126-1 L’Île des Beaux Canards (première partie)

Jeudi 27 Octobre, An III

Léo se réveille seul…

Léo : « Ben… Ils sont où ? Ils seraient pas partis sans moi quand même ! MAX ! SAMUEL ! »

Max (ouvrant un œil) ! « Mmmmm… Qui m’appelle ? »

Léo : « MAX ! SAMUEL ! »

Max : « On est là ! »

Léo : « Vous êtes avec le chevalier ? »

Max : « Oui… »

Léo : « Vous avez dormi avec lui ? »

Max : « On a surtout dormi loin de toi… »

Léo : « J’ai encore sifflé dans mon sommeil ? »

Max : « Non non, tu as rholalaé. Tu arrêtais pas de rholalaer alors on s’est expatriés et bonome nous a recueillis. »

Samuel : « Bonjour cousin Léo. Tu as fait de beaux rêves ? »

Le chevalier : « Bonjour mes petizours. »

Max : « Tu es réveillé ? »

Le chevalier : « Tu es très observateur mon Maxou 🙂 »

Samuel : « Tu viens nous rejoindre cousin Léo ? »

Léo : « J’arrive ! »

Max : « Bon, nous voici tous réunis. C’est peut-être l’occasion de faire le planning de la journée. »

Le chevalier : « Pas la peine. Il est déjà fait. »

Max : « Tu sais où on va ? »

Le chevalier : « Là où tu voulais aller mon petitours. »

Max : « On va sur l’Île des Beaux Canards ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Léo : « Rhoooo la chance ! »

Max : « Tu vas pas commencer toi ! »

Samuel : « Cousin Léo, si tu pouvais un peu limiter les rhoooo et les rholala aujourd’hui… »

Léo : « Oui, je vais faire un effort 🙂 »

Max : « On part à quelle heure ? »

Le chevalier : « Nous prenons le bateau de 10h30. »

Max : « 10h30 ? Et il faut chevaucher jusqu’à l’embarcadère ! Oulala ! Léo, tu prépares les sacados et la pochette ! Sam, tu vas aider Léo. Bonome, tu sautes dans tes chaussettes et moi je cours préparer le café ! Allez ! On se bouge ! »

Plus tard, à l’embarcadère…

Max : « On va batoer 🙂 Vous vous rendez compte les cousins ? On va batoer ! »

Léo : « La chance ! »

Max : « La traversée est longue ? »

Le chevalier : « Environ une demi heure. »

Max : « Tu as prévu des gilets de sauvetage ? »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Bonome, je te rappelle qu’on sait pas nager nous ! Comment on fait si le bateau coule ? »

Le chevalier : « Pourquoi coulerait-il ? »

Max : « Je sais pas moi ! Mais je veux un gilet de sauvetage sinon j’embarque pas. »

Léo : « Voilà le bateau 🙂 »

Samuel : « On va batoer ! »

Léo : « Bonome, on peut aller tout devant ? Je voudrais voir les vagues. »

Max : « Et mon gilet de sauvetage ? »

Le chevalier : « Je n’en ai pas. Tu viens sans ou tu restes là. »

Max : « Une bouée ? »

Le chevalier : « Non plus ! »

Max : « Des flotteurs ? »

Le chevalier : « Rien ! »

Léo : « Ça suffit Maxou. Viens, on embarque ! »

Samuel : « On va batoer cousin Max ! Et on va tout devant ! »

Léo : « On va prendre les embruns sur la truffe ! »

Samuel : « On va voir les vagues ! »

Max : « Bon, d’accord ! On y va ! »

Un peu plus tard…

Max : « Bonome, tu peux nous fotoer pour montrer à Princesse s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr 🙂 »

Max : « On va sur le bastingage ! »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Ben si ! »

Le chevalier : « Non Max ! Vous n’irez pas sur le bastingage ! Et si vous tombiez à l’eau ? »

Max : « Ben oui, sans gilet de sauvetage… Tu vois ! Tu as pas voulu nous en donner ! »

Samuel : « Cousin Max est en forme aujourd’hui 🙂 »

Le chevalier : « Installez vous sur la caisse. »

Max : « Venez ! … Ça va comme ça ? Tu nous vois ? Tu vois la mer ? »

Le chevalier : « C’est parfait ! »

Max : « Sinon Princesse nous croira jamais ! »

