151 – L’Île Où On Va à Pieds

Mercredi 12 Avril, An IV

Max : « Bonome, à quelle heure on va sur l’Île ? »

Le chevalier : « La marée descend. Nous allons bientôt pouvoir y aller. »

Max : « On se prépare ? »

Le chevalier : « Vous avez juste à enfiler vos sacados. Il n’y a pas urgence. »

Max : « On pourrait partir maintenant et tu t’arrêterais à la taverne de bord de mer pour te caféiner pendant qu’on regarderait les Laridés… »

Le chevalier : « On pourrait faire ça 🙂 »

Max : « Alors on y va ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Je saute dans mes chaussettes et on y va ! »

Plus tard, sur l’Île Où On Va à Pieds…

Le chevalier : « Dites mes petizours et si nous restions sur le chemin plutôt que d’aller sur l’estran ? »

Max : « On va pas voir la mer ? »

Le chevalier : « Nous la verrons depuis le chemin. »

Léo : « On verrait d’autres zoisos que les zoisos de mer. »

Samuel : « Des passereaux… »

Max : « Les zoisos de l’intérieur de l’Île… Pourquoi pas ? Si Samuel et Léo sont d’accord. »

Un peu plus tard…

Max : « On voit pas des zoisos ! On a aperçu un merle mais il s’est sauvé ! »

Léo : « Max ! On vient de commencer ! Tu vas pas ronchonner tout de suite quand même !! »

Max : « C’est pas de ma faute si on voit pas de zoisos ! »

Samuel : « Cousin Max, ça suffit ! Regarde un peu cette vue ! »

Max : « C’est l’endroit préféré de bonome 🙂 La Fontaine des Insurgés… »

Léo : « Samuel, il faut savoir que les Insurgés sont les prisonniers de la Commune de Paris. C’était la guerre entre les parisiens et d’autres parisiens juste après la guerre contre les allemands de Bismarck. »

Max : « Il y a eu Maxime Lisbonne et Louise Michel. Des amis de bonome. »

Léo : « Il nous a lu le Banquet des Affamés de Didier Daeninckx qui raconte la vie de Maxime Lisbonne. C’était un drôle de personnage ce Maxime. »

Max : « Deux fois condamné à mort ! »

Léo : « Envoyé au bagne de Nouvelle Calédonie ! »

Samuel : « Vous me raconterez tout ça dans la cabane. Pour le moment on zoisote. »

Max : « Oui Sam ! »

Léo : « Regardez la belle plante à fleurs ! »

Max : « Tu connais cette jolie plante bonome ? »

Le chevalier : « C’est un iris. Genre Iris, famille des Iridacées… Quant à l’espèce… Groupe des iris barbus… Peut-être Iris x germanica… »

Léo : « Pourquoi x germanica. C’est quoi ce x ? »

Le chevalier : « Il indique que c’est un hybride. »

Max : « Un hybride ? Alors c’est pas une espèce ! »

Le chevalier : « C’est vrai Maxou. D’autant plus que l’iris germanique est stérile. »

Léo : « Explique nous un peu l’iris germanique bonome. »

Samuel : « Nous t’écoutons. »

Le chevalier : « Il résulte du croisement entre Iris pallida et Iris varietaga. Ces deux espèces n’ont pas le même nombre de chromosomes. I. pallida en a 24 alors que I. varietaga en a 20. L’hybride en a 44. »

Max : « Les chromosomes se sont additionnés ? »

Le chevalier : « On peut le dire comme ça. Et il est stérile. »

Max : « Bah… Avec 44 chromosomes au lieu de 24 ou 20, forcément… »

Le chevalier : « Mais il peut se reproduire par son rhizome. »

Max : « Un rhizome est une tige souterraine vivace Samuel. »

Samuel : « Merci cousin Max. »

Léo : « La multiplication végétative est pas vraiment une reproduction… »

Le chevalier : « Si ! Au contraire Léo. Si on regarde le mot ‘reproduction’, il indique qu’on produit de nouveau. Sous-entendu la même chose. La multiplication végétative donne réellement la même chose ! Les individus obtenus de la sorte sont vraiment identiques génétiquement. Alors qu’avec la reproduction sexuée, l’individu obtenu est un mélange des allèles des parents. »

Max : « C’est très intéressant tout ça mais c’est quand même pas des zoisos… »

Léo : « Bonome, tu vas prendre le chemin qui coupe l’Île en deux ? »

Le chevalier : « Oui Léo. »

Léo : « On va passer devant la petite mare alors… »

