139-1 Au bord de mer…

Lundi 26 décembre, An III

Le matin. Le chevalier se prépare un café. Max le rejoint.

Max : « Bonjour bonome. »

Le chevalier : « Bonjour mon petitours. Déjà levé ? »

Max : « Toi aussi 🙂 »

Le chevalier : « Eh oui… Léo et Samuel dorment encore ? »

Max : « Oui. On a un peu chahuté hier soir. »

Le chevalier : « J’ai entendu… »

Max : « On t’a embêté ? »

Le chevalier : « Non, j’avais sommeil et j’ai réussi à dormir. »

Max : « J’en suis ravi 🙂 Dis bonome, ça fait un moment que petit Sam est avec nous maintenant. Il progresse vite, tu trouves pas ? »

Le chevalier : « Si. Je crois qu’il apprécie beaucoup la nature. »

Max : « C’est un vrai naturaliste ce petit Sam. Il devrait avoir un sacado. »

Le chevalier : « Je vois. »

Max : « Ben oui ! Bonome, pourrais-tu aller au magasin de sacados ? Léo a demandé d’aller sur l’Île Où On va à Pieds et j’aimerais bien remettre le sacado à Samuel sur l’île. »

Le chevalier : « Max ! Tu aurais pu en parler avant ! Comment vais-je faire moi ? Il m’est impossible de trouver un sacado et aller sur l’île aujourd’hui ! »

Max : « Me gronde pas bonome. Tu pourrais le trouver, le sacado, aujourd’hui ? »

Le chevalier : « Oui, mais pas avant d’aller sur l’île. Ce n’est pas du tout sur le chemin ! »

Max : « Ah… Léo va être déçu si on va pas sur l’île aujourd’hui… »

Le chevalier : « Je peux dire que la marée n’est pas favorable. Tu sais que la pleine mer se décale d’une heure et quart chaque jour… »

Max : « Alors on va quérir le sacado aujourd’hui et sur l’Île demain. D’accord bonome. Mais on va où aujourd’hui ? »

Le chevalier : « La question quotidienne de mon petitours : ‘On va où aujourd’hui ?’ »

Max : « Ouiiii 🙂 »

Le chevalier : « J’ai envie d’aller me promener sur la côte, au sud du Petit Royaume des Barges. Nous pourrions laisser notre monture à F. puis prendre le chemin côtier, marcher sur l’estran… »

Max : « On connaît pas là-bas ! Chouette alors ! Merci bonomou. »

Le chevalier : « Tu vas réveiller tes cousins ? »

Max : « On part tôt ? On pourrait pas les laisser dormir un peu ? »

Le chevalier : « Nous ne sommes pas pressés… Laisse les dormir si tu veux. »

Max : « Et comme ça on reste un peu tous les deux 🙂 »

Un peu plus tard. Léo rejoint Max et le chevalier.

Léo : « Vous êtes déjà levés ? »

Max : « Depuis longtemps ! »

Léo : « Vous complotez ? »

Max : « Oui, on se demande comment on pourrait vous perdre dans la nature au cours de l’inspection du jour 🙂 »

Léo : « D’accord. Je vois. Bonome, pourrais-je boire du café ? »

Le chevalier : « Tu veux du café ? »

Léo : « Oui. Toi, tu te caféines toujours alors je veux du café moi aussi. »

Max : « Euh… Léo, tu es tout petit, toi. La caféine pourrait te faire la crise cardiaque. Et argh le Léo ! Plus de Léo. Fini le Léo ! »

Léo : « Max, on est des peluches. On a pas de cœur, nous. On peut pas faire la crise cardiaque. »

Le chevalier (pour lui-même, accoudé à la table et tournant sa cuillère dans sa tasse.) : « Ils n’ont pas d’organes mais arrivent à ingurgiter des montagnes de chocolat… »

Max : « Dis donc ! J’ai du cœur moi ! J’ai même un cœur gros comme ça ! »

Le chevalier (même jeu) : « Et je ne les ai jamais vus aller aux cabinets. Où mettent-ils tout ce chocolat... »

