113 – Les habitats du Royaume des Bernaches (Oulala c’est compliqué)

Dimanche 7 Août, An III

Léo : « Chevalier, qu’est ce que tu lis ? »

Le chevalier : « La description d’un milieu. »

Léo : « Quel milieu ? »

Le chevalier : « Hydrocharition morsus-ranae, variante à Utriculaire citrine. »

Léo : « L’utriculaire citrine ? La jolie fleur jaune qui dépasse de l’eau ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Léo : « Et c’est quoi l’hydrokarition de la morsure rayée ? »

Le chevalier : « Hydrocharition morsus-ranae. »

Léo : « Oui. C’est quoi ? »

Le chevalier : « Un groupement de végétaux en milieu aquatique. »

Léo : « C’est ce qu’on voit au Marais du Royaume des Bernaches ? »

Le chevalier : « Oui. »

Léo : « On pourrait y aller pour que tu nous expliques. »

Le chevalier : « Pourquoi pas 🙂 »

Léo : « MAX ! METS TON SACADO ! ON VA AU ROYAUME DES BERNACHES ÉTUDIER L’HDROCHARITION DE LA MORSURE RAYÉE ! »

Max (qui arrive dans la seconde avec son sacado sur le dos) : « Le quoi ? »

Léo : « L’hydrocharition de la morsure rayée. C’est un groupement de végétos en milieu aquatique. »

Max : « On va pas aller dans l’eau ? »

Le chevalier : « Non, promis. »

Max : « Parce que j’ai peur des brochets moi. »

Le chevalier : « Je sais Maxou. »

Max : « Et on sait pas nager nous. »

Le chevalier : « Je le sais aussi 🙂 »

Max : « C’est la première fois qu’on va étudier un milieu. »

Le chevalier : « Il y en a beaucoup à étudier. »

Max : « Et c’est seulement maintenant que tu nous le dis ? »

Le chevalier : « Je n’en avais jamais eu l’occasion. »

Max : « Il y a une classification des milieux ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Et tu nous l’a pas enseignée ? »

Le chevalier : « Ben non. »

Max : « A nous, tes petizours naturalistes ? »

Le chevalier : « Et non. »

Max : « Tu nous laisses graver un blog naturaliste alors qu’on est totalement ignorants de la classification des milieux. »

Le chevalier : « Absolument. »

Max : « Bonome ! »

Le chevalier : « Max ! »

Max : « Mais… Mais bonome, quand même ! Pour qui tu nous fais passer ? »

Le chevalier : « Pour des petizours naturalistes qui connaissent des tas de choses fort savantes mais pas encore la classification des milieux. Parce que l’un des deux a un peu plus d’un an de pratique et l’autre 10 mois à peine. On y va ? »

Léo : « On y va ! »

Pendant la chevauchée…

Léo : « Chevalier, tu peux nous expliquer un peu la classification des milieux s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Bien sûr. Dans le secteur il existe cinq grands types d’habitats. »

Max : « Habitats ou milieux ? »

Le chevalier : « Habitats Max. Pardonnez mon erreur. »

Max : « Ça arrive de dire des erreurs bonome. C’est pas grave. Il y a donc cinq grands types d’habitats. Peux-tu nous les citer ? »

Le chevalier : « De tête, comme ça, en pleine chevauchée ? »

Max : « Oui. Et c’est noté 🙂 »

Le chevalier : « Il y a les habitats aquatiques et amphibies, les habitats des murs et des pieds de murs, les habitats anthropiques et nitrophiles herbacés, les habitats des mégaphorbiaies, prairies et pelouses et enfin les habitats des fourrés, manteaux arbustifs, des forêts et de leurs coupes. J’ai bon ? »

Max : « Euh… Oui oui. Tu as une bonne note. Bravo bonome ! »

Léo : « Et l’hydrocharition à morsure rayée, il appartient aux habitats aquatiques et amphibies je suppose. »

Le chevalier : « Tu supposes bien. Mais nous voici arrivés. Parquons notre monture et allons explorer. »

Au Royaume des Bernaches…

Max : « Je propose que nous allions d’abord faire le tour de l’étang avant d’étudier l’hydrocharition de la morsure rayée. »

Léo : « Moi je veux bien. »

Le chevalier : « Alors allons faire le tour de l’étang. »

Max : « On va peut-être voir de beaux zoisos. »

Léo : « Ouiii 🙂 »

Max : « On commence par une jeune poule-d’eau. »

113 01 Une jeune poule d'eau 113 02 Une jeune poule d'eau

Léo : « J’aime beaucoup ses grandes pattes avec de longs doigts fins. »

Max : « Elles sont un peu verdâtres. Et tout le monde sait que pattes vertes se dit chloropus en grékancien. D’où le nom de la poule-d’eau : Gallinula chloropus. »

Léo : « Ses fins doigts permettent de la distinguer de la foulque macroule qui, elle, a les doigts aplatis. »

Max : « Oui Léo, tout à fait Léo. Les plumes blanches de sa queue le permettent aussi. Même qu’on appelle ça un miroir. Mais on se voit pas dedans 🙂 »

Léo : « Tu voudrais t’admirer dans les fesses d’une poule-d’eau toi ? »

Max : « 🙂 Tiens, des Odonates. Ça fait longtemps qu’on a pas fait l’Odonatologie 🙂 Les triangles alaires, les nervures anténodales et tout ça… Bonome, peux-tu nous expliquer ces Odonates s’il te plaît. »

113 03 Des Odonates

Le chevalier : « On les voit mal. Ils sont trop loin. »

