79.1 – L’îlot du Diable et la Pointe du Toulinguet

Mercredi 2 Mars, An III

Max : « Bonjour Léo, bonjour bonome ? Vous êtes déjà levés ? »

Léo : « Bonjour Maxou. Oui, on t’attend. »

Max : « Il pleut pas aujourd’hui ? »

Léo : « Pourquoi ? Tu veux encore dormir ? »

Max : « Et pourquoi pas ? »

Léo : « Parce que hier, à cause de la pluie, tu as tout dormi puis tu es allé te recoucher. Tu as fait la sieste puis un petit dodo et après tu es allé dormir après une autre sieste et on t’a pas revu avant ce matin. »

Max : « D’accord, j’ai un tout petit peu dormi hier. Mais c’est parce que j’étais fatigué. Oulala ! Si on peut même plus dormir tranquille… »

Le chevalier : « Ne sois pas injuste : nous t’avons laissé dormir tant que tu le voulais. Léo espérait que tu te joignes à nous pour que nous fassions le résumé de ces derniers jours. »

Max : « Ben, il fallait le dire ! Je me serais levé ! »

Le chevalier : « Pas grave… Le programme de la journée va me permettre de vous le faire sur le terrain… »

Max : « Et c’est quoi le programme de la journée ? 18 arrêts avant le déjeuner puis 42 autres après. C’est ça ? On fait la Bretagne, la Normandie et si on a le temps on fait rapidement le tour de l’Angleterre avec une petite pause en Écosse, pour le café… »

Le chevalier : « Sous-entendrais-tu que les journées sont chargées ? »

Max : « Noooon… Oulala ! On fait à peine 10 km par jour sur des cailloux tout cassés. Sinon ça va, c’est plutôt calme 🙂 »

Le chevalier : « Ah… C’est embêtant… »

Max : « Pourquoi ? »

Le chevalier : « J’allais vous annoncer une journée assez dense. Très intéressante mais avec beaucoup de marche et de très nombreuses observations. »

Max : « Assez dense ? Tu euphémises je suis sûr… Léo, tu as compris comme moi ? »

Léo : « Journée assez dense… Parce que les trois premiers jours étaient comment ? Programme léger ? Petite promenade d’agrément ? »

Max : « Nan, c’était juste une balade post postprandiale. Pour digérer… Bon, tu nous annonces le programme de cette journée assez dense s’il te plaît ? »

Le chevalier : « D’abord nous irons sur la côte ouest de la presqu’île de Roscanvel. Objectif : observation des roches de la formation de l’Armorique. Nous ferons peut être un ou deux arrêts en chemin pour profiter du paysage. »

Max : « Oui oui… Pas pour nous user les pattes sur les rochers. Oulala non ! Pour profiter du paysage ! Merci bonome. »

Le chevalier : « Ne râle pas Maxou. Vous serez dans ma poche 🙂 »

Léo : « Ensuite ? »

Le chevalier : « Direction la Pointe de Pen Hir ! »

Léo : « Mais… On connaît déjà ! »

Le chevalier : « Je sais mon Léo. Nous ferons juste un arrêt pour avoir une vue générale sur les falaise du Veryarch que nous allons explorer. »

Max : « On a pas fait déjà une partie ? Pour aller voir le contact entre les schistes de Postolonnec et les grès armoricains. On avait rien vu du tout d’ailleurs ! »

Léo : « C’est pas vrai ! On a vu des beaux zoisos et des paysages magnifiques. »

Le chevalier : « Merci Léo 🙂 Après avoir observé la falaise de loin, nous irons l’explorer. Puis nous irons à la plage de Lamm Saoz pour compléter la coupe. Vous verrez, c’est passionnant. Parfois un peu compliqué mais ça en vaut la peine… Oulala, j’oubliais : Pen Hat et Porzh Naye sont également au programme 🙂 »

Max : « Ben oui, pourquoi se priver… »

Le chevalier : « Mes pauvres petizours… Vous êtes prêts ? »

Max : « Oui, on a nos sacados, nos casques… Mais il risque de pleuvoir… On va être tout mouillés si il pleut 🙁 »

Le chevalier : « Ne vous inquiétez pas pour cela ! Allez, c’est parti ! »

***

Léo : « Chevalier, pourquoi tu t’arrêtes ? On est arrivés ? »

Le chevalier : « Je vous ai parlé d’arrêts imprévus n’est ce pas ? En voilà un ! Venez voir… »

Léo : « Rhoooo… C’est bôôôô ! Rholala ! »

Max : « Oh oui ! Rholala c’est bô ! Tout à fait d’accord mon cher cousin ! J’ajouterais même Rhoooo la chance 🙂 »

79.1 01 Trez Rouz

Léo : « On est où ? »

Le chevalier : « Vers Trez Rouz… La pointe, à gauche, doit être la Pointe du Pouldu. »

Léo : « C’est quoi les roches ? »

Max : « Non Léo, on fait pas la géologie ici. On profite de la beauté ! C’est que l’échauffement. Bonome, le vent est venu nous voir 🙂 Il souffle fort aujourd’hui. C’est pour repousser les nuages ? »

Le chevalier : « Peut être 🙂 Restez dans ma poche. C’est vrai que le vent souffle très fort. Je crois qu’il veut nous montrer qu’il n’est pas que le petit vent du jour que nous avons rencontré au Petit Royaume des Barges… »

