124-2 La Charmante Petite Ville

 La charmante petite ville…

Max : « Tu vas voir Samuel, on va tourister un peu. C’est rigolo de tourister. »

Samuel : « C’est quoi tourister ? »

Max : « Tourister ? C’est quand on se promène, comme ça, les mains dans les poches en sifflotant. C’est pas la peine de regarder partout comme quand on est naturalistes. Tourister c’est beaucoup plus reposant que de faire l’inspection. En plus, bonome va manger une crêpe au chocolat et on va avoir du chocolat. Huuuummmm ! »

Léo : « Le plus rigolo quand on touriste c’est Maxou qui raconte des histoires 🙂 »

Max : « Bonome, par quoi on commence ? On va sur les remparts tout de suite s’il te plaît ! »

Le chevalier : « Allons-y alors 🙂 »

Max : « Oh ! Zutalor ! On peut pas monter ! C’est interdit ! Pourquoi c’est interdit ? »

Le chevalier : « Vous avez dû remarquer qu’à cet endroit les remparts sont partiellement effondrés du côté de la ville. »

Max : « Mais d’habitude on peut passer là ! »

Le chevalier : « Les autorités ont dû juger que c’est trop dangereux. »

Max : « Pfff ! Bon, on va passer par l’escalier alors ! Mais c’est moins drôle. »

Léo : « Chevalier… »

Le chevalier : « Oui, vous pouvez pocher 🙂 »

Max : « Tu vas voir Samuel, c’est très beau de là-haut 🙂 »

Samuel : « Ooooh ! C’est bôôô ! »

Max : « Il me rappelle vraiment quelqu’un ce petitours blanc… »

Léo : « Bon, Maxou, je suppose que tu vas nous expliquer un peu la Charmante Petite Ville. Nous t’écoutons ! »

Max : « Que veux-tu que j’explique ? »

Léo : « Max… »

Max : « Bon d’accord. Mais c’est bien parce que c’est vous. »

Samuel : « Installe toi bien petit Sam. »

Max : « Alors voilà, nous sommes il y a longtemps et ici c’est une anse, c’est à dire qu’il y a la mer. C’est pas une grande mer profonde mais en Charentmaritimie il y a jamais la grande mer profonde. Là-bas, sur la butte, il y a un village qui s’appelle Hiers. Les habitants de Hiers savaient pas trop quoi faire de leurs journées alors il se sont dits : ‘Tiens, si on produisait du sel. Après tout il y a la mer ici. Et comme elle est pas profonde elle peut s’évaporer vite fait. Construisons des marais salants et devenons paludiers comme ça on s’ennuiera moins et on sera riches.’ Parce qu’à l’époque le sel ça coûte très cher oulala ! Même qu’on l’appelait l’or blanc. Mais il furent bien embêtés quand ils se rendirent compte qu’ils pouvaient pas l’exporter. Bien oui, il y avait pas de port ! Alors le sel s’accumulait, s’accumulait… Il y en avait partout. Toutefois des bateaux venaient quand même ici et, quand ils arrivaient, ils jetaient leur ballast dans la mer. Plouf le ballast. Alors lui aussi s’accumulait. Un jour un hiersois (c’est comme ça qu’on appelle les habitants de Hiers) dit : ‘Dites les gars, si on mettait tout le ballast au même endroit, ça ferait une plate-forme sur laquelle on pourrait construire une charmante petite ville qui servirait de port. Comme ça on pourrait exporter tout le sel et on serait enfin riches. Parce que là, on travaille, on travaille… mais on a pas d’argent.’ Là, on est en 1555. Et c’est la fondation de Jacopolis sur Brouage. Jacopolis sur Brouage devint un grand port de commerce. Plus de 200 bateaux pouvaient y venir ! Et la Charmante Petite Ville devint riche et prospère. Bon, après c’est compliqué. Parce qu’ici on est dans la Grande Province d’Aquitaine. Et l’Aquitaine, depuis qu’Aliénor a divorcé de Louis VII pour épouser Henri II, c’est l’Angleterre. Or l’anglais est protestant alors que le français est catholique. C’est comme ça, on y peut rien. Et que font les protestants et les catholiques quand ils se rencontrent à l’époque ? Ils se tapent dessus et ils se font la guerre. Forcément… Ben oui quand même ! Les protestants reconnaissent pas le culte des saints ! On peut pas les laisser faire ! Ça mérite bien de les brûler jusqu’au dernier ! Alors que les catholiques veulent un pape. Ça va pas du tout ça ! Un pape ! Et puis quoi encore ? Mais pendez moi un peu cette canaille ! Et les guerres de religion ont duré longtemps oulala ! Mais revenons à notre Charmante Petite ville. Louis XIII a nommé Jean Armand du Plessis, cardinal de Richelieu, gouverneur de la cité. Et Richelieu décida la construction d’une nouvelle enceinte. Pour transformer le port de commerce en port militaire. Ben oui. Vous vous rendez compte, les protestants tenaient La Rochelle et c’était intolérable ! Puis vint le grand Vauban. En 1685 il modernisa les bastions et les chemins de ronde et la Charmante Petite Ville prit son allure actuelle. Voilà, j’ai fini 🙂 »