Le chevalier : « 🙂 Voilà ! Tu veux voir ? »

Léo et Samuel : « Nous aussi ! »

Max : « Les petizours en bateau 🙂 »

Léo : « On voit même l’île ! »

Max : « Fais-en une autre bonome ! C’est pas tous les jours qu’on prend le bateau ! »

Le chevalier : « Voilà. Ça suffit maintenant. Profitez un peu de la traversée ! »

Léo : « Il y a des vagues ! »

Samuel : « On est tout secoués ! C’est rigolo 🙂 »

Léo : « Et il y a les embruns ! »

Max : « On va être tout salés 🙂 »

Léo : « On passe à côté d’un fort ! »

Max : « C’est lequel bonome ? »

Le chevalier : « Fort Enet. »

Max : « On peut aller le visiter ? »

Le chevalier : « Non, c’est une propriété privée. »

Max : « Il est à une famille ? »

Le chevalier : « Oui Max. »

Max : « Et ils habitent là ? »

Le chevalier : « Non, ils viennent pour les vacances. »

Max : « C’est une chouette maison de vacances ça 🙂 »

Léo : « Mais c’est pas pratique pour aller à la taverne 🙂 »

Max : « On pourrait pas aller aux zoisos si on habitait là. »

Léo : « Il nous faudrait un bateau. »

Max : « Et on mettrait notre monture sur le bateau ? Non, c’est pas une bonne idée. »

Samuel : « C’est bien le bateau ! »

Le chevalier : « Mais nous arrivons bientôt. »

Max : « Zutalor ! »

Léo : « Dis chevalier, on va faire quoi sur l’île ? »

Le chevalier : « Nous allons en faire le tour. Vous verrez, son littoral est très beau. Et peut-être verrons nous des oiseaux. Nous longerons Fort Liédot. Ce fort est assez étrange. Il a été construit dans un cuvette artificielle et il est presque invisible. Puis nous ferrons le tour du Fort de la Rade avant de retourner à l’embarcadère. »

Max : « On va faire tout le tour de l’île ? »

Le chevalier : « Oui, tout le tour 🙂 »

Léo : « On arrive ! Le bateau ralentit. »

Samuel : « Il va accoster. »

Léo : « Tu vois Max, il a pas coulé 🙂 »

Max : « Je disais ça pour rigoler et pour embêter bonome. »

Léo : « C’est pas gentil ! Il fait tout ce qu’il peut pour nous satisfaire et toi tu l’embêtes ! »

Samuel : « C’est pas digne d’un gentillours. »

Max : « Si on peut plus rigoler… »

Le chevalier : « Mes petizours, il est temps de grimper dans ma poche. »

Max : « On y va ! »

Léo : « Voilà ! On est installés ! »

Le chevalier : « Alors en route ! »

Max : « Ben voilà ! Tu as fait fuir un zoiso ! »

Le chevalier : « Oui, mais je l’ai fotoé ! Regarde. »

Léo : « Un rougequeue noir ! Phoenicurus ochruros, Muscicapidés. »

Samuel : « On a déjà vu un Muscicapidé ! Le tarier pâtre, Saxicola torquata je crois. »

Léo : « C’est ça ! Bravo petit Sam ! »

Max : « Et bravo bonome ! Tu fotoes plus vite que ton ombre 🙂 »

Le chevalier : « Ouaip 🙂 »

Max : « Dis, tu vois là-bas ? »

Le chevalier : « Sur l’estran ? »

Max : « Oui, ce serait pas… »

Le chevalier : « C’est probable. »

Max : « Alors on y va ! »

Samuel : « Qu’est ce que vous avez vu ? Dites moi ! »

Max : « Un beau zoiso 🙂 Sois patient ! »

Léo : « J’ai vu ! »

Samuel : « On dirait des oies mais elles ont les pattes noires. Ce sont des bernaches. Et on les a même pas vues au Royaume des Paons. Les seules bernaches que nous n’avons pas vues sont les bernaches cravant. Ce sont des bernaches cravant ? »

Léo : « Oui petit Sam, Brenta bernicla, Anséridés. »

Samuel : « Elles sont belles ! »

Léo : « Oui, ce sont de très beaux zoisos. Mais elles sont loin. On s’approche ? »

Le chevalier : « Évidemment ! »

Samuel : « J’ai vu toutes les bernaches du beau livre de zoisos de Maxou 🙂 »

Max : « Bonome, il y a des bécasseaux ! Je vais voir ! »

Max se laisse glisser le long de la jambe du chevalier.

