130 – Le Marais des Cisticoles

Samedi 29 Octobre, An III (suite)

Max : « Sam, observe notre bonome… »

Samuel : « Il a l’air bizarre… C’est un zom assis sur un rocher mais on dirait qu’il est le prolongement du rocher. Et… Je sais pas comment dire… Il a l’air attentif et concentré mais je sais pas à quoi il est attentif ni sur quoi il est concentré… »

Max : « Oui, il est dans sa tête. »

Samuel : « Il est dans sa tête ? »

Max : « Oui, il y a que bonome qui sait faire ça. Il est en communion avec la nature et fait partie du paysage. On peut pas savoir à quoi il pense parce que c’est pas comme nous. »

Léo : « Il doit penser à des choses étranges. Nous, on voit un bel estran rocheux en Vendée avec un ciel bleu tout bleu. La mer est là, devant nous. Lui, il doit voir le Gondwana à l’Ordovicien, l’ouverture et la fermeture de l’océan Centralien, la chaîne hercynienne qui a été tout érodée et plein d’autres choses encore. Tout ça en même temps… Et il écoute le vent. C’est sûr. »

Max : « Bonome, il voit toute l’histoire de la Terre au même moment et c’est même pas compliqué pour lui. »

Léo : « Max, tu crois qu’il a des nouvelles de Tante Yvonne ? »

Samuel : « C’est qui Tante Yvonne ? »

Max : « Tante Yvonne ? C’est notre tata à nous, depuis qu’un jour il nous a emmenés sur l’estran de Fort Lonnec chercher un vieux moteur de bateau tout rouillé qu’on a même pas vu 🙂 »

Samuel : « Je comprends rien du tout ! »

Léo : « Un jour bonome a voulu aller fotoer un vieux moteur et on l’a pas trouvé. Mais le vent nous a raconté son histoire. Un bateau s’est détaché de ses amarres un jour de tempête et il est allé s’écraser contre les falaises de Fort Lonnec. Il en restait rien de ce bateau, sauf son bloc moteur. Bonome l’avait vu l’année d’avant qu’on aille en Bretagne tous ensemble. Mais, apparemment, il est plus là le bloc moteur. Ce bateau s’appelait Tante Yvonne, en hommage à une dame. Un grande dame. Une héroïne même, mais que personne connaît et c’est bien dommage. »

Samuel : « Mais pourquoi vous dites que c’est votre tata ? »

Max : « Parce qu’on prend de ses nouvelles, grâce au vent. Et qu’elle vient, parfois, dans nos rêves. C’est notre tata parce qu’elle l’a bien voulu. »

Léo : « Elle a un bateau qui lui permet de naviguer dans le temps. La dernière fois qu’elle nous a parlé, elle était à l’Ordovicien quelque part le long de la côte sud d’Armorica. »

Max : « Elle est pas toute seule Tante Yvonne. Chien est à ses côtés. Et ils naviguent tous les deux, calmement, accompagnés par le vent. Ils ont le temps maintenant… »

Léo : « Des fois, on demande au vent de lui faire une bourrasque pour la dépeigner, qu’elle sache qu’on pense à elle 🙂 »

Samuel : « Vous avez une tata… »

Max : « Notre Tante Yvonne 🙂 »

Léo : « Max… »

Max : « Oui Léonou. »

Léo : « Tu te rends compte ? On a une tata qu’on a jamais vue qu’en rêves. On l’a rencontrée grâce au vent qui nous a raconté son histoire parce qu’on avait pas vu le moteur qu’on cherchait. »

Max : « C’est étrange, en effet. »

Léo : « On repousse l’étrange aux limites du bizarre 🙂 »

Samuel : « Vous ressemblez à votre bonome 🙂 »

Max : « Il est encore dans sa tête ! Je vais le chercher… … Bonomou, as-tu bien mangé ? »

Le chevalier : « Mmmmmm… »

Max : « Mon grand bonome à moi, je suis désolé de t’interrompre dans ta contemplation de l’Univers entier depuis sa création mais il faut sortir de ta tête et revenir avec nous, tes petizours. »

Le chevalier : « Oui Maxou 🙂 »

Max : « Il était bon ton sandouich ? »

Le chevalier : « Bof… »

Max : « Pourquoi tu te fais pas du bon manger ? Tu pourrais aller au restaurant parfois. »

Le chevalier : « Je pourrais. Mais rien ne surpasse le plaisir de manger frugalement sur un rocher au bord de mer. »

Max : « Ça c’est mon bonome 🙂 Bon, on fait quoi maintenant ? On continue la géologie ? »

Le chevalier : « La matinée a déjà été bien chargée en géologie. Si nous allions plutôt aux zoisos ? »

Max : « Et on va pas voir le rocher Sainte-Véronique ? »

Le chevalier : « Nous reviendrons lundi. »