Samuel : « Rholala ! Tu en connais des choses cousin Max ! Tu es historien aussi ? »

Max : « Non, c’est parce que j’aime beaucoup la Charmante Petite Ville. Et c’est bonome qui m’a lu un livre qui raconte son histoire. J’ai simplifié un peu. »

Léo : « Max, il y a quand même un aspect de l’histoire de la ville dont tu n’as pas parlé… »

Max : « Je vois pas de quoi tu parles. »

Léo : « Un personnage célèbre 🙂 »

Samuel : « Il y a un personnage célèbre ici ? C’est qui ? Raconte Max s’il te plaît. »

Max : « Je vois… Vous voulez que je vous raconte le personnage célèbre ? »

Samuel : « Oh oui ! S’il te plaît ! »

Max : « D’accord. Bien, nous sommes entre 1567 et 1574. On sait pas trop. Un petit garçon vient au monde ici. Ah oui, j’ai oublié de dire tout à l’heure. La Charmante Petite Ville a été fortifiée une première fois en 1578 pour faire une enclave catholique en territoire protestant. C’est bien les enclaves pour faire la guerre. Les zoms font toujours la guerre. Quand on étudie l’histoire, il y a toujours une guerre… »

Léo : « Max, tu t’égares ! »

Max : « Oui, tu as raison. Mais ça a pas bien marché l’enclave catholique. Elle a souvent été protestante, l’enclave catholique. Et le petit garçon a dû naître pendant une période protestante. Parce qu’il s’appelait Samuel ce petit garçon. »

Samuel : « Samuel ? Comme moi ? »

Max : « Oui Samuel. Comme toi 🙂 »

Samuel : « Et c’est protestant Samuel ? »

Max : « Les protestants choisissent souvent des prénoms tirés de l’Ancien Testament. Parce qu’ils lisent la Bible, eux. »

Samuel : « Mais je suis pas protestant moi ! »

Max : « C’est pas grave tu sais Samuel 🙂 »

Léo : « Max, l’histoire s’il te plaît ! »

Max : « Oui oui ! Bien, Samuel est baptisé à La Rochelle. Mais je sais plus quand. Son père est capitaine de marine et sa mère je sais pas. Comme il habite la Charmante Petite Ville, son avenir est tout tracé ! Il cultivera le sel. Mais Samuel veut pas. Oulala non ! Lui il veut vivre de grandes aventures. Il étudie les cartes et rêve de naviguer. Pendant son temps libre il construit un bateau. Mais pas un bateau en allumettes ! Un vrai et grand bateau. »

Samuel : « Mais il y a pas la mer ici ! »

