99 – Le Royaume des Grèbes

Un jour dans la cabane du chevalier…

Max : « Bonome, tu peux venir s’il te plaît. »

Le chevalier : « Oui mon petitours…  Tu graves ton blog ? Aurais-tu besoin d’aide ? »

Max : « 🙂 Pas tout de suite. Dis bonome, je regardais les fotos pour préparer mon prochain article. Elles datent du 7 juillet de l’an III. Les articles précédents relataient nos aventures au Grand Étang au mois de Mai. On a pas inspecté du tout au mois de Juin ? »

Le chevalier : « Non, pas du tout. »

Max : « Pourquoi ? Je me souviens plus. »

Le chevalier : « Pour deux raisons dont chaque est suffisante seule. Primo, il ne faisait pas beau et il pleuvait beaucoup. Secundo… »

Léo : « Je préfère que tu le lui rappelles pas s’il te plaît chevalier. »

Le chevalier : « 🙂 Secondo est mon secret. »

Max : « Je me souviens plus du tout… »

Léo : « Tant mieux ! Quel article vas-tu rédiger ? Je peux t’aider ? »

Max : « C’était au Royaume des Grèbes, début juillet. »

Léo : « Ah oui ! Il y avait des petits ! C’est normal au début de l’été de voir des petits. Et on a vu des Arthropodes aussi. »

Max : « On a fait l’arthropodologie 🙂 Bonome, Princesse va peut-être nous gronder à cause qu’on est pas allés inspecter pendant un mois complet. »

Le chevalier : « Je ne pense pas Maxou. Tu te rappelles que nous avons fêté ton anniversaire ? »

Max : « NOTRE anniversaire bonome. Tu m’as offert du chocolat 🙂 C’était booooon ! Pourquoi tu me parles de ça ? »

Le chevalier : « Tu étais tellement impatient de te ‘chocolater’ que tu n’as pas pensé à faire le bilan de cette année. »

Max : « C’est vrai. Je suis sûr que tu l’as fait, toi. Alors ? »

Le chevalier : « 118 articles qui correspondent à 97 journées d’inspection. »

Max : « Ah oui, quand même 🙂 »

Le chevalier : « Plus quelques sorties pour lesquelles tu n’as pas écrit d’articles parce que tu es très en retard dans ton blog. »

Max : « Et c’est de pire en pire… J’arriverai jamais à me mettre à jour 🙁 »

Le chevalier : « Alors mon petitours, penses-tu réellement que Princesse nous gronde parce qu’il a plu ? »

Léo : « Et tu devais soulever tes poids pour réparer ton épaule. »

Max : « 118 articles… En 365 jours… C’est pas mal quand même. Je suis fier de moi 🙂 »

Le chevalier : « Tu peux l’être Maxou. Mais n’oublie pas que tu graves tes articles avec retard et il t’a fallu 17 mois pour les écrire tous. »

Max : « Tu connais beaucoup de petizours qui gravent un blog ? »

Le chevalier : « Il n’y a que toi 🙂 Tu es unique. Toi aussi mon Léo. »

Max : « Bon, si on s’y mettait ? Tu nous aides bonome ? »

Le chevalier : « Oui, si vous voulez. »

Max : « Alors au travail ! »

 

Jeudi 7 Juillet, An III

Bonjour Princesse,

Après nos nombreuses inspections au Grand Étang, la météo s’est dégradée : il a beaucoup plu. C’est bien pour la nature. Elle a besoin d’eau la nature. Parce que, des fois, en été, il fait très chaud et il pleut presque plus. Alors c’est bien si il y a des réserves d’eau. Mais pour nous c’était moins bien. On pouvait pas sortir. Même avec nos imperméables. Alors on est restés dans la cabane du chevalier. On gravait, on lisait, on chahutait… mais on inspectait pas. Puis les vacances sont arrivées. Pas des petites vacances, non non… Les Grandes Vacances 🙂 Et un jour, il a fait beau et on s’est dépêchés d’aller aux zoisos pour faire la mission que tu as confiée à bonome et pour nous dégourdir les pattes. Parce que, quand même, un mois complet sans sortir… Et on a décidé à l’unanimité d’aller au Royaume des Grèbes. Enfin, à l’unanimité de bonome tout seul. Moi, je voulais aller au Grand Étang et Léo aurait préféré le Royaume des Mandarins pour voir des passereaux. Mais le Grand Étang, on y était beaucoup allés et les passereaux, quand il y a des feuilles dans les arbres, on est pas sûrs de les voir. De plus, au Royaume des Grèbes, on était à peu près certains de voir des petits tout neufs à peine sortis de l’œuf. Les arguments de bonome nous avaient presque convaincus. C’est quand il a dit que c’était lui qui décidait parce que c’était lui qui chevauchait, qu’on a été tout à fait convaincus de la pertinence de ses arguments. Oulala ! Alors nous aussi, on a été unanimes et c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés au Royaume des Grèbes en cette belle journée de juillet de l’an III.

Au Royaume des Grèbes…

Max : « Bonome. »

Le chevalier : « Max. »

Max : « Tu crois que Martin va venir nous voir ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas Maxou. »

Léo : « Martin, il doit avoir trouvé une Martine et ils sont en train de s’occuper de tous leurs petits. Il aura pas le temps de venir nous voir. »

Max : « Tous les petits ? »

Léo : « Ben oui Max. Tu sais comment sont les Martins. Ils font une couvée de deux ou trois petits dans un premier terrier et dès que les petits ont un peu grandi, le papa va creuser un nouveau terrier. Ils font des nouveaux œufs dont s’occupe le papa pendant que la maman élève la première couvée. Ils peuvent faire jusqu’à six couvées successives ! Alors il aura pas le temps de venir nous voir. Oulala non ! Avec un peu de chance on le verra passer mais il pourra pas venir papoter. »

Max : « D’accord. On verra pas Martin alors. Dis bonome, toi qui parles le zoiso, tu peux laisser un message pour Martin aux autres zoisos ? Tu lui dis qu’on pense à lui et qu’on espère que ses petits vont bien. Tu peux ajouter qu’on repassera quand ses enfants auront grandi. Merci bonome. »

Le chevalier : « A ton service petitours 🙂 »

Léo : « Regardez là-bas ! Il y a deux hérons cendrés. »

