144-1 En attendant…

Vendredi 10 Février, An IV

Max : « Bonjour bonome. On a t’a laissé dormir longtemps à cause de la marée. On peut pas aller se promener tout de suite. »

Le chevalier : « Bonjour Maxou. Bonjour Léo. C’est gentil, merci. Samuel n’est pas avec vous ? »

Léo : « Il dort encore. Il a pas très bien dormi. »

Max : « C’est un peu ma faute. A cause que j’ai tout pleuré hier soir. »

Le chevalier : « Tu vas mieux ? »

Max : « Ben… Je suis triste parce que Grébu est certainement tout mort maintenant. Mais c’est comme ça la nature. Et on a prié pour lui hier… »

Le chevalier : « Mon pauvre Maxou… Je vais aller voir Samuel… Bonjour mon petit Sam. »

Samuel : « Mmmmm… Bonjour chevalier. »

Le chevalier : « Bien dormi ? »

Samuel : « Un peu tard… Mais… Chevalier, j’ai fait un drôle de rêve ! Il y avait une grande dame… Et un chien… »

Le chevalier : « Une grande dame ? Un chien ? Y avait-il un bateau ? »

Samuel : « Oui. Comment tu le sais ? »

Le chevalier : « Samuel, attends que tes cousins arrivent pour raconter ton rêve. MAX ! LÉO ! VENEZ ICI S’IL VOUS PLAÎT ! »

Léo : « On arrive ! »

Max : « On est là ! »

Léo : « Bonome, pourquoi le paysage est-il tout blanc ? C’est quoi ce tout blanc ? »

Le chevalier : « Le paysage est tout blanc ? Laisse-moi voir… Il a neigé ! On est en Normandie et il a neigé ! »

Max : « C’est la neige le tout blanc ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Léo : « On va aller dans la neige ? »

Le chevalier : « Il va bien falloir… j’espère que nous pourrons chevaucher… »

Max : « On va voir la neige… Ça alors ! »

Léo : « Dis, pourquoi tu nous a appelés ? Samuel est pas malade quand même ? »

Samuel : « Ben non, j’ai pas la maladie. J’ai rêvé. »

Max : « Tu as rêvé ? »

Samuel : « Oui. D’une grande dame qui se promène sur un bateau en compagnie d’un chien 🙂 »

Max et Léo : « TANTE YVONNE ! »

Samuel : « Je crois bien que c’est elle. D’après ce que vous m’en avez dit… »

Max : « Comment elle va ? »

Léo : « Ça fait longtemps qu’elle a pas donné de ses nouvelles… »

Samuel : « Elle va bien. Elle m’a dit qu’elle voulait me rencontrer. Elle était jamais venue dans mes rêves à moi. Alors, pour donner de ses nouvelles, elle est passée par mes songes. Bon, elle va bien. Elle est avec Chien. Vous savez que maintenant ils ont plus besoin de manger. Mais elle fait quand même exprès de laisser traîner du manger pour que Chien puisse le voler. Parce que, si j’ai bien compris, Chien était un coquin qui pensait qu’à manger. Pendant mon rêve, elle a posé un poulet négligemment sur la table. »

Léo : « Et Chien l’a volé ? »

Samuel : « Oui. Il est allé le manger dans un coin du bateau comme si on avait pas vu qu’il l’avait chipé. »

Max : « Elle est où Tante Yvonne ? »

Samuel : « Au Jurassique. Comme on observe souvent le Jurassique, elle a décidé d’aller le voir en vrai. Si je dis pas des erreurs elle navigue le long de la marge nord du jeune océan Téthys. Elle voudrait voir toute son ouverture puis sa fermeture et la formation des Alpes. »

Léo : « Rhooo la chance ! »

Max : « Bonome, on dira à Brindille que Chien va bien. »

Léo : « Tante Yvonne… »

Samuel : « Elle m’a gratouillé le front 🙂 »

Léo : « Parce que tu es un gentil petitours. »

Samuel : « C’est ce qu’elle a dit. Puis on s’est mis à la proue du bateau pour regarder la mer. Le vent a fait une petite tempête pour que les embruns nous fouettent le visage. J’ai bien aimé même si j’avais un peu peur de ploufer. »