Max : « Je vais tout t’expliquer Samuel, sois patient s’il te plaît. Alors Samuel construit son bateau, là, petit à petit. Puis, un jour, il le termine. Il se dit alors : ‘Zutalor ! Si j’avais fait attention, j’aurais vu qu’il y a pas la mer ici et j’aurais pas construit un bateau ! J’aurais fait une calèche et j’aurais pu rouler ! Mais là ! Oulala !’ Mais il allait pas jeter son bateau quand même ! Alors il est allé voir un charpentier. ‘Dites monsieur le charpentier, voulez vous bien m’aider.’ ‘Bien sûr, répondit le charpentier, que puis-je faire pour vous ?’Ben voilà, j’ai construit un grand bateau et je voudrais naviguer mais ici, il y a pas la mer.’ lui dit Samuel. ‘Ah oui, c’est embêtant ça ! lui répondit le charpentier. Et il ajouta : ‘Mais je vois pas ce que je peux faire pour vous.’ Samuel lui dit : ‘Ben oui mais il faut faire quelque chose ! Je m’ennuie moi ! Et j’ai appris que les québécois avaient même pas de ville ! Alors je m’étais dit : ‘Tiens, Samuel puisque tu as rien à faire cette semaine et que tu as un bateau si tu allais fonder Québec !’ Et j’ai bien aimé l’idée. Parce que là les Québécois errent comme des bêtes ! Et on peut pas les laisser faire !’ Le charpentier répondit : ‘Ben oui, d’accord, mais je sais pas quoi faire moi !’ Samuel lui dit : ‘Et si on faisait une grande planche à roulettes pour poser mon bateau dessus ? Après on pourrait le pousser jusqu’à la mer et je pourrais enfin fonder Québec ! ‘ Le charpentier dit : ‘Une grande planche à roulettes pour pousser les bateaux à partir des ports où il y a pas la mer ? Ma foi, pourquoi pas ! Allons-y !’ Et ils s’y mirent aussitôt. Quelques jours plus tard la planche à roulettes était prête. Le charpentier dit : ‘Ben voilà ! Une bonne chose de faite ! Bon, ben bon voyage et bien le bonjour aux Québécois ! Samuel lui répondit : ‘Euh… C’est qu’il est lourd mon bateau et je pense pas réussir à le poser tout seul sur la planche à roulettes. Vous voulez pas m’aider.’ Le charpentier répondit : ‘Eh ! Oh ! C’est que j’ai pas que ça à faire moi ! Faudrait voir à pas abuser quand même !’ Samuel fut tout à fait dépité. Il faut le comprendre ! Il avait la bateau, la planche à roulettes et l’idée de fonder Québec et il était coincé là ! Pfff ! Alors il arpentait les rues en demandant de l’aide à tout celui qui passait. Au bout d’un moment les habitants de la Charmante Petite Ville en eurent assez. L’un d’entre eux dit : ‘Bon, il commence à nous fatiguer celui-là ! Si on s’y met tous ce sera vite fait et après on sera débarrassé de lui ! Allez, au boulot les gars !’ Et, en moins de temps qu’il faut pour le dire, le bateau se retrouva à l’eau. C’est ainsi que Samuel pu naviguer jusqu’en Amérique et qu’il fonda Québec d’un coup, comme ça, le 3 juillet 1608. Voilà pour l’histoire de Samuel de Champlain. Parce que vous l’aviez reconnu je suppose. »

Samuel : « 🙂 Elle est même pas vraie ton histoire ! Mais elle est rigolote ! »

Léo : « Max aime beaucoup raconter cette histoire 🙂 A chaque fois il l’enrichit. »

Max : « C’est à cause de bonome ! »

Le chevalier : « Qu’ai-je encore fait ? »

Max : « Ben, tu te souviens pas ? La première fois que nous sommes venus ici tu m’avais pas expliqué qu’avant la Charmante Petite Ville était un vrai port avec la mer. Et, du haut des remparts tu m’as dit fièrement : ‘Tu vois petitours, c’est d’ici que Samuel de Chmaplain est parti en 1608 pour aller fonder Québec en Nouvelle-France.’ Tu l’avais fait exprès pour voir ma réaction. »

Le chevalier : « Et c’est à cette occasion que tu as inventé la planche à roulettes pour pousser les bateaux à partir des ports où il y a pas la mer 🙂 »

Max : « On a bien rigolé 🙂 »

Léo : « Moi j’ai fait des recherches et vous dites des erreurs tous les deux. »

Max : « On dit des erreurs ? »

Le chevalier : « Léo, tu sais bien que c’est tout une erreur ce que raconte Max. »

Léo : « Ben oui, je sais ! C’est pour de rire tout ça. Mais il y a quand même des erreurs. »

Le chevalier : « Je t’écoute mon Léo. »

Léo : « Déjà c’est Samuel Champlain. C’est une erreur de dire Samuel de Champlain. Il était pas noble Samuel. Et puis, même si la Charmante Petite Ville était un port, il est pas parti d’ici Samuel. Il a pas trouvé d’armateur ici. Alors il a cherché ailleurs et il est parti de Honfleur, en Normandie. J’ai regardé des fotos et c’est charmant aussi. Il faudra y aller un jour. »

Max : « Léo et ses recherches ! Bonome, c’est toi qui as dit des erreurs ! »

Le chevalier : « Oui, désolé. Merci Léo de me corriger. »

Léo : « A ton service bonome 🙂 »

Samuel : « Mais qu’est ce qu’il y a de vrai alors dans l’histoire racontée par Max ? »

Léo : « Samuel Champlain est peut-être né à Brouage. On sait pas trop. Et il voulait réellement naviguer. Il a bien étudié la cartographie comme l’a dit Maxou. Et il a été militaire avant de devenir navigateur. Je crois me souvenir qu’il a fait quatre voyages en Nouvelle-France. C’est lors du 3ème qu’il a fondé Québec. Voilà. Je sais plus le reste. »

Samuel : « Rholala ! On apprend des choses avec vous ! Et Max est rigolo quand il raconte des histoires qui sont même pas vraies 🙂 »