Max : « On va surtout passer à la ferme aquacole qui vend du café ! »

Le chevalier : « Oui Maxou 🙂 »

Max : « Caféinomane ! »

Léo : « Il y a un petit bosquet d’arbres juste avant la ferme. »

Max : « On y arrive… Aloooors… »

Samuel : « Il y a un étourneau sansonnet ! »

Samuel : « Ils sont beaux les étourneaux. »

Max : « Tous les zoisos sont beaux petit Sam… »

Léo : « Bonome, tu as eu les chardonnerets et les linottes ? »

Le chevalier : « Non… Je suis un peu lent aujourd’hui… »

Léo : « Les zoisos sont très agités… »

Max : « Ça ira mieux après tes trois cafés bonomou. Allez, on va à la taverne. »

Un peu plus tard…

Léo : « Tiens ! Un chevalier guignette ! »

Max : « On en voit souvent ici. Juste sur ce ponton. Les zoisos ont leurs habitudes… »

Léo : « Là, c’est le chevalier guignette. Un peu plus loin, il y a le petit canal. Martin a l’habitude de passer à toute vitesse au dessus de ce canal. »

Max : « On a à peine le temps de le voir. »

Léo : « Ici il mérite bien son nom de flèche bleue 🙂 »

Max : « C’est un Martin pressé 🙂 »

Léo : « Là-bas, sur le chemin, on va voir les crécerelles qui mulotent… »

Max : « A côté de la statue de la Vierge il y a toujours des passereaux… Un jour on a même vu une famille de perdrix grises… »

Léo : « A force, on sait qui on va voir 🙂 »

Max : « Là par exemple, sur les rochers ici, on va peut être voir une bergeronnette grise… »

Samuel : « Tu as raison cousin Max ! Elle est là ! »

Max : « Ben oui ! Sur ce platier rocheux un peu en hauteur on en voit souvent. Avec des étourneaux et des pipits maritimes… »

Léo : « Vers la Passe aux Filles, l’hiver, il y a des bernaches cravants… »

Max : « Et des pluviers argentés… »

Samuel : « Dites donc, vous connaissez bien les zoisos de l’Île, rholala ! »

Max : « Ben oui ! On vient souvent 🙂 »

Léo : « Chut ! J’entends un chant un peu inhabituel… Mmmmm… Bonome, ce serait pas le chant de l’alouette des champs ? »

Le chevalier : « Il me semble bien… »

Max : « Zutalor ! Les alouettes ont les entend mais on les voit pas… »

Léo : « Pas sûr Max. Les mâles chanteurs se montrent pour trouver des femelles… Observons bien… »

Le chevalier : « Il est là… »

Léo : « VU ! »

Samuel : « Vu aussi ! »

Max : « Euh… Où ça ? Ah oui ! VU ! »

Max : « Il fait son vol acrobatique ! »

Léo : « Oui, c’est comme ça qu’il drague ! Il vole en chantant puis il pique et il recommence. Et ensuite il se pose pour chanter. Il est très long le chant de l’alouette. »

Max : « C’est pas comme la mésange charbonnière. Elle, elle fait pi-iou pi-iou pi-iou… Ou alors pipiiou pipiiou pipiiou… Elles m’énervent quand elles font ça juste devant la fenêtre de la chambre à partir de 6h le matin ! On peut même pas dormir ! »

Samuel : « Cousin Max, je pensais que tu aimais bien les zoisos… »

Max : « Ben oui, mais elles m’embêtent ! J’aime bien faire la grasse matinée moi. Pas me réveiller à 6h ! »

Léo : « Le matin, il y a les merles aussi. J’aime bien les entendre. »

Max : « Ils sont plus mélodieux. Ça réveille pas comme les charbonnières… »

Samuel : « Cousin Léo, tu veux bien imiter la mésange charbonnière et l’alouette des champs s’il te plaît. »

Léo : « Max va me gronder si j’imite les zoisos. »

Max : « Non Léo, je vais pas te gronder. C’est quand tu sifflotes dans ton sommeil que ça m’énerve. Le Léo qui sifflote nuitamment, les mésanges qui me réveillent à 6h du matin… Quand je vous dis qu’on peut pas dormir dans cette cabane. Je rêve de me lever à 14h du matin… »

Samuel : « Pauvre cousin Max… Cousin Léo, tu peux siffloter 🙂 »

Samuel : « Rholala ! Tu les imites drôlement bien dis donc. Tu voudras bien m’apprendre s’il te plaît ? »