Max : « Et bien zoome ! »

Le chevalier : « Oui Maxou. Bien Maxou. Voilà Maxou. »

Max : « C’est bien bonomou 🙂 Commence par celui qui est tout seul. »

113 04 Un OdonateLe chevalier : « A tes ordres chef ! Alors… L’abdomen est couvert d’une pruine bleuâtre, le triangle de l’aile antérieure est tourné vers l’arrière et l’individu est perché. Ou plutôt posé. Je déduis de ces caractères que nous avons affaire à un libellulidé. »

Max : « Tu as ouvert le livre que tu as dans ta tête ? »

Léo : « Max, le coupe pas. J’écoute moi ! »

Le chevalier : « Pas de tâche noire à la base des ailes antérieures… Oui, il y a plus de 8 nervures anténodales… »

Max : « Léo, tu as remarqué que quand bonome étudie un Odonate, il est imperméable à ce qui se passe autour de lui ? Il est dans sa tête. »

Le chevalier : « Zutalor ! On ne voit pas bien l’aile sur cette foto ! Tant pis… Genre Orthetrum… Le ptérostigma est sombre. Je dirais qu’il est noir. Ce doit être un orthétrum réticulé, Orthetrum cancellatum. Mais il manque les bandes jaunes sur le bord de l’abdomen. Mes petizours, je vous présente l’orthétrum réticulé. »

Max : « Tu es revenu avec nous ? Je faisais remarquer à Léo que tu es toujours totalement absorbé par ton analyse quand tu étudies un Odonate. »

Le chevalier : « C’est que ce n’est pas facile 🙂 »

Max : « Et ceux qui sont en train de s’accoupler ? Tu les connais ? »

113 05 Deux autres OdonatesLe chevalier : « Tu me demandes une seconde détermination ? Maintenant ? »

Max : « J’aimerais bien. Mais tu es pas obligé. »

Le chevalier : « Tu ne m’en voudras pas si je ne le fais pas tout de suite ? »

Max : « Non bonome. On le fera à la cabane, un soir ou un jour de pluie. Pas de problème bonome. »

Léo : « Et comme ça on peut avancer et aller à la roselière. »

Max : « Toi, tu as envie de revoir blongios 🙂 »

Léo : « Ben oui 🙂 Je l’ai juste aperçu de loin. Je voudrais bien lui être présenté quand même ! »

Max : « On y va Léo mais tu sais bien qu’on peut pas prévoir au Pays des Zoisos. Il sera peut-être pas là. Bonome, tu veux bien t’activer une peu ? On traîne là ! »

Le chevalier : « Alors sors de ma poche et cours devant nous 🙂 »

Max : « Non, il faudrait que je vous attende et ça m’énerverait 🙂 »

Léo : « On approche… »

Max : « LE ZOISO EN VOL ! Tu as fotoé bonome ? On aurait dit grébu ! »

113 06 Grébu qui vole 113 07 Grébu qui vole

Le chevalier : « C’était effectivement grébu. Quel œil ! »

Léo : « Toi aussi tu deviens un superzieux 🙂 

113 08 Grébu sur l'eau 113 09 Grébu sur l'eau

Max : « Grébu en vol… Il était pressé de venir nous voir 🙂 Bonjour Grébu, tu vas bien ? As-tu pensé à notre invitation ? »

Le chevalier : « Max, nous n’irons pas à la mer avant des mois. »

Max : « Oui, ça je sais. Mais si on en parle maintenant ça nous laisse le temps de régler tous les détails. Il faut qu’il prévoit son itinéraire grébu. C’est pas à côté la Charentmaritimie. »

Léo : « Les juvéniles sont invités aussi ? »

Max : « Je sais pas. Bonome ? Qu’est ce que tu en penses ? »

Le chevalier : « J’en pense que les zoisos sont libres de se déplacer et que, s’ils veulent aller à la mer, ils vont à la mer. Ils n’ont pas besoin de notre invitation. »

Max : « Oulala ! Il est d’humeur ronchonne chonchon. Léo, pourquoi tu parlais des juvéniles ? »

Léo : « Parce qu’il y en a un là, juste devant nous. »

113 10 Un jeune grébu 113 11 Un jeune grébu

Max : « Son cou est encore un peu rayé mais c’est plus un tout petit. »

Léo : « C’est un juvénile Max. C’est plus un nourrisson. »

Max : « Bonome, tu as vu quelque chose ? »

Le chevalier : « Oui, je fotoe une poule-d’eau qui fait sa toilette sèche. »

113 12 Une poule d'eau 113 13 Une poule d'eau
113 14 Une poule d'eau 113 15 Une poule d'eau

Max : « Mademoiselle aux pattes vertes 🙂 Qu’est ce qui court là-bas ? »

113 16 Un petit rongeur 113 17 Un petit rongeur

Léo : « Un petit rongeur ! »

Max : « On connaît pas bien les petits rongeurs. Bonome, tu le connais toi ? »

Le chevalier : « Non… »

Max : « Tu as pas un livre de Mammifères dans ta tête ? Pourtant tu en as acheté un ! Tu le connais pas encore par cœur ? C’est pas grave. On regardera ce soir, dans la cabane. »

Le chevalier : « Je pense quand même que c’est un rat, Rattus sp., Muridés. »

Léo : « Qu’est ce qu’il fait là ? »

Le chevalier : « Observez attentivement. »

Léo : « Je vois ! Il vient manger le poisson mort ! »