Max : « Il frime un peu 🙂 »

Le chevalier : « Il se dégourdit les nuages en soufflant un peu 🙂 Voulez-vous vous approcher ? »

Léo : « Oh oui ! On va voir de plus près. »

Max : « Mais on va pas explorer bonome. Si le vent souffle si fort, c’est qu’il veut pas qu’on aille sur l’estran. On reste au bord et on regarde en silence… »

79.1 02 Trez Rouz 79.1 03 Trez Rouz

Léo : « Rholala… Rhooolala ! »

Max : « Oups ! Léo se met à rholalaer… Il faut y aller sinon on le perd. »

Le chevalier : « Allons-y alors ! »

Max : « Tu as d’autres arrêts imprévus de prévus ? »

Le chevalier : « Non, trop de vent 🙂 Allons au Fort de la Fraternité. »

***

Le chevalier : « Nous y voilà ! »

79.1 04 La Fraternité

Léo : « Rhoooo… »

Max : « Oui Léo : Rhoçébô ! Rholalalachance et tout ça… »

Léo : « Parce que tu trouves pas que c’est beau peut être ? »

Max : « Ben si ! Mais c’est comme ça avec bonome. Dès qu’on va quelque part c’est plein de beauté partout. Il doit avoir un détecteur de beauté intégré à son cerveau. »

Le chevalier : « Parmi mes neurones fondus ? »

Max : « Ils repoussent la nuit tes neurones… Juste pour pouvoir fondre le lendemain. »

Le chevalier : « 😀 »

Léo : « On va voir ? »

Le chevalier : « Allons-y mes petizours. »

79.1 05 L'îlot du diable 79.1 06 Fort et Four

Le chevalier : « A gauche vous avez l’îlot du Diable. »

Max : « L’îlot du Diable ? Le diable avec les cornes et la fourche ? Faut pas y aller bonome ! Il va nous piquer les fesses avec sa fourche ! »

Léo : « Je préfère les korrigans moi. »

Max : « Il y en a ici ? »

Le chevalier : « Ils vivent là où il y a des falaises… Je crois qu’ils retiennent le diable prisonnier sur l’îlot. »

Max : « Heureusement qu’on y va pas ! »

Le chevalier : « Qui t’a dit que nous n’irons pas ? »

Max : « Ah non ! On va pas voir le diable ! Çavapalatête ! »

Le chevalier : « Nous n’allons pas voir le diable mais observer les falaises depuis l’îlot. Les korrigans vont nous protéger. »

Léo : « Tu en es certain ? Ils vont pas le relâcher ? »

Le chevalier : « Vous avez dit vous mêmes qu’ils étaient mes amis et qu’ils nous protégeaient… »

Léo : « Si je comprends bien il faut faire confiance à des lutins facétieux que personne a vus depuis des siècles pour nous protéger du diable… »

Max : « Tu as confiance toi, bonome ? »

Le chevalier : « Oui, bien sûr. »

Max : « Alors on y va… »

79.1 06 Fort et Four

Léo : « Qu’est ce qu’on voit chevalier ? C’est quoi ces constructions ? Tu nous expliques s’il te plaît. »

Le chevalier : « Le bâtiment construit dans la falaise est un four à chaux. »

Max : « Encore un ! »

Léo : « Ça veut dire qu’il y a des calcaires ici. »

Le chevalier : « Oui Léo. Nous irons les voir. »

Max : « Et le mur ? C’est le Fort de la Fraternité ? »

Le chevalier : « Non, ce n’est pas le fort. Il est un peu plus loin, au bord de la falaise. Il est entouré d’un mur d’enceinte. C’est ce mur que nous voyons. Continuons à grimper. La vue est bien plus belle de là haut. »

79.1 08 Plis 79.1 09 Plis

Max : « Oulala ! C’est tout plié ! »

Léo : « Alors là ce sont vraiment de beaux plis 🙂 »

Max : « C’est quoi ces roches ? »

Le chevalier : « Si je ne dis pas des erreurs ce sont les Schistes et Calcaires de l’Armorique. »

Léo : « Ils datent de quand ? »

Le chevalier : « Du Dévonien inférieur. Plus précieusement du Lokhovien supérieur et du Praguien inférieur. »

Léo : « C’est quand le Dévonien ? »

Le chevalier : « Après le Silurien. »

Max : « Tu peux nous redire ce qu’il y a avant ? »

Le chevalier : « Le protérozoïque jusqu’à 550 millions d’années avant nos jours. Puis le Cambrien, l’Ordovicien, le Silurien et le Dévonien. »

Max : « Elles sont très récentes ces roches alors 🙂 »

Le chevalier : « Environ 400 millions d’années 🙂 Je crois que ce sont les plus jeunes que nous avons vues depuis notre arrivée. Nous irons les inspecter. J’espère trouver quelques fossiles. »

Max : « Chouette ! On va fossiler ! »

Léo : « Qu’est ce qu’on fait maintenant ? J’ai pas tellement envie de rester sur cet îlot… »

Le chevalier : « On regarde la mer, les vagues… On écoute le vent… Et on fait confiance aux korrigans 🙂 »