Le chevalier : « Max ! Ne… »

Léo : « Trop tard ! Il court 🙂 »

Le chevalier : « Il va s’arrêter en arrivant dans la vase. Rejoignons le. »

Max : « On peut plus avancer ! C’est l’estran vaseux… »

Léo : « On les voit quand même. »

Léo : « Ce sont des bécasseaux variables et des bécasseaux sanderling. »

Samuel : « Calidris alpina, Scolopacidés mais les autres je sais pas. »

Max : « Calidris alba. En Bretagne ils étaient nos zoisos gardiens. Il faut bien regarder parce qu’il y a parfois d’autres bécasseaux : des violets, des cocorlis et des tas d’autres… »

Léo : « J’en vois pas… »

Max : « Pfff ! On en voit jamais ! »

Samuel : « Max le ronchonneur ! »

Max : « Je ronchonne pas ! »

Samuel : Si tu ronchonnes ! Quand on pfff c’est qu’on ronchonne ! »

Max : « Je pfff si je veux d’abord ! »

Léo : « Bonome, ils se chamaillent là ! »

Le chevalier : « Il me semble bien 🙂 »

Léo : « Tu as une troisième foulque 🙂 »

Samuel : « Je suis une foulque ? Je chamaillais ? »

Léo : « Oui petit Sam, tu chamaillais ! »

Max : « Tu vois, je te l’avais bien dit que tu te chamaillerais toi aussi. Tu es un juvénile Sam et les juvéniles ça se chamaille. C’est une loi de la nature. »

Samuel : « Je chamaillais… »

Léo : « Mais c’est pas grave petit Sam ! C’est rigolo ! Allez, viens, il y a d’autres zoisos. »

Samuel : « On peut aller voir les bernaches cravant avant ? S’il te plaît ? »

Léo : « On y va ! Bonome, on court voir les bernaches ! »

Max : « Allez bonome ! On y va nous aussi ! »

Max : « Tu nous parles un peu des bernaches cravant s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Elles nichent sur les côtes de la Baltique, dans la toundra basse près de la mer et viennent passer l’hiver par chez nous. Il y en a beaucoup entre l’Île d’O et le continent. Elles peuvent se nourrir sur l’eau, en basculant le corps comme les canards. Elles ont l’air grandes mais le sont à peine plus qu’un canard colvert. Leur longévité est de 12 à 15 ans. »

Samuel : « Pourquoi certaines ont des traits blancs sur les ailes ? »

Max : « C’est vrai ça ! Montre encore la foto s’il te plaît. »

Max : « Oui, on voit bien. Certaines ont le dos tout gris et d’autres ont des liserés blancs. »

Le chevalier : « Il me semble vous l’avoir déjà expliqué… »

Léo : « Avec les liserés blancs ce sont les juvéniles. »

Le chevalier : « Bien Léo. »

Samuel : « Léo : 20/20 ! »

Max : « 🙂 Ils sont nés au printemps et sont venus ici à l’automne ! »

Léo : « C’est impressionnant les migrateurs. »

Samuel : « Ils ont 6 mois et ils ont déjà parcouru des milliers de kilomètres. »

Max : « Tiens, une barge ! »

Léo : « Le dos est uni, le bec est orange et noir… »

Max : « Barge à queue noire, Limosa limosa, Scolopacidés. Bon, on a vu tous les zoisos ici. On avance ! »

Samuel : « Max se prend pour le chef ! »

Léo : « Max se prend toujours pour le chef 🙂 »

Max : « C’est comme ça ! C’est le plus ancien dans le plus haut grade qui commande ! Et je suis le plus ancien des petizours. »

Léo : « Oui chef ! »

Samuel : « A vos ordres chef ! »

Max : « Petizours, à mon commandement : pochez vous ! »

Le chevalier : « Je peux avancer ? »

Max : « Tu peux ! En avant ! »

Léo : « On va vers une plage ! On va jamais à la plage normalement. »

Max : « Bonome, c’est pas le bon jour pour te faire bronzer. Il fait tout gris. »

Le chevalier : « Nous faisons le tour de l’île… »