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Max : « Ardea cinerea, Ardéidés. Tu as déjà vu des patapons ici ? »

Le chevalier : « Non. Des juvéniles oui, mais pas de petits. J’ai vu, peut être l’année dernière peu de temps avant ton arrivée, un héron couché au sol dans une position rappelant la couvaison. »

Léo : « Au sol ? Sur l’herbe ? »

Le chevalier : « Je n’ai pas vu de nid. »

Léo : « Les nid des hérons sont dans les arbres ! Pas au sol ! »

Le chevalier : « Oui Léo. Je n’ai pas compris ce que faisait ce héron couché au sol. »

Max : « Il siestait peut être. »

Léo : « Max, tu sais bien que les hérons, comme beaucoup de zoisos, siestent sur une patte, la tête sous l’aile. Ils se couchent pas par terre ! »

Max : « J’hypothésais mon cousin ! Me gronde pas ! On dirait moi 🙂 Il y a pas des zoisos ici. On va plus loin ? »

Le chevalier : « Allons y. »

Max : « Qu’est ce que tu regardes ? Tu as vu quelque chose ? »

Le chevalier : « Oui, une araignée-crabe. »

Max : « Une araignée-crabe ? Montre-nous s’il te plaît. »

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Max : « Elle est bizarre cette araignée. Explique nous l’araignée-crabe bonome. Nous t’écoutons. »

Le chevalier : « C’est une interro ? C’est noté ? »

Max : « Oui, c’est noté ! »

Le chevalier : « C’est pas juste ! Tu avais pas prévenu ! J’ai pas révisé ! Et j’ai déjà plein d’interros dans les autres matières ! »

Max : « Bonome. »

Le chevalier : « Max. »

Max : « Tu serais pas en train d’imiter tes élèves ? »

Le chevalier : « Si 🙂 »

Max : « C’est pas négociable ! Tu fais l’interro ! Et j’ai de cesse de te dire qu’il faut apprendre régulièrement tes leçons pour être toujours prêt en cas d’évaluation ! »

Le chevalier : « Max. »

Max : « Bonome 🙂 »

Le chevalier : « Tu ne serais pas en train de m’imiter ? »

Max : « Siiii 🙂 »

Léo : « Dites tous les deux, les petites scènes de théâtre, vous les jouerez dans la cabane, le soir, après le coucher du soleil. J’attends qu’on m’explique l’araignée-crabe, moi. »

Max : « D’accord mon Léo. Connais-tu les Arachnides ? »

Léo : « Les Arachnides ? Comme dans les Arachnides forment une classe d’Arthropodes chélicérates comprenant, entre autres, les Aranéides, les Scorpionides, les Uropyges, les Amblypyges, les … »

Max : « Oui, ça va, on a compris… Tu connais les Arachnides. Tu rappelles ce que sont les Chélicérates s’il te plaît ? »

Léo : « L’interro est pour moi alors ! »

Max : « Interro pour tout le monde ! Allez, au travail mon petit Léo ! »

Léo : « Les chélicérates sont des Arthropodes qui ont des chélicères 🙂 »

Max : « Très intéressant. Merci Léo. Quelqu’un peut me dire ce qu’est un chélicère ? »

Le chevalier : « Max, par exemple ! »

Max : « Aïe ! J’ai pas pu apprendre m’sieur ! Il y a eu le feu chez moi et j’ai dû faire un massage cardiaque aux cendres de mon chien qui a brûlé dans l’incendie. Et après je suis allé chez le psychologue à cause que mon poisson rouge se drogue. C’est pas d’ma faute m’sieur. Mes parents ont signé un mot. »

Le chevalier : « D’accord… Quelqu’un d’autre ? Léo ? »

Léo : « Je voudrais bien m’sieur. Mais j’ai pas pu apprendre non plus. C’est mon chat : il a confondu sa litière avec mon cahier d’SVT. Mais faut l’comprendre. Il est dyslésslip le pauvre. »

Le chevalier : « Bien. L’interrogation est reportée à demain. Bon, si nous reprenions ? »

Léo : « On en était à l’araignée-crabe. Tu devais nous expliquer. »

Le chevalier : « Bien. Les araignées sont des Arthropodes c’est à dire qu’elles ont une cuticule faite de chitine qui recouvre leur corps et des pattes articulées. Les Arachnides ont quatre paires de pattes. Comme vous l’avez di, elles ont des chélicères, ce qui en fait des chélicérates. »

Max : « Tu peux expliquer les chélicères s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Ce sont des appendices articulés situés près de la bouche. Ils peuvent prendre la forme de pinces ou de crochets comme chez les araignées. Ces crochets sont reliés à des glandes à venin. »

Max : « Les araignées peuvent nous mordre ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. Mais je ne les laisserai pas faire 🙂 »

Max : « Et leur venin est dangereux ? »

Le chevalier : « Il doit bien exister quelques espèces dangereuses pour l’Homme mais pas dans les Royaumes que nous inspectons. »

Max : « Elles sont peut être dangereuses pour les petizours… »

Le chevalier : « N’aie pas peur Maxou. »

Léo : « Il suffit de pas s’en approcher et elles pourront pas nous mordre. Il y a d’autres choses à savoir sur les araignées ? »

Le chevalier : « Elles ont des pédipalpes. Ce sont d’autres appendices situés autour des chélicères. Ces appendices ressemblent à des pattes mais ils ne servent pas à la locomotion. »

Max : « Ils servent à quoi ces appendices ? »

Le chevalier : « A vrai dire, je ne sais pas trop. Chez le mâle ils se terminent par des protubérances qui contiennent les organes reproducteurs. »

Léo : « Les mâles araignées ont les organes reproducteurs sur une espèce de pattes qui est pas une patte sur le côté de la bouche ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo. »

Léo : « C’est bizarre les araignées. »

Max : « Et chez la femelle ? »

Le chevalier : « Je ne sais pas. »

Max : « D’accord. Alors les araignées sont des Aranéides. Elles ont des chélicères en crochet et des pédipalpes. Elles fabriquent de la soie pour faire des toiles. Les araignées-crabes font des toiles ? »

Le chevalier : « Elles peuvent en faire mais ne s’en servent pas pour chasser. »

Léo : « Elles chassent comment alors ? »

Le chevalier : « Elles chassent à l’affût. Elles attendent, sur une fleur dont elles prennent la couleur, les quatre pattes avant légèrement écartées comme vous le voyez sur la foto. Et quand une proie passe à leur portée elles l’attrapent, la mordent pour injecter leur venin et attendent que l’intérieur se digère. Ensuite elle n’ont plus qu’à boire le contenu liquide de la proie. »

Max : « Tu as dit ‘dont elles prennent la couleur’. Elles peuvent changer de couleur ? »

Le chevalier : « Oui. Sur des fleurs jaunes elles deviennent jaunes mais blanchissent sur les fleurs blanches. C’est ce qu’on appelle l’homochromie.»