Léo : « Max, avoir un cœur gros comme ça est une expression. Ça veut pas dire que tu as un myocarde qui met ton sang en mouvement dans ton système vasculaire. »

Le chevalier : « Ils devraient être énormes avec tout le chocolat qu’ils ont mangé… »

Max : « Ben voilà ! Léo se lance dans un cours de physiologie cardio-vasculaire dès le réveil ! C’est bien mon Léo, ça ! »

Le chevalier : « Encore un mystère de la création… »

Léo : « Je fais pas un cours ! Je voudrais goûter la boisson favorite de mon bonome ! »

Samuel : « Bonjour chevalier ! Bonjour cousin Léo ! Bonjour cousin Max ! »

Le chevalier : « Bonjour mon petitours ! Tu tombes à pic ! Veux-tu un peu de chocolat ? Sinon, va te préparer, nous allons aux zoisos ! »

Samuel : « On va aux zoisos ! Chouette alors ! Je file mettre ma salopette et mon sacado ! Léo ! Max ! On se prépare ! Et plus vite que ça ! »

Au bord de la mer…

Max : « Bonome, fais attention avant de mettre ton sacado. Il y a une grosse araignée dessus 🙂 »

Le chevalier : « Ah oui 🙂 Je fotoe je suppose ? »

Max : « Tu supposes bien 🙂 »

Samuel : « Dites les cousins, vous voulez bien m’expliquer l’araignée s’il vous plaît ? »

Léo : « On connaît pas les espèces d’araignées, nous. »

Max : « A cause qu’on a toujours pas de beau livre d’araignées… »

Samuel : « Vous pouvez m’expliquer sans dire l’espèce. Allez ! S’il vous plaît. »

Léo : « D’accord petit Sam. »

Max : « Ben tu fais alors ! »

Léo : « Oui, pas de problème. Bon, commençons par le commencement. Ce zanimo a des pattes articulées et une partie dure à l’extérieur qui entoure le corps. C’est la cuticule. On peut donc dire que c’est un arthropode. Les pattes sont au nombre de huit. On voit que l’avant du corps regroupe la tête et le thorax. On parle de céphalothorax ou prosome. Et il y a un petit abdomen ou opisthosome à l’arrière. »

Samuel : « Rholala ! Tu connais bien les araignées cousin Léo ! »

Max : « Moi aussi ! Comme tu peux voir sur la première foto surtout, il y a comme des petites pattes entre les pattes de devant. Ce sont les pédipalpes. Avec tout ça on peut dire que c’est un Arachnide. »

Léo : « Il y a les chélicères au niveau de la bouche. Ce sont des crochets qui permettent d’injecter des sucs digestifs. On aurait dû le dire avant. Dans l’ordre, c’est Arthropodes, Chélicérates, Arachnides, Aranéides. Mais après on sait plus. »

Samuel : « C’est déjà beaucoup. Il va falloir que je révise tout ça moi. »

Léo : « On t’aidera petit Sam. »

Max : « Bon, on commence ? Bonome, tu peux mettre ton sacado maintenant ! »

Léo : « Regardez comme c’est beau… »

Max : « C’est une grande baie… C’est le Petit Royaume des Barges là-bas ? »

Le chevalier : « Oui Max. Nous irons peut-être jusque là. »

Max : « Tout là-bas ? Oulala ! On va pocher alors ! C’est bien trop loin pour nos petites pattes. Les cousins, on grimpe ! »

Léo : « Voilà ! »

Samuel : « On est installés ! »

Max : « On s’est pochés 🙂 Allez ! Cavale bonome ! »

Léo : « Dis, il y a des rochers tout cassés ici. On pourra aller les observer ? »

Le chevalier : « Au retour mon Léo, si la marée le permet. »

Léo : « Merci bonome. »

Max : « Rholala ! On va tout explorer la côte 🙂 »

Léo : « Ici on est dans la zone des carrelets. Il y a des tas de carrelets… »

Max : « Mais après c’est tout sauvage ! »