Max : « Qu’en pensez-vous les cousins ? »

Samuel : « Moi, je veux bien aller aux zoisos. »

Max : « Alors on va aux zoisos ! »

Léo : « Bonome, on va où ? »

Les petizours se pochent et le chevalier retourne à sa monture…

Max : « Le Marais des Cisticoles… »

Léo : « Sam, les cisticoles des joncs sont des petits passereaux. On en a déjà vu quelques uns en Charentmaritimie. »

Max : « Il doit y en avoir beaucoup dans leur Royaume. Mais dans la Marais on voit pas toujours beaucoup de zoisos. »

Léo : « C’est beau les marais. »

Max : « Bonome marche beaucoup et nous on poche. »

Léo : « Tu crois que c’est un marais sauvage ou un marais salant ? »

Le chevalier : « Un marais un peu sauvage avec quelques parcelles pour l’exploitation du sel. »

Max : « Tu épies nos conversations maintenant ? On peut pas être tranquilles dans cette poche ! »

Léo : « Maaax ! »

Samuel : « Laisse le faire Léo. Il taquine son bonome 🙂 »

Léo : « Oui petit Sam. Bonome, quand est-ce qu’on arrive ? »

Max : « Pourquoi tu t’arrêtes ? On est pas dans le marais ! »

Léo : « Une taverne… Je comprends. »

Max : « Alors toi ! Tu manges des sandouichs bofs sur des rochers pas confortables mais il te faut un bon café ! »

Léo : « Chacun ses priorités 🙂 »

Max : « Bonome, tu en bois pas plus de douze cette fois ci 🙂 »

Le chevalier : « Promis Maxou 🙂 Cachez vous dans ma poche. »

Max : « On est obligés ? »

Le chevalier : « Non, vous pouvez laisser dépasser vos truffes. Mais soyez sages. »

Max : « On est toujours sages ! »

Le chevalier : « Chut ! »

Max : « Bonome, elle est belle cette église. On peut aller la visiter ? »

Samuel : « Oh non ! Ça vous ennuie pas qu’on aille visiter les églises plus tard ? J’ai envie de voir des zoisos. S’il vous plaît. »

Léo : « On a déjà vu des églises. Et on est naturalistes nous. Alors on va aux zoisos. »

Samuel : « Il y en a qui volent autour du clocher ! »

Léo : « Ce sont des choucas des tours, Corvus monedula, Corvidés. Il y en a souvent sur les clochers des églises. D’ailleurs, on les appelle parfois des corneilles des clochers. »

Max : « C’est même pas des corneilles ! »

Léo : « C’est pour ça qu’il faut éviter les noms vernaculaires et toujours bien donner le nom en scientifique. »

Le chevalier : « Allez-vous vous taire ! »

Max : « On peut même pas s’exprimer ! »

Léo : « On est brimés ! »

Max : « On va se plaindre à Princesse ! »

Léo : « Et elle va te mettre en prison ! »

Max : « Pour maltraitance de petizours dans l’exercice de leur fonction ! »

Léo : « Ce sera bien fait pour toi ! »

Samuel : « Ils recommencent leur numéro de duettistes. Pauvre chevalier… »

Le chevalier : « Je néglige. Bon, le seul moyen d’avoir la paix est d’aller aux zoisos alors allons-y. »

Max : « Après seulement deux cafés ? Bonome, tu vas faire une crise de manque dans dix minutes ! »

Le chevalier : « Je me défoulerai sur toi ! »

Max : « Léo ! Sam ! Vous êtes témoins ! Bonome me menace ! Appelez les gens d’armes ! »

Le chevalier : « Je t’aurai ploufé avant qu’ils n’arrivent. Max, cesse un peu de faire l’enfant. Va faire une sieste au fond de ma poche le temps que nous arrivions au Marais des Cisticoles. Sam, Léo, allez-y vous aussi. »

Léo : « D’accord bonome, on y va. Viens Maxou. »

Le chevalier : « Et si vous êtes sages je vous ferai un câlin au réveil. »

Léo : « Avec des gratouillis ? »

Le chevalier : « Avec des gratouillis 🙂 »

Après une chevauchée de quelques lieues…

Max : « Bonome, c’est un observatoire ça. C’est pas le marais. »

Le chevalier : « Oui, je l’ai vu sur la carte et j’ai eu envie d’y venir. »

Léo : « Un arrêt imprévu 🙂 »

Le chevalier : « Installez-vous sur la rambarde que je vous fotoe. »

Max : « On montrera à Princesse ! »

Léo : « Bon, observons un peu… »

Samuel : « C’est un beau Marais. C’est lui que nous allons inspecter ? »

Le chevalier : « C’est dans ce secteur effectivement que nous irons. »

Léo : « Il y a un tarier sur les phragmites. »

Max : « Si bonome le fotoe on le verra même pas. »