Max : « Tu avais un gilet de sauvetage ? »

Léo : « Max, c’est pas la peine. On peut pas se noyer dans les rêves. »

Max : « Dis donc Léo, tu permets que je m’inquiète pour mon petit cousin Samuel ? »

Léo : « Je te permets Max. Mais c’est pas la peine. En plus son rêve est fini. Il est réveillé maintenant. Et il est pas noyé. »

Max : « Bonome, qu’est ce qu’il se passe si on meurt dans son rêve ? On est tout mort en vrai ? »

Le chevalier : « Je ne pense pas Maxou. »

Léo : « Petit Sam, tu as fini de raconter ton rêve ? »

Samuel : « Ben… Après, Tante Yvonne m’a de nouveau gratouillé le front et le vent m’a emporté très loin. Au début j’avais peur mais je me suis habitué et j’ai apprécié la promenade. Vu du ciel le Pays des Zoisos est très beau. Même au Jurassique. Puis le vent m’a déposé sur une belle plage. Je me suis assis et il a fait une bourrasque pour que je tombe. Poum ! Et je me suis réveillé. »

Léo : « La chance… »

Max : « Tu as fait un très beau rêve petit Sam. Et on sait que Tante Yvonne et Chien vont bien. »

Max : « Bien… Bonome… »

Le chevalier : « Nous allons aux Falaises des Hachettes 🙂 Mais je n’en dirai pas plus. A part que la chevauchée va être un peu longue. Un peu plus d’une heure. »

Max : « On part quand ? »

Le chevalier : « Dès que vous êtes prêts. »

Max : « Petitzours, départ dans 10 minutes 00. Préparez les sacados et rassemblement devant la porte. »

On a tout chevauché 🙂 Le paysage était tout blanc. Bonome était très surpris de voir la neige en Normandie. Parce que la mer gèle jamais. Sa température reste vers les 10°C l’hiver. Alors ça réchauffe un peu la côte et du coup, la neige est rare. Bon, là, c’était juste une fine couche de neige. Et elle a pas tellement tenu. Même si il faisait froid… Oulala !

Mais le plus étonnant pendant la chevauchée, ça a été de voir, de loin, un nid de cigognes avec deux cigognes dedans. Ben oui 🙂 Des cigognes en Normandie et en plein hiver ! On a pas pu fotoer à cause qu’on chevauchait. Mais je t’assure qu’on les a vraiment vues en vrai. Maintenant tu sauras qu’on peut croiser des cigognes en hiver en Normandie Princesse.

Et puis on est arrivés au bord de la mer. Bonome a mis son équipement spécial grand froid, avec pantalon imperméable au dessus du pantalon de randonnée. Mais il a pas mis ses gants. Il met jamais ses gants ce bonome. Pfff…

Max : « Tu es prêt bonome ? »

Le chevalier : « Oui, allons-y. »

Max : « Ça t’embête pas si on poche ? »

Le chevalier : « Non, c’est mieux. Le vent souffle fort aujourd’hui et vous risqueriez de vous envoler. »

Léo : « Notre ami le vent est là 🙂 »

Max : « Bonome… »

Le chevalier : « Max ? »

Max : « Mon petit bonome, bonomou… Tu peux me dire comment on va faire pour avancer ? »

Le chevalier : « Nous allons attendre… »

Max : « Et on va faire quoi en attendant ? Du tricot ? »

Léo : « On pourrait étudier la falaise… Regarde ça Max. »

Max : « Un coin de marnes dans des calcaires… Ça commence bien ! Et ben ! Elle est bien rangée cette falaise ! On est à peine arrivés et on constate que les marnes sont intercalées dans les calcaires ! Pfff… et comment on va faire pour remettre ça en place ? »

Samuel : « Cousin Max, pourquoi veux-tu toujours tout remettre en place ? »

Max : « Sinon Princesse va nous gronder ! »

Samuel : « Je connais pas Princesse mais je doute qu’elle nous gronde parce qu’il y a une faille quelque que part en Normandie… »

Léo : « Bien parlé petit Sam 🙂 »