Max : « Bonome, tu veux bien me faire un lit monoplace et une autre chambre, loin de celle des siffloteurs. »

Léo : « On va te faire une chambre aux cabinets 🙂 »

Max : « Alors c’est vous qui m’empêchez de dormir et c’est moi qui devrais dormir aux cabinets ?! »

Léo : « Mais non Maxou. Tu restes avec nous et c’est pas négociable. »

Samuel : « En avançant on a fait le tour de l’alouette 🙂 »

Max : « Tu peux la fotoer encore s’il te plaît bonome ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Max : « Merci bonomou 🙂 On arrive en territoire faucon… »

Léo : « Oui. Il mulote… »

Max : « Bonome va encore faire 300 fotos… »

Le chevalier : « J’aime bien:) Et c’est assez facile puisqu’ils restent en vol strationnaire lorsqu’ils mulotent… »

Léo : « Tu as fais un très belle série de fotos la dernière fois… »

Le chevalier : « Sous entendrais-tu que celle ci sera moins bien ? »

Léo : « Il était plus bas et plus près… C’est pas ta technique qui est en cause bonome. Mais quand le sujet est plus loin, les fotos sont moins bien. »

Le chevalier : « Ta logique est implacable mon Léo. »

Max : « On va où maintenant ? »

Léo : « Ben Maxou ! On va prendre la route qui coupe l’Île en deux pour aller à la mare ! »

Max : « Voir si il y a la douve du foie 🙂 Bonome, n’oublie pas de boire l’eau croupie de la mare pour héberger les douves du foie. »

Le chevalier : « Je ne suis pas bête à ce point quand même ! »

Max : « Tu as fait les analyses ? Pour savoir si tu t’es contaminé en goûtant le cresson des fontaines ? »

Le chevalier : « C’était il y a des années ! J’aurais déjà développé les symptômes ! »

Max : « Parce que tu es docteur maintenant ? Tu connais les symptômes de la distomatose hépatique ? »

Le chevalier : « Max, je te remercie de prendre soin de moi, mais tu es quand même étrange. Tu ne t’inquiètes de ça que tous les 6 mois environ. »

Léo : « Le reste du temps il y pense pas. »

Samuel : « Il s’en fiche de ton foie le reste du temps. »

Max : « Pfff ! Tiens, c’est quoi ces jolies fleurs blanches dans la mare ? »

Max : « Tu la connais bonome ? »

Le chevalier : « Vue d’ici je dirais que c’est la renoncule aquatique : Ranunculus aquatilis, Renonculacées. »

Max : « Encore une Renonculacée ? C’est vraiment une grande famille… »

Samuel : « Il y a des zoisos… Une linotte mélodieuse et… un chardonneret élégant ! »

Max : « Ben oui. Ils viennent souvent ici. C’est un peu leur taverne. Ils boivent un peu, discutent ensemble, mangent quelques insectes… Et ils retournent chez eux. Hoplà ! »

Léo : « La mare va bien. »

Max : « On peu continuer alors. »

Samuel : « Attendez ! J’ai vu un insecte ! Là ! »

Léo : « Il est poilu. C’est un Insectus pillosus ? »

Max : « Il ressemble un peu à la cétoine dorée. Ou au drap mortuaire. Bonome, c’est un Scarabéidé Cétoniné ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. Belle diagnose 🙂 »

Max : « J’aime bien l’insectologie 🙂 Tu le connais celui-là ? »

Le chevalier : « Mmmmm… Tropinota hirta. Enfin, peut-être… »

Max : « Tropinota hirta. D’accord. On vérifiera quand même. Il a pas un nom vernaculaire ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas… »

Max : « Tu sais pas ? Alors tu connais le nom scientifique compliqué que personne d’autre connaît et tu connais pas le nom vernaculaire ! Ben ça alors ! »

Léo : « On a qu’à dire que c’est la cétoine poilue 🙂 »

Samuel : « La cétoine marron poilue. »

Max : « On dit rien du tout ! On continue ! »

Samuel : « Tu sais ce qu’on va voir cousin Max ? »

Max : « Petit Sam ! Tu devrais savoir qu’on ne sait jamais ce qu’on va voir au Pays des Zoisos ! »

Samuel : « Mais tu connais bien l’Île… »

Max : « Là-bas, dans le bosquet, on a déjà vu des moineaux, des pigeons, des verdiers… Et dans le chemin derrière on a pu observer une petite famille de perdrix grises. Mais ça veut pas dire qu’on va les revoir encore… »

