6.1 – Le grand étang de T.

Dimanche 5 Juillet, An II

Bonjour Princesse,

Hier j’étais fâché contre contre toi. Alors quand mon bonome m’a proposé de l’accompagner aux zoisos, j’ai pas voulu et je suis resté au lit. Mais quand il m’a montré les fotos qu’il avait prises, j’ai regretté… Alors, comme il est gentil et aux petits soins pour moi, il a accepté de retourner aux mêmes endroits pour me montrer tout ce qu’il avait vu.

Ce matin, aux zorores, j’étais prêt. J’avais mon appareil foto et ma serviette. Ben oui, comme j’aime pas me faire piquer les fesses, il m’a offert une petite serviette bleue pour pouvoir m’asseoir sans m’abîmer le popotin 🙂 Il s’est tout de suite moqué de moi :

« Dis petitours, le coucher de soleil c’est pas aux ‘zorores’, c’est le soir ! Va te recoucher et laisse moi dormir… »

Bon, j’ai attendu puis on est parti à son endroit secret.

Pour graver mon blog sur parchemin, il a bien voulu que je mélange les fotos. Celles d’aujourd’hui avec celles d’hier, même si j’avais pas voulu l’accompagner…

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Nous voici donc arrivés au grand étang de T. Au premier arrêt j’ai été surpris par l’envol d’un néron.

« Max, on dit un Héron. C’est même un héron cendré, Ardea cinerea, Ardéidés »

« Pourquoi il est cendré le héron ? Il a dormi dans la cheminée ? »

« 🙂 Mais non, petitours, c’est parce qu’il est gris comme la cendre. »)

Si tu regardes bien, dans le coin de la foto, en bas à droite, il y a un grébu (Podiceps cristatus, Podicipédidés). Mon bonome, il aime bien les grébus. Et tu verras plus tard, les grébus lui ont fait une belle surprise…

Ce grébu là a son nid pas loin. Il est en couple et il attend des petits. Ses petits sont tellement petits qu’ils sont encore dans leurs œufs 🙂 et les parents se relaient pour couver.

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A gauche, c’est le nid des grébus. Les deux parents sont là. L’un des deux va remonter dans le nid pour couver. L’autre va plonger chercher des végétaux pour améliorer le nid. Le nid, il flotte. Il est arrimé à des branches mais il peut monter ou descendre en fonction des variations du niveau de l’eau. A droite, c’est le nid d’un couple de foulques Macroules (Fulica atra, Rallidés). Il est beaucoup plus élaboré. Il est fait de branches entremêlées, tressées… Mais il est fixe. Du coup les variations du niveau de l’eau peuvent faire des gros dégâts. En cas de crues, le nid est submergé et, s’il y a des œufs ou des tous petits encore au nid, les couvées sont détruites. En ce moment, le problème c’est plutôt le manque d’eau dans l’étang. Les adultes ont du mal à accéder au nid. Alors imagine s’il y avait des petits. Mon bonome dit que les foulques sont phytophages. C’est un mot compliqué pour dire qu’ils se nourrissent de végétaux. Moi, je suis œsophage.

« Zoophage Max, zoophage. L’œsophage c’est le tuyau qui va de la gorge à l’estomac et par lequel passent tes aliments ».

« Oui, zoophage si tu veux. Mais j’aime pas les foulques. Ils sont agressifs avec tout le monde. Ils peuvent même détruire les couvées des autres zoisos si ils trouvent qu’ils sont trop près de leur nid. Et ils se battent tout le temps… Allez bonome, on avance, on va voir les autres zoisos…»

En chemin, on a vu un faisan et des insectes…

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Le faisan (Phasianus colchicus, gallinacés) fait partie de la même famille que les poules et les coqs. Son cri ressemble beaucoup à celui du coq d’ailleurs. Là, c’est un mâle. Mon bonome dit que c’est un mâle faisan et ça le fait sourire. Je comprends pas pourquoi.

