Avril, les 21 et 22 – La Laridie

Max : « Nous voici donc en direct différé depuis la Laridie du Grand Étang. Cher Léo, pouvez-vous rappeler à nos lecteurs ce qu’est la Laridie ? »

Léo

Léo : « Bien sûr cher Max ! La Laridie est le Pays des Laridés. »

Max : « Et que sont les Laridés ? »

Léo : « Pour faire simple, les Laridés sont les mouettes et leurs alliés. »

Samuel : « Leurs alliés ? Mais quels alliés ? »

Léo : « Les goélands, les sternes, les guifettes… »

Samuel : « Tous des beaux zoisos 🙂 »

Léo : « Oui cher petit Sam. Les Laridés sont de très beaux zoisos. »

Max : « Certes chers cousins. Mais il me semblait que les mouettes s’observaient à la mer ? Nous sommes pas à la mer ici ! »

Léo : « Cher Maxou je vois que vous faites le béotien. Vous jouez le rôle du candide qui pose les questions simples. »

Max : « Moi ? Noooon… »

Léo : « Alors commençons par les mouettes. Il y a ici des mouettes qui rigolent, également appelées mouettes rieuses, Larus chroicocephalus. Elles vivent là toute l’année. »

Max : « Toute l’année ? Elles partent pas en vacances ? »

Léo : « Peut-être quelques jours par-ci par-là… »

Samuel : « Si elle vivent là toute l’année, elles se reproduisent ici alors ! »

Léo : « Absolument ! Nous assistons régulièrement à des accouplements ici. Voyez par vous mêmes… »

Mouettes qui rigolent In copula

Samuel : « Rhooo la chance ! Et après il y a des œufs puis des poussins ? »

Léo : « Bien sûr. Il nous est déjà arrivé de voir de très jeunes mouettes qui rigolent ici. Mais pas de poussins. Nous savons pas où elles nichent. »

Max : « Cher Léo, pourriez-vous expliquer un peu la nidification des mouettes qui rigolent ? »

Léo : « Bien sûr. Le nid est très frustre. Souvent posé sur un rocher, il consiste en quelques branchages entremêlés garni de duvet, de mousse ou de plumes pour le rendre un peu plus confortable. Les poussins sont nidifuges. »

Max : « Nidifuges ? Qu’est ce que cela ? »

Léo : « Ils quittent le nid dès l’éclosion et y retournent plus. »

Samuel : « Rappelons à nos lecteurs que les zoisos utilisent un nid uniquement pendant la période de reproduction, le temps de la couvaison et du début de la croissance chez les espèces nidicoles. »

Max : « C’est pour cela que la saison de la reproduction est appelée période de nidification. »

Samuel : « Le reste de l’année les zoisos ont pas de nid. »

Max : « Mais revenons en Laridie. Quelles sont les espèces que nos chers lecteurs pourraient observer ici ? »

Léo : « Je commencerais par parler des goélands, les leucophées surtout. »

Max : « Y en a t-il aujourd’hui ? »

Léo : « Il y en a 🙂 Ce sont surtout des juvéniles, comme cet individu. »

Goéland leucophée, deuxième année civile, Larus michahellis, Laridés

Max : « Les adultes sont-ils présents en ce moment ? »

Léo : « Nous en vîmes aucun. Il me semble qu’ils partent en vacances à la mer pendant l’été. »

Max : « Ce Grand Étang est donc en quelque sorte une nurserie de leucophées juvéniles… »

Léo : « En quelque sorte oui 🙂 »

Samuel : « Combien de classes d’âge chez les leucophées ? »

Léo : « Je précise pour nos lecteurs qui ne sont pas très à l’aise avec les Laridés que chez les goélands il faut parfois plusieurs années pour devenir adulte. Cela ce voit au plumage. Les leucophées mettent quatre ans pour acquérir le plumage adulte. »

Max : « Merci pour toutes ces précisions cher Léo. D’autres goélands ? »