Max : « Bonome, c’est une faille ? »

Le chevalier : « Max, tu devrais le savoir ! »

Max : « Mmmmm Il y a deux blocs. Ils se sont déplacés l’un par rapport à l’autre. Nous sommes donc manifestement en présence d’une faille. C’est tout à fait ça. D’accord. Bien. »

Léo : « Elle affecte des calcaires et des marnes. »

Max : « On voit toujours des calcaires et des marnes… »

Samuel : « On peut étudier un peu ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon petitours. »

Max : « C’est des marnes ça ? »

Léo : « Max, tu vois bien que c’est tout gris ! »

Max : « C’est aussi beige ! Et beige, c’est du calcaire. Du calcaire marneux à la rigueur. »

Samuel : « C’est vrai ça ! Pourquoi c’est tout mélangé ? »

Le chevalier : « C’est effectivement étrange mais l’explication est très simple. Au-dessus des marnes se trouvent des calcaires. Ces calcaires s’effritent et des petits morceaux se déposent tout au long de la falaise, de sorte qu’elle semble entièrement constituée de calcaires. »

Max : « C’est un effet d’optique 🙂 »

Léo : « Bonome, pourrais-tu nous expliquer cette vue ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon petitours. Nous voyons là l’ensemble des formations que nous allons rencontrer cet après-midi. Au premier plan vous voyez des éboulis du Calcaire à spongiaires. A droite, affleurent les Marnes de Port-en-Bessin. Légèrement en haut à droite du centre de la foto il y a une petite falaise beige. Ce sont les Calcaires du Bessin qui recouvrent les Marnes de Port. Puis, au loin, la pointe qui nous barre la route est formée de Calcaires à spongiaires. Vous voyez peut-être une faille légèrement à droite de cette pointe. Les Marnes de Port sont en contact sub-vertical avec les Calcaires à spongiaires. »

Max : « On va voir tout ça ? »

Le chevalier : « Si le temps le permet… »

Max : « D’accord. Bien, mon bonomou, pourrais-tu nous donner l’âge de ces roches ? L’étage, tout ça… »

Le chevalier : « Nous sommes il y a 170 à 168 millions d’années avant nos jours… »

Max : « C’est le matin ou l’après-midi ? »

Léo : « T’es trop bête 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 C’est le Bajocien. »

Max : « Le Bajocien ? Tu expliques le Bajocien s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Le nom vient des Bajocasses, un ancien peuple Celte. »

Max : « C’est tout ? »

Le chevalier : « Oui Max, pour l’instant 🙂 Léo, veux-tu bien donner l’échelle sur le bloc de calcaire à spongiaire s’il te plaît. »

Léo : « J’y vais ! … Ce bloc là ? »

Le chevalier : « Oui, sur la face avant s’il te plaît. »

Léo : « Je vois ! Je grimpe… Voilà ! »

Le chevalier : « Merci mon petitours. »

Léo : « Ce sont des éponges ? »

Max : « Ben Léo ! Le calcaire à spongiaires il contient forcément des éponges ! »

Léo : « Je voulais vérifier ! »

Max : « C’est sage. Philoléo 🙂 »

Samuel : « Philoléo ? »

Max : « C’est son surnom de philosophe 🙂 »

Samuel : « Je connaissais pas encore… »

Max : « Bon… La marée est encore trop haute… »

Léo : « Mais on voit bien là. Alors… La faille entre les Marnes de Port, à droite, et le Calcaire à Spongiaires, à gauche. Des éboulis des Calcaires du Bessin. Et au sol, ce sont les calcaires à spongiaires recouverts de galets… »

Max : « Et si on allait voir de l’autre côté ? »

Léo : « On pourra pas avancer non plus ! »

Max : « Ben oui mais de ce côté on a tout vu ! »

Samuel : « Cousin Max a raison. Allons de l’autre côté. »

Léo : « D’accord petit Sam. »

 

Max : « Tiens, il y a une cascade… et pourquoi il y a des végétos dans cette cascade ? »