On voit que c’est un mâle parce qu’il a la tête bleu-vert et un masque rouge. La femelle est plus discrète : elle est beige et marron. Je peux pas te la montrer parce qu’on en a pas vu aujourd’hui. Bonome m’a expliqué qu’on appelle ça le dimorphisme sexuel. C’est quand le mâle et la femelle sont différents. Il m’avait dit ça pour les canards. Souvent, chez les zoisos, le dimorphisme sexuel indique que seules les femelles élèvent les petits. Tu remarqueras que chez les foulques et les grébus, il y a pas de dimorphisme et les deux parents s’occupent des petits.

T1-2 1460478 Là, c’est un papion. « Un papillon, Max. Ça suffit les bêtises. On dit un papillon. »

« Bon d’accord, un papillon. Mais il s’appelle comment ?»

« C’est une Belle-Dame. » 

« Mais c’est pas une dame, c’est un papillon !!!»

« Mais non petitours, Belle-Dame, c’est son nom vernaculaire ».

« C’est quoi le nom auriculaire ? »

« Le nom vernaculaire, c’est le nom courant. Son nom scientifique c’est Vanessa cardui. Il fait partie de la famille des Nymphalidés. »

« Princesse aussi c’est une belle dame. Il faut que je l’appelle Vanessa cardui ? »

« T’es trop bête Max. Si tu continues je te jette à l’eau ».

« Noooon, pas dans l’eau, j’ai trop peur des brochets…»

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Première libellule de la journée. Elle a une position bizarre avec l’abdomen tourné vers le haut. Bonome dit que c’est la position de l’obélisque. C’est pratique cette position pour prendre le soleil. C’est surtout pratique pour identifier la bête puisque c’est caractéristique de la libellule écarlate. Cet individu là est pas écarlate parce que c’est un juvénile. Juvénile ça veut dire que c’est un jeune. Chez les zoms on appelle ça des enfants ou des zados 🙂 Bon assez de suspense, c’est quoi son nom ?

« La libellule écarlate n’est pas vraiment une libellule puisque c’est un crocothémis. Son vrai nom est Crocothemis erythraea. Mais elle appartient quand même à la famille des Libellulidés. »

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Après les libellules, les coccinelles…

« C’est vrai que le nombre de points sur leurs ailes indique leur âge ? »

« Mais non petitours, ça indique plutôt leur espèce. Bon d’accord ça ne marche pas toujours… La coccinelle à deux points peut en avoir quatre mais la coccinelle à sept points en a toujours sept. C’est celle de droite. Il y en a trois sur chaque aile et un demi en plus sur chaque aile. Au repos, les deux demi-points se rejoignent et n’en forment qu’un. Sept point noirs sur fond rouge : c’est la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata, Coccinellidés). C’était la plus fréquente autrefois. Maintenant, il y a beaucoup de coccinelles asiatiques (Harmonia axydris, Coccinellidés). Elles sont plus difficiles à reconnaître car il en existe plusieurs formes. Tu vois celles de gauche ? Elles sont plus allongées et plus plates que la coccinelle à sept points. Et le dessin blanc et noir sur leur front est différent. »

« Oulala c’est compliqué les coccinelles. Mais pourquoi il y en a une qui est montée sur l’autre ?»

« Petitours… Elles font des petits. Elles copulent. Tu pourras voir sur les sites scientifiques on ajoute in copula à côté des noms des espèces quand il y a deux individus qui copulent. Le mâle dépose ses spermatozoïdes dans la femelle pour féconder les ovules. Puis la femelle pond des œufs qui donnent des larves. Les larves se transforment en nymphes et, de la nymphe sort un individu adulte. C’est ce qu’on appelle un développement avec métamorphose. »

« Oui, ben c’est compliqué des insectes… Viens, on va voir les zoisos…»

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Enfin une pause… Parce que j’ai les pattes usées, moi, à force de marcher. « Ben ça alors, quelle mauvaise foi !!! Je te porte tout le temps ! Tu es confortablement installé dans ma poche avec juste la tête qui dépasse. Tu as juste à profiter du paysage. »

« Arrête de ronchonner et laisse moi profiter du paysage… »

Tu vois Princesse, tout au fond, la palissade avec les ouvertures ? C’est le premier site d’observation. C’est de là qu’on a vu les nids de grébus et de foulques. Mais ici, j’étais à peine installé qu’un héron cendré est venu se poser sur le rocher. Il avait les plumes du cou tout ébouriffées.