Léo : « Parfois. Cet hiver nous vîmes quelques goélands cendrés, Larus canus, de première année et quelques adultes. Ce sont des hivernants peu fréquents ici mais avec un peu de chance… Nous vîmes également des goélands bruns, Larus fuscus. Un jour il y en eu plusieurs centaines ! Les argentés, Larus argentatus, sont un peu plus rares mais il y en a parfois. Tout comme des goélands pontiques, Larus cachinnans. Les seuls que nous eûmes la chance de voir se trouvaient tout là-bas et c’était pas drôle. »

Max : « Vous nous disiez tout à l’heure que les sternes sont des Laridés. Les sternes vivent-elles ici ? »

Léo : « Oui et non. Elles ne passent pas l’année en ce lieu mais viennent s’y reproduire. »

Samuel : « Et il y a des petits ? »

Léo : « Absolument ! Nous en avons déjà observé ! Tout cela est raconté dans l’un de nos articles le plus drôle qui soit 🙂 »

Les sternes du Grand Étang

Max : « Quel talent nous avons 🙂 »

Samuel : « Cher cousin Léo, vous avez pas dit de quelle espèce de sterne il s’agit. »

Léo : « Oups ! Pardonnez moi, Il s’agit des sternes pierregarin, Sterna hirundo. En voici quelques images… »

Sternes pierregarin Sterna hirundo, Laridés

Léo : « Je précise que les sternes pierregarin sont arrivées ici il y a une dizaine de jours seulement mais aujourd’hui il y en avait 12 ! »

Max : « Déjà tout ça de sternes ! »

Samuel : « Font-elles des codes atlas ? »

Léo : « Code 6 ! »

Samuel : « Elles paradent déjà ? »

Léo : « Des petites parades… »

Max : « Avez-vous des images ? »

Léo : « Quelques fotos floues et deux films tremblotants… »

Max : « C’est mieux que rien 🙂 »

Max : « Merci cher Léo pour ce premier point sur les sternes pierregarin. Si je résume nous vîmes des mouettes qui rigolent, des goélands leucophées et des sternes pierregarin… »

Léo : « Mais il y avait une bonne surprise aussi ? »

Max : « Nooooon ? »

Léo : « Siiiii ! »

Samuel : « Et quelle surprise ? »

Léo : « Regardez ça ! »

Mouette mélanocéphale, Larus melanocephalus, Laridés

Max : « Une mouette mélanocéphale ! »

Samuel : « Ça alors ! »

Léo : « Surtout qu’il y en eut jusque 10 juste là devant nous 🙂 En voici deux… »

Max : « Rhooo la chance ! »

Samuel : « Il est vraiment bien ce Grand Étang ! »

Max : « Ami lecteur, si tu te demandes pourquoi on y revient si souvent, tu as la réponse ! »

Samuel : « On y voit de beaux zoisos ! »

Léo : « Je vous rappelle que 200 espèces sont potentiellement observables en ce lieu ! »

Max : « Pas toutes le même jour quand même ! Ça dépend de la saison à cause des migrations. »

Samuel : « Mais c’est quand même pas partout qu’il y a 200 espèces potentiellement observables… »

Max : « Bien, cher Léo, vîmes-nous d’autres Laridés ? »

Léo : « Et bien non. Les guifettes sont pas encore arrivées ici… Il va falloir les attendre encore un peu… »

Max : « Nous serons patients. Si les personnages sont tous présentés nous pourrions peut-être faire participer nos lecteurs à leur vie de tous les jours ? Qu’en pensez-vous ? »

Samuel et Léo : « Nous sommes d’accord ! »

Léo : « En attendant qu’il se passe quelque chose nous pourrions faire quelques petits rappels. »

Max : « Quels rappels voulez-vous faire cher Léo ? »

Léo : « Et si nous parlions des bases de la classification du vivant ? »