Le chevalier : « Je l’avais déjà vue sans me poser les bonnes questions… Vous voyez qu’elle émerge du sommet des Calcaires à spongiaires… Ou du bas des Marnes de Port… Les marnes sont des roches imperméables. L’eau ne les traverse donc pas. A la base des Marnes de Port il existe trois fines couches dures. Elles doivent être en calcaire marneux et sont très dures. J’espère que nous pourrons les étudier plus tard. Je pense que l’eau ruisselle et s’écoule au sommet de ces couches dites Couches de Passage. »

Max : « Et les végétos ? Pourquoi ils sont là ? »

Le chevalier : « Les êtres vivants ont besoin d’eau. Ce n’est pas vraiment une surprise que des végétaux se développent là où il y a une source constante d’eau douce. La particularité de ces mousses, ce sont surtout les mousses, et qu’elles supportent d’être constamment immergées. »

Léo : « Bonome, c’est tout cassé ici. Il faut par rester là. »

Léo : « Les éboulis nous prouvent qu’il y a souvent des éboulements. On pourrait se faire crabouiller… »

Le chevalier : « Tu as raison. Inutile de prendre des risques en restant là. Nous aurons largement l’occasion d’étudier le Calcaire à Spongiaires. »

Léo : « Max, tu vas où ? »

Max : « Dans la grotte ! »

Léo : « Dis, tu écoutes ce qu’on dit ? Tu veux finir crabouillé toi ? ON VA PAS DANS LA GROTTE ! »

Max : « Je vais voir si il y a pas un dragon… Ou des korrigans ! »

Léo : « Il y a des korrigans en Normandie ? »

Le chevalier : « Non, ils vivent tous en Bretagne. Et il n’y a pas de dragon non plus. »

Max : « Comment peut-on savoir si on va pas voir ! »

Léo : « Max, on te dit qu’il y a pas de dragon ! On le verrait si il y avait un dragon ! »

Samuel : « Regardez les belles éponges ! »

Léo : « Oui petit Sam. »

Max : « Bonome, tu connais les espèces ? »

Le chevalier : « Mon petit Max, il y a assez peu de données précises sur le Calcaire à Spongiaires et les Marnes de Port. Je ne connais donc que peu de noms d’espèces. Nous devrons nous contenter des groupes zoologiques ou des familles… »

Max : « D’accord. On saura rien du tout. »

Samuel : « Et si Princesse nous interroge on pourra pas répondre et elle va nous bannir ! Et comme on a pas de dragon on pourra rien dire pour notre défense et on sera jetés hors du Pays des Zoisos. »

Léo : « Et on va errer comme des bêêêêtes 🙂 »

Max (au chevalier) : « Ils se moquent de moi là ? »

Le chevalier : « Nooooon… »

Max : « Ils se moquent de moi ! Mais plus rien les arrête ! Ça suffit maintenant ! Les limites dépassent les bornes ! Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ? Si on les laisse faire c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! »

Léo : « Absolument ! »

Samuel : « Tout à fait ! »

Léo : « C’est certain ! »

Samuel : « C’est inadmissible ! »

Léo : « Intolérable ! »

Samuel : « Il faut sévir ! »

Léo : « Bonome fais quelque chose ! »

Max : « Ils sont bêtes… »

Samuel et Léo : « Ouiiii 🙂 »

Le chevalier : « Je vois que le mauvais temps ne vous dérange pas. »

Max : « Ben non. »

Léo : « C’est vivifiant 🙂 »

Le chevalier : « Tout à fait d’accord 🙂 »

Samuel : « Chevalier, c’est quoi ça ? »

Le chevalier : « Si je dis que c’est une belle trouvaille, très intéressante, Max va encore me parodier 🙂 »

Max : « Médisance ! Honte sur toi grand chevalier ! C’est effectivement une belle trouvaille. (Max prend Samuel par l’épaule et ils s’approchent de la trouvaille.) Tu vois petit Sam, ceci est une géode de calcite. La calcite, de formule chimique CaCO3, est un carbonate de calcium. C’est comme cela que les gens prétentieux qui ont pas d’amis appellent le calcaire. Comme il y a plein de calcaire dans le coin, il y a plein de calcite. Et la calcite est soluble. Elle se dissout dans l’eau. Mais en fait, elle aime pas rester dissoute trop longtemps. C’est pas son style la dissolution à la calcite. C’est trop vulgaire. Elle, ce qu’elle préfère, c’est former de jolis cristaux. Alors, quand elle trouve une belle cavité quelque part, elle recristallise. Mais bien. Pas n’importe comment comme un simple calcaire. Non non ! Elle fait des beaux cristaux. Et après ça donne ça. »