Léo : « Oui mais il y a pas d’arbres en arrière dune et pas de végétos. C’est pas très favorable aux observations ornithologiques ça. »

Max : « Bonome nous trouvera bien quelques beaux zoisos. »

Samuel : « Encore des carrelets ! Un rouge puis un jaune. »

Léo : « On devrait passer une nuit dans un carrelet, à marée haute, pour voir ce que ça fait. »

Max : « Ils doivent bouger avec les vagues… »

Samuel : « Un jour de brume. Comme ça on disparaîtrait dans la brume 🙂 »

Max : « Et si on a peur ? »

Léo : « Bonome nous rassurerait. »

Max : « Et si lui aussi a peur ? »

Léo : « Bonome il a pas peur ! Il a peur de rien bonome ! C’est le plus grand de tous les chevaliers ! »

Max : « Pas fâcher Léo ! Pas fâcher ! »

Samuel : « J’entends des zoisos… »

Léo : « Ecoutons… »

Léo : « Je reconnais ! Un pinson des arbres ! Fringilla coelebs, Fringillidés. »

Max : « Bonome, tu nous trouves ce pinson. »

Léo : « Il est là ! »

Samuel : « Mais… Il est pas coloré ce pinson ! »

Max : « Parce que c’est une pinsone 🙂 »

Samuel : « C’est une femelle ? »

Léo : « Oui petit Sam. »

Max : « Elle est venue voir le grand chevalier avec ses petizours. »

Léo : « Tu dis souvent ça. Les zoisos viennent pas nous observer ! »

Samuel : « C’est nous qui allons les voir ! »

Léo : « Sinon, on resterait dans la cabane et ils viendraient tous. »

Samuel : « Ce serait plus reposant 🙂 »

Max : « Et cet étourneau, il est pas venu nous voir peut-être ? »

Léo : « Ben non ! Il nous tourne le dos ! »

Samuel : « Et il nous tire la langue ! »

Max : « Vous êtes pas logiques ! Comment peut-il nous tirer la langue en nous tournant le dos ? Ça va pas ça ! »

Léo : « N’empêche qu’il nous a tiré la langue ! »

Le chevalier : « Mes chers petizours bien aimés, pourriez-vous vous dispenser de vos habituelles chamailleries aujourd’hui ? »

Max : « Pas de chamaillerie ? »

Le chevalier : « Non, s’il vous plaît. »

Max : « Même si on est des juvéniles ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Max : « On est sages alors ? »

Le chevalier : « J’aimerais bien. »

Max : « Les cousins, acceptez-vous d’êtres sages aujourd’hui ? »

Léo : « Ben, si ça fait plaisir à notre bonome… »

Samuel : « On peut faire ça pour lui quand même. »

Max : « Bon, bonome, nous sommes d’accord pour être sages. Enfin, on va faire un effort. On est pas sûrs d’y arriver. »

Léo : « Un rechute de juvénilité est toujours possible. »

Max : « Parce que c’est une loi de la nature. Les juvéniles se chamaillent. »

Léo : « C’est difficile de lutter contre la nature. »

Samuel : « Vous vous arrêtez jamais vous ! Chevalier, moi je vais être sage. C’est promis. »

Max : « Ah l’autre ! Il fait le chouchou ! »

Samuel : « Même pas vrai ! Je suis un gentil petitours et c’est tout ! »

Max : « Pfff ! »

Léo : « Vous vous chamaillez là 🙂 »

Max : « Zutalor ! Bonome, c’est plus fort que nous. On y peut rien. Désolé. »

Le chevalier : « Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même… Quelle idée ai-je eu d’adopter trois petizours… »

Max : « Une excellente idée mon bonome ! Surtout quand tu as adopté le premier ! »

Léo : « Non, le deuxième est mieux ! »

Samuel : « Le deuxième est peut-être mieux que le premier mais c’est le troisième le meilleur ! »

Le chevalier pousse un énorme soupir…

Max : « Pas la peine de soupirer bonome. Bon, on avance ? »

Le chevalier : « Non, attendez un peu… »