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A droite, c’est une sterne Pierregarin (Sterna hirundo, Laridés). Mon bonome, il aime bien les sternes. Il dit que c’est un beau zoiso. Il dit qu’il est rare et qu’il fait partie des 12 espèces de drôles de zoisos pour lesquels les parcs de Seine-Saint-Denis ont été classés en zone Natura 2000. Bon, on est pas en Seine-Saint-Denis, mais il en a vu au Royaume des Grèbes et à celui des Bernaches. En vol, les sternes ressemblent à des hirondelles. On les appelle d’ailleurs des hirondelles de mer. C’est leur nom vernaculaire 🙂 Les sternes Pierregarin nichent ici. C’est à dire qu’elles se reproduisent ici. D’ailleurs bonome les a vues s’accoupler il y a pas longtemps. Il peut écrire Sterna hirundo in copula à côté de ses fotos 🙂 Peut être qu’il y aura des petits… Ça doit être mignon des petites sternes.

Puisqu’on en est aux zoisos en vol, voilà la surprise…

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Bon d’accord les fotos sont pas terribles… mais c’est un grébu en vol !!! C’est très rare de voir les grèbes huppés voler. Quand bonome l’a aperçu j’ai cru que son cœur allait cesser de battre. Le grèbe a fait plusieurs fois le tour de l’étang. Faut dire qu’il est grand l’étang. Voilà, c’est pour ça que j’aime le Pays magique des Zoisos. C’est vrai qu’on voit souvent les mêmes espèces. Mais on sait jamais quelle surprise on peut avoir. Aucune sortie ressemble à une autre. Chaque fois la nature est belle, renouvelée. Et puis il est toujours possible de faire une plus belle foto, d’observer un comportement inconnu jusqu’alors, ou de voir une nouvelle espèce…

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Tiens, puisque je parle de nouvelles espèces… Celle-là je l’avais jamais vue. C’est le fuligule milouin (Aythya ferina, anatidés). Devine lequel est le mâle ? Ben oui, c’est le plus coloré des deux 🙂 Normalement, c’est un migrateur. Il niche rarement dans la région. De toutes façons, il est rare en Île-de-France. Mon bonome dit qu’il en a déjà vu au Royaume des Grèbes cet hiver. Les fuligules sont des canards plongeurs. Tu vois, à droite, le mâle en train de faire un plongeon canard 🙂 Ils peuvent atteindre une profondeur de plusieurs mètres et rester sous l’eau plus de 10 secondes. Ils se nourrissent d’algues ou de petits zanimos : des larves d’insectes, des alevins, des petits gastéropodes… Les fuligules milouins sont ni vraiment diurnes ni vraiment nocturnes. Ils commencent à être actifs quand le soleil décline et continuent leur activité après son coucher. En général, quand on les voit dans la journée, ils dorment sur l’eau, la tête sous une aile.

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Encore un héron cendré qui se pose. Cette fois, il est tout ébouriffé !!! Bon, je fatigue moi. J’ai plein de choses à assimiler. Je connais pas tout comme mon bonome… Tu as vu ma serviette Princesse ? Grâce à elle, je me pique plus les fesses 🙂 Pendant que je me reposais un zom est venu. Il a posé sa lunette, a observé les zoisos 5 minutes. Il donnait l’impression d’être blasé, d’avoir tout vu. Et il est reparti aussi vite qu’il était arrivé. Moi, j’aime bien prendre le temps de me poser.

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Fin de la pause et retour à l’observation. Il y a un lapin, un lapinou plutôt. Il a l’air tout jeune. Les lapins (Oryctolagus cuniculus, Léporidés) sont des phytophages. Ils se nourrissent de végétaux. Ils aiment bien les feuilles tendres du galego (Galego officinalis, Fabacées).

