

Max : « Pas tout à fait. La sésie du pommier a bien quelques écailles sur les ailes. Mais pas beaucoup. »

Samuel : « Alors tous les Lépidoptères ont pas des écailles… »

Léo : « On a pris l’habitude de présenter rapidement les ordres d’Insectes, souvent en utilisant un seul critère. Mais il y en a toujours plusieurs. La présence d’écailles sur les ailes est pas le seul critère pour être un papillon. »

Max : « Mais si on donne tout, c’est trop long et trop compliqué. »

Léo : « Et on sait pas tout nous. »

Samuel : « Il faut toujours faire attention alors. D’accord. Fotos suivantes sivouplait ! »

Léo : « On arrive aux Rhopalocères… »

Max : « Les papillons de jour… »

Léo : « Ça tombe bien, je fatigue un peu moi. »

Max : « Si je me souviens bien on a rien vu de rare. On les a déjà tous présentés ces Rhopalocères. »

Léo : « Je propose qu’on dit qui c’est le papillon et c’est tout. »

Max : « On finit par un diaporama de Rhopalocères ? »

Samuel : « Oui, l’article est déjà très long. »

Max : « Mais lecteurs doivent en avoir assez…. Léo, ta proposition est acceptée ! »

Léo : « Je remets les deux fotos… »

Max : « Le thécla du chêne (Neozephyrus quercus) et le thécla de l’orme (Satyrium W-album). Ce sont des Lycanidés. »

Léo : « Le demi-deuil, Melanargia galathea, Nymphalidés, Satyrinés. »

Max : « Le myrtil ! Maniola jurtina, Nymphalidés, Satyrinés. »

Léo : « Le paon du jour ! Inachis Io, Nymphalidés, Nymphalinés. »

Max : « La carte géographique ! Araschnia levana, Nymphalidés, Nymphalinés. »

Léo : « Robert le diable ! Polygonia C-album, Nymphalidés, Nymphalinés. »

Max : « Bon ben voilà. On a terminé. »

Léo : « Ça t’a plu petit Sam ? »

Samuel : « Oh oui ! C’était bien la leçon d’Arthropodologie ! Rholala ! Qu’est ce que vous connaissez comme choses ! »

Léo : « Pas tant que ça… Imagine un peu ce qu’aurait pu raconter bonome ! »

Max : « Oui, ben on aurait mis 6 mois à graver cet article ! »

Léo : « Là c’était pas mal. »

Max : « Mais surtout c’est fini ! Je vais au lit moi. »

Léo : « Moi aussi ! »

Samuel : « Ben oui ! »

Max : « BONOME ! ON VA SE COUCHER ! TU NOUS FAIS NOTRE CÂLIN DU SOIR ? »

Le chevalier : « Vous avez fini votre article ? »

Max : « Ben oui ! Une affaire rondement menée 🙂 »

Le chevalier : « Je vous porte au lit. Je lirai après. »

Il nous a mis au lit tout doucement, sans nous brusquer. Puis il nous a raconté une belle histoire en nous grattant le front. Samuel s’est endormi le premier, tout serré contre Léo. Léo dit rien jamais. Il se plaint pas d’avoir un petit cousin collé à lui toutes les nuits. Même si il dort mal parfois. Il s’est endormi mon Léo, avant la fin de l’histoire. Il faut dire que parfois, petit Sam est étrange 🙂 Là, alors qu’il dormait déjà, il s’est mis à gratouiller le front de Léo. Léo s’est mis à ronronner. Mais pas longtemps. Il s’est endormi le sourire aux lèvres. Moi j’ai pas traîné non plus. Je sais que bonome nous a fait notre bisou de bonnuit. Même si on dormait déjà.

Voilà Princesse pour l’Arthropodologie du Royaume des Bernaches. On se retrouve très vite pour les petits zoisos. Avec Arthur 🙂

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

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