Samuel : « Merci cousin Max. Ça c’était une bien belle explication. Rholala ! »

Max : « A ton service mon petit Sam. Si tu as des questions et que tu veux des réponses que tout le monde peut comprendre, hésite pas à me demander. Si tu préfères rien comprendre du tout, tu peux demander au grand machin qui est là. »

Le chevalier : « C’est moi le grand machin ? »

Max : « Tu en vois un autre ? »

Le chevalier : « Un grand machin… Voilà tout ce que je suis pour toi… »

Samuel : « Chevalier, tu connais cousin Max. C’est un pudique. Il va pas dire tout ce que tu es pour lui. Ça se fait pas en Max. »

Le chevalier : « Un grand machin… »

Max : « Dis donc, grand machin, on retourne là-bas ? »

Le chevalier : « On ne pourra toujours pas passer la pointe… »

Max : « Tu vas bien trouver quelque chose à nous expliquer… »

Le chevalier : « Je vous emmène et je vous laisse explorer un peu pendant que je mange. Puis vous me montrerez vos découvertes et j’expliquerai. Ça vous va ? »

Max : « Les cousins ? »

Léo : « D’accord. »

Samuel : « D’accord aussi. »

Max : « Alors on y va ! »

Léo : « Ben voilà ! On y est en trois enjambées 🙂 »

Max : « On te laisse manger ton sandouich 🙂 »

Un peu plus tard, les petizours reviennent vers le chevalier… 

Max : « Il était bon ton sandouich mon bonome ? »

Le chevalier : « Pas terrible… »

Max : « Tu pourrais t’en faire des bons plutôt que d’en acheter en plastique…

Le chevalier : « Oui Maxou. Avez-vous fait de belles découvertes ? »

Max : « Tu nous diras. Viens, on va commencer par ça… »

Léo : « Tu sais ce que c’est ? »

Max : « Bien sûr qu’il sait ! »

Le chevalier : « Avez-vous formulé une hypothèse ? »

Max : « Aucune ! On suppose rien du tout… »

Le chevalier : « Je vois. »

Max : « Mais on en a déjà vu beaucoup. Hier déjà… »

Léo : « On s’est dit que les lecteurs de Max en avaient peut-être déjà observé eux aussi. »

Samuel : « Où qu’ils en verront… »

Le chevalier : « Ce sont des pontes de buccins. »

Max : « Oui bien sûr. Bah avec ça ils vont être contents mes lecteurs. Oualala ! ‘Tu sais ce que c’est ?’ ‘Oui des pontes de buccins.’ ‘Wouah tu en connais des choses !’ ‘Ben oui ! Et c’est grâce au Blog de Max !’ Le Blog de Max, le seul blog qui vous fait vous trouver encore plus bête après l’avoir lu qu’avant ! Merci bonome ! »

Le chevalier : « Mon petitours, j’adore ton humour 🙂 Tu as le don de faire des critiques acerbes et cinglantes tout en gardant le sourire. »

Max : « Je sais bonome, je sais 🙂 »

Samuel : « On pourrait savoir les pontes de buccins ? »

Le chevalier : « Le buccin est un mollusque gastéropode. On l’appelle bulot dans les plateaux de fruits de mer. C’est en fait le buccin ondé, Buccinum ondatum, Buccinidés. La femelle fécondée peut pondre des centaines d’œufs enfermés chacun dans une capsule nidamentaire. Ces capsules sont soudées les unes aux autres et forment cet amas. En fait, là, les capsules sont vides. »

Max : « Tu as une foto du buccin ondé ? »

Le chevalier : « Nous en trouverons une. »

Le chevalier : « Saviez-vous que ces amas de capsules nidamentaires de buccins ondés sont appelées savon-de-mer par les marins ? »