Max : « Qu’est ce que tu as fotoé ? Montre nous s’il te plaît… »

Léo : « Un bateau tout cassé ! Tu le connais bonome ? »

Max : « C’est la famille de tante Yvonne ? »

Samuel : « C’est tonton Yvon ? »

Max : « Ben non ! Tonton Yvon on l’a vu dans le marais de l’Île d’Ut… Bonome, c’est qui ce bateau ? »

Le chevalier : « Un bateau anonyme… »

Léo : « Tu connais pas son histoire ? »

Max : « On la demandera au vent alors. Tout à l’heure on fera une pause et on écoutera notre ami nous raconter les aventures de ce bateau. »

Samuel : « Chouette alors ! »

Léo : « Il souffle pas beaucoup le vent… »

Max : « C’est le petit vent du jour qui nous caresse les joues 🙂 »

Léo : « J’entends encore des pinsons des arbres… »

Samuel : « Il y a un mâle et une femelle… »

Max : « Les mâles sont célibataires pendant les migrations mais si ils migrent pas ? »

Léo : « Peut-être qu’ils restent avec les femelles et les jeunes… »

Max : « Apparemment… »

Samuel : « Les pinsons des arbres sont de très beaux zoisos. »

Max : « Tous les zoisos sont de très beaux zoisos petit Sam. »

Léo : « Le paysage est très beau aussi. Bonome, pourquoi on est jamais venus ici avant ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas… Je vais peu au nord du Grand Fleuve d’Ici… »

Max : « Bah ça change un peu. Mais on voit pas beaucoup des zoisos… »

Léo : « J’en aperçois là-bas, au-delà du bateau envasé. On y va ? »

Max : « Bien sûr qu’on y va ! Il faut voir qui c’est ces zoisos ! »

Samuel : « La mer monte. Le bateau envasé va se faire recouvrir par la marée. Ça doit lui faire bizarre, lui qui flottait sur les flots… »

Max : « C’est sûr que c’est plus pareil 🙂 »

Léo : « Regardez au sol ! Il y a des empreintes de zanimos! »

Max : « Ça alors ! On voit bien les sabots des deux doigts antérieurs. Mais aussi deux petits traces en arrière et sur les côtés. L’empreinte la plus proche de nous. Bonome, c’est une trace de sanglier ça ! »

Le chevalier : « Il me semble bien. »

Léo : « On est en territoire sanglier ?! Oulala ! Je suis pas rassuré moi ! »

Max : « Bonome, tu as ton couteau ? Tu nous protèges si les sangliers nous attaquent. Je veux pas finir mangé tout cru moi. »

Samuel : « Les sangliers vont sur les plages ? »

Le chevalier : « Apparemment oui mon petit Sam. »

Samuel : « Qu’est ce qu’ils viennent faire à la plage ? Ils prennent des bains de mer ? »

Le chevalier : « Peut-être 🙂 Ou alors c’est sur leur chemin. Il est également possible qu’ils glanent des animaux morts. Vous savez que les sangliers sont omnivores. »

Max : « Ben oui, on sait. Mais sont-ils nécrophages ? Tu penses qu’ils peuvent manger des cadavres de poissons ou de crabes échoués sur la plage ? »

Le chevalier : « Je n’en sais rien. Je suis assez surpris de voir leurs empreintes ici. »

Léo : « Et elles ont l’air plutôt fraîches… »

Max : « Bonome, ils vont pas nous manger ? »

Le chevalier : « Les sanglier ne sont pas petitoursophages. »

Max : « Tu es sûr ? »

Le chevalier : « Absolument ! Comme ils ne sont pas bonomophages. »

Max : « On risque rien alors ? »

Le chevalier : « Rien du tout 🙂 »

Max : « On avance encore alors ? »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou. »

Léo : « Une aigrette garzette vient de se poser… »

Samuel : « Elle a fait caca ! »

Max : « Mon petit Sam, je préfère quand tu fais la conclusion sur les zoisos 🙂 »