Léo : « Elles font comment pour homochromer ? »

Le chevalier : « Homochromer ? Je ne suis pas sûr que ce verbe existe 🙂 »

Max : « C’est parce que tu parles pas le petitoursien du sud bonome 🙂 »

Le chevalier : « Absolument ! C’est cela ! Je ne parle pas le petitoursien du sud 🙂 Elles fabriquent un pigment jaune qu’elles stockent dans les cellules les plus externes de la peau. »

Léo : « Et pour être blanches ? »

Le chevalier : « Elles concentrent le pigment dans des glandes un peu plus profondes et les cellules superficielles s’enrichissent en guanine blanche. Au bout de quelques jours le pigment jaune est détruit. »

Max : « Et elles doivent en refaire pour redevenir jaunes. Elles changent pas de couleur immédiatement comme les caméléons alors. D’accord. On a compris l’homochromie et la chasse à l’affût. Léo aurais-tu des questions ? »

Léo : « Oui. Pourquoi on les appelle des araignées-crabes ? Et c’est quoi leur nom en scientifique ? »

Le chevalier : « Elles se déplacent latéralement, comme les crabes. Et elles appartiennent à la famille des Thomisidés. Celle-là est Misumena vatia. »

Max : « On sait tout sur les araignées-crabe maintenant. Merci bonome. On va voir les zoisos ? »

Léo : « Non, pas encore ! On sait que les araignées sont des Arthropodes Chélicérates Arachnides. Et l’araignée-crabe appartient à la famille des Thomisidés. Mais il y a quoi entre Arachnides et Thomisidés ? »

Max : « C’est vrai ça ! Bonome, tu nous expliques ? »

Le chevalier : « Ce sont des Aranéides. »

Max : « C’est tout ? »

Le chevalier : « Oui. C’est tout 🙂 »

Max : « Alors allons-y ! »

Léo : « IL Y A DES GRÉBUS ! ET DES PETITS ! Rhoooo, ils sont mignons ! »

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Max : « C’est pas la peine de faire un long exposé sur les grébus. »

Léo : « On l’a déjà fait. »

Max : « On va simplement dire que les petits sont tout neufs. »

Léo : « Ils sortent à peine de leur œuf 🙂 »

Max : « On reconnaît bien le petit dernier 🙂 D’après sa taille je dirais qu’il a éclos il y a pas plus de deux ou trois jours… »

Léo : « On peut rester pour les observer ? »

Le chevalier : « Si tu veux mon Léo. »

Max : « Bon, ça suffit. Avançons. »

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Léo : « D’accord Maxou. On en verra d’autres des petits grébus 🙂 Oh ! Regardez ce gros insecte ! Vous le connaissez ? »

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Max : « Tiens, oui. C’est rigolo, on a vu le même presque au même endroit l’an dernier. Tu te souviens bonome ? »

Le chevalier : « Je me souviens Maxou 🙂 »

Max : « Cette fois je te demanderai pas de mettre la foto du mâle 🙂 »

Léo : « Max, tu me présentes cet insecte s’il te plaît. »

Max : « Bien sûr mon Léo. Tu sais sûrement déjà que c’est un Coléoptère. »

Léo : « Ben oui. Il a une paire d’ailes dures et bien rigides qu’on appelle élytres. Les élytres sont caractéristiques des Coléoptères. Je sais cela. »

Max : « Je m’en doute. Tu révises tout le temps. Je sais pas quoi dire moi. »

Léo : « Tu peux me dire son nom et sa famille. »

Max : « Lucanus cervus, Lucanidés. On l’appelle lucane cerf-volant. Cerf volant c’est parce que le mâle a deux grandes mandibules qui ressemblent aux bois des cerfs. Et on dit cerf-volant parce qu’il vole. Il vole pas beaucoup. J’aimerais bien les voir voler. Mais bonome dit qu’ils le font surtout au crépuscule. Autrefois les enfants les attrapaient et leur mettaient un fil à la patte. Après, ils les faisaient voler. Comme un cerf-volant. C’est d’ailleurs pour cette raison que les amateurs de cerf-volant sont appelés lucanistes. J’en sais pas plus. Bonome, tu peux nous expliquer la famille des Lucanidés s’il te plaît ? »

Le chevalier : « Les Lucanidés ? Cette famille appartient à la super-famille des Scarabéoïdés. Les antennes des Lucanidés se terminent par des massues constituées de feuillets non-mobiles. Leurs larves sont xylophages ou saproxylophages… »

Max : « Voilà, il recommence… On lui pose une question simple et on comprend pas un mot à sa réponse. Il est terrible ce bonome. TU PEUX PAS FAIRE SIMPLE ? »

Léo : « Et toi tu peux pas t’empêcher de lui crier dessus ! Pauvre bonome ! Les antennes qui se terminent par des feuillets non-mobiles je comprends. Une massue c’est quand ça s’élargit. Et là, c’est élargi parce qu’il y a plusieurs morceaux côte à côté, les feuillets, et que ces feuillets ne peuvent pas bouger les uns par rapport aux autres. »

Max : « Et xylophage ? Tu comprends xylophage peut être ? »

Léo : « Du grékancien xylo qui signifie bois, et phagein qui veut dire manger, se nourrir 🙂 »

Max : « Tu sais ça toi ? Tu parles grékancien ? Il y a pas que bonome qui parle grékancien ? Ça existe vraiment le grékancien ? »

Léo : « Je parle pas le grékancien mais j’aime beaucoup l’étymologie, savoir l’origine d’un mot, d’où il vient, comment il est construit… »

Max : « Ben oui, ça m’étonne pas de toi. Et saproxylophage, tu sais aussi ce que ça veut dire ? »

Léo : « Ben non. Sapro je connais pas. Il faut demander au chevalier. »