Le chevalier : « Je peux essayer… »

Max : « Tu vois, on l’aperçoit à peine ! »

Léo : « Mais la foto est jolie. »

Samuel : « Il y a pas des zoisos… »

Max : « Un rougegorge familier vient de se poser sur le panneau… »

Léo : « Moi j’aime beaucoup les passereaux mais ils sont tout petits. Pour bien les voir il faut qu’ils viennent tout près. Et là ils restent loin. »

Max : « Samuel a raison : il y a pas des zoisos. »

Léo : « Bonome, tu leur as pas demandé de venir ? »

Samuel : « C’est quoi ce bruit ? »

Max : « On dirait le bruit d’un cygne en vol ! »

Léo : « IL EST LÀ ! »

Max : « Il est passé tout près ! »

Samuel : « On a pas donné les noms en scientifique des zoisos. »

Max : « Non mais c’est pas grave. Si on disait qu’on se promène cet après-midi ? »

Léo : « On inspecte pas ? »

Max : « On vérifie que tout va bien mais sans être vraiment naturalistes. »

Léo : « On va quand même pas enlever nos sacados ! »

Max : « Ben non, quand même ! »

Samuel : « C’est une bonne idée de se promener Maxou. On regarde les zoisos et la nature mais on fait pas des choses fort savantes. On a déjà beaucoup travaillé ce matin. »

Max : « Qu’est ce que tu en penses bonome ? »

Le chevalier : « Promenade… Pourquoi pas. »

Léo : « Il y a une aigrette garzette. Tu la fotoes et on s’en va. Il y a pas assez de zoisos ici. »

Le chevalier : « Voilà ! Allez, en route pour le Marais des Cisticoles ! »

Au Marais des Cisticoles…

Max : « Nous voici dans le marais… »

Léo : « On était là-bas… »

Max : « Regarde Sam, là ce sont des marais salants. »

Samuel : « Vous connaissez les marais salants ? »

Max : « Bonome nous as tout expliqué sur l’Île d’Ut. C’est un peu compliqué. Il faut des canaux et des bassins pour apporter de l’eau propre depuis la mer dans les bassins que tu vois là. »

Léo : « Après, le soleil et le vent unissent leurs efforts pour faire évaporer l’eau et cristalliser le sel. »

Max : « Et le paludier peut récolter le sel. C’est très difficile comme métier paludier. »

Le chevalier : « Avez-vous vu la statue ? »

Samuel : « C’est un paludier qui porte du sel ! »

Léo : « C’est rigolo 🙂 »

Max : « Mais on est pas là pour admirer les statues. Allez bonome on se promène ! »

Samuel : « Il y a une aigrette garzette. On en voit beaucoup des aigrettes garzettes. »

Max : « C’est une bonne nouvelle. Ça veut dire que la population va bien et que son milieu de vie est en bonne santé. »

Léo : « Il faut quand même faire attention. On en voit beaucoup dans certains Royaumes mais pas partout. Parfois, un être vivant est très abondant quelque part alors on croit qu’il y en a beaucoup mais ça peut-être la seule population qui existe. »

Max : « Tu as encore raison Léonou mais les aigrettes garzettes on les a vues dans beaucoup d’endroits. »

Samuel : « C’est qui ce zoiso, là, dans les ronces ? »

Max : « Un cisticole des joncs ! Bonjour votre altesse ! »

Samuel : « Pourquoi tu l’appelles votre altesse ? »

Max : « Ben, c’est son Royaume ici ! »

Samuel : « Mais c’est pas une altesse. C’est un mignon petit zoiso. »

Léo : « En scientifique on l’appelle Cisticola juncidis et c’est un Cisticolidé. Je connais pas d’autre espèce de cette famille. »

Max : « On dit une cisticole. Toujours. Même si c’est un mâle. »

Léo : « Je savais pas. »

Max : « Tu peux pas tout savoir Léonou. »

Léo : « La cisticole est sédentaire. Elle migre pas. Elle aime les milieux ouverts, avec des herbes hautes, des arbustes… Souvent, elle s’installe dans les marais. Elle peut même fréquenter les vasières à salicorne. »

Samuel : « Elle est partie… »

Max : « Quelque chose me dit qu’on en reverra dans ce marais. »

Léo : « Bonome ! Regarde ! Il y a des odonates en tandem ! La femelle est en train de pondre dans l’eau ! »

Max : « Tu peux fotoer ? »

Le chevalier : « Je peux essayer… »

Max : « Ouaip… Ce sont pas tes plus belles fotos bonomou… »

Le chevalier : « D’accord Maxou. J’essaye encore. »

Max : « Ben voilà ! Tu vois quand tu veux ! »