Max : « Il est nécrophage le rat ? »

Le chevalier : « Omnivore. Il mange tout ce qu’il trouve. »

Léo : « Il est pas difficile lui 🙂 »

Max : « Et, du coup, il nettoie la nature en éliminant les cadavres. Ça évite la prolifération des microbes. Merci le rat. »

Léo : « Les zoms aiment pas les rats. »

Le chevalier : « Pourtant ils les emmènent partout où ils vont 🙂 Les rats sont présents sur toutes les îles sur lesquelles les navigateurs ont fait escale. »

Max : « Voilà ! Encore une bêtise des zoms. Les rats ont perturbé tous les écosystèmes. »

Le chevalier : « Oui, ils sont souvent responsables de la disparition d’oiseaux car ils se nourrissent de leurs œufs. »

Léo : « C’est vrai qu’ils sont intelligents les rats ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. Ils sont très intelligents. C’est aussi pour cela qu’ils sont utilisés comme animaux de laboratoire en neurobiologie. Saviez-vous que dans la Ville-Capitale il y a au moins autant de rats que d’habitants ? »

Max : « Oulala ! Ça fait beaucoup ! »

Le chevalier : « Oui, mais comme tu le disais ils nettoient l’environnement. Le problème est qu’ils peuvent porter des microbes transmissibles à l’homme : le virus de la rage, la bacille de la peste… »

Max : « Aïe ! Je comprends pourquoi les zoms les aiment pas alors. »

Léo : « Moi, je les aime bien quand même. Ce sont de beaux zanimos. »

Max : « Oui Léo mais on peut pas passer la journée à parler des rats. On a des habitats à étudier nous. »

Léo : « Attends Maxou ! Il y a un petit zoiso ! Chevalier, le vois-tu ? »

Le chevalier : « Oui… Je fotoe… Voilà ! »

Max : « Tu as pas fait au gros zoom ! On va pas le voir ! »

Le chevalier : « Le gros zoom n’est pas assez rapide et les fotos ne sont pas belles. Voyons celles-ci… »

113 18 Une rousserolle 113 19 Une rousserolle

Max : « On le connaît pas ce zoiso… Léo, il te dit quelque chose ? »

Léo : « On voit pas bien… Il ressemble un peu à un pouillot mais c’est pas un pouillot. Tu as pris ton livre de zoisos ? »

Max : « Oui, il est dans le sacado de bonome. »

Léo : « Chevalier, pourrais-tu… »

Le chevalier : « Te donner les livres 🙂 Oui Léo, les voici. »

Léo : « Merci chevalier 🙂 Les pouillots… Page 328 du beau livre de Max… »

Max : « Tu as dit que c’était pas un pouillot ! »

Léo : « Oui oui, il faut regarder quelques pages avant… Les rousserolles… Mmmmm… Voyons ça… Qu’est ce que tu en penses chevalier ? »

Le chevalier : « Tu penses que c’est une rousserolle ? »

Léo : « Oui, je suis à peu près sûr. Mais laquelle ? Elles se ressemblent beaucoup les rousserolles. »

Le chevalier : « Regardons ça de plus près. D’après les cartes de répartition en Europe, nous pouvons exclure les rousserolles des buissons et les rousserolles Isabelle. Restent les rousserolles effarvatte et verderolle… Mmmmm… »

Max : « Vous êtes rigolos tous les deux 🙂 Vous Mmmmmez en vous grattant la tête 🙂 »

Léo : « Nous, au moins, on cherche. »

Max : « Et moi je vous laisse faire 🙂 »

Le chevalier : « Bien, d’après ce que je viens de lire je dirais que c’est une rousserolle verderolle. »

Léo : « Oui, c’est celle qui peut s’observer dans les phragmites. Acrocephalus palustris, Acrocéphalidés ! Un zoiso de plus ! »

Max : « Bien. Vous pouvez arrêter de vous gratter la tête maintenant 🙂 Si on a vu un nouveau zoiso, on verra pas blongios. »

Léo : « Pourquoi ? »

Max : « Léo, on peut pas avoir trop de belles choses d’un coup. Sinon, après, on aurait plus rien à voir. Et puis, blongios était un peu fâché de pas nous avoir vus plus tôt. Alors il va nous faire attendre un peu. Il va pas venir comme ça, là, tout de suite. Bonome, dis aux zoisos de le prévenir qu’on est venus et qu’on comprend qu’il soit un peu fâché. On reviendra le voir. Et si il le faut, on reviendra encore et encore. »

Le chevalier : « Bien Maxou. Je transmets. »

Léo : Dis chevalier, la phragmitaie, ce serait pas un habitat aquatique et amphibie ? »

Le chevalier : « Si mon Léo. »

Léo : « Tu voudrais bien nous le présenter. S’il te plaît. »

Le chevalier : « Si tu veux. Max, qu’en penses-tu ? »

Max : « Bonomou, veux-tu bien cesser de demander l’avis de l’autre petitours quand l’un est d’accord ? »

Le chevalier : « Léo, qu’en penses-tu ? »

Léo : « 🙂 T’es trop bête bonome ! »

Max : « On pourrait revenir à la phragmitaie oui ? »

Le chevalier : « Revenons y ! 1.6 Végétation des eaux sur sol mésotrophe à eutrophe (roselières et cariçaies). »

Max : « Qu’est ce que c’est que ça ? »

Le chevalier : « C’est le titre ! »

Max : « Ça faisait longtemps 🙂 Mésotrophaheutrophe ? Cariçaies ? Pourrais-tu nous éclairer mon bonome ? »