79.1 10 Vague

Max : « Moi, je veux bien leur faire confiance aux korrigans. Mais j’aime pas trop que tu restes assis comme ça sur une dalle de roche qui penche dangereusement vers la mer… Et si tu glissais ? »

Le chevalier : « Plouf ! »

Max : « Plouf ? C’est tout ce que tu trouves à répondre ? Plouf ! »

Le chevalier : « D’accord Maxou. Allons glisser sur les Schistes et Calcaire de l’Armorique 🙂 »

Léo : « Oh ! Des craves ! »

79.1 11 Crave à bec rouge 79.1 12 Crave à bec rouge

Max : « Crave à bec rouge. Pyrrhocorax pyrrhocorax, Corvidés. Ils nous crient encore dessus. »

Léo : « On les dérange Maxou. Ils ne doivent pas souvent voir des zoms ici. »

Max : « Ben non, avec bonome on va toujours dans des endroits très beaux mais où il y a pas des zoms. On en voit jamais des zoms. »

Léo : « Tu voudrais en voir toi ? »

Max : « Pas forcément. Mais ça me rassurerait quand même un peu… »

Le chevalier : « Nous voilà sur les Schistes et Calcaires de l’Armorique… »

79.1 13 Formation de l'Armorique 79.1 14 Formation de l'Armorique

Max : « Ils sont tout penchés ! »

Le chevalier : « On dit qu’ils ont un pendage. »

Max : « Un pendage ? »

Le chevalier : « Oui, un pendage. Mais j’ai oublié mon rapporteur et ma boussole… Sinon nous aurions pu déterminer ce pendage. A vue d’œil je dirais 30° vers l’Est. »

Max : « Oui bien sûr. »

Léo : « Tu nous parles des roches. »

Le chevalier : « Il y a alternance de schistes et de calcaires sur 120 mètres environ. »

Max : « On a pas vu beaucoup de calcaires depuis notre arrivée. Ce sont surtout des schistes et des grès. »

Le chevalier : « Oui, c’est vrai. Ces calcaires montrent une diminution des apports d’argiles et de sables et une augmentation de la production de calcaires. La sédimentation s’est faite dans une mer très peu profonde et assez chaude. »

Léo : « Comment tu sais ça ? »

Le chevalier : « Venez voir… »

79.1 15 Fossile 79.1 16 Fossile 79.1 17 Fossile

Max : « Ce sont des coraux ? »

Le chevalier : « Oui pour la troisième photographie. Je ne suis pas sûr pour les deux premières. Mais ce sont des organismes constructeurs et récifaux. Ils ont édifié des petits monticules qu’on appelle biohermes. »

Max : « Biohermes… Ça me dit quelque chose… On en a pas vu en Charentmaritimie ? »

Le chevalier : « Si mon Maxou 🙂 »

Léo : « Il y a d’autres fossiles ? »

Le chevalier : « Allez voir. Mais ne courez pas ! »

Max : « Viens voir bonome ! Il y a des coquilles ici ! »

79.1 18 Fossile 79.1 19 Fossile

Le chevalier : « Ce sont des brachiopodes. Ils sont assez nombreux… Vous voyez là la face interne des coquilles. »

Léo : « Il y a comme deux petits machins qui dépassent. C’est normal ? »

Le chevalier : « Oui 🙂 C’est le brachidium. C’est un caractère propre aux brachiopodes. On peut dire que c’est le point d’attache de l’organisme. La forme du brachidium permet la classification des Brachiopodes. »

Max : « D’accord. On peut continuer l’exploration ? »

Le chevalier : « Oui mes petizours. »

Léo : « Max, tu sais ce que c’est ce machin blanc et dur ? »

Max : « Ben non :/ BONOME ! AUX PIEDS ! VITE ! »

Léo : « Max, tu exagères ! »

Max : « Ouiiii: ) »

Le chevalier : « Oui Maxou ? Qu’avez-vous trouvé ? »

79.1 20 Filon de quartz

Max : « Ça ! Qu’est ce que c’est ? »

Le chevalier : « Un filon de quartz. »

Max : « Un filon de quartz… Léo, tu sais ce que c’est un filon de quartz ? »

Léo : « Pas vraiment 🙂 »

Max : « Bonome, mon petit bonome à moi… Pourrais-tu, parfois, nous donner des réponses compréhensibles ? Pas à chaque fois, mais de temps en temps. Comme ça, pour nous reposer un peu… Je suis sûr que tu en es capable 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Il arrive que les calcaires soient dissous par l’eau qui circule dans les roches. Il se forme alors une cavité. Vous savez sûrement que la nature à horreur du vide. Alors quand l’eau circule de nouveau, la silice qu’elle contient précipite et forme des dépôts dans les cavités. Et il se forme des filons de quartz. »

Max : « Alors d’abord l’eau circule pour dissoudre le calcaire et ensuite elle dépose du quartz. »

Le chevalier : « C’est ça. »

Léo : « Mais pourquoi le calcaire se dissout dans l’eau alors que la silice se dépose ? »

Le chevalier : « Ces deux produits n’ont pas les mêmes propriétés. Le calcaire se dissout facilement. Il est assez soluble dans l’eau. Alors que la silice est très peu soluble. Elle préfère se redéposer très rapidement. »

Max : « D’accord. »

Léo : « Chut ! Il y a notre zoiso-gardien qui vient nous surveiller 🙂 »