Léo : « Tu crois qu’on peut identifier une espèce d’Anisoptère à sa façon de pondre ? Parce qu’il y a des femelles qui pondent toutes seules tous leurs œufs d’un coup dans un végéto, d’autres qui pondent toutes seules un œuf à la fois directement dans l’eau, d’autres encore qui pondent en tandem avec le mâle… »

Le chevalier : « C’est peut-être une façon de cibler rapidement un groupe d’espèces mais je ne sais pas si c’est un caractère spécifique. »

Max : « Je dirais bien qu’on étudiera le problème plus tard mais on aura jamais le temps… »

Léo : « Si un jour on y pense… »

Samuel : « Il y a d’autres cisticoles des joncs ! »

Léo : « Elles sont dans un arbre ! »

Max : « Ça va pas du tout, ça ! Normalement les cisticoles des joncs sont dans les joncs ! »

Léo : « En plus, j’ai lu qu’elles évitaient les arbres ! »

Max : « Pfff… Il va falloir écrire un rapport, convoquer les cisticoles et leur faire une formation… »

Léo : « Ben oui. Il faut leur expliquer ce qu’est un jonc et comment on le distingue des arbres. »

Max : « Et je vais encore prendre du retard dans mon blog… »

Le chevalier : « Max, tu es chocolatophage il me semble. »

Max : « Ben oui. Mais je vois pas bien le rapport avec les cisticoles des joncs qui sont pas dans les joncs. »

Le chevalier : « Tu es chocolatophage mais il t’arrive de manger du miel. »

Max : « Pas souvent. Tu oublies toujours d’en acheter quand tu vas dans les échoppes. »

Le chevalier : « Parce que vous en mettez partout à chaque fois. »

Max : « Je vois toujours pas le rapport avec les cisticoles. »

Le chevalier : « Est ce grave si un chocolatophage mange du miel parfois ? »

Max : « Ben non, c’est bon le miel. Miam ! »

Léo : « Je comprends. Max, ce que le chevalier veut nous faire comprendre c’est que c’est pas grave si les cisticoles vont parfois dans les arbres. C’est pas la peine de leur faire une formation. »

Max : « On fait pas de rapport ni de formation ? »

Le chevalier : « Ni l’un ni l’autre ! »

Max : « Tu es sûr ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Princesse va pas nous gronder ? »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Bonome, pourrais-tu au moins dire aux cisticoles de pas négliger les joncs quand même. Tu leur dis ça en zoisos pendant qu’on écoute pas. S’il te plaît. Ça me rassurerait. »

Le chevalier : « D’accord mon Maxou. Je leur ferai un petit rappel. »

Léo : « On continue la promenade ? »

Max : « Ben oui. Il fait beau. Profitons en ! »

Samuel : « Max, tu pourrais demander l’avis du chevalier ! C’est quand même lui qui marche. »

Le chevalier : « Il pourrait, certes. Mais l’idée ne l’a même pas effleuré. »

Max : « On t’a demandé tout à l’heure ! On va pas demander tout le temps ! Et puis, je te connais. Si tu as pas envie tu vas nous le dire. Tu peux même le dire de façon très cinglante 🙂 »

Le chevalier : « Je suis cinglant moi ? »

Max : « Oulala oui ! Tu cingles grave parfois. »

Le chevalier : « Moi, je cingle ? »

Max : « Oh oui alors ! Tu cingles, tu as cinglé, tu es un cingleur 🙂 »

Léo : « Samuel, regarde sur la berge. Il y a une bergeronnette grise. »

Samuel : « On la voit à peine ! Elle s’appelle comment en scientifique ? »

Léo : « Motacilla alba, Motacillidés. »

Samuel : « On a déjà vu des Motacillidés ? »

Max : « On a vu beaucoup de zoisos depuis ton arrivée et je sais plus lesquels… »

Samuel : « C’est pas grave cousin Max. Je sais plus moi-même. On l’a peut-être déjà vue la bergeronnette grise. »

Léo : « On la voit souvent. Il faut faire attention parce qu’il y a deux sous-espèces principales : Motacilla alba alba et Motacilla alba yarrelli. Elles sont pas toujours faciles à distinguer. »

Samuel : « C’est laquelle celle-là ? »

Léo : « Gris clair comme ça… Avec du gris encore plus clair sur les joues. Je pense à Motacilla alba alba en plumage internuptial. »

Max : « C’est la plus fréquente dans nos Royaumes. »

Samuel : « Vous connaissez bien les zoisos. »

Léo : « C’est parce qu’on les aime beaucoup. »

Max : « C’est beau un zoiso. »

Léo : « Ça te plaît le marais petit Sam ? »

Samuel : « Oui, c’est magnifique. Et c’est calme. Il y a pas de bruit. Et j’aime bien pocher 🙂 »

Max : « C’est reposant. Mais on voit pas beaucoup de zoisos… »

Léo : « C’est pas vrai Maxou. Regarde, il y a un tarier pâtre. »