Le chevalier : « Mesotrophe. Eutrophe. Cela vient… »

Max : « Du grékancien. D’accord. J’aurais dû m’y attendre. Et sans grékancien ? C’est possible ? »

Le chevalier : « Absolument ! Ce sont des sols moyennement riches ou riches en substances nutritives. »

Léo : « Et la cariçaie ? »

Le chevalier : « Une végétation constituée essentiellement d’espèces de carex. »

Max : « On connaît pas les carex ! »

Le chevalier : « Si ! Nous en avons vu ! Souvenez-vous. A l’Aber, dans l’arrière dune. »

Max : « A l’Aber, en Bretagne ? »

Léo : « Oui, je me souviens. Mais tu connaissais pas l’espèce. »

Le chevalier : « Merci de me le rappeler… »

Max : « Bon, ici c’est la roselière qu’on doit appeler phragmitaie. C’est un habitat ? »

Le chevalier : « Bien sur Maxou. 1.6 C Végétation dominée par les hélophytes hauts (Roselière haute). »

Max : « Et il a pas un nom bizarre ? Parce que phragmitaie c’est trop simple pour les scientifiques. Ça fait pas sérieux. Nous t’écoutons. »

Le chevalier : « Classe : Phragmiti australis – Magnocaricetea elatea ; Ordre : Phragmitella australis ; Alliance : Phragmition communis ; variante à roseau commun (Phragmites australis). »

Max : « Ben voilà ! Là, ça fait scientifique ! C’est grâce à des noms comme ça que les élèves deviennent allergiques aux sciences ! »

Léo : « L’écoute pas chevalier. Continue. »

Le chevalier : « Les habitats de cette classe sont dominés par des plantes hautes sur les berges des cours d’eau calme, des étangs et des mares. La variante à roseau commun colonise les ceintures des grands étangs parfois sur de vastes surfaces. Elle se développe dans des tranches d’eau allant de 10 cm à l’exondation totale, c’est à dire hors de l’eau. »

Léo : « On a déjà vu des phragmitaies au Marais, au Royaume des Sangliers, au Royaume des Hérons. »

Max : « Au Royaume des Sternes aussi. »

Le chevalier : « Les trois premières constituent l’essentiel des phragmitaies du département. Les gardes des Royaumes font des travaux pour les développer au Royaume des Grèbes et les étendre aux Royaumes des Hérons. »

Max : « C’est une bonne idée ça. Il faudra le dire à blongios. »

Le chevalier : « C’est pour lui que ces travaux sont entrepris. Mais nous verrons cela plus tard. »

Léo : « Chevalier, si la mare ou l’étang est pas profond, il y aura de plus en plus des phragmites. Et il y aura plus d’étang ! »

Le chevalier : « C’est vrai Léo. Une mare, ou un étang, peut être complètement envahi. On passe alors à un sol détrempé sur lesquels s’installent des arbustes pionniers, tels que des saules. Viennent ensuite les bouleaux puis les aulnes. Et on en arrive à un milieu forestier de type aulnaie, c’est à dire une forêt d’aulnes. »

Léo : « Alors les mares et les étangs vont tous disparaître ! Comment on peut faire ? »

Le chevalier : « Il faut les entretenir et faucher régulièrement les roseaux. Mais en partie seulement pour que les animaux puissent se déplacer dans les parties non fauchées. »

Max : « Et l’année d’après, on fauche une autre partie ! »

Léo : « Ça alors ! Alors la nature a besoin des zoms ! »

Le chevalier : « En milieu naturel, non. Mais en ville, ou en périphérie des villes, oui. Sans entretien le Marais disparaîtrait. Tous les Royaumes que nous connaissons finiraient par devenir des forêts. »

Léo : « D’accord. Mais, selon ce que tu as dit, un habitat est une association de végétos. Là, tu as parlé des roseaux (Phragmites australis). Qu’est ce qu’il y a d’autre comme végétos ? »

Le chevalier : « La baldingère, ou petit roseau (Phalaris arundinacea, Poacées), le lycope d’Europe (Lycope europaeus, Lamiacées), l’iris faux-acore (Iris pseudacorus, Iridacées), le rubanier noueux (Sparganium erectum, Sparganiacées) et le carex faux-souchet (Carex pseudocyperus (Cypéracées). »

Phalaris arundinacea 1
Lycope d'Europe Iris faux acorejpg
Sparganium erectum OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Max : « C’est tout ? »

Le chevalier : « Oui, c’est tout. Et il est rare d’observer toutes ces plantes à la fois. »

Max : « Les roselières c’est surtout des roseaux alors. »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Et c’est important les roselières. »

Le chevalier : « Assez pour définir une ZNIEFF. »

Max : « Avec que ça comme végétos ? »

Le chevalier : « Oui. Mais il n’y a pas que les végétaux. »

Léo : « Ben oui. Dans un habitat, il y a des habitants 🙂 Pourrais-tu nous dire quels sont les habitants des roselières ? »

Le chevalier : « Je vais vous étonner. J’ai fait des recherches sur les habitats. Et bien, les spécialistes des habitats ne parlent quasiment jamais des habitants. Ce sont des botanistes et les animaux ne semblent pas vraiment les intéresser. »

Max : « Ils définissent des habitats avec des noms compliqués que personne comprend à part toi, et ils étudient pas les habitants ! Ils vont pas bien dans leur tête ces scientifiques ! Il faudra faire un rapport à Princesse ! C’est urgent ! Des habitats et pas d’habitants ! Pfff ! Et comment on fait nous ? »