Max : « Bonome, on savait même pas ce que c’était il y a trente secondes… »

Le chevalier : « Vous ne saviez donc pas. Très bien. Je vous ai donc appris quelque chose, simplement, sans aucun mot compliqué que personne connaît à part moi. Pas mal pour un grand machin 🙂 »

Max : « FAUX ! Capsule nidamentaire ! Tu crois que quelqu’un connaît les capsules nidamentaires ? Tu as déjà entendu quelqu’un parler de capsule nidamentaire ? Demande à tes collègues si ils connaissent. Pour voir… »

Le chevalier : « D’accord… »

Léo : « Pourquoi savon-de-mer ? »

Le chevalier : « Parce que les marins s’en servaient pour se nettoyer les mains 🙂 »

Léo : « Merci bonome. »

Samuel : « Viens voir chevalier… Là… et là ! »

Léo : « A gauche on sait. C’est un œuf de Batman 🙂 »

Max (à Samuel) : « C’est la première blague de Léo au chevalier. Il osait même pas la dire. Il voulait que je le fasse à sa place 🙂 »

Samuel : « Cousin Léo est parfois un peu timide ou réservé. Mais il est rigolo aussi 🙂 »

Léo : « L’œuf de Batman est en fait une capsule d’œuf de raie. Mais je sais pas l’espèce. La petite raie se développe là-dedans. Elle est reliée à une espèce de jaune d’œuf et, quand elle a utilisé toutes les réserves de l’espèce de jaune d’œuf, elle sort de sa capsule et devient une petite raie autonome. »

Le chevalier : « Très bien Léo. Mais on dit vitellus, ou réserve vitelline, à la place d’espèce de jaune d’œuf. L’autre est une capsule d’œuf de roussette. C’est un tout petit requin de la famille des Scyliorhinidés. Vous pouvez voir les prolongements enroulés qui permettent à la capsule de s’accrocher aux algues marines, ce qui lui évite de dériver. »

Léo : « Et ça là-bas ? Viens… »

Le chevalier : « Je vois. C’est intéressant car nous aurons l’occasion d’en rencontrer dans les roches que nous allons étudier. »

Max : « Tout fossilisé ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Léo : « Et c’est quoi ? C’est sur une algue mais c’est pas l’algue. »

Le chevalier : « Non, on parle d’organisme épibionte. Un épibionte est un organisme qui se développe sur un autre. Non, je dis des erreurs, les Bryozoaires ne sont pas toujours épibiontes. Ils peuvent se développer sur des coquilles vides, des rochers… »

Max : « Les quoi ? Les bricozohar ? Qu’est ce que c’est encore que ça ? »

Le chevalier : « Bricozohar 🙂 Pas mal 🙂 Un jour je vous expliquerai ce qu’est le Zohar 🙂 Les Bryozoaires ou Ectoproctes… »

Max : « Ectoprout toi même ! »

Samuel : « Cousin Max, c’est pas ectoprout, c’est ectopropre. Du grékancien Ecto qui signifie autour et propre qui veut dire propre. Les ectopropes sont propres autour mais pas dedans. »

Léo : « Mais non ! Ce sont les hectopotes ! Parce qu’ils sont nombreux, au moins 100 ! D’où hecto, le préfixe qui veut dire 100. Et ils s’entendent bien tous. Ils sont potes. Donc on dit les hectopotes. C’est logique. »

Le chevalier : « Mes petizours sont en forme aujourd’hui. »

Max : « On est toujours en forme. »

Léo : « On déborde d’énergie. »

Samuel : « La fougue de la jeunesse 🙂 »

Le chevalier : « D’accord. Si l’un d’entre vous me fait une remarque du genre : ‘Tu peux pas t’en souvenir parce que c’était il y a 15 milliards d’années’ je le ploufe ! »

Max : « Oulala il est ronchon aujourd’hui ! »

Léo : « Il s’est pas arrêté à la taverne pour boire ses 18 cafés habituels… »

Samuel : « Il est en manque de caféine… »

Max : « Évitons de le contrarier… »

Léo : « Il faut le prendre avec des pincettes… »