Ce sont les feuilles que tu vois en bas à gauche. A droite, ce sont des ronces du genre Rubus. Les ronces font partie de la famille de la rose, les Rosacées. Je suis pas fort encore en botanique mais mon bonome a dit qu’il allait m’initier. Il dit que pour identifier une plante à fleurs il faut surtout observer les fleurs. Et il y a des livres pour nous aider. Il va me prêter sa petite flore. Il l’appelle la Bonnier parce que c’est Gaston Bonnier qui l’a écrite. Il en a deux. Une complète et une plus petite pour s’initier. Évidemment, il va me prêter la petite. Il va être lourd mon sac la prochaine fois…

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Retour aux zoisos. Il est mignon celui-la. Il paraît que c’est un chevalier cul-blanc (Tringa ochropus, Scolopacidés). Moi je croyais que les chevalier avait toujours une armure 🙁

Le chevalier cul-blanc se distingue du chevalier guignette (Actitis hypoleucos) grâce à l’alternance de bandes noires et blanches à l’extrémité de la queue. Oulala, j’espère qu’il ne va pas me faire une interro à la fin. Je n’arrive pas à tout retenir… Les chevaliers, comme les autres zoisos de cette famille, sont des limicoles. Pfff, encore un nouveau mot… Les limicoles aiment se promener sur les rives des étangs, des rivières ou de la mer. Ils ont de longues pattes pour pouvoir avancer dans l’eau. Leur bec est long. Ils le plantent dans la vase pour détecter et saisir les petits zanimos dont ils se nourrissent. Apparemment, le chevalier cul-blanc se déplace toujours en trottinant.

« Oulala, c’est qui ce zoiso ? Il a l’air dangereux 🙁 »

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« Tu vois son bec crochu et ses griffes en serres, petitours ? Ça fait de lui un rapace. Vu d’ici, je dirais que c’est un faucon hobereau (Falco subbuteo, Falconidés) mais je n’en suis pas sûr. En tous cas, c’est probablement un faucon. Peut-être qu’il vient boire, ou gober quelques insectes. A ta place, je me cacherais. Tu ferais un très bon repas pour lui ! »

« C’est pas drôle. Il me fait peur ce zoiso même si il est loin. Je n’ai pas envie de finir dans l’estomac d’un rapace moi. J’ai encore plein de choses à voir…»

T1-3 1460548C’est beau, non ? C’est calme surtout. Il n’y que les cris des zoisos. Sur les branches que tu vois à côté de moi on a vu des bergeronnettes grises (Motacilla alba, Motacillidés). Mais elles sont toutes petites alors on ne les voit pas bien sur les fotos. Je te les montrerai un autre jour. Là, c’est le moment de la toilette pour les zoisos. Tiens, ça, je peux te montrer.

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D’abord, un goéland. Il est loin et il bouge. Puis il a l’air jeune alors mon bonome n’arrive pas à déterminer son espèce. Dans ce cas on donne le nom du genre et on ajoute sp. derrière. Ça donne donc Larus sp., Laridés.

Les Laridés c’est la famille de la mouette. Des mouettes il faudrait dire. La plus fréquente est la mouette rieuse (Chroicocephalus (Larus) ridibundus). Il a mis Larus entre parenthèses parce que, avant, elle s’appelait Larus. Puis ça a changé. Il y a aussi des mouettes mélanocéphales mais c’est plus rare. Et il y a plein de goélands : des goélands argentés (Larus argentatus), des goélands bruns (Larus fuscus), goélands leucophées (Larus michahellis)… et encore d’autres. C’est compliqué les goélands…

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Voila le cormoran (Phalacrocorax carbo, Phalacrocoracidés). Quand je l’ai vu agiter ses ailes dans l’eau, j’ai cru qu’il se noyait.