Le chevalier : « Nous n’avons besoin de personne mon petitours. Nous sommes naturalistes nous 🙂 »

Max : « C’est ça ! Les scientifiques dont tu parles doivent pas avoir de sacado. Dans le rapport, tu demanderas à Princesse de leur en envoyer. »

Léo : « Max, le chevalier a raison. On a pas besoin d’eux. On a beaucoup observé les roselières. »

Max : « Je préfère quand même parler de phragmitaies. Soyons précis. »

Léo : « Oui, on les a beaucoup observées. On peut retrouver quelques habitants. »

Max : « Il y a des zoisos ! Dans les phragmitaies, on a vu : des rousserolles, des bruants des roseaux, des fauvettes à tête noires, Martin, blongios 🙂 »

Léo : « Ceux-là vivent, ou se posent sur les tiges. Il y en a qui nichent dans les phragmites. »

Max : « Bien oui ! Blongios ! »

Léo : « Les foulques et les poules-d’eau aussi. »

Le chevalier : « Vous oubliez le butor étoilé. »

Max : « Parce qu’on l’a jamais vu nous. »

Léo : « Ça fait déjà beaucoup des zoisos. Et il doit y en avoir d’autres ! »

Max : « Et si les zoisos viennent là, c’est pour se cacher mais aussi pour manger. »

Léo : « Il y a donc des proies. »

Max : « Il doit y avoir beaucoup des Insectes. »

Léo : « Tout ceux qu’on connaît pas parce qu’on peut pas aller dans les phragmitaies. »

Max : « Nous, on a vu les Odonates. Ils se perchent sur les phragmites. »

Le chevalier : « Certains pondent dans leurs tiges. »

Léo : « Les poissons et les amphibiens ! Ils vont pondre entre les tiges ! Comme ça, les poissons peuvent pas venir manger les œufs ! »

Max : « Les amphibiens vont beaucoup dans les phragmites ! Ils attrapent les insectes ! »

Léo : « Et blongios les mangent ! »

Max : « Oulala ! Il y en a des habitants ! »

Léo : « Je comprends mieux que les phragmites définissent des ZNIEFF ! Rhoooo, c’est bien d’étudier des habitats ! »

Max : « Maintenant, on connaît le Phragmition communis. »

Léo : « On va en voir d’autres ? »

Le chevalier : « Nous pouvons aller observer le Marais. »

Léo : « Rhoooo oui ! Il s’appelle comment déjà l’habitat des utriculaires ? »

Max : « Je crois que c’est l’hydre aux trois troncs de la morsure rayée. »

Le chevalier : « L’hydrocharition morsus-ranae. »

Max : « C’est ce que je viens de dire bonome ! Allez, on y va ! »

Léo : « Il y a beaucoup des habitats aquatiques et amphibies ? »

Le chevalier : « Dans le département, il y en a 6 qui ont été recensés et il y a des sous-types. En fait, il faudrait dire qu’il y en a 6 classes qui comprennent plusieurs ordres regroupant plusieurs alliances. »

Léo : « Rholala ! Et tu vas tout nous enseigner ? »

Le chevalier : « Non 🙂 Ou pas aujourd’hui. »

Max : « On peut s’arrêter pour observer les papillons ? »

Le chevalier : « Bien sûr Maxou. »

Max : « Là, c’est un amaryllis, Pyronia tithonius, Nymphalidés. On en a parlé dans le précédent article. »

113 22 Un amaryllis

Max : « Et celui-ci c’est un vulcain, Vanessa atalanta, Nymphalidés. »

113 23 Un vulcain 113 24 Un vulcain

Léo : « Ils sont toujours sur la même plante ! C’est qui cette plante ? »

Le chevalier : « C’est le sureau yèble, Sambucus ebulus, Caprifoliacées. C’est le seul sureau non ligneux, c’est à dire qu’il ne fait pas de bois. Ses fleurs en ombelles attirent de nombreux insectes. Au Royaume des Pics il y en a de fortes concentrations. Ce sont de bons endroits pour fotoer des insectes. »

Max : « Pourquoi y a t-il autant d’insectes sur ses fleurs ? »

Le chevalier : « Bonne question 🙂 Je crois qu’elles produisent beaucoup de nectar. »

Max : « Les insectes viennent s’en nourrir et, au passage, ils pollinisent les fleurs. Et après, il y a des fruits qui contiennent des graines et la plante a des petits. »

Le chevalier : « Exact. Mais il faut se méfier des fruits du sureau yèble. Ce sont des baies toxiques. »

Léo : « Et cet insecte ? C’est qui ? »

113 25 Volucelle zonée 113 26 Volucelle zonée

Max (qui se gratte la tête) : « Mmmmm… Alors… Il a que deux ailes : c’est donc un Diptère… Mmmmm… »

Léo : « Max ! Tu nous parodies ! »

Max (même jeu) : « Mmmmm… Des couleurs voyantes… Du jaune et du noir en bandes alternées… C’est bien ce que je me disais : Aposématisme ! Mais il pique pas cet insecte ! Il mimétise ! Je parlerai donc de mimétisme aposématique mais comme personne connaît ces mots à part moi je peux parler à personne et j’ai pas d’amis… Mmmmm… »

Léo : « Bonome, si Max va dans sa tête pour faire comme toi, il risque d’être aspiré par le vide qui y règne 🙂 »

Max : « Je suis dans ma tête alors je vous entends pas ! Mmmm… »