Max : « Oui. Tu fotoes ? C’est pour montrer à Princesse la diversité des estrans. Estran vaseux, estran sableux… »

Le chevalier : « Je fotoe 🙂 »

Léo : « Tu me montreras la foto de là s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Voilà Léo. »

Léo : « Merci chevalier. Agrandis un peu… J’en étais sûr ! »

Max : « Qu’est ce qu’il a vu encore ce Léo ? »

Le chevalier : « Je zoome et je vous montre… Bien vu mon Léo. »

Léo : « Je commence à bien les reconnaître. Même de loin 🙂 »

Max : « Mais qui ? »

Le chevalier : « Regarde. »

Max : « Un goéland cendré ! Tu as repéré un goéland cendré d’aussi loin ! Comment tu fais ? »

Léo : « Je sais pas. Ils ont quelques chose d’un peu particulier… Leur démarche peut-être. »

Samuel : « Tu es très fort cousin Léo ! »

Léo : « Merci petit Sam. Il s’appelle Larus canus. »

Samuel : « Larus canus Larus canus Larus canus… »

Max : « Oui oui Samuel Larus canus. »

Léo : « Oh ! Vous avez vu là-bas ? »

Max : « Qu’est ce que tu as encore vu ? »

Léo : « Ouvre les yeux Max ! »

Max : « Ça c’est étrange ! On dirait une accumulation de coquilles de Mollusques ! Qu’est ce qu’elles font là toutes ces coquilles ? »

Léo : « Bonome, tu marches dessus ! »

Max : « Elles craquent ! »

Léo : « Il y en a beaucoup ! »

Max : « Ça y est ! Tu as traversé ! Il faut fotoer ça ! »

Léo : « On descend étudier ! »

Max : « C’est quoi ces coquilles bonome ? »

Le chevalier : « Ce sont des coquilles de crépidules, Crepidula fornicata, Calyptraéidés. Ce sont des Mollusques Gastéropodes originaires de la façade atlantique de l’Amérique du Nord. Les crépidules ont été introduites par deux fois en Europe. Une première fois au 19ème siècle quand les ostréiculteurs ont décidé de faire venir des huîtres de Virginie. La seconde introduction date du début des années 1970 avec l’introduction de l’huître du Japon Crassostrea gigas. »

Max : « C’est une espèce férale ou une espèce invasive ? »

Le chevalier : « Invasive ! Les crépidules prennent de plus en plus la place des huîtres et des moules. »

Max : « C’est embêtant pour une région ostréicole. Mais c’est bien fait ! Les ostréiculteurs avaient pas à faire venir des huîtres d’Amérique ou du Japon. Ils sont bien punis. »

Léo : « Comment ça se fait qu’elles prennent la place des huîtres et des moules ? »

Le chevalier : « Elles ont quelques avantages reproducteurs. Elles sont hermaphrodites successifs, c’est à dire qu’elles changent de sexe au cours de leur vie. La fécondation est directe alors que les huîtres et les moules libèrent leurs gamètes dans l’eau et les rencontres sont assez aléatoires. »

Max : « Du coup il y a peu de fécondations… »

Le chevalier : « Les crépidules pondent plusieurs fois par an. »

Max : « Contre une seule fois pour les huîtres… »

Le chevalier : « Et elles n’ont pas de prédateurs en Europe. »

Max : « Ben oui ! Forcément ! »

Léo : « Alors il y en a beaucoup des crépidules. »

Le chevalier : « D’après des études menées dans les années 90 il y aurait 18 gigantesques gisements en Charentmaritimie. Ils couvriraient 181 hectares entre la presqu’île de Fouras et l’Île des Beaux Canards et 615 hectares dans la baie de Marennes Oléron. J’ai lu qu’il y aurait 80 000 tonnes de crépidules. »

Léo : « Alors, tout à l’heure, le bateau est passé au-dessus d’un grand gisement de crépidules. On peut même supposer qu’il y avait que ça au fond de l’eau. Et quand elles meurent, leurs coquilles s’échouent ici. »

Le chevalier : « Ce qui expliquerait cette accumulation. »

Max : « Merci bonome, on peut toujours compter sur toi 🙂 »

Le chevalier : « J’ai oublié quelque chose ! Les crépidules sont des Gastéropodes. »