Max : « Bonome, tu entends Léo ? Il faut nous expliquer. »

Le chevalier : « Du grec sapros qui signifie pourri. »

Max : « Comme ton humour 🙂 Tu es un sapro-humoriste qui a un sapro-humour et qui fait des sapro-blagues 🙂 »

Léo : « Tiens, ça me fait penser que je connais une sapro-blague que j’avais jamais osé raconter 🙂 »

Max : « Vas-y 🙂 »

Léo : « Savez-vous quel zoiso fait toin-toin ? »

Max : « Toin-toin ? Non. Et toi bonome ? »

Le chevalier : « Non plus 🙂 »

Léo : « C’est le tanard 🙂 »

Max : « Ah oui, quand même… Même si tu nous avais prévenus ça fait bizarre… »

Léo : « 😀 »

Max (au chevalier) : « Et ça te fait rire ! »

Le chevalier : « Oui 😀 »

Max : « Forcément, vu ton sapro-humour… Bon, saproxylophage ça veut dire qui mange du bois pourri. Donc les larves des Lucanidés se nourrissent de bois mort. C’est ça ? »

Le chevalier : « C’est exact. Les larves se développent dans des branches ou des troncs morts puis se transforment en nymphe toujours dans le bois mort. Et c’est comme cela qu’elles passent l’hiver. »

Max : « Elles sont ainsi protégées du froid. »

Le chevalier : « Oui Maxou. Puis, au printemps, l’adulte, ou imago, sort et se reproduit. »

Max : « Tu m’as dit que parfois les mâles se battent pour une femelle. Ils s’attrapent avec leurs grandes mandibules et se jettent dans le vide. »

Le chevalier : « Le plus fort jette effectivement son adversaire dans le vide, ou tente de le retourner. »

Max : « Et le vainqueur peut s’accoupler avec la femelle. Et après ? »

Le chevalier : « La mort suit de peu l’accouplement. Les lucanes adultes se nourrissent peu. Ils peuvent prolonger leur vie en absorbant la sève qui s’écoulent d’arbres blessés… Saviez-vous qu’on nomme la femelle grande biche ? »

Léo : « La biche c’est la femelle du cerf alors c’est pas surprenant. »

Max : « Et on dit grande biche parce qu’il existe une autre espèce de Lucanidés qui s’appelle la petite biche. C’est Dorcus quelque chose. »

Le chevalier : « Dorcus parallelepipedus. »

Léo : « Dis donc, tu connais bien les Lucanidés Maxou. »

Max : « C’est parce qu’on en a vu l’an dernier. Même que le mâle de la petite biche ressemble beaucoup à la grande biche. J’aime bien faire l’insectologie mais je préfère quand même les zoisos. On pourrait pas essayer d’en trouver ? »

Le chevalier : « Si, bien sûr. Allons à l’observatoire le plus proche. »

Max : « Tiens, encore un héron cendré. C’est un adulte. Ça se voit à sa calotte blanche. »

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Léo : « On a plus rien à dire sur les hérons. On a gravé un article spécial sur les hérons. Avec les patapons… »

Max : « Patapon, le petit héron. C’est à cause d’une de tes sapro-blagues qu’on les surnomme les patapons 🙂 »

Le chevalier : « Tu vois que mes blagues ont leur utilité 🙂 »

Max : « Et on s’y est habitués 🙂  Oh ! Regardez les foulques ! »

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Léo : « Fulica atra, Rallidés. Il y a des petits. Ils sont pas très vieux. Chevalier, tu arriverais à estimer leur âge ? »

Le chevalier : « Deux à trois semaines maximum. »

Max : « Pas plus ? »

Le chevalier : « Non, je ne pense pas. Observez les bien. Vous voyez bien qu’elles ont encore leur petites plumes jaunes… »

Max : « Et des moignons d’ailes 🙂 »

Léo : « Et leur crâne rouge est tout déplumé 🙂 »

Le chevalier : « Je crois l’avoir déjà dit mais quand je les vois, je ne peux pas m’empêcher de penser que les oiseaux sont apparentés aux dinosaures. »

Max : « CE SONT des dinosaures ! C’est toi qui me l’as expliqué. »

Léo : « Plus loin il y a une foulque ado ! »

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Max : « Elle mange. Et cette fois elle mange bien des végétos. »

Léo : « C’est normal Max. La foulque est phytophage. »

Max : « Dois-je te rappeler que nous avons vu une foulque manger du poisson ? »

Léo : « C’est vrai. Mais c’était une mauvaise élève. Elle avait pas appris ses définitions et elle avait confondu phytophage et piscivore 🙂 »

Max : « Oulala Léo, il faut que je te raconte ce que j’ai lu dans les copies que bonome a corrigé ! Un élève a écrit qu’un nécrophage mange des nécres et un autre qu’un granivore se nourrit de crânes ! »

Léo : « C’est pas possible ! »

Max : « Si si ! A la place de bonome j’aurais demandé à l’élève de m’apporter des nécres, pour goûter 🙂 Et le granivore qui se nourrit de crânes j’ai fini par comprendre. C’est parce qu’ils étudient les pelotes de régurgitation des rapaces. Dedans, on trouve des crânes de petits mammifères. Alors de granivore à crâne… »

Léo : « Rholala ! Alors qu’un nécrophage mange des cadavres et qu’un granivore se nourrit de graines ! C’est pas difficile quand même ! Tu vois Maxou, c’est pour ça que je voudrais pas être maître-assistant à la schola. Les élèves ont la chance d’avoir des bons maîtres et ils apprennent même pas leurs leçons. Et après, ils connaissent rien du tout. »

Max : « Certains, c’est vrai. Mais il y en a qui sont contents d’apprendre. Tu devrais les voir. C’est beau un élève qui progresse. Mais bon… Je crois que je vais pas continuer à être maître-assistant. Il y a trop de travail. Il faut préparer, corriger, réunionner… Je vais me consacrer un peu plus à mon blog l’an prochain. Bon, il y a pas des zoisos ici. On avance. »

Léo : « Oh ! Encore un insecte ! C’est la journée de l’insectologie 🙂 C’est un Odonate. »

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Max : « Et là ! Il y en a un autre ! Bonome, c’est l’occasion de réviser les Odonates. Il y a les messieurs et les demoiselles. Bonjour mademoiselle 🙂 »