Max : « Saxicola torquatus, Muscicapidés. »

Samuel : « On l’a déjà vu en Charentmaritimie. »

Léo : « Il est assez fréquent ce petit zoiso. J’ai lu récemment que le tarier des prés était classé dans la même espèce que le tarier pâtre jusqu’en 1995. Vous vous rendez compte ? »

Max : « Mais ils sont pas pareils ces deux zoisos ! »

Léo : « On a quand même du mal à les distinguer parfois. »

Le chevalier : « Dites mes petizours, pourriez-vous me rappeler la définition d’une espèce ? »

Max : « Oui bonomou. Une espèce est un groupe d’individus qui se ressemblent et qui peuvent avoir une descendance féconde. »

Le chevalier : « Très bien Max. Mais quelle partie de la définition est la plus importante ? »

Max : « Le critère de fécondité. Il faut qu’ils puissent avoir une descendance féconde. »

Léo : « Je vois où tu veux en venir. Le critère de ressemblance n’étant pas le plus important, deux zoisos qui se ressemblent un peu mais pas tout à fait pourraient être de la même espèce. Comme les tariers pâtres et des prés. Mais maintenant on sait qu’ils font pas des œufs ensemble. »

Samuel : « Oh ! Les Laridés ! Qu’est ce qu’ils font ? »

Max : « Ils se chamaillent ! Bonome, les Laridés se chamaillent et tu les grondes même pas ! C’est pas juste ! Nous tu nous grondes ! »

Léo : « C’est pas vrai. Il se moque de nous mais il nous gronde pas. C’est toi qui es injuste Maxou. »

Max : « Je suis injuste, je ronchonchone… Vous me trouvez tous les défauts de la terre… »

Léo : « Non seulement les tiens 🙂 et c’est ce qui fait ton charme. Oh : Un pouillot ! »

Max : « On connaît toujours pas les pouillots. En plus il nous tourne le dos. Vous croyez qu’il boude parce qu’on connaît pas les pouillots ? »

Samuel : « Petit pouillot, il faut pas bouder. On connaît pas bien les pouillots mais on les aime quand même. Il faut pas nous tourner le dos comme ça. »

Max : « Il t’a pas écouté et il est parti. C’est pas un gentil pouillot. »

Léo : « Ou alors il avait des trucs de pouillots à faire… On peut pas savoir. »

Léo : « Regardez ! Il y a un faucon ! »

Samuel : « Il se pose sur le poteau ! »

Max : « Bonome, tu le fotoes et tu t’en approches. Mais furtivement, il faut pas qu’il ait peur. »

Le chevalier : « Je vais faire au mieux… Voilà pour la foto. J’avance… »

Max : « Furtive bonome, furtive… »

Le chevalier : « Je ne suis pas sûr que le verbe furtiver existe. »

Max : « C’est pas le moment de discuter des points communs et des différences entre le français et le petitoursien du nord… Ben voilà ! Le faucon s’est envolé ! Pfff ! Il a dû avoir peur que tu lui fasses une interro de langue. »

Léo : « Tu peux nous montrer la foto s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo. »

Léo : « Mmmmm… Il est loin. On voit quand même que c’est un faucon crécerelle, Falco tinnunculus, Falconidés. »

Max : « Tu détermines pas le sexe ? »

Léo : « … Il a la tête grise. C’est un mâle. »

Samuel : « Tu reconnais le mâle et la femelle ! Rholala ! »

Léo : « Maxou aussi sait le faire. C’est pas toujours facile mais on y arrive. »

Max : « Dis bonome, c’est normal de voir une aigrette garzette dans un arbre ? »

Le chevalier : « Ne sont-elles pas arboricoles ? »

Max : « On les voit plutôt les pattes dans l’eau… »

Le chevalier : « Je pensais à leurs nids. Les Ardéidés peuvent nicher dans les arbres il me semble. »

Léo : « Oui oui. C’est ce que tu nous as dit. Mais les aigrettes peuvent nicher à même le sol, dans les roselières ou les saulaie inondées, les zones broussailleuses humides. Éventuellement les boisements humides. »

Max : « Elles nichent pas dans les arbres. Qu’est ce qu’elle fait là cette aigrette garzette ? Bonome, ça va pas du tout dans ce marais ! Les cisticoles des joncs sont pas dans les joncs. Les aigrettes vont dans les arbres… Il faut faire quelque chose quand même ! On peut pas laisser faire ! Sinon c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! »

Le chevalier : « La porte ouverte à toutes les fenêtres ? »

Max : « Petitoursien du nord 🙂 Tu la laisses faire ? »

Le chevalier : « Elle t’a entendu ronchonner et elle est partie. »

Max : « Mais je ronchonne pas ! Ça alors ! Je m’inquiète du désordre qu’il y a dans ce marais et on m’accuse de ronchonner. Pfff ! »