Samuel : « Je peux la faire, cousin Max. En conclusion, nous pouvons dire que l’aigrette garzette est un très beau zoiso. Même quand elle fait caca 🙂 »

Max : « T’es trop bête ! »

Léo : « Max, tu embêtes pas petit Sam ! »

Max : « Mais ! Je l’embête pas ton petit Sam ! Il dit des bêtises pour de rire alors je dis qu’il est bête pour de rire ! Pfff ! Toi et ton petit Sam ! »

Samuel : « Tu sais cousin Léo, si Maxou m’embêtait, je saurais me défendre. »

Max : « Il me gronderait ! Ça c’est sûr ! Il se laisserait pas faire ce petitours blanc. Oulala non ! »

Léo : « D’accord petit Sam. »

Max : « Elle est belle cette baie… On voit le Petit Royaume des Barges, la Pointe d’Y., l’autre baie… »

Léo : « Et dire qu’on a déjà exploré tout ça. Grâce à toi bonome. »

Max : « Bonome, on connaît toute la côte de Charentmaritimie ? »

Le chevalier : « Non, nous ne sommes jamais allés tout au sud, vers l’embouchure de la Seudre. Et il y a toute la côte de l’île d’O. »

Max : « Il faudra y aller alors. »

Léo : « Il y a d’autres îles ? »

Le chevalier : « Pas en Charentmaritimie. »

Max : « Le bateau se fait engloutir. Pauvre bateau… Il y a personne pour raconter son histoire… »

Léo : « Le vent nous la racontera Maxou. »

Max : « Mais on aura pas le droit d’en parler ! Son histoire va se perdre. »

Léo : « Ça m’étonnerait que ce soit une belle histoire comme celle de tante Yvonne… Au fait, j’ai fait quelques recherches et j’ai découvert qu’il y a d’autres morceaux du bateaux sur l’estran de Fort Lonnec. »

Max : « On les as pas vus ! »

Léo : « Ben non. Mais on peut pas tout voir. On fossile, on zoisote, on géologise… »

Max : « Et on rate les morceaux de tante Yvonne… »

Léo : « Et là on va même pas voir les zoisos. Ils sont trop loin… »

Max : « Bonome, pourquoi il y a des rigoles dans la vase ? »

Le chevalier : « Je suppose que c’est lorsque la mer se retire. L’eau doit bien s’évacuer. »

Samuel : « C’est peut-être la pluie… »

Léo : « Ben non. Il a pas plu depuis la dernière marée. »

Samuel : « Alors c’est la mer… »

Max : « On voit même pas les zoisos. Tu peux tout zoomer s’il te plaît ? »

Léo : « Il y a des Scolopacidés au premier plan puis ce sont des tadornes. »

Samuel : « Les Scolopacidés sont des limicoles. »

Max : « Oui mais limicole, c’est pas une vraie classification scientifique. C’est une classification en fonction du milieu de vie. C’est un groupe tout à fait artificiel. »

Léo : « N’empêche que là, les Scolopacidés ont les pattes dans la vase. »

Max : « Les tadornes aussi ! Et ce sont pas des limicoles ! »

Samuel : « Ce sont des palmipèdes 🙂 »

Max : « Vous le faites exprès ? Ça existe pas non plus les palmipèdes ! Ou alors il faut mettre les mouettes dans le même groupe que les canards ! Vous vous rendez compte un peu ? Les mouettes et les canards dans le même groupe… Pfff ! Vous dites des erreurs ! »

Le chevalier : « Mon Maxou je crois bien que tes cousins te taquinent 🙂 »

Max : « Il faut pas dire des erreurs comme ça ! Quand même ! Les limicoles, les palmipèdes… On est plus au 19ème siècle nous ! »

Samuel : « Tiens, Pierre Petitpierre vient nous voir. »

Max : « Pierre PetitPierre ? C’est qui ça ? »

Samuel : « Le tournepierre à collier 🙂 »

Max : « Tu l’appelles Pierre Petitpierre ? »

Samuel : « Ouiiii 🙂 Tu avais l’air déçu que je m’appelle pas Pierre Petitpierre quand je suis arrivé. Et il y a pas que vous qui pouvez donner des surnoms aux zoisos. »