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Léo : « Les demoiselles sont plus fines que les messieurs. »

Max : « Oui Léo. Bonome, tu peux redonner les noms en scientifique ? Faire la classification des Odonates et identifier ces deux là. S’il te plaît. »

Le chevalier : « Si Léo est d’accord. »

Léo : « Bien sûr que je suis d’accord ! Moi aussi je veux tout connaître des Odonates. »

Max : « Alors au travail mon bonome. Nous t’écoutons. »

Le chevalier : « Puis-je mettre les deux photographies côte à côte ? »

Max : « Tu peux ! »

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Le chevalier : « Comme l’a fait remarquer notre Léo, les demoiselles, à gauche, sont plus fines que les messieurs, à droite. Mais cela ne doit pas bien se voir sur les fotos qui n’ont pas d’échelle. Il y a d’autres différences. La plus évidente est la position des ailes au repos. Vous voyez que la demoiselle replie ses ailes le long du corps alors que chez les messieurs elles restent ouvertes et donc perpendiculaires au corps. »

Max : « Ben oui, ça on le voit. Quoi d’autre ? »

Le chevalier : « La base de l’aile postérieure. Elle est identique à celle de l’aile antérieure chez les demoiselles alors qu’elle est plus large chez les messieurs. »

Léo : « D’accord. Y a t-il autre chose encore ? »

Le chevalier : « Les yeux. Ils sont nettement séparés chez les demoiselles alors qu’ils se touchent chez les messieurs. »

Max : « On voit ça. Dis, tu pourrais pas faire un tableau pour résumer ? Comme ça Princesse comprendra mieux. Et tu ajoutes les noms en scientifique que personne connaît à part toi pour dire demoiselles et messieurs. »

Léo : « Maxou, tu as oublié de dire s’il te plaît ! »

Max : « S’il te plaît mon bonomou 🙂 »

Base de l’aile antérieure

Yeux

Ailes au repos

Demoiselle

Identique à l’antérieure

Nettement séparés

Fermées

Zygoptères

Messieurs

Plus large que l’antérieure

Jointifs

Étalées

Anisoptères

Max : « Merci mon bonomou 🙂 »

Léo : « Bien. Maintenant que nous connaissons la subdivision principale des Odonates tu peux nous présenter les deux espèces que nous venons de rencontrer. On commence par l’Anisoptère. »

Max : « Comment tu vas faire ? Tu as pris ton beau livre d’Odonates ? »

Le chevalier : « Non, je n’y ai pas pensé. Et je ne peux pas prendre tous nos beaux livres à chaque inspection 🙂 »

Max : « Ben non, oulala ! Il te faudrait une bibliothèque à roulettes ! On pourrait utiliser la planche à roulettes de Samuel de Champlain ! »

Le chevalier : « Et vous la pousseriez à chaque inspection ? »

Max : « Avec nos petites pattes ? Çavapalatête ! »

Le chevalier : « Alors je fais de tête. Nous vérifierons ce soir dans la cabane. Bien bien bien… L’abdomen est rouge… Je ne vois pas de triangle anal… Le triangle des ailes antérieures… Où est-il celui-là ? … LÀ ! Constitué de deux cellules, tourné vers l’arrière… Et l’individu est perché. Il se perche, c’est un percheur 🙂 J’ose affirmer que cet individu appartient à la famille des Libellulidés. »

Max : « Il est fort mon bonome 🙂 »

Léo : « Nous attendons la suite 🙂 »

Le chevalier : « J’y viens… Laissez moi observer… 8 nervures transverses anténodales… »

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Max : « Késkidi ? »

Léo : « Chuuuut ! Laisse le réfléchir ! »

Le chevalier : « … Mmmmm… apparemment il n’y a qu’une seule rangée de cellules au-dessus de la nervure radiale supplémentaire… »

Max (à Léo) : « Tu comprends quelque chose ? »

Léo : « Non, mais il faut pas l’interrompre quand il est comme ça. »

Le chevalier : « C’est un Sympétrum ! »

Max : « Ce nom me dit quelque chose… on en a déjà vu ? »

Le chevalier : « Oui mon petitours. »

Léo : « D’accord. Tu es arrivé au nom de genre. Et l’espèce ? Tu peux trouver l’espèce ? »

Le chevalier : « Je peux essayer… Mmmmmmmm… »

Max : « Il est bizarre quand il Mmmmmm. »

Léo : « Moi j’aime bien. Il a les sourcils froncés et il se gratte la tête. Le monde pourrait s’effondrer il s’en rendrait même pas compte 🙂 »

Le chevalier : « Ai-je signalé la tâche jaune à la base des ailes ? »

Max : « Ben non ! Pfff ! Bonome, quand même ! La tâche jaune ! »

Léo : « Tu te moques de lui 🙂 C’est pas gentil. »

Le chevalier : « Pas grave… Les pattes sont entièrement noires n’est ce pas ? »

Max : « Euh… oui oui ! »

Le chevalier : « C’est bien ce que je pensais 🙂 C’est un sympétrum sanguin, Sympetrum sanguineum, Libellulidés. »

Max : « Bravo bonome ! Et il est rare le sympétrum sanguin ? »

Le chevalier : « Non, il est très courant. »

Léo : « C’est bien quand même. Et l’autre ? Le Zygoptère ? Tu le connais ? »

Le chevalier : « Je reprends la foto… Mmmmm… »

Max : « Il est reparti… »

Léo : « Max, il fait ça de tête. Tu te rends compte ? »

Max : « Ben c’est mon bonome. »

Léo : « Et ça t’impressionne plus ? »

Max : « Ça fait un an que je le vois faire. Tu peux lui demander ce que tu veux en sciences naturelles… Il se gratte la tête en fronçant les sourcils. Il Mmmmmm et il te répond. Hopla ! Et si il sait pas il hypothèse… Tu avances dans ta détermination bonome ? »

Le chevalier : « Oui oui… Les ailes ne se voient pas bien sur la foto mais elles sont pétiolées et il n’y a que deux nervures transverses anténodales. »

Max : « J’allais le dire 🙂 »

Le chevalier : « Oui, tout le monde sait ça… Le ptérostigma est clairement en losange… La cellule discoïdale devrait être en trapèze… Où est-elle ? … Oui, c’est ça… Cellule discoïdale en trapèze ! C’est la famille des Coenagrionidés ! »