Samuel : « Pauvre cousin Max ! Tu es un incompris. »

Max : « Tout à fait ! Absolument ! Et on s’en fiche de moi ! »

Le chevalier : « Max… »

Max : « Oui bonome. »

Le chevalier : « J’apprécie vraiment le soin que tu apportes à bien faire la mission que Princesse m’a confiée mais pourrais-tu le faire avec… Comment dire ? Avec moins d’énergie. »

Max : « Tu apprécies ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Max : « Mais je suis trop agité ? »

Le chevalier : « Parfois… »

Max : « Tu préfères le calme de Léo ? »

Le chevalier : « Le calme dont tu es aussi capable. »

Max : « Je vais voir ce que je peux faire… Tu as pas peur de t’ennuyer ? »

Le chevalier : « Avec mes trois petizours naturalistes qui posent une question à la minute et qui n’en ont jamais assez d’inspecter le Pays des Zoisos ? Non, je n’ai pas peur de m’ennuyer. »

Max : « Bien. On continue ? »

Léo : « On continue ! »

Samuel : « C’est la journée des cygnes qui volent… »

Max : « Là ! Il passe ! »

Léo : « Et là il y en a deux ! »

Samuel : « Pourquoi ils se mettent l’un derrière l’autre ? »

Max : « C’est vrai ça ! Bonome, pourquoi ? »

Le chevalier : « Vous savez que pour voler un oiseau dépense beaucoup d’énergie. »

Max : « Oui bonome. »

Léo : « Surtout pour un cygne ! Il pèse lourd le cygne, et si il dépense pas d’énergie il tombe. Poum le cygne ! »

Le chevalier : « Oui, c’est à cause de la force de gravitation. Deux corps s’attirent. Là, la Terre attire beaucoup plus le cygne que le cygne attire la Terre. »

Max : « D’accord mais je vois pas le rapport avec la question de Samuel. »

Le chevalier : « En plus de la force de gravitation, il y a une autre force contre laquelle les oiseaux doivent lutter. C’est la force de frottement. »

Max : « Les cygnes frottent ? Mais ils frottent contre quoi ? »

Le chevalier : « Contre l’air mon petitours. »

Max : « Il y a plus d’air derrière le premier cygne ? »

Le chevalier : « Si, mais il y a des turbulences, des mouvements de l’air à cause du premier, qui font que les frottements sont moindres. C’est pour cette raison que les oiseaux se suivent ou se mettent en grand V quand ils volent en groupe. »

Samuel : « Merci chevalier. »

Max : « Mon bonome. »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Je suis fatigué. »

Le chevalier : « Tu es fatigué ? »

Samuel : « Moi aussi. »

Léo : « On s’est levés tôt pour faire la géologie et on a fait des choses fort savantes dès potron-minet. »

Max : « Et on a joué à chat-perché. »

Léo : « On a beaucoup marché avec nos petites pattes. »

Le chevalier : « Vous voulez rentrer ? »

Max : « Ben… Moi je profiterai plus de la promenade. Mes petits yeux se ferment tout seuls. »

Léo : « Les miens aussi. »

Samuel : « Tout pareil. »

Le chevalier : « Mes petizours sont fatigués. D’accord, on rentre. »

Max : « On fait demi-tour alors ? Tu nous en veux pas. »

Le chevalier : « Non, moi aussi je suis fatigué. Voulez-vous dormir dans ma poche ? »

Léo : « Ben non. On regarde quand même ! Imagine qu’il y a un beau zoiso et qu’on le rate parce qu’on dort ! »

Samuel : « C’est pas possible quand même ! »

Le chevalier : « Bien. Soyez vigilants. »

Max : « Un héron vient nous voir… »

Léo : « Un cendré ou un pourpré ? »

Max : « Un cendré. Ardea cinerea, Ardéidés. Bonomou, y a t il des hérons pourprés en Vendée ? »

Le chevalier : « Je n’en ai jamais vu… »

Léo : « Il y en a sûrement. La Vendée c’est pas loin de la Charentmaritimie. Il y a pas de raison qu’ils viennent pas jusqu’ici. »

Samuel : « Et celui-là ? C’est qui ce zoiso ? »

Léo : « Un geai des chênes ! Garrulus glandarius, Corvidés ! Rholala ! »

Max : « Tu l’as fotoé ? »

Le chevalier : « J’ai réussi à le suivre en rafalant… Voyons un peu ça… »

Max : « Tu as pas bien centré la focale de l’exposition mon bonome 🙂 »

Léo : « Max, fais pas semblant de connaître le vocabulaire des fotoeurs s’il te plaît. Tu vas passer pour un bêta. »

Max : « J’ai encore eu faux ? Zutalor ! »

Léo : « Je t’expliquerai un jour de pluie. »