Léo : « J’entends déjà les moineaux 🙂 »

Max : « Il y a toute une petite troupe… Alors… »

Léo : « Bonome ! Regarde celui-là ! »

Max : « Il a la calotte blanche ! Et du blanc sur les ailes… »

Samuel : « C’est pas habituel… »

Max : « Bonome, c’est un vieux zoiso aux cheveux blancs ? »

Le chevalier : « Non Max. »

Max : « Pourquoi il a du blanc alors ? »

Le chevalier : « Problème de pigmentation. C’est un individu leucique. »

Max : « Ah oui ! On a déjà vu des colverts leuciques… Toi tu as des poils blancs dans ta barbe 🙂 »

Léo : « Mais tu es pas leucique. »

Max : « Non. Il est vieux 🙂 La bonne nouvelle est que tu auras pas de cheveux blancs. »

Le chevalier : « Comment le sais-tu ? »

Max : « Bonome, à la vitesse à laquelle tu les perds, ça fera longtemps que tu en auras plus quand ils devraient être blancs 🙂 »

Le chevalier : « D’accord… »

Samuel : « Cousin Max, tu es pas gentil avec le chevalier. »

Max : « Mais je rigooole oulala ! Dis bonome, il faudra bien mettre ta casquette quand tu auras la calvitie 🙂 »

Léo : « Chut ! Bougez plus ! Bonome, fotoe vite ! »

Max : « Des perdrix grises ! Perdix perdix, Phasianidés. »

Léo : « Phasianidés ? Je croyais que c’était Gallinacés, Phasianinés. »

Max : « Pfff… Il faudra vérifier… »

Léo : « Mais c’est l’ordre des Galliformes. »

Samuel : « Des perdrix grises ! Tabarnak ! J’en avais jamais vu moi ! »

Max : « Apparemment elles habitent dans le coin… On note. »

Léo : « Vous entendez la tourterelle turque ? »

Samuel : « C’est le chant qu’on entend ? »

Léo : « Oui petit Sam. »

Samuel : « Alors je l’entends. »

Max : « Et moi je la vois… »

Max : « On en voit quelques une ici. Bonome, c’est vrai que ça fait pas longtemps qu’elles habitent en Europe de l’ouest les tourterelles turques ? »

Le chevalier : « Elles progressent vers l’ouest depuis les années 1960 effectivement. »

Max : « C’est une espèce férale ? »

Le chevalier : « On parle d’espèce férale pour une espèce introduite artificiellement qui s’est sauvée et qui prolifère dans son nouvel environnement. Il me semble que les tourterelles turques colonisent seules l’Europe. »

Max : « Comme ça ? Parce que ça leur plaît ? »

Le chevalier : « Je n’ai pas plus d’informations Maxou. »

Max : « Léo, tu vas faire des recherches je suppose. »

Léo : « Si tu veux Max… »

Max : « Tu as pas l’air très attentif… »

Léo : « J’observe les chenilles… »

Max : « FAIS ATTENTION LÉO ! C’EST PEUT-ÊTRE LES PROCESSIONNAIRES DU PIN ! TU VAS ÊTRE TOUT URTIQUÉ ! »

Max : « Et bonome s’approche pour fotoer… »

Le chevalier : « Ce ne sont pas des processionnaires du pin. »

Max : « Tu les connais ? »

Le chevalier : « Non Maxou. »

Max : « Alors comment tu sais ? »

Le chevalier : « Je reconnaîtrais les processionnaires du pin Max. »

Max : « Ben c’est sûr que si tu es tout urtiqué, gonflé et défiguré tu sauras… Tu es pas prudent. Et toi non plus Léo. On s’approche pas des chenilles qui vivent en groupe dans des toiles ! »

Léo : « Tu les connais pas bonome ? »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Quels papillons on a vu ici ? »

Léo : « On fait pas vraiment attention aux papillons quand on vient sur l’Île. On fait surtout la zoisologie et la géologie… »

Max : « Alors on sait pas. D’accord… Quels piètres naturalistes sommes nous ! »

Samuel : « On peut pas tout savoir cousin Max. »

Léo : « Regardez monsieur Merle ! Il a des chenilles dans le bec ! »

Max : « Il doit avoir des petits pas loin… »

Samuel : « Ou alors il va les donner à madame Merle… »

Léo : « Code 6 : Comportement nuptial : parades, copulation ou échange de nourriture entre adultes ! »

Max : « Léo, mon Léo, Léonou… Tu vas nous casser les pattes longtemps avec tes codes atlas ? »