Samuel : « Prenons des gants… »

Le chevalier : « Bien bien bien… Laissons donc de côté les Bryozoaires ou Ectoproctes… »

Max : « Ah non ! »

Samuel : « On veut savoir nous ! »

Samuel : « On peut pas rester ignorants ! »

Max : « Bonome, nous t’écoutons. »

Léo : « Sagement. »

Samuel : « Nous sommes attentifs. »

Le chevalier : « Vos plaisanteries nous ont fait perdre du temps. Je ferai donc bref. Max, spécialement pour toi, je vais commencer par l’étymologie. »

Max : « Et voilà ! C’est reparti pour le grékancien… »

Le chevalier : « Ouiiiii 🙂 Bryozoa : du grec Bruon ‘mousse’ et zoon ‘animaux’. Ce sont des animaux à l’aspect moussu. Ectoprocte : Ektos : dehors et proktos : anus. »

Max : « Des zanimos mousse qui ont l’anus dehors… On peut s’asseoir ? Je sens que ça va être long… »

Le chevalier : « Je vais faire simple… Ce sont des animaux fixés pour la plupart. On dit sessiles. Il y a bien quelques exceptions mais elles sont très rares. Le problème est que mes sources se contredisent. La plupart disent que ce sont des colonies d’animaux. Vous voyez des centaines de petites loges. Chacune de ces loges accueillerait un individu appelé zoïde ou zoécie. Les zoécies produisent une loges chitineuse qui la protège en partie. La chitine est une protéine. La même qui constitue la cuticule des insectes. Chez la plupart des espèces, ces loges sont minéralisées par de la calcite. Et l’ensemble de la colonie, le zoarium, édifie petit à petit une construction calcaire. »

Léo : « Et si c’est pas une colonie ? »

Le chevalier : « Il s’agirait alors d’un organisme constitué de centaines d’éléments identiques. »

Max : « Tu peux parler de l’anatomie des zoécies s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Si tu veux Max. Nous mettrons un schéma dans ton blog… »

http://www.auxbulles.com/decouverte-biologie-bryozoaires.html

Le chevalier : « Ces animaux sont assez simples. Ils sont constitués de deux parois cellulaires, comme les éponges, mais il existe des cellules entre ces deux parois. Le tube digestif forme un U. La bouche est entourée de tentacules qui permettent la capture de toutes petites proies. La digestion est en partie cellulaire en partie extracellulaire. Et l’anus s’ouvre à l’extérieur de la loge. D’où le terme d’Ectoprocte. J’ai oublié ! L’ensemble des tentacules forme un organe appelé lophophore, que l’on retrouve dans d’autres groupes, notamment les Brachiopodes. Nous en verrons pendant le séjour. L’ensemble des animaux possédant un lophophore sont des Lophophoriens. »

Samuel : « Dis, c’est quoi les toutes petites proies des Bryozoaires ? »

Le chevalier : « Surtout des petites algues unicellulaires. Mais aussi des larves de Crustacés, d’Échinodermes… Tous les organismes de très petite taille, souvent invisibles à l’œil nu, qui dérivent au gré des courants et qui forment le plancton. Pas d’autres questions ? »

Max : « Mmmm… Apparemment non. Merci pour ce petit cours de biologie marine mon bonome. On connaît mieux les œufs de Batman et les ectoprouts maintenant 🙂 »

Léo : « Le passage s’est dégagé ! On peut avancer ! »

Le chevalier : « Attendez… Venez voir ici… »

Max : « Ooooh ! »

Léo : « C’est bôôôô ! »

Samuel : « C’est encore de la calcite ? »

Le chevalier : « Oui petit Sam. Elle a cristallisé sous la forme de petites aiguilles. Il me semble qu’on parle de cristallisation aciculaire. »

Max : « Non, personne parle de ça bonome… »

Léo : « Tiens ! Un tarier pâtre ! »

Samuel : « Saxicula rubicola, Muscicapidés ! »

Léo : « Samuel : un point ! »

Max : « Il est parti par là ! »

Léo : « Il nous montre le chemin ! »

Max : « Alors c’est parti pour l’étude des falaises ! En route bonome ! »

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