79.1 21 Pipit 79.1 22 Pipit

Max : « Encore un pipit du genre Anthus. »

Léo : « Tu as beaucoup de gardiens chevaliers : un zoiso-gardien, les korrigans… »

Max : « Le vent veille sur nous aussi. »

Léo : « On est jamais tout seuls avec toi 🙂 »

Max : « Il y a toute une armée prête à se mettre en action si il t’arrive quelque chose 🙂 »

Léo : « C’est rassurant. »

Max : « On fait quoi maintenant ? »

Le chevalier : « On jette un œil du côté de l’îlot du Diable… »

Max : « Pfff… J’aime pas le diable… »

Léo : « Oooohhh ! Les vagues viennent s’écraser sur les rochers ! Ça fait plein d’embruns ! »

Max : « Tu fotoes pas ? »

Le chevalier : « Non, il y a trop d’embruns. L’objectif de l’appareil en serait couvert… »

Max : « Et tu regardes pas les roches ? »

Le chevalier : « Trop compliqué. Je renonce. Et j’ai parlé d’une journée assez dense, pas très dense. »

Léo : « On y va alors ? »

Le chevalier : « Oui. »

Max : « Attends ! C’est quoi cette mousse ? »

79.1 23 Ecume

Le chevalier : « De l’écume… Ce sont des bulles d’eau de mer qui s’agglomèrent. »

Léo : « Et là, il y a un Insecte. Maxou, tu le connais ? »

79.1 24 Un coléoptère 79.1 25 Un coéloptère

Max : « Il me semble qu’on a déjà été présentés… Il a trois paires de pattes et une paire d’antennes alors c’est un Insecte. Il a une paire d’ailes toutes dures qui forment un étui. C’est donc un Coléoptère. D’après les tarses je peux affirmer que c’est un Chrysomélidé. Mais je me souviens plus de son nom. Zutalor ! Tu sais toi bonome ? »

Le chevalier : « Je dirai Timarcha tenebricosa. Sans certitude… Bon, pochez-vous. Nous allons maintenant du côté de la Pointe du Toulinguet.»

Max : « C’est loin ? »

Le chevalier : « Pas trop… Environ 15 minutes de chevauchée. »

Léo : « On va faire de la géologie aussi ? »

Le chevalier : « Oui, j’aurais pu vous prévenir. Aujourd’hui c’est géologie uniquement. »

Max : « Pas de zoiso ? »

Le chevalier : « Nous ne les chercherons pas. Mais ils vont peut être venir nous voir 🙂 »

Léo : « Avant de partir, je peux poser une question ? »

Le chevalier : « Bien sûr mon Léo. »

Léo : « Il me semble que tu nous as dit que la Bretagne était quelque part pas loin du pôle au début des temps fossilifères. Vers le Cambrien ou l’Ordovicien. Et tout à l’heure tu as parlé d’une mer chaude et peu profonde dans laquelle poussaient des coraux. C’est pas au pôle ça. C’est même plutôt vers l’équateur. Ça veut dire qu’entre le Cambrien et le Dévonien la Bretagne est passée du pôle à l’équateur ? J’ai bien compris ? »

Le chevalier : « Oui mon Léo, tu as bien compris 🙂 »

Léo : « Merci chevalier. On peut y aller maintenant. »

***

Léo : « Rholala de rholala ! »

Max : « Ah ben oui ! Rholala ! »

79.1 26 Penn Hir

Le chevalier : « C’est le flanc ouest de la Longue Pointe (Pen Hir). Nous sommes sur la plage de Pen Hat. Je t’en ai déjà parlé Maxou. »

Max : « C’est la grande plage sur laquelle tu es venu te faire sécher l’an dernier ? Tu as raison, on se sent à peine plus grand qu’un grain de sable 🙂 Mais il faut pas t’asseoir pour nous câliner bonome. Tu aurais les fesses trempées. »

Léo : « On a vraiment de la chance de voir tout ça. »

Max : « Comment tu fais pour connaître tous ces beaux endroits ? »

Le chevalier : « Je fais des recherches… Et j’ai de la chance 🙂 Et puis, comme j’ai beaucoup de beauté dans les yeux, tous les endroits me paraissent beaux 🙂 »

Léo : « On fait quoi ? On est pas venus juste pour la vue. Je te connais maintenant. »

Le chevalier : « 🙂 Nous allons vers la pointe du Toulinguet, sur notre droite. J’ai quelques roches à vous montrer. »

Max : « Tu nous expliques un peu avant d’aller voir ? »

Le chevalier : « Si vous voulez. Dans ce cas, asseyons-nous et regardons la carte… »

Max : « On est où ? »

79.1 27 Carte simplifiée

Le chevalier : « Sur la grande plage en haut à gauche. Au sud de la zone verte, entre les grès armoricains de la Pointe du Toulinguet et ceux de la Longue Pointe. »

Léo : « Et c’est quoi les roches de la zone verte ? »

Le chevalier : « Les Phyllades de Dournanez. Ils datent du Briovérien. »

Max : « Comme les schistes zébrés ? »

Le chevalier : « Oui, mais ils sont un peu plus vieux. »

Max : « Encore plus vieux que les schistes zébrés ?! Ils ont quel âge alors ? »