Léo : « C’est vrai ça ! D’accord petit Sam. Le tournepierre s’appellera Pierre Petitpierre. »

Max : « N’empêche qu’on voit pas beaucoup de zoisos… »

Léo : « Regardez la baie. On vient de tout là bas ! »

Samuel : « La brume se lève… »

Léo : « On va disparaître dans la brume 🙂 »

Max : « Et si elle nous transporte ailleurs ? »

Léo : « J’aimerais bien 🙂 »

Max : « Ah oui ? Même si on se retrouve en pleine ville ou dans un étang avec les brochets ? »

Léo : « Ou au Royaume Secret. »

Samuel : « Oh oui ! C’est comme ça qu’on y accède ! Par la brume ! »

Max : « Vous pensez ? Je vais enquêter… »

Léo : « Et si nous faisions une pause ? »

Max : « Bonne idée ! Bonome, tu pourras te livrer à tes vices ! »

Le chevalier : « Mes vices ?! Carrément ! »

Max : « Pétunage et caféinage 🙂 »

Léo : « J’ai même pas goûté le café ce matin, moi. »

Max : « Léo, tu veux vraiment faire la crise cardiaque ? »

Léo : « Déjà j’ai pas de cœur ! Et en plus bonome boit que du déca ! On fait pas la crise cardiaque avec du déca ! »

Le chevalier : « Tu veux vraiment goûter ? »

Léo : « Oui, s’il te plaît. »

Le chevalier : « Mmmmm… Après tout, pourquoi pas… Tiens. »

Léo : « Merci bonome… Pouah !!!! Beurk !!! Mais c’est pas bon ! C’est tout amer ! Et tu bois ça toi ? »

Max : « 300 litres par jour 🙂 »

Léo : « Ben moi je préfère le chocolat. »

Le chevalier : « Un jour je te ferai goûter le cacao et tu verras ce que c’est, l’amertume 🙂 »

Max : « Dites, vous voulez pas sortir la serviette au lieu de bavasser ? »

Léo : « Parce qu’on bavasse, nous ? »

Max : « Oui, vous bavassez ! »

Léo : « PFFFFFF ! »

Samuel : « J’ai sorti la serviette. Installez vous. ET EN SILENCE ! »

Max : « Oulala ! Pas crier Samuel, pas crier ! »

Léo : « Tu vois petit Sam, la falaise là-bas c’est le Kimméridgien. »

Samuel : « Du Jurassique 🙂 On va y aller ? »

Le chevalier : « C’est un peu loin… »

Max : « Et c’est des cailloux tout cassés. J’aime pas trop quand tu marches sur ces galets arrondis. Tu risques de te tout casser. »

Léo : « Il y a pas beaucoup des fossiles… »

Max : « Et pas de zoisos. »

Samuel : « J’ai compris. On y va pas. Et si Princesse m’interroge sur le Petit Royaume des Barges et le Kimméridigien je pourrai pas répondre et elle va me bannir du Pays des Zoisos et j’errerai comme une bêêête. »

Léo : « 🙂 »

Max : « Tu me parodies là. »

Samuel : « Ouiiii 🙂 »

Max : « Bonome, tu trouves pas qu’il prend de l’assurance ton petitours blanc ? Il nous gronde. Il me parodie. »

Léo : « Il gagne au jeu des zoisos 🙂 »

Le chevalier : C’est vrai. Et ça me plaît bien. Bien, et si nous rentrions ? »

Max : « Parce qu’on a notre mot à dire ? »

Le chevalier : « Pas vraiment 🙂 »

Max : « Les cousins, rangement de la serviette et pochage ! »

Léo : « Bien Max ! »

Samuel : « Oui Max ! »

Léo : « Serviette rangée ! »

Samuel : « On grimpe ! »

Le chevalier : « Vous êtes installés ? »

Max : « Nous sommes 🙂 »

Léo : « Pauvre bonome, tu vas devoir refaire tout le chemin dans l’autre sens… »