Max : « Bonne idée ? Petit Sam, nous vous écoutons ? »

Léo : « Hééé ! Tu fais pas d’interro surprise à petit Sam ! »

Samuel : « M’en fiche ! C’est trop facile 🙂 »

Max : « Alors nous t’écoutons petit Sam ! »

Samuel : « La base de la classification du vivant est l’espèce. J’aurais envie de dire que c’est le seul groupe qui existe vraiment mais c’est même pas vrai. »

Max : « Expliquez vous cher Samuel ! »

Samuel : « Je rappelle qu’une espèce est un groupe d’individus qui se ressemblent et qui peuvent avoir une descendance féconde si ils sont pas du même sexe. Parce que pour avoir des bébés il faut un mâle ou une femelle. »

Max : « Oulala ! Attention à ce que vous dites cher Samuel ! Les bien-pensants qui se veulent ouverts d’esprit vont vous tomber dessus et vous faire des grands discours sur l’homoparentalité !!! »

Samuel : « Je suis biologiste moi. Pas bien-pensant soit disant ouvert d’esprit. Chez les espèces il faut un mâle et une femelle pour faire la fécondation. »

Léo : « Précisons cependant que des couples homosexuels ont déjà été observés chez de nombreux groupes zoologiques et que certains ont adopté des pauvres orphelins. »

Max : « On s’égare là… »

Léo : « Dites, une querelle de famille, c’est intéressant pour les informations ? »

Max : « Ça peut. »

Léo : « Alors priorité à l’information ! »

Une querelle de famille…

Samuel : « Je reprends. Les espèces, en vrai, ça existe même pas. C’est une notion créée par les zoms pour pouvoir raisonner. On a déjà donné des tas d’exemples : le loup et le chien, le platane d’orient et celui d’occident, les canards qui font rien qu’à s’hybrider et qui ont des petits féconds, les grenouilles vertes indéterminées que j’arrive même pas à retenir… Mais bon, disons qu’il y a l’espèce. On lui donne un nom en deux parties comme Larus chroicocephalus. »

Léo : « En parlant de mouettes qui rigolent, il y a un jeune adulte pas nuptial qui joue avec une branche… »

Samuel : « Des fois, il y a des espèces qui se ressemblent beaucoup alors on les mets dans le même genre. Par exemple le genre Larus. Parfois elles se ressemblent tellement qu’on savait même pas qu’il y avait plusieurs espèces. C’est le cas chez les goélands. Le pontique était considéré comme une sous espèce de l’argenté. Mais c’est pas vrai. Donc on leur donne le même nom de genre mais on complète avec un nom d’espèce différent. Là il y a Larus argentatus et Larus cachinnans. »

Léo : « Les mouettes qui rigolent et les mélanocéphales sont pas dans le même genre. Parfois la mélano est appelée Ichtyaetus melanocephalus. »

Mouettes qui rigolent et mélanocéphales

Max : « Il faudrait qu’on cherche les vrais noms un jour. On demandera à bonome de nous trouver ça. »

Samuel : « Ensuite, quand il y a des tas de genres qui se ressemblent un peu on peut les regrouper dans une famille. Larus, Chroicocephalus, Ichthyaetus… tout ça ça se ressemble quand même. Alors on fait la famille. Pour lui donner un nom on prend le genre le plus répandu et puis on rajoute -idés et ça donne les Laridés. »

Des sternes pierragrin in toiletta 🙂

Max : « Léo, tu as vu comme petit Sam est imperturbable ? On l’interrompt pour montrer des fotos et il reprend pile poil où il en était. »

Samuel : « Vous m’avez demandé d’expliquer alors j’explique ! »

Léo : « Oui petit Sam. Tu as raison. Laisse dire Maxou. »

Samuel : « J’en étais donc à la famille qui regroupe plusieurs genres regroupant plusieurs espèces. Je précise que tous ces groupes peuvent être appelés taxons. On met taxon à la place de genre, espèce, famille… Parce que plus on remonte dans la classification, moins c’est précis. En plus il y a les sous-familles, les super-familles… »