Léo : « Pardon Max. Je révise. Comme ça, ça va plus vite quand on transmet nos observations. »

Max : « Révise dans ta tête ! »

Samuel : « Tu peux me dire tout bas. Moi aussi je veux réviser. »

Max : « Bonome, qu’est ce que tu as vu ? »

Le chevalier : « Là… »

Max : « C’est qui ce zoiso ? »

Le chevalier : « Une perdrix rouge je crois… »

Léo : « Alectoris rufa ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Tu connais la perdrix rouge Léo ? »

Léo : « Elle est dans nos beaux livres de zoisos. Avec la perdrix bartavelle et d’autres encore… »

Max : « Un nouveau zoiso 🙂 Il faudra compter combien on en a vu un jour. »

Le chevalier : « Aux alentours de 200… »

Samuel : « Tout ça ! Tabarnak ! »

Léo : « On en a de la chance 🙂 »

Max : « On comptera quand même… Il faut que je mette à jour mon fichier de zoisos… J’ai trop de travail moi. Je m’en sors plus… »

Le chevalier : « Pauvre Maxou. Tes cousins t’aident quand même ? »

Max : « Oui oui ! Mais on a un seul ordinateur alors on peut pas faire des tâches différentes en même temps. Léo et Sam aiment bien trier et classer les fotos. C’est déjà ça que j’ai pas à faire. Et ils font beaucoup des recherches. On gagne du temps quand on grave. »

Le chevalier : « Mes petizours naturalistes passent leur temps à travailler et sont débordés… »

Léo : « On passe pas notre temps à travailler bonome. C’est pas vrai. On travaille. Mais on chahute aussi. »

Max : « On se chamaille… »

Samuel : « On turbule… »

Le chevalier : « Vous turbulez ? »

Max : « Ben oui. Si tu trouves que nous sommes turbulents c’est parce qu’on turbule. Forcément. Bonome, quand même ! »

Le chevalier : « Forcément 🙂 »

Léo : « On fait la bagarre… »

Max : « Et la sieste. Quand les zoisos viennent pas hurler sous nos fenêtres ! »

Samuel : « Dites, vous connaissez ce zoiso jaune ? »

Max : « C’est un verdier d’Europe petit Sam. Carduelis chloris, Fringillidés. »

Samuel : « C’est un Fringillidé ? Comme la linotte et le chardonneret rigolo alors. »

Max : « Oui petit Sam. L’Île c’est un peu le Royaume des Fringillidés. »

Léo : « Pas aujourd’hui Maxou. Aujourd’hui c’est le Royaume des Phasianidés ou des Phasianinés. Regardez le faisan de Colchide… »

Max : « Phasianus colchicus… C’est la première fois qu’on voit autant de Galliformes d’un coup. »

Léo : « Max, on connaissait deux espèces. Aujourd’hui on les voit toutes les deux à quelques minutes d’intervalles avec la perdrix rouge en plus. Alors, oui. C’est la première fois qu’on en voit autant d’un coup. »

Max : « Tu confirmes que j’avais raison 🙂 »

Léo : « Tu aimes avoir raison Maxou 🙂 »

Max : « J’aime pas avoir tort… »

Après ça, on a plus rien vu d’intéressant. On a recroisé le verdier, les linottes, les tourterelles… Mais il y a rien eu de nouveau. Alors comme la marée nous chassait pas encore, bonome a décidé d’aller un peu sur l’estran rocheux, pour faire la pause et promener. On s’est pochés confortablement et on a profité de la vue en silence. Bonome est allé s’asseoir sur un rocher et il a plus bougé. Tu sais, comme quand il veut faire partie de la nature avec tous les sens en éveil. Alors, en chuchotant, on a appris à Samuel à faire comme lui. Samuel il est très doué pour faire partie de la nature. Il sait bien regarder, écouter, sentir… On a même eu peur qu’il parte dans sa tête… Mais le vent est venu nous raconter de belles histoires et on l’a écouté avec attention. Il connaît vraiment de belles histoires le vent. Tu l’écoutes parfois Princesse ? On est plus pareils après avoir écouté le vent. A la fin de ses histoires il a fait une bourrasque pour nous taquiner. Puis il nous a donné des nouvelles de Tante Yvonne et de Chien. Ils vont bien tous les deux sur leur bateau qui navigue dans le temps.

Voilà Princesse. C’était une belle journée sur l’Île Où On Va à Pieds. Et c’était la fin de notre court séjour en Charentmaritimie. Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade.

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