Max : « Bon, bonome, tu avais pas parlé d’une crêpe au chocolat ? »

Le chevalier : « Si 🙂 Allons-y. »

Quelques minutes plus tard, à la taverne…

Max : « Huuummm c’était bon ! »

Le chevalier : « Pour une fois vous m’avez laissé du chocolat 🙂 »

Max : « On est pas des sauvages nous ! »

Le chevalier : « Dites, puis-je vous laisser tous les trois quelques instants. J’ai une course à faire. »

Max : « Tu vas pas nous abandonner ?! »

Léo : « Tu recommences ! Mais non ! Il va faire une course ! Max ! »

Max : « Tu vas revenir ? Tu promets !»

Le chevalier : « Mais oui mon petitours ! Que ferais-je sans vous ? A tout de suite. »

Quelques instants plus tard… Les petizours sont en pleine discussion…

Le chevalier : « Vous papotez ? Puis-je vous interrompre ? »

Max : « Tu peux bonome ! »

Léo : « Tu vois qu’il est revenu ! »

Max : « Ben oui ! Je le savais ! C’était quoi ta course à faire ? »

Léo : « Max l’indiscret ! »

Max : « Ben voilà ! Max l’indiscret ! Max le ronchonneur ! »

Samuel : « Max le raconteur d’histoires même pas vraies ! »

Le chevalier : « 🙂 Poussez vous un peu et fermez les yeux. »

Léo : « Tu as une surprise pour nous ! »

Max : « Chouette alors ! »

Le chevalier : « Regardez ! »

Samuel ! « Ooooh !!! »

Léo : « Rholala ! »

Max : « Un grand livre de zoisos ! »

Léo : « Rhooo la chance ! »

Max : « C’est pour Samuel ? »

Léo : « Il a pas de livre de zoisos lui. »

Le chevalier : « Non. Désolé Samuel. Celui-ci est pour moi. Mais je vous le prêterai tant que vous voulez. »

Samuel : « Vous avez de la chance quand même ! Vous allez aux zoisos, vous avez des beaux livres. Le chevalier vous prête son livre et il vous offre des crêpes au chocolat. Et des fois vous touristez. La chance ! »

Max : « Samuel, tu as pas l’air de comprendre. Toi aussi tu fais tout ça maintenant. Tu as mangé de la crêpe. Tu es venu aux zoisos et tu as touristé. Tu fais partie de la famille maintenant. »

Léo : « La tribu des petizours ! »

Samuel : « Il va falloir que je m’habitue à tout ça… »

Léo : « On peut regarder le grand livre de zoisos s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr ! »

Léo : « Qu’il est bôôô ! »

Max : « Les fotos sont magnifiques ! Tu vas encore faire des complexes bonome ! »

Le chevalier : « Max, reconnais que mes fotos sont bien moins belles que celles de ce livre ! »

Max : « Bonome, c’est un livre de spécialistes ! Il ont forcément choisi les plus belles fotos ! T’es bête toi ! »

Samuel ! « Max ! On dit pas ça à un grand chevalier qui est si gentil avec ses petizours ! »

Le chevalier : « Ah si ! Max dit ça ! Oui oui ! Oulala ! »

Samuel : « Alors tu es pas un gentillours ! »

Max : « Ben si ! Même que c’est monsieur de la Fontaine qui l’a dit ! Dis bonome, on peut regarder les grébous ? »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou. »

Samuel : « Il a pas dit s’il te plaît ! »

Max : « S’il te plaît bonome. »

Le chevalier : « Ça me plaît. »

Léo : « Ben oui, c’est ton chouchou grébou ! »

Max : « Et toi, tous les zoisos c’est ton préféré ! »

Samuel : « Ooooh ! »

Max : « Tu vois Samuel, lui c’est grébou, le grèbe castagneux. On le connaît bien grébou. Et il est avec ses petits. Chez les grèbes, les petits font du parent-stop. Ils montent sur leur dos, entre leurs ailes. Les parents peuvent même ploufer avec leurs petits sur le dos. »

Samuel : « Vous avez déjà vu ? »

Max : « Le parent-stop oui. Plusieurs fois. Une fois le petit venait de sortir de son œuf. Il avait 40 heures tout au plus. Et ses parents lui ont mis une plume dans le bec, comme tétine. Je te montrerai. C’est dans mon blog. Bon, bonome, t’es tu assez caféiné ? Veux-tu que je commande un second hectolitre ? »

Le chevalier : « 🙂 Oui, je me suis assez caféiné 🙂 »

Max : « Alors en route ! »

Continuer la promenade

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