Léo : « Alors Maxou, tu trouves ? »

Max : « C’est la volucelle zonée ! Volucella zonaria, Syrphidés ! Na ! »

Le chevalier : « Bien Maxou ! »

Max : « Il y a pas que vous qui connaissez des choses ! Je vous imite bien ? »

Léo : « A merveille ! On aurait cru voir un bonome miniature 🙂 »

Le chevalier : « La méthode a l’air de fonctionner ! »

Max : « D’accord. Maintenant moi aussi je me gratterai la tête en Mmmmmant 🙂 »

Léo : « Regardez le héron cendré ! »

113 27 Un héron cendré 113 28 Un héron cendré

Max : « J’aime bien le voir prendre le soleil 🙂 »

Léo : « Il est tranquille sur son ponton. Il faut pas lui faire peur. »

Max : « Non, on s’en va et on le laisse bronzer 🙂 »

Léo : « On va arriver au Marais 🙂 »

Max : « Voilà, ça c’est Léo. On va étudier des choses fort savantes avec des tas de mots compliqués et il est content. Tout le monde serait rebuté. Lui, il est pressé 🙂 »

Léo : « J’aime bien apprendre la nature 🙂 Et je sais bien que toi aussi Maxou. »

Max : « Ben oui 🙂 C’est normal. On est naturalistes 🙂 Bonome, tu promets de pas faire une interro tout de suite ? »

Le chevalier : « Promis Maxou. »

Max : « Alors, tu peux commencer ton exposé interminable et soporifique. On fera semblant d’être intéressés comme ça tu seras content et fier de nous et ce soir on aura du chocolat et des câlins. »

Léo : « L’écoute pas chevalier. Il dit des bêtises. Allez, explique nous les habitats. »

Le chevalier : « Commençons par observer autour de cette jeune poule-d’eau. »

Max : « Elle fait sa toilette ! »

113 29 Un petite poule d'eau 113 31 Un petite poule d'eau
113 30 Un petite poule d'eau 113 32 Un petite poule d'eau
113 33 Un petite poule d'eau 113 35 Un petite poule d'eau

Léo : « Mais on regarde pas les zoisos. On étudie les habitats. »

Max : « On regarde quand même les zoisos ! »

Le chevalier : « Oui Maxou. Que voyez-vous ? »

Max : « Il y a la jolie plante à fleurs jaunes qui dépasse de l’eau. »

Léo : « C’est l’utriculaire probablement citrine, Utricularia australis, Lentibulariacées. »

Max : « Bonomou, que veut dire ce nom ? Utriculaire ? C’est du grékancien ? »

Le chevalier : « Non, du français. L’utriculaire, ou plutôt les utriculaires, ont des utricules. »

Max : « Ben oui ! Oulala ! Tout le monde sait ça ! Et c’est quoi une utricule ? »

Le chevalier : « Une petite outre. »

Max : « D’accord. Et c’est quoi une petite outre ? »

Le chevalier : « Un petit sac ? »

Max : « Ben voilà ! Enfin un mot que les gens normaux peuvent comprendre ! »

Le chevalier : « Je préfère parler de petites outres. Elles se prolongent par un cil et quand une petite proie touche le cil, l’outre ce gonfle ce qui crée un mouvement d’aspiration et la proie est aspirée dans l’outre. L’outre se referme et des sucs digestifs sont libérés. »

Max : « Et la petite proie est digérée vivante ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « Cette plante là, avec ses jolies fleurs jaunes, est carnivore et dévore ses proies vivantes ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Ses outres sont assez grandes pour aspirer un petitours ? »

Le chevalier : « Non, rassure toi. »

Léo : « Quelles petites proies peut-elle attraper ? »

Le chevalier : « Des larves d’insectes surtout, comme des larves de moustiques, ou des alevins, des tout petits têtards… »

Léo : « Et l’habitat ? »

Le chevalier : « Quand vous voyez des utriculaires vous observez l’hydrocharition morsus-ranae. »

Léo : « D’accord. Tu parlais de classes, d’ordres et d’alliances tout à l’heure. »

Le chevalier : « Oui Léo. Nous avons devant nous des végétaux flottant librement à la surface d’eaux calmes eutrophes, c’est à dire riches en substances nutritives. C’est la classe Lemnetea minoris. »

Max : « Lemnetea… Comme Lemna ? Les lentilles d’eau ? »

Le chevalier : « Oui, les lentilles d’eau flottent librement à la surface des eaux riches en substances nutritives. »

Léo : « D’accord pour la classe des Lemnetea minoris. Les ordres maintenant. »

Le chevalier : « Je n’en connais qu’un : Lemnetalia minorisi. Il comporte trois alliances au moins : le Lemnion minoris, le Lemnion trisulcae et l’hydrocharition morsus-ranae. »

Léo : « On les distingue comment ces alliances ? »

Le chevalier : « Il y a des plantes discriminantes c’est à dire dont la présence nous permet de préciser l’alliance. La petite lentille d’eau (Lemna minor) pour le Lemnion minoris, la lentille d’eau à trois lobes (Lemna trisuca) pour le Lemnion trisulcae et l’utriculaire citrine (Utricularia australis) pour une variante de l’hydrocharition morsus ranae ou le cératophylle submergé (Ceratophyllum demersum) pour l’autre variante. »

Max : « Pfff ! Encore ouf que tu vas pas faire d’interro ! »

Léo : « Chevalier, le Lemnetea minoris doit avoir des végétos flottant librement à la surface. Mais l’utriculaire a pas des racines au fond de l’eau ? »