Max : « Tu l’as dit ! »

Le chevalier : « Oui, mais la plupart des gastéropodes ont une radula, une langue couverte de petites dents qui leur permet de brouter les végétaux. Les crépidules sont des filtreurs, comme les moules et les huîtres. Et comme il y a une nette tendance à l’eutrophisation des eaux… »

Max : « STOP ! Bonome, mon bonomou, souhaiterais-tu que je te crie dessus ? Je peux le faire si tu veux. »

Le chevalier : « Eutrophisation ? »

Max : « Ben oui ! Tu crois que tout le monde connaît eutrophisation toi ? »

Léo : « Max, nous on connaît ! Bonome nous a déjà expliqué. Les milieux eutrophes, mésotrophes ou oligotrophes… »

Max : « La phytosociologie ! Léo, fais attention à toi ! Tu sais ce qui va t’arriver si tu fais la phytosociologie. Tu vas dire des choses bizarres et tu auras plus d’amis. »

Samuel : « Cousin Max se moque de cousin Léo 🙂 »

Max : « Non, je le mets en garde ! C’est la pente savonneuse Léo. Attention ! »

Léo (à Samuel) : « Je t’expliquerai 🙂 Eutrophisation ça doit vouloir dire qu’il y a de plus en plus de matières organique et minérale dans l’eau et donc qu’il y a de plus en plus de nourriture. Alors les crépidules en profitent. »

Max : « D’accord. Bon, on arrête avec les crépidules, ça suffit les crépidules. On va pas faire toute une sortie sur les crépidules ! Allez, fin de la pause ! On avance ! »

Léo : « On arrive à l’estran rocheux. »

Max : « Des cailloux tout cassés… »

Le chevalier : « Le chemin chemine en haut de la falaise. Je n’irai donc pas sur les cailloux tout cassés. »

Max : « Tu vas t’ennuyer. »

Le chevalier : « Pas avec toi 🙂 »

Max : « Avec moi on s’ennuie jamais ! »

Le chevalier : « On ne se repose pas beaucoup non plus… »

Max : « Ben vas-y ! Dis que je suis fatiguant ! Insulte moi ! »

Léo : « Max ! Tu exagères ! Bonome t’a pas insulté ! »

Samuel : « Viens cousin Max, je vais te gratouiller le front 🙂 »

Léo : « On voit la mer entre les arbres. On est haut ! »

Le chevalier : « Vous voulez aller voir ? »

Léo : « De ta poche ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 »

Max : « Bonome, t’approche pas trop du bord s’il te plaît. Si je me souviens, tu nous as expliqué que les falaises s’effondrent par le haut. Je veux pas être un éboulis, moi. »

Léo : « On va pouvoir étudier les roches ? »

Samuel : « Oh oui ! On va faire la géologie ? »

Le chevalier : « Plus loin, nous aurons l’occasion d’observer quelques roches et de fossiler un peu… »

Samuel : « Chouette ! »

Léo : « C’est bien la géologie ! »

Max : « Oui oui. Dis bonome, c’est quoi ces fruits rouges ? »

Le chevalier : « Ce sont des arbouses. Les fruits de l’arbousier, Arbutus unedo, Ericacées. »

Max : « Ça se mange ? »

Le chevalier : « Oui. Ces petites baies charnues sont comestibles mais elles n’ont pas vraiment de goût. Par contre elles sont riches en vitamines C. »

Max : « Mais on est fin Octobre, là. C’est pas un peu tard pour les fruits ? »

Le chevalier : « La preuve que non 🙂 Chez les arbousiers la floraison et la mise à fruits sont très tardives. Il n’est pas rare de trouver ces fruits même en plein cœur de l’hiver. »

Max : « Comme ça les zanimos ont de la vitamine C même l’hiver. »

Le chevalier : « Je devrais te fotoer dans l’arbousier. »

Max : « Tu peux pas ! Tu veux pas qu’on grimpe aux arbres ! »

Léo : « Pourquoi tu devrais le fotoer dans l’arbousier ? »

Le chevalier : « Pour faire une imitation du blason de Madrid 🙂 Pour une raison que j’ignore il y a, sur ce blason, un ours et un arbousier. »

Max : « Pourquoi tu veux pas qu’on grimpe aux arbre d’abord ? »

Le chevalier : « J’ai peur que vous vous blessiez. »