Max : « Tu aurais pu me le demander : on aurait gagné du temps 🙂 »

Léo : « Max ! Tu exagères ! »

Max : « Il entend même pas ! Il est parti dans sa tête ! Il a une bibliothèque dedans. Quand il est comme ça, c’est qu’il a choisi un livre dans la bibliothèque de sa tête. Il s’est installé dans un fauteuil et il tourne les pages en l’étudiant. Il entend plus rien. Tiens regarde ! Bonome, Princesse est là ! »

Le chevalier : « C’est bien Maxou… Mais l’absence de tache postoculaire et les yeux rouges me font plutôt penser au genre Erythromma… »

Max (à Léo) : « Tu vois ! Il est dans sa tête. C’est le seul bonome au monde qui peut être dans sa tête 🙂 »

Le chevalier : « Les bandes antéhumérales vertes sont bien visibles. Je dirais que c’est… »

Max : « Un agrion au corps vert 🙂 Je sais 🙂 »

Le chevalier : « Bravo Maxou ! »

Léo : « Tu le savais depuis le début ? »

Max : « Oui 🙂 Bonome, tu me l’a présenté l’an dernier au Royaume des Sternes. Je me souviens plus de son nom en scientifique mais tu m’avais dit que c’est la seule espèce au corps bleu et aux yeux verts. »

Le chevalier : « Ce qui n’est pas tout à fait exact : il y a aussi la naïade aux yeux rouges. Mais elle n’a pas les bandes antéhumérales vertes. »

Max : « Tu peux me rappeler le nom en scientifique s’il te plaît ? Je vais essayer de le retenir cette fois. »

Le chevalier : « Max, tu m’impressionnes. Erythromma viridulum, Coenagrionidés. … C’est bizarre, j’ai l’impression d’avoir entendu parler de Princesse… »

Max : « Tu as dû rêver… Qui aurait parlé de Princesse alors que tu étais en pleine détermination odonatesque ? »

Le chevalier : « Tu dois avoir raison… Je vais pas bien dans ma tête moi. Il faudrait que je mette ma casquette… »

Max : « J’arrête pas de te le répéter ! ‘Mets ta casquette bonome ! Tu as le cerveau qui fond !’ Mais non, tu t’obstines ! Voilà où ça te mène ! Tout ça parce que monsieur est coquet et qu’il aime bien être bronzé !… »

Léo : « Max, tu exagères vraiment 🙂 Oh ! Le bel insecte que voilà ! »

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Max : « Oh oui ! Bonome, tu le fotoes et tu nous le présentes. »

Le chevalier : « Arthropodes, Insectes, Coléoptères, Scarabéoidés. »

Max : « Oui, tout ça on connaît. La suite s’il te plaît. »

Le chevalier : « Les antennes sont en massues glabres et luisantes. On voit bien les éperons portés par les tibias postérieurs. Les griffes postérieures sont divisées en deux et sont aussi longues que les tarses alors qu’aux pattes intermédiaires les griffes sont simples. J’en ai assez dit pour affirmer que cette espèce appartient à la sous-famille des Cétoninés. »

Max : « Cétoninés ? … Cétoninés… Ça me dit quelque chose les Cétoninés… La cétoine dorée ! La cétoine dorée est un Cétoniné. On en a vu au Royaume de Rien du Tout ! »

Léo : « Le Royaume de Rien du Tout ? »

Max : « Oui, c’est un Royaume où bonome m’a emmené qu’une seule fois. Si tu veux voir du rien du tout, on peut y aller si tu veux. »

Léo : « Mais vous avez pas vu que du rien du tout si vous avez rencontré la cétoine dorée. »

Max : « C’est pas faux… Disons qu’on a vu beaucoup de rien et quelques zanimos. Si je me souviens bien, on a vu Martin, des grébus et un zoiso jaune que je me souviens plus lequel. Et puis quelques insectes… Mais surtout du rien du tout. Des heures de rien du tout ! »

Léo : « Je crois que nous y sommes allés ensemble. Le zoiso jaune c’était avec moi. J’avais proposé le tarin des aulnes, Carduelis spinus, Fringillidés. On peut revenir à notre Cétoniné. »

Max : « Non ! Avant il faut que je dise qu’on a vu le drap mortuaire aussi. Il ressemble à la cétoine dorée mais il est noir avec des tâches blanches. Lui, on l’a vu au Royaume des Sternes. »

Le chevalier : « C’est vrai. Oxythyrea funesta. Alors revenons à ce bel insecte. Il est jaune et noir. »

Max : « Il imite les hyménoptères à aiguillons comme les guêpes, les abeilles, les frelons… Il fait peur à ses prédateurs alors qu’il pique même pas. C’est le mimétisme aposématique. »

Le chevalier : « Mon Maxou, tu m’impressionnes vraiment aujourd’hui 🙂 Rappelons quand même que le mimétisme c’est de l’imitation et l’aposématisme, c’est prévenir ses prédateurs d’un danger en portant des couleurs particulières souvent bien visibles. Alors, notre insecte… C’est la trichie commune, Trichius rosaceus, Scarabéoïdés, Cétoninés. »

Max : « Tu expliques pas plus ? Tu passes de la sous-famille au nom d’espèce, sans explication ? »

Le chevalier : « Oui, les scientifiques entre eux parlent de détermination ‘à la gueule’. »

Max : « Ils sont grossiers les scientifiques entre eux ! »

Léo : « Oui, mais l’expression est très compréhensible. »

Le chevalier : « D’accord avec toi mon Léo 🙂 Je pourrais préciser qu’il existe une autre espèce de trichie : la trichie fasciée, Trichius fasciatus. Chez cette dernière, les deux tâches noires au sommet des élytres se rejoignent. »

Max : « On peut pas les confondre alors. »

Le chevalier : « Normalement non. »

Le chevalier : « Les trichies se nourrissent de pollen. »

Max : « Il y a un mot pour dire ‘qui se nourrit de pollen’ ? »

Le chevalier : « Pas à ma connaissance… pollenivores peut être. Ou plutôt palynivore… Puisque nous parlons des Cétoninés je ne peux m’empêcher de vous raconter l’histoire du pique-prunes, Osmoderma eremita. »

Max : « Il pique les prunes le pique-prunes ? »

Le chevalier : « Oui, et il est très fort ! »