Le chevalier : « Environ 600 millions d’années… »

Léo : « Et ils sont plus tendres que les grès armoricains. C’est pour ça que l’anse de Pen Hat est creusée dans ces roches. »

Le chevalier : « Oui Léo. Et, de l’autre côté, c’est l’Anse de Porzh Naye qui est creusée. Nous irons après. »

Max : « Sur la carte, il y a un gros trait noir entre les Phyllades de Douarnenez et les grès armoricains. C’est une faille ? C’est elle qu’on va voir ? »

Le chevalier : « La faille, les phyllades… Oui, c’est ce que nous allons voir. »

Léo : « On y va alors… »

79.1 28 Vers le Toulinguet

Max : « C’est quoi le petit îlot ? Tu le connais ? »

Le chevalier : « C’est Ar Gest. »

Max : « Arguést ? »

Le chevalier : « Ar Gest : le rocher du Lion. »

Max : « Pfff… Il y en a même pas des lions en Bretagne. »

Le chevalier : « Nous approchons. Voyez-vous les deux ensembles de roches ? »

79.1 29 Faille 79.1 30 Faille

Léo : « Au premier plan il y a une roche grise, peut être un peu verdâtre. Et derrière je reconnais les grès armoricains. »

Max : « On dirait que le contact entre les deux est vertical. »

Le chevalier : « Oui, on dit que c’est une faille sub-verticale, ce qui veut dire presque vertical. »

Max : « Tu connais le sens du mouvement ? »

Le chevalier : « Je n’ai rien lu à ce sujet. »

Max : « Tu veux pas hypothéser ? »

Le chevalier : « Émettre une hypothèse sur le mouvement de ces blocs… Les phyllades sont théoriquement sous les grès. Alors si on les voit côte à côte c’est que le compartiment central, celui des phyllades, est remonté. Approchons-nous encore. »

79.1 31 Faille

Max : « Pas terrible ta foto bonome. Les couleurs sont moches. Mais on voit bien les grès et les phyllades. On peut aller les voir les phyllades ? »

Le chevalier : « C’est prévu 🙂 Juste là, derrière nous… »

Max : « Tu nous fotoeras sur les phyllades. C’est pas tous les jours qu’on voit des roches de 600 millions d’années. »

79.1 32 Phyllades de Douarnenez 79.1 33 Phyllades de Douarnenez
79.1 34 Phyllades de Douarnenez 79.1 35 Phyllades de Douarnenez

Léo : « Tu nous expliques. Parce qu’elles sont vraiment tout pliées ces phyllades. C’est quoi comme sédiments au début ? »

Le chevalier : « Le protolithe est… »

Max : « STOP ! Le protoquoi ? »

Le chevalier : « Le protolithe. C’est la roche sédimentaire avant sa métamorphisation. »

Max : « D’accord. »

Le chevalier : « Le protolithe est une alternance de schistes gris-bleu en bancs centimétriques à décimétriques et de grès gris verts. L’ensemble a été métamorphisé par une faible pression et une faible température. C’est ce qu’on appelle un métamorphisme régional de faciès schistes verts. »

Max : « D’accord. Et ça veut dire quoi ? »

Le chevalier : « Les transformations sont le résultats de compression lors de la formation de chaînes de montagnes. Les phyllades ont connu au moins deux orogenèses. La première, l’orogenèse cadomienne, à la fin du Protérozoïque puis l’orogenèse varisque au cours de l’ère primaire. C’est probablement au cours de cette seconde orogenèse que les failles se sont formées. »

Léo : « Deux orogenèses… C’est pour ça que c’est grave tout plié. Ça a été plié deux fois… Rholala… »

Le chevalier : « Oui mon Léo 🙂 Rholala ! On avance un peu et on fait une pause. »

Max : « Tu veux avancer ? Mais c’est que des gros blocs immenses. Il va falloir que tu escalades tout… Tout ça pour une faille… »

Le chevalier : « Oui Maxou. Tout ça pour une faille 🙂 … Voilà. Tu vois : tout s’est bien passé ! »

Max : « Et le retour ? Tu penses jamais au retour quand tu es tout fatigué. »

Léo : « Max, il est comme ça ton bonome. Il cavale partout, grimpe, escalade, saute… Et il s’arrête jamais. Tu pourras pas le changer. Alors soit tu acceptes les risques et tu profites de ce qu’on voit, soit tu restes à la cabane. Mais tu arrêtes de ronchonner. Ça sert à rien. »

Max : « Tu as jamais peur toi ? »

Léo : « Ben si. Et là, si il se fait mal, je sais pas comment il fait pour rentrer. Mais dis toi bien qu’il fait très attention. Allez Maxou, installe ta serviette et on fait une pause. »

Max : « Mouai… Pause… »

79.1 36 La pause 79.1 37 La pause
79.1 38 Les Tas de Pois 79.1 39 Les Tas de Pois

Léo : « Elle est vraiment belle la Longue Pointe. Et les Tas de Pois… C’est magnifique. »

Max : « C’est vrai ça ! On les voit souvent ces Tas de Pois mais je m’en lasse pas. Et puis la mer… C’est beau la mer. Bonome, tu dis rien… Bonome ? »

Léo : « Il regarde les vagues 🙂 »

79.1 40 Les vagues 79.1 41 Les vagues

Max : « Il redevient sauvage je te dis. Un jour il voudra plus rentrer et on va rester dans les falaises avec les korrigans aux oreilles pointues. »

Léo : « Max, lui aussi a les oreilles pointues ! Tu crois que… »

Max : « Que c’était un korrigan ? J’y avais pas pensé mais maintenant que tu le dis… Ça expliquerait bien des choses. »

Léo : « Il faudrait lui demander. »

Max : « Il dirait rien. Tu crois pas qu’il nous avouerait : ‘Oui autrefois j’étais un korrigan et j’enfermais des géants dans des grottes. Et puis je me suis lassé alors je suis allé voir un enchanteur et il m’a transformé en zom mais m’a laissé mes oreilles d’origine. En souvenir. Depuis je suis un grand chevalier au service de Princesse et j’inspecte le Pays des Zoisos avec mes petizours.’ »

Le chevalier : « Je vous ai entendus 🙂 Mes oreilles ne sont pas un souvenir d’un ancienne vie imaginaire… Je suis né comme ça 🙂 »

Max : « Les korrigans aussi… »

Léo : « Dis chevalier, je veux pas que tu redeviennes sauvage. Je t’aime bien moi. »

Le chevalier : « Je ne vais pas redevenir sauvage mon Léo. Je ne sais pas pourquoi vous imaginez cela depuis des jours. »

Max : « Tu parles de moins en moins, tu rêves, tu as des sourires énigmatiques en regardant la nature, des fois tu nous entends même pas… Et on rentre de plus en plus tard. »

Le chevalier : « Et tu en déduis que je redeviens sauvage. »

Max : « Ben, tu n’es quand même pas très civilisé le reste du temps. Tu fais plus zom des bois que chevalier de cour. Il faudrait pas grand chose pour que tu te creuses un terrier en pleine nature. »

Le chevalier : « Et tu t’inquiètes parce que tu n’aurais plus de chocolat 🙂 »

Max : « Je m’en fiche du chocolat. Je veux un bonome pas sauvage. Je dirais quoi à Princesse sinon. ‘Désolé Princesse, je n’ai pas réussi à le retenir. Il est retourné à l’état sauvage dans son terrier. Oui oui, à part ça il va bien. Il court tout nu dans la lande à la recherche de nourriture mais oui, il va bien. ‘ »

Le chevalier : « Il y a quelque chose qui ne va pas dans votre histoire. »

Max : « Quoi ? »

Le chevalier : « Les korrigans ne creusent pas de terriers 🙂 La pause est terminée. Nous reprenons notre inspection. »

Léo : « Tu peux nous parler des phyllades encore s’il te plaît. »

Le chevalier : « Cherchons d’abord la faille… On la voit là, dans la falaise. Et au sol, regardez ! »

79.1 42 La faille 79.1 43 La faille

Max : « Au sol, je veux bien. Mais dans la falaise… Tu vois une faille Léo ? »

Léo : « Ben… On voit des roches de deux couleurs. Mais de là à dire qu’il y a une faille… »

Le chevalier : « Et là ! Devant vous. Vous voyez ? »

79.1 44 La faille 79.1 45 La faille

Max : « Il y a une petite surface plane presque verticale… »

Le chevalier : « C’est peut être le miroir de faille 🙂 Vous avez compris qu’une faille est un plan, une surface assez plane qui sépare deux compartiment. Ce plan est parfois visible et on l’appelle miroir de faille. »

Léo : « Tu crois que c’est le miroir de faille qu’on voit là ? »

Le chevalier : « C’est assez cohérent avec ce que nous observons. On voit bien les grès armoricains à gauche et les phyllades de Douarnenez à droite. Les deux formations sont séparées par une surface plane. Il y a bien quelques blocs éboulés qui cachent la faille mais tout m’a l’air clair dans la partie supérieure de la falaise. Rholala ! On a vu un miroir de faille ! »

Max : « Tu es un enfant au pied du sapin de Noël ! »

Le chevalier : « Vous n’êtes pas impressionnés ? »

Léo : « Si ! Mais je dis pas rholala, tu l’as fait à ma place 🙂 »

Max : « Tu devais nous parler des phyllades… »

Le chevalier : « Oui oui… Avançons encore un peu… Regardez moi ça ! »

79.1 46 La faille

Max : « Là d’accord. On voit bien le contact vertical entre deux roches d’âges différents. Les phyllades s’il te plaît. »

Le chevalier : « Non, finalement je vous expliquerai tout cela tout à l’heure, à Porzh Naye. »

Max : « On y va alors ! »

***

Le chevalier : « Nous y voilà ! L’anse de Porzh Naye ! »

79.1 47 Porzh Naye 79.1 48 Porzh Naye

Max : « Rholala ! »

Léo : « Oh oui ! Rholala ! »

Max : « On va descendre sur l’estran ? »

Le chevalier : « Non, la descente est trop dangereuse. Le chemin est tellement pentu qu’il faut se tenir à une corde pour ne pas tomber. Et en bas, il y a une petite falaise de trois à quatre mètres. Le seul moyen de descendre, et de remonter, est la corde. J’ai un peu peur… »

Max : « Alors on y va pas. C’est pas la peine. On voit aussi bien d’ici. »

Léo : « Ils sont beaux les deux îlots. Mais pourquoi ils sont pas de la même couleur ? »

Le chevalier : « On verra plus tard mon Léo. Concentrons-nous d’abord sur la falaise qui nous fait face. »

Max : « Là devant ? »

Le chevalier : « Oui, là devant 🙂 »

79.1 49 La discordance 79.1 50 La discordance

Léo : « Juste en face, il y a une zone sombre au bas de la falaise. Puis au-dessus il y a une petite couche un peu rose. Puis au-dessus encore, il y a les grès armoricains. »

Le chevalier : « C’est bien vu. La zone sombre correspond aux phyllades de Douarnenez. »

Max : « Et au-dessus c’est les grès armoricains. Ils sont à leur place ici. Ça fait bizarre ! C’est pas tout cassé ! »

Léo : « Mais alors c’est quoi la petite couche un peu rose ? »

Le chevalier : « C’est peut être le moment de vous expliquer un peu mieux les phyllades. Asseyez-vous sur mes genoux. »

Max : « On t’écoute bonome. »

Le chevalier : « Nous sommes il y a très longtemps, environ 600 millions d’années avant nos jours. Une mer profonde de 200 à 1000 mètres borde un continent. Au loin on aperçoit une chaîne de montagnes. Elle s’érode et les fleuves charrient vers la mer les sables et argiles produits de cette érosion. Ces sédiments se déposent sur la plate-forme littorale. Mais régulièrement des séismes provoquent des éboulements des sédiments du talus vers la plaine profonde. Les sables se déposent rapidement alors que les argiles mettent plus de temps. Les sables donneront les grès et les argiles des schistes. »

Max : « Pourquoi il y avait des petits séismes ? »

Le chevalier : « À cause d’un mouvement de compression. Les contraintes exercées sont constantes mais elles se libèrent brutalement. A chaque fois, il y a un séisme et le dépôt d’un couche de sable et d’une couche d’argiles. »

Léo : « Mais à force la mer s’est fermée alors. »

Le chevalier : « Oui Léo. Et les argiles et les grès ont été comprimés et ont donné des schistes et des grès. Non loin de là des montagnes se sont formées. C’est la chaîne cadomienne. Lors de cette orogenèse les schistes et les grès ont connu une première phase de plissement et ils ont été exondés. »

Léo : « Exondés ? Ça veut dire quoi ? »

Le chevalier : « Ils sont remontés et ont dépassés le niveau de la mer, suite aux plissements régionaux. Et l’érosion a fait son office. Une vaste pénéplaine s’est formée. Fin du protérozoïque. »

Max : « Les temps fossilifères peuvent commencer 🙂 »

Le chevalier : « Oui 🙂 L’érosion de la pénéplaine s’est poursuivie tout au long du Cambrien. A l’époque il n’existe aucun être vivant aérien. Les continents sont donc déserts. Les produits de l’érosion se sont en partie accumulés sur place. Puis la mer est venue recouvrir le vaste continent. On dit qu’il y a eu une transgression marine. Les produits d’érosion de la pénéplaine cadomienne ont donné la fine couche rosée que vous voyez. Elle est constituée de grains et galets de quartz. Son épaisseur ne dépasse jamais quelques mètres. Vous suivez ? »

Max : « Moi oui. Et toi Léo ? »

Léo : « Oui oui 🙂 J’écoute ta belle histoire. »

Le chevalier : « Vous souvenez-vous des schistes pourprés ? »

Max : « On les as vus au Cap de machin. Même que tu t’es tout penché au dessus de la falaise pour les fotoer et j’ai eu très peur. »

Le chevalier : « J’en suis désolé mon Maxou. Ces schistes pourprés ne sont pas présents partout mais ce sont les premières roches qui reposent sur les phyllades. Ils sont également conglomératiques puis gréseux. Ils correspondent à des dépôts fluviatiles ou deltaïques. Ils annoncent la transgression. Les grès armoricains eux se sont mis en place dans une mer de plate-forme peu profonde. »

Max : « On sait déjà ça. On sait aussi qu’il y a eu des variations du niveau marin qui sont à l’origine des Schistes et Grès du Gador. On connaît la profondeur de l’eau à cause des ripples-marks. Les dépôts se sont faits dans la tranche d’eau soumise aux vagues de beau temps et de tempêtes. »

Le chevalier : « C’est vrai. »

Max : « Mais ça me pose un problème. En gros, la mer dépassait pas 200 mètres de profondeur pendant tout le temps où les grès armoricains se sont déposés. Mais tu as dit que l’épaisseur de ces grès était de 800 mètres. Comment on fait pour déposer 800 m de roches dans 200 m d’eau ? »

Le chevalier : « Bonne question Maxou 🙂 La réponse n’est pas trop difficile. Le fond de la mer s’est enfoncé au fur et à mesure des dépôts de sorte que la profondeur n’a pas ou presque pas changée. »

Max : « Le fond de la mer s’est enfoncé ? »

Le chevalier : « Oui. Je vous ai déjà expliqué que sous la croûte terrestre il y a une couche un peu molle appelée asthénosphère. »

Léo : « Je m’en souviens. »

Le chevalier : « Quand la croûte se charge de sédiments elle devient forcément plus lourde et elle s’enfonce légèrement dans l’asthénosphère. De plus il y a eu un amincissement de la croûte en raison d’un étirement.»

Léo : « Les 800 mètres de sédiments ont mis combien de temps à se déposer ? »

Le chevalier : « Environ 4 millions d’années. »

Max : « Je me rends pas bien compte de ce que ça donne… »

Le chevalier : « Faisons un petit calcul. 800 mètres ça fait 80000 cm. En 4 000 000 millions d’années. Simplifions par 10 000. Ça donne 8 pour 400 ou encore 2 pour 100. Si je ne dis pas des erreurs la vitesse de sédimentation est d’environ de 2 cm pour 100 ans. »

Max : « C’est beaucoup ou pas ? »

Le chevalier : « Oui. N’oubliez pas que les calculs sont faits avec l’épaisseur des roches fortement comprimés. Je pense que les sédiments gorgés d’eau sont dix fois plus épais. »

Max : « Alors à ce stade on a déjà vu une mer se fermer et une chaîne de montagnes apparaître et commencer à être érodée. Oulala ! »

Léo : « On peut revenir à notre paysage s’il vous plaît. »

Le chevalier : « Bien sûr Léo. Que veux tu savoir ? »

Léo : « Si j’ai bien compris, ce qu’on voit c’est la discordance des grès armoricains sur les phyllades de Douarnenez. »

Max : « Comme la discordance des grès armoricains sur les schistes zébrés ! »

Le chevalier : « Léo tu as bien compris et Maxou aussi 🙂 Oui, les grès sont bien discordants. Par la suite, toutes les couches reposeront normalement les unes sur les autres. On dit qu’elles sont concordantes entre elles. Les phyllades et les schistes zébrés forment ce qu’on appelle le socle. Les couches au-dessus forment la couverture. On a donc un socle briovérien et une couverture paléozoïque. Pas d’autre question ? »

Léo : « Si ! Les îlots ! Pourquoi ils sont pas de la même couleur ? Regarde ! »

79.1 51 Les ilots 79.1 52 Les ilots

Max : « Je crois que je sais ! Il y en a un en grès armoricains et l’autre est en phyllades. Et ils sont séparés par la faille qu’on a vu de l’autre côté, à Pen Hat. »

Le chevalier : « Très bien mon Maxou. Montons là-haut, nous reverrons tout cela de plus haut, avec un peu de recul… »

79.1 53 Pointe du Toulinguet 79.1 56 Pointe du Toulinguet

Léo : « C’est vraiment beau la Bretagne 🙂 »

Max : « Tu dis toujours que c’est beau. »

Le chevalier : « Mais il perd pas plus sa mâchoire 🙂 »

Max : « C’est pour les zoisos la mâchoire ! Pas pour les paysages. Pour les paysages c’est Rhoooo c’est bôôôô ou Rholala la chance ! »

Léo : « Max, si tu te moques encore de moi je demande à Princesse de te reprendre comme porte-clés au château et on verra bien si tu regrettes pas toute cette beauté. »

Max : « Je suis plus porte-clés. Je serai plus jamais porte-clés. »

Léo : « Alors te moque plus de moi. Et profite de la vie que tu mènes. Parce que peut être que tu aimes beaucoup Princesse mais souviens toi de la vie que tu avais au château. Moi, je me souviens bien de ma période porte-clés et c’est pour ça que j’exprime ma joie face à toute cette magnificence. Que ça te plaise, ou non ! »

Max : « Bonome, as-tu remarqué que Léo se fâche toujours avec beaucoup de courtoisie ? Moi j’aurais crié ! Lui non. Il est bien ce Léo 🙂 »

Le chevalier : « 🙂 Revenons au paysage. Les grès armoricains sont bien visibles. Ils forment l’armature de la pointe du Toulinguet. Comme ils sont très durs, ils résistent à l’érosion. Avez-vous remarqué que des rochers dépassent du sol et de la végétation ? Les schistes sont bien plus tendres. On voit le creux qu’ils forment dans le paysage. Si vous observez bien, vous verrez que la faille, invisible d’ici, est soulignée par une bande de végétation. Vous voyez ? »

Max : « C’est la géologie qui détermine le paysage alors ? »

Le chevalier : « Oui Maxou, souvent. »

Léo : « Chevalier, tu veux bien zoomer sur la faille dans la falaise s’il te plaît. »

79.1 55 La faille 79.1 54 La faille

Léo : « On la devine plus qu’on la voit… C’est cette faille là qui se prolonge et qui sépare les îlots ? »

Le chevalier : « Oui Léo. Avez-vous des questions sur ce que nous avons vu depuis ce matin ? »

Max : « Non, mais je veux bien que Léo résume. Il résume toujours bien Léo. »

Léo : « Ben là, je crois que je ferai simple. Il y a un socle briovérien sur lequel repose en discordance les grès armoricains. Et puis, il y a eu apparition des failles qui ont fait remonter le socle entre deux compartiments de couverture. »

Le chevalier : « C’est bien résumé. »

Max : « On fait quoi maintenant ? »

Le chevalier : « On va manger 🙂 »

Max : « Il est midi douze ? »

Le chevalier : « Non quinze heures vingt ! Et j’ai faim ! »

Max : « Et après, on fait quoi ? »

Le chevalier : « On étudie la couverture paléozoïque et la tectonique qui l’a affectée. »

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