Max : « Bonome, je t’ai déjà dit : on est des peluches ! On peut pas être tout cassés si on tombe ! »

Le chevalier : « Mais vous pouvez vous déchirer ! Vous ne grimpez pas aux arbres et ce n’est pas négociable ! »

Max : « On peut jamais rien faire ! On peut pas grimper aux arbres. On peut pas chahuter avec les juvéniles… »

Samuel : « Max chonchon 🙂 »

Le chevalier : « Venez voir la vue… »

Léo : « C’est drôlement escarpé ! Rholala ! »

Max : « A marée basse on peut descendre ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou. »

Max : « Il y a pas une belle plage ici ? »

Le chevalier : « Un peu plus loin… Nous y arrivons. »

Max : « On va aller la voir ? »

Le chevalier : « Oui, et nous pourrons observer un peu les roches. »

Max : « On marche beaucoup et on voit pas de zoisos… »

Léo : « Bonome marche beaucoup, pas nous. Et ça repose un peu de pas voir de zoisos parce que hier on en a vu beaucoup. Rhooo… »

Samuel : « Cousin Léo, il faut pas rhoooer 🙂 »

Léo : « Oups ! Pardon, mais je repensais à tous ces beaux zoisos… »

Le chevalier : « Nous approchons… Voyez par vous même ! »

Samuel : « Ooooh ! »

Léo : « Cousin Samuel, il faut pas ooooher 🙂 »

Samuel : « 😀 »

Max : « Elle est toute petite cette plage ! »

Léo : « C’est une plage de petitours 🙂 »

Le chevalier : « C’est la bébé plage. »

Max : « Ah d’accoooord ! Elle va grandir alors ! Et il y aura une grande plage après ! D’accooord ! »

Samuel : « Cousin Max dit encore des bêtises 🙂 »

Le chevalier : « Bébé plage, c’est son nom. »

Léo : « On peut descendre sur la plage ? »

Le chevalier : « Oui, vous avez quartier libre pendant un quart d’heure. Puis rassemblement pour un peu de géologie. »

Max : « A vos ordres chef ! »

Les petizours courent sur la plage et se livrent à une manifestation groupale compulsive dans un espace interstitiel de liberté… Le quart d’heure s’écoule dans la joie et la bonne humeur malgré une certaine agitation…

Le chevalier : « Rassemblement des petizours ! »

Max : « On arrive ! »

Léo : « On est là ! »

Samuel : On est rassemblés ! »

Max : « On va faire la géologie ? »

Le chevalier : « Juste un peu. Venez voir… »

Max : « Alors… Au premier plan il y a des éboulis. Ils viennent d’un peu au-dessus. Puis on voit une couche jaune. On dirait du sable mais pas tout à fait. Et encore au-dessus, il y a une couche dure, grise, pas très épaisse et qui se débite en sphères… »

Le chevalier : « Bien Maxou. »

Samuel : « Max : 20/20 ! »

Le chevalier : « 🙂 Revenons à la foto précédente. »

Le chevalier : « Vous voyez que ce que vient de décrire Max est situé au dessus d’une autre couche dure et grise. »

Max : « Et ça t’aide pour nous dire à quel étage nous sommes ? »

Le chevalier : « Ça, je le sais. Nous sommes au Cénomanien inférieur. »

Léo : « Tu peux redire le Cénomanien s’il te plaît. Samuel connaît pas. »

Le chevalier : « C’est le premier étage du Crétacé supérieur. Il s’étend de 100 à 94 Ma avant nos jours. Il représente le plus haut niveau marin des 600 derniers millions d’années. Le niveau des mers était environ 150 mètres plus haut qu’actuellement. »

Max : « Le Cénomanien inférieur c’est comma Là Où Les Cailloux Sont Tout Cassés ! »

Le chevalier : « Exact. Regardez un peu cette coupe… »

Le chevalier : « Je pense que nous sommes sur la couche c, que la couche sableuse est la d et que les éboulis viennent de la couche e. »

Max : « Mais tu es pas sûr. »

Le chevalier : « Non… Mais d’après la carte géologique nous sommes ici sur la barre inférieure à orbitolines qui comprend les couches b, c et d. »

Max : « D’accord. Merci bonome. On vérifiera tout ça pour ma grande synthèse régionale. »