« Mais non, petitours, il fait sa toilette. Il s’agite dans l’eau pour nettoyer ses plumes. »

« Et pourquoi, lorsqu’il sort de l’eau, étend-il ses ailes ? »

«Bonne question petitours 🙂 Le cormoran est le seul oiseau aquatique qui n’est pas imperméable. Quand il nage ou qu’il plonge ses plumes se gorgent d’eau. Tu verras, au fur et à mesure du temps qu’il passe dans l’eau sa ligne de flottaison remonte : il s’enfonce de plus en plus. Tu le verras aussi parfois battre des ailes alors qu’il nage : il s’essore les plumes. Et quand il sort de l’eau, il est obligé de se faire sécher au soleil, les ailes écartées comme tu le vois sur les photos. »

« Mais pourquoi, lui, il est pas imperméable. »

« Dis donc petitours, tu poses de bonnes questions 🙂 Sauf que « pourquoi » n’introduit pas un questionnement scientifique. Mais ça, je te l’expliquerai plus tard. Comment se fait-il que le plumage du cormoran n’est pas imperméable ? Tout simplement parce qu’il n’a pas de glande uropygiennes. »

« Ah non, ça suffit avec tes mots compliqués. Explique moi simplement s’il te plaît. »

« D’accord Max, mais ce n’est pas compliqué uropygien ! Tu retrouves deux radicaux : uro- et pyge-. Tu ne les connais pas ? On les retrouve dans : uropyge, pygidium, amblipyge, urochordé… »

« J’AI DIT SIMPLEMENT !!! Toi, tu as trop pris le soleil, mets ta casquette et arrose-toi la tête… »

« Bon, d’accord. Excuse-moi. Les glandes uropygiennes sont des glandes situées de chaque côté du bout de la queue des zoisos aquatiques. Elles contiennent un produit gras, hydrophobe… »

« STOP, PAS DE GROS MOTS S’IL TE PLAÎT. »

« Oups, pardon, je m’emballe. Elles contiennent donc un produit gras. Les oiseaux le prennent avec leur bec et l’étalent sur leurs plumes pour les rendre imperméables. Tu as déjà dû voir ça. Ils en profitent pour lisser leur plumage mais ils font ça surtout pour imperméabiliser leurs plumes. Ce qui fait que l’eau coule sur les plumes des canards mais ne les mouille pas. Le cormoran n’a pas ces glandes, donc pas de gras et donc il n’est pas imperméable : il se mouille et doit se sécher. »

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« Hé, Max, tu rêves ? »

« Tu crois que si on avait un beau château, elle vivrait avec nous Princesse ? »

« Elle te manque Princesse ? Tu sais Max, on est des chevaliers errants nous, pas des chevaliers de salon. Tu t’ennuyais à la cour. Et elle a déjà un château.»

« Tu as raison. Je préfère parcourir le merveilleux Pays des Zoisos avec toi. Et ta cabane en rondins au fond du bois est un peu austère mais je m’y sens bien… Hé bonome, regarde, il font quoi ces zoisos ? Tu crois qu’ils dansent ? »

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« Alors là, petitours, tu me poses une colle. Tu vois, je ne connais pas tout 🙂 Bon, ce sont des vanneaux huppés (Vanellus vanellus, Charadriidés). Ils étaient à quelques mètres l’un de l’autre avant de commencer ce que tu appelles leur danse. Après, ils se sont séparés. Est-ce une petite bagarre territoriale ? Ou alors une petite parade ? Je ne sais pas petitours. Mais ce sont de sacrés acrobates ».

« Hé, regarde là-bas ! C’est quoi ce gros zoiso blanc parmi les goélands ? »

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« Bien vu Max ! Sauf qu’il n’est pas tout blanc. Les ailes sont en partie noires et le bec et les pattes sont rouges. Tu le reconnais maintenant ? »

« C’est une cigogne !!! Il y a une cigogne là, juste devant moi !!! Mais qu’est ce qu’elle fait ici ? Tu crois qu’elle s’est perdue ? »