Samuel : « C’est beau un zoiso en vol. Elles sont belles tes fotos chevalier. »

Le chevalier : « Merci Samuel. Mais Max a en partie raison : elles ne sont pas très bien cadrées… »

Max : « Ben voilà ! Tu recommences ! ‘Bououou mes fotos sont moches.’ On les aime bien nous. »

Léo : « Et c’est pas ta faute ! Le geai des chênes fait partie des zoisos qui ont un vol ondulé. Ils montent puis descendent puis remontent… »

Max : « Comme picpic ! »

Samuel : « C’est qui picpic ? »

Max : « Picpic ? C’est le pic vert ! Il a un vol assez caractéristique. D’abord il bat des ailes et a une trajectoire un peu ascendante. Puis il replie vite fait les ailes pour se reposer et sa trajectoire devient légèrement descendante. Et il recommence à battre des ailes… »

Samuel : « Le geai des chênes fait ça lui aussi ? »

Léo : « Je suis pas sûr qu’il replie les ailes… Mais il a pas une trajectoire rectiligne. »

Samuel : « Il a de jolies plumes bleues sur les ailes. »

Max : « On pourrait en faire quelque chose de ces plumes… Il faut que je trouve… »

Léo : « Oh ! Une autre cisticole ! »

Samuel : « Cousin Max, elle est pas dans les joncs… »

Max : « Ben oui ! Ça m’étonne pas ! On lui dit rien ! Comment veux-tu qu’elle aille au bon endroit si on lui fait pas de formation pour lui expliquer à quoi ressemblent les joncs ! »

Samuel : « 🙂 Tout à l’heure vous avez parlé de son habitat. Vous connaissez d’autres choses sur les cisticoles ? »

Léo : « Tu veux qu’on t’explique les cisticoles ? »

Samuel : « Ben oui. On est dans leur Royaume. »

Max : « Bonome, tu as entendu Samuel ? On fait une pause sur le banc. »

Le chevalier : « D’accord. Je vois que si Samuel vous demande quelque chose, vous n’êtes plus fatigués 🙂 »

Max : « Si, mais on fait un effort pour notre nouveau cousin. »

Le chevalier : « Je vois et je m’en réjouis. »

Samuel : « Moi aussi 🙂 Merci les cousins. »

Max : « Bonome, aurais-tu l’obligeance de nous aider à nous installer sur le banc et de nous donner mon beau livre s’il te plaît ? »

Le chevalier : « J’ai 🙂 Voilà… »

Max : « Alors… la cisticole… C’est quelle page déjà ? »

Léo : « Page 315. »

Max : « Hein ?! Tu connais la page de la cisticole ? Tu connais les pages de tous les zoisos de mon beau livre ? »

Léo : « Ben non, pas tous… »

Max : « Bonome, tu entends ça ? Il s’excuse presque de pas tout connaître par cœur. »

Léo : « J’aimerais bien… Mais c’est compliqué parce que les zoisos sont pas à la même page dans mon beau livre à moi. Alors je mélange un peu. Et comme je connais pas tous les zoisos je peux pas retenir toutes les pages… »

Max : « Pfff… Bon, la cisticole… Regarde Samuel. »

Samuel : « On la reconnaît bien. »

Max : « Oui, mais c’est pas toujours facile parce que c’est un petit zoiso. Et les petits zoisos sont difficiles à identifier de loin. »

Léo : « Bon, son petit bec fin nous indique que c’est plutôt un insectivore. Mais elle peut manger des graines aussi. Et des araignées. Elle mange l’araignée et après elle prend sa toile pour aménager son nid. Parce que les toiles d’araignées c’est très doux. »

Max : « Mais c’est gluant ! »

Léo : « Quand elles sont neuves. Mais plus après quelques jours. »

Samuel : « La cisticole, elle attrape les insectes en vol ? »

Léo : « Plutôt quand ils sont posés. Sur le sol, les branches… Mais elle fait pas des vols acrobatiques comme on a déjà vu des pouillots le faire. »

Max : « Bien Léo. Pourrais-tu nous parler un peu de leur comportement ? »

Léo : « Je sais pas trop quoi dire… Les cisticoles forment pas de bandes comme les mésanges. On les voit parfois en groupe mais c’est parce qu’elles sont au même endroit. Il y a pas de relations durables entre les individus. Elles sont très actives. Elles passent leur temps à se déplacer. On a eu de la chance de les voir posées calmement comme ça. Voilà… Ah ! J’ai lu qu’elles ont un comportement particulier pendant la parade. Elles volent vers le haut en sifflant sur une seule note puis redescendent brutalement. Enfin, je pense… Je me souviens plus bien. »

Samuel : « Rholala ! Tu connais bien les zoisos cousin Léo. »