Le chevalier : « Tu vas vraiment la faire ? »

Max : « J’y travaille… »

Léo : « C’est vrai. Je l’ai vu faire. Il prend des notes. »

Max : « Mais c’est pas facile. »

Samuel : « On peut aller voir la mer ? »

Léo : « Tu veux aller voir la mer ? »

Samuel : « Oui, je voudrais m’asseoir sur un rocher et regarder la mer en silence. Vous voulez bien ? »

Léo : « On te suit ! »

On s’est assis comme le voulait Sam et on a fait silence. Au début on entendait que le bruit des vagues qui venaient mourir contre les rochers. Puis le vent s’est mis à souffler. Mais juste un peu, comme ça, pour dire bonjour. Alors on lui a officiellement présenté Samuel. Pour lui souhaiter la bienvenue il a fait une petite bourrasque et Samuel est tombé en arrière. Poum Samuel ! On lui a expliqué que c’était pour de rire et il a rigolé. Pour se venger il a soufflé très fort contre le vent. Et on a encore rigolé 🙂 Puis j’ai demandé au vent si il voulait bien qu’on raconte ses histoires à Samuel. Il a bien voulu. Et il nous en a raconté une belle sur la forêt fossile de l’Île des Beaux canards. On a pas pu l’observer cette forêt fossile à cause que c’était pas la bonne marée. Mais le vent nous a tout raconté. On peut pas te dire Princesse. Le vent veut pas. Il dit que tu devrais l’écouter parfois, que ça te ferait du bien. On est plus pareils une fois qu’on a écouté le vent. Je peux pas expliquer. Il faut essayer pour comprendre. Pendant qu’on écoutait la nature j’ai aperçu bonome, assis sur un rocher, un peu à l’écart. Encore une fois il faisait partie du paysage. Je sais pas si des zoms passant par là l’auraient vu. Il était parti dans sa tête mon bonome. Il devait être au Crétacé dans la forêt fossile pas encore fossilisée. Ou quelque part ailleurs… Et puis, il a fallu reprendre l’inspection. On pouvait pas rester indéfiniment comme ça, assis sur un rocher au bord de mer. C’est le vent qui a mis un terme à la pause. Il a fini son histoire et nous a dit de retourner vers notre bonome.

Max : « Bonome ! C’est fini la pause ! On reprend ! Allez ! Au travail ! »

Le chevalier : « Avançons un peu… Voilà. »

Max : « C’est la bébé plage 🙂 »

Le chevalier : « Savez vous que cette plage est artificielle ? »

Max : « Artificielle ? Ça veut dire qu’elle a été créée par les zoms ? »

Le chevalier : « Les zoms n’ont pas créé une plage mais ils sont à son origine. »

Max : « Là, il faut que tu expliques ! »

Le chevalier : « Vous connaissez Fort Boyard. »

Max : « Tu nous en as parlé. C’est le fort qui est dans la passe entre ici et la grande Île d’O. »

Le chevalier : « Bien Maxou. Il a fallu faire une plate-forme rocheuse pour pouvoir le construire. »

Max : « Pour faire ses fondations ? »

Le chevalier : « Plutôt une plate-forme rocheuse 🙂 Pour ce faire, il a fallu trouver des pierres. C’est ici qu’elles ont été prélevées. »

Max : « Ça veut dire que la petite anse est le résultat de l’exploitation des rochers du Cénomanien inférieur par les zoms ? »

Le chevalier : « Oui. Le sable est venu se déposer, ensuite est une plage est née. »

Léo : « C’est la première fois qu’on voit une plage artificielle. »

Samuel : « Dis donc chevalier, tu en connais des choses ! Tabarnak ! On apprend tout le temps avec toi. »

Le chevalier : « Tu ne regrettes pas d’être venu nous rejoindre ? »

Samuel : « Ah ben non alors ! Je suis là depuis quelques jours et j’ai déjà vu plus de 70 espèces de zoisos. J’ai touristé, inspecté des Royaumes, batoé… C’est bieeeen ! »

Le chevalier : « Ravi que ça te plaise mon petitours. »

Samuel : « Et en plus je suis déjà ton petitours. La chance ! »

Max : « Tu as été vite adopté toi 🙂 »

Max : « Bon bonome, je suppose qu’il va falloir prendre le bateau pour rentrer alors il faut pas traîner. On va pas rentrer à la nage quand même ! »