Le chevalier : « Oui, mais j’aime marcher au grand air. »

Max : « Bonome est un grand marcheur. »

Samuel : « Il a des grandes pattes 🙂 »

Léo : « Oh… Regardez le bateau ! »

Max : « Il devient un sous marin 🙂 »

Léo : « J’aime bien les épaves. Même quand elles sont tout cassées et anonymes. »

Max : « C’est dommage qu’elle disparaisse pas dans la brume cette épave. Ça ferait une belle foto. Dis bonome, tu veux pas dire à la brume de venir ? »

Le chevalier : « Parce que tu croies que je peux faire ça ? Tu me surestimes mon petitours. »

Max : « Oui, ben ça équilibre une peu parce que toi, tu as tendance à te sous-estimer. »

Léo : « J’entends un zoiso que je connais pas… Vous le voyez ? »

Max : « Un zoiso ? Bonome, cherche le zoiso pour ton Léo. »

Samuel : « Cherche bonome, cherche 🙂 »

Léo : « 🙂 »

Max : « Et tu le laisses faire ? Il te parle comme si tu étais un toutou et toi tu laisses faire ? Il y a du favoritisme ! »

Léo : « Meu non ! Toi aussi il te laisse faire ! Espèce de jaloux ! »

Le chevalier : « Il est là ! »

Max : « Tu as trouvé le zoiso ? »

Le chevalier : « Oui, il est là ! »

Max : « On le connaît pas ! C’est qui ce zoiso ? »

Léo : « Il me dit rien du tout… »

Le chevalier : « Mmmmm… »

Max : « Tu mmmmmes en te grattant la tête ? Tu le connais pas ? »

Le chevalier : « Difficile… Peut-être… C’est probablement un bruant… Mais un juvénile… »

Léo : « Bruant proyer ? »

Le chevalier : « Non… Mmmmmm… Je sais pas trop… Peut-être un bruant jaune. Une femelle dans son premier hiver… Mais sans certitude… »

Max : « Tu vois Samuel, ça c’est bonome quand il sait pas trop. Les gens normaux quand ils connaissent pas un zoiso, ils le connaissent pas et puis c’est tout. Bonome, quand il connaît pas un zoiso il dit que c’est un bruant jaune, femelle, première année. »

Samuel : « Il a une drôle de façon de pas connaître. »

Max : « Ah ben c’est sûr que c’est pas comme nous. »

Léo : « Un bruant jaune… Emberiza citrinella ? »

Le chevalier : « Oui, enfin, si c’est bien un bruant jaune… »

Samuel : « Cousin Léo aussi a une drôle de façon de pas connaître. »

Max : « Il ressemble beaucoup à bonome… »

Samuel : « Donc, si je résume, ils savent pas qui c’est ce zoiso mais c’est un bruant jaune femelle dans son premier hiver qui s’appelle Emberiza citrinella. »

Max : « C’est ça. Mais ils savent pas bien. »

Samuel : « Et quand ils savent, ça donne quoi ? »

Max : « Ben, ils connaissent le prénom du zoiso, ses goûts, sa pointure aussi… »

Samuel : « Et pas son tour de tête ? »

Max : « Si si ! Pardon 🙂 »

Léo : « Un bruant jaune… Il faudra étudier ça au calme. »

Le chevalier : « Je te fais confiance mon Léo. »

Max : « Dites, on arrive bientôt non ? »

Le chevalier : « Oui, nous arrivons aux carrelets. »

Max : « Et il est pas tard encore. »

Le chevalier : « Je vois. Que proposes-tu ? »

Max : « Ben, il y a des cailloux là où on est arrivés tout à l’heure. On aurait dit le Cénomanien. On pourrait peut-être explorer un peu. Qu’en dis-tu ? »

Le chevalier : « Je suppose que Léo et Samuel sont d’accord. »

Léo : « Je suis. »

Samuel : « Moi aussi. »

Le chevalier : « Bien. Mais faisons d’abord une pause. »

Max : « D’accord bonome ! »

Continuer la promenade

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