Léo : « Pourquoi dis-tu cela ? »

Le chevalier : « C’est une espèce protégée au niveau national et son habitat est également protégé par une directive européenne. Il y a quelques années, un projet d’autoroute reliant Le Mans à Tours a été lancé. Or ce projet nécessitait de raser un bois, ou une forêt, dans laquelle vivait l’une des rares populations de pique-prunes de France. Quand les associations de défense de la nature l’ont su, elles se sont mobilisées et ont obtenu le détournement de l’autoroute. »

Léo : « Ça c’est une bonne nouvelle ! »

Max : « Le pique-prunes a vaincu les bulldozers ! Il est fort le pique-prunes 🙂 »

Léo : « Dites, vous pensez qu’on va voir des zoisos quand même ? »

Max : « On y a va Léo, on y va ! Bonome va bien nous en trouver. N’est ce pas bonome ? »

Le chevalier : « Ben oui, je parle le zoiso alors je vais leur demander de venir pour mes petizours 🙂 »

Max : « Tu reconnais enfin que tu parles le zoiso ! »

Le chevalier : « Pfff !!! »

Léo : « Je sais pas si il a demandé aux zoisos de venir mais il y a des bernaches du Canada. »

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Max : « Brenta canadensis, Anatidés. »

Léo : « C’est une famille. Il y a des bernachons mais ils sont déjà grands. »

Max : « Ils ressemblent aux adultes. »

Léo : « Ben oui. On aurait dû venir le mois dernier pour les voir tout petits. »

Max : « Il pleuvait tout le temps Léo. On pouvait pas… »

Léo : « Je sais. C’est pas grave. Il y a eu des petits et c’est le principal. Les bernaches du Canada vont bien. »

Max : « Elles sont pas éradiquées ! »

Léo : « Les petits ont la tête sous l’eau. Ils mangent. »

Max : « J’espère qu’ils ont bien appris leurs leçons et qu’ils savent qu’ils sont phytophages. Ils sont bien phytophages bonome ? »

Le chevalier : « Il me semble bien. Mais certains Anatidés mangent des petits mollusques ou de petits crustacés parfois. »

Max : « Alors ils sont omnivores. »

Léo : « Maxou, c’est mieux de dire phyto-zoophage. Chevalier, comment appelle-t-on un zanimo qui se nourrit de mollusques ? »

Le chevalier : « C’est un malacophage. Sauf si l’animal ne se nourrit que d’escargots. Dans ce cas il est molluscivore. »

Max : « Nous, on est chocolatophages 🙂 »

Le chevalier : « Chose que je ne m’explique pas. Comment une peluche peut-elle se nourrir ? Et de chocolat en plus ! »

Max : « On a pas besoin de manger. C’est juste de la gourmandise 🙂 Miam le chocolat 🙂 »

Le chevalier : « Je comprendrai peut être un jour… »

Léo : « Chevalier, le zoiso qui est sur la branche, là, c’est un pouillot ? »

Max : « On connaît rien du tout aux pouillots 🙁 Et en plus il s’en va ! »

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Le chevalier : « Disons que c’est un pouillot du genre Phylloscopus. »

Max : « On est même pas sûrs que c’est vraiment un pouillot ! »

Léo : « On a qu’à dire que c’est une hypothèse. Nous supposons que c’est un pouillot du genre Phylloscopus. »

Max : « D’accord. Comme ça je veux bien. On va voir à l’autre observatoire ? »

Le chevalier : « Nous sommes là pour ça. »

Léo : « En plus on a le temps ! C’est les Grandes Vacances ! Tu as pas de copies à corriger chevalier. »

Le chevalier : « Non, mais des cours à préparer… »

Max : « Tu feras plus tard. On zoisote pour le moment. »

Léo : « J’aime beaucoup ce paysage. … Dites, il y aurait pas des grébous là-bas ? »

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Max : « Il a des superzieux philoléo 🙂 Bonome, tu zoomes et tu nous montres. »

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Max : « Il y a un adulte avec ses petits 🙂 »

Léo : « Il faut dire le nom en scientifique de grébou. »

Max : « Tachybaptus ruficollis, Podicipédidés. »

Léo : « Ils sont mignons les petits. »

Max : « Oh ! Regarde ! L’adulte ploufe ! »

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Léo : « Il a ploufé pour trouver du manger pour ses petits. Il y en a combien des petits ? Vous avez réussi à le compter ? »

Max : « Bonome, fotoe. »

Max : « Merci bonomou 🙂 »

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Léo : « Alors ? Il y en a combien ? »

Le chevalier : « J’en compte cinq 🙂 »

Max : « CINQ PETITS ! RHOLALA ! »

Léo : « Pauvres parents ! Ils vont devoir tout ploufer pour nourrir ces petits estomacs perpétuellement vides ! »

Max : « On reste un peu pour les regarder ? »

Le chevalier : « Si tu veux Maxou 🙂 »

Léo : « Tiens, pour une fois tu demandes pas si je suis d’accord… »

Le chevalier : « Observer des oiseaux. Ai-je besoin de demander si tu es d’accord ? »

Léo : « Tu me connais bien chevalier 🙂 »

Le chevalier : « Toi aussi tu es mon petitours Léo 🙂 »

Max : « Le grand chevalier pas Scolopacidé et ses deux petizours 🙂 »

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Le chevalier : « Bon, mes petizours, nous n’allons quand même pas passer la journée à observer des grébous nourrir leurs petits. »

Léo : « Je crois que je pourrais, moi 🙂 »

Max : « Ça m’étonne pas de toi 🙂 Bonome, tu veux continuer l’inspection ? »

Le chevalier : « Oui, continuer un peu… »

Max : « Tu vas pas tarder à vouloir rentrer, toi. »

Léo : « Maxou, il faut que tu sois cohérent. Parfois tu as peur qu’il veuille plus jamais rentrer et qu’il redevienne sauvage et d’autres fois tu ronchonnes parce qu’il veut rentrer… »

Max : « Je ronchonne même pas ! C’est pas vrai ! »

Léo : « D’accord, pardonne-moi. »

Max : « Regarde Léo ! Encore des insectes ! Ils sont in copula ! »

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Léo : « C’est la saison des petits ! Tu connais ces insectes ? »

Max : « Oui, j’en ai déjà vu. Ils sont souvent nombreux sur les Apiacées. »