Foto de famille

Samuel : « Après, on arrive à l’ordre. Si on a passé les super-familles et les sous-ordres… L’ordre c’est quand il y a plusieurs familles un peu pareilles mais pas tout à fait. Chez les zoisos je comprends pas tout. L’ordre des Laridés c’est les Charadriiformes. Chez les zoisos toujours, les ordres se terminent en -forme. »

Samuel : « Autrefois, la classification reposait uniquement sur des caractères physiques. Surtout externes. Mais la science a fait des progrès et maintenant il y a les études moléculaires et génétiques. C’est pour ça qu’il y a des changements. On est plus précis en croisant les études. Mais on sait pas tout quand même. Et puis, en vrai, tout ça ce sont que des hypothèses. En sciences, quelque chose est vrai tant qu’on démontre pas que c’est faux. C’est le grand Karl Popper qui a expliqué ça le premier. Enfin, c’est à lui qu’on attribue le principe de réfutabilité. N’est scientifique qu’une théorie qui peut éventuellement être réfutée. C’est vrai tant que c’est pas faux. Moi j’aime bien ce principe. Bonome il vit comme ça. Il sait jamais ce qui est vrai ou pas. Il dit que c’est mieux comme ça parce qu’on est pas prétentieux à croire qu’on détient la Vérité. Elle est pas accessible à nos pauvres esprits la Vérité. »

Max : « Oulala ! Il faut qu’on arrête petit Sam ! Il part dans sa tête et il philosophe ! »

Samuel : « Je philosophe pas. Je réponds à ton interro cousin Max. Tu donnes un sujet et moi je le développe. »

Max : « Toi tu passes trop de temps avec Philoléo 🙂 »

Léo : « C’est grâce à bonome. Il y a que lui qui, partant de beaux zoisos, se met à philosopher sur la Vérité. »

Max : « Petit Sam, je te mets 20/20 avec les félicitations du jury. »

Samuel : « Et j’avais même pas révisé ! »

Léo : « On a montré toutes les fotos ? »

Max : « Toutes, non 🙂 Celles qu’on avait sélectionnées peut-être. »

Léo : « On pourrait s’arrêter là alors. »

Max : « Bonne idée. Parce que c’est le troisième bulletin d’informations pour deux jours ! »

Léo : « Nos lecteurs vont se décourager à l’idée de lire tout ça ! »

Max : « Mais c’est pas notre faute si on voit des tas de beaux zanimos ! »

Samuel : « Moi j’ai bien aimé la couleuvre helvétique ! »

Max : « Et moi le héron pourpré. Parce qu’en vrai on l’a vu un petit moment. Il se baladait tranquillement. Un peu loin, certes, mais comme si on était pas là. »

Léo : « Moi, ce que je préfère c’est quand bonome s’assied quelque part et qu’il bouge plus. On profite du calme, du chant des zoisos et surtout du calme. Ça fait du bien. »

Max : « Mais on peut pas mettre ça dans nos articles. Ou alors il faudrait un long film en plan fixe avec juste le bruit du vent et le chant des zoisos. »

Samuel : « Le plus simple est que nos lecteurs aillent s’asseoir par terre au Petit Royaume Sauvage et qu’ils fassent rien du tout pendant au moins une demi-heure. »

Max : « C’est sur ce judicieux conseil de notre petit Sam préféré que se termine ce bulletin d’informations en direct différé depuis la Laridie ! »

Léo : « Nous espérons qu’il vous a plu ! »

Samuel : « Au moment où nous gravons nous savons déjà que le prochain bulletin aura lieu en direct différé depuis le Royaume des Tariers 🙂 »

Max : « Au revoir et à bientôt ! »

Léo : « Et bonnes obs 🙂 »

Continuer la promenade

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