Le chevalier : « Non, on parle plutôt de léger ancrage. Il peut se détacher. Il en est de même pour les cératophylles. »

Max : « Au Royaume des Mandarins il y a une mare couverte de lentilles d’eau. C’est le Lemnetia minoris, Lemnetalia minoris, Lemnion on sait pas parce qu’on a pas bien observé les lentilles d’eau. »

Le chevalier : « Oui Max. »

Léo : « Il faut l’entretenir aussi cet habitat ? »

Le chevalier : « Oui, bien sûr. J’ai oublié de vous dire que cet habitat se développe dans les milieux bien éclairés. Il faut donc élaguer les arbres qui se trouvent sur ses bordures. Pour éviter que l’étang ou la mare se comble, il est nécessaire de faire des curages réguliers, par zones, pour laisser aux animaux la possibilité de se déplacer. Et, évidemment, il faut faucher les phragmitaies qui se trouvent en périphérie. »

Max : « Et est ce que tu connais les habitants de l’hydre au carton de la morsure rayée ? »

Le chevalier : « Non. »

Léo : « Il y a grébou. Et les poules d’eau. Et puis le héron cendré. »

Max : « Le héron est là 🙂 »

113 36 Un héron cendré 113 37 Un héron cendré

Léo : « Et grébou a attrapé un poisson. »

113 38 Grébou et son poisson 113 39 Grébou et son poisson
113 40 Grébou et son poisson 113 41 Grébou et son poisson

Max : « Il y a donc des poissons et des grenouilles dans cet habitat. Mais on en sait pas plus parce que les spécialistes s’occupent pas des habitants ! C’est quand même incroyable ça ! Oublie pas le rapport pour Princesse bonome ! »

Le chevalier : « Non Max, je n’oublie pas. Je passe mes soirées à rédiger des rapports pour Princesse… »

Max : « C’est notre mission bonome ! On doit l’informer quand quelque chose ne va pas au Pays des Zoisos ! Et, selon moi, des spécialistes des habitats qui s’intéressent pas aux habitants, c’est quelque chose qui ne va pas. »

Léo : « Max a raison chevalier. Quand même ! »

Le chevalier : « Oui mes petizours. »

Max : « Bon, on connaît le Phragmition communis et l’hydrocharition morsus-ranae. On fait quoi maintenant ? »

Léo : « On peut regarder la jeune foulque qui court sur les feuilles de nénuphar. »

Max : « Comme blongios 🙂 »

113 42 Une jeune foulque 113 43 Une jeune foulque
113 44 Une jeune foulque 113 45 Une jeune foulque

Léo : « Les nénuphars… Ils définissent pas un habitat aquatique ? »

Le chevalier : « 1.2 Végétation enracinée des eaux calmes, stagnantes à faiblement courantes. C Végétation dominée par les nénuphars. Classe : Potametea pectinati ; Ordre : Potametalia pectinati ; Alliance : Nymphaeion albae. »

Max : « Bonome, Nymphaeion albae ça fait penser à Nymphea alba et Nymphea alba c’est pas le nénuphar jaune mais le nénuphar blanc. Tu dis des erreurs. »

Le chevalier : « Non, les deux espèces de nénuphars peuvent très bien cohabiter. Il fallait un nom et c’est celui du nénuphar blanc qui a été choisi. »

Max : « D’accord. On s’en fiche du Nuphar lutea alors. Merci pour lui. »

Le chevalier : « Pauvre nénuphar jaune… La végétation peut être très couvrante. De grandes feuilles flottent à la surface de l’eau. La floraison est abondante du printemps à l’été et, en hiver, les plantes restent totalement invisibles. »

Léo : « Je suppose qu’il faut de l’entretien et que c’est à peu près le même que pour les deux habitats précédents. »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Max : « Et les habitants ? »

Le chevalier : « J’ai vu des fotos de nids de guifettes moustac flottant librement entre les feuilles de nénuphars. »

Léo : « Rhooo… Des guifettes moustac… J’aimerais bien en voir… »

Max : « On a vu les guifettes noires nous. »

Léo : « On a vu beaucoup d’espèces de zoisos quand même. La chance… »

Max : « 130 espèces à peu près 🙂 »

Léo : « Tout ça de zoisos… Merci chevalier. 130 espèces de zoisos… »

Max : « Ah ben oui ! C’est pas tout le monde qui en a vu autant 🙂 Bonome, as-tu d’autres choses à dire sur le Nymphaeion albae ? »

Le chevalier : « Pfff… »

Max : « En aurais-tu assez ? »

Le chevalier : « Mmmm ? Oui 🙂 Et pense un peu à tes lecteurs. Je crois qu’ils vont trouver cet article assez indigeste. »

Max : « On peut rester encore un peu ? Juste pour profiter de la beauté. On t’embête plus avec des choses fort savantes. »

Léo : « Oui, s’il te plaît chevalier. »

Le chevalier : « D’accord. »

Max : « Merci bonomou 🙂 »

Léo : « Un héron passe… »

113 46 Un héron qui passe 113 47 Un héron qui passe

Max : « Ta foto est un peu floue. C’est pas un Ardéidé mais un Flouidé 🙂 »

Léo : « Sur cette foto, on voit les trois habitats : le Nymphaeion albae, l’hydrocharition morsus-ranae et le Phragmition communis. »

Max : « Quand on est arrivés, on connaissait même pas tout ça ! »

Léo : « On était ignorants. »

Max : « Quels piètres naturalistes étions nous ! »