Le chevalier : « Ne t’inquiète pas. Nous avons le temps. »

Max : « On fait quoi maintenant ? »

Le chevalier : « Nous allons observer Fort Liédot. Il est là, derrière les arbres. »

Max : « Alors on y va bonome, on y va ! »

Le chevalier : « Le voici… »

Max : « Ah oui… C’est un fort enterré. On se promène et d’un coup, paf ! Fort Liédot ! »

Léo : « On peut le visiter ? »

Le chevalier : « Il me semble qu’il y a des visites guidées mais je n’ai pas réservé. »

Léo : « On le visite pas alors. »

Le chevalier : « Tu aurais voulu ? »

Léo : « Je sais pas. Peut-être… »

Le chevalier : « La prochaine fois alors. »

Max : « On va revenir ? »

Le chevalier : « Oui, cette visite est une première approche, une découverte de l’Île. Et j’aimerais bien voir la forêt fossile. »

Max : « Chouette alors ! On va revenir ! »

Léo : « On arrive devant la façade principale. »

Max : « Bonome, il y a un panneau avec des informations. Tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas le fotoer et on le mettra dans mon blog. Ça t’évitera de tout raconter. »

Le chevalier : « Bonne idée Maxou 🙂 »

Max : « Tu peux faire un gros plan sur la carte s’il te plaît ? J’aime bien les cartes moi. »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »Léo : « On en fait tout le tour de ce fort ? »

Le chevalier : « Oui, pour revenir d’où l’on vient et reprendre notre exploration du littoral. »

Léo : « On va voir des zoisos ? »

Max : « Léo, tu sais bien qu’on peut pas savoir ! »

Léo : « Mais on en a presque pas vu ! »

Max : « Il y a des jours comme ça. On y peut rien… Nous sommes revenus sur le sentier littoral. Qu’est ce que c’est beau ! »

Léo : « C’est encore la barre inférieure à orbitolines comme tout à l’heure ? »

Le chevalier : « Je suppose… »

Max : « Bonome, tu pourras m’aider pour ma grande synthèse régionale s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. Mais ce projet me paraît bien ambitieux et tu as déjà beaucoup de travail avec ton blog. »

Max : « J’aimerais bien le faire quand même. On est pas pressés. »

Le chevalier : « D’accord Maxou. Nous arrivons à un vaste platier. Je propose que nous fassions la pause déjeuner. »

Max : « Tu vas manger ton sandouich. Tu manges toujours des sandouichs pendant les inspections 🙂 »

Léo : « Ou des crêpes 🙂 Des galettes de sarrasin en Bretagne ou des crêpes au chocolat en Charentmaritimie 🙂 »

Le chevalier : « Et vous, vous mangez du chocolat. »

Max : « Tu en as pris ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 J’espère qu’il n’est pas tout fondu… »

Max : « Donne bonome ! Petizours, formez les rangs pour la distribution de chocolat ! »

Léo : « Bon appétit chevalier 🙂 »

Le chevalier : « Bon appétit mes petizours 🙂 »

Continuer la promenade

2 réflexions au sujet de « 126-1 L’Île des Beaux Canards (première partie) »

  1. Arthur tu devrais graver un blog. Les compléments du blog de Max. Merci pour ces précisions et à bientôt.
    Nous te serrons chaleureusement la patte 🙂

  2. Bonjour les petizours ! Merci pour ces belles photos et les explications 🙂
    Le blason de Madrid m’a intrigué et j’ai fait des recherches 🙂
    Les ours vivaient nombreux dans la campagne à cette époque, en particulier autour de Madrid. Symbolisant la force et le courage ils étaient l’un des trophées les plus admirés. Au début, l’ours sur le blason était appuyé sur une tour (symbole de Castille, présent sur tous les blasons des deux Castilles). D’autres sites ajoutent que le nom ancien de Madrid était « ursa » (ours en latin).
    Puis l’arbousier a remplacé la tour un peu plus tard, pour symboliser un accord entre la Ville et le clergé de Madrid, après qu’ils se soient disputés puis répartis les pâturages et les zones boisées de Madrid.
    Mais vous les petizours, vous avez un beau blason aussi, grâce à la super élève dessinatrice 🙂
    Serrage de pattes à tous trois 🙂
    Arthur

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