Léo : « Cousin Max aussi. Mais, quand il s’agit des zoisos, il me laisse toujours expliquer. Je sais pas pourquoi. Lui aussi pourrait le faire. Même qu’il aimerait bien être spécialiste en zoisos et guide dans des réserves. Il a les connaissances suffisantes. Ce serait un bon guide. Intéressant et rigolo. »

Max : « Personne voudrait embaucher un petitours comme guide dans une réserve… Je serai jamais spécialiste en zoisos. »

Samuel : « Ben si. Tu les connais bien. De mieux en mieux même. Encore un peu de temps et tu seras spécialiste. On s’en fiche si c’est pas ton métier. »

Léo : « Samuel a raison Maxou. »

Max : « Peut-être… N’empêche que j’aimerais bien être guide. Ou alors être dans un observatoire et accueillir les visiteurs pour leur présenter et expliquer les zoisos… »

Léo : « Bonome, la prochaine fois qu’on va en Charentmaritimie on s’installe à l’Observatoire et Maxou fait l’ornithologue pour les visiteurs. »

Le chevalier : « Bonne idée Léo. On lui trouvera un gilet de la LPO. »

Max : « La LPO ? La Ligue de Protection des Zoisos ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Bonome, pourquoi tu es pas adhérent de la LPO ? »

Le chevalier : « Je n’y avais jamais pensé. »

Max : « Tu adhères en rentrant. Tu te débrouilles mais tu fais partie de la LPO dès ce soir. Hopla ! »

Samuel : « Dites, c’est qui ces gros zanimos ? »

Max : « Les moutons ? Tu connais pas les moutons ? »

Samuel : « Non, je connais pas les moutons Maxou. »

Max : « Bonome m’a déjà expliqué les moutons, il y a longtemps. Je me souviens plus de tout mais on relira mon blog ensemble. Comme ça tu les connaîtras toi aussi. »

Léo : « On arrive bientôt à notre monture… »

Le chevalier : « Quelque chose me dit que vous n’allez pas chahuter dans ma poche pendant la chevauchée du retour. »

Max : « Non, on va dodoer. »

Le chevalier : « Dodoer ? »

Max : « Oui, en petitoursien, faire dodo se dit dodoer. Le petitoursien est une langue simple et concise. Efficace quoi… Pas comme le français. »

Léo : « Une aigrette garzette ! »

Max : « Le premier et le dernier zoiso qu’on aura vu dans ce marais. L’aigrette garzette est l’alpha et l’oméga du Marais des Cisticoles 🙂 »

Le chevalier : « Oui Maxou. Bon, installez vous confortablement. Nous rentrons. »

En arrivant dans la cabane de Vendée, on dormait encore. Mais bonome nous a réveillés. Il voulait qu’on aille à la douche à cause qu’on avait beaucoup crapahuté dans la nature et qu’on était tout sales. La douche c’est toujours le moment de chamailler entre petizours. A chaque fois c’est pareil. On chahute, bonome arrive avec son air sévère, comme ça, et on l’éclabousse en rigolant. Il fait semblant de nous gronder et on rigole encore plus en l’éclaboussant plus fort. Après il nous sèche et nous chatouille et on rigole toujours. Là, comme on était fatigués, il nous a couchés tout de suite après la douche. On lui a demandé de nous raconter un histoire mais il voulait se doucher lui aussi avant de nous la raconter. Alors il nous a laissés un instant. Pas longtemps. Il s’est dépêché. Mais on était trop fatigués pour l’attendre. Quand il est revenu on dormait déjà tous les trois. Samuel se serre toujours contre Léo pour dormir. Pauvre Léo. Il peut plus bouger la nuit à cause de Samuel. Mais comme il aime beaucoup son nouveau cousin il le laisse faire. Il doit pas bien dormir mon Léo.

Voilà Princesse pour notre première journée en Vendée. C’était une journée assez dense. Mais bonome nous a prévenus que lundi ce serait vraiment dense. Je sais pas bien comment on peut faire plus qu’aujourd’hui… On a quand même vu les volcans de l’Ordovicien exploser partout, les zoms préhistoriques faire la poterie et l’agriculture et les zoisos du marais…

Je t’embrasse Princesse et j’espère que tu vas bien.

Continuer la promenade

2 réflexions au sujet de « 130 – Le Marais des Cisticoles »

  1. Bonjour le Vieux Chimiste 🙂
    Toi aussi tu utilises des mots compliqués que personne connaît à part toi et bonome 🙂
    Merci pour ces précisions.
    Et je suis rassuré si quelqu’un peut vérifier les erreurs en chimie. Parce que ça m’embêterait de dire des erreurs.
    A bientôt 🙂

  2. oups!!!!!!petite correction suite a mon premier commentaire:
    l’atome de silice est lié à :
    2 atomes d’oxygène
    o=si=o
    si=valence 4
    o=valence2
    peut_etre a bientôt pour la prochaine erreur en chimie

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