Léo : « Mais nous avons fait d’énormes progrès ! »

Max : « Bonomou, la science qui étudie les habitats, aurait-elle un nom ? »

Le chevalier : « Oui, mais j’ai peur qu’il te déplaise… »

Max : « Je t’écoute. »

Le chevalier : « C’est la phytosociobiologie. »

Max : « Ah oui… Alors, en fait, c’est la science des noms compliqués. ‘Bonjour, je suis phytosociobiologiste. J’étudie les Phragmition communis et les hydrocharition morsus-ranae. Oui oui, c’est passionnant. Bon, il faut lire les noms trois millions de fois avant de les retenir et personne comprend alors on a pas d’amis. Mais qu’est ce qu’on s’amuse. Par exemple, je racontais à un collègue que j’avais observé un Ceratophyllium demersum au beau milieu du Nymphaeion albae et il m’a pas cru. Évidemment. Qu’est ce qu’on a rigolé… Oui, c’est ça, les habitats… Non, nous étudions pas les habitants. Non, non, c’est trop vulgaire… La zoologie… C’est une science de rustres. Les noms sont bien trop simples pour nous. Bien sûûûr. ’ »

Léo : « T’es trop bête Max 🙂 »

Max : « Il faut pas aller bien dans sa tête pour passer sa vie à étudier des habitats et pas s’intéresser aux habitants ! Et en plus, ils enchaînent les mots compliqués. Bonome, si on en croise un phytomachin, il faut pas lui parler. Parce que, après, on saurait plus comment on s’appelle. Non non ! Oulala ! Promets moi ! »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou 🙂 »

Léo : « Le héron repasse. »

113 48 Un héron qui passe 113 49 Un héron qui passe

Max : « Il est pas comme bonome. Bonome, il repasse pas et il est tout chiffonné. C’est son style. C’est pas comme ça qu’il va attirer les femelles… »

Léo : « Tant mieux pour nous 🙂 »

Le chevalier : « Mes petizours, il est temps de rentrer. »

Max : « Oui bonome. On se poche. »

Léo : « Allez, grimpe Max. »

Max : « Hé ! Me pousse pas ! Bonome, Léo m’a poussé ! »

Léo : « Tu traînes ! »

Max : « Je prends mon temps ! Je traîne même pas ! »

Léo : « Tais-toi et installe-toi ! Et tu prends toute la place ! »

Max : « Je me demande si tu as pas grossi… »

Léo : « Pfff ! C’est toi qui as grossi ! Avec tout le chocolat que tu manges ! »

Le chevalier : « Je me disais aussi… Pas une seule chamaillerie jusqu’à maintenant. Ça ne pouvait pas durer. »

Max : « On arrête ! »

Léo : « On est sages ! »

Max : « Tu as pas grossi Léo. C’est la poche de bonome qui était mal mise. »

Léo : « Et toi, tu manges pas trop de chocolat. »

Max : « Ton pantalon te va de mieux en mieux. »

Léo « Et tu as eu raison de grimper doucement dans la poche. Prudence est mère de sûreté. »

Le chevalier : « C’est fini ? »

Max : « On est des gentizours. »

Léo : « Affectueux et attentionnés l’un envers l’autre. »

Max : « Des petizours modèles. »

Léo : « Tu en rencontreras jamais des comme nous. »

Max : « Nous sommes tout simplement les plus adorables petizours de tout le Pays des Zoisos 🙂 »

Le chevalier : « Oui, bien sûr. Oulala ! Rhooo la chance de vous avoir ! »

Max : « Tu te moques ! »

Léo : « C’est pas bien de se moquer de ses petizours ! »

Le chevalier : « Regardez le paysage… »

113 50 Le Marais

Max : « Il est beau ce marais. »

Léo : « Même si il est tout petit. »

Max : « Encore le héron ! »

Léo : « Tu crois que tes lecteurs vont le voir sur la foto ? »

Max : « Nous, on le voit 🙂 »

Léo : « Chevalier, zoome un peu s’il te plaît. Mais pas trop. »

113 51 Le Marais

Max : « Il a attrapé un poisson ! Zoome fort ! »

113 52 Un héron et son poisson 113 53 Un héron et son poisson
113 54 Un héron et son poisson 113 55 Un héron et son poisson

Léo : « Il l’a fait tomber ! »

Max : « Mais il le reprend ! Gloub le poisson ! »

113 56 Un héron et son poisson 113 57 Un héron et son poisson
113 58 Un héron et son poisson 113 59 Un héron et son poisson

Léo : « J’aimerais pas être un poisson dans cet étang ! »

Max : « Tu sais même pas nager ! »

Voilà Princesse. Cet article est un peu compliqué. Mais c’est aussi ça être naturaliste. On fait pas que se promener dans la nature, les mains dans les poches, en sifflotant. Parfois, on fait des trucs bizarres. Mais rassure-toi, la phytosociobiologie c’est pas un sport dangereux 🙂

Je t’embrasse Princesse. Et si tu veux donner de tes nouvelles, tu sais comment faire 🙂

Continuer la promenade

Max : « Bonome ! Viens voir ! »

Le chevalier : « Qu’y a t’il Maxou ? »

Max : « Regarde ! Arthur a envoyé une foto ! Il est à Munich dans la cathédrale de Benoit XVI ! »

IMG_2002Léo : « Rhooo la chance ! Il va voir les zoisos d’Allemagne ! »

Max : « Je lui envoie un message par Pigeon-Express pour qu’il fotoe les zoisos ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.