Léo : « Les Apiacées ? »

Max : « C’est une famille de plantes à fleurs. Leurs fleurs sont disposées en ombelles. Ce sont souvent des plantes aromatiques. Les zoms en mangent certaines comme la carotte, le panais, le fenouil, le cerfeuil, l’anis vert, la coriandre, le persil… Mais il faut faire attention à la grande ciguë. »

Léo : « Pourquoi ? »

Max : « Elle est très toxique la grande ciguë, oulala ! Il faut pas la toucher la grande ciguë, surtout pas, sinon après tu es tout mort. »

Léo : « Et comment on la reconnaît la grande ciguë ? »

Max : « Je sais pas. Il faut demander à bonome. »

Le chevalier : « Je ne sais pas trop la reconnaître. Elle me fait peur alors j’évite les Apiacées. »

Max : « Tu as peur d’une plante ? »

Le chevalier : « Elle est mortelle ! Elle a tué Socrate ! »

Max : « Socrate ? C’était un de tes amis ? »

Le chevalier : « C’était un philosophe né en -469 et mort en – 399 à Athènes. »

Max : « C’est un grékancien de la Grèce Ancienne 🙂 Et il est mort de la ciguë ? »

Le chevalier : « Oui, accusé de pervertir la jeunesse et d’adorer de faux dieux, il fut condamné à boire la ciguë. »

Max : « Et il pervertissait la jeunesse et adorait de faux dieux ? »

Le chevalier : « Non. »

Max : « Alors on l’a condamné injustement ! Et toi tu as rien fait pour sauver ton ami ! »

Le chevalier : « Max… Il n’aurait rien voulu faire pour éviter la mort. Ses amis lui ont proposé de l’aider à fuir. Il a refusé. Il était intègre, honnête… Sa fuite aurait donné raison à ses accusateurs. »

Max : « Pourquoi ? »

Le chevalier : « Parce qu’il enseignait qu’il ne fallait pas avoir peur de la mort. Selon lui, l’âme vient du Monde des Idées. Elle se trouve bloquée dans un corps pendant toute la vie de l’individu. L’âme a en elle toute la Connaissance. Mais, piégée dans le corps qui la limite, elle ne peut exprimer cette Connaissance. Selon Socrate, l’apprentissage n’est qu’une réminiscence. »

Léo : « Ça veut dire quoi ? »

Le chevalier : « Un retour à la surface en quelque sorte. »

Léo : « Je comprends. Après la mort, l’âme retourne dans le Monde des Idées. Elle est libérée. Alors c’est vrai que, vue comme cela, c’est pas grave la mort. Et si il enseignait ça, il pouvait pas se sauver au moment de mourir. »

Max : « Et il a été ciguté 🙂 »

Le chevalier : « Ciguté ? »

Max : « Petitoursien du nord 🙂 »

Le chevalier : « D’accord 🙂 »

Max : « J’aime beaucoup tes amis grékanciens : Bias de Priène, Socrate. C’est dommage qu’ils soient tout morts. »

Léo : « Oui. Je les aurais bien rencontrés. Bon, on revient à l’insectologie ? »

Max : « C’est un téléphore fauve, Rhagonicha fulva, Cantharidés. »

Léo : « Oh ! Regardez l’odonate ! Il est tout mort ! »

99-51-un-leste-vert-tout-mortMax : « Tu refais pas toute la détermination bonome. On sait que c’est un zygoptère. Tu nous expliques juste qui c’est et pourquoi il est tout mort comma ça. »

Le chevalier : « C’est tout ? »

Max : « Tu veux savoir autre chose Léo ? »

Léo : « Non. Mais je pense qu’il pensait à autre chose quand il a dit ‘c’est tout’ 🙂 »

Max : « S’il te plaît mon bonomou 🙂 »

Le chevalier : « Oui mon Maxou 🙂 C’est un leste vert, Lestes viridis, Lestidés. Je pense que c’est une enveloppe vide, reste du repas d’une araignée-crabe. »

Max : « Une araignée-crabe comme on a vu tout à l’heure ? »

Le chevalier : « Oui Maxou. »

Max : « La petite araignée-crabe a réussi à attraper une demoiselle vert-métallisé. Et elle a tout mangé ! »

Léo : « Gloub la demoiselle ! Chevalier, je suis fatigué moi. »

Le chevalier : « Veux-tu pocher ? »

Léo : « Oui, mais je voudrais surtout rentrer et aller dormir. »

Max : « Déjà ? Mais il est même pas tard. »

Léo : « Je sais Maxou. Faut pas m’en vouloir si je suis fatigué. »

Max : « Ben non. Bon bonome, il faut rentrer si Léo veut aller dodoer. »

Le chevalier : « Je vous montre quand même la petite biche 🙂 »

Léo : « Oh oui ! Il y en a une ? »

Max : « Oui, juste là. »

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Léo : « Alors si j’ai bien compris c’est un autre Lucanidé. Il s’appelle Dorcus parapépidus. »

Max : « C’est pas plutôt Dorcus paralépipadus ? »

Le chevalier : « Dorcus parallelepipedus. »

Max : « Petite biche, c’est bien aussi 🙂 Allez, cette fois, on rentre. »

Et on est retournés à notre monture en pochant. Léo s’est endormi mais je lui ai quand même gratté le front. Je l’aime beaucoup Léo. En arrivant à notre cabane, bonome est allé coucher Léo tout de suite, sans le réveiller. Et on est restés tous les deux. On a papoté, regardé les fotos du jour, re papoté, chahuté… Puis il m’a couché aussi. Et j’ai fait de très beaux rêves. J’ai même rêvé de toi Princesse 🙂 Et de zoisos, évidemment.

Je t’embrasse Princesse, mais je te dirai pas comment on va 🙂

Continuer la promenade

2 réflexions au sujet de « 99 – Le Royaume des Grèbes »

  1. Bonjour Brindille 🙂
    Nous aussi on te souhaite une bonne année avec plein de bonnes choses 🙂 Et des beaux zoisos 🙂
    Gratouillis à toi 🙂

  2. Bonjour les Petizours !

    Je vous souhaite, ainsi qu’au chevalier, une très belle année, plein de gratouillis, de beaux zoisos, de jolies fleurs et de passionnantes inspections dans les Royaumes 🙂
    Au plaisir de vous revoir bientôt 🙂

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