« Difficile à dire. Les cigognes (Ciconia ciconia, Ciconiidés) sont des oiseaux migrateurs. Elles se reproduisent en Europe et vont passer l’hiver en Afrique. Elles suivent deux voies de migration. Par l’ouest : elles suivent la côte atlantique, passent les Pyrénées et traversent le détroit de Gibraltar. Par l’est : elles traversent le détroit du Bosphore et passent par le Liban. Ces deux chemins leur évitent de traverser la Méditerranée. Peut-être que celle-ci s’est arrêtée en chemin. De plus en plus de cigognes restent en Europe même l’hiver. C’est le cas, par exemple d’une partie de la population de Charente-Maritime. Elles ne migrent plus. »

« Oulala, j’ai encore du mal à y croire !!! J’ai vu une cigogne :))) Il est vraiment merveilleux le Pays des Zoisos. »

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Celui-là, je le reconnais : c’est un choucas des tours (Corvus monedula, Corvidés). La première fois que je l’ai vu je l’ai pris pour une corneille (Corvus corone, Corvidés). Si on regarde bien, on voit qu’il a le tour de la tête un peu plus clair que le reste du corps et il a les yeux bleus, comme mon bonome. Les corvidés sont les plus intelligents des zoisos. On peut les comparer aux primates chez les mammifères. Ils utilisent des outils qu’ils se fabriquent eux-mêmes. Ils se reconnaissent dans un miroir. Mais ils ont mauvaise réputation car ils sont aussi nécrophages. Nécrophage c’est le mot scientifique pour dire qu’ils se nourrissent de cadavres. Au moyen-âge, les corbeaux mangeaient la chair des pendus. Ils se régalaient en mangeant les yeux 🙁 La plupart des gens confondent les corbeaux et les corneilles. En Seine-Saint-Denis ce n’est pas difficile de les distinguer : il n’y a pas de corbeaux. Ce sont toujours des corneilles.

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Revoilà un héron cendré. Il est beau en vol tu ne trouves pas ? Tu as vu comment il replie le cou ? Par contre, il étend bien les pattes. Bonome dit que c’est difficile de fotoer un zoiso en vol. Forcément, quand il vole, il n’arrête pas de bouger 😉

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Le soleil se couche, il va falloir rentrer. En fait je triche. On est allé à deux endroits différents aujourd’hui. Jusqu’ici je t’ai présenté que le premier. Comme il y a déjà beaucoup de fotos, j’ai décidé de partager la page en deux, comme si il y avait deux randonnées. C’est un peu le cas puisque mon bonome a fait deux fois les deux sorties. Quelquefois les gens se demandent quel est l’intérêt d’aller au même endroit plusieurs jours de suite. J’espère que tu as compris. Quand on sait observer il y a toujours de belles surprises. Le grèbe huppé en vol c’était hier, la cigogne, aujourd’hui. Juste pour ces deux instants magiques, ça valait la peine de sortir. Et tu as vu les couleurs du ciel ?

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Les deux dernières images : à gauche, une sterne Pierregarin en train de pêcher. A droite un grèbe huppé avec un poisson dans son bec. J’aimerais pas être un poisson dans cet étang 🙂

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 Continuer la promenade

4 réflexions au sujet de « 6.1 – Le grand étang de T. »

  1. Merci Marek,
    Le vent m’a dit que c’était ton anniversaire il y a pas longtemps. Alors Joyeux anniversaire Marek 🙂
    Bonne lecture et à bientôt 🙂

  2. Troooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooop
    biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiien
    🙂 🙂 🙂 😉

  3. Bonjour Salma,
    J’aime tous les zanimos et tous les végétos. Mais je préfère quand même les zoisos. C’est beau un zoiso. Un jour, j’ai vu un renard. J’ai beaucoup aimé. Et puis j’aimerais bien voir un chevreuil, comme bonome. Et des sangliers. Mais je crois que j’aurais un peu peur. Et les chauves-souris mais elles sont nocturnes. Elles sont pas faciles à voir les chauves-souris.
    PS : Tu es rigolote. Tu dis zozio au lieu de zoiso 🙂

  4. Le coucher de soleil est très beau Max . Max est ce que tu n’aimes que les zozios ou il y’a d’autres animaux que nous n